Auteur : Asrial
Genre : cross over / POV / Angst / Drama
Base : Dragonlance / Shadowrun / Highlander / Cyber City Oedo 2808
Rating : PG-13 pour l'instant
Pour le prologue et les chapitres pairs, c'est raistlin qui parle, pour les chapitres impairs, c'est Dalamar
Chronique d'un Retour
Chapitre 10
Je referme la porte sur le jeune elfe qui vient de me demander conseil.
C'est un enfant effrayé et inquiet qui est entré dans mon bureau et c'est un homme assuré et confiant qui en sort.
Juzo m'en voudra a mort, mais je ne pouvais décemment pas laisser Benten a ce point dépendant de lui.
Je me sais bien sur ridicule et hypocrite aussi bien avec moi-même qu'avec Dalamar. Je veux qu'il reste près de moi, je veux qu'il m'appartienne.
Qu'il reste dépendant de moi et de moi seul.
Je me répugne bien que je ne puisse m'empêcher de le vouloir si fort. Mon besoin de possession est si violent que je m'effraie moi même.
Je me prend la tête dans les mains et ferme les yeux.
Je suis si fatigué.
Fatigué d'attendre, harassé de devoir rester à la fois spectateur et acteur de ce monde. de ne pouvoir y vivre tout autant que d'être contraint d'en surveiller la course.
J'en suis le Gardien.Cela me pèse chaque jour davantage.
Est-ce tellement demander que d'avoir un compagnon près de moi pour m'aider a en supporter le poids ?
La réponse ne m'est malheureusement que part trop évidente.
Si pour moi le poids en est trop lourd malgré l'habitude des millénaires, comment pourrais imposer cela a quiconque ?
Je sursaute violemment.
Je ne l'ai pas entendu entrer dans mon bureau.
Juzo a toujours été un maître en matière de dissimulation et de discrétion.
Il s'assoit sur le bord de mon bureau, me fixant de ses froides prunelles sables s'emplissant de colère lorsqu'il sent l'aura de son elfe partout imprégnée dans la pièce..
Je hausse les épaules avant de glisser dans le global du bureau le premier des deux data disks qu'il vient de m'apporter.
Il me fixe froidement pendant que je casse les codes gouvernementaux, attendant visiblement que je m'explique.
Sa colère et sa suspicion ne m'intéressent pas. J'ai autre chose a faire.
Des lignes de textes et des graphiques compliquées défilent devant mes yeux dans une langue que je suis le seul a connaître encore, a une exception près.
Mon vieil ami Astinus s'est encore une fois montré digne de ma confiance et de son poste, c'est le moins que l'on en puisse attendre du Chroniqueur de cet univers après tout..
Un maigre sourire retrousse le coin de mes lèvres, trop habituée à la gravitées, lorsque je tombe sur le mini Post-it informatique qu'il m'a laissé.
Nous sommes l'un comme l'autre des amoureux des livres et de Paris.
Moi a Notre Dame et au Louvre, lui a Mazarine et aux Invalides.
Il faudra que je pense a le remercier d'avoir payer a ma place les dessous de table nécessaires pour que ces quatre bâtiments ne soient pas touchés par la ré-urbanisation galopante de la ville.
Bah. A l'occasion, le plus simple sera encore de les racheter, il faudra que je vois ça avec lui.
Je tape rapidement mon mail, le crypte, puis l'envoie via le réseau protégé de la maison....Je digresse encore.Pensez a me le faire remarquer, quand je part dans mes délires, sinon on ne va jamais en finir.
Je lis rapidement les quelques scans de livres cryptés sur le second data disk avant de m'estimer satisfait puis tape la séquence d'annulation sur le clavier qui effacera les données pour lesquelles Juzo a risqué sa vie ses deux derniers jours, au delà de tout espoir de récupération. N'importe qui s'en serait a moitié étouffé de fureur, mais il me connaît depuis suffisamment longtemps pour savoir que je les connaît désormais par c?ur.
L'avantage d'avoir une mémoire absolue.Et son cauchemar.Ne jamais rien oublier. Jamais.
Un frisson me parcours le dos.
Je me force a censurer les centaines de souvenirs malheureux qui m'assaillent soudain. Il me faut cesser de vivre dans le passé si je veux trouver la force de continuer.Seul.Je me dois de rester seul.
J'arriverais a m'en convaincre.Peut-être.
Hasegawa se penche brutalement au dessus de moi et frappe durement le pierre du bureau sur laquelle il se meurtrit les paumes. Je relève lentement les yeux sur lui, une expression de profond ennui plaqué sur le visage.
Il me connaît bien.
Trop pour que mon air d'indifférence marqué de dédain ai une quelconque chance de le faire me lâcher le coude.
Je suis fatigué.
Alors autant tenter le coup. On sait jamais, qu'il soit touché par la grâce. Ou moi par la chance.Passer moi un bulletin du loto voulez vous ?
Juzo insiste.
Je vous rends le bulletin, merci. Pardon du dérangement.
Bah, finalement ce n'est pas encore aujourd'hui que mes qualités d'acteur shakespearien se réveillerons. Dommage. Ce vieux William était un con, mais pour écrire et exprimer des émotions, ça il savait.
Juzo m'agace.
Sa voix passe soudain de grondeuse à suppliante.
Il me connaît bien.
Il sais comment me faire fondre et fléchir.
Je repousse mon clavier et m'intéresse totalement a lui, le fixant de mes prunelles d'or. C'est mesquin et puéril de ma part, je l'avoue, mais j'aime jouir du malaise qu'il éprouve lorsque je le fixe sans ciller.
J'avoue, je suis un chieur a la base.
Mon sourire se fait tendre a mesure que je lui répète la conversation que j'ai eut avec son elfe Il devient de plus en plus blême, ses poings se fermant rythmiquement dans une héroique tentative de se retenir de m'étrangler, là, tout de suite, tellement je le gonfle avec mes petites manipulation de pater familias fourrant son nez partout.
Je prend ses mains dans les siennes et me tais.
Il n'est pas besoin de parole entre nous.
L'antique lien qui nous unissait lorsque j'était son maître se reforme sans difficulté.
Il finit par se calmer et soupire, vaincu. Il comprend enfin mes raisons autant qu'elles l'insupportent.
Je comprends sa douleur.
Je la ressent de même.
On frappe à la porte du bureau.
Benten entre et s'éclaire de suite quelque peu en voyant Hasegawa assit près de moi. Mon cher élève se détend, soulagé et rassuré par le sourire tendre et lumineux que lui lance le jeune elfe avant de venir vers moi.
Derrière lui, Dalamar s'appuie lourdement sur la chambranle de la porte. Je le trouve défait et visiblement épuisé par un combat intérieur dont je ne puis saisir la nature. Je vais pour me lever mais la poigne acérée de Juzo sur mon épaule m'en empêche avant même que j'ai put faire le moindre geste vers Dalamar. Enfonçant ses griffes d'acier dans ma chair, le flic me force a me calmer et a regagner un minimum d'objectivité.
A cette seconde, je le hais de toutes mes forces.
Il le sens mais n'a pas l'air de s'en émouvoir.
C'est un véritable ami et un auxiliaire précieux.
Benten passe près de Juzo et lui effleure la main au passage avant de s'accroupir en face de moi.
Il a appris a me connaître mais me craint toujours un peu, aussi garde-t-il ses distances. Même une panthère sais quand il y a lieu de craindre un autre prédateur.
Il se penche vers moi et me murmure quelque mots.
Je me raidit mais doit bien admettre qu'il a raison.
Aussi mal que cela me fasse, il a raison et nous le savons tous.
Me reste a m'en convaincre et a l'accepter...
Je me dois de rester seul.
Dalamar s'approche a son tour.
Ses yeux sont hantés et inquiets.
Je veux le serrer contre moi, je veux le protéger de tout, je veux qu'il soit heureux avant tout..
Avant tout autre chose.
Je ne sais que lui répondre.
Je dois accepter sa demande.
J'ai si peur de le perdre.
Je me force a lui sourire et a accepter sa requête.
Je ne veux pas qu'il me quitte.
Son regard se fait de plus en plus désespéré.
Je ne sais que faire.
Il est trop fragile pour que je le laisse dans la nature. Par trop fragile et incapable de se défendre.
La main d'Hasegawa sur mon épaule se contracte.
Je suis stupide.
Comment n'ais-je pas pu y songer plus tôt.
Hasegawa est la solution idéale et il le sait. Avant même que j'ai pu dire un mot n'a-t-il déjà proposé à Dalamar de venir se refaire un santé a Tokyo.
J'ai accueillit Benten ici pendant sa convalescence, aussi cela paraît-il normal que Juzo me rende le même service.
Cela va bien au-delà.
Damon est un mage en devenir. Juzo un excellent professeur. Infiniment meilleur que moi pour enseigner les bases, je n'ai aucune patience.et puisqu'il a déjà l'éducation de Benten à faire, cela n'en paraîtra que parfaitement normal qu'il fasse celle de Damon en même temps.
Et puis. Même si mes yeux me piquent et mon c?ur se serre, je ne suis pas totalement idiot. Je me rends bien compte que mon elfe ne parviendra jamais a se reprendre en restant ici.
Dalamar accepte la proposition avec effusion et je remercie mon vieil ami d'un hochement de tête discret.
Il faut qu'il parte. que je reste seul.
Les deux elfes sortent en courant pour faire leur valise.
Avant de leur emboîter le pas, Juzo me tapote une dernière fois l'épaule avec gentillesse. Je me sens mal, mais c'est la meilleur des solutions.
Je me sens vide.
Si seul.
Encore.
C'est aussi bien.
C'est pour le mieux.
Le sien.
Mon global se rappelle brutalement à mon bon souvenir, me sortant de la dépression galopante ou je menace de m'enfoncer sans même la moindre bouée canard jaune a laquelle me raccrocher. Alors pour en avoir une qui fait pouêt-pouêt quand on appuie sur le bec orange, faut pas espérer la lune non plus.
Le visage sérieux de Neko apparaît sur l'écran.
A peine a-t-il eut le temps de dire trois mots que j'ai déjà jeté mon manteau sur mon épaule, enfilé mes bottes et me suis saisit de mes ares predator pour me ruer dans ma voiture. Pas la limo, le petit 4X4 blindé qui me sert parfois lorsque je vais faire du ménage tout seul.
Je ne verrais pas mon elfe partir.
Ma voiture dévore l'asphalte comme un serpent affamé vers la périphérie de la ville.
Le Capitole est désert à cette heure et rares sont les fonctionnaires vraiment consciencieux hantant encore les couloirs du Pentagone, suffisamment nombreux néanmoins pour que de rares bureaux soient déja illuminés par les néons maladifs que l'administration fédérale daigne acheter pour que les taches administratives ne soient pas effectuées et la paperasse archivée tachée de cendres, de cire et de fumée de chandelles de suif.
Ne riez pas ! C'est l'état actuelle de l'Education Fédérale.Mais que voulez vous, la guerre a toujours été une priorité par rapport au remplissage nos chères têtes blondes.Et une tête blonde vide est plus facile a envoyer se faire tuer. Et si les soldats se mettaient a penser, mais où irions nous, je vous le demande !
Je longe le Maul puis fait demi tour. Je ne devrait pas réfléchir en conduisant, un jour, je vais vraiment finir par me perdre.
Je trouve enfin le petit bois ou m'attendent Neko et Methos.
Je m'arrête devant, lance un sort d'alarme sur la voiture puis rentre dans le petit bois dégoûtant, emplis de cochonneries diverses et variées qui ferait passer la décharge publique du Maryland pour un havre de salubrité et d'hygiène.
Quelque camés effondrés en tas subissent les effets de leur simsense ou, plus classiquement, de la dope qu'ils se sont envoyé dans les veines.
Pas un n'a l'idée de venir me chercher des noises. Il faut dire que ma tenue pas plus que mon expression n'invite à la rigolade. Ce matin, je ne suis pas de bon poil.
Neko se glisse furtivement près de moi sans parvenir a me faire sursauter.
Il se renfrogne et hésite.
Methos nous rejoint vitement, une longue traînée de sang maculant son trench coat bleu foncé en laine. Son épée est également souillée de vert malsain.
Je vais pour demander lorsque les cadavres de deux trolls répondent d'eux même à la question.
Je renifle.
Nous nous approchons rapidement de grondements furieux et je sens Neko de plus en plus mal a l'aise.
Je fronce les sourcils et accélère le pas avant de me figer.
Enfermé dans un piège, un garou nous fixe méchamment de ses grand yeux jaunes.
Neko baisse le nez par terre.
Il sait ce que je vais dire.Ce que je devrais dire. lui reprocher.
Je ne dit rien.
Ce n'est tout de même pas ma pire crainte qui se trouvent attachée dans cette cage, mais pas loin.
Le tatouage que la bête a sur le poignet finit de me désoler.
Methos tire son arme et me questionne du regard.
Je hoche sombrement la tête.
La lame siffle rapidement avant de s'enfoncer précisément dans le c?ur du loup.
S'il n'est pas élégant de tuer par la pointe, c'est néanmoins le plus efficace dans ces circonstances.
Pendant que le Garou reprend forme humaine lentement tandis que la mort voile ses yeux ou la haine fait place au soulagement, je me permet de me demander comment je vais massacrer les dirigeant de l'Aztechnologie et de Tyr.
On ne joue pas avec la Magie de haut niveau sans m'en demander la permission, voyez vous.
Et en faire un usage comme celui là ! Ça, ça va en chier des bulles.
Je téléporte le cadavre dans le coffre du 4X4 et repart pour le centre ville. Je doit faire analyser le corps au plus vite pour avoir les preuves nécessaires.
Bizarrement, je ne pense plus a mon elfe en cet instant.
Je le paierais plus tard.
A suivre
Genre : cross over / POV / Angst / Drama
Base : Dragonlance / Shadowrun / Highlander / Cyber City Oedo 2808
Rating : PG-13 pour l'instant
Pour le prologue et les chapitres pairs, c'est raistlin qui parle, pour les chapitres impairs, c'est Dalamar
Chronique d'un Retour
Chapitre 10
Je referme la porte sur le jeune elfe qui vient de me demander conseil.
C'est un enfant effrayé et inquiet qui est entré dans mon bureau et c'est un homme assuré et confiant qui en sort.
Juzo m'en voudra a mort, mais je ne pouvais décemment pas laisser Benten a ce point dépendant de lui.
Je me sais bien sur ridicule et hypocrite aussi bien avec moi-même qu'avec Dalamar. Je veux qu'il reste près de moi, je veux qu'il m'appartienne.
Qu'il reste dépendant de moi et de moi seul.
Je me répugne bien que je ne puisse m'empêcher de le vouloir si fort. Mon besoin de possession est si violent que je m'effraie moi même.
Je me prend la tête dans les mains et ferme les yeux.
Je suis si fatigué.
Fatigué d'attendre, harassé de devoir rester à la fois spectateur et acteur de ce monde. de ne pouvoir y vivre tout autant que d'être contraint d'en surveiller la course.
J'en suis le Gardien.Cela me pèse chaque jour davantage.
Est-ce tellement demander que d'avoir un compagnon près de moi pour m'aider a en supporter le poids ?
La réponse ne m'est malheureusement que part trop évidente.
Si pour moi le poids en est trop lourd malgré l'habitude des millénaires, comment pourrais imposer cela a quiconque ?
Je sursaute violemment.
Je ne l'ai pas entendu entrer dans mon bureau.
Juzo a toujours été un maître en matière de dissimulation et de discrétion.
Il s'assoit sur le bord de mon bureau, me fixant de ses froides prunelles sables s'emplissant de colère lorsqu'il sent l'aura de son elfe partout imprégnée dans la pièce..
Je hausse les épaules avant de glisser dans le global du bureau le premier des deux data disks qu'il vient de m'apporter.
Il me fixe froidement pendant que je casse les codes gouvernementaux, attendant visiblement que je m'explique.
Sa colère et sa suspicion ne m'intéressent pas. J'ai autre chose a faire.
Des lignes de textes et des graphiques compliquées défilent devant mes yeux dans une langue que je suis le seul a connaître encore, a une exception près.
Mon vieil ami Astinus s'est encore une fois montré digne de ma confiance et de son poste, c'est le moins que l'on en puisse attendre du Chroniqueur de cet univers après tout..
Un maigre sourire retrousse le coin de mes lèvres, trop habituée à la gravitées, lorsque je tombe sur le mini Post-it informatique qu'il m'a laissé.
Nous sommes l'un comme l'autre des amoureux des livres et de Paris.
Moi a Notre Dame et au Louvre, lui a Mazarine et aux Invalides.
Il faudra que je pense a le remercier d'avoir payer a ma place les dessous de table nécessaires pour que ces quatre bâtiments ne soient pas touchés par la ré-urbanisation galopante de la ville.
Bah. A l'occasion, le plus simple sera encore de les racheter, il faudra que je vois ça avec lui.
Je tape rapidement mon mail, le crypte, puis l'envoie via le réseau protégé de la maison....Je digresse encore.Pensez a me le faire remarquer, quand je part dans mes délires, sinon on ne va jamais en finir.
Je lis rapidement les quelques scans de livres cryptés sur le second data disk avant de m'estimer satisfait puis tape la séquence d'annulation sur le clavier qui effacera les données pour lesquelles Juzo a risqué sa vie ses deux derniers jours, au delà de tout espoir de récupération. N'importe qui s'en serait a moitié étouffé de fureur, mais il me connaît depuis suffisamment longtemps pour savoir que je les connaît désormais par c?ur.
L'avantage d'avoir une mémoire absolue.Et son cauchemar.Ne jamais rien oublier. Jamais.
Un frisson me parcours le dos.
Je me force a censurer les centaines de souvenirs malheureux qui m'assaillent soudain. Il me faut cesser de vivre dans le passé si je veux trouver la force de continuer.Seul.Je me dois de rester seul.
J'arriverais a m'en convaincre.Peut-être.
Hasegawa se penche brutalement au dessus de moi et frappe durement le pierre du bureau sur laquelle il se meurtrit les paumes. Je relève lentement les yeux sur lui, une expression de profond ennui plaqué sur le visage.
Il me connaît bien.
Trop pour que mon air d'indifférence marqué de dédain ai une quelconque chance de le faire me lâcher le coude.
Je suis fatigué.
Alors autant tenter le coup. On sait jamais, qu'il soit touché par la grâce. Ou moi par la chance.Passer moi un bulletin du loto voulez vous ?
Juzo insiste.
Je vous rends le bulletin, merci. Pardon du dérangement.
Bah, finalement ce n'est pas encore aujourd'hui que mes qualités d'acteur shakespearien se réveillerons. Dommage. Ce vieux William était un con, mais pour écrire et exprimer des émotions, ça il savait.
Juzo m'agace.
Sa voix passe soudain de grondeuse à suppliante.
Il me connaît bien.
Il sais comment me faire fondre et fléchir.
Je repousse mon clavier et m'intéresse totalement a lui, le fixant de mes prunelles d'or. C'est mesquin et puéril de ma part, je l'avoue, mais j'aime jouir du malaise qu'il éprouve lorsque je le fixe sans ciller.
J'avoue, je suis un chieur a la base.
Mon sourire se fait tendre a mesure que je lui répète la conversation que j'ai eut avec son elfe Il devient de plus en plus blême, ses poings se fermant rythmiquement dans une héroique tentative de se retenir de m'étrangler, là, tout de suite, tellement je le gonfle avec mes petites manipulation de pater familias fourrant son nez partout.
Je prend ses mains dans les siennes et me tais.
Il n'est pas besoin de parole entre nous.
L'antique lien qui nous unissait lorsque j'était son maître se reforme sans difficulté.
Il finit par se calmer et soupire, vaincu. Il comprend enfin mes raisons autant qu'elles l'insupportent.
Je comprends sa douleur.
Je la ressent de même.
On frappe à la porte du bureau.
Benten entre et s'éclaire de suite quelque peu en voyant Hasegawa assit près de moi. Mon cher élève se détend, soulagé et rassuré par le sourire tendre et lumineux que lui lance le jeune elfe avant de venir vers moi.
Derrière lui, Dalamar s'appuie lourdement sur la chambranle de la porte. Je le trouve défait et visiblement épuisé par un combat intérieur dont je ne puis saisir la nature. Je vais pour me lever mais la poigne acérée de Juzo sur mon épaule m'en empêche avant même que j'ai put faire le moindre geste vers Dalamar. Enfonçant ses griffes d'acier dans ma chair, le flic me force a me calmer et a regagner un minimum d'objectivité.
A cette seconde, je le hais de toutes mes forces.
Il le sens mais n'a pas l'air de s'en émouvoir.
C'est un véritable ami et un auxiliaire précieux.
Benten passe près de Juzo et lui effleure la main au passage avant de s'accroupir en face de moi.
Il a appris a me connaître mais me craint toujours un peu, aussi garde-t-il ses distances. Même une panthère sais quand il y a lieu de craindre un autre prédateur.
Il se penche vers moi et me murmure quelque mots.
Je me raidit mais doit bien admettre qu'il a raison.
Aussi mal que cela me fasse, il a raison et nous le savons tous.
Me reste a m'en convaincre et a l'accepter...
Je me dois de rester seul.
Dalamar s'approche a son tour.
Ses yeux sont hantés et inquiets.
Je veux le serrer contre moi, je veux le protéger de tout, je veux qu'il soit heureux avant tout..
Avant tout autre chose.
Je ne sais que lui répondre.
Je dois accepter sa demande.
J'ai si peur de le perdre.
Je me force a lui sourire et a accepter sa requête.
Je ne veux pas qu'il me quitte.
Son regard se fait de plus en plus désespéré.
Je ne sais que faire.
Il est trop fragile pour que je le laisse dans la nature. Par trop fragile et incapable de se défendre.
La main d'Hasegawa sur mon épaule se contracte.
Je suis stupide.
Comment n'ais-je pas pu y songer plus tôt.
Hasegawa est la solution idéale et il le sait. Avant même que j'ai pu dire un mot n'a-t-il déjà proposé à Dalamar de venir se refaire un santé a Tokyo.
J'ai accueillit Benten ici pendant sa convalescence, aussi cela paraît-il normal que Juzo me rende le même service.
Cela va bien au-delà.
Damon est un mage en devenir. Juzo un excellent professeur. Infiniment meilleur que moi pour enseigner les bases, je n'ai aucune patience.et puisqu'il a déjà l'éducation de Benten à faire, cela n'en paraîtra que parfaitement normal qu'il fasse celle de Damon en même temps.
Et puis. Même si mes yeux me piquent et mon c?ur se serre, je ne suis pas totalement idiot. Je me rends bien compte que mon elfe ne parviendra jamais a se reprendre en restant ici.
Dalamar accepte la proposition avec effusion et je remercie mon vieil ami d'un hochement de tête discret.
Il faut qu'il parte. que je reste seul.
Les deux elfes sortent en courant pour faire leur valise.
Avant de leur emboîter le pas, Juzo me tapote une dernière fois l'épaule avec gentillesse. Je me sens mal, mais c'est la meilleur des solutions.
Je me sens vide.
Si seul.
Encore.
C'est aussi bien.
C'est pour le mieux.
Le sien.
Mon global se rappelle brutalement à mon bon souvenir, me sortant de la dépression galopante ou je menace de m'enfoncer sans même la moindre bouée canard jaune a laquelle me raccrocher. Alors pour en avoir une qui fait pouêt-pouêt quand on appuie sur le bec orange, faut pas espérer la lune non plus.
Le visage sérieux de Neko apparaît sur l'écran.
A peine a-t-il eut le temps de dire trois mots que j'ai déjà jeté mon manteau sur mon épaule, enfilé mes bottes et me suis saisit de mes ares predator pour me ruer dans ma voiture. Pas la limo, le petit 4X4 blindé qui me sert parfois lorsque je vais faire du ménage tout seul.
Je ne verrais pas mon elfe partir.
Ma voiture dévore l'asphalte comme un serpent affamé vers la périphérie de la ville.
Le Capitole est désert à cette heure et rares sont les fonctionnaires vraiment consciencieux hantant encore les couloirs du Pentagone, suffisamment nombreux néanmoins pour que de rares bureaux soient déja illuminés par les néons maladifs que l'administration fédérale daigne acheter pour que les taches administratives ne soient pas effectuées et la paperasse archivée tachée de cendres, de cire et de fumée de chandelles de suif.
Ne riez pas ! C'est l'état actuelle de l'Education Fédérale.Mais que voulez vous, la guerre a toujours été une priorité par rapport au remplissage nos chères têtes blondes.Et une tête blonde vide est plus facile a envoyer se faire tuer. Et si les soldats se mettaient a penser, mais où irions nous, je vous le demande !
Je longe le Maul puis fait demi tour. Je ne devrait pas réfléchir en conduisant, un jour, je vais vraiment finir par me perdre.
Je trouve enfin le petit bois ou m'attendent Neko et Methos.
Je m'arrête devant, lance un sort d'alarme sur la voiture puis rentre dans le petit bois dégoûtant, emplis de cochonneries diverses et variées qui ferait passer la décharge publique du Maryland pour un havre de salubrité et d'hygiène.
Quelque camés effondrés en tas subissent les effets de leur simsense ou, plus classiquement, de la dope qu'ils se sont envoyé dans les veines.
Pas un n'a l'idée de venir me chercher des noises. Il faut dire que ma tenue pas plus que mon expression n'invite à la rigolade. Ce matin, je ne suis pas de bon poil.
Neko se glisse furtivement près de moi sans parvenir a me faire sursauter.
Il se renfrogne et hésite.
Methos nous rejoint vitement, une longue traînée de sang maculant son trench coat bleu foncé en laine. Son épée est également souillée de vert malsain.
Je vais pour demander lorsque les cadavres de deux trolls répondent d'eux même à la question.
Je renifle.
Nous nous approchons rapidement de grondements furieux et je sens Neko de plus en plus mal a l'aise.
Je fronce les sourcils et accélère le pas avant de me figer.
Enfermé dans un piège, un garou nous fixe méchamment de ses grand yeux jaunes.
Neko baisse le nez par terre.
Il sait ce que je vais dire.Ce que je devrais dire. lui reprocher.
Je ne dit rien.
Ce n'est tout de même pas ma pire crainte qui se trouvent attachée dans cette cage, mais pas loin.
Le tatouage que la bête a sur le poignet finit de me désoler.
Methos tire son arme et me questionne du regard.
Je hoche sombrement la tête.
La lame siffle rapidement avant de s'enfoncer précisément dans le c?ur du loup.
S'il n'est pas élégant de tuer par la pointe, c'est néanmoins le plus efficace dans ces circonstances.
Pendant que le Garou reprend forme humaine lentement tandis que la mort voile ses yeux ou la haine fait place au soulagement, je me permet de me demander comment je vais massacrer les dirigeant de l'Aztechnologie et de Tyr.
On ne joue pas avec la Magie de haut niveau sans m'en demander la permission, voyez vous.
Et en faire un usage comme celui là ! Ça, ça va en chier des bulles.
Je téléporte le cadavre dans le coffre du 4X4 et repart pour le centre ville. Je doit faire analyser le corps au plus vite pour avoir les preuves nécessaires.
Bizarrement, je ne pense plus a mon elfe en cet instant.
Je le paierais plus tard.
A suivre
