Rire est une des plus belles choses du monde, n'est ce pas? Cela ne m'ait jamais arrivé. J'ai tout fait pour pouvoir déclencher chez les autres ce qui jamais n'apparaissait chez moi. Je les ai fait rire. De moi, de ce que je faisais, de ce que je devenais aussi. Le rire n'étais pas suffisant, je voulais aussi leur faire plaisir, les nourrir. Être pour eux ce que l'on avait jamais été pour moi. Je voulais les faires dormir, les faires vivre du boit de mes doigts et de mes pensées.

Mais je voyais, malgré tous mes efforts, mon image tomber devant leurs yeux, devenant celle d'un clown dépravé, attiré par le contenu de leurs poches plutôt que par celui de leurs cœurs. Le rire que j'avais pendant tant de temps provoqué sur leurs lèvres mourut, ses pétales arrachés par le vent violent du mépris qu'ils me portaient.

Alors à quoi bon. À quoi bon les faire rire, puisque ce rire est éphémère. A quoi bon les faire vivre, puisque cette vie n'est pas celle qu'ils veulent? A quoi bon vivre, puisque ma vie n'a pas de sens à leurs yeux?