CHAPITRE 11 :
Rémus se redressa, le bar s'était rapidement vidé quand avait commencé la bataille et l'adversaire de Rémus était sur le sol.
Va-il survivre ? Se demanda tranquillement le loup garou.
-Vous... Vous êtes un monstre ! Bégaya le barman avec fureur
Rémus ne le contredit pas, et laissa la lumière des néons se refléter sur ses dents blanches et pointues.
La pleine lune était pour bientôt, dans quelques jours à peine, et Rémus détestait qu'on vienne le tripoter sans sa permission, surtout à cette période du mois.
Il entendit un halètement de la part de son ami le pervers, et s'autorisa un sourire sadique avant d'enfoncer profondément son pied dans la cage thoracique en lui disant :
-Bonne nuit...
Le loup garou sortit du bar en enfouissant ses mains dans les poches, quand soudain un hibou grand duc se posa sur une boite-au-lettre d'une maison qu'il longeait.
Il plongea ses yeux couleur miel dans ceux de l'oiseau et tendit la main. Il prit la lettre et l'oiseau s'envola aussitôt.
James avait besoin de lui pour quelque chose...
Rémus eut un sourire triste en pensant à ce qu'était devenu son ami. À ce que lui était devenu, lui aussi...
Et Sirius ? Que devenait-il ?
Et Peter, Peter le traître, comment vivait-il en prison ?
Peter avait toujours été quelqu'un de faible. Courageux, mais faible... Alors qu'avait été le moyen de pression qu'avait utilisé Voldemort sur Queudeveyre ? La mort ? Non, Peter n'avait pas peur de la mort, c'était autre chose... C'était forcément autre chose !
Rémus ouvrit la lettre et la lit rapidement.
-Hé toi ! Oui, toi, le gars du bar !
Rémus se retourna et observa rapidement l'homme qui lui faisait face.
De taille moyenne, physique banal, bien habillé, sûrement un riche... Rémus renifla l'air et ne ressentit aucune magie. C'était un moldu de toute évidence.
-Je t'ai vu te battre, et ça m'a intéressé. J'aime bien les mecs costaux dans ton genre. Ça te dirais un job bien payé ?
Rémus lui lança un regard froid, rangeant la lettre dans une poche intérieur de son vieux manteau.
-Désolé, une minute plus tôt ça aurait put être possible, mais j'ai le regret de te dire qu'on vient tout juste de m'embaucher.
Il passa à côté du type et lui tapota l'épaule.
-Une autre fois peut-être.
Et il disparut dans les ombres de la petite ruelle.
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Wellan regardait son assiette fixement, la fourchette suspendue entre sa bouche et la table, perdu dans ses pensées concernant son étrange rencontre avec l'arrière du crâne du professeur Quirell.
Ce qui l'intriguait le plus, c'était le comportement de Figg. Il se demandait vraiment de quelle manière il avait put se débarrasser de leur prof, pour qu'il ne soit plus qu'un cadavre fumant et ensanglanté...
Il leva un instant les yeux et regarda la table des poufsouffles. Figg mangeait encore tout seul, une ou deux place de libre de chaque côté de lui. Et un type le regardait fixement en sirotant son verre.
Wellan fronça les sourcils.
Troisième ou quatrième année, le genre de visage sur lesquelles les filles bavent d'adoration... et il fixait toujours Figg de cet air pensif bizarre...
-Wellan ? Wellaaaaaaaaaaan ! Tu ne m'écoutes pas.
-Hein ? Sursauta-t-il en se tournant vers ses amis. Ah, si si, je t'écoute... Heu, tu peux répéter, j'ai pas très bien comprit.
Seamus soupira.
-Je te demandais ce qu'il y avait entre toi et Figg.
Wellan cligna des yeux.
-Entre Figg et moi ?
-Oui, c'est ce que je viens de dire, acquiesça Dean. D'une manière ou d'une autre, tu te comportes différemment avec Figg qu'avec Malfoy.
-Ah bon ?
-T'es peut-être amoureux de lui, ricana Seamus.
Tout le monde éclata de rire, même Wellan qui lui donna une tape sur l'épaule.
-T'es vraiment con, Seamus !
Mais...
Mais si c'était vrai ? Il serait amoureux d'un gars ? D'un gars aussi con, en plus ?
Bon, un gars qui lui avait sauvé la vie, certes, mais en tuant un professeur... Un psychopathe qui se faisait exploser ses blessures pour qu'elles arrêtent de saigner, un sale poufsouffle au mauvais caractère qui ne savait pas être gentil, un taré qui pouvait porter un garçon comme Neville à bout de bras au dessus du vide sans le moindre effort, un débile qui était incapable de faire une potion sans la faire exploser, un...
Bref.
Il n'avait pas si mauvais goût, n'es-ce pas ?
En même temps, maintenant qu'il y réfléchissait, il se comportait effectivement différemment qu'avec Malfoy. Entre Malfoy et lui il n'y avait que de la haine et du méprit. Pour Figg... il ne savait pas vraiment, et c'était peut-être ça, le sentiment... C'était peut-être de l'amour...
-Mes enfants, votre attention s'il vous plaît !
Wellan leva les yeux vers son directeur, attentif.
-Votre professeur de défense contre les forces du mal, monsieur Quirell, a été contraint d'arrêter de travailler. Un nouveau professeur sera engagé d'ici une semaine. Dans cette optique, tous les cours de DCFM sont suspendu.
Un cri de joie retentit dans la grande salle, les élèves étant toujours heureux d'avoir moins de cours.
Seuls quelques élèves eurent la mine sombre, les intellectuels en particulier, comme les serdaigles ou encore Hermione. Et puis deux autres garçons... Pour une toute autre raison.
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Harry s'assit dans l'herbe avec soulagement.
Journée fatigante...
-Figg ?
Il sursauta et se retourna vivement.
Blaise Zabini, l'ami de Malfoy, le regardait avec surprise. Il s'assit non loin de lui sans le quitter du regard.
-Qu'est-ce que tu fais là, Zabini ?
-Je... Je venais prendre l'air, marcher un peu, tu vois ?
-Pourquoi tu t'es assis dans ce cas ?
Le métis plongea alors ses yeux dans les siens, l'air un peu trop franc pour un serpentard, ce qui provoqua un levé de sourcil de la part de Harry.
-Parce que tu m'intrigues. Depuis la fois où tu m'as défendu dans le Poudlard express jusqu'à aujourd'hui. Qu'es-ce qui te motives au fond ? Pourquoi tu t'en prends à tout le monde mais tu ne leur fais jamais de mal directement ? Pourquoi avoir défendu un inconnu tel que moi dans le train ?
Harry se passa une main dans les cheveux, grimaçant.
-Quelque chose... comme la justice, l'idéal de l'égalité ou un truc du genre...
Il sourit intérieurement en pensant à Hermione. Ils étaient fait pour s'entendre dès le début, c'est sûr !
-Bon, fit Harry en claquant ses mains sur ses genoux avant de se relever. Je suis content d'avoir répondu à ta question, maintenant tu devrais retourner dans ton dortoir, il commence à faire froid à cette période !
-Mais toi tu vas où ? Demanda Zabini en se levant à son tours.
-Faire un jogging dans... heu... dans la forêt, donc ne me suis pas !
Et sur ses mots il partit en courant, bien que décidé à ne pas approcher la forêt plus que nécessaire, l'odeur lui rappelait trop « là bas », même si il n'en avait aucun souvenir clair, les odeurs comme celles ci le dégouttaient, ça il en était sur...
Un jogging... Il y a pas plus bidon, c'est sûr, mais il faut avouer qu'il fallait faire vite : hors de question que quelqu'un d'autre découvre son rapport avec les serpents ! Hermione était déjà de trop, et tout le monde n'est pas aussi ouvert d'esprit que cette fille...
Il eut l'image furtive du garçon retirant sa main en déclarant que son père lui avait interdit d'approcher le ''miraculé'', mais Harry secoua la tête.
Ce n'était pas le moment de penser à ça.
Ce n'est jamais le moment !
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Blaise fixa la silhouette du garçon disparaître dans l'obscurité et soupira.
Il ne le comprenait pas. Il était terriblement intrigué par ce genre de comportement, mais il ne les comprenait pas.
Pourquoi, par Merlin, pourquoi ce garçon ne se laissait-il pas simplement connaître sans protester ?
Quelle plaie...
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Les journées se passèrent tranquillement jusqu'à ce que la semaine se termine, puis, un beau matin, le nouveau professeur arriva.
Il n'avait pas put venir plus tôt à cause de la pleine lune, mais n'avait à présent plus aucune raison de laisser les élèves faignanter.
Dans la salle des professeur, le silence était si profond qu'il aurait put crever le noyau de la terre, jusqu'à ce que Dumbledore force un sourire et ne déclare :
-Mon cher Rémus, je suis tellement contant de te voir !
-Dumbledore, salua sobrement le loup garou.
Il tourna alors ses yeux doré vers son enseignante préférée et lui accorda un sourire aussi franc que doux.
-Bonjour, professeur MacGonagall.
-Maintenant tu dois m'appeler par mon prénom, Rémus.
Il lui sourit en retour et salua chacune des personne présentes dans la pièce. Puis son regard de miel se posa sur Lily Potter et tout sembla se figer.
-Bonjour Rémus, cela fait longtemps qu'on ne s'était pas vu, dit-elle doucement avec un sourire hypocrite.
-Une odeur nauséabonde m'empêchait d'être à l'aise à chaque fois que j'étais en ta présence, Lily jolie, tu peux comprendre...
Elle pinça les lèvres.
-Comme c'est dommage, vous avez raté tous les plus grands événements de la vie de votre filleul, à cause de cette simple... odeur...
Instinctivement, Rémus montra les crocs, mais parvint à se maîtriser juste avant de commettre l'irréparable.
-Regrettable, en effet, mais je vais pouvoir rattraper le temps perdu.
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La réunion se passa lentement mais quand enfin ils purent sortir, Lily s'empressa de rejoindre l'ancien ami de son mari pour le faire stopper.
Elle se heurta aussitôt à un regard de profond dégoût.
-Ne me touche pas.
-Écoute Rémus...
-je ne sais pas ce que tu comptes faire, mais c'est inutile, je n'accepterais aucune excuse, ta décision est tout bonnement inhumaine, et jamais je ne pardonnerais à une mère qui abandonne sans la moindre hésitation un de ses...
-Je ne suis pas là pour ça, monstre, alors silence.
Rémus grogna mais attendit tout de même, au cas où cette folle aurait quelque chose d'intelligent à lui faire part.
-Je t'interdis d'approcher mon fils, de lui dire quoi que ce soit sur son frère ou de t'intéresser à sa vie. Je te l'interdit en tant que mère du Survivant et...
-Mère ?
Rémus éclata de rire. Un rire froid et cynique, un rire qui la fit frissoner avant qu'il ne la regarde à nouveau, dédaigneusement cette fois.
-Tu as perdu ce titre il y a des années, Evans.
Il se retourna et partit sans un mot, laissant derrière lui une Lily rouge de rage.
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-Bonjour à tous, je suis le professeur Lupin, votre nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal.
Loup garou...
Harry haussa un sourcil, il ne pensait pas en rencontrer un jour.
Le corps grand et mince, les épaules musclées, des yeux dorés en amandes et un petit air mi-fatigué, mi-déterminé était en place sur son visage. Il était plutôt loin de l'image qu'il se faisait des bêtes sanguinaires dont parlent les histoires pour enfants.
Harry posa son visage dans la paume de sa main, intrigué, et attendit que le cours ne commence.
-Avez-vous déjà entendu parler des épouventards ? Demanda tranquillement le professeur.
Quelques serdaigles levèrent aussitôt la main, faisant sourire monsieur Lupin. Un sourire calme et rêveur.
-Alors mademoiselle... Chang ?
-Les épouventards sont des créatures de la nuit qui prennent l'apparence de ce que nous craignons le plus, répondit aussitôt la jeune chinoise.
-Très bien, cinq point pour serdaigle.
Aussitôt, Cho Chang et ses copines se mirent à glousser en se regardant.
-Et qui pourrait nous donner la formule permettant de le neutraliser ?
Il observa la classe puis regarda une fille de Serdaigle en demandant :
-Miss...
-Marietta Edgecombe, monsieur. C'est le sortilège Ridiculus, monsieur.
-Très bien, encore cinq point. Ce genre de cours n'est pas censé être donné aux premiers années, mais je pense que c'est un sortilège plutôt simple à exécuter avec un bon moral. Prêts ?
Harry se leva, tout comme les serdaigles.
Sa plus grande peur...
Qu'est-ce que ça pouvait bien être, il n'en savait rien. Peut-être en rapport avec ses deux ans d'absence, la cause de sa cicatrice, ou encore cet homme, Fierz...
Ils se mirent en colonne d'une manière plus ou moins organisée, ce qui fit atterrir Harry en deuxième place, devant la malle tremblante d'où sortirait bientôt l'épouventard.
Devant lui, la jeune fille brandit sa baguette et attendait, excitée comme tout bon serdaigle l'est face à une nouveauté ou à un défit, d'autant plus lorsque c'était les deux à la fois.
La malle s'ouvrit, et aussitôt un immense serpent fit face à la fille qui glapit, apeurée.
Harry leva les yeux au ciel pour un tel manque d'originalité.
-Ri... Riddiculus !
Rien ne se produisit, et le serpent avançait vers elle, menaçant, la faisant reculer, c'est à dire se cogner contre Harry et faire reculer les autres, les compressant les uns contre les autres.
-Allez, plus fort !
-RIDICULUUUUUUS ! Hurla-t-elle, faisant souffrir les oreilles de Harry.
Elle avait vraiment besoin de beugler comme ça ?
Le serpent s'enroula alors vivement sur lui même, se transformant alors en un ressort rebondissant sur le sol, faisant rire toute la classe.
La gamine partit vers le fond de la salle, satisfaite et faisant des signes surexcités à ses amies.
La créature muta alors, semblant hésité à la forme à prendre devant Harry.
Un brouillard, des yeux marrons clairs, un cris, des arbres qui défilent très rapidement sur les côtés de Harry, une femme rousse se détournant avec une moue de dégoût, le brouillard encore...
Beaucoup d'images défilaient devant lui, semblant sincèrement hésiter quand à la forme à prendre.
Mauvais signe...
Ça voulait dire qu'il n'avait peur de rien ou qu'il avait peur de trop de chose ?
Puis l'image se stabilisa, et les épaules de Harry se crispèrent.
Arabella Figg était pendue devant lui, un grand sourire fou au visage, des têtes de chat accrochées aux doigts et aux chevilles.
Il frissonna.
Charmant...
-Ridiculus, prononça-t-il distinctement.
La corde se cassa alors, les têtes de chats se transformèrent en petites balles qui rebondirent partout dans la salle.
Pourtant, personne ne rit, cette fois.
Harry se détourna alors, faisant fit du regard perçant du professeur, et rejoint le fond de la salle.
-Harry ?
Il se tourna vers son camarade de dortoir, Ernie, qui lui souriait gentiment. Il lui demanda doucement :
-Qui c'était ? Enfin, si c'est pas indiscret bien sûr.
-Ma tutrice, mais elle est vivante en réalité.
Le garçon hocha simplement la tête et retourna à sa conversation avec Justin.
La mort d'Arabella serait alors sa plus grande peur ?
Mensonge, manipulation...
Harry fit la moue. Qui manipulait qui, au juste ? Manipulait-il sa peur, ou alors on le manipulait en lui montrant cette image ?
C'était à n'y rien comprendre...
Les autres enfants défilèrent sans que Harry ne leur prête la moindre attention, jusqu'à la sonnerie où il sortit en même temps que les autres, supportant les regards étrangement appuyés que le nouveau professeur distribuait à chacun d'entre eux.
Peut-être que c'est un pervers, ou peut-être que tous les loups garous ont ce regard.
Harry eut un sourire désabusé en entendant la voix dans sa tête ricanait.
Il n'y croyait pas lui même, génial...
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Hermione courait dans les couloirs, elle repéra enfin les premiers années de Poufsouffle sortant de leur salle et se précipita vers eux.
-Harry !
Celui ci se tourna vers elle avec surprise et la vit fondre sur lui comme un rapace.
-T'as plus cours ? Génial, suis moi j'ai quelque chose à te montrer !
Harry poussa un petit cri en se sentant tiré par la griffondore, et elle lui fit parcourir une bonne dizaine de couloirs. Quelques escaliers se déplaçant dans n'importe quel sens, une marche cassée et huit minutes plus tard, ils furent devant un tableau où une grosse dame les regardait avec un grand sourire indulgent et supérieur.
-Bouche toi les oreilles, Harry.
Il s'exécuta sans rechigné, intrigué malgré lui par ce que Hermione avait tant hâte de lui montrer.
-Caput draconis, murmura-t-elle, faisant pivoter le tableau.
Elle saisit aussitôt le bras de Harry et le traîna dans la salle commune des griffondors où tout le monde le regarda avec des yeux ronds.
-Traîne pas, Harry ! C'est là bas, allez viens !
-Mais c'est les dortoirs des filles !
-Un problème avec sa ?
Elle répondit à sa place sans lui laisser le temps d'en placer une :
-Non ? Tant mieux, aller grimpe !
Facile à dire avec l'escalier qui semblait hésiter à se transformer en toboggan sous ses pieds...
Sans crainte
Faisant confiance à la petite voix dans sa tête, Harry se laissa trainer, pataugeant encore un petit peu sur les marches à moitié lisse qu'il grimpait tant bien que mal.
Elle poussa la porte du dortoir des premiers années et des cris retentirent aussitôt :
-HIIIIIIIIIIIII ! Un garçon !
Harry ferma les yeux automatiquement, ne cherchant pas à savoir si elles criaient parce qu'elles étaient en sous-vêtements ou non.
-Oh, sa va, c'est qu'un poufsouffle, vous allez pas perdre votre vertu avec ça !
-Sympa, Mione, je retiens...
Il l'entendit ricaner, le traînant toujours à travers le dortoir jusqu'à s'arrêter enfin.
-Allez, nigaud, c'est pas avec les yeux fermés que tu verras ce que j'ai à te montrer !
Harry soupira et consentit à ouvrir les paupières, puis les baissa vers une sorte de petit nid de vêtements où se prélassaient trois serpents dont les couleurs variaient de vert à bleu azure.
-Tu as vu comme elles sont belles ? Elles sont venues cette nuit et se sont glissées dans mes draps, mais j'avais un peu peur de les écraser en dormant, alors je les ai mises là. Je voulais te prévenir ce matin mais j'ai oublié, alors je t'ai rien dit, mais ça pouvait plus attendre, parce qu'elles arrêtaient pas de siffler et je m'inquiétais. Tu sais pourquoi elles sont venues ? Elles ont peut-être des problèmes en forêt, j'ai regardé quels étaient les ennemis naturels de cette espèce mais...
-Parle moins vite, Hermione, c'est difficile de suivre tout ce que tu dis.
-Pourquoi elles sont là, Harry ?
Le poufsouffle haussa les épaules.
-Comment je pourrais le savoir, moi ?
-Bah, en leur demandant, répondit Hermione en haussant les épaules.
Harry leva les yeux au ciel et désigna discrètement les autres filles piaillant derrières eux.
-Jamais en public, Hermione.
-Ah oui, forcément...
Elle sembla réfléchir un instant puis se détourna vivement. En deux temps trois mouvements, Harry était seul dans le dortoir, fixant la porte qui tremblait encore à cause de la force que la griffondor avait mise à la refermée.
Derrière le bois, il pouvait entendre les couinements des autres filles, craignant apparemment qu'il fouille dans leur affaires intimes.
Leur affaires intimes !
Yerk !
Il s'accroupit devant les reptiles, le visage assez près d'eux pour qu'il puisse chuchoter, et se mit à siffler :
-Et bien mes jolies, que faites vous iccci ?
-Femelle deux pattes nous manquaient... répondirent deux serpents dans un unique sifflement.
Le troisième se redressa, fixant Harry, puis s'enroula autour de son cou. Il alla jusqu'à son oreille où il siffla d'un air suppliant :
-Amène nous à manger, fougère d'automne... nous avons sssi faim...
Harry grimaça sous la chatouille avant de sourire en entendant le nom.
Au début, il n'avait pas comprit en quel honneur il avait été nommé comme ça, mais après quelques explications pas très clair des serpents, il avait comprit que c'était en fait son odeur.
Il ne savait pas si les fougères d'automne sentaient différemment que pendant les autres saison, mais tous les serpents l'avaient nommé de la même manière, donc bon...
-Alors Harry ? Demanda Hermione en rentrant dans le dortoir, seule.
-Elles sont revenues pour toi, et maintenant elles ont faim.
-Oh, je vois ! Elles veulent quoi à manger ?
-Une souris, ça me parait évident, déclara Harry.
Il se mordit soudain la joue. Il aurait du le dire différemment, Hermione allait sûrement être dégoûtée par...
-Oui, bien sûre, je suis bête, je l'ai lu en plus ! Dis, tu sais comment je pourrais trouvé des souries vivantes ? Non ? Bah, c'est pas grave, j'imagine que le professeur Snape en aura sûrement dans son laboratoire. Tu restes ici ? Tant mieux, à tout à l'heure.
Harry cligna des yeux, la porte se referma derrière Hermione.
Ah, c'est vrai, la justice et les anti-préjugés... il aurait dut y penser...
Mais maintenant, faudrait quand même qu'il sorte. Elle est bien mignonne Hermione a faire les questions réponses, mais il n'avait pas vraiment d'intérêt à rester planté comme ça au milieu d'un dortoir féminin.
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Wellan sourit, satisfait de son niveau en Défense Contre les Forces du Mal plus qu'acceptable.
Il était même sacrément doué !
-Partez devant, les mecs, je vous rejoins.
-Très bien, à tout à l'heure ! Répondit Ron en sortant en compagnie de ses autres compagnons de dortoirs.
Une fois seul dans la salle, Wellan s'approcha timidement du professeur Lupin.
Rémus Lupin, son parrain...
Son parrain qui n'était jamais venu le voir, qu'il ne connaissait que des rares visite qu'il rendait à son père.
-Wellan ? Ça m'étonne que tu viennes me voir.
Le garçon fronça aussitôt les sourcils. Évidement qu'il vient, puisqu'il est son parrain ! N'est-ce pas la moindre des choses ?
-Parce que je représente rien pour vous ?
-Non, répondit tranquillement Rémus Lupin. Mais pour la simple raison que ta mère m'a interdit de te parler, de t'approcher, de te regarder et presque même de te sentir. Je pensais simplement qu'elle en avait fait de même avec toi.
Wellan, n'en revenant pas, secoua la tête. Il n'arrivait pas à croire que sa mère ai put demander une chose pareil, ni pourquoi.
-Non, elle ne m'a rien dit de tel.
L'adulte eut un sourire amer et lui désigna son bureau d'un geste du menton.
-Rentre, on sera plus confortable pour parler...
-D'après les dires de ton père, commença tranquillement Rémus, tu serais au courant de l'existence de ton frère.
Wellan hocha la tête.
-Que sais-tu exactement ?
-Pratiquement rien, je n'ai pas réussi à avoir une vrai conversation avec mon père, maman nous interrompt tout le temps... je sais juste qu'il est sûrement plus âgé que moi parce que le choixpeau le connaissait avant de me rencontrer, et que ma mère a convaincu mon père de l'abandonner. Mais je ne sais pas pourquoi non plus.
Lupin hocha la tête.
-En gros, pas grand chose. Mais c'est intéressant de savoir qu'il est à Poudlard, tu me facilites la tache.
-Vous le recherchez ?
-Évidemment, puisque je suis l'ami de ton père.
Wellan fronça les sourcils. Il aidait à retrouver son frère, mais pas à connaître mieux son propre filleul ?
Lupin se levait pour aller ouvrir la porte sans lui jeter un seul regard, mais il ne pouvait pas accepter ça. Alors, les poings crispés sur ses cuisses, Wellan s'exclama tout d'un coup :
-Dites moi tout ce que vous savez !
Lupin ne répondit pas, il observa l'air déterminé du griffondor. Un fin sourire indescriptible se forma sur ses lèvres avant qu'il ne réponde tranquillement :
-Tu devrais aller en cours, il ne faut pas que tu arrives trop en retard.
Rageur d'être traité de la sorte par son parrain, Wellan se leva vivement et partit, le port fier mais les poings tremblants.
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Rémus regarda Wellan partir avec un étrange pincement au cœur.
Ce pauvre garçon avait bien trop hérité de sa mère. Il espérait juste que James pourrait prendre une plus grande part dans sa personnalité...
Juste un petit mot pour la fin : je ne pense pas que le mot de passe soit toujours caput draconis en novembre, mais je n'avais pas le bouquin sous la main pour vérifier, donc désolé pour ça... J'espère que ça vous a plu !
