Bonjour/soir à tous ! J'ai quelques petites réponses à apporter à des reviews, je m'excuse d'avance pour ce qui n'aiment pas, vous pouvez directement commencer le chapitre ^^
OoO-RED-OoO : Bravo, je crois que tu as été une des rares à comprendre pour le nouveau personnage ! Et pour ce qui est de la magie et Emma ... Wait and see ;)
Waty : Je te remercie pour tes commentaires toujours constructifs, j'ai relu mon chapitre plusieurs fois et il y avait bcp de choses que je voulais modifier mais par manque de temps et parce que j'étais déjà très en retard j'y ai pas vraiment mis du miens ... Je fais un effort pour celui là, j'espère que ça ira mieux ! ( Edit : j'ai fait un effort sur le moment mais je me suis pas relue alors ... xD )
Pour tous les autres : Slopopina qui devrait être en train de réviser au lieu de lire ce chapitre, angele751, evilhayleyregal, Loulouche, justinejannedu0760, Raphi5930, Artemis972,La plume d'Elena, PilandOncer je vous remercie infiniment pour le soutien sans lui je n'ai aucune motivation !
Lucky 511 & Marion nous welcome aboard ! Ravie que ça vous plaise !
A vous tous ... Bonne lecture ! :D
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Chapitre 11
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- Comment est-ce que vous faites ça ? fut la première chose qu'elle parvint à articuler.
- Par magie, se moqua-t-elle en agitant le bout des doigts de la main qu'elle baissa pour poser sur sa hanche.
A sa grande surprise le paysage ne reprit pas vie et elle fut à nouveau impressionnée par sa puissance. Elle ne posa pas de question supplémentaire, laissant la sorcière l'observer un long moment, appuyée contre le comptoir.
- Je suis désolée, finit-elle par lâcher.
- Pour quoi ?
- D'avoir fui. Je ... C'est un peu un réflexe.
- J'avais cru remarquer.
- Comment avez-vous fait pour me retrouver ?
- J'ai une voiture plus puissante que l'épave qui vous sert de moyen de transport.
La remarque la fit sourire, étonnée pour la première fois d'être tentée de se débarrasser de la coccinelle.
- Qui était cet homme ?
- Je ne sais pas, mentit-elle effrontément.
- Ne me mentez pas.
- Je n'ai pas envie d'en parler.
- Miss Swan ...
Elle avait conservé les yeux dans le vague pour éviter d'avoir à affronter Regina, mais cette fois, son nom avait raisonné comme un appel teinté d'un avertissement auquel son corps répondit avant elle, se retournant pour lui faire face.
- Est-ce qu'on peut en parler ailleurs ?
- Non.
- Est-ce que vous pouvez ... libérer tous ces gens ? ça me stresse ...
- Non, répondit-elle à nouveau.
Regina agita une main pour produire deux gobelets de café et un repas qui ne ressemblait pas à ce qu'elle avait commandé et se dirigea vers une table vide non loin du comptoir.
- Assise, ordonna-t-elle.
Elle obéit, laissant son corps lourd de courbatures retomber sur la chaise avec une grimace.
- Neal Cassidy.
Le nom fit se hausser un sourcil interrogateur.
- L'homme qui m'a vue toute à l'heure. Il s'appelle comme ça et c'est à cause de lui que je suis allée en prison.
- Pourquoi ?
- Parce que c'est un salopard. Vous n'avez pas fait de recherches à mon sujet ?
- Elles ont été infructueuses, sembla-t-elle avouer.
- Je suis restée trois ans en prison pour du crime organisé.
- Bravo, vous venez de vous ôter tout droit de fréquenter mon fils.
- J'ai plongé pour rien, se défendit-elle aussitôt avec la même véhémence qu'elle l'avait toujours fait. J'étais jeune et inconsciente. J'étais même pas au courant de ce qu'il faisait. J'avais même pas dix huit ans, pas de famille, il m'a utilisée comme ...
- Comme ?
- Une moins que rien. Je réchauffais ses draps et l'accompagnais là où il avait besoin d'une fille. Il m'a vendu du rêve pour finir par lâcher mon nom avant de disparaître dans la nature.
Le masque d'impassibilité que la brune avait choisi de revêtir s'effrita avec une rapidité impressionnante, les yeux d'ébène s'assombrissant d'avantage à mesure que la colère s'y installait.
- Je peux le tuer, annonça-t-elle simplement au bout d'un moment.
- Qu... Quoi ?!
- Cet homme. Je peux le tuer pour vous.
- Non merci, je préférerais le faire moi.
Quelque chose de sombre envahit l'expression de la Reine, une lueur sauvage qui la fit avaler avec difficulté la gorgée de café qu'elle avait dans la bouche quand elle se rendit compte qu'elle l'observait avec le même désir animal qu'elle avait parfois elle même ressentit à son égard.
- Comme vous voulez, finit-elle par répondre à voix basse en détournant le regard pour s'intéresser à ses ongles manucurés.
Elle resta un long moment interdite devant le spectacle de la femme qui semblait perdue dans ses pensées, obéissant d'instinct à l'ordre qu'elle lui donna de manger l'instant d'après.
- Vous êtes rassasiée Miss Swan ?
- Vous allez me proposer de m'escorter jusqu'à Storybrook ?
- Plus tard. J'ai d'abord une leçon à vous donner, non ?
Ce n'était pas vraiment une question et elle se contenta d'attendre ce qui allait se passer. La brune débarrassa la table d'un geste de la main, ignorant le plat qu'elle avait à peine entamé pour taper sur la surface en bois.
- Ici, clarifia-t-elle quand Emma ne bougea pas.
De l'appréhension s'était à nouveau installée en elle et la proximité qu'elle eut soudain en venant s'asseoir à même la table devant Regina ne fit rien pour arranger les choses. Pourtant l'intéressée semblait vouloir continuer à parler.
- Comment croyez-vous que votre petit ami soit arrivé à vous retrouver chez moi ?
- Ce n'est pas mon petit ami ! se défendit-elle.
- Comment ? insista la brune en posant une main sur son genou.
- Je ne sais pas. Il est doué. Doué comme moi pour trouver les gens.
- Quand vous travaillez pour des notaires ? se moqua l'autre.
- Oui.
La main manucurée écarta d'un coup sec son genoux et elle dut se rattraper au rebord de la table pour ne pas être déstabilisée par le mouvement brusque.
- Ne me mentez pas Emma ...
- Ok, répondit-elle simplement, croisant les doigts pour qu'elle ne repose pas sa question.
- Qu'êtes vous allée faire dans le tombeau de ma famille hier soir ?
Apparemment il y avait quelqu'un pour écouter ses voeux. À cette question elle voulait bien répondre.
- Tout le monde m'en a parlé. J'étais curieuse.
- Et votre curiosité a-t-elle été rassasiée ?
- Gold conserve le corps de votre mère dans sa boutique, répondit-elle à côté.
- Ça lui faisait plaisir et je ne voulais pas qu'il repose auprès de mon père.
- Vous appelez ça "reposer" ?! J'ai failli avoir une crise cardiaque quand je l'ai vue !
- La première fois ou celle où vous êtes entrée par effraction chez lui pour voler la propriété des enfants perdus ?
- Les deux, avoua-t-elle. Comment êtes vous au courant de tout ça ?
Une autre main vint se poser sur son deuxième genoux avant de remonter le long de sa cuisse et elle dut faire un effort pour ne pas fermer les yeux et parvenir à soutenir le regard de braise qui la jaugeait avec l'attention d'un aigle.
- Ma ville, mes règles Miss Swan.
Elle ne répondit que d'un hochement de tête, uniquement concentrée sur les sensations que la brune était en train de faire naître dans tout son corps, reconnaissante pour la distraction qu'elle lui fournissait.
- Regina ... Est-ce qu'on est obligées de s'y prendre comme ça ?
- Comme ça comment ?
Une main se détacha de sa cuisse pour remonter le long de son torse et elle frissonna en réalisant que le tissu était en train de se désagréger sous son toucher.
- Cette histoire de jouet ... Vous faites exprès de pas voir que je ferais à peu près tout pour pouvoir être avec vous ?
- C'est à prendre ou à laisser Miss Swan ...
- Et si je refuse ?
La sorcière déchira le restant de son pull d'un geste sec, écartant les deux pans pour caresser sa peau du plat de la main. Cette fois elle ne parvint pas à garder les yeux ouverts.
- Nous savons toutes les deux que vous ne refuserez pas. Vous serez parfaite une fois que vous aurez compris mes règles.
" Parfaite " Comment un simple mot pouvait-il la mettre dans de tels états ?
- Quelles règles ? demanda-t-elle néanmoins.
Son souffle fut coupé en un petit cri de surprise la seconde d'après lorsqu'elle fut soudain débarrassée de l'intégralité de ses vêtements.
- Regina ! On ... Nous ...
- Oui ?
- Tous ces gens ...
- Et alors ?
- Est-ce qu'ils peuvent nous voir ?
- Est-ce que vous voulez qu'ils nous voient ?
- Non ! s'horrifia-t-elle presque.
Son choc provoqua un rire léger qui lui noua l'estomac, sentant la brûlure d'un doigt qui remonta le long de son corps pour caresser la lèvre qu'elle ne cessait de blesser.
- Vous avez quoi avec cette lèvre ?
- Vous posez trop de questions.
- Et bien vous n'avez qu'à me rendre muette comme la dernière fois.
- Non, aujourd'hui j'ai envie de vous entendre crier.
Comme c'était certainement prévu la réponse lui cloua instantanément le bec et elle n'eut pas le temps de réfléchir à comment reprendre ses esprits, le doigt jusque là sur ses lèvres s'engouffrant dans sa bouche. Elle ne perdit pas une seconde pour aller à sa rencontre avec sa langue, n'hésitant pas à le mordre quand elle lut le désir évident que son initiative semblait peindre sur le visage de la brune.
- Vous comptez ...
Si elle avait momentanément retrouvé l'usage de la parole, son souffle fut aussitôt coupé par le doigt qui la pénétra sans préambule.
- Règle numéro un Miss Swan, personne ne parle sans mon autorisation.
La jeune femme serra les dents pour ne pas répliquer, la tête baissée vers sa compagne pour oublier le monde qui les entourait, observant les quelques vas et vient qu'elle fit avant de s'arrêter pour porter le doigt à sa propre bouche.
- Ne bougez pas, prévint Regina quand elle fit mine de se rapprocher d'elle.
C'était impossible d'être aussi belle, se fit-elle la remarque. Le contraste de sa peau blanche si près de la femme encore protégée par son trench noir, de son corps nu dans un tel lieu la fit frissonner d'un plaisir coupable et cette fois elle céda en se saisissant de la main du Maire.
Elle fut aussitôt maîtrisée par une poigne de fer qui tira ses cheveux en arrière, la forçant à briser leur regard. La blonde ne retint pas son cri où plaisir et surprise se mêlèrent quand deux doigts vinrent frapper en elle.
- Règle numéro deux : obéissez à votre Reine.
Les yeux fixés au plafond où quelques spots grésillaient, la chasseuse de prime retint les suppliques qui se précipitaient sur ses lèvres. Elle sentit des vêtements la frôler, suivie de près par la sensation de la bouche de Regina traçant son propre chemin de son nombril jusqu'à un sein qu'elle attaqua presque aussitôt du bout des dents.
La mâchoire tremblante du plaisir que lui procuraient les assauts sans précaution de la brune, elle força les larmes qui menaçaient de couler à sécher au plus vite.
- Regardez moi Emma.
Elle ne désobéit pas, anéantissant tout précédent effort lorsqu'elle dut baisser la tête vers son amante, consciente des perles d'eau qui s'échappèrent de ses paupières.
- C'est bien, entendit-elle soufflé contre sa peau.
Dans son dos, la main qui avait lâché ses cheveux parcourut la ligne de sa colonne vertébrale de haut en bas avant de se saisir de sa nuque pour l'attirer à elle et s'emparer de ses lèvres en un baiser plus doux que ce à quoi elle s'était attendu. Les lèvres quittèrent les siennes pour effacer toute trace de larmes et elle frissonna lorsque les doigts se retirèrent d'elle.
- Règle numéro trois ? devina-t-elle.
Cette fois elle eut droit à un sourire qui lui coupla le souffle avant qu'il ne lui soit à nouveau arraché par les doigts qui la pénétrèrent avec encore plus de force que quelques minutes en arrière.
- Règle numéro trois, confirma la voix rauque de la sorcière. Vous m'appartenez. Exclusivement.
Les doigts se recourbèrent et elle sentit son corps tenter désespérément de retenir la brune en elle, devinant au sourire carnassier qu'elle reçut que son amante savait pertinemment qu'elle était sur le point de jouir.
- Pas encore, fut-elle prévenue.
Elle ne retint pas son gémissement qui à sa plus grande honte ressemblait plus à une plainte qu'autre chose.
- Non ! cria-t-elle presque dans le silence assourdissant du restaurant lorsque les doigts la quittèrent à nouveau.
- Règle numéro quatre Emma ...
- Vous êtes sûre que vous avez assez de doigts ? s'entendit-elle dire sur un ton de reproche que l'impatience lui fit emprunter.
La remarque fit passer quelque chose qui ressemblait à de l'amusement sur les traits du visage halé avant que la femme ne recule son fauteuil pour se mettre debout devant elle.
- Règle numéro quatre, reprit-elle comme si elle n'avait pas été interrompue.
La chasseuse de primes se sentie happée vers elle par des liens invisibles. Les mains du Maire prirent le temps de parcourir ses bras nus et d'effleurer sa gorge avant de s'emparer de ses cheveux pour l'approcher à quelques millimètres d'elle, sa bouche effleurant la sienne lorsqu'elle parla.
- ... Ne me sous-estimez jamais.
Et juste comme ça, la brune s'empara de ses lèvres en un baiser agressif qui eut le mérite d'étouffer le cri qui s'échappa lorsque l'orgasme la traversa avec une violence à laquelle elle ne s'était pas attendue. Si elle avait vraiment prêté attention à quelque chose d'autre qu'à la sensation des lèvres et des dents qui se battaient avec les siennes pour l'empêcher de reprendre son souffle, elle aurait put s'émerveiller sur ce qu'elle ressentait dans tout le reste de son corps. Le fantôme des doigts qui l'assaillirent à nouveau, d'une langue sur son clitoris, des mains sur ses seins et les vagues de plaisir qui firent s'arquer son corps au point que la brune doive la retenir auprès d'elle avec une force qui lui fit presque mal.
Les sensations s'estompèrent et les lèvres de Regina se firent plus douces jusqu'à ce qu'elle sente son sourire.
- Vous avez faim ?
La question qu'elle lui avait souvent entendu poser ne la perturba que quelques secondes, son estomac se manifestant quelques instants plus tard.
- J'allais commander quelque chose quand vous avez interrompu ... La courbe du temps.
Elle n'eut pas le droit à une réponse, la sentant s'éloigner à nouveau avant qu'elle ne s'empare d'une de ses mains pour la tirer à elle dans une position complètement verticale, ses vêtements réapparaissant impeccablement sur elle.
- Je ...
Elle fut interrompue par le bruit assourdissant des environs où tous se remirent à vivre comme si rien ne s'était passé.
- Commandez un autre repas, il ne se souviendra de rien, mais changeons de table, j'ai peur que vous ayez ... ruiné celle là, se moqua la brune à voix basse.
Elle se contenta de lui lancer un regard noir et de retourner auprès du serveur.
Cette fois elle eut droit de finir son repas sous l'étroite surveillance du Maire qu'elle observa passer plusieurs coups de fil, sans vraiment prêter attention à ses propos, uniquement focalisée sur ses lèvres lorsqu'elle parlait, le froncement de ses sourcils quand quelque chose ne lui plaisait pas et la façon dont ses yeux avaient de dramatiquement rouler en l'air quand elle trouvait quelque chose absurde.
- Vous avez fini ?
- De vous regarder ?
- De manger.
- Oui. C'est le moment où vous me raccompagnez à Storybrook ? Ma permission est finie ?
- Exactement.
- Je dois passer à mon appartement, récupérer une voiture et quelques habits.
- Non.
- Vous pouvez m'y accompagner, je ne veux plus avoir à monter dans la coccinelle.
Sa réponse provoqua une moue pensive mais finit par être acceptée d'un hochement de tête.
- Ma voiture est devant, indiqua la brune en laissant un bien trop gros billet sur la table.
Elle ne fit aucune remarque, parlant uniquement lorsqu'elle dut lui indiquer une direction, mais la jeune femme ne put retenir un sourire devant l'air étonné qu'elle prit lorsqu'elles s'arrêtèrent devant son immeuble. Elle fit semblant de ne pas remarquer ses regards à l'affût du moindre indice qui pourrait lui révéler qui elle était ou ce qu'elle faisait vraiment de sa vie. Il n'y avait aucune trace de son activité dans son apparemment. Ici, elle était simplement Emma Swan, pas d'emploi, pas de problèmes d'argent ni avec les voisins et seules des factures d'électricités ou quelques demandes très spéciales lui parvenaient à cette adresse. Rien qui pourrait faire sauter sa couverture.
- Bel appartement, l'entendit-elle dire devant l'immense baie vitrée de son salon.
- Merci, se contenta-t-elle de répondre depuis la chambre où elle jetait certaines de ses affaires dans un gros sac de voyage.
Lorsqu'elle était venue à Storybrook la première fois elle avait à peine emporté de quoi s'habiller une semaine et les affaires que Ted lui avait apportées ne suffisaient pas. Son dernier voyage à Boston lui avait donné envie de s'habiller autrement qu'en jean et bottines et elle fit mine de ne pas remarquer le sourire en coin de la mère d'Henry lorsqu'elle la vit choisir des paires d'escarpins.
- Qui est-ce ?
- Qui ça ? demanda-t-elle en la rejoignant dans le bureau attenant.
La brune s'était arrêtée devant un des rares cadres photo qui ornait son appartement.
- Ted. C'est mon ami Ted.
- Votre ... Ami ?
- Ne soyez pas jalouse.
- Ne soyez pas évasive.
- C'est juste un ami. Un associé. C'est lui que vous avez senti venir à Storybrook la dernière fois, vous vous rappelez ? Celui que vous voulez rencontrer ...
- Oui, sembla-t-elle répondre perdue dans le souvenir.
Mais la seconde d'après, elle s'était vivement retournée vers elle pour plonger un regard inquisiteur dans le sien.
- Vous êtes prête ?
- Presque.
Un sourcil parfaitement dessiné s'arqua et elle ne put s'empêcher de sourire à la surprise qu'elle vit passer dans les yeux d'ébène, disparaissant presque aussitôt quand ils se se fermèrent lorsqu'elle l'embrassa. La brune accepta son baiser, allant jusqu'à se laisser pousser contre un mur et accrocher une jambe à ses hanches avant de se détourner.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Je voulais me faire un dernier bon souvenir dans cet appart. C'est tout.
- Qu'est-ce qui vous dit que c'est la dernière fois que vous y mettez les pieds ?
Elle faillit répondre qu'elle l'emmènerait quand elle voudrait avec Henry, qu'elle se ferait un plaisir de lui faire découvrir cette ville et bien d'autres, mais se retint au dernier moment, préférant un simple sourire.
- On y va ? répondit-elle à côté.
- Je croyais que vous vouliez un dernier bon souvenir ?
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Elle avait encore le sourire aux lèvres lorsqu'elle arriva à Storybrook dans la soirée. Elle qui n'avait jamais personne dans son appartement, elle avait ressentit une satisfaction immense à prendre Regina contre le mur de son bureau puis dans son grand lit qu'elle avait laissé défait. Ses cuisses la brûlaient encore d'un mélange d'épuisement de ses muscles et des griffures que la brune y avait laissé.
Elle s'arrêta devant le restaurant avec la ferme intention de ravir Ruby pour une soirée, mais dut se résoudre à attendre la fin de son service en mangeant un énième plat cuisiné en compagnie de Graham qui regardait la serveuse autant qu'elle.
- C'est avec moi qu'elle passe la soirée aujourd'hui, prévint-elle moqueuse.
- Oui, j'avais compris, l'entendit-elle répondre à voix basse, les yeux rivés sur ses mains qui jouaient nerveusement avec un bouchon de bière.
Elle n'eut pas à tenter de lui changer les idées bien longtemps, vite rejointe par la brune qui s'émerveilla sur la voiture qu'elle avait ramenée de Boston. Elle ne put retenir un sourire en retrouvant le toit terrasse où les transats semblaient n'attendre qu'elle. En silence elle observa un long moment la jeune femme démarrer un feu dans un brasero pour lutter contre le froid ambiant et lui tendre une bouteille de vin chaud.
- Tu m'expliques ce qu'il s'est passé ce matin ? demanda Ruby la première.
- Je ...
Elle n'avait pas prévu de commencer par ça, mais l'inquiétude sincère qu'elle pouvait lire sur le visage de la jeune femme précipita les mots hors de sa bouche sans qu'elle puisse y réfléchir.
- Yavait un type. Quelqu'un que j'ai connu, dans ma vie ... Avant. Un vrai salop. J'ai pété un câble ...
- Non non t'as pas pété un câble Emma, t'as contré la magie de Regina !
- Contré sa magie ? fronça-t-elle les sourcils sans pouvoir se rappeler de l'événement.
- Elle allait éclater ta caisse. T'as fait un truc et d'un coup son sort s'est évaporé. C'est de la magie ça.
- Tu ... Tu crois ? J'ai ... Hier je suis allée dans son tombeau. J'ai touché à quelque chose qu'il n'aurait peut-être fallut ... répondit-elle en se souvenant du livre qui l'avait littéralement agressée.
- Quelque chose comme quoi ?
- Un bouquin. Un grimoire. J'ai touché la page et je me suis mise à saigner puis une bête, un ... un dragon je crois a essayé d'en sortir.
- De la page ?
- Ouais.
Son interlocutrice portait l'expression de quelqu'un qui avait du mal à imaginer ce qu'on lui décrivait, mais ne semblait pas pour autant sur le point de remettre en question ce qu'elle avançait.
- Et toi ? se souvint-elle soudain. C'était quoi ce truc avec Regina dans la bibliothèque ?!
Quelque chose comme de l'embarras passa sur le visage de la serveuse.
- Quoi ? manqua-t-elle paniquer.
- Je ... Je suis pas censée en parler.
- Je suis l'Elue ... La Sauveuse ! rappela-t-elle sur le ton d'une personne à qui on ne devait rien refuser.
- Regina ... Regina avait besoin de mon aide pour un sort.
- Lequel ? poussa-t-elle.
Elle fut amusée par la moue que Ruby fit avant de lui répondre à voix basse, craignant apparemment que quelqu'un ne l'entende dévoiler le secret d'Etat.
- Elle veut se transformer en dragon, mais elle y arrive pas. Apparemment quand elle a tenté ça toute seule elle a failli cramer tout le cimetière.
La jeune femme se rappela soudain du tremblement de terre qu'elle avait entendu depuis la boutique de Gold, son affirmation comme quoi Regina devait être en train de s'amuser avec son nouveau livre de sorts, le cimetière recouvert de suie lorsqu'elle s'y était rendue et le grimoire ouvert sur une page avec un dragon dans la crypte. Ça avait du sens. À part ...
- Et en quoi est-ce que tu interviens là dedans ? demanda-t-elle agacée par la pointe de jalousie qu'elle détecta dans le ton de sa voix.
- Apparemment se transformer en créature ... "Extraordinaire" est plus compliqué qu'autre chose ... Elle voulait se transformer en loup garou en s'inspirant de ... de moi. J'étais censée être là pour la maîtriser au cas où quelque chose se passait mal, mais ... Il ne s'est rien passé.
- La maîtriser ?
- Je suis une alpha, expliqua-t-elle avec un petit sourire. Regina a beau être super puissante quand elle est une sorcière, elle n'a pas le sang d'un alpha d'une meute de loup garou, elle aurait du se plier à ma volonté.
Elle avait du mal à imaginer une telle scène.
- C'est ce qu'elle voulait, rajouta la brune. Au cas où elle perdait le contrôle comme elle l'a apparemment fait avec le dragon ...
- Hum ... Ok. Mais ... Je comprends toujours pas en quoi se transformer en loup pourrait l'aider ?
- La difficulté ne vient pas du fait qu'elle veuille se transformer en dragon, mais du fait que ce soit ne soit pas un animal ordinaire. La technique de contrôle doit être la même je suppose. Elle ne serait pas venue me demander de l'aide autrement.
- Et pourquoi un dragon ?
Quelque chose se figea en elle avant même d'avoir fini sa question et ses suspicions furent confirmées par l'expression qui se peignit sur le visage de la serveuse en face d'elle.
- Votre curiosité vous perdra, prévint la voix de la femme qui venait certainement d'apparaître sur le toit.
- Pourquoi un dragon ? choisit-elle de redemander en se tournant vers elle.
Elle eut un temps d'arrêt en remarquant la jupe en cuir et le chemisier en soie bleue qui y était coincé et ne put s'empêcher de se demander pour quelle occasion le Maire s'habillait comme ça à une telle heure de la nuit.
- Pour aider une amie, sembla-t-elle répondre honnêtement.
La jalousie faillit lui faire faire une remarque à haute voix, mais la présence de Ruby l'en empêcha.
- Je vois ...
Le sourire qu'elle reçut ne lui laissa aucun doute sur le fait que la sorcière avait parfaitement deviné son sentiment.
- Ruby, descendez m'attendre à l'accueil avant que vous n'en disiez encore trop ...
- Oui Regina.
Elle lança un regard de reproche à son amie qui n'avait même pas tenté de lutter contre la mère d'Henry et se leva à son tour pour affronter ce qu'elle avait certainement à lui dire en privé pour vouloir congédier l'autre.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-elle au bout des longues secondes de silence où elle fut observée des pieds à la tête.
- A l'avenir je préférerais que les questions me soit directement posées.
- Ok, prit-elle note. Alors ... Vous allez faire un entraînement avec Ruby ?
- Si c'est comme ça que vous souhaitez l'appeler, confirma-t-elle avec un hochement de tête.
- Je peux venir ?
- Non.
- Je me moquerai pas si vous n'y arrivez pas, prévint-elle avec un sourire en coin.
Un agacement profond peignit instantanément le visage halé que les flammes du brasero illuminait d'une lueur dansante. Elle s'émerveilla une fois de plus sur sa beauté.
- Vous êtes magnifique ...
- Merci, répondit l'intéressée avec un sourire confiant.
- Pourquoi est-ce que vous êtes habillée comme ça ? ne put-elle tout de même s'empêcher de demander.
- Vous trouvez quelque chose à redire sur ma tenue Miss Swan ?
- Pas du tout, vous êtes splendide dedans, mais je me demandais quelle était l'occasion.
- Ne soyez pas jalouse.
- Je ne ...
Elle s'interrompit, refusant de mentir effrontément devant elle.
- J'étais intriguée.
- Je ne compte voir personne d'autre que Ruby et vous ce soir, clarifia-t-elle. Et ce n'est certainement pas pour la louve que je ferais un effort vestimentaire. Pas que j'en ai réellement fait un d'ailleurs ...
- Une jupe en cuir ?
- La discussion est close, sembla-t-elle s'exaspérer.
- Ok, accepta-t-elle à contre cœur.
Elle n'attendit pas que le silence s'éternise, se rapprochant de la brune qui la dominait de quelques centimètres du haut de ses talons aiguilles.
- Est-ce que j'aurais l'honneur de vous revoir après votre petite séance ?
- Je ne pense pas, non. Je n'aime pas ... Je n'aime pas laisser Henry seul.
- Il est seul ? Vous voulez que j'aille le surveiller ?
- Non, c'est inutile. Graham s'en charge déjà.
- Ok ...
- J'y penserai peut-être une prochaine fois, mon fils semble vous apprécier.
- C'est réciproque.
La brune eut un petit sourire satisfait qui fut contagieux et elle ne réfléchit pas avant de l'attirer à elle pour l'embrasser. Cette fois le baiser était différent. Bien sûr elle avait toujours envie d'elle, il lui suffisait de poser le regard sur elle pour avoir envie de la déshabiller et de la pousser contre la première surface utilisable, mais ce soir elle savait que ce ne serait pas le cas. Elle avait juste eut une profonde envie de l'embrasser et la réalisation sembla les atteindre toutes les deux en même temps quand elles se séparèrent précipitamment.
- Allez vous coucher Miss Swan.
- Bonne nuit à vous aussi ...
Un vague sourire aux lèvres elle la regarda disparaître en un nuage de fumée violette, apparemment peut désireuse d'emprunter les escaliers et s'empara de la bouteille de vin chaud avant de redescendre dans sa chambre.
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Le lendemain matin elle se réveilla en regrettant la bouteille de vin qu'elle avait finit mais ne put s'empêcher de rire en voyant les cernes de Graham à qui Henry avait visiblement mené la vie dure la veille.
- Il n'a pas voulu aller dans sa chambre avant trois heures du matin, lâcha-t-il simplement en s'affalant dans son fauteuil en simili cuir.
Elle eut la gentillesse de se déplacer pour aller lui chercher un nouveau café, apprenant d'un signe de la tête défaitiste de Ruby que leur mission de la veille n'avait pas été un succès. Sans doute la raison pour laquelle Regina avait dut rentrer si tard et son fils refusé de se coucher tôt.
Portée par elle ne savait quelle bonne humeur elle passa la journée à l'extérieur par charité pour son collègue de bureau qu'elle surprit à deux reprises endormi sur le clavier de l'ordinateur qu'il n'allumait quasiment jamais.
A quatorze heures elle décida de faire un tour dans le magasin de Gold. Elle était certaine qu'elle pouvait en tirer plus d'informations qu'ils ne lui en avait déjà données, mais la boutique était fermée et elle se contenta de rester dans sa voiture en attendant le moment où elle surprendrait quelqu'un y rentrer.
Elle était en train de boire une des boissons énergisantes qu'elle avait achetées pour Graham quand la Mercedes noire du Maire s'immobilisa devant l'immeuble qu'elle surveillait. La femme ne parut pas se soucier de l'existence de l'écriteau qui signalait que le magasin était " fermé " et s'y introduisit certainement à l'aide d'un sort qui fit sauter la serrure.
Poussée par elle ne savait quelle intuition, la chasseuse de primes quitta son poste d'observation pour la suivre par la porte laissée ouverte. Elle ne vit personne de prime abord dans le magasin, mais se précipita derrière une bibliothèque quand elle entendit des voix se rapprocher.
- C'est absurde, il y a forcément quelque chose qui ne va pas, semblait s'exaspérer Regina.
Les pas se rapprochèrent et elle croisa vainement les doigts en espérant qu'on ne la voit pas.
- Rien du tout, chantonna le sorcier.
- Arrêtez de faire l'idiot Gold.
- Ce n'était pas mon intention Madame le Maire.
- Je ... Ma magie est instable. J'ai besoin de savoir pourquoi.
- Et c'est vers moi que vous vous tournez ?
- Ursula n'est pas d'une grande aide, l'entendit-elle avouer.
Il y eut un long moment de silence durant lequel Emma aurait voulu pouvoir les observer avant que l'homme ne reprenne.
- Votre magie sait.
- Pardon ?
- Elle sait certaines choses que vous n'avez pas encore réalisées, c'est tout. Quant à ce petit petit sort, vous manquez simplement de concentration.
- C'est tout ?! Qu'est-ce qu'il vous faut Gold pour arrêter de parler en énigmes ?
- Absolument rien. J'ai déjà tout ce qu'il me faut.
- Tout ?
Quelque chose sembla vaciller dans sa voix, mais elle n'eut pas l'occasion d'y prêter plus attention, sursautant quand une main se posa sur son bras.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda la voix basse.
Elle réagit d'instinct, se retournant pour le pousser et mettre le plus de distance entre eux deux, tant pis si les deux sorciers qui parlaient à l'autre bout de la boutique démasquaient sa présence.
- Dégage Neal !
- Oh Emma arrête un p...
- Ne t'approche pas de moi !
Elle renonça à rester cachée et sortit de l'ombre dans laquelle elle s'était jusqu'à présent tapie pour marcher droit vers la sortie du magasin.
- Emma attends !
Elle ne fit même pas attention à Regina lorsqu'elle la dépassa, sentant à peine la colère qui semblait soudain émaner d'elle. Elle allait ouvrir la porte quand quelque chose la fit se figer.
- Quittez cette ville Monsieur Cassidy, entendit-elle la voix menacer.
Elle se retourna pour assister à l'étrange scène que formaient Regina, une main crispée devant elle, Neal suspendu à quelques centimètres du sol peinant visiblement à respirer et Rumplestinskin dont l'expression venait soudain de s'assombrir.
- Regina, c'est vraiment pas la peine ...
Si elle devait avouer que la voir utiliser ses pouvoirs et se montrer sans merci l'avait toujours emplie d'un désir qu'elle n'expliquait pas, elle ne pouvait pas accepter que quiconque défende une telle cause pour elle.
- Miss Swan, restez en dehors de ça.
- Non, Reg...
- Règle numéro deux Em-ma.
Son prénom peu habituellement utilisé combiné au souvenir que la brune fit renaître en elle manqua la faire rougir, mais elle n'eut pas le temps de réfléchir à l'idée ou non d'obéir. Le visage de Gold avait soudain été déformé d'une grimace qui la poussa à l'action sans même savoir pourquoi.
Le coup de feu partit avant même qu'elle ne le menace, la balle filant à quelques centimètres de Regina pour aller se loger dans l'épaule du sorcier qui fut projeté en arrière et contre une étagère de fioles diverses.
- Papa !
Le cri étranglé parvint à peine à ses oreilles, impressionnée par ce qu'elle venait de faire. Mais la seconde d'après sa vision se troubla et elle réalisa avec surprise que ce n'était pas son esprit qui lui jouait des tours mais que la magie de Regina semblait irradier autour d'elle en une aura telle qu'elle en déformait l'espace.
Neal retomba à terre avec autant de force que s'il venait de faire une chute de plusieurs mètres et la brune l'écarta d'un coup de pied pour l'éloigner encore.
- Baelfire ... l'entendit-elle souffler d'une voix plus glaciale encore que celle qu'elle avait réservée aux braqueurs de la banque à Boston.
Quelque chose s'effondra en elle en l'entendant visiblement reconnaître ce prénom. Regina connaissait Neal.
Neal venait d'appeler Gold " Papa ".
Neal s'appelait " Baelfire ". Il venait de la forêt enchantée.
Cette fois elle fut réellement prise d'un vertige en voyant le visage de la brune se durcir d'un masque plus implacable que tous ceux qu'elle lui avait déjà vus et ce fut de la peur qui la fit frissonner lorsque leurs regards se croisèrent.
De longues secondes elle fut toisée de haut en bas par la Reine avant qu'elle ne se détourne d'elle pour empoigner Gold et le relever à la même hauteur qu'elle. Un instant ils échangèrent un regard qu'elle fut heureuse de ne pas avoir à subir avant que le Ténébreux ne lâche un petit rire.
- Votre magie sait, répéta-t-il un sourcil arqué en signe de moquerie.
Elle avait beau chercher, elle ne parvint pas à trouver le trou qu'aurait du causer la balle dans son costume en le touchant. Pourtant il avait bien du être atteint par son tir puisqu'il s'était effondré sous la force du choc.
Soudain lui aussi fut lâché par la Reine, conservant un air supérieur et amusé contrairement à son fils qui avait reculé dans un coin éloigné de la pièce, une main autour de sa gorge.
- Celle sur qui la magie pliera, le temps bousculera, rajouta-t-il d'un air chantant.
- L'élue ...
C'était la première fois qu'elle entendait le terme prononcé par Regina. Si elle avait été le genre de femme à perdre assez son contrôle pour jurer, la brune l'aurait certainement insultée, devina-t-elle à l'air de profond mépris qui peignit instantanément son visage parfait.
Elle garda les yeux rivés sur les siens jusqu'à ce qu'une fumée d'un violet presque noir l'enveloppe complètement avant de la faire disparaître.
- Que ... Qu'est-ce qu'il s'est passé ? s'entendit-elle demander à un Gold qui était à présent tout sourire.
- Oh ne vous inquiétez pas ma chère, ça lui passera. Vous allez certainement vivre l'enfer quelques temps mais ça devrait aller.
- Quelques temps Gold ? Vous savez que je suis pratiquement son ...
- Son ?
Elle avait failli dire esclave mais parvint à se retenir au dernier moment.
- Rien. J'ai pas hâte qu'elle me fasse vivre l'enfer, c'est tout.
Il ne répondit que d'un autre de ses sourires en coin qu'elle avait envie de lui effacer d'un coup de poing, mais quelque chose d'encore plus désagréable interrompit le cours de ses pensées.
- Emma, est-ce qu'on peut par...
- Stop.
Elle avait envie de partir au plus tôt d'ici, mais il fallait au moins qu'elle tire son épingle du fiasco qui était en train de prendre forme.
- Vous avez quelque chose pour moi, non ? demanda-t-elle en ignorant le jeune homme qui s'était rapproché d'elle.
- Qu'est-ce qui vous fait croire ça Miss Swan ?
- Je suppose que le fameux " Monsieur Fire ", est votre fils ici présent, railla-t-elle. Je l'ai ramené, je veux ma part du marché.
Elle n'entendit même pas sa tentative de protestation, se rapprochant du sorcier avec la ferme intention de ne pas se laisser impressionner. Seule Regina avait ce droit.
- Je tiens toujours mes promesses Miss Swan, souvenez vous en.
D'une main agitée en l'air il fit apparaître un rouleau de papier entre ses doigts.
- Chose promise, chose due, Sauveuse ...
Derrière elle elle entendit le petit cri étranglé de son ex petit ami qui venait certainement de réaliser ce que tout ce qu'il venait de voir signifiait, mais elle se contenta de s'emparer de l'objet, attendant tout de même que Gold se relève de sa révérence pour croiser son regard.
- Merci.
- Merci Vous, chanta-t-il presque.
Elle força un sourire avant de fuir le magasin. Elle avait besoin de se retrouver seule pour examiner ce qu'elle avait en sa possession.
.
..
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Ses pas la menèrent sans vraiment savoir pourquoi jusque devant la cave à vin qu'elle avait fréquentée avec Henry. Elle marqua tout de même une pause en apercevant la silhouette du capitaine crochet adossé à l'un des murs et en pleine conversation avec Hope.
Le regard de la jeune femme accrocha presque immédiatement le sien et le soulagement qu'elle y lut la convainquit de rentrer sans perdre une seconde.
- Salut Hope ! Bonjour Kilian ...
- Salut beauté !
- Qu'est-ce que tu fais là ? T'es à cours de Rhum ?
- Exactement.
- Je pense pas que t'en trouveras ici ...
Sa réponse provoqua une exclamation de triomphe de la part de la brune qui tendit un bras vers elle pour rendre hommage à ses paroles et elle ne put s'empêcher de sourire.
- Tu as besoin de quelque chose ?
- D'un peu de calme. Je peux descendre ?
- Pas de problème.
- Kilian, lâchez la, prévint-elle en se dirigeant vers les escaliers.
- Ok, fut-elle surprise de l'entendre accepter.
Elle n'était même pas encore installée sur l'un des canapés quand elle entendit la porte s'ouvrir après elle et au bruit que les pas faisaient, ce n'était certainement pas Hope qui venait de la suivre.
- J'ai demandé un peu de calme, rappela-t-elle.
- Je ne parlerai pas. J'ai vu Baelfire, je suppose que c'est votre oeuvre.
- Vous connaissez Neal ?
- Oui, répondit-il simplement.
Quelque chose dans la façon dont il venait de se laisser tomber sur le canapé à côté d'elle faillit la pousser à lui poser des questions, mais elle y renonça en sortant le rouleau de sa poche.
- Qu'est-ce que c'est ?
Elle ne lui répondit que d'un regard noir.
- Oh allez, j'ai besoin de me distraire sinon je vais avoir envie de boire.
- Hum ... feignit-elle de s'intéresser en cherchant un moyen d'ouvrir l'objet.
- Ça se déroule en tirant sur le petit morceau qui dépasse.
Elle obéit sans le remercier, ses yeux dévorant déjà ce qui était marqué. Elle avait eu peur que les inscriptions soient dans une autre langue, mais elle fut soulagée en constatant que ce n'était pas le cas.
Ses yeux sautèrent de mots en mots, ignorant les détails de la procédure avant de tomber sur les derniers lignes, chacune terminées par l'emprunte rouge de sang d'un doigt qui y avait été apposé.
- Celui qui sa propre chair abandonnera, lut Kilian à ses côtés.
- Gold. Mais ce problème est réglé non ?
- Celui qui sa liberté derrière des barreaux enfermera ...
- Maléfique, devina-t-elle.
- Elle n'est pas derrière des barreaux ...
- Non, mais elle a perdu sa liberté, elle est coincée sous la forme d'un dragon dans les sous-sols de la bibliothèque ... Et puis il y a des barreaux qui ferment l'ascenseur qui y mène.
- Ok, sembla-t-il accepter.
- Celui qui à l'amour véritable renoncera, lut-elle à son tour.
- Snow, annonça le pirate.
Ce n'était un secret pour personne que la plus grand histoire d'amour de la forêt enchantée leur été attribuée. Et Snow avait choisi de perdre son âme sœur. A voir l'état dans lequel elle était aujourd'hui, figée dans le refus d'accepter la réalité, Emma ne regrettait pas de ne pas en avoir une. La possibilité même de la perdre et de se retrouver l'ombre de soit même comme Snow la faisait frissonner d'horreur. Elle avait du être drôlement sûre d'elle, drôlement confiante en cette malédiction et remplie de l'espoir que l'Elue la réunirait un jour avec David pour accepter un tel sacrifice.
- Celui qui sa lumière éteindra, entendit-elle le capitaine finir.
Son doigt retraça les mots jusqu'à s'arrêter sur la tâche de sang encore visible. Cela ne correspondait pas vraiment à ce qu'elle s'était attendue mais ce ne pouvait être qu'elle ...
- Regina, souffla-t-elle.
- Oui, ça lui irait bien. Je l'ai peu côtoyée dans la forêt enchantée après qu'elle ait adopté le petit Henry, mais je sais qu'elle n'était plus la même quand elle est apparue ici.
- Plus la même comment ? ne put-elle s'empêcher de demander.
- Elle ne vit plus pour elle ...
- C'est à dire ?
- Elle n'est qu'apparences, s'exaspéra-t-il d'avoir à s'expliquer. C'est dur à expliquer. Et puis il y avait des rumeurs comme quoi elle avait pu utiliser de la magie blanche, ici la sienne est définitivement noire, elle aura peut-être sacrifié cet aspect d'elle même ...
- Oui ...
L'idée lui paraissait bonne, après tout elle avait peut être perdue le dernier espoir qu'elle avait de redevenir quelqu'un de normal ou de racheter ses fautes ? Mais elle doutait pouvoir en parler à l'intéressée. Ruby, Belle ou même Gold pourrait peut-être l'aider en revanche.
- Henry Mills Senior, ça vous dit quelque chose ?
- Le père de Regina. Pas vraiment un homme ...
- Pardon ?
- Toujours à se cacher dans les jupons de sa femme, mais il aimait sa fille d'après ce qu'on dit.
- Regina l'aurait tué pour accomplir son sacrifice, qu'est-ce que ça pourrait dire ?
- Je sais pas, c'était peut-être l'ultime meurtre qu'elle aurait pu commettre ?
- Non, ça aurait plutôt été l'enfant qu'elle venait d'adopter vous croyez pas ?
- Peut être qu'il représentait quelque chose de spécial à ses yeux, j'en sais rien Swan. C'est pas moi l'élu ...
La jeune femme chassa ses objections d'un signe de la main et s'empara d'un crayon et de l'éternel bloc note qui avait repris sa place dans la poche intérieure de son blouson.
.
..
.
Évidement Hook ne s'était avéré d'aucune aide supplémentaire et elle avait passé le reste de l'après midi le nez dans ses notes, espérant trouver la moindre solution à ses problèmes pour finir par ne trouver qu'une migraine carabinée.
Allongée encore toute habillée sur son lit d'hôtel, elle ne put s'empêcher de gronder quand son téléphone vibra sur la table de chevet, perturbant le calme relatif de la pièce.
- Oui ? répondit-elle à l'aveugle.
- Emma ! Qu'est-ce que tu as fait ?
- H..Henry ?
- Ça va ?
- Ouais, j'ai ... J'ai une migraine. Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Maman est hors d'elle. Elle a envoyé Leroy à l'hôpital, Graham a failli se faire étrangler et elle n'a même pas voulu faire à manger ce soir !
- Terrible ... se moqua-t-elle.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- J'ai ramené le fils de Gold en ville. Elle a compris que j'étais l'Elue.
Elle refusait de lui donner une version plus longue.
- T'aurais du commencer par quelqu'un d'autre ! Elle doit être furieuse ... Je ... Je crois qu'elle t'aimait bien. Si tu as trahi sa confiance, elle a de quoi l'être ...
Confiance ? Regina lui faisait-elle confiance ? D'accord, elles avaient partagé certains moments agréables et elle avait parfois eu l'impression de briser les masques qu'elle portait en permanence, mais de là à dire qu'elle lui faisait confiance ? Emma, oui, lui faisait confiance malgré ce qu'elle avait pu voir et savoir d'elle.
- J'ai quasiment ramené David à la vie l'autre soir à l'hôpital, choisit-elle de répondre à côté. Mais il est retombé dans le coma ...
- Comment t'as fait ?!
- Je sais pas, avoua-t-elle. Un coup de chance certainement. Mais ya de l'espoir nan ?
- Oui ... Il faut que tu parles à ma mère.
- Je sais pas si c'est judicieux dans l'immédiat Henry. Je vais ... tenter de faire ce que je peux dans les jours à venir, mais j'aimerais pas finir comme Leroy si tu vois ce que je veux dire.
- Bon au moins elle ne t'a pas tuée ...
- Non, en effet ... Elle attend peut-être que je brise sa propre malédiction.
- Tu as trouvé ce que c'était ?
- Gold m'a donné un exemplaire du sort, oui. Quelque chose comme ramener la lumière ou l'espoir en elle, je sais pas trop, j'y travaille.
- Com... Mer... Zut. Elle descend. Je te laisse.
- Fais attention à toi ! prévint-elle quand même en entendant au loin la voix de Regina appeler son fils.
- Emma ... Ma mère ne me ferait jamais de mal.
Elle ne put s'empêcher de sourire à son ton moqueur. Comme si l'idée même était absurde. Et elle devait l'être devina-t-elle en laissant tomber le téléphone à côté de son oreiller.
Ce fut à nouveau son téléphone qui la réveilla le lendemain matin et quelque chose étreignit immédiatement son ventre lorsqu'elle lut l'identité de l'appelant.
- Oui ? répondit-elle néanmoins avec calme.
- Je serai à la mairie dans un quart d'heure. Apportez-moi mon café, Ruby saura vous dire lequel c'est.
Elle n'eut même pas le temps de répondre, l'autre avait déjà raccroché, la laissant hébétée au milieu de son lit, encore habillée de la veille.
Respirant un grand coup, la jeune femme attacha ses cheveux en un chignon rapide à l'aide d'un élastique qu'elle gardait en permanence autour du poignet avant de courir jusqu'à la douche qu'elle prit en cinq minutes. Elle renonça à tout maquillage et enfila un jean et une chemise beige qu'elle avait ramené de Boston avec des escarpins assortis. Le Maire hausserait certainement un sourcil à son attirail peu commun, mais c'était les seules affaires qu'elle avait sorties de sa valise pour pas qu'elle ne se froissent.
En bas de l'hôtel elle n'attendit pas quelques secondes pour chauffer le moteur de sa berline avant d'enfoncer la pédale d'accélération.
- Merde ...
Si elle avait d'abord cru que son pare brise était sale, une fois lavé, elle dut se rendre à l'évidence que dans sa hâte elle avait oublié de remettre ses lunettes. Résignée, elle s'empara des lunettes de vue qu'elle gardait dans la boîte à gant de sa Chrysler avant de s'arrêter devant chez Granny.
- Qu'est-ce que vous regardez ? s'emporta-t-elle contre un inconnu qui semblait en choc après l'avoir vue sortir du véhicule.
Il ne répondit pas immédiatement et elle ne prit pas la peine d'attendre qu'il sorte de sa torpeur et s'engouffra dans le restaurant où Ruby était déjà derrière le comptoir.
- Le café de Regina s'il te plaît. Vite vite vite.
- Qui êtes vous et qu'avez vous fait à Emma Swan ? se moqua la serveuse en obéissant immédiatement à la commande.
- Elle m'a téléphoné il y a ... Douze minutes, répondit-elle en jetant un coup d'œil à son téléphone.
- Non, je parlais de ta tenue.
- J'ai fait vite.
- T'as fait mieux que depuis tous les autres depuis que t'as mis les pieds ici, corrigea-t-elle en posant un gobelet devant elle.
- Merci, répondit-elle uniquement en s'emparant du café qui lui brûla les doigts.
Elle espérait que la brune comprendrait que les remerciements valaient à la fois pour le compliment et le service, mais n'avait absolument pas le temps d'y réfléchir. Elle ignorait pourquoi elle prenait l'ordre que lui avait donné Regina si au sérieux, mais elle avait tellement eu peur de subir le courroux de la mère d'Henry que le moindre contact qu'elle pourrait avoir avec elle la réjouissait.
- Oh non ...
La Mercedes était déjà garée devant la Mairie quand elle y arriva, sautant en dehors de sa berline sans regarder derrière elle.
- Vous êtes en retard, l'accueillit la voix glaciale de la sorcière.
- Désolée, se contenta-t-elle de répondre en posant le gobelet sur le bureau en bois presque noir.
La brune s'en saisi immédiatement sans la remercier pour avaler une gorgée qui ne sembla pas la brûler malgré les dégâts que le liquide brûlant avait pu faire aux doigts de la chasseuse de prime.
- Vous pouvez partir, finit-elle par briser le silence qui s'éternisait.
- Pardon ?
- Partez Miss Swan, j'ai besoin de travailler et pas de quelqu'un qui m'observe tenter de le faire.
- Je ... Je croyais que vous auriez voulu me voir.
- Je voulais un café, j'ai du me débarrasser de ma secrétaire hier.
- Je vois ...
Le ton de sa voix avait trahit la colère qui l'avait soudain envahit et quelque chose se brisa en elle lorsqu'elle croisa le regard impérieux de la brune. Elle s'était attendue à un sourire en coin, une moquerie acerbe sur la façon dont elle s'était habillée ou celle dont elle avait présumé des choses qui n'avaient pas lieu d'être, mais l'absolue indifférence à laquelle elle fut confrontée fut aussi dure à encaisser qu'un coup de poing en plein estomac.
Le regard d'ébène la parcourut des yeux à la tête et elle se rappela uniquement à ce moment là qu'elle portait encore ses cheveux en un chignon brouillon, se retenant pour ne pas le défaire immédiatement.
- Et bien ? Que faites-vous encore là ?
C'était insensé. Elle en avait presque les larmes aux yeux et cette fois elle dut tourner les talons pour ne pas avoir à affronter plus d'une seconde plus la froide tranquillité qui s'échappait de la femme assise dans son fauteuil en cuir.
La chasseuse de prime s'accrocha à la rampe en fer forgé qui accompagnait la volée d'escaliers qui la ramenèrent au rez-de-chaussée et à sa voiture où elle s'effondra contre le volant. Cette fois les larmes coulaient bel et bien et seule la promesse qu'elle s'était faite à Boston de ne plus jamais recommencer, la retint de ne pas y fuir immédiatement.
Machinalement elle redémarra la Chrysler pour retourner à l'hôtel où elle enfila sa tenue de Shérif, les dents fermement plantées dans ses lèvres pour éviter de pleurer une larme de plus.
Elle avait du mal à imaginer comment regagner la confiance de Regina si elle ne parvenait même pas à échanger plus de trois mots avec elle. Gold l'avait prévenue qu'elle vivrait certainement l'enfer, mais elle n'était pas sûre de pouvoir supporter d'attendre que la tempête passe.
Un mois. Il lui avait même pas fallu un mois pour tomber amoureuse d'une criminelle qui la voyait certainement comme une moins que rien. Et si elle était venue pour elle dans le trou à rats qu'était Storybrook, elle se voyait mal repartir à présent. Ne serait-ce que pour Henry ... Ne serait-ce que parce que c'était son destin ...
Le cri de rage qu'elle poussa couvrit à peine le craquement sinistre de son poing frappé contre le mur. Pourtant la douleur ne vint pas et ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'elle remarqua les zébrures d'un bleu électrique qui courraient le long de ses doigts. Elle n'avait même pas la trace d'une simple blessure s'émerveilla-t-elle en observant les fissures qui courraient désormais dans la peinture claire.
La jeune femme leva un sourcil intrigué en imita prudemment les gestes qu'elle avait souvent vus faire Regina quand elle pratiquait de la magie. Elle eut le temps de voir quelque chose briller dans le creux de sa paume, s'éteignant brusquement en une explosion qu'elle eut l'impression de ressentir jusque dans ses os avant de s'évanouir.
