Réponses aux Non-Inscrits:

mia68: Ouiiii, hi hi! Je suis sadique et je dois dire que j'aime ça!

Guest: Tu parles des autres vampires qui auraient pu sentir le sang de Kim, c'est ça ? Eh bien j'ai supposé qu'il n'y avait pas assez de sang pour qu'ils soient alertés et qu'ils étaient tous occupés à l'étage à chercher le portefeuille d'Alice. En plus Bella était déjà dans la maison alors peut-être que l'odeur de Kim s'est mêlée à la sienne, tout simplement. Une humaine ou bien deux, quelle différence ? Du coup, Jasper descend pour faire je ne sais quoi, tombe sur elle, de près il peut sentir le sang de sa piqûre et il lui saute dessus. Mais c'est vrai qu'il est difficile de penser à tout! ^^

lili: Comment je fais pour écrire aussi bien ? Aucune idée! Je n'ai pas de recette secrète à refiler, sinon ç'aurait été avec plaisir! ^^ L'histoire n'avance pas aussi vite que cela, ce chapitre ne décrit pas encore le déroulement de la soirée mais laisse tout de même présager pas mal de complications pour ce pauvre Jared! Alors non, Kim ne va pas se laisser avoir facilement. Si je fais traîner les choses, ce n'est pas par sadisme mais pour donner un effet de naturel. Si Kim se pamait soudain devant Jared, tous mes efforts voleraient en éclats !

Désolée pour le retard! Certains le savent déjà mais j'étais partie en vacances à Barcelone. A partir de maintenant, mon rythme de publication risque d'être un peu chaotique, mais je ferai de mon mieux!


XI

LES VAMPIRES

Kim entendait des voix à l'intérieur de sa tête. Enfin, « à l'intérieur », ça elle n'en était pas tellement sûre. Peut-être venaient-elles d'ailleurs. Elle entendait des voix, ça c'était certain. Une voix qu'elle connaissait, une qu'elle ne connaissait pas.

« Et tu n'as rien vu, Alice ? »

« Elle passe son temps à traîner avec le sac-à-puce, ça bloque mes visions. J'ai vu ce qui allait se passer presque au moment exact où ça se produisait. Bref, sur ce coup-là, mon don ne m'a servi à rien… »

« Où est Jasper ? »

« A l'étage avec Esmee et Emmett. Il l'a éloigné pendant que je m'occupais de Kim. Esmee tente de le raisonner. »

« Si cette fille a vu quelque chose, elle nous met tous en danger ! Nous serons obligés de partir ! »

« Calme-toi, Rosalie, s'il s'avère que Kim a deviné ce que nous sommes, elle ne dira rien à personne, nous pouvons lui faire confiance ! »

« Comment lui faire confiance alors que tes visions sont brouillées par ses « mauvaises fréquentations » ? »

« Alice, le principe de confiance exige que l'on croit en quelqu'un sans avoir à le surveiller. Je sais que Kim ne révèlera rien du tout ! »

« Et que sais-tu d'autre sur elle, au juste ? »

« Ce que je sais d'autre risque de ne pas te plaire… Autant t'éviter ce désagrément. »

« C'est extrêmement délicat de ta part, je t'en remercie, Alice. Mais ce n'est pas en nous voilant la face que nous allons nous sortir de ce pétrin dans lequel tu nous as tous fourrés ! »

La voix inconnue, colérique et haut perchée lui vrillait les tympans. Kim grimaça, gémit en signe de protestation. Les voix se turent aussitôt. Lorsqu'elle ouvrit enfin les yeux, la pièce était plongée dans le silence. Au bout de quelques secondes à fixer un plafond somme toute assez ordinaire, et comme rien ne se passait, l'adolescente se demanda si elle n'avait pas rêvé. Ces voix, sans doute, n'étaient pas réelles. Cette pièce dans laquelle elle se trouvait était certainement sa chambre. Et elle s'y trouvait seule. Elle se suréleva légèrement en s'appuyant sur ses coudes pour avoir une vue plus étendue de ce qu'elle supposait être sa chambre et reconnue sans mal le salon dans lequel elle avait déjà ouvert les yeux quelques semaines auparavant. Un ricanement lui échappa. Kim trouvait cela cocasse de s'éveiller à cet endroit pour la seconde fois. Et comme la fois précédente, elle ne se souvint pas immédiatement des évènements qui l'avaient amenée dans ce si joli salon. Lorsqu'une voix se mit à chuchoter, ne s'adressant visiblement pas à elle, l'adolescente tourna la tête vers l'entrée de la pièce.

« Elle trouve ça drôle, en plus ! Elle est complètement folle ! »

« Rosalie, voyons, elle est simplement désorientée. »

Kim reconnut aisément Alice mais fronça les sourcils lorsque ses yeux se posèrent sur une blonde plantureuse et glaciale qui se tenait à ses côtés et qui lui rendit son regard. Un regard empli d'une telle colère qu'il la fit frémir. Cette jeune femme était magnifique, il n'y avait pas à dire, mais Kim la trouva immédiatement hautaine et antipathique. Elle prit soin de ne pas baisser les yeux en premier, comme pour prouver à l'inconnue qu'elle ne lui faisait pas peur. Ce qui était faux. Rosalie détourna brusquement le regard au bout de quelques secondes à peine. Il ne s'agissait pas là d'une victoire, Kim s'en rendit bien compte. L'attention de son adversaire venait simplement d'être attirée ailleurs. Son regard allait se poser sur quelque chose ou quelqu'un de plus intéressant, voilà tout. L'adolescente, toute à sa fascination pour Rosalie, n'avait pas vu Alice approcher. Elle se trouvait déjà à ses côtés lorsque le docteur Cullen fit son apparition dans la cage d'escalier que Rosalie fixait justement avec une extrême attention.

« Kim, te souviens-tu de comment tu es arrivée là ? », lui demanda prudemment Alice, agenouillée devant elle.

« Je… »

La jeune fille hésita, se rendant compte que non, elle ne savait pas vraiment. Elle se mit à réfléchir. Elle se rappelait que Bella était passé la chercher sur le parking du lycée. Elle avait d'ailleurs dû l'attendre un sacré bout de temps. Bella s'était excusée, cependant. Pourquoi était-elle en retard ? Alice ! C'était la faute d'Alice. Un oubli. Le vieux pick-up avait rejoint la demeure des Cullen. Pourquoi ? Parce qu'Alice s'y trouvait. Il fallait passer la chercher. Bella et elle avaient attendu Alice, Alice qui ne venait pas. Bella était partie la chercher. Mais elle ne revenait plus. Kim avait décidé d'aller jeter un œil à l'intérieur. Et puis… Il y avait eu cette présence. Menaçante. Etrange. Un garçon dont les yeux laissaient à penser qu'il n'avait rien d'humain. Un garçon et pourtant autre chose. Ce garçon… Il s'était passé quelque chose… Kim, qui était maintenant assise sur le canapé, eut un vertige soudain et se rattrapa à l'accoudoir pour ne pas basculer en arrière.

« Kim, rallonge-toi », lui ordonna le docteur Cullen.

La jeune fille obéit en tremblant. Elle se souvenait. Elle regardait Carlisle, penché au-dessus d'elle, et soudain elle vit ce qu'elle avait vu dans le garçon qui l'avait agressée. Elle ne vit pas les longues dents, bien sûr. Mais elle vit quelque chose. Dans la couleur des yeux, dans la pâleur de la peau, dans l'étrange beauté des traits. Quelque chose qui était présent chez tous les Cullen. Si le garçon n'était pas humain alors aucun d'eux ne l'était. Qu'allaient-ils lui faire ? Les larmes lui montèrent aux yeux.

« Qu'est-ce… qu'est-ce que vous êtes ? » articula-t-elle avec difficulté.

« Calme-toi, Kim, nous ne te voulons aucun mal. Tu nous connais, tu peux nous faire confiance », lui murmura Carlisle en farfouillant dans sa sacoche.

« Non, je ne vous connais pas. Où est Bella ? Qu'est-ce que vous lui avez fait ?! » s'écria-t-elle au bord de la panique en se rendant compte de l'absence de son amie.

Elle voulut se redresser mais Alice, la si petite, si frêle Alice, l'en empêcha. Elle fit preuve pour cela d'une force surhumaine. Kim sut alors qu'il était inutile de lutter et se mit à sangloter doucement. Ces gens qu'elle croyait connaître, ces gens étaient des monstres. Tous. Elle était seule parmi eux et Bella avait disparu.

« Bella est dehors avec Edward. Dans les circonstances, il devenait dangereux pour elle de rester dans cette maison. Elle est en sécurité », lui assura Carlisle.

« Qu'est-ce que vous êtes ? » insista Kim.

« Tu le sais déjà », lui répondit Alice, aussi énigmatique qu'à l'ordinaire.

« Non ! Sinon, je ne vous le demanderais pas ! », s'écria la jeune fille, à bout de patience.

« Calme-toi et réfléchis », lui recommanda son amie, imperturbable. Kim plongea son regard dans celui d'Alice et ne put s'empêcher de faire confiance à ce regard-là. Sa respiration se fit moins erratique et elle obéit simplement. Elle pensa aux dents longues du garçon. Elle pensa à la froideur de la peau d'Alice contre la sienne, Alice qui l'enserrait toujours dans un étau de fer. Elle pensa aux légendes quileutes, aux ennemis de sa tribu dont Jacob avait accepté de lui livrer le nom sur cette plage il y a des semaines. Et la réponse s'imposa à elle comme une évidence.

« Vampires. Vous êtes des vampires », murmura-t-elle.

Alice l'avait lâchée, elle était maintenant libre de ses mouvements.

« Suis cette lumière des yeux, Kim », enchaîna Carlisle, « je dois m'assurer que tu n'as pas de commotion cérébrale. »

L'adolescente s'exécuta puis répondit aux diverses questions du docteur Cullen. Avait-elle des maux de tête, lui était-il difficile de se concentrer. Ses réponses furent négatives. Elle fut alors autorisée à se relever lentement et à s'asseoir. Kim remarqua qu'un nouveau pansement avait été appliqué à l'endroit de sa piqûre. Sa manche droite avait été relevée et l'était restée. Alice suivit son regard.

« C'est cette minuscule piqûre qui a causé ce désastre », déclara-t-elle.

« Alors… », commença Kim en avalant péniblement sa salive, « alors vous…vous buvez du sang humain ? »

« Non. Nous sommes des vampires « végétariens ». »

« Vous vous nourrissez de quoi alors ? De sève ? »

« Non », la détrompa Alice en riant, « nous buvons le sang d'animaux que nous chassons dans la forêt. »

« Alors pourquoi il… Pourquoi m'a-t-il agressée ? »

« Jasper n'a pas pu résister », intervint Carlisle, « il n'est pas sevré depuis aussi longtemps que nous. Il est très difficile, pour un vampire, de se passer de sang humain. »

« Pourquoi le faites-vous alors ? », s'étonna Kim. Elle se morigéna aussitôt, après tout peut importaient leurs raisons ! Elle n'allait tout de même pas les persuader de cesser leurs efforts, de céder à la tentation et de la manger toute crue !

« Eh bien nous pensons que les humains sont nos égaux et que nous n'avons pas à les considérer comme de la nourriture », déclara le docteur Cullen en lui adressant un sourire rassurant.

« Vous êtes les gentils de l'histoire, alors ? »

« Si on veut. Mais nous restons dangereux. Peu importent les efforts que nous faisons pour les réfréner, nos instincts de tueurs feront toujours partie intégrante de ce que nous sommes. »

Kim fronça les sourcils, intriguée.

« Mais vous êtes médecin. Voir tout ce sang à longueur de journées… C'est une… c'est une… »

« … torture ? La médecine est une vocation et je suis sevré de sang humain depuis beaucoup plus longtemps que les autres. »

« Parce que vous êtes le plus âgé ? »

« Je suis leur père à tous. »

« Vous les avez… mordus ? »

La conversation dura ainsi près de deux heures durant lesquelles Kim apprit des bouches d'Alice et Carlisle à peu près tout ce qu'il fallait savoir sur les vampires. Les vrais vampires, pas ceux des divers bouquins, films et dessins-animés. Car oui, il y avait des différences notables. En grande fan de Buffy contre les vampires, l'adolescente apprit ainsi que non, les vrais vampires ne se transformaient pas en d'hideuses créatures aux visages déformés. Pendant ce temps, le regard de Rosalie pesait sur la seule humaine de la pièce, un regard empli de défiance que Kim, malgré tous ses efforts, ne parvenait pas à ignorer et qui la mettait extrêmement mal à l'aise. Au bout d'un certain temps, le silence s'installa, tout semblait avoir été dit, y compris le fait que jamais au grand jamais Kim ne devrait révéler quoi que ce soit sur la véritable nature des membres de la famille Cullen. Elle avait juré et maintenant plus personne ne prononçait un mot. Profitant de ce lapse de temps pour réfléchir, la jeune fille se rendit compte que si les Cullen étaient des vampires, ils ne pouvaient pas être des représentants de la loi, comme elle le pensait depuis quelques jours.

« Mais…alors…vous n'êtes pas des policiers sous couverture travaillant pour la brigade anti-drogue », déclara-t-elle d'une traite, presque déçue.

Alice et Carlisle s'entre regardèrent puis éclatèrent de rire.

« Mais enfin, Kim, qu'est-ce qui a bien pu te faire penser une chose pareille ?! » s'étonna Alice.

Kim se sentit soudain complètement ridicule. Pourtant son hypothèse était la plus plausible. Qui aurait pu croire que les Cullen étaient des vampires, ces créatures mythiques qui ne peuplaient que les histoires d'horreur ? De gentils vampires, qui plus est. Voilà qui était encore plus improbable !

« C'est à cause de Jacob et des autres », dit-elle, « j'ai l'impression qu'ils trempent dans la drogue. Et c'est une rumeur qui a beaucoup de succès à La Push High. Comme Alice semblait en savoir plus que moi et que tout le monde à leur sujet, je me suis imaginé qu'elle faisait peut-être partie de la police. Que vous en faisiez tous partie, en fait. »

« Tu fais fausse route. Nous ne sommes pas des policiers, ça c'est certain, mais Jacob et ses copains ne sont pas non plus des dealers de drogue », lui assura Alice.

« Mais alors que sont-ils ? Une secte ? Une sorte de fraternité secrète ? »

« Nous ne pouvons rien te dire à leur sujet, Kim », s'excusa le docteur Cullen, visiblement désolé.

« Mais ce que nous ne pouvons te dire, tu le découvriras par toi-même. Fais-leur confiance et tu sauras », intervint Alice.

« Mais vous, vous leur faites confiance ? », s'enquit l'adolescente.

Seul le silence lui répondit, un silence éloquent.

« Il y a deux poids deux mesures, à ce que je vois », fit-elle remarquer.

« C'est exact », confirma Carlisle.

« Vous ne m'en direz pas plus ? »

« Non », répondit-il.

Le sujet était clos.

« J'aimerais rentrer chez moi », poursuivit Kim, lasse, « j'ai l'impression que ma tête va exploser. » Interceptant le regard inquiet de Carlisle, la jeune fille se sentit obligée de préciser : « A cause de toutes ces nouvelles informations à prendre en compte. »

« Bella te reconduira chez toi », l'informa Alice, « Tu veux que je t'aide à te lever ? »

Kim secoua la tête et entreprit de s'en charger elle-même. Elle fut rapidement hors du canapé sans qu'aucun vertige ne soit venu l'indisposer. Alors que tout le monde se dirigeait vers la cage d'escalier, la jeune fille se figea.

« Dites », commença-t-elle en se tournant vers les autres, « vous ne pourriez pas… me montrer ? J'ai toujours l'impression qu'on est en train de me faire une mauvaise blague. »

Sous les yeux ébahis de l'adolescente, Alice se mit alors à faire le tour de la pièce à une vitesse hallucinante, apparaissant devant puis derrière elle en l'espace de quelques fractions de secondes. Pendant ce temps, Carlisle s'était emparé d'une seule main du canapé qu'il tenait maintenant au-dessus de sa tête sans effort apparent. Rosalie, quant à elle, se contenta de fixer Kim de loin en sortant ses crocs.

« Hum… C'est bon », intervint l'adolescente, « j'ai compris. »

Elle se dit que ces amis-là, elle aurait intérêt à ne pas les contrarier… Elle fut soulagée de retrouver Bella saine et sauve et se rendit compte, durant le trajet qui la ramenait à La Push, que cette histoire les avait toutes deux rapprochées. Kim invita son amie à venir boire quelque chose chez elle et elles discutèrent bien pendant deux heures avant que madame Calbreen ne rentre du travail. La jeune fille aida même Kim à expliquer à sa mère pourquoi elle n'avait rien trouvé à acheter durant leur « virée shopping ». Puis, après que Bella eut pris congé, Kim se retrouva seule dans sa chambre. Comme chaque matin et comme chaque soir. Comme une adolescente normale. Excepté que rien n'était plus normal. Ce jour se terminait peut-être de manière banale, mais la vie de Kim avait basculé. Sa vision du monde n'était plus la même, et l'adolescente savait, oui elle le sentait, rien ne serait plus pareil.

En s'éveillant le lendemain matin, elle se demanda si elle avait rêvé toute cette histoire. Comme dans les films. En y repensant, tout cela était vraiment ridicule. Son imagination avait dû lui jouer des tours durant les quelques heures d'inconscience qui venaient de s'écouler. Ou peut-être avait-elle été victime d'un canular. Une caméra cachée. Enfin sans caméra. Elle fut étonnée, en se saisissant de son portable, de voir qu'un message l'attendait. Il venait de Bella.

« Non, tu n'as pas rêvé et non, ce n'est pas une blague. » Voilà ce que disait le message. Et Kim le crut.

Le sourire lui monta aux lèvres. Elle était heureuse. Elle était heureuse que tout cela soit vrai car la réalité si terne qui était la sienne depuis tellement d'années s'en trouvait tout à coup égayée. Tout cela était … excitant, vivifiant, revigorant. Et elle était dans la confidence. Ce n'était pas peu lorsqu'on se rendait compte du nombre de personnes qui vous cachait des choses. Un nombre astronomique qui s'était soudain réduit comme peau de chagrin. Il y avait ses parents et puis il y avait Jacob. Mais Bella et les Cullen étaient de son côté. Aucune défiance. Elle était avec eux, elle n'était plus à part. Elle faisait partie de quelque chose. C'était sans doute cela, précisément cela, qui la rendait si heureuse en ce vendredi matin.

Sa bonne humeur fut mise à rude épreuve, cependant, lorsqu'elle aperçut Jacob qui l'attendait sagement pour l'accompagner au lycée. Elle n'aurait pas été étonnée qu'à son approche il se mette au garde à vous. Elle se mit en marche sans lui adresser la parole mais cela ne sembla pas décourager le jeune homme car il engagea de lui-même la conversation.

« Alors, tu as trouvé quelque chose de sexy, pour ce soir ? »

Si elle avait été en train de boire, nul doute que Kim se serait étranglé. Ou peut-être aurait-elle recraché son jus de fruit sur Jacob. Ce qui l'aurait grandement soulagée.

« Sexy. Je veux être présentable, pas sexy. Et puis je ne parle pas de ces choses là avec toi. »

« Quoi ? Mais pourquoi ?! »

La jeune fille observa son ami du coin de l'œil. Oui, il paraissait sincèrement étonné. Elle leva les yeux au ciel.

« Parce que tu es un garçon », laissa-t-elle tomber.

« C'est de la discrimination sexuelle ! », protesta-t-il.

« Tu as raison », admit Kim, faussement contrite. « Pour me faire pardonner, je t'invite à m'accompagner cet après-midi après les cours. Je dois m'acheter des chaussures et je suis trèèèès difficile. Tu pourras me donner ton avis ! Tu as bien deux ou trois heures devant toi pour m'accompagner dans les magasins, non ? »

« Ben… En fait, je suis comme qui dirait assez occupé… », se défila Jacob.

« Comme c'est dommage ! », s'écria Kim, exagérément déçue.

« … mais Jared serait absolument ravi de te filer un coup de main », poursuivit le jeune homme avec un sourire en coin.

Il n'en fallut pas plus à son amie pour rendre les armes.

« C'est bon, t'as gagné. »

« Quoi donc ? »

« Notre joute verbale. Tu es le plus fort. »

« Ca je le savais déjà mais quelle est ma récompense ? »

« Mon admiration inconditionnelle ? »

« Quelle radine, franchement ! » s'écria Jacob.

C'est alors que Kim remarqua quelque chose qui, jusque là, lui avait complètement échappé. Le jeune homme avait la lèvre fendue et une très légère égratignure sur la joue droite. Aussitôt, l'adolescente se mit à imaginer deux gangs de dealers se battant pour défendre leur territoire comme dans la banlieue de L.A. Mais elle reprit bien vite le contrôle de ses pensées, on était à La Push, pas à Los Angeles, après tout. Il n'y avait pas bourgade plus tranquille. Quoique… La ville voisine hébergeait des vampires, tout de même… Les apparences pouvaient être trompeuses.

« Qu'est-ce qui t'es arrivé ? », s'enquit-elle pour en avoir le cœur net.

« Quoi ? »

« Ta lèvre, ta joue, tu t'es battu, non ? »

« Oui… Enfin c'était plus pour jouer qu'autre chose, hein », répondit Jacob, visiblement gêné, « tu devrais voir la tête de Paul ! »

Kim ne put s'empêcher de penser qu'elle se fichait bien de la tête de Paul. Si Jacob avait refait le portrait de ce prétentieux, il méritait ses félicitations.

« C'est avec Paul, que tu t'es battu ? », demanda-t-elle.

« Non… En fait, on s'est tous les deux battus contre la même personne. Mais à des moments différents. »

« Contre qui vous êtes-vous battus ? », insista Kim qui trouvait Jacob décidément bien mystérieux.

« C'était contre… Jared. »

« Jared ?! »

La jeune fille était pour le moins étonnée. Elle n'avait jamais pensé que Jared puisse être ce genre de garçon : un mauvais garçon. Du genre qui s'emporte facilement et n'hésite pas à jouer des points pour régler ses problèmes. Cela ressemblait plus à l'idée qu'elle se faisait de Paul, en vérité.

« Mais pourquoi vous êtes-vous battus ? »

Les deux adolescents étaient arrivés au lycée et Jacob accéléra le pas. En quelques enjambées il s'était déjà éloigné de plusieurs mètres. Il tentait de manière évidente d'échapper aux questions de son amie. Mais Kim vit clair dans son jeu et n'hésita pas à lui courir après.

« Jacob, attends-moi ! », cria-t-elle.

« Pas le temps, j'ai cours de sport dans cinq minutes et il faut encore que je me change ! »

« Ne te cherche pas d'excuses ! »

Le jeune homme s'engouffra dans une pièce où Kim n'avait jamais mis les pieds, elle en était sûre. Elle hésita quelques secondes devant la porte fermée puis elle se dit qu'après tout, rien ne pouvait être pire que les toilettes pour hommes. D'une main ferme, elle agrippa la poignée et entra à la suite de son ami. Elle poussa un cri aigu lorsqu'elle se retrouva nez à nez avec un torse incroyablement large et musclé. Elle rougit violemment et leva lentement la tête pour tomber sur le visage de Jared. Le jeune homme la regardait en souriant comme il avait pris l'habitude de le faire ces derniers temps.

« Envie de se rincer l'œil ? », s'enquit-il d'un air espiègle.

L'adolescente dut reconnaître qu'à cet instant précis, Jared était irrésistible. Elle faillit se perdre dans ses yeux mais elle se souvint de ce qui l'avait amenée ici et parvint à garder la tête froide.

« La violence n'est pas une solution, tu devrais avoir honte », déclara-t-elle simplement avant de tourner les talons sous les sifflements d'une vingtaine d'adolescents presque nus.

Une fois la porte fermée, Kim s'y adossa, comme par peur qu'on la rouvre de l'intérieur pour l'y attirer de nouveau. Qu'est-ce qui est pire que les toilettes des hommes ? Eh bien maintenant, elle avait la réponse : les vestiaires des hommes. En repensant à sa mésaventure, la jeune fille se sentait rougir de nouveau. Il lui fallut quelques minutes supplémentaires pour recouvrer ses esprits. Fière d'avoir mouché Jared, c'est la tête haute et un sourire satisfait sur les lèvres qu'elle se dirigea ensuite vers son premier cours de la journée.

A la pause de midi, Lily profita d'un des rares moments où Jacob ne se tenait pas aux côtés de Kim pour aborder cette dernière.

« Alors, tu sors avec Jacob ? Il est comment, comme petit ami ? Dis-moi tout ! »

« Quoi ?! On ne sort pas ensemble ! »

« Mais… vous êtes tout le temps seuls tous les deux ! » opposa Lily, sincèrement étonnée.

« C'est vrai mais nous sommes juste bons amis. D'ailleurs, il craque pour une autre fille ! »

« Mais s'il n'était pas intéressé par cette fille, tu tenterais ta chance ? »

« Non ! »

« Mais pourquoi ? Tu es célibataire, n'est-ce pas ? »

« Oui. Mais… »

« Tu as un autre garçon en tête ? »

Etonnamment, Kim se mit à penser à Jared.

« Non », répondit-elle cependant en s'efforçant de chasser le jeune homme de son esprit. C'était ridicule, après tout ! Elle le connaissait à peine, il trempait dans des affaires louches et était violent. Sans compter qu'il avait jeté Lily comme une vieille chaussette ! Non, ce garçon n'était décidément pas pour elle !

« Alors quoi ? »

« Alors rien du tout. Et pourquoi toutes ces questions, d'abord ? Puisque tu trouves Jacob si irrésistible pourquoi est-ce que tu ne sors pas avec lui ? »

« Ce n'est pas moi qu'il suit comme son ombre ! Et puis mon cœur est déjà pris... »

A la manière dont elle avait dit cela, Kim comprit que son amie parlait de Jared. Son cœur se serra. Comme ce devait être dur d'être rejeté par la personne qu'on aime ! Elle repensa à Jacob et à son amour à sens unique pour Bella et son cœur se serra encore plus. Décidément, les sentiments apportaient plus de souffrance qu'autre chose.

« Tu viens à la soirée de Jacob, je suppose », poursuivit Lily.

« Bien sûr, tu y seras ? »

« Oui, et Winston aussi. »

« Ah », répondit simplement Kim, étonnée que la jeune fille mette tout à coup Winston sur le tapis.

« Vous avez discuté ensemble l'autre midi, non ? »

« On a échangé deux trois banalités. »

« Je vois. »

« Merde ! », s'exclama soudain Kim.

« Qu'est-ce qui se passe ? », s'inquiéta Lily.

« Je viens de me rendre compte que je n'ai rien à me mettre ! J'étais censé faire les magasins hier mais les choses ne se sont pas passées comme prévu. »

« Tu peux venir chez moi après les cours, je te prêterai quelque chose. Ma penderie fait la taille du Texas ! On n'aura qu'à se rendre directement à la fête ensuite, qu'est-ce que t'en dis ? »

« C'est une super idée, merci ! »

« On se retrouve à dix-sept heures devant le lycée ! »

« Ca marche ! »

Et tandis que Lily s'éloignait à un bout du couloir, Jacob arrivait par un autre. Kim commençait à se demander si les gens ne craignaient pas de la laisser seule.

TO BE CONTINUED. . .