Salut à tous ! Merci infiniment, une nouvelle fois, pour vos adorables réactions au chapitre précédent, Odea, DB, Eleb (merci de m'avoir DÉJÀ souhaité mon anniv, tu étais effectivement la première de FF!), Cathy, Miss Osaki, Dream's, Berkano, Hasegawa, Firafadella, Butterflyellow, la Dictateuse, Marianclea, Mégara (merci aussi pour mon anniv! J'ai pas répondu à tes reviews avant ce chapitre pour une fois, mais tu sais pourquoi xD Mais bientôt!) !

Je suis ravie que l'histoire vous plaise toujours autant.

Voici un petit interlude en attendant la deuxième partie, cadeau de moi à vous pour mon anniversaire !

Bonne lecture !


Interlude

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De façon générale, Steve Rogers aspirait de toutes ses forces à être quelqu'un de bien – ou du moins, il osait croire qu'il faisait de son mieux pour être à la hauteur de l'image que les gens avaient de lui ; un homme droit, loyal, juste, honnête.

Puis Bucky Barnes entra dans sa vie.

Steve l'avait déjà aperçu dans le journal, il en avait déjà entendu parler par son père, et plus longuement par sa collègue de travail Natasha, et il avait été impressionné par son courage inouï, sa loyauté, sa modestie. Il n'était pas obligé de venir à la cérémonie de remise de sa Médaille d'Honneur. Il y était allé quand même. Et le monde avait changé d'axe.

Bucky était divinement beau, il était intelligent, il était drôle, vif, tranchant. Il était incroyablement charmant, et il flirtait avec Steve, et il regardait Steve comme s'il voyait Steve et non pas le fils du président. Et pour une bonne raison. Il ne savait pas.

Et quand il sut, son regard ne changea pas. Quand Bucky lui parlait, quand il l'écoutait, les yeux posés sur lui, Steve avait l'impression d'exister pour de bon. Il avait l'impression de pouvoir être lui-même. C'était un sentiment addictif.

Mais Steve voulait être quelqu'un de bien. Et ça voulait dire qu'il ne pouvait pas se permettre de laisser libre cours à ses sentiments pour quelqu'un d'autre alors qu'il était fiancé.

Peggy était une femme incroyable. Elle était belle et intelligente, courageuse et volontaire, obstinée, pleine de compassion. Et Steve avait cru l'aimer de tout son cœur pendant toutes ces années, jusqu'au jour, jusqu'au moment précis où Bucky l'avait regardé des pieds à la tête d'un air appréciateur, son assiette de salade verte dans la main, et qu'il avait dit qu'il était le plus bel homme de la pièce.

Il ne l'était pas, ceci dit, puisque Bucky était en face de lui.

Si Bucky s'était montré complètement indifférent, désintéressé, Steve aurait probablement réussi à éteindre les flammes de son coup de foudre inconscient. Ils ne se seraient jamais reparlé, jamais revus, et rien n'aurait changé.

Mais Bucky l'avait regardé d'un air fasciné, comme s'il était la huitième merveille du monde, et Steve s'était dit : je veux faire connaissance avec lui. Il n'avait pas de plan particulier, pas d'idée à long terme. Il voulait juste lui parler encore un peu. Voir si l'illusion se briserait en le connaissant mieux, si la déception prendrait le dessus sur l'admiration.

Sauf que Bucky n'était pas juste un beau garçon, vif, drôle et charmeur ; il était aussi, comme Steve ne tarda pas à le réaliser après quelques conversations, l'être le plus extraordinaire que la Terre ait jamais porté, tout simplement.

Il ne s'en était même pas rendu compte. Aimer Bucky, c'était si simple, c'était aussi naturel que de respirer. C'était parler de lui tout le temps, à tout le monde, et surtout à Peggy, puisqu'elle était la personne la plus proche de lui. Peggy avait souri, au début. Elle avait dit : «tu l'aimes beaucoup, n'est-ce pas ?» et Steve avait répondu oui, sans aucune arrière-pensée, parce que c'était vrai qu'il aimait beaucoup Bucky.

Il n'aimait pas juste beaucoup Bucky, mais la première fois qu'il en prit réellement conscience, ce fut lors du gala, dans les toilettes, alors que Bucky était saoul, et qu'il lui disait tous ces mots, et que Steve n'avait pas pu s'empêcher d'en profiter pour respirer son odeur affolante – et il avait été horrifié de sa propre conduite, et encore plus horrifié quand il avait su que Bucky avait mélangé l'alcool et les médicaments, et son cœur avait fait un plongeon jusque dans ses talons, et là, il s'était dit qu'il s'était trop investi.

Et il avait eu peur. Il avait pris la fuite.

S'il avait été quelqu'un d'autre, peut-être qu'il aurait eu le courage d'affronter ses sentiments, d'avouer la vérité à Peggy, de rompre leurs fiançailles. Mais il était le fils du président, le chef de cabinet de la Maison Blanche, le leader top secret d'une équipe d'agents surentraînés appelée SHIELD, et surtout, il était Captain America, et partout aux États-Unis, de New York à Los Angeles, Peggy et lui étaient considérés comme le couple le plus glamour depuis Kate Middleton et Prince William – c'était une fameuse décision à prendre.

Le 2 mars, Steve était censé dîner avec un diplomate turc pour négocier les conditions de libération d'un otage en Iran. C'était un repas important. Mais le 2 mars, Bucky lui disait qu'il n'était pas libre le soir de son anniversaire parce qu'il avait rendez-vous, avec un homme, pour coucher avec lui probablement, et peut-être pour une relation plus longue. La jalousie intense de Steve se traduisit en effroyable mauvaise humeur avec tout son entourage, et il fut à deux doigts, ce soir-là, de déclencher une guerre avec la Turquie.

Lorsqu'il vit Peggy, le lendemain, elle soupira.

– Steve, ça ne peut pas continuer.

– De quoi tu parles ? demanda Steve sans même lever les yeux de son journal.

– Du fait que tu aies failli provoquer la troisième guerre mondiale hier soir, répondit Peggy d'un ton posé. Qu'est-ce qui se passe ? Un problème avec Bucky ?

Pour une raison qu'il ignorait totalement, entendre le mot "Bucky" dans la bouche de Peggy lui contracta désagréablement l'estomac. Il avait envie de lui crier qu'elle devait l'appeler James, parce qu'elle n'avait pas mérité de l'appeler Bucky, c'était privé, et il écarquilla les yeux quand il se rendit compte de la puérilité et du vitriol qui teintait ses pensées.

– Rien du tout, marmonna-t-il en desserrant à peine les dents.

La mauvaise humeur de Steve persista toute la semaine, empira le 10, et il ne pouvait pas ne pas souhaiter pour la première fois un bon anniversaire à Bucky, mais ses mains tremblaient à l'idée de ce qui se passerait le soir même, et Bucky lui répondit juste "merci", un seul mot, et Steve jeta son Starkphone tout neuf sur la télévision ultra HD 4K de son bureau dans la Maison Blanche, et il brisa les deux, ce qui ne fit absolument rien pour soulager sa colère et sa frustration.

Le 18 mars, il avait abandonné. Bucky pouvait coucher avec qui il voulait. La seule chose que Steve ne pouvait pas supporter, c'était qu'il ne soit plus dans sa vie, qu'il ne lui envoie plus de messages à toute heure du jour pour rien du tout, qu'il ne se moque plus de ses photos sur Instagram, qu'il ne rie plus avec lui à propos de bêtises.

Le 18 mars, il avait abandonné, et lorsque Bucky l'embrassa, il n'essaya même pas de faire comme si ce n'était pas un miracle du ciel. Il n'essaya même pas de résister. Il prendrait ce que Bucky lui donnerait, tout ce que Bucky lui donnerait.

Et Bucky lui donna tout.

Il le quitta au beau milieu de la nuit, à regret, pour partir à la rescousse d'un de ses agents du SHIELD. Imaginer Bucky se réveiller seul dans un grand lit après leur toute première nuit ensemble ne lui plaisait pas du tout, mais il savait que Bucky préférerait de loin cette option à celle de ne plus jamais revoir sa colocataire Natasha.

Lorsqu'il rentra à Washington le soir, après avoir rempli la montagne de paperasse qui avait suivi le rapatriement de Natasha chez elle ce matin-là, il trouva Peggy dans sa chambre. Elle avait accès libre à la Maison Blanche, mais il était rare qu'elle vienne sans prévenir d'abord. Et Steve, qui malgré sa journée éprouvante avait encore l'impression d'avoir les jambes flageolantes de son orgasme de la veille avec Bucky, ne put s'empêcher de se sentir horriblement coupable, surtout lorsque Peggy se tourna vers lui en lui souriant.

– Bonsoir, Steve.

– Je… Je ne savais pas que tu devais venir.

Il faillit ajouter "sinon je serais rentré plus tôt", comme il l'aurait dit par le passé, mais ses lèvres ne réussirent pas à prononcer les mots.

– J'ai pensé qu'on ferait mieux de parler, tous les deux.

Oh.

Alors elle savait. Steve ne savait pas comment elle savait, mais ce n'était pas la première fois que Peggy lui donnait l'impression d'être médium.

Il alla s'installer sur le canapé à côté d'elle, l'air incertain, et elle continuait à sourire – et son sourire était généralement agréable, mais ce soir-là, il était terrifiant.

– Steve, dit-elle sans préambule, je crois qu'on ferait mieux de rompre nos fiançailles.

Steve cligna des yeux, éberlué.

– Quoi ?

Après ce qui s'était passé la nuit précédente, Steve s'était dit qu'il ne pouvait plus repousser la rupture plus longtemps, et il avait résolu d'en parler avec elle le plus tôt possible ; mais il ne s'attendait pas du tout à ce qu'elle aborde le sujet d'elle-même.

– Tu veux qu'on se sépare ?

– Tu ne veux pas ? demanda-t-elle en haussant un sourcil. Tu es amoureux de Bucky Barnes.

Steve ne tenta même pas de le nier.

– Et moi, continua Peggy, je t'aime énormément, Steve… mais je crois que je ne t'aime plus assez. Ce mariage nous dessert tous les deux.

Steve en tombait littéralement des nues. L'idée de leur séparation, encore nébuleuse la veille, n'avait jamais eu l'air aussi concrète, et Peggy souriait.

– Mais…

– Je sais, coupa Peggy. La campagne, les médias, et le reste. De la façon dont je le vois, on a deux choix : être honnêtes, ici, et maintenant… peut-être au détriment de ton père, de ta carrière et de la mienne.

Peggy avait un poste haut placé dans le SSR, l'organisation qui gérait l'équipe SHIELD de Steve. Celui-ci comprenait parfaitement qu'elle n'ait pas envie de le compromettre.

– Ou alors, continua-t-elle, on fait semblant.

– Tu veux faire semblant d'être en couple jusqu'à l'élection présidentielle ?

– Peut-être moins, si ton père échoue à la primaire démocrate. Ce que je ne lui souhaite pas, évidemment, ajouta-t-elle. Un an au mieux, un an et demi au maximum. Après l'élection, on annoncera tranquillement notre rupture, quand les choses se seront calmées.

– Tu y as vraiment réfléchi, nota Steve, éberlué. Depuis combien de temps tu y penses ?

– Un bout de temps, sourit Peggy. Je me sentais un peu pieds et poings liés, jusque-là… mais tu es tombé amoureux de Bucky. Ça a un peu allégé ma culpabilité.

C'était probablement la discussion de rupture la plus légère, la plus amicale, que Steve avait jamais vécue.

Bon. C'était aussi sa toute première discussion de rupture, ce qui jouait certainement.

– Et si quelqu'un découvre qu'on fait semblant ?

– Le pire scénario possible, dit aussitôt Peggy. Mais on trouvera une solution.

– Tu es vraiment sérieuse, alors ?

– Tu préfères qu'on reste ensemble alors qu'on n'est plus amoureux l'un de l'autre ? s'étonna Peggy.

– Non…

– Il faudra que tu sois très prudent avec Bucky, Steve. Si la presse vous surprend, ce sera le scandale assuré.

L'idée de discuter avec Peggy de son futur avec Bucky, comme s'ils étaient en train de parler entre amis, était simplement surréelle ; et ce fut ce qui aida Steve à réaliser que c'était tout, c'était fini – lui et Peggy allaient se séparer. Peggy, qui avait été à ses côtés pendant presque la moitié de sa vie. Même s'il savait que c'était la condition non négociable qui menait à Bucky, il ne put s'empêcher d'avoir le cœur serré.

– Je t'aime énormément, Peggy, lui dit-il sincèrement. Je suis désolé de ce qui nous arrive.

– Steve, répondit Peggy, l'air légèrement émue. On a d'excellents souvenirs, tous les deux, et ce n'est pas parce qu'on se quitte que ces souvenirs vont disparaître. On pourra en créer de nouveaux, si tu veux qu'on reste proches malgré tout. Je détesterais qu'on se sépare sur de mauvais sentiments. D'autant plus qu'on continuera à travailler ensemble… ce serait plus simple.

Steve hocha la tête.

– Faire semblant, alors ? Pendant presque deux ans ? Tu t'en sens la force ?

– Moi, oui. Reste à savoir si Bucky prendra la chose aussi bien.

Ce qui était touchant, c'est qu'elle l'imaginait déjà continuer le reste de sa vie avec Bucky – Steve n'avait pas réalisé à quel point ses sentiments pour lui devaient être visibles.

La question qu'elle posait était valide, cependant. Est-ce que Bucky accepterait d'être un amant secret, caché, pendant presque deux années entières ? Ils avaient couché ensemble, d'accord, et il savait que Bucky éprouvait quelque chose pour lui, mais là, c'était d'un autre niveau.

Bucky avait appelé lorsqu'il était au travail, mais la soirée étant déjà bien avancée lorsque Peggy quitta son appartement, Steve décida de ne rappeler Bucky que le lendemain afin qu'ils en discutent. C'était sans compter la crise diplomatique qui manqua d'émerger lorsqu'un sous-marin nucléaire chinois espion s'échoua au large des côtes de Californie au milieu de la nuit, envoyant un signal de détresse que seule la côte ouest parvint à capter ; Steve fut obligé de remuer ciel et terre pour s'entretenir avec l'ambassadeur chinois afin de lui apprendre la nouvelle et le pousser à secourir les marins prisonniers des radiations sans que le conseil d'état chinois ne soit accusé d'espionnage.

En conclusion, lorsque Steve frappa à la porte de Bucky, il sortait du travail, il était fatigué, il n'était plus du tout sûr que cette histoire de couverture avec Peggy soit une bonne idée, et plus que tout, il n'était pas sûr que Bucky accepte. Il venait à peine de découvrir ses messages vocaux et ses textos, pendant le trajet pour venir à son appartement, et ses mots n'avaient pas vraiment réussi à s'imprimer dans son esprit épuisé.

Mais comme toujours, la vision de Bucky ouvrant la porte ne manqua pas de lui provoquer une petite défaillance cardiaque. Bon dieu. Il espérait de toutes ses forces que Bucky accepterait ce qu'il proposait, car il n'était plus certain de savoir comment faire sans lui, à présent.

Bucky accepta.

Lorsque Steve se réveilla le lendemain matin, il était positivement épuisé (ils l'avaient fait trois fois), et il devait retourner à Washington pour un débriefing à propos du sous-marin chinois, mais cette fois, il décida de ne pas quitter l'appartement sans réveiller Bucky d'abord.

Bucky dormait tourné vers lui, son bras de chair posé sur le ventre de Steve, et celui-ci ne put s'empêcher de le contempler pendant un long moment. Il ne l'aimait pas juste pour son physique, mais dire que Bucky était beau, c'était comme de dire que la neige était blanche. C'était une évidence. Il fixa ses paupières, qui cachaient les plus beaux yeux bleus de la création sous d'épais cils noirs, ses lèvres délicatement dessinées, si rouges et sensuelles, le début de barbe qui masquait la fossette de son menton, ses mèches sombres qui cachaient son front et retombaient sur ses joues. Doucement, il passa sa main sur le bras en métal, curieux de savoir si Bucky pouvait sentir le contact dans son sommeil, et ça ne manqua pas – celui-ci ouvrit aussitôt les yeux, ses yeux bleus intenses, et dès que son regard brouillé se posa sur Steve, son visage s'éclaira.

– Hey, dit-il d'une voix rauque.

Je t'aime, pensa Steve de toutes ses forces en se penchant pour l'embrasser. Bucky passa aussitôt son bras métallique autour de son cou, ses doigts articulés dans ses cheveux, et Steve le sentit glisser déjà sa main libre vers son bas-ventre.

– Il faut que j'aille travailler, dit-il en souriant contre les lèvres de Bucky.

– Ça prendra cinq minutes, murmura Bucky, promis.

Steve savait que ça ne prendrait pas cinq minutes, et il avait le débriefing d'une crise diplomatique avortée avec la Chine, et ça ne pouvait pas vraiment attendre, et son père serait en colère s'il arrivait en retard…

– OK, cinq minutes.

Finalement, Bucky tint parole : il se glissa entre ses jambes, et lui fit la meilleure fellation de sa vie, et Steve abandonna avant la fin des cinq minutes imparties. Bucky se redressa avec un sourire victorieux inscrit sur ses belles lèvres rouges, et Steve éclata de rire, et dieu, qu'il était heureux, là, en cet instant.

Qu'il était heureux.

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Hé, un peu de fluff n'a jamais fait de mal à personne, pas vrai ? XD

*Voix de Chris Evans* Dans le prochain chapitre de I Came Home...

Bucky avait l'impression de flotter.

Steve était amoureux de lui. Il avait quitté Peggy.

Bon. D'accord. Il n'avait pas tout à fait quitté Peggy, pas entièrement, ou du moins, il avait quitté Peggy, mais personne d'autre que lui n'était au courant. Et d'accord, ça n'allait pas forcément être simple de supporter de rester deux ans dans l'ombre, à ne jamais pouvoir le rencontrer en public, à ne jamais pouvoir avouer son amour à qui voudrait l'entendre.

Mais il valait mieux ça que pas de Steve du tout, et Bucky flottait.