Ron n'avait pas fait de réapparition au Terrier, au grand désespoir d'Hermione qui aurait aimé s'expliquer avec lui. Elle n'avait pas chercher à lui répondre la dernière fois parce qu'elle n'aurait pu lui mentir et encore moins lui avouer qu'elle était amoureuse de Drago Malefoy. Ron serait mort sur place ou peut être l'aurait-il tué elle. Harry avait été plus présent, il avait jonglé entre les deux habitations.

Hermione fut soulagée lorsqu'elle avait repris le Poudlard Express, la veille de la rentrée, au moins elle ne penserait plus à Ron avec le travail qu'elle devrait accomplir, ses devoirs de préfète et l'aide au Pr Malefoy. Elle avait chercher Drago dans tout le train, avec l'aide de Ginny mais il restait introuvable. Hermione était inquiète. Lui était-il arrivé quelque chose ? Avait-il subit une désartibulation en transplanant ? Elle avait lu beaucoup d'article à ce sujet. Quand les sorciers transplanaient sur deux longues distances comme celle-ci, ils le faisaient en deux tronçons. Une petit île avait donc été aménagée au beau milieu de l'Atlantique.

Elle paraissait tellement apeurée que Luna lui proposa de la bave de lutin d'Islande du sud qui, selon elle, avait des effets relaxants.

En descendant du train, Hermione aida une jeune fille à descendre ses valises, ce n'est qu'après qu'elle se rendit compte qu'il s'agissait d'Astoria. Celle-ci lui sourit chaleureusement :
- Bonsoir Hermione, tu as passé de bonnes vacances ?
Hermione fut surprise, elles ne s'étaient jamais parlé avant :
- Oui merci, et toi ?
- Oui, c'était génial! – elle se pencha vers elle dans la diligence, à la manière de Lavande quand elle détenait une bombe pleine de rumeurs – J'ai rencontré un garçon très bien, vraiment différent de Drago. Même si j'en veux toujours à cet abruti congénital, j'essaie de relativiser. Heureusement pour lui, je n'en ai pas parlé à mon père, sinon il se serait fait tuer direct !

Elle éclata d'un rire terrifiant. Hermione vivait un combat intérieur : devait-elle ou non demander à Astoria ce qu'il s'était passé avec Drago ? Cela ne dura pas longtemps car Ginny qui avait saisit ce qu'il se tramait dans le cerveau d'Hermione la devança.

- Dis-moi Astoria, il s'est passé quoi exactement avec lui? Personne ne dit la vérité.

La jeune blonde soupira :

- Je vais faire court. Je lui ai offert ma virginité et il m'a viré tout de suite après, comme si j'étais une des vulgaires filles de joie que l'on trouve dans l'Allée des Embrumes.

Quand Astoria vit la tête d'Hermione, elle sut qu'elle avait enfin sa vengeance. Elle s'était bien rendu compte que l'avis d'Hermione comptait pour Drago. Elle n'y avait pas réfléchit avant, elle aurait du aller tout déballer à la Gryffondor beaucoup plus tôt. La suite du chemin se fit en silence.

Ginny comprenait la douleur d'Hermione et la surveillait du coin de l'œil. Astoria savourait sa vengeance. Hermione se sentait très fébrile, elle revoyait la discussion qu'elle avait eu avec Drago, celle où il lui avait raconté des salades. Elle ne comprenait pas pourquoi il avait fait ça, elle se sentait une fois de plus trahit par lui. Depuis le début, il ne cessait de la décevoir. Pourtant, elle l'aimait, son cœur n'avait que faire des coups bas de Drago, même si son esprit lui s'en rendait compte. Elle décida cependant de garder la face en lançant une discussion sur les cadeaux et le Noël passé par les jeunes filles.

Si Drago n'était pas dans le train, c'est que son père avait finalement eu l'autorisation du ministère pour installer les armoires à disparaître, une chez lui et l'autre dans son bureau à Poudlard. Les deux hommes étaient donc arrivés en début de soirée, quelques minutes avant le dîner dans la Grande Salle. Ils se précipitèrent donc pour aller manger.

Drago vit rapidement qu'Hermione était déjà assise quand il passa devant sa table. Il lui fit un sourire mais celle-ci détourna rapidement le regard, faisant comme si elle était en grande conversation avec Ginny.

C'est quand il s'assit et qu'il vit qu'Astoria lui faire passer un mot qu'il comprit qu'elle devait y être pour quelque chose. Il en eu la certitude lorsqu'il lut :

D'après ce que j'ai pu comprendre, tu avais menti à Granger. J'ai rectifié la vérité. Ta très chère amie n'en est plus une.

Il serra le parchemin avec rage et commença à manger en réfléchissant à ce qu'il allait dire à Hermione. Il devait trouver une bonne explication. Plus il y pensait, moins il arrivait à trouver des choses rationnelles à lui dire.

A la fin du repas il décida d'aller se coucher immédiatement. Dans son lit il recommença à cogiter. Pourquoi ce que pouvait penser Hermione de lui l'obsédait autant ? Il s'endormit sans trouver la réponse. Drago n'avait pas du tout l'habitude de fouiller dans les méandres de son inconscient.

Il se réveilla avec un rêve en tête, Hermione lui tapait dessus avec une cuillère en bois en hurlant. Cela avait eu l'air tellement réel qu'il avait fallu une bonne douche pour qu'il pense à autre chose.

Il arriva en sortilèges frais comme un gardon et commença sa journée de cours en refoulant toutes pensées se dirigeant vers une certaine brune aux cheveux hirsutes qui se trouvait devant à droite.

Cette méthode fonctionna très bien jusqu'au moment de la confrontation. Comme toujours depuis la rentrée, ils avaient rendez-vous pour leur traditionnelle ronde.

Il décida de faire comme s'il ne savait rien :
- Bonsoir Miss Granger, alors ces vacances ?
Hermione ne se démonta pas devant cet excès de zèle :
- Bonsoir Malefoy le menteur. Mes vacances se sont très bien passées, dommage que j'ai appris que tu avais menti. Je croyais que nous étions amis, j'ai du me tromper. Tu as toujours critiqué Ron et Harry mais tu ne leur arrive pas à la cheville en ce qui concerne l'amitié !

Elle réussit à ne pas craquer, elle continua à marcher, assez rapidement. Drago ne la suivit que de très loin. Au bout de cinq minutes, il se décida à le rejoindre :
- En quoi alors je suis meilleur qu'eux ?
Ce fut la seule chose qu'il trouva à lui dire.
- Pardon ?
- Tu as dit qu'en ce qui concernait l'amitié, je ne leur arrivait pas à la cheville, donc ça veut dire que pour le reste je suis meilleur qu'eux, alors je t'écoute ?

Hermione ne put le regarder, elle se mordait la joue pour ne pas rire. Décidément, Drago Malefoy était vraiment le pire prétentieux égocentrique du monde des sorciers. Il arrivait pourtant à lui redonner le sourire alors qu'elle n'aurait pas laisser passer ce genre de choses à d'autres. Elle décida cependant de ne pas lui répondre et continua sa marche.

Drago haussa les épaules, si elle ne voulait pas parler, très bien, il ne le ferais pas non plus.

Ils passèrent donc le moment le plus long de leur vie, à déambuler dans les couloirs sans un mot.

Deux minutes avant la fin, Drago n'y tint plus. Il fit la chose la plus spontanée de sa vie. Il se posta devant Hermione et commença une longue tirade :
- Ecoutes Granger, oui je t'ai menti mais honnêtement, tu aurais aimé que je te dise que j'ai tout fait pour coucher avec Astoria parce que je suis un homme et que j'avais des besoins à assouvir ? Et qu'après elle ne m'intéressait plus alors je l'ai jeté hors de mon dortoir sans ses fringues ? Tu m'aurais dit quoi si je t'avais dit la vérité ?

Il n'avait finalement pas eu besoin d'y réfléchir, les mots avaient franchi sa bouche sans qu'il ne leur en donne l'ordre.

Hermione inspira :
- Je t'aurais dit exactement ce que je vais te dire maintenant : Malefoy tu es vraiment un porc, as-tu seulement pensé à ce qu'elle pouvait ressentir ? Elle t'a offert ce qu'une femme a de plus précieux et tu l'as saccagé, piétiné, dépouillé, profané, …
- J'ai saisi l'idée Granger, merci.
- Non mais tu te rends compte ? J'y crois pas ! Tu es un insensible ! Si on me fait ce coup-là, je crois que… que j'en mourrais !

Ils s'arrêtèrent net, en même temps.

Hermione n'osait plus respirer, comment avait-elle pu lâcher un si lourd secret ? Surtout à lui !
Drago, même s'il s'en doutait, n'en revenait pas. Il reprit constance :
- On va faire comme si je n'avais rien entendu. Bonne nuit Granger.

Et il partit vers les cachots, fier de lui, il avait fait preuve de sensibilité et de tact pour une fois.
Cela faisait un bon quart d'heure qu'Hermione était dans le couloir du 4ème étage, tétanisée quand elle reprit ses idées. Elle retourna lentement vers son lit, complètement dépitée.

Elle arriva tout de même à se dire que Drago n'était surement pas la pire personne qu'il puisse exister sur cette terre et que comme ils s'entendaient bien, il ne profiterait pas de cette information pour se moquer d'elle. Un peu rassurée, elle se détendit.

Hermione boudait Drago, elle n'arrivait pas à concevoir qu'il ait pu faire quelque chose d'aussi horrible à une jeune fille et qu'en plus il lui ait menti. Elle lui faisait confiance, elle l'aimait et lui s'en fichait. Il ne serait jamais quelqu'un de bien, elle avait beau le savoir, elle l'aimait quand même. Elle avait tout de même décider de l'ignorer. Elle l'avait pardonné bien sur mais elle ne voulait pas qu'il le sache. Le pire dans tout cela, c'est que lui ne faisait rien pour qu'ils se reparlent.

Cela faisait trois jours que la dispute avait eu lieu et déjà Hermione avait du mal à le supporter. Elle cherchait comment faire celle qui le pardonnait sans perdre la face.

Lucius Malefoy, qui souvent était au courant de tout ne s'était rendu compte de rien. Il avait autre chose en tête. Il préparait un cadeau à sa femme pour fêter leur anniversaire de mariage, il n'avait que cela en tête, ça devait être grandiose. Le seul souci, c'est qu'il ne savait absolument pas quoi faire. Lady Malefoy avait déjà eu le droit à beaucoup de cadeaux, de la parure de bijoux façonnés par des gobelins à l'écurie de sombrals de course en passant par la plus rare des pièces de 5 gallions pour sa collection.

Pour ses vingt ans de mariage, il ne savait absolument pas quoi lui offrir. C'était peut être le problème justement, il avait trop gâté sa femme. Dans ces réflexions, il murmura les lèvres en forme de coeur :
- Non, ma poulette dorée mérite chaque choses que j'ai faites pour elle.

Perdu dans ses pensées, il avait oublié qu'il était dans une sale de classe pleine de 3ème année transpirant sur un devoir.

Il toussa et reprit pourtant magnifiquement constance :
- Vous croyez que vos plumes vont écrire toutes seules vos quatre-vingt-dix centimètres de parchemin sur les différents mariages à travers le monde ? Alors replongez-vous y !

Fier de lui, il se rassit à son bureau avec le même dilemme en tête. A qui pourrait-il demander de l'aide ? Il passa en revue toutes ses collègues. Minerva…Pomona…Sybille… Il se prit la tête entre les mains, personne ne pourrait l'aider.

Ce n'est que bien plus tard qu'il pensa à son fils. Drago allait l'aider. Justement, il devait le voir le soir même après son entraînement de quidditch.

Il retrouva Hermione à son bureau, ils travaillèrent d'arrache-pied. Au moment ou la jeune fille allait partir, Drago entra dans son bureau. C'est en cet instant que Lucius s'aperçut du malaise entre les deux jeunes.

Il prit donc les choses en main :
- Que se passe t-il entre vous deux ? Vous avez refusé d'aller au concert avec lui miss Granger ?
Il ne vit pas les moulinets que faisait Drago avec ses mains pour le prier de se taire. Hermione se tourna vers le Serpentard :
- Quel concert ? Tu devais m'inviter à un concert ?
- Oui mais je pense que c'est tombé à l'eau en même temps que notre amitié. Je me trompe ?
Hermione baissa les yeux.
Lucius ne comprit pas :
- Vous vous êtes encore disputé ?

Hermione aurait voulu crier que non, mais elle réussit à se dominer, ça n'aurait pas été bien vu.
Le silence se fit.

Lucius le brisa :
- Bon, je ne veux pas le savoir, vous devez impérativement aller à ce concert pour ensuite faire un exposé à la classe, c'est ce que j'avais prévu. Donc, embrouilles ou pas, vous y allez sinon vous ne passez pas vos ASPICS – le visage d'Hermione se décomposa - maintenant, j'ai quelque chose de beaucoup plus important à voir avec vous. C'est une question de vie ou de mort. Aidez-moi à trouver ce que je peux offrir à Narcissa pour nos vingt ans de mariage.

Les deux jeunes gens eurent du mal à se retenir de rire, oubliant toute querelles ils se lancèrent un regard complice.

Ce fut Drago qui répondit en premier :
- Elle rêve d'un nouveau sofa pour son petit salon.

Lucius et Hermione levèrent les yeux, indignés. Qui serait assez peu romantique pour offrir un vulgaire canapé pour fêter un anniversaire de mariage ? Drago visiblement. Il fut vexé et n'ouvrit plus la bouche.

Hermione et Lucius discutaient des cadeaux précédents, ceux qui lui avaient vraiment plu, les autres qu'elle avait simplement accepté. C'est Hermione qui eu l'idée de génie : un voyages romantique, à Rome ou à Paris.

Aussitôt, cela plu à Lucius qui partit consulter les brochures de Magic Travel (l'agence de voyages magiques, qui vous envoie en un clin d'œil sous les tropiques) qui traînaient dans la salle des professeurs.

Drago et Hermione se retrouvèrent seuls dans le bureau.
Hermione, heureuse d'entrevoir un espoir de réconciliation s'adressa à Drago :
- Bon, on dirait que je n'ai pas le choix pour le concert. C'est fou ce que les professeurs abusent de leur pouvoir.

Drago, content qu'elle s'adresse à lui acquiesça :
- Oui, je trouve que le Pr Malefoy en profite beaucoup ces derniers temps. Mais je suis sur que le concert va te plaire, c'est mon groupe moldu préféré.
- C'est quoi ? Je le connais surement ?
- Oh…Emperor, c'est un groupe de black métal. Il sont géniaux, des vrais tueurs de la musique, je te jure.

La conversation, qui jusque là avait été plus polie que la normale changea du tout au tout quand Hermione voulu montrer qu'elle pouvait monter d'au moins mille octaves :
- Un groupe de black métal ? Tu plaisantes ? Je refuse d'y aller, je vais me faire piétiner, saccagée, …
Drago la coupa :
-Comme la virginité d'Astoria ?
Il commença à rire quand il vit les yeux meurtriers d'Hermione.
- Granger, je plaisantais. Ca va, tu sais bien que j'aime ce genre d'humour.
La jeune fille soupira.
Il reprit :
- Je serais ton garde du corps, je ne te lâcherais pas d'une semelle. Allez, tu peux bien faire ça pour moi non ?
- Je trouve que j'en fais beaucoup pour toi Malefoy. Un jour tu devras me rendre la pareil.
- Je te promet que quand tu en auras besoin je serais là. Et dis-toi que si mon père nous laisse aller à ce concert, c'est qu'on ne craint rien non ?

Hermione ne répondit rien mais elle n'était pas du tout d'accord. Le Professeur Malefoy était inconscient, il l'avait plusieurs fois prouvé. Et pire que tout, il laissait faire son fils, il le pourrissait. Par contre, il avait de l'influence et il mettrait sûrement ses menaces à exécution si elle n'y allait pas. Elle voulait passer ses ASPICS. Elle n'avait pas le choix même si ce concert ne l'enchantait vraiment pas.
C'est après y avoir mûrement réfléchi pendant quelques minutes qu'elle y vit un avantage : c'était une sorte de rendez-vous galant avec Drago, non ? Il fallait vite qu'elle aille en parler à Ginny. Elle abandonna donc Drago après un rapide « à plus tard ».