Mystic Falls, 2012
Le manoir de Klaus était exactement à son image : d'une extravagance sans nom. En poussant la porte de l'imposante bâtisse, Valentina entendit Elijah et Klaus se disputer.
- Qu'est-ce que tu as fait ? Entendit-elle Klaus dire.
- Qu'est-ce que toi tu as fait. Personnellement, j'ai appris à ne plus croire tes vulgaires promesses. Dorénavant, c'est moi qui commande.
Il y eut un bref silence avant qu'il ne soit interrompu par un soupir, mi-exaspéré, mi-craintif de Klaus.
- Kol. Commença-t-il.
En entendant son prénom, quelque chose se réveilla en elle. Ses sentiments, qui semblaient presque l'avoir quittée depuis que Klaus l'avait privée de Kol, recommencèrent à la titiller. Une boule se forma dans sa gorge et les larmes commencèrent à s'agglutiner sous ses paupières.
- Ça faisait longtemps mon frère.
En entendant sa voix, cette voix, un sourire étira les lèvres de la jeune femme. Il était là. Enfin.
- Finn. Reprit Klaus.
Elle entendit un grognement de douleur provenant de Klaus suivant d'un bruit de talons claquant sur le plancher.
- Rebekah. Murmura-t-il, dépité.
Un nouveau grognement de douleur brisa le silence.
- Ça c'est pour notre mère.
- Vous pouvez partir. Intervint Elijah. C'est une affaire de famille.
Arrêtée en plein milieu du hall d'entrée, Valentina vit deux hommes se diriger vers elle. Elle sût immédiatement qu'ils étaient des vampires. Ils marquèrent un temps d'arrêt en la voyant et la dévisagèrent quelques longues secondes. La jeune femme reconnut le plus petit des deux : Stefan Salvatore. La boucher. Klaus et Rebekah l'avait rencontré dans les années vingt et par conséquent elle avait fait sa connaissance. Ses sourcils se froncèrent en la voyant mais aucun d'eux n'émit le moindre commentaire. Ils passèrent à côté d'elle, la frôlant presque, et quittèrent la maison en refermant la porte derrière eux. La laissant seule avec les Mikaelson.
A peine eut-elle mis le pied dans le salon qu'elle croisa les yeux d'Elijah. Il lui offrit un sourire chaleureux, empli de sincérité et lui fit un signe de tête pour l'inviter à se retourner. Elle tourna lentement la tête, et son regard ne tarda pas à rencontrer celui de Kol. Il était bel et bien-là, planté au beau milieu de la salle à manger adjacente. Il portait la même chemise grise que durant le siècle dernier.
Utilisant sa vitesse surnaturelle, elle se jeta dans sur lui et enroula ses bras autour de son cou, enfouissant son nez dans le col de sa chemise pour humer son odeur. Cette odeur qui lui avait tant manqué. Les mains de Kol se posèrent sur ses joues et il planta ses yeux dans les siens. Ils semblaient communiquer sans même avoir besoin de parler. Ses mains quittèrent ses joues pour se poser sur ses hanches et il l'attira contre lui pour l'embrasser avec passion.
- Pitié. Intervint une voix dans leurs dos. Attendez au moins d'être seuls.
La rouquine laissa échapper un éclat de rire et se sépara de son amant pour se tourner vers Rebekah.
- Moi aussi je suis contente de te revoir. La salua-t-elle.
- Tu n'imagines pas à quel point je suis heureuse de me retrouver en dehors de ce cercueil. Sourit-elle. Mais je ne le dois pas à Nik.
- Qu'est ce qu'il s'est passé exactement ? S'enquit Valentina, en s'adressant cette fois-ci à Elijah.
- J'ai réunis notre famille. Se contenta-t-il de répondre en lançant un regard froid à Klaus. Après que Niklaus m'ait apprit pour la mort de notre père j'ai jugé qu'il était temps pour nous de nous retrouver.
- Mikael est mort ?
- Je l'ai tué moi-même. Osa intervenir l'hybride originel.
Kol noua ses doigts à ceux de la jeune femme. Son père leur avait avait, à tous, infligé de nombreuses années de souffrance et malheureusement Valentina avait été elle aussi touchée par le fléau qu'avait été son père. Il ne pouvait s'imaginer à quel point cette nouvelle devait la ravir.
- Où sont passées tes manières, mon frère ? Intervint une voix qu'elle n'avait encore jamais entendue.
Pour la première fois depuis que qu'elle s'était retrouvée ici, son regard tomba sur l'homme debout face à la cheminée. Au vue de la façon dont il était habillé et coiffé, il n'y avait nul doute quant à son identité. Il s'agissait de Finn. L'aîné de la famille Mikaelson, poignardé il y a de cela neuf-cent ans.
- Finn, laisse-moi te présenter Valentina. Sourit Elijah. Elle est la compagne de Kol. Et elle fait partie de la famille.
- Je suis heureuse de te rencontrer. Sourit-elle.
Il se dirigea dangereusement vers elle et elle sentit Kol se tendre légèrement à ses côtés, déjà sur ses gardes. Il s'arrêta face à eux, attrapa la main libre de la jeune femme et y déposé un baiser.
- C'est un plaisir de vous rencontrer.
Elle pouvait maintenant affirmer avec certitude que tous les hommes de la famille Mikaelson était absolument charmants.
- D'accord, on a comprit. Grogna Kol. Elle est prise, il va falloir t'en trouver une autre.
- Après toutes ces années, je me demande toujours ce que tu trouves à cet idiot. Intervint Rebekah.
Il y eut un léger flottement durant lequel Kol et Finn échangèrent un long regard avant que ce dernier ne retourner se poster face à la cheminée, le regard perdu dans les flammes. Tout naturellement, tout le monde commença à se tourner vers Niklaus. L'hybride originel avait un peu perdu de grandeur. Il était appuyé contre la petite table du salon, peinant à faire face à sa famille, il gardait les yeux résolument baissés.
- J'ai besoin d'un verre. Lança Kol en adoptant un ton faussement joyeux.
Il s'avança vers la table et attrapa deux verres qu'il remplit de bourbon. Profitant qu'il soit occupé, la jeune femme se tourna vers Klaus.
- Tu n'es pas heureux de me revoir ? L'apostropha-t-elle.
- Je sais ce que tu te dis. Répondit-il sans la regarder.
- Vraiment ?
- Que je mérite ce qu'il m'arrive.
- Tu sais depuis combien de temps j'attends ce moment ?
- De me voir seul, acculé par ma propre famille ?
- Je parlais de revoir ton frère. Mais te voir dans cette position n'est qu'un petit bonus.
- N'oublie pas que tu es chez moi. Cracha-t-il en se relevant.
La main de Kol s'abattit avec force sur son épaule, le forçant à se rasseoir. Il tendit un verre à la jeune femme et vint se placer à ses côtés, enroulant son bras autour de ses hanches.
- Sois prudent, mon frère, je ne te laisserais pas lui manquer de respect. Prévint-il en buvant une gorgée.
- J'aime beaucoup ce que tu as fait de cet endroit. Intervint Rebekah en lançant un regard noir à l'hybride.
Elle fit quelques pas vers une petite table où trônait un vase et s'en empara avant de le jeter violemment contre une des peintures, probablement peinte par son frère, la faisant s'écrasant sur le sol et cassant une lampe au passage.
- J'aurais voulu que ça devienne notre maison à tous. Expliqua-t-il sans quitter le sol des yeux, tandis qu'Elijah échangeait un regard avec Kol. Qu'on s'y sente tous chez nous. Qu'on puisse tous y vivre comme une famille. jamais plus l'un de nous n'aurait eu à être seul. Termina-t-il en levant enfin la tête vers Elijah.
- Tu as raison sur ce point. Aucun de nous ne le sera. Répondit celui-ci en se dirigeant vers Rebekah.
Approuvant son aîné, Kol attrapa la main de sa compagne et l'attira à sa suite, se postant lui aussi aux côtés de sa sœur.
- Toi tu restes ici. Renchérit Finn en les suivant.
Pour la première fois depuis qu'elle connaissait cette famille, tout le monde avait enfin décidé de se rebeller contre Niklaus Mikaelson. Ils avaient tous tenté d'échapper, en vain, à leur frère et ils semblaient avoir finalement compris que pour en venir à bout, ils n'avaient pas d'autres choix que de s'allier.
- On t'abandonne Klaus. Annonça Rebekah. Dès que j'aurais trouvé cette garce de double et que je l'aurais mise en pièce alors tu seras tout seul. Pour toujours et à jamais.
A ces derniers morts, le visage de l'hybride se déforma sous le coup de la colère.
- Si vous vous en allez, je vous traquerais sans relâche tous autant que vous êtes. Menaça-t-il.
- Et tu deviendras tout ce que tu as toujours détesté. Contra Elijah, sans se défaire de son calme. Notre père.
- Moi je suis un hybride. S'écria-t-il. Je suis immortel. Je n'ai rien à craindre. Venant d'aucun d'entre vous.
- Tu changeras d'avis quand nous aurons le cercueil.
Il eut un court silence durant lequel Nik les défia tous du regard. Attendant que l'un d'eux ne faiblisse. Le bruit de la porte d'entrée s'ouvrant, les fit tous se retourner. L'hybride original laissa échapper un gémissement d'étonnement tandis que Kol serra un peu plus la main de la rouquine dans la sienne.
- Qui est-ce ? Chuchota-t-elle à son intention.
La femme adressa un regard à chacun des enfants Mikaelson avant de se tourner vers Nik.
- Mère ? Lâcha Rebekah.
Sans prendre la peine de lui répondre, la matriarche esquissa quelques pas vers Klaus et ses enfants s'écartèrent à son passage, l'observant avec incrédulité tandis qu'elle ne quittait pas son fils des yeux. Elle s'arrêta devant un Klaus plus bouleversé que jamais. Comme quelques instants plus tôt, il garda les yeux baissés, incapable de soutenir le regard de sa mère.
- Regarde-moi. Exigea-t-elle. As-tu deviné pourquoi je suis ici ? Interrogea-t-elle lorsqu'elle eut capté son regard.
- Vous êtes venue me tuer.
- Niklaus, tu es mon fils. Répondit-elle avec détermination. Et si je suis revenue c'est pour t'accorder mon pardon.
Elle se tourna alors lentement vers le reste de sa famille avant de reporter son attention sur Klaus.
- Je veux que nous redevenions une famille.
Après la surprenante révélation d'Esther, l'ensemble de la famille se retrouva autour d'un verre. Kol taquinait Rebekah, sans lâcher Valentina du regard, surveillant ses moindres faits et gestes. Lorsque leurs regards se croisaient, ils échangeaient un sourire avant qu'elle ne retourne à ce qu'elle faisait.
Alors qu'elle était à nouveau en grande conversation avec Finn, il décida qu'il en avait assez, congédiant Elijah et sa sœur, il déposa son verre et se dirigea vers la jeune femme. Il posa ses mains sur ses hanches et déposa un baiser dans son cou.
- Je suis désolé d'interrompre votre conversation, qui, je n'en doute pas, devait être intéressante mais, il y a d'autres choses intéressantes qui nous attendent. Alors, bonne nuit tout le monde.
Sans lui laisser le temps de protester, Il la hissa sur son épaule et utilisa sa vitesse surnaturelle pour les amener à l'étage. Ce n'est que lorsqu'il trouva sa chambre qu'il la remit sur ses pieds. Il referma la porte et s'y adossa un moment, profitant de se retrouver enfin seul avec elle pour l'observer.
- Ce n'était pas très poli. Réprimanda-t-elle.
- Si on oublie notre petite escapade à New York, j'ai passé un siècle dans un cercueil. Je crois qu'il peut comprendre mon envie d'être seul avec toi.
Il s'approcha lentement d'elle et fondit sur ses lèvres, y déposant une multitude de baisers. Ses mains trouvèrent ses hanches et il la serra simplement dans ses bras durant de longues minutes. D'un geste brusque, il saisit l'arrière de ses cuisses et elle noua ses jambes autour de sa taille tandis qu'il se dirigeait vers le lit, son éternel sourire goguenard aux lèvres.
- On a beaucoup de temps à rattraper. Chuchota-t-il.
