Bonjour !
Voici enfin ce nouveau chapitre avec la confrontation des Cullen. Alors vous allez m'adorer et me détester à la fois. Je le sais déjà, j'ai préparer mon parapluie antitomates bien mures. Non non, ma fin n'est pas sadique (je fais des progrès, 3 chapitres de fiction que je viens d'écrire, trois qui n'ont pas de fin sadique... tout peut arriiver !). Néanmoins je sais que je dois me préparer.
Sinon, j'aime beaucoup ce chapitre personnellement et j'ai pris du plaisir à l'écrire. J'espère que vous l'aimerez aussi.
Autre bonne nouvelle, le chapitre clôturant le procès de Délivrance est terminé. Il va arriver dans les prochains jours, il est chez mes testeuses. J'ai déjà eu une réponse rassurante, j'en attends encore une puisque ce chapitre est super important.
Bonne lecture à tout le monde et bonne année à ceux qui ne suivent pas la Lumière, merci à tous ceux qui me l'ont souhaitée !
Lau
Chapitre 11. Confidences
Qu'est-ce qui est surnaturel ? Ce qu'on ne peut pas expliquer ? Qui dit que l'on a la science-infuse ? Ou bien est-ce quelque chose qui diffère de « nous » ? Dans ce cas, qui est ce « nous » ? Qu'est-ce qui est « naturel » ? En se posant ces questions, beaucoup de certitudes peuvent être remises en question. Une vision du monde peut changer, évoluer.
En fait, la seule question qui vaut la peine d'être posée n'est pas « Est-ce que cela existe vraiment ? » mais « Comment réagir quand nous sommes confrontés à l'inimaginable ? ». Cette question est malheureusement impossible à résoudre tant que l'on n'est pas confronté à elle, dans la réalité.
Jacob Black tint sa promesse. Il mena Bella en silence jusqu'à la demeure des Cullen. Il ne sortit pas de la voiture mais prononça une dernière phrase avant de la laisser partir.
- Appelle-moi dès que tu sors, et si tu restes plus d'une heure et bien… Appelle-moi aussi au moins pour que je sache que tout va bien. D'accord ?
Elle acquiesça. Elle le lui devait bien. Elle devinait à quel point c'était difficile pour son ami de la laisser ici, avec ses pires ennemis. Elle-même n'était plus très sure de savoir pourquoi elle était ici. Elle savait juste qu'il le fallait. Elle n'avait pas le choix. Elle ne pouvait s'enterrer davantage la tête pour ne rien voir et ne rien entendre. Le retour en arrière n'était plus possible. Elle affronterait la vérité, aussi dérangeante fusse-t-elle.
La voiture s'éloigna dans un crissement de pneus. Elle la regarda devenir de plus en plus petite jusqu'à ce qu'elle disparaisse derrière un virage. Elle se retourna ensuite vers la maison imposante qu'elle connaissait déjà. Pour autant, elle n'avait jamais été aussi intimidée. Elle avait peur tout simplement. Bien entendu, elle avait pris cette décision de son propre chef, personne ne l'y avait obligée. Au contraire, on avait tenté de la dissuader. Oui, elle avait fait son propre choix. Néanmoins, seule devant cette maison, elle se sentait plus vulnérable que jamais. Elle avait l'impression désagréable d'avoir trois ans et de se retrouver au beau milieu d'adultes imposants et impitoyables.
Elle ne doutait pas qu'ils l'avaient entendue. Ils lui laissaient certainement le choix de monter ces escaliers et frapper à la porte de bois. Elle avait encore la possibilité de reculer. Il lui suffisait de sortir son téléphone, d'appuyer sur un unique bouton qui ferait appeler un numéro abrégé et aussitôt un imposant Indien-loup arriverait pour la sauver d'elle-même. Peut-être était-ce ce que tout le monde espérerait qu'elle fasse. Sûrement en fait. Qu'attendait-elle alors ? Sa main au fond de sa poche, elle caressait les touches du clavier téléphonique. Elle repéra la touche salvatrice, hésitant chaque seconde à l'actionner et à porter l'appareil à son oreille.
Pourtant, soudainement et sans raison apparente, elle s'avança d'un pas décidé vers la villa. Marche après marche, elle monta les escaliers. Son cœur battait à tout rompre. Elle l'entendait. Elle sentait chaque pulsation. Le silence qui régnait était angoissant mais elle avait décidé qu'elle ne renoncerait pas. Elle ne savait plus trop pourquoi elle devait savoir, mais finalement les raisons importaient peu. Sa main approcha lentement de la porte. Elle se recula légèrement alors qu'elle allait frapper puis cogna ses phalanges contre la porte de bois.
Aussitôt la porte s'ouvrit. Alice apparut avec un grand sourire et se recula pour laisser passer Bella.
- Entre, n'aies pas peur.
La voix de la jeune femme se voulait rassurante. Aussitôt d'ailleurs Bella se sentit en confiance. Elle passa le pas de la porte pour entrer dans le salon. Tous les Cullen étaient réunis, sauf Carlie. Bella ne savait pas trop quoi dire, ni quoi faire. Elle avait réfléchi à beaucoup de choses mais pas à cela. Elle se balança d'un pied à l'autre ne sachant comment agir. Finalement ce fut Carlisle Cullen, apparemment le patriarche, qui prit la parole.
- Vous avez certainement bien des questions Bella. Je vous propose de vous assoir, c'est le médecin qui vous parle. Vous n'auriez pas dû sortir aussi tôt alors essayons de vous préserver tant que faire se peut.
Elle aurait voulu objecter mais elle savait qu'il n'avait pas tout à fait tord. Par ailleurs, il valait mieux ne pas s'attarder sur ce genre de détails à la vue de la complexité de ce qui allait suivre. Elle prit place dans le fauteuil et tout le monde s'assit également. Certains visages étaient tendus. D'autres au contraire confiants. Elle voyait parfois de la bienveillance. Un seul était neutre, sans expression. Celui d'Edward. Avait-il des sentiments quelconques ? Pouvait-il parfois ressentir des émotions ?
Elle se décida finalement à parler et à ouvrir son cœur. Pour une raison qu'elle ignorait elle se sentait en confiance. Comment pouvaient-ils être malfaisants ? Non, ils ne le pouvaient pas. Ils ne l'étaient pas. Elle avait juste besoin de comprendre tout cela avec des faits concrets.
- Je sais ce que vous êtes…
Ils ne semblèrent pas surpris. Ils l'avaient compris. Elle ignorait comment, mais ils l'avaient compris.
- Pourtant, quand je suis venue ici ce n'était pas par peur de me retrouver ici, seule au milieu de…
Elle eut du mal à le prononcer à nouveau. Le mot était tellement absurde que sa voix tremblait.
- … seule au milieu de vampires.
Voilà, le mot était dit. Les sept membres de l'assistance l'écoutaient attentivement. Deux se tendaient au fil de ses paroles : Rosalie et Jasper. Les autres attendaient.
- La peur que je ressentais était de vous confronter. Je ne parvenais pas, et je ne parviens toujours pas, à vous imaginer comme des êtres mauvais. Docteur Cullen, vous m'avez sauvé la vie. Alice aussi, je sais que c'est toi qui m'as sortie de la voiture. L'un comme l'autre vous auriez pu me tuer, avec l'accident cela n'aurait choqué personne. Et puis je côtoie cinq d'entre vous presque au quotidien… plus Carlie…
Elle se sentait mal et tellement vulnérable. Ils l'écoutaient parler, presque religieusement, attendant peut-être une sentence. Seule la petite Alice semblait vraiment détendue et souriante. Elle la regardait… comme si elle regardait une petite sœur qui prenait son envol. Tendresse et fierté se mêlaient dans son regard.
- Je viens de comprendre pourquoi mes meilleurs amis me mentaient depuis des années. La vérité a été difficile à affronter et à accepter mais paradoxalement c'était la plus logique. Je viens de me retrouver dans un monde que je ne maîtrise pas. Je ne sais pas si je suis capable d'accepter et d'assimiler plus d'informations mais je sais que je ne peux pas rester avec toutes ces interrogations. C'est à en devenir fou ! Vous ne me devez rien et vous n'avez aucune raison de me répondre mais…
- Bella, l'interrompit Carlisle. Tu es ici chez toi. Nous avons bien entendu des réserves à tout te dire, affirmer le contraire serait un mensonge. Néanmoins nous te faisons confiance. De toute façon si ce n'était pas le cas on se ferait tuer par Alice !
Il rit en disant cela. L'atmosphère se détendit et Bella fut soulagée. Elle comprit qu'elle avait une réelle amie et une alliée.
- Tu peux poser toutes les questions que tu souhaites, confirma Esmé.
Bella réfléchit puis posa la première qui lui vint à l'esprit.
- Vous ne vous nourrissez pas d'humains…
- Ce n'est pas une question, affirma Carlisle.
- Non, en effet. Ma question est « pourquoi ? ».
- Nous ne voulons pas être des monstres, répondit Alice. Enfin, pas plus que nous le sommes déjà. Tuer sans pitié des humains nous répugne. En plus, le fait de nous nourrir de sang d'animaux nous permet de nous rapprocher d'eux ainsi que de vivre parmi eux. Ce n'est pas toujours facile et nous devons déménager régulièrement car nous ne vieillissons pas mais cela nous convient.
- Vous luttez donc perpétuellement ?
Dans le ton de la question on pouvait entendre de l'admiration. Les Cullen ne s'attendaient pas à une telle réaction. Cette petite humaine était décidément surprenante à bien des égards. Elle n'avait jamais les réactions auxquelles ils s'attendaient.
- En un sens oui mais avec la pratique et le temps c'est de plus en plus facile.
Bella acquiesça. Elle eut une autre question mais elle n'osait pas la poser.
- Bella, intervint Alice. Tu peux parler à cœur ouvert. Vas-y.
- J'aurais aimé savoir, mais vous n'êtes pas obligés de répondre car c'est davantage de la curiosité, comment vous… comment vous en êtes arrivés là…
Cette fois-ci ce fut Carlisle qui intervint.
- Nous avons chacun notre histoire. De nous tous je fus le premier transformé aux alentours des années 1640. J'ai transformé Edward, Esmé, Rosalie et Emmett à partir du vingtième siècle. Quant à Alice et Jasper, ils sont venus nous rejoindre. Après, comment est arrivé le premier vampire, nous l'ignorons.
Bella respecta la réserve de Carlisle. S'ils avaient envie de raconter un jour leur histoire en détails, ils le feraient.
Une autre grande interrogation tourbillonnait en elle, et elle n'était pas nouvelle. C'était une de ces questions qui vous empêchent de dormir, qui fait travailler votre imagination à n'en plus finir jusqu'à ce que soit vous abandonniez toute raison, soit quelqu'un vous donne la solution du problème.
- Carlie…
Ils soupirèrent et regardèrent Edward. Puis chacun se leva, un à un à l'exception du jeune homme et de Bella. Elle comprit qu'ils leur laissaient une certaine intimité, non pas une intimité romantique, mais quelque chose de plus profond peut-être. Elle ne savait pas trop si c'était pour elle ou pour Edward. Quand ils furent tous sortis, le silence régna dans la pièce. Il se leva ensuite et regarda par la fenêtre.
- Je te dois des excuses, dit-il finalement, parlant pour la première fois.
- Des excuses ?
Bella était perplexe, pensant plutôt que c'était à elle de les présenter.
- Oui, pour toutes les fois où j'ai été particulièrement odieux voire violent. Je crois qu'une explication t'éclairera sur mes réactions.
Il se retourna vers la jeune femme. Quelque chose passa à nouveau et ni l'un ni l'autre ne chercha à comprendre. Pour une fois, ils parlaient tous deux à cœur ouvert.
- Au début, mon hostilité n'était pas tournée vraiment contre toi. Enfin, si mais… J'imagine que tu as des aliments préférés, non ?
- Pardon ?
La conversation prenait une tournure à laquelle elle ne s'attendait apparemment pas.
- Tu as des préférences non ? Tu choisis tes aliments en fonction de tes goûts et de ton odorat. Pour les vampires, c'est la même chose. Même pour nous, végétariens, nous préférons les animaux carnivores aux herbivores. Pour autant, si cela apaise notre soif, nous ne sommes pas aussi satisfaits que si nous buvions du sang humain. C'est pour cela que ce n'est pas facile. Chaque humain a une odeur, un fumet plus ou moins alléchant pour nous. De même, chaque vampire a ses propres goûts.
Le cœur de Bella se mit à battre à un rythme effréné. Elle commençait à entrapercevoir la conclusion de son discours.
- Toi, continua-t-il, ton odeur est envoutante pour moi. La première fois que je t'ai rencontrée j'ai dû me focaliser sur Carlie et sa sécurité pour ne pas te tuer sur place. Aujourd'hui encore je dois faire de considérables efforts.
- Tu veux que je parte ?
- Non, pour moi c'est bon. Mais si tu le souhaites, personne ne t'empêchera de sortir et de t'enfuir loin de nous.
- Non, ce n'est pas ce que je voulais dire. J'ai juste une fâcheuse tendance à faire souffrir ceux que je croise…
- Ne t'inquiète pas pour moi. Les fois où je me suis emporté contre toi, ton odeur en était en partie responsable. En partie seulement. Disons que cela m'empêchait de penser raisonnablement. Le reste est encore plus compliqué à expliquer, enfin plus difficile pour moi à dire et toi à comprendre ou à accepter.
- Je suis prête. Je crois que plus rien ne peut me surprendre.
- Et si je te dis que je lis dans les pensées mais que je n'ai pas accès aux tiennes ?
- Je retire ce que j'ai dit…
Bella avala sa salive abasourdie par ce qu'elle venait d'entendre.
- Attends… j'ai un problème ?
- Bella, répondit-il en riant, après tout ce qu'on te dit, tout ce que tu apprends, tu t'inquiètes le plus non pas parce que je lis dans les pensées mais parce que je n'ai pas accès aux tiennes ? Dis-moi, où est ton instinct de protection ? Quoi qu'il en soit, je me pose la question aussi pour être franc. Depuis 1918 j'ai accès aux pensées de tout le monde. C'est souvent handicapant mais parfois utile. Cela me permet de savoir par exemple si on se pose des questions sur nous.
- Et moi j'ai été une épine dans le pied, c'est ça ?
- Oui, d'autant plus que tu fréquentes les cl… les Quileute et puis c'est frustrant aussi, surtout que tes réactions nous prennent souvent au dépourvu. Mais une fois encore, ce n'est pas complet comme explication. Si j'ai été aussi violent envers toi, c'était à cause de Carlie.
Ils y étaient. Bella allait savoir la vérité, ou du moins une partie. Edward se tourna encore vers la fenêtre et laissa ses yeux se perdre dans le vague.
- Elle est tout ce que j'ai. Je pense que tu dois avoir des doutes là-dessus à cause de ma nature, mais je suis vraiment son père. Il faut croire qu'un vampire mâle peuvent avoir des enfants avec une humaine.
Une humaine ? Un vampire et un humain tomber amoureux ? Cela frappa Bella de plein fouet. Elle imagina Edward, souriant, amoureux d'une blonde aux traits parfaits et pour une raison inconnue cela lui fit mal.
- Elle est…
- Ce qu'elle est aujourd'hui, morte ou vivante, n'a pas d'importance. Le fait est que Carlie est sans maman. En plus elle grandit très rapidement et apprend encore plus vite. Nous avons fait des recherches, il semblerait que cela s'arrête à la fin de l'adolescence. Rien n'est certain malheureusement. Il faut aussi que tu saches que si tu es la première personne à échapper totalement à la lecture des pensées, quelqu'un d'autre a déjà réussi à contrôler mon don d'une certaine manière. Je ne peux plus faire confiance à quelqu'un d'autre que ma famille.
- Je représente donc une menace.
Il n'y avait ni désespoir ni accusation dans le ton de Bella, juste de la constatation.
- Qu'importe. Tu es sous la protection des Quileute et de toute façon nous ne faisons de mal à personne. Nous espérons juste que tu ne diras rien.
- Il n'y a pas de danger… De toute façon, qui me croirait ?
Après toutes ces révélations, Bella se sentait à la fois sonnée et légère. Si tout cela était beaucoup à assimiler, à comprendre et surtout à accepter, elle avait enfin l'impression de ne plus être aveugle et de vivre dans le monde réel. Elle voyait le monde tel qu'il était. Elle savait qui étaient vraiment ses meilleurs amis. Elle se sentait aussi capable de parler à cœur plus ouvert que jamais.
- Moi aussi j'ai eu mal.
La voix de Bella n'était qu'un souffle.
- Quand il est parti, qu'il a disparu. J'ignore si elle est morte ou si elle est partie. Je sais par contre ce qu'on éprouve, même si chacun ressent les choses à sa manière. On ne peut plus faire confiance à personne car on ne fait plus confiance à la vie. On a l'impression d'être transparents pour notre entourage, aussi compatissant soit-il. Ce vide en soit. Cette impression de trahison car cela n'aurait pas dû se passer ainsi. Tu as eu plus de chance que moi en revanche. Tu as eu Carlie. Je comprends peut-être plus que quiconque pourquoi tu la protèges ainsi. Elle est tout ce que tu as. Sache que je ne ferai jamais rien contre vous tous. J'ai vu bien des monstres dans ma vie et je crois que vous êtes ce qui s'en éloigne le plus. Les vrais monstres se sont ceux qui font du mal alors qu'ils n'en ont pas besoin, qu'ils le font par pur plaisir. Vous, vous luttez perpétuellement contre votre nature pour ne pas tuer. En cela, je vous admire et vous respecte sincèrement.
- Tu nous admires ?
Edward arrivait à peine à croire ce qu'il entendait. Il s'était attendu à bien des réactions et pourtant celle-là ne faisait pas partie de ses scénarios.
- Pourquoi est-ce que cela t'étonne ? Je ne suis pas naïve au point de croire que vous n'avez jamais tué. Enfin, peut-être est-ce que cela a été le cas pour certains d'entre vous, que sais-je ? Mais il faut un réel courage, une bonté et une grande force de caractère pour non seulement prendre cette décision mais aussi pour s'y tenir. Quant à toi, j'ignore comment cela s'est terminé, mais tu as aimé une humaine au point de lui faire un enfant. Je ne peux qu'imaginer tous les efforts que tu as dû faire. Je n'aurais jamais cette force. Et puis… n'oublie par Carlie. Tu es un dieu pour elle. Elle inonde d'amour parce qu'elle en reçoit tout autant de toi et de ta famille. Vous n'êtes pas des monstres Edward.
Edward fut sans voix devant la déclaration de Bella. Toujours en lui une alarme sonnait sans cesse pour lui dire de fuir, de courir très loin d'elle. Pourtant ses jambes ne bougèrent pas. Il resta là, ses prunelles ambrées scrutant les prunelles chocolat de Bella. Il chercha en elle le mensonge, l'ironie ou toute autre chose qui lui ferait douter de sa sincérité. Il ne trouva rien d'autre que de la sincérité. Elle ne demandait rien. Elle n'était pas obligée de dire cela.
- Pourquoi ?
- Pourquoi quoi ?
- Pourquoi ne nous fuis-tu pas comme tu devrais ? Pourquoi restes-tu ? Je… j'ai tellement de mal à te cerner et à te comprendre. J'admets que tu souffres très certainement. Peut-être pas autant que moi sur certaines choses, mais tu souffres. Au lieu de te protéger et d'aller vers les personnes qui pourraient vraiment te faire du bien et t'aider, tu vas vers les pires prédateurs qu'il puisse exister. Nous sommes dangereux Bella. Nous pourrions te tuer à n'importe quel instant, tu ne pourrais même pas réaliser ce qu'il t'arrive. Nous pourrions te torturer jusqu'à ce que tu perdes la raison et…
- N'importe qui peut le faire Edward. Comme je l'ai dit, les vrais monstres sont ceux qui le font par pur plaisir. Vous, vous ne le ferez pas. Pour une raison que j'ignore, j'ai confiance en vous. J'espère qu'un jour tu pourras partager cette confiance.
Cette conversation est-elle naturelle ou surnaturelle ? Chacun peut avoir sa propre opinion. Une humaine qui a confiance en certains vampires, un vampire qui ne peut croire une humaine et a peur d'elle. Un pas venait d'être franchi. Le surnaturel se mêlant au naturel, il restait encore à savoir où allait se diriger la route qui les unissait
Petit cadeau pour les lecteurs de Délivrance : le début du prochain chapitre. A bientôt !
L'attente était insupportable. Ces minutes qui semblaient être des heures voire des jours me poignardaient encore et encore. Je savais que le procureur avait fait un travail extraordinaire mais un jury est tellement influençable avec des belles paroles. La présence de ma famille, des êtres qui comptaient le plus pour moi ne m'apportait aucun réconfort. Encore aurait-il fallu que je réalise qu'ils étaient près de moi. Je ne les voyais même plus. Ma douleur et mon angoisse occupaient tout mon esprit.
En prenant place sur le banc dans la salle d'audience je sentis les larmes monter sans raison. J'étais épuisée. Je n'en pouvais plus. Pareille épreuve n'aurait pas dû exister. C'était inhumain. C'était à l'accusation, c'est-à-dire nous, de commencer. J'aurais voulu m'enfuir. Je ne voulais plus entendre quoi que ce soit. Je me commençai même à me lever mais une main attrapa mon poignet avec une grande dextérité.
- Il faut que tu assistes à ça Bella. Je sais que tu n'en peux plus mais c'est la fin. Ecoute tout cela une dernière fois. Ça va clôturer le procès et une page se tournera, sinon tu auras toujours un goût d'inachevé encré en toi et tu le regretteras.
Jasper semblait savoir de quoi il parlait mais je voulais vraiment lui dire d'aller se faire voir. Alors que j'étais sur le point de lui arracher mon poignet et de m'enfuir je croisai le regard d'Edward. Il y avait presque la même douleur dans ses yeux que dans les miens. Il partageait tout ce que je vivais et si je m'enfuyais j'allais le faire souffrir encore plus. Il fallait que je me ressaisisse et que j'écoute le conseil de Jasper. Je repris donc ma place en silence. Au même moment le juge entra. Elle fit assoir tout le monde avant de laisser la liberté de parole à Renée Radick. Ce serait sa dernière intervention pour ce procès.
