Bonjour,

Titre : Once Upon A Time...

Auteur : Typone Lady

Disclaimer : L'univers de One Piece ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas : ils sont à Eiichiro Oda. Je les emprunte le temps d'une histoire.

Rated: M

Genre : Romance, Hurt/Comfort, Song-fic, UA

Résumé : « Raconte-moi une histoire. Une histoire remplie d'émotion, avec des moments d'amour parsemé de rêve. Je veux oublier que dans la réalité les contes de fées et les '' ils vécurent heureux '' n'existent pas. » Yaoi.

Bêta correctrice : pommedapi

Note 1 : Merci à ma bêta pommedapi pour ses précieux conseils et aussi pour avoir corrigé ce chapitre ;). Un grand merci aussi à ma p'tite sœur qui ma aider à écrire le résumé et qui a aussi fait mon image de couverture. ^^

Note 2 : Merci à Blue0, Yuto Aoki, Lawiki et Guest pour leurs review.

Réponse au commentaire :

Guest : C'est la première review d'un guest que je reçois, je suis trop contente ça fait un peu bizarre d'ailleurs ! Tout d'abords merci pour ton commentaire et oui rien n'est jamais simple dans cette histoire, j'aime les choses compliqués c'est tellement plus marrant ! Bon et puis rien n'est jamais simple dans la vie, on est pas dans un conte de fée malgré le titre. ( Tu remarqueras le jeu de mot…plus ou moins pourri ).

Chapitre assez dur bonne lecture quand même! :)


Once Upon a Time n'est pas une fiction à l'eau de rose.

C'est juste une histoire.

Leur histoire.

Parce que la vie n'est pas un conte de fées...

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Chapitre 11

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« On ne peut découvrir la joie que lorsqu'on peut donner un sens à sa tristesse. »

Jean Paul II

Ace


Dimanche 15 janvier 2017

C'est la première fois que je pêche. C'est aussi la première fois que je fais quelque chose avec Roger. Luffy aussi est là, et heureusement. Je n'aurais certainement pas su quoi dire à mon géniteur sinon. Luffy rend ça plus agréable et moins formel. Ça empêche également Roger de dire qu'on passe un moment père-fils.

J'aurais tout aussi pu refuser mais j'en avais envie. Pas de passer du temps avec lui mais de pêcher. J'ai toujours pensé que même si ce n'était pas toujours amusant, le plaisir qu'on a quand on réussit à attraper quelque chose est si grand que l'attente n'a pas été vaine. Qu'au final, ça en valait la peine.

J'ai hâte de découvrir ces sensations.

-Tu n'as jamais pêché, Ace ? me demande Roger.

Je lève les yeux au ciel, me demandant pourquoi il me pose cette question alors qu'avant de partir, je lui ai déjà répondu.

-Tu te débrouilles bien pourtant, ajoute-t-il quand il voit que je ne compte pas lui répondre.

-Moi aussi je m'débrouille ! se vante Luffy, fier de lui. En plus, c'est Roger qui m'a appris !

Il rigole et Roger sourit, gêné.

-Je n'ai pas besoin de cours, je marmonne.

-Comme tu veux.

Je soupire et me reconcentre sur ma canne à pêche. C'est calme et je ne pense pas que ça va mordre tout de suite. Ce n'est pas grave, j'ai tout mon temps.

Je jette un coup d'œil à Luffy qui se trouve sur ma gauche. Il est très attentif. C'est d'ailleurs rare de le voir si silencieux. Il fronce les sourcils et fixe l'eau. On dirait qu'il essaye de voir les poissons. J'esquisse un sourire amusé avant de reporter mon attention sur ma propre ligne.

Il me semble qu'elle a bougé ! J'attends encore un peu mais rien ne se passe. Soit j'ai rêvé, soit j'ai perdu ma prise. Mince !

-Alors Luffy, comment ça va les cours ? lui demande soudain Roger.

-Super bien ! Je me suis encore fais plein d'amis ! J'ai même trouvé un lézard dans la cour ! Avec Usopp, on l'a jeté sur les filles. Elles faisaient que crier !

Sur ces mots, Luffy éclate de rire, vite suivi par Roger. Quant à moi, je reste bloqué sur ce qu'il vient de dire. Et ça les fait rire en plus !

-Ah, j'aurais aimé être là, soupire mon géniteur. Quand j'avais ton âge, moi aussi j'étais un sacré farceur. Mais bon, j'ai vite changé quand j'ai rencontré ta mère, Ace, fait-il en s'adressant à moi.

-Hum.

-Usopp aussi est moins drôle depuis qu'il sort avec Kaya. Pff. Il n'arrête pas de parler d'elle et de tout le temps l'embrasser ! Je ne vois pas ce qu'il y a de marrant à sortir avec une fille. Jeter des œufs sur la porte du proviseur est plus marrant, proteste Luffy d'un ton bougon.

-C'est parce que tu n'es pas amoureux que tu ne peux pas comprendre pourquoi c'est si bien de sortir avec une fille ! rigole Roger en lui donnant une grande tape dans le dos.

Luffy se contente de hausser les épaules.

-Et toi, Ace ? me demande alors mon père.

-Quoi, et moi ? je lance, incertain.

-Tu as déjà eu une copine ?

A cette question, je me crispe aussitôt. Je resserre alors ma prise sur ma canne à pêche. Je ferme les yeux et souffle.

« Tu l'as regardée se faire violer… »

Tais-toi !

J'essaie de faire taire cette voix dans ma tête, sans grand succès. Depuis que le docteur César m'a fait cette remarque, je n'arrête pas d'y penser.

Ça m'obsède. Ça tourne en boucle dans ma tête. Je n'arrive même plus à dormir. A chaque fois que je ferme les yeux, je revois ces images horribles. Je me dégoûte…

-Ace ? insiste mon père, me sortant ainsi de mes sombres pensées.

-Non, je réponds finalement.

-Oh, ne t'inquiète pas. Un beau mec comme toi ne va certainement pas rester seul bien longtemps ! veut-il me rassurer en riant. Mais c'est vrai que tu es peut-être un peu jeune pour t'intéresser aux filles…

-J'ai 17 ans, je lui rappelle.

-Ah oui, c'est vrai ! fait-il en ouvrant de grands yeux. Mon Dieu, ce que tu grandis vite…

-Moi aussi je suis grand ! Bientôt, je serai plus grand que toi, Roger ! s'écrie Luffy, effrayant ainsi tous les poissons.

Roger acquiesce avant de reprendre la parole.

-Sabo est le seul garçon que je connaisse qui est déjà engagé. Il me rappelle moi lorsque j'étais plus jeune avec ta mère. J'espère que ça durera. En tout cas, c'est bien parti pour. Déjà trois ans ensemble, tu te rends compte !?

-Ça ne durera pas, je chuchote mais sans doute encore un peu trop fort car Roger m'entend.

-De quoi ?

-Rien.

Un petit silence s'installe. Il est agréable, on profite juste de l'instant. Ça fait du bien. Luffy chantonne quelque chose qu'il a sûrement dû inventer et même si ce n'est pas tout à fait plaisant à entendre, je dois dire que ça rajoute une petite touche bonne enfant à cette sortie. Mon géniteur se trouve à côté de Luffy et coince sa canne pour pouvoir prendre une cannette de Coca et boire bruyamment.

Je soupire et me rappelle les paroles de X-Drake. Il veut que je demande à Roger de sponsoriser le Glee Club. Je sais qu'il espère que je le fasse. Il sait qu'on a très peu de chance de trouver un sponsor avant le début du concours. Le club est pratiquement inconnu et personne ne veut prendre ce genre de risques, c'est trop dangereux. C'est pour ça que X-Drake m'a implicitement ordonné d'en parler à Roger. C'est sa seule chance qu'il dit… Je peux difficilement faire autrement.

Je jette un coup d'œil à Roger et me demande si je souhaite vraiment le faire. Si je veux réellement lui être redevable de quoi que ce soit… Je me mords la lèvre, énervé. J'ai toujours refusé son fric, c'est pas pour lui demander la charité maintenant ! Mais est-ce que je peux me permettre de détruire le rêve d'un pote juste par fierté ? Malheureusement, non.

Je lui demanderai et il acceptera parce qu'il veut m'aider. Je vais tout de même attendre la deuxième prestation du Glee Club au tournoi de foot. J'ai l'espoir fou qu'un miracle se produise d'ici là. A moins que je n'ai tout simplement pas le courage de demander de l'aide à ce père que je déteste tant…

-J'ai attrapé quelque chose ! crie soudainement Luffy, me sortant ainsi de mes pensées. C'est lourd ! continue-t-il en rigolant.

-Il doit être gros ! s'extasie Roger, la bouche humide, tout comme Luffy.

-Lâche pas ! je crie à mon tour, emporté par leur joie communicative.

Le petit corps de Luffy a du mal à rester debout face à la férocité du poisson qu'il a attrapé. Roger vient le soutenir et à eux deux, ils parviennent enfin à sortir le monstre de l'eau après plusieurs minutes d'acharnement. Il est énorme et je comprends mieux pourquoi ils ont eu autant de mal. Par contre, qu'est-ce qu'il est moche…

-Papa, papa, j'ai réussi ! sourit Luffy en serrant le monstre entre ses bras.

Celui-ci se débat encore, donnant des coups de queue partout.

-C'est bien, Luffy ! le félicite aussitôt Roger.

Je m'apprête à faire de même, content pour lui. Après tout, il a réussi à attraper un poisson avant moi. Ma bouche s'ouvre mais aucun son n'en sort. Je fronce les sourcils, me remémorant les mots de Luffy.

-Luffy, tu as appelé Roger ''papa'', je lance de ma voix grave.

J'essaie de me contrôler et de ne pas m'énerver.

-Mais non, répond Luffy en se débattant toujours avec son foutu poisson.

-Si, tu l'as fait, je réponds durement.

-Ah bon ? fait-il, un peu perdu.

Sans doute ne l'avait-il même pas remarqué.

-Ce n'est pas grave, Ace, relativise mon géniteur. Il n'a pas fait exprès et puis, ça ne me gêne pas tant que ça, sourit-il.

-Ce n'est pas ton père, Luffy alors ne l'appelle pas comme ça, je grogne ignorant complètement Roger.

-Pardon, s'excuse le Chapeau de paille qui ne comprend certainement pas la raison de mon énervement.

Je dois dire que je suis dans le même état.

-Ne t'inquiète pas, Ace. Luffy sait très bien que je ne suis pas son père et je sais qu'il n'est pas mon fils.

Je le dévisage, les sourcils froncés. Je ne dis rien et il n'ajoute rien non plus. Je finis par m'éloigner un peu sans avoir de nouveau dit quelque chose. J'ai très bien compris le sous-entendu de mon géniteur et je n'ai pas envie d'y répondre.

Non, je ne suis pas jaloux de la relation qu'il a avec Luffy. Pourtant, je suis bien incapable d'expliquer ce qu'il m'a pris de crier sur Luffy comme ça…

Lundi 16 janvier 2017

Alors que je marche tranquillement dans les couloirs du lycée Marie-Joa, mon ordinateur portable sous le bras, je remarque que la plupart des élèves me regarde bizarrement et ça me saoule. Depuis quelques jours, je ne dors plus et hier, ma journée a été particulièrement pourrie. Autant dire que je suis sûr les nerfs. J'ai l'habitude que ces pauvres gosses de riche me fixent comme si j'étais une bête de foire mais je sens qu'aujourd'hui, je vais avoir du mal à le supporter. Je me demande encore quelle stupide rumeur circule à mon sujet. C'est désolant de voir des personnes prêter autant d'intérêt à des conneries pareilles.

J'arrive bientôt devant la salle de cours de Marco et je m'étonne de voir autant d'élèves à la porte. Je pensais qu'ils seraient déjà tous installés.

Je m'adosse à l'un des murs du couloir et attends que le prof arrive. Je sens encore une fois des regards sur moi mais fatigué, je fais comme si de rien n'était. Par contre, rien ne dit qu'avant midi, mon poing n'atterrisse pas dans la sale gueule d'un de ces bourgeois…

En plus, je ne sais pas trop comment je dois me comporter avec Marco. Certainement comme d'habitude mais après ce qu'il s'est passé la dernière fois, je vais avoir du mal à ne pas me sentir gêné. Il m'a quand même vu en piteux état… Sans parler du fait qu'il se doute de quelque chose par rapport à Gueule d'Ange.

Je soupire, perdu. Je verrais bien le moment venu.

-M. Portgas D. Ace est convoqué d'urgence dans le bureau du directeur.

La voix de la secrétaire Hina me sort de mes pensées. D'abord surpris, je ne bouge pas. En vérité, il me faut plusieurs secondes pour comprendre que je dois me rendre dans le bureau du directeur.

J'ai un peu de mal à trouver mon chemin et j'entends plusieurs fois Hina répéter son message. Quand j'arrive enfin, elle me fait entrer et me dit que mon géniteur est déjà présent. Sa révélation n'est pas faite pour me rassurer. Pourquoi est-il là ?

J'entre et le directeur, un homme bedonnant et franchement dégueulasse avec sa morve qui lui coule sur la figure à la manière des enfants qu'on doit essuyer parce qu'ils ne sont pas capables de le faire tout seul, me salue. Roger quant à lui ne me regarde même pas et reste assis. Ses mains sont fermement serrées sur les accoudoirs. Le directeur me dit de m'asseoir et je m'empresse de m'exécuter, pressé d'en finir.

-M. Portgas D. Ace, crache-t-il, comme si prononcer mon nom était la chose la plus écœurante qu'il n'est jamais faite. Une chose très grave s'est produite samedi, continue-t-il en s'affalant encore plus dans son fauteuil de directeur, exposant son ventre gras. Une chose grave et dégoûtante. J'espère pour vous que vous aurez une explication à nous donner.

-Ça dépend, j'suis concerné ? je réponds avec toute l'insolence que je suis capable d'exprimer à une heure si matinale.

-Je ne vous permets pas, race inférieure !

Je lève un sourcil, pas sûr d'avoir bien compris.

-Vous avez dit quoi, là ? Un gros truc dégueulasse comme toi d-

-Ace, est-ce que tu couches avec Marco ? me coupe alors Roger.

Je le dévisage, incrédule. Pourquoi il me demande ça ? C'est une blague ou quoi ? Non… Quand je remarque le visage fermé et bouillonnant de colère de mon géniteur, je peux dire sans problème qu'il ne blague pas du tout. C'est la première fois que je le vois dans cet état. D'habitude, il a toujours un sourire débile collé au visage, presque le même que Luffy à vrai dire. J'ai d'ailleurs longuement pensé que même le jour de sa mort, il partirait le sourire aux lèvres.

Mais là, je vois qu'il est aussi capable de s'énerver et de montrer un autre visage, tout sauf avenant. J'entends ses jointures craquer à force de trop serrer ses accoudoirs. Je me sens alors happé par son regard noir, impérial et puissant.

-Réponds !

-Non ! je réponds aussitôt, surpris par le ton dur de sa voix. Pourquoi tu d'mandes ça ?!

Roger ne me répond pas et je commence à avoir un mauvais pressentiment. Je fixe alors le directeur mais lui aussi ne dit rien. En fait, il se contente de jeter des photos sur le bureau.

Je les saisis, un peu incertain. Je m'attends au pire.

Et ça ne rate pas. Ce sont des clichés de Marco et moi. Nous sommes dans sa salle de cours et on est proche. Très proche.

-C'est pas ce que vous croyez.

-Les photos sont pourtant très claires. En plus, vous ne démentez pas que ces clichés sont réels.

-Oui mais…

Merde, je ne sais pas quoi dire. Bordel.

-J'étais pas bien et il m'a juste un peu consolé ! je réplique alors, agacé.

-Que c'est gentil à lui, crache ce foutu directeur.

Qu'est-ce qu'il me fait chier celui-là…

-Mais bordel, il ne m'a pas touché ! Rien d'inapproprié ou je ne sais quoi ! je crie, énervé pour de bon. J'ai 17 ans, ça va ! Pas de quoi en faire toute une histoire !

-Le problème Ace, c'est qu'une jeune fille accuse Marco de viol, lâche mon procréateur dans un soupir.

-Quoi !?

Je le fixe, les yeux écarquillés.

-J'y crois pas une seule seconde !

-A la sortie de ces photos, quand elle a vu qu'il y avait peut-être une autre victime, elle a décidé de le dénoncer pour qu'il n'y en ait pas d'autre...

-Elle a bien fait. Apparemment, ce professeur n'a pas eu le temps d'agir avec vous, continue le directeur.

-Mais c'est n'importe quoi ! C'est qui cette menteuse !?

-Ace ! me reprend Roger. Peut-être que tu dis vrai quand tu dis qu'il ne s'est rien passé entre vous mais tu ne peux pas affirmer que cette jeune fille ment.

Je sers les dents, hors de moi.

-Il ne l'a pas fait, je réplique quand même.

-Le professeur mis en cause a déjà été limogé, conclut le directeur.

J'ai envie qu'il ferme sa gueule à chaque fois qu'il parle si c'est pour m'annoncer des trucs aussi affreux.

Mon père acquiesce et se lève. Je fais de même, l'entretien est terminé.

Le directeur m'annonce que je peux rentrer chez moi et que je suis convoqué par la police demain pour donner ma version des faits. L'autre victime a déjà porté plainte.

La suite pour moi est très floue. J'ai juste l'impression d'être en plein cauchemar. Je pense à Marco qui se retrouve dans la merde alors qu'il a juste voulu m'aider. Il y a aussi cette fille… Je suis sûr qu'elle ment.

Je monte dans la voiture, m'attache et ferme les yeux. Je suis fatigué. Roger démarre et je sens les fréquents coups d'œil qu'il me jette.

-Est-ce que c'est vrai, Ace ? finit-il par me demander.

-Il essayait juste de m'aider parce que je n'allais pas bien. Pourquoi tu ne me crois pas ?

Je tourne légèrement la tête et observe mon géniteur. Il fixe la route, concentré. De longues secondes s'écoulent et quand je pense qu'il ne va pas me répondre, il finit par le faire.

-Je te crois.

Mardi 17 janvier 2017

J'ai froid… J'ai beau resserrer la couverture sur moi, ça ne change rien. Le chauffage est à fond mais c'est comme si mon corps se trouvait au fin fond de l'océan. Les ténèbres et le froid le consument petit à petit. Aucun moyen de s'en sortir. C'est comme s'il était déjà mort.

Je tremble et mes yeux me piquent. Je ne sais pas ce qu'il m'arrive. Je n'ai pourtant pas l'impression d'être malade. Je souffle et ferme les yeux. Il est encore tôt. Le soleil n'est même pas encore levé, je peux peut-être encore dormir.

J'ai du mal à trouver le sommeil. Trop de choses tournent dans ma tête. Pourtant, je suis épuisé. Je n'ai pas fait de nuit complète depuis au moins 4 jours. Je me tourne dans mon lit, m'emmêlant dans mon énorme couverture qui semble ne me servir à rien étant donné les légers tremblements de mon corps.

Je ne trouve pas de position pour être à l'aise, mon corps est douloureux.

Je me tourne encore et encore puis je me lève et marche. Je repense à tout ce qui m'arrive et sans vraiment y faire attention, je passe une main dans mes cheveux. Quand je l'enlève, je remarque qu'elle contient quelques mèches brunes. Mes cheveux. Je les ai arrachés ? Je n'ai rien ressenti… Alors c'est pour ça que je fais du mal aux autres ? Parce que je ne ressens rien ? Est-ce que je suis un monstre ?

-Non… Non… J'veux pas...

D'abord Makino et maintenant Marco.

Pourquoi je fais ça ? Je ne veux pas être comme ça...

Je continue de marcher mais mes jambes sont de plus en plus lourdes. J'ai l'impression de traîner des boulets qui sont en réalité mes crimes. Tout ce que je fais de mal. Ils m'empêchent d'avancer, m'obligent à regarder la vérité en face.

Alors je me retourne et les affronte. Makino et Marco me font face, le visage dur. Je recule, atteins en plein cœur par le regard accusateur de ces deux personnes.

-Pardon… Je m'excuse, je ne voulais pas…

Mes yeux commencent à s'embuer. Ils ne me répondent pas. Leurs regards sont toujours aussi sévères. Je tombe à genoux alors que quelques larmes commencent à couler sur mes joues. Mes mains tremblent. Je les fixe avant de finir par gratter mes poignets mais ça ne me fait pas assez mal alors je mords ma main droite très fort.

Ça dure quelques secondes et la douleur me fait arrêter rapidement. Je reste à moitié allongé par terre le temps de reprendre mes esprits. Mes larmes ne coulent plus mais mon cœur est toujours aussi meurtri.

Je finis par me relever. Makino et Marco ne sont plus là, ils sont partis. Comme tout le monde. Je me traîne jusqu'à mon lit et m'enroule de nouveau dans mon énorme couverture. Je ferme les yeux et cette fois-ci, je m'endors très vite, épuisé.

Malheureusement, mon court sommeil n'a rien de réparateur. Je rêve de ma mère qui me dit que j'ai gâché sa vie et de Sabo qui me répète qu'il n'aimera jamais quelqu'un comme moi.

Je finis petit à petit par les croire.

xXx

-Nom ?

-Portgas D.

-Prénom ?

-Ace.

-Date de naissance ?

-1 janvier 2000.

Je déteste les commissariats de police. J'ai l'impression qu'à chaque fois qu'on s'y rend, c'est parce qu'on a fait quelque chose de mal. Le policier qui prend ma déposition ne m'aide pas à me sentir à l'aise. Avoisinant la quarantaine, il a les cheveux grisonnants et fume deux cigares en même temps. Le regard dur, il tape fort sur les touches de son clavier. Son corps baraqué ne semble pas être fait pour ce genre d'exercice. Il ne porte pas l'uniforme réglementaire et je crois avoir entendu une jeune femme l'appeler Capitaine Smoker.

Il me fixe presque méchamment. J'ai l'impression qu'il n'est pas content que je sois là et je pense être du même avis que lui. Il soupire avant de se reculer un peu dans son siège. Je n'aime pas vraiment ce type. Son air bougon et pas du tout amical ne m'aide vraiment pas à lui faire confiance. C'est n'importe quoi.

-Connais-tu bien ton professeur de philo, Marco ?

-Pas plus que ça.

-Développe.

Il se met à taper frénétiquement du pied et je dois dire que c'est assez chiant.

-Vous pouvez arrêter ça ? Ça me stresse.

Il plisse les yeux, jugeant ma demande avant de finalement s'arrêter.

-Réponds juste à la question.

-Tout ça est ridicule.

Je soupire, lui montrant bien à quel point je trouve ça risible. Il grince des dents avant de fermer les yeux. J'ai l'impression qu'il fait de son mieux pour se contrôler et ainsi ne pas me frapper. Il souffle la fumée de ses deux cigares et recommence à taper du pied.

-Je ne suis arrivé qu'en novembre donc je le connais très peu. C'est un prof sympa et qui a su m'aider quand j'en avais besoin.

-Des photos de toi et de ton prof ont été postées samedi dans la soirée sur l'application du lycée « Piece ».

Il marque une légère pause, me laissant intégrer ses paroles. Je n'avais pas trop écouté hier quand le directeur et Roger m'ont informé de tout ça. J'étais sans doute trop choqué par les photos. Maintenant que je suis plus calme, je peux enfin analyser ses paroles. Les photos ont forcément été prises par une tierce personne qui les a ensuite postées de manière anonyme sur le site du lycée. Je n'arrive pas à croire que je n'ai rien remarqué. J'aurais dû entendre ou voir quelque chose. Je ne sais même pas qui est cette foutue personne ! Je me rejoue la scène dans ma tête. Moi qui me sens mal et Marco qui me prend dans ses bras et… un léger bruit, sûrement la porte qui s'entrouvre légèrement ou alors le clic des photos. Je ne sais pas.

-Tu comprendras qu'au vu des faits qui lui sont reprochés et des preuves qui jouent contre lui, j'ai du mal à te croire quand tu dis que c'est un prof sympa.

-Il l'est vraiment !

-Bien. Raconte ce qui s'est vraiment passé alors.

Je ne sais pas pourquoi il veut que je fasse ça. Dans sa tête, Marco est déjà coupable et moi, je suis le pire des menteurs. Ça m'énerve. Mais je n'ai pas le choix alors je lui raconte tout. Il ne m'interrompt pas et écrit tout ce que je lui dis sur l'ordinateur. Parfois quand je vais trop vite, il me fait répéter. Son visage est impassible et des cendres de ses cigares viennent doucement s'échouer sur son bureau.

-Pourquoi t'a-t-il pris dans ses bras ? Il y a d'autre moyen d'aider quelqu'un.

-C'est ce dont j'avais besoin, je marmonne, pas vraiment fier de le dire.

-Tu as de drôles de besoins, grogne-t-il, toujours aussi bougon.

Il continue de me poser des questions que je juge toutes plus inutiles les unes que les autres. Ça dure longtemps. Tellement que lorsque ça s'arrête enfin, je suis épuisé. Il n'a pas réussi à me faire craquer. Je m'en suis tenu à la vérité et j'espère que ça suffira.

-Qu'est-ce qu'il va lui arriver à Marco ? Tout va s'arranger pour lui maintenant ?

-Eh bien…

Il retire ses cigares de sa bouche et soupire.

-Même si ton témoignage est en sa faveur, celui de la jeune femme qui l'accuse de viol est tout de même largement suffisant pour l'envoyer au trou. Mais rien n'est encore définitif. Nous verrons ça lors de la confrontation entre les deux parties. Bon, tu peux partir, je n'ai plus besoin de toi.

Je me lève aussitôt, heureux de m'éloigner. J'espère sincèrement que tout ira bien pour ce professeur qui au final m'a tant aidé…

xXx

Je viens de mettre Luffy dehors. Seul dans ma chambre, je fixe le plafond blanc, l'esprit ailleurs. Luffy voulait jouer mais moi je n'ai envie de rien. Je veux juste dormir, encore et encore. Et ne plus jamais me réveiller.

Je touche mon ventre, mes doigts glissent sous le tissu chaud de mon pull et vont s'aventurer plus haut, remontant ainsi légèrement. Je ne le vois pas ni ne le sens particulièrement mais je sais que mes doigts touchent les lettres de cette phrase si profondément gravée en moi. Écrite en anglais avec les pleins et les déliés propres à cette écriture, je me souviens de chaque emplacement de chaque lettre.

"I dream I'm not waking up". Je rêve que je ne me réveille pas.

Si seulement ça pouvait arriver.

Je soupire et me tourne, me rallongeant ainsi sur le côté. Comme je ne me sentais pas bien, Roger m'a autorisé à rester ici. Si demain ça ne va pas mieux, il appellera le médecin. Le problème c'est que peu importe ce que dira ce médecin, les médicaments qu'il pourra me donner… Mon état ne s'améliorera pas.

Je suis juste en train de sombrer et je ne sais pas si j'arriverais à me relever. C'est quelque chose qui me bouffe petit à petit. Ça brûle mon cœur et mon âme. Je ne sais pas ce qui m'arrive. Je m'en fous un peu en fait tant que toute cette histoire cesse.

Je n'ai plus d'appétit et après les cauchemars à répétition que je n'arrête pas de faire, j'ai même peur de dormir maintenant. Il m'arrive parfois de confondre les cauchemars avec la réalité. Celui que j'ai fait hier m'a particulièrement éprouvé et je me demande encore si Marco m'en veut, si lui aussi pense que je suis un monstre. Après ce que j'ai fait à Makino, je n'ai aucun doute sur ce qu'elle peut penser de moi. Et dire que je l'ai haïe. Dégoûté, j'ai même fini par ranger toute cette histoire dans un coin de ma tête, l'oubliant de mon mieux. Pendant longtemps, elle n'est restée qu'un souvenir amer dont je souhaitais à tout prix me débarrasser. J'étais stupide.

« Tu l'as regardée se faire violer… »

-Non… Je ne savais pas ! J'comprenais pas !

J'étouffe un sanglot dans ma couverture.

La voix de mon psy me répète cette phrase, toujours la même, celle qui me met juste un peu plus à terre. J'ai l'impression que c'est le début de la fin et de creuser moi-même ma propre tombe. Si c'est ça, je m'y prends mal et ne vais pas assez vite…

Demain, on est mercredi. Demain, je dois aller voir le docteur César mais je n'en ai pas envie. Peut-être que je vais pouvoir échapper à tout ça si le médecin que Roger appelle me donne quelques jours d'arrêt…

Mon ventre grogne et je me mets à le griffer légèrement. J'ai faim maintenant ? Pourtant, je n'ai aucune envie de manger mais la faim est là, elle me tient. N'en pouvant plus, je me lève et sors de ma chambre. J'ai l'impression d'avoir un énorme trou à la place de mon estomac.

J'entends quelques bruits provenant d'en bas, sûrement Hancock et Roger qui regardent la télé. A part ça, tout est calme en ce début de soirée hivernale. Je continue à marcher, la tête ailleurs, quand j'entends quelque chose tomber.

Ça vient d'en haut. Intrigué, je monte. La lumière allumée dans le bureau de Roger m'étonne. Il n'est pas en bas finalement ? Je suis maintenant tout près. Je pousse doucement la porte et tombe sur Luffy en train de jouer avec une arme. Je reste choqué devant le spectacle que je vois et le Chapeau de paille, trop plongé dans son jeu imaginaire pour me voir, m'ignore totalement.

-Luffy !

Il sursaute et lâche l'arme. Il me regarde avec de grands yeux et soupire de soulagement quand il remarque que ce n'est que moi.

-Putain, qu'est-ce que tu fous !?

-Je voulais juste jouer, explique-t-il tout penaud.

Il esquisse un petit sourire et se baisse pour ramasser l'arme.

-C'est dangereux, imbécile !

-Mais non, t'inquiète ! C'est juste un jouet, c'est pour de faux !

Je m'approche alors vivement de lui et lui arrache l'arme. Je la fixe pendant quelques secondes. J'ai du mal à croire que je tiens ce genre de chose dans ma main. J'ai une arme qui peut ôter la vie des gens avec tant de facilité.

-Écoute, Luffy, ça, je dis en montrant l'objet, ce n'est pas un jouet.

-Ah bon ? fait-il, les sourcils froncés.

-Non.

-J'savais pas, avoue-t-il alors, un grand sourire plaqué sur ses lèvres.

Il n'attend aucune autre réponse de ma part car il part en criant dans les couloirs, déjà à la recherche d'une nouvelle activité. Je n'arrive pas à croire qu'il ne réalise pas la gravité de la situation. Il a de la chance de ne pas se prendre la tête ainsi. De vivre en toute insouciance et de prendre la vie comme elle vient. Peut-être que plus tard ça le gênera mais en attendant, aujourd'hui il a l'air heureux. J'aimerais pouvoir faire comme lui. Malheureusement, ça m'est impossible.

Je me demande alors pourquoi Roger garde une arme dans son bureau. Est-ce qu'il s'en sert ou est-ce juste un amateur d'armes ? Je ne comprends pas… C'est bizarre.

Je regarde de nouveau le pistolet que je tiens fermement dans ma main droite. Je le fixe. Il est noir, brillant et épouse si bien la forme de ma main. L'arme est légère et mon index va s'appuyer contre la gâchette.

Je n'appuie pas. En fait, je me contente de la tenir comme si je pouvais m'en servir à tout moment. C'est dangereux. Ca peut tuer. Peut-être même aider… Je repense alors à tous mes problèmes et pris d'une impulsion soudaine, je garde l'arme avec moi avant de retourner précipitamment dans ma chambre.

Mercredi 18 janvier 2017

-Vous avez vraiment mauvaise mine, me lance la doctoresse en rangeant ses affaires.

C'est une très vieille femme de grande taille, ce qui m'a d'ailleurs fait assez bizarre vu que d'habitude, les personnes âgées sont de petites tailles. Son physique et son style ne laissent pas deviner son âge. Elle est mince et élancée, a des formes agréables et je dois dire que c'est étrange de penser ça d'une vieille dame. Elle ne porte pas de blouse de médecin mais un ensemble assez décontracté violet. Elle porte des lunettes de vue et des lunettes de soleil sur le front ainsi qu'un piercing au nombril. Elle est assez sympa et dynamique.

-Je pense que prendre un peu de vitamines vous fera le plus grand bien. Quelques somnifères pour vous aider à dormir ne vous ferait pas de mal non plus. Tâchez également de bien vous nourrir ou alors je me verrais dans l'obligation de vous donner des compléments alimentaires ou de vous gavez comme une oie. Vous ne vivrez pas vieux à cette allure-là.

Elle soupire puis se dirige vers la porte.

-Les jeunes ne savent même plus prendre soin de leur corps et encore moins de leur santé…

Elle s'absente sans rien ajouter d'autre et je reste sur mon lit dans un état un peu comateux à attendre. J'entends la doctoresse parler avec Roger. Malheureusement trop fatigué, je ne comprends pas tout. Je ne sais vraiment pas ce que j'ai. C'est horrible, j'ai juste l'impression de subir ma vie. La doctoresse a parlé de somnifères et je ne suis pas contre. Le manque de sommeil me pèse vraiment et me fait faire n'importe quoi. Des vitamines aussi? J'en ai pas besoin… Tout ça est juste passager. Il suffit que je puisse dormir plus de trois heures par nuit sans revoir en boucle Makino se faire violer.

J'entends des talons claquer sur le sol de ma chambre. C'est la doctoresse.

-J'ai discuté un peu avec votre père histoire de l'informer de la situation. Ah la la… Elle esquisse un léger sourire et se dirige vers son sac pour en sortir des médicaments.

-Je vous mets une boîte de somnifères et deux de vitamines sur la table de chevet. Les doses à prendre sont écrites sur ce papier, fait-elle en gribouillant rapidement.

-Merci, je lance en m'asseyant sur le lit afin d'avoir l'air un peu plus présentable.

-Mais de rien, jeune homme. Je vous souhaite un bon rétablissement. Moi, je vais y aller ! Le travail n'attend pas malheureusement.

Je hoche la tête et elle s'en va. Je soupire et prends mon portable sur ma table de chevet. Je le déverrouille et vois que j'ai plein d'appels en absence, principalement de X-Drake. Je suppose que comme la totalité de Marie-Joa, il est au courant de l'histoire ou du moins d'une partie. J'ai aussi quelques messages de sa part que je m'empresse de lire.

De : X-Drake

A : Ace

Y a des rumeurs qui circulent sur toi. T'es a moitié la nouvelle attraction de Marie-Joa. Mais bon, depuis que tu es arrivé c'est comme ça alors t'as l'habitude...

De : X-Drake

A : Ace

Je viens de voir les photos. C'est quand même chaud. Mais Marco est un level au-dessus alors ça m'étonnerait que toute cette histoire soit vraie.

De : X-Drake

A : Ace

Tu ne réponds pas, ça va ? Faut pas te laisser atteindre par tout ça.

De : X-Drake

A : Ace

Sauf si c'est vrai. C'est vrai ?

Ceux-là datent tous de mardi. Je continue à lire la suite.

De : X-Drake

A : Ace

Je m'inquiète un peu du fait que tu ne donnes pas de nouvelle. T'as pas de problème, au moins ?

De : X-Drake

A : Ace

Perona est trop contente pour toi. Elle dit que Marco et toi formez un trop beau couple. Elle pense aussi que c'est Marco qui top, va savoir ce que ça veut dire… Je pense qu'elle ne se rend pas trop compte de la situation...

De : X-Drake

A : Ace

Tu t'es pas enfui avec le prof de philo quand même ? C'est une nouvelle rumeur…

Ceux-ci datent de mercredi. Je fronce les sourcils en lisant le dernier. C'est vraiment n'importe quoi. Je vois alors que j'ai aussi un message de Margaret ce jour-là.

De : Margaret

A : Ace

Tu n'es toujours pas revenu en cours… On s'inquiète pour toi. Reviens vite.

Zoro aussi a essayé de m'appeler mais comme je n'ai pas répondu, il n'a pas retenté. Il voulait certainement juste taper la discute. Si c'était vraiment important, il aurait laissé un message. J'ai en plus des nombreux appels manqués de X-Drake et de celui de Zoro, un appel de ma mère. Elle m'a ensuite envoyé un message pour me dire qu'elle me soutenait et qu'elle me souhaitait un bon rétablissement. Elle aimerait venir me voir ce week-end mais malheureusement, elle ne peut pas. Je continue de lire et vois que j'ai un message de Law.

De :Law

A : Ace

J'ai rompu avec Jewerly. Elle m'a trompé.

J'ouvre grand les yeux sous la surprise. C'est pas vrai ! Le message date de ce matin. Bordel, j'arrive pas y croire. Je relis plusieurs fois le message. Pourtant, pas de doute possible.

Quelqu'un frappe soudain à la porte avant d'entrer sans mon autorisation, m'empêchant de répondre au message de mon ami.

-Dr César ?

En voilà une autre surprise dont je me serais bien passé…

-Eh bien, oui, c'est moi. Ça se voit, non ? me dit-il en guise de salutation.

-Pourquoi vous êtes là ?

-Nous sommes mercredi.

-Mais… Je, enfin…

Je suis à court de mot. Je ne m'attendais vraiment pas à le voir.

-Eh bien, Ace, tu es dans un sale état on dirait...

Je ne réponds rien et il se déplace dans ma chambre. Il observe la décoration avant de s'arrêter quelques secondes sur les boites de médicaments sur ma table de chevet. Il s'assoit alors sur mon lit, sort son calepin de son sac et un stylo de la poche intérieure de sa blouse blanche.

-Comment te sens-tu ?

-Pas très bien, j'avoue après quelques instants de débat intérieur.

-C'est vrai que tu as mauvaise mine. Tu dors mal ?

-Ouais. Je fais beaucoup de cauchemars.

-Fatigué ?

-Constamment, je réponds en fronçant les sourcils.

Comment sait-il tout ça ? Je jette alors un coup d'œil aux médicaments et me dis qu'il y a sûrement un lien.

-Tu as de l'appétit ?

-J'ai faim mais j'ai du mal à manger. Je n'ai pas vraiment envie de m'alimenter en fait...

-Je vois, fait-il en écrivant mes réponses sur son calepin.

-Tu es triste ? Tu as du mal à sortir, à sourire ?

Je ne réponds pas et me contente de hausser les épaules. Il comprendra ce qu'il voudra.

-Eh bien !

Il me regarde avec un grand sourire aux lèvres.

-Tu m'as l'air de faire une bonne grosse dépression ! me dit-il alors comme si de rien n'était.

-Je ne suis pas dépressif.

-Oh, mais si, puisque je te le dis ! C'est le viol de Makino qui te met dans cet état ? Ou alors c'est le fait de ne rien avoir fait alors qu'elle souffrait le ma-

-Arrêtez ! je crie en serrant les poings. Ce n'est pas ma faute… Je savais pas ! je souffle, la voix tremblante.

-Hum. C'est la culpabilité alors…

Il écrit encore, se foutant complètement de moi. Il m'énerve.

-Tout ça ne fait pas un très bon cocktail. Tu ne vas pas te suicider, au moins ? lance-t-il, l'air de rien.

Seul le silence lui répond. Je repense à cette arme que j'ai prise à Luffy dans le bureau de Roger. Elle est bien au chaud dans mon sac au cas où… Au cas où la douleur serait trop forte.

-Ace ? insiste le Dr. César.

-Non.

Je ne sais pas s'il me croit car il fronce les sourcils avant de de nouveau écrire dans son foutu calepin.

-Je vais te prescrire des médicaments pour cette petite dépression. Comme ça ne semble pas trop aller, je ne vais pas m'attarder. On se revoit mercredi.

Il se lève et secoue légèrement sa blouse blanche.

-Je vais discuter un peu avec ton père et je lui donnerai les médicaments en même temps. A bientôt.

Il quitte ma chambre, ravi. Avant de fermer la porte, il me jette un dernier regard. Très intense. La porte claque ensuite, plongeant la chambre dans un étrange silence.

Il sait.

Je me lève précipitamment. Ma tête tourne mais je m'en fous. Je m'habille rapidement avec les premiers vêtements que je trouve, prends le sac avec l'arme, mon portable, et ouvre la fenêtre de ma chambre. J'avise le grand arbre qui se trouve devant ma fenêtre et me demande si je peux descendre par là.

Je décide que oui. Je m'empresse alors de mettre mes chaussures et mon gros manteau.

Ça y est, j'me barre.

xXx

J'ai réussi. Je me suis un peu fait mal en touchant le sol mais j'ai réussi. La capuche bien enfoncée sur la tête, je marche dans les rues désertes de Goa. Le froid fouette mon visage et mes pieds ont l'air tellement lourd...

J'ai peur de me faire griller avec le pistolet dans mon sac. Je me dirige vers un arrêt de bus et prends le premier qui arrive. Je m'assois tout au fond et enfonce mes écouteurs dans mes oreilles. Je reste longtemps dans le bus, appréciant de ne pas avoir à bouger pour me déplacer. Le chauffeur me jette de temps en temps quelques regard mais rien de plus. Pour lui, je suis certainement un glandeur de plus qui fait des tours de bus pour passer le temps. Peu importe ce qu'il pense tant qu'il ne me met pas dehors.

Petit à petit, le temps change et la nuit commence à tomber. Le bus se remplit de plus en plus si bien que je finis par être collé à une lycéenne qui se met à me faire les yeux doux. Son parfum m'agresse les narines et ses seins exagérément pressés contre mon bras m'écœurent. Son maquillage à outrance est tout simplement horrible, trop exagéré. Elle essaye certainement de faire comme si elle était quelqu'un d'autre.

Le bus s'arrête, d'autres personnes montent et très peu descendent. Je me retrouve alors avec quelqu'un dans mon dos et j'ai juste l'impression d'être pris en sandwich. Je regrette presque de m'être levé un peu plus tôt pour laisser ma place à une vieille dame. On me colle trop et je me mets à stresser. Et si on sentait l'arme dans mon sac ? Cette idée ne me quitte pas, me faisant complètement oublier le parfum de la lycéenne à ma gauche.

N'y tenant plus, je décide de descendre. Dehors, l'air frais du mois de janvier m'accueille. Mes mains tremblent et je suis déjà nostalgique de la chaleur du bus. Pas grave. Je ne sais pas où je suis mais je marche quand même.

Mon téléphone sonne. Je coupe l'appel sans même regarder de qui il s'agit. Les lampadaires éclairent une petite rue résidentielle. Sans réfléchir, je m'y engouffre.

Il est tout juste 19h mais il n'y a déjà plus personne dehors. Le temps ne donne pas vraiment envie de sortir à vrai dire. Ça m'arrange. Je continue mon chemin, toujours incertain sur la suite, sur ce que je vais faire dans quelques minutes ou dans quelques heures.

Je relève les yeux que je n'avais même pas eu conscience d'avoir baissés quand j'entends du bruit devant moi.

-Marco ? je lance, surpris.

Décidément, aujourd'hui est la journée des surprises.

-Oh… Bonsoir, Ace.

Il est à quelques mètres de moi à peine, un seau rempli d'eau chaude - si j'en crois la vapeur qui en sort - est posé par terre, un grattoir dans une main et une éponge dans l'autre. Je m'approche alors timidement de lui. J'ai un peu peur de sa réaction. Il a des ennuis et c'est en partie de ma faute.

-Tu n'es pas un peu loin de chez toi ? Qu'est-ce que tu fais là ?

-Je me promenais.

Je suis maintenant à côté de lui et je peux à présent très clairement voir qu'il est en train d'effacer des insultes et autres propos dégueulasses sur sa voiture.

-Pard-

-Ne t'excuse pas, Ace. Ce n'est pas de ta faute, sourit-il.

Je ne réponds rien, ne voulant pas l'énerver.

-Comment allez-vous ? je lui demande ensuite du bout des lèvres.

-Plutôt bien. J'ai trouvé une pièce très rare de 2 euros aujourd'hui.

-Vous vous foutez de moi ? je m'insurge, complètement incrédule.

-Eh bien, non. Tu sais, Ace, des fois, il suffit de peu pour être heureux. Il faut aussi apprendre à apprécier les petits bonheurs de la vie. Si tu te concentres simplement sur les problèmes et les choses négatives qui t'entourent, ça n'ira jamais mieux.

Je ne trouve rien à répondre à ça. Malheureusement, je n'arrive pas à voir les choses ainsi. J'admire Marco pour sa façon d'être et sa manière de penser la vie. C'est vraiment quelqu'un de bien.

-Je peux vous aider, professeur ? je demande alors, un peu intimidé par la situation.

-Oh, je ne vais pas dire non. Je suis là depuis un bon petit moment et mes doigts sont à moitié gelés, me dit-il en me lançant un chiffon. Mais fais attention, n'oublie pas que c'est ma voiture.

-Très bien.

-Ah, Ace, m'arrête-t-il alors que je me retrousse les manches. Je ne suis plus ton professeur. Appelle-moi tout simplement Marco.

Je marque un léger temps d'arrêt et puis commence à nettoyer les insultes incrustées sur la voiture. Ma lèvre inférieure tremble et je la mords, empli de regrets.

-Merci pour ton aide, me dit Marco plusieurs minutes plus tard.

-De rien.

-Comment ça se passe au lycée ? Ça ne doit pas être facile avec toute cette histoire, continue-t-il en rangeant les produits de nettoyage et en vidant le seau sur le haut de sa voiture pour finir de la rincer.

-Bof. J'ai été informé de la situation lundi et depuis, je ne suis pas retourné en cours.

-Ah, et pourquoi ?

Ses sourcils se froncent. Je vois alors de l'inquiétude dans ses yeux. C'est très discret, comme toutes les autres émotions qui parfois traversent son visage.

-Malade.

-Avec ce temps, rien d'étonnant. Fais attention à bien te couvrir, plaisante-t-il.

Enfin, ça y ressemble en tout cas.

-J'ai dû aller au poste de police mardi.

-A cause de l'histoire des photos ? demande-t-il tout en s'adossant au capot de sa voiture.

Je fais de même et grimace légère à cause du froid sur mes fesses mais heureusement, ça ne dure que quelques secondes.

-Ouais. J'ai raconté la vérité et vraiment rien que la vérité mais le flic qui m'a interrogé ne semblait pas très convaincu.

-Hum, ça n'arrange pas mes affaires ça, grimace-t-il.

-Vous savez qui a porté plainte pour viol contre vous ?

-Non mais je suis convoqué une nouvelle fois au poste pour être interrogé demain. Il y aura aussi une confrontation jeudi 26 avec cette personne. J'ai bon espoir que toute cette histoire s'arrange à ce moment-là, souffle-t-il.

-Je pense que cette personne est la même que celle qui a pris les photos, je confie alors, ayant hâte de savoir ce qu'il en pense.

-A vrai dire, je n'en sais rien du tout. En tout cas, ton hypothèse est loin d'être stupide. Je verrais bien ce qu'il en est quand j'aurais cette personne en face de moi. Mentir est facile. On le fait tous pour des raisons plus ou moins bonnes.

Sa voix se fait sérieuse et je le regarde, inquiet.

-Affronter les conséquences de ses mensonges en est une autre. Au final, ça finit toujours par leur retomber dessus. A eux, les menteurs.

Il me regarde alors, ses yeux bleus si intenses me figeant sur place.

-Sois toujours sincère, Ace, même si ça fait mal. Ne mens pas sur tes sentiments parce que ce n'est pas une solution pour aller mieux.

Il me sourit et cette fois, je sais qu'il n'est plus question de lui mais de moi et de mes histoires de cœur.

-C'est facile à dire, je marmonne.

-Je sais. Comment ça se passe avec Sabo ?

-Comment vous avez su pour lui… ?

La rue a beau être quasiment déserte, je n'ose pas parler trop fort.

-J'ai observé. Et puis, la conversation que nous avons eue la dernière fois a beaucoup joué. Le fait que tu ne nies jamais est aussi une preuve que j'ai raison.

Je soupire et baisse la tête. Je n'ai pas vraiment envie de parler de Sabo. Aujourd'hui, c'est même la dernière chose dont j'ai envie d'entendre parler. Mon téléphone sonne. Je le sors de ma poche et regarde « maman » s'afficher sur l'écran. Je le range alors dans ma poche et le laisse sonner dans le vide.

-Il se fait tard, je dois rentrer.

-Bien sûr.

-Ace, me retient-il une dernière fois. Tu ne peux pas demander à Sabo de faire quelque chose dont tu es incapable. Il faut que tu apprennes à t'aimer. Ensuite seulement, il pourra le faire.

-Merci. Pour tout ce que vous avez fait pour moi. Vraiment, merci.

Ma voix tremble et il semble perturbé par l'émotion qui me serre la gorge.

-De rien. J'ai été content d'avoir été ton professeur.

Après un dernier regard, je pars enfin, plus décidé que jamais.

M'aimer ? C'est chose impossible. Après ce que j'ai fait, je n'y arriverai jamais. Je sers la lanière de mon sac à dos où repose larme. Je n'ai jamais été aussi tenté de la sortir.

Jeudi 19 janvier 2017

Je tousse de plus en plus. Serré dans mon gros manteau, je n'arrive pas à vaincre le froid. J'ai mal à la tête et j'ai le nez qui coule, ma gorge me brûle à force de tousser et mes yeux me piquent. Mon corps tout entier tremble tellement qu'il me fait mal.

Une autre crise de toux me frappe et je gémis de douleur en me massant la gorge. J'ai passé la nuit dehors, bercé par les appels incessants de mes proches. Je n'en peux plus. Je n'ai pas pu dormir de la nuit.

Je suis maintenant assis sur un vieux carton sous un pont - pas celui de Gueule d'Ange, je suis pas con non plus - qui me protège un peu du vent mais le froid s'insinue tout de même et fait trembler toutes les fibres de mon corps. Je n'ai pas fait de cauchemar mais j'entends tout de même les cris incessants de Makino dans ma tête depuis deux jours. Je ne sais même plus si elle a vraiment crié ou si j'ai tout inventé.

-Qu'est-ce que je suis en train de faire, bordel !

Une larme roule sur ma joue droite et je ferme les yeux. Je souffle un bon coup et sors de mes doigts tremblant mon portable. Je ne vois rien. Le soleil ne s'est pas encore levé, mes mains sont gelées et je sens à peine mes doigts en composant le numéro de Law.

-Allo ? Ace ?! T'es sérieux de m'appeler que maintenant ! T'es au courant que tout le mo-

-Tais-toi. J'ai pas envie de parler de ça.

Je tousse et j'entends Law me demander si je vais bien.

-Merde, qu'est-ce que tu fous ? Fuguer, t'es sérieux ?

-La ferme.

-Sale morveux.

-J'ai besoin de parler, je confesse.

-Je t'écoute.

-Je suis à bout. Tout est embrouillé dans ma tête…

-Rentre chez toi, Ace. Dans ton état, peu importe la décision que tu prendras, tu le regretteras. Là, ça va pas alors tu craques. Pose-toi, donne-toi quelques jours et après ça ira mieux.

-Tu ne comprend pas, je m'agace.

-C'est vrai mais je pense que même toi, tu ne comprends pas ce qui t'arrive.

Je ne réponds rien. Il a raison.

-C'est quoi cette histoire avec Jewerly ? je lance alors, voulant à tout prix changer de sujet.

Law l'a bien compris mais il accepte de me suivre.

-Comme je t'ai dit dans le message, elle m'a trompé.

J'entends à sa voix combien c'est douloureux pour lui.

-Pourquoi elle a fait ça ? je continue, toujours aussi perdu.

-A vrai dire, je n'en sais rien. Je ne lui ai pas laissé le temps de s'expliquer.

-Tu sais qui c'est ?

-Comment ça qui ?

-Le mec avec qui elle t'a trompé.

-Tu sais que t'es vachement sympa…

-Désolé, j'ai pas réflé-

-Non. A vrai dire, tout ce que je sais c'est que c'est un lycéen de Goa. Les cheveux rouges et une gueule un peu cassée. La photo était floue mais je pense que si je l'avais en face de moi, je pourrais facilement le reconnaître.

-Comment ça les photos ? Et Jewerly était à Goa ?!

-Ouais, elle était à une soirée avec une amie. Apparemment, elle avait beaucoup bu et m'a trompé avec le premier venu. Des gens lui ont piqué son portable et ont pris des photos d'eux au p'tit matin.

Il soupire et reprend la parole. Sa voix se fait grondante.

-Et ils ont trouvé ça marrant d'envoyer le tout au mec de Jewerly.

-C'est vachement salaud…

-Je ne te le fais pas dire, soupire-t-il. Enfin, c'est ce qu'elle m'a dit…

-J'suis désol-

La communication se coupe soudainement. Je regarde mon portable pour le voir s'éteindre. Plus de batterie, c'est bien ma veine. Fait chier.

Au fond, c'était peut-être un signe. Qui sait. J'ouvre mon sac et pour la première fois de la journée, je sors le pistolet. Je me lève, l'arme à la main, et contemple les horizons de Goa seulement éclairés par de rares lampadaires et quelques étoiles encore présentes dans le ciel.

Je me mets ensuite à contempler l'arme. Est-ce que je me mets une balle dans la tête ou une au fond de la gorge ? Peut-être la tête. Je n'ai pas envie que ma mère soit obligée de reconnaître mon corps s'il est dans un état lamentable. Déjà que je vais la faire souffrir…

Avant de me poser trop de questions ou de réfléchir à des trucs futiles, je pose le canon du pistolet sur mon front.

Je reste dans cette position quelques secondes avant de finalement le poser sur ma tempe. Je respire fort et mes mains sont moites. Je ne sais même pas ce que je dois faire exactement. Normalement, je dois juste appuyer sur la gâchette mais s'il y avait un cran de sécurité ou je ne sais quoi à enlever ?

Alors c'est comme ça que ma vie va se finir ? Je vais juste mourir tout seul dans mon coin d'une balle dans la tête ? Je ne veux pas que ça se passe comme ça mais en même temps, je ne vois pas d'autre solution. Vivre devient trop difficile pour moi. Je n'ai même pas envie d'essayer d'aller mieux. Je sais que c'est peine perdue, que s'est déjà fini pour moi. Je suis déjà mort.

Je repense alors à ma mère. Elle a essayé de m'appeler hier et je me demande bien pourquoi. Est-ce qu'elle sait déjà ? Roger a dû lui dire que je m'étais barré. Mais est-ce qu'elle sait pourquoi ? Lui a-t-il parlé de ce qu'il s'est passé à Marie-Joa ? Je n'ose même pas imaginé ce qu'elle pense de tout ça. J'espère seulement qu'elle ne sait pas tout.

Si je vais au bout, je vais lui faire du mal. Je le sais, jamais elle ne s'en remettra. Sans parler de mes amis... Law serait capable de venir jusqu'en enfer pour me le faire payer et Zoro... Je suis juste en train de l'abandonner.

Ils vont souffrir mais pourtant, je n'ai pas envie de faire marche arrière. Pour une fois, je ne veux penser qu'à moi. Vivre pour quelqu'un d'autre... Est-ce que ça marche vraiment ? Moi, je n'y crois pas. Je ne crois plus en grand-chose à vrai dire.

-Ace !

Je sursaute et me retourne vivement pour tomber sur Shanks. Les vêtements complètement débraillés, la respiration haletante et les cheveux en pagaille, il a les yeux fixés sur le pistolet toujours collé à ma tempe.

-Fais pas ça, s'teu plait, me dit-il doucement en tendant ses mains vers moi.

-Qu'est-ce que tu fous là ? je souffle, complètement perdu. T'approche pas ! je crie alors quand je le vois faire un pas dans ma direction.

-D'accord. T'énerve pas, OK ?

-Pourquoi t'es là !? je hurle à présent. Réponds, bordel !

-Tout le monde te cherche, mec. Ton père, les flics… Ta mère et tes amis de Baterilla s'inquiètent beaucoup aussi.

Je suis perturbé par ce qu'il dit. J'avais beau m'y attendre, le savoir et me l'entendre dire est quand même différent.

-Arrête de faire ça ! Tu veux essayer de me faire changer d'avis !

-Évidemment, t'as même pas 18 ans ! Tu vas pas foutre ta vie en l'air !

-Qu'est-ce que tu sais de ma vie !? je m'énerve encore.

-Pas grand-chose, c'est vrai. Mais je sais une chose, c'est que la vie vaut la peine d'être vécue. Si tu meurs, tu ne pourras jamais essayer d'arranger les choses. Parce qu'une fois que t'es mort, c'est fini, mec ! Le trou noir, le néant ! Tu veux vraiment faire pleurer ta mère ? Elle t'aime, elle t'a mis au monde. Montre-lui un peu de reconnaissance, merde ! Prouve-lui que tu as envie de vivre, que tu l'aimes et que t'as envie de vivre ! Que t'en veux !

Ses paroles m'atteignent en plein cœur. Déboussolé, je baisse mon arme et l'observe à travers mes yeux embués de larmes. Bientôt, elles coulent en abondance sur mes joues et je discerne à peine la silhouette de Shanks.

Et puis, tout bascule. Je me ressaisis et me dis que je ne dois pas me laisser toucher par ses mensonges.

C'est trop tard pour moi.

-Désolé mais c'est au-dessus de mes forces.

Sans attendre, je pose le canon du pistolet sur ma tempe.

Je ne me pose plus de question.

J'appuie, c'est tout.


Dans le prochain chapitre :

Anonyme a écrit à 22h15 :

« Tu te souviens que je t'avais parlé des crimes contre l'humanité des Tenruybitos ? Eh bien quand je te disais ça, j'avais en tête l'esclavage atroce qu'ils avaient fait subir à certaines personnes qu'ils considéraient comme inférieures. Ils choisissent un peu au hasard des personnes qu'ils marquent ensuite comme du bétail avant de les enfermer chez eux et de les abaisser à l'état d'animaux. »

Ma respiration se bloque et mes mains se mettent à trembler. Je relis plusieurs fois le message d'Anonyme, espérant, priant même inutilement d'avoir mal lu. Mais ce n'est pas le cas. Je repense alors à Koala et à cette marque douloureuse qu'elle a dans le dos et qui lui fait si mal aujourd'hui encore.

Esclavage. Je sens un haut le cœur me traverser et je mets ma main devant ma bouche pour m'empêcher de vomir. Je me mets à réfléchir à toute allure. Tout se bouscule dans ma tête et mes oreilles se mettent à bourdonner.

Koala esclave. Douleur, humiliation, encore et encore.

Straw Berry a écrit à 22h27 :

« Tu as dit qu'ils étaient marqués. C'était quoi cette marque ? »

Anonyme a écrit à 22h28 :

« Un rond avec trois triangles sur les côtés. »


Oh mon Dieu que ce chapitre est déprimant! En tout cas j'ai adoré l'écrire, j'espère qu'il ne sera pas trop dur à lire. J'ai hâte d'avoir vos réaction sur ce chapitre et serait ravi de répondre à vos questions si vous en avait, j'aime discuter avec vous.

Pour une fois c'est Ace que je maltraite. ^^ On retrouve Sabo dans le prochain chapitre, on l'a pas beaucoup vu dans ce chapitre, je me demande ce qu'il devient...?

Prochain chapitre le 02 Avril 2017.