Quoi faire, quoi faire? Amélie resta debout dans la cours, le bout de son index entre ses molaires. Elle observa longuement les autres enfants jouer. Certains jouaient à la marelle, d'autre au chat et à la souris, quelques filles s'amusaient à se coiffer les cheveux entre elles, les garçons un peu plus vieux discutaient tranquillement près de la clôture et finalement, une bonne dizaine d'enfants étaient assis seul(e)s dans leur coin à contempler le vide. Longtemps Amélie avait fait la même chose que ces enfants, contempler le vide à se demander ce qu'on doit ressentir quand on a encore des parents, des frères, des sœurs ou des tantes et des oncles, des parrains et des marraines même!
D'un geste elle ajusta sa petite robe bleue, elle regarda l'asphalte un moment et redirigea son regard innocent sur les autres enfants. Leurs vieux vêtements démodés, certains pleins de trous, les vieilles chaussures usées, les chandails trop petits, les pantalons trop grands. Elle tenta de se souvenir du nom de la jeune fille qui était là, avec elle, il y a deux ans. Ou peut-être que c'était il y a trois ans? Amélie n'avait pas encore développé un très bon sens de la répartition du temps. C'était quoi son nom..? Monsieur John lui avait dit, elle se souvient de ça, mais pas du nom. Elle grogna doucement entre ses dents en mordilla l'ongle de son index. Elle s'en souviendrait probablement plus tard.
Elle se souvenait de ses cheveux brun cuivré, une drôle de couleur qui ressemblait aux couleurs de l'automne. Elle ne se souvenait que de ça. Elle ne se souvenait plus de la couleur de sa peau, de la couleur de ses yeux, sa taille, sa forme ou même un simple trait caractéristique de son visage. Elle se souvenait de sa voix, mais juste un peu. De toute façon, elle avait probablement changé, elle ne la reconnaîtrait plus. Mais elle se souvient de sa douceur. Elle se souvient comment sa voix était douce comme du miel malgré son ton aiguë de jeune adolescente lorsqu'elle lui racontait une histoire le soir quand elle cauchemardait, quand elle chantait. Chantait-elle faux? Elle ne s'en souvenait pas vraiment non plus. Mais quelle importance, elle se souvient de la chaleur et la gentillesse et la sincérité dans le ton de sa voix.
Amélie sentie ses joues et son nez se réchauffer et lui piquer avant que la chaleur ne monte jusque dans ses yeux. D'un geste de la main elle s'empêcha de pleurer, gracieuseté de la nostalgie et de sa faiblesse émotionnelle enfantine. Elle prit une grande respiration tremblotante avant de placer son index à nouveau entre ses dents. Ses yeux se promenèrent d'enfant en enfant avant de tomber sur un petit garçon. Elle lui donna douze ans, bien qu'étant jeune, elle percevait les gens probablement beaucoup plus vieux que ce qu'ils étaient réellement. Comme à son habitude, il était assis dans les estrades en bois à gribouiller des dessins hasardeux avec une petite roche.
Elle pencha inconsciemment la tête, se demandant combien de temps cela lui prendra avant de terminer sa phase de solitude dans l'orphelinat. Peut-être qu'il n'avait pas été abandonné à la naissance? Ses parents avaient peut-être disparu ou ont été retrouvés morts et il en avait des souvenirs. Ce genre de nouveaux étaient probablement les pires. Elle secoua la tête pour effacer cette pensée. Pas qu'ils l'énervaient, plutôt qu'ils préféraient toujours être seul, faisaient toujours plus pitiés que les autres et se faisaient toujours choisir en dernier.
Rare sont les parents ou les mères ou pères célibataires qui viennent dans cet orphelinat. C'était probablement le moins connu de tout Gotham City, malgré les nombreuses interventions de M. Wayne. Combien de fois elle a dû faire la comédie et jouer le petit ange d'enfant parfaite pour plaire à des futurs parents potentiels? Rarement… Ils préfèrent les bébés, eux. Pas les jeunes filles de huit ans. À partir de six ans, c'était déjà trop vieux, c'est l'âge ou on détermine qu'on a le plus de chance de rester dans l'orphelinat jusqu'à atteindre l'âge.
Amélie ne put s'empêcher de penser à la jeune fille aux cheveux orange et à espérer qu'elle vienne l'adopter un jour, même si elle n'était pas revenue depuis deux ans. Certains disent que ceux qui atteignent l'âge ne revienne jamais car ils tombent du mauvais côté de la ville de Gotham car ils n'ont nulle part où aller. Elle ne voulait pas le croire. La jeune fille était trop gentille pour devenir méchante du jour au lendemain.
La petite orpheline fit sauter son attention et son regard d'un groupe d'enfant à un autre, n'en reconnaissant pas beaucoup de familier.
- Amélie?
Une voix la fit sursauter. Elle lâcha tout de suite son doigt, craignant de se faire gronder pour cette mauvaise petite habitude, et se retourna vivement, ses courts cheveux noirs lui claquant légèrement les joues au passage.
- Monsieur John! S'écria-t-elle
Son visage se teint d'une légère couleur rosâtre et son sourire troué s'étira de chaque côté jusqu'à ses oreilles. John ne put s'empêcher de rigoler en voyant l'enthousiasme sur le visage de la jeune fille. Celle-ci ne se gêna pas et courut vers lui et lui câlina la jambe. John leva doucement les bras pour ne pas qu'ils gênent et regarda la petite forme de Amélie qui entourait sa jambe de ses bras en signe de câlin. Il plaça sa main sur sa tête et lui ébouriffa les cheveux. Doucement, elle lâcha sa jambe.
- Comment vas-tu, Amélie? Lui demanda-t-il en prenant sa main et en marchant lentement dans la cours.
Celle-ci sembla hésiter. Elle regarda la cours de l'orphelinat, comme si elle scrutait les alentours en quête d'une réponse.
- Hmmm… bieeen… Elle hocha la tête pour se convaincre elle-même.
À vrai dire, elle était plutôt confuse quant à son propre état. Elle s'était habituée à la solitude depuis le départ de la jeune fille aux cheveux orange, mais quand elle se surprenait à trop penser à elle, elle ne pouvait pas s'empêcher de se sentir mal ou triste.
- Tu n'as pas l'air bien convaincu? Ajouta l'officier, un ton d'inquiétude dans la voix. Quelque chose ne va pas?
Elle secoua grossièrement la tête de gauche à droite.
- Je ne me souviens déjà plus du nom de la fille… avoua-t-elle
John fronça les sourcils. Amélie pensait-elle encore à elle? Cherry Morgan, qu'elle s'appelait. Il commençait à se soucier de la petite Amélie. Cherry était probablement très loin en ce moment, elle était quand même sortie de l'orphelinat il y a deux ans. Mais ce qui l'intriguait le plus c'était le fait que la petite Amélie avait seulement six ans à l'époque, et les jeunes enfants de cet âge avait normalement de la difficulté à se souvenir de pareilles choses et avait une facilité étonnante à passer à autre chose.
Il serra doucement sa main en signe de réconfort, le visage clairement déconcerté et inquiet.
- Cherry Morgan. Elle s'appelait Cherry Morgan.
Amélie sauta d'un coup et leva la tête vers lui.
- Oui! Je me souviens maintenant! Je vais m'en souvenir, promis!
La petite lâcha sa main et se propulsa devant lui en sautillant. John dû s'arrêter pour la regarder et lui donna un sourire sincère.
- Merci! Ajouta-t-elle avant de partir en courant vers les estrades en bois, où elle s'adressa à Michaël.
Comment il se souvenait des noms de chaque enfant qui résidait dans cet orphelinat? Quand on les visite trois fois par semaine, on finit par tout savoir. Ces enfants étaient tous attachants d'une manière qui leur était unique à chacun.
Un peu trop concentrée sur mon macaroni au fromage, le bruit de la télévision ouverte dans un son d'arrière-plan pour me sentir moins seule, je levai la tête de la casserole, les sourcils froncés. Des élections municipales? Dans quel but? Dans quel intérêt? Je pris la manette de la télévision qui était à côté de moi sur le comptoir en marbre froid et montai le son de la télévision pour écouter la blonde parler un peu plus fort dans mon salon.
- … vu d'une prochaine élection municipale en l'absence d'un maire pour la ville de Gotham City, deux géants de la politique s'affrontent dans un concept de gauche et de droite politique, affirma la petite blonde dont je ne connaissais toujours pas le nom.
Je levai un sourcil, ne me souciant pas de politique d'ordinaire car je n'ai jamais pu voter encore. Mais depuis l'incident avec Harvey Dent et sa copine dont je ne me souvenais pas du nom, je devais m'avouer que la politique devait être plus importante que ce que je croyais. Avant que la commentatrice n'annonce les noms des deux candidats à la mairie, je portai mon attention à ma casserole pleine de macaronis au fromage chaud. Avec la cuillère en bois, je portai une petite quantité de macaroni à ma bouche pour tester le gout. Insouciante et peu concentrée, mon attention sur la télévision, je mis la cuiller en bois directement dans ma bouche. En panique je les recrachai aussitôt en lâchant un juron. Je laissai ma bouche ouverte pour aérer mon palais et ma langue en respirant. C'est chaud des macaronis quand même…
J'essuyai les macaronis que je recrachai et plaça la casserole sur une plaquette en marbre pour faire refroidir les macaronis et fermai la poêle. D'un geste rapide, je m'attachai les cheveux en une simple queue-de-cheval avant de m'avancer vers le salon pour écouter le reste des nouvelles de midi.
- … s'affronteront Andrew Lucas, partisan et défenseur de la liberté économique de la ville, ainsi que Jacob Banks, qui est pour la nationalisation de l'économie de la ville. Deux partis aux idéologies contraires qui assurent un changement d'envergure pour noter grande ville comme elle n'en aura jamais connu.
L'économie? C'est une blague? La ville avec le plus haut taux de criminalité au États-Unis qui jase d'économie. Mais c'est absolument pathétique. Ils devraient parler de sécurité municipal, de soins de santé, de surveillance plus accru des mauvais quartiers, de hausse du niveau de vie de la ville. Mais en même temps, les habitants étaient probablement tannés d'en entendre parler. Avec l'histoire de Harvey Dent, du Joker et du Batman, même si tout le monde voulait du changement, personne ne voulait en entendre parler. Pour qui allais-je voter? Bah, je saurai probablement en temps et lieux quand les débats auront officiellement commencer.
Je regardai ma montre. Seulement midi et demi. La journée s'annonce anormalement longue pour un simple jeudi. Je soupirai. J'ai faim.
Je regardai les images sur l'écran de ma télévision défilées devant moi sans réellement écouter ce que la commentatrice disait. Sa voix plus aiguë et plus jeune me donnait mal à la tête. Ne pensant à rien au départ, je me suis mise à penser au genre de rendez-vous que j'ai donné au Batman hier soir. Il voulait le dossier du Joker. Jamais auparavant je n'avais mis autant de temps à dresser un dossier aussi parfait. Bien que je ne connaisse aucuns détails de sa vie passé, je connaissais bien ses antécédents criminels en tant que Joker. Personne ne connaissait son véritable nom, ses antécédents familial, son parcours scolaire, nous n'avions absolument rien sur lui. Pourtant, son comportement en disait beaucoup sur lui.
C'est à cet instant qu'un autre personnage tout aussi intéressant mais plus discret me vain à l'esprit. Avais-je déjà pensé à dresser un dossier sur le Batman lui-même? Devrais-je? La question était plutôt : est-ce que c'est une dangereux? Est-ce que je mets ma vie en danger si je compose un dossier sur le chevalier noir? Le saura-t-il? Tant de questions sans réponses. En fait, elles avaient bien des réponses qu'il m'était probablement facile de répondre. Mais j'avais trop la tête sur mes macaronis au fromage pour y penser maintenant. Mais en me levant de mon fauteuil, c'était officiel, je monterai un dossier sur le Batman. Et qui sait, peut-être que grâce à cela je découvrirai sa véritable identité? Cette pensée m'écrasa le cœur dans ma cage thoracique. Je pris une grande respiration en serrant mon chandail au niveau du cœur pour me calmer. Tout ça était absolument et positivement paniquant, effrayant, terrifiant mais aussi excitant, intéressant et motivant.
Bien qu'avant je n'avais aucun motif pour lui monter un dossier, maintenant j'en ai un : découvrir l'identité du Batman.
A/N: Je ne vous donnerai pas d'excuse plate, j'avais l'intention d'abandonner cette histoire. Mais hier et avant-hier, d'un coup j'ai reçu des reviews, des follows et des favourites. Donc j'aimerais beaucoup remercier Lily et Lylwenn Shadow pour leur reviews qui m'a forcé à écrire à nouveau o;
A/N #2: En deuxième lieu, je sais que ce chapitre est un peu court et faible en contenu, mais ce n'est qu'un chapitre de transition. Je suis du genre à détester quand l'action arrive beaucoup trop vite, ou quand l'intrigue est aussi trop vite et les drames amoureux et tout ça. Donc je prend bien mon temps et je laisse en suspens. Ne vous inquiétez pas, j'ai un paquet de plot twists, de cliff hanger, de suspens, d'action, de drame politique (OUI OUI la partie où ça parle de politique va servir à quelque chose), de drame amoureux, de secrets découverts, de passé sordide et tout le tralala qui fait que Batman est un film TROP MÉGA MALADE. Donc à plus!
Question de la semaine: Quel est votre film préféré dans la trilogie de The Dark Knight? Laissez moi le savoir dans les reviews!
