Chapitre 11
Lorsqu'ils rejoignirent le reste de la famille de Riza, ils les trouvèrent tous attablés autour d'un copieux petit-déjeuner dans la cuisine.
Jeff arbora un très large sourire lorsqu'il aperçut Roy. Il se leva pour lui taper sur l'épaule.
« Alors mon vieux. Je crois que tu as passé une très bonne nuit. »
Il lui adressa un clin d'œil à peine voilé.
« Oui, Jeff, merci. » Lui répondit Roy dubitatif.
Jeff se tourna vers sa petite sœur :
« Et toi, tu as des cernes pas possibles sous les yeux, comme si tu n'avais pas beaucoup dormi. »
« Pardon Jeffrey ? »
Jeff s'approcha de sa sœur et lui parla à voix basse :
« Ben oui, j'ai la chambre juste à côté de la tienne je te rappelle petite sœur. Et ce que j'ai pu entendre, à plusieurs reprises, ne laisse aucun doute sur vos activités nocturnes. »
Riza rougit violemment.
« Alors c'est pour quand l'heureux évènement ? J'ai hâte d'être de nouveau tonton ! » S'exclama Jeff.
Roy en laissa tomber son bol dont le contenu se répandit sur la table.
La confusion générale s'installa : Riza écrasa violemment le pied de son frère, Roy bafouilla d'incompréhensibles excuses, les garçons, Charles et Pierre, en profitèrent pour s'envoyer des bouts de brioche à travers la table, Saïna les gronda, Pauline demanda à son père comment on faisait les bébés, Sarah essaya de rassurer Roy et de nettoyer les dégâts, et le père de Riza, stoïque, ignora bravement le chaos autour de lui et but le reste de son café comme si de rien n'était.
Vive les familles nombreuses.
Le calme revenu, Saïna et sa petite troupe partie pour un deuxième lavage (la brioche, le beurre et la confiture, ça laisse des traces), Jeff parti se soigner le pied, et la table nettoyée comme il se doit, Riza et Roy prirent place avec un air de dignité outragée.
« Alors, comment avez-vous trouvé notre petite soirée d'hier ? » Demanda Sarah à Roy histoire de ramener la conversation sur un sujet moins gênant qu'une éventuelle future grossesse de sa fille, « Notre famille ne vous a pas trop effrayé ? »
« C'était très bien. Je me suis vraiment amusé, et vous avez vraiment une famille charmante et soudée. »
« Et nous espérons sincèrement que vous en ferez partie très bientôt Roy. »
Exaspérée Riza s'écria :
« Maman !
« Ben quoi ma chérie. Tu sais que c'est notre vœu le plus cher de te voir heureuse avec un gentil mari. Et Jeff n'a pas tort, il me tarde d'avoir de nouveaux petits bambins à m'occuper. N'est-ce pas Patrick que ce serait formidable ?! »
Le père de Riza toussa dans sa main en rougissant légèrement :
« Certes ma chérie, mais il ne faut pas non plus précipiter les choses, Riza est encore jeune et innocente. », une larme d'émotion perla au coin de ses yeux, « Je la vois encore tout bébé ! Elle tenait à peine dans ma main tellement elle était petite… ses couches étaient si minuscules ! »
S'en fut un peu trop pour Riza.
D'une part, il y avait fort longtemps qu'elle n'était plus « jeune et innocente » et entendre ces histoires de couches étalées devant Roy l'indisposait.
Elle sentait bien son regard sur elle, cherchant à deviner ce que cela pouvait donner une « Riza » en couche…
Après la séance « photos » de l'autre soir, c'était suffisant !
« Justement. Papa, Maman, il faut que je vous parle.
« Mais c'est ce que nous faisons ma puce !
« Non. Je veux dire sérieusement.
« D'accord, nous t'écoutons. »
Devant les visages attentifs de ses parents, Riza se sentit soudain toute petite et les mots ne voulaient plus sortir.
« Heu… Pas ici, si nous allions dans le salon ? Nous serons mieux. »
Ils migrèrent tous dans le petit salon et prirent place dans les fauteuils. Roy se sentait au 36e dessous et s'agitait sur le bord de son fauteuil.
« Bien… » Commença Riza puis elle s'arrêta dans son élan.
« Je n'y arriverais jamais comme ça. Attendez-moi là, je reviens. »
Roy inquiet l'interpella :
« Où vas-tu ? Je peux venir avec toi ?
« Non, reste là. Je n'en ai pas pour longtemps. »
Puis semblant changer d'idée, elle revint sur ses pas :
« Si, finalement viens avec moi. Et vous, vous ne bougez pas de là, je reviens. »
Ils sortirent tous les deux, laissant les parents désemparés dans le salon… et plus confus que jamais.
Qu'arrivait-il donc à leur chère petite fille ?
Riza filait dans les escaliers vers sa chambre. Roy avait du mal à la suivre.
« Riza, que comptes-tu faire ? »
« Je n'arrive pas à leur dire… Pas comme ça. Ne t'inquiète pas, j'ai une idée. »
Elle ouvrit sa porte de chambre et se précipita sur l'armoire.
Un quart d'heure plus tard, habillée de pied en cape de son uniforme, Riza avait récupéré toute son assurance et son sang froid et était prête à affronter ses parents.
Roy tiqua en la voyant ainsi. Depuis trois jours, il avait presque oublié ce léger détail qui était le milieu militaire dans lequel ils évoluaient tous les deux et qui ne pardonnait que très rarement les coups de canif dans le contrat.
Il prit pleinement conscience de la corde raide sur laquelle ils avaient choisi d'avancer. Mais bien décidé à soutenir Riza quoiqu'elle choisisse de faire, il se leva du lit.
« On y va ?
« Vous restez là. J'y vais seule. Je crois que c'est préférable. »
Roy sursauta devant l'usage du vouvoiement et le ton ferme et déterminé de Riza.
Elle s'apprêtait à sortir sans un regard pour lui, mais au dernier moment, elle se ravisa et fit demi-tour pour déposer un baiser sur ses lèvres.
« Ca va aller. Ne t'en fait pas.
« Tu es sûre que tu ne veux pas que je vienne ?
« Tout à fait. Je reviens vite.
« Riza… Je t'aime. »
Riza lui sourit avant de sortir de la chambre.
Roy se retrouva seul, assis sur le lit à regarder autour de lui comme s'il découvrait cette pièce pour la première fois, à attendre le retour de Riza.
Riza descendit calmement les marches mais s'arrêta devant la porte du salon pour prendre une grande respiration.
Il n'était plus temps de tergiverser. Elle entra d'un pas décidé.
Deux paires d'yeux incrédules la détaillèrent des pieds à la tête, ne semblant pas comprendre ce qu'ils voyaient.
Ce fut Patrick qui retrouva la parole en premier.
« Riza, tu peux nous dire pourquoi tu portes l'uniforme de Roy ? »
Ouch… Ca allait être un peu plus compliqué que prévu !
« Ce n'est pas l'uniforme de Roy Papa, c'est le mien. »
Un silence de mort s'installa…
NdlA : la suite très vite... j'ai déjà commencé à l'écrire. Et je voulais m'excuser aussi pour la confusion avec la publication en double du dernier chapitre (10), mais je découvre le fonctionnement de ce site au fur et à mesure et je fais des erreurs...
