Chapitre 11 :
Des paroles blessantes
DISCLAIMER : Les personnages de Final Fantasy appartiennent à Square Enix. Mais Kylie, sa mère, son grand-père, Tommy, Max, Sora et Sylvain sont de mon imagination.
Enfin, le système e-mail du site refonctionne ! Yes ! Bon, j'ai dû rattraper un peu de courrier par-ci par-là, mais je me sens mieux, mine de rien. Avis aux autres, j'espère que vous aussi, votre courrier refonctionne. Vous avez dû recevoir pas mal de mails, du coup, non ?
Si certains ont reçu des réponses à leurs reviews en retard, navrée, rapport à ce problème avec le service e-mail du site. J'espère que tout est réglé pour tout le monde, quoi.
Bon, voici la suite. Bonne lecture !
Cloud raccrocha.
« Voilà, c'est fait », dit-il.
Appuyée contre le cadre de la porte d'entrée de son bureau, Tifa hocha la tête.
« Rufus et les Turks savent que Kadaj et ses frères sont revenus. Ils vont mener une enquête de leur côté. »
« Et Sephiroth ? » demanda Vincent, apparaissant dans le couloir près de Tifa.
« Bah, personne ne l'a vu et rien n'a signalé sa présence. Et jamais nous n'avons vu les quatre à la fois, l'un d'eux doit se sacrifier pour ramener l'autre, non ? » dit la jeune femme.
« Normalement, oui », dit Cloud.
Mais il avait un mauvais pressentiment depuis hier soir, cette nuit où il avait cru ressentir la présence de Sephiroth dans son sommeil. Nanaki lui avait même parlé en privé, affirmant qu'il avait lui aussi mal dormi à cause du même genre d'impression. Peut-être n'était-ce qu'un petit malaise, mais il n'en fallait pas plus pour rendre Cloud nerveux.
« Et maintenant, que faisons-nous ? » demanda Vincent.
« Repartez chacun de votre côté. Au moindre signe, rassemblement et on ira combattre », dit Cloud.
Tifa et Vincent quittèrent la pièce. Une fois seul, Cloud se laissa aller contre le dossier de sa chaise. Il regarda la photo d'Avalanche, prise juste après la guérison des malades dans l'église d'Aéris.
Tout Avalanche était là, avec Marlène et Denzel. Il avait été heureux, à cet instant. Le jeune homme avait même souri, une chose très rare dans sa vie.
Mais maintenant, une nouvelle période de crise s'annonçait. Soupirant, il prit un papier où était écrit une liste de clients. Il descendit enfourcher sa moto pour commencer les livraisons, il ne pouvait rien faire d'autre pour l'instant.
XxXxXxXxXxXxX
Kadaj emballa soigneusement le bâton dans un de ses T-shirts puis le rangea avec son sabre sous le lit. Il avait l'habitude de coincer son arme dans le cadre du lit, pour éviter que Tommy ou Sora le trouvent. D'une part, parce que les enfants risquaient de se couper, mais aussi parce qu'ils étaient très chapardeurs. Dans les deux cas, c'était trop dangereux pour des enfants.
Une fois cette action finie, Kadaj sortit de la chambre et descendit dans la cuisine pour annoncer la bonne nouvelle aux autres. Mais il ne trouva que la mère de Kylie occupée à faire la vaisselle.
« Tu cherches quelqu'un, Kadaj ? » dit la jeune femme.
« Heu… Oui. Où sont les filles ? »
« Lucrécia continue de travailler sur la composition d'un engrais miracle anti-insectes, Kylie se fait interroger par grand-père pour son examen d'histoire et Sora joue avec Tommy. Ils vont bientôt tous venir pour le goûter, ne t'en fais pas. Toi aussi, je suppose ? » dit-elle avec un sourire, en voyant les yeux de Kadaj briller de gourmandise à l'entente du mot « goûter ».
« Oui ! » dit le jeune homme tout content.
Il s'assit à table. La mère de Kylie sourit, puis replongea le nez dans ses assiettes mousseuses. Kadaj hésita, puis la regarda un moment et dit :
« Heu… Madame ? »
« Oui ? »
« Je… je me posais une question », dit Kadaj, l'air mal à l'aise. « Mais… si ça vous dérange, vous n'êtes pas obligée d'y répondre. »
« Demande-moi, et on verra. »
Fermant les yeux, Kadaj inspira profondément, puis il dit :
« Pourquoi je n'ai jamais vu le père de Kylie ? Elle n'en a jamais parlé à personne. D'habitude, les enfants ont toujours un père et une mère, non ? » dit-il en se grattant la tête.
Un voile de tristesse passa sur le visage de la mère. Elle leva des yeux durs vers Kadaj.
« Il n'est pas mort, mais c'est tout comme, dit-elle froidement. Nous nous sommes séparés quand Kylie avait neuf ans. Et cela vaut beaucoup mieux. Nous avons tous juré de ne plus jamais parler de lui. »
« Ah… Je suis désolé », dit Kadaj.
« Ce n'est pas grave, tu ne pouvais pas savoir. Et puis, depuis le temps que tu es ici, j'avoue… » Elle retrouva le sourire en disant : « J'ai un peu l'impression que tu fais partie de la famille, comme Sora et Lucrécia. Votre venue a déjà donné vie au rêve de grand-père, qui était de rencontrer des êtres venus d'un autre monde. Sora fait prospérer la boutique avec ses tours d'acrobate, Lucrécia m'aide beaucoup avec ses connaissances scientifiques pour mes plantes, et toi même, tu te comportes comme un grand-frère avec Kylie et Tommy. Je n'avais pas vu ma famille aussi heureuse depuis plus de six ans. »
Kadaj ouvrit des yeux ronds et ne dit rien, ému. Il s'était attendu à tout sauf à ça.
Soudain, la porte s'ouvrit. Tommy courut vers la table et se cacha en dessous.
« … ? ! » dit Kadaj.
Il se baissa sous la nappe et vit Tommy mettre un doigt sur sa bouche en chuintant.
« Je suis pas là ! »
Sora entra dans la cuisine avec l'air interrogatif.
« Où il est ? Où il est ? » dit l'enfant.
« Qui ça ? » demanda Kadaj avec un sourire.
« Tommy ! Il m'a volé mon argent de poche ! »
Elle se mit à renifler l'air, puis le sol sous le regard surpris de la mère et de Kadaj. Soudain, elle se mit en arrêt comme un chien et courut sous la table. Il y eut un bruit de bagarre, puis les deux enfants sortirent et se mirent à courir autour de la chaise de Kadaj.
N'y tenant plus, le jeune homme saisit Tommy.
« Arrêtez, tous les deux, j'ai le tournis ! Et tu lui as vraiment volé son argent, Tommy ? »
« Non, c'est pas vrai ! »
« Si c'est vrai ! » dit Sora.
« Non, c'est pas vrai ! »
« On va voir ça », dit Kadaj.
Il tendit les mains vers les poches de Tommy quand l'enfant le poussa et le fit tomber de sa chaise. Il lui sauta dessus et se mit à le chatouiller. Kadaj ne put résister, il se mit à rire. Toute contente, Sora se mit de la partie.
La porte s'ouvrit, et Kylie apparut, l'air mécontente.
« Eh ! Pourquoi vous faites du bruit ? Je n'arrive plus à réviser ! »
Pour toute réponse, Kadaj lui fit un croche-pattes. Ils se jetèrent alors tous les trois sur elle et la bagarre aux chatouillis reprit.
La mère rit de bon cœur et finit sa vaisselle. Oui, la famille s'était agrandie et avait retrouvé le bonheur.
« Bon, allez ! Au goûter, gâteau au chocolat ! » dit la mère.
Les quatre « enfants » cessèrent tout de suite de se battre et s'assirent à table, prêts à manger, très calmes et très sages malgré leurs habits froissés, leurs cheveux décoiffés et leurs visages rougis par l'effort et les rires.
Tous ignoraient encore que des ennuis se profilaient à l'horizon, menaçant leur joie.
XxXxXxXxXxXxX
Assis sur un arbre blanc de la Forêt Endormie, Sylvain contemplait le soleil couchant. Il aimait assister à ce genre de spectacle, cela apaisait un peu sa solitude.
Depuis plus de deux ans maintenant, il avait quitté Fort Condor et tout ce qui constituait sa vie. Jamais il ne s'était senti aussi mal !
Désormais, il ne vivait plus que pour honorer le souvenir de cette vie qu'on lui avait enlevée.
Soudain, un bruit de motos tira Sylvain de ses songes. Il plissa les yeux et vit deux motos se dirigeant droit vers Ajit.
Le jeune homme grimaça de dégoût. C'était eux, les deux frères de Kadaj. Que diable venaient-ils faire ici ? Et sans Sephiroth ? Mais Sylvain ne s'en plaignait pas trop. Moins il y en avait, mieux c'était pour lui.
Et pourtant, il ne comprenait pas. Pourquoi Kadaj n'était-il pas avec eux ?
« Tu le sais très bien, je t'ai déjà tout expliqué », dit Aéris dans sa tête.
Sylvain hocha négativement la tête.
« Tais-toi, j'ai besoin de réfléchir, tu me déranges ! Va-t-en. »
Il sentit le regret d'Aéris, puis sa présence s'évanouit. Mais soudain, il ressentit d'autres présences, au sud-est d'Ajit.
XxXxXxXxXxXxX
« Waaaaaah ! Cet endroit est fantastique ! » dit Sora.
Kadaj et les filles s'étaient télétransportés grâce à la matéria blanche, une nouvelle fois. Ils étaient apparus dans la Forêt Endormie, au sud-est d'Ajit.
« Tous ces arbres blancs… On dirait du corail géant ! » dit Kylie.
Soudain, Lucrécia se figea.
« Qu'est-ce que tu as dit ? »
« Heu… J'ai dit que ça ressemblait à du corail géant. Pourquoi, j'ai dit une bêtise ? »
Lucrécia sortit le parchemin et lut.
« Mais oui, c'est ça ! Écoutez… Ramenez de la forêt de l'océan La flûte sans mélodie qui cherche une âme. Une forêt évoquant l'océan, ces arbres évoquent du corail, comme en mer ! Donc… »
« Un artefact Cetra se trouve ici ! » conclut Kadaj avec le sourire.
« Youpi ! » dit Sora en sautillant de joie.
« Vous ne devriez pas vous réjouir aussi vite ! » dit une voix au-dessus de leur tête.
Tous se figèrent. Yazoo et Loz bondirent d'un arbre et leur firent face.
« On se rencontre à nouveau… Et à ce que je vois, vous cherchez la même chose que nous », dit Yazoo.
« Vous ne nous empêcherez pas de l'avoir ! » dit Sora, les poings serrés.
« Sora, du calme », dit Lucrécia en la prenant par les épaules.
Kadaj fit un pas en avant.
« Pourquoi vous servez Sephiroth ? »
Yazoo et Loz parurent fâchés.
« Tu nous demandes ça, toi ? Tu oublies qu'autrefois, c'est toi qui disait tout ce qu'on devait faire pour Mère ! Tu aurais oublié ? » dit Loz.
Kadaj cilla, l'air mal à l'aise.
« Je comprends que vous m'en veuillez et c'est votre droit, je ne vous fais aucun reproche, mais par pitié, arrêtez de croire en Jenova et en lui ! Ils vous manipulent, et au fond vous le savez. »
« ÇA SUFFIT ! » hurla Yazoo.
Il tendit brusquement le bras et lança une boule d'énergie bleue qui frappa Kadaj à l'épaule, le faisant tomber par terre. Loz haussa les sourcils. Son frère se mettait rarement dans un tel état, il était généralement le plus calme du trio.
« Tu ne sais pas du tout ce que l'on pense, et je n'aime pas discuter avec les traîtres ! On a assez perdu de temps. Loz, montre-leur. »
Acquiesçant, son frère tendit la main vers le ciel. Tous se mirent en position de combat. Sora sortit ses anneaux de l'air, Kadaj dégaina son Souba, Lucrécia sa dague armée de matérias et Kylie la branche-mère. Le sol se mit à fumer devant eux, puis des monstres apparurent. Mais ce n'était pas des chimères.
Il y avait une grande plante carnivore, un papillon vert géant avec une queue rouge et un grand loup blanc au dos couvert d'une ligne de fourrure noire.
« Alors ? Impressionnants, non ? Mère a augmenté nos pouvoirs, nous pouvons créer des monstres qui s'adaptent à l'environnement, ils sont plus puissants ! » dit Loz, tout fier.
Face à ces monstres, Kadaj fit la moue. Lucrécia les regarda avec l'air d'une scientifique découvrant un nouveau sujet de recherches intéressant et Sora, elle, parut toute amusée. Kylie, elle ne savait pas trop quoi penser. Elle cachait juste sa peur, car elle était une terrienne et les monstres n'étaient pas très courants dans son monde.
« De nouveaux monstres coquins ? » dit Sora.
« Qu'est-ce qu'ils ont de si spécial ? Ils sont justes énormes. Je préférais les chimères, elles avaient l'air plus sombres », dit Kadaj.
« Au pire, il va se mettre à pleuvoir », dit Lucrécia.
Loz parut fâché.
« HEIN ? ! ? Mais enfin, pourquoi personne n'a peur ? ! ? »
Ce fut au tour de Kadaj d'exploser.
« On trouve ce genre de bestiole n'importe où, même dans les films d'horreur terriens ! »
Kylie parut surprise.
« Tu as regardé des films d'horreur sortis du placard de grand-père ?! Tommy n'était pas avec toi, quand même ? C'est pas lui qui t'en a parlé ? »
« Hein ? Heu… il m'a dit qu'il pouvait en regarder si une personne âgée le soutenait, alors… » dit Kadaj, l'air gêné.
« Je vais le dire à maman que vous avez désobéi ! » dit Kylie, fâchée.
Loz et Yazoo se regardèrent avec stupeur. De quoi ils parlaient, ces deux-là ?
« Eh, c'est pas le moment ! protesta Kadaj. Pour l'instant, on doit se défendre, alors en avant ! »
Ses frères eurent un sourire cruel, puis s'enfuirent. Les monstres se mirent en garde. La plante carnivore se pencha vers Lucrécia pour la gober. La jeune femme se concentra et tendit sa dague vers la plante. Une boule de feu en jaillit et frappa le monstre qui recula en gémissant.
Mais le papillon en avait profité pour s'approcher d'elle par derrière. Sa grande queue rouge la toucha dans le dos. Le corps de la jeune femme reçut un violent jet d'électricité.
« Lucrécia ! » cria Kadaj.
Il fonça sur le monstre et tenta de le pourfendre de son sabre, mais les lames heurtèrent ses ailes métalliques. L'insecte ne fut que repoussé.
Kylie vit le loup foncer vers elle. La jeune fille lui asséna un coup de bâton en pleine tête qui le fit reculer. Il tomba sur le dos en gémissant. Des épines avaient jailli du bâton et s'étaient plantées dans sa tête ! Kylie bénit ce bâton magique, il était plus efficace qu'une épée !
Sora s'élança vers le papillon et unit ses anneaux de l'air. Cette fois, ce qui en sortit ne fut pas une tornade mais un nuage gris, qui enveloppa le papillon. L'insecte parut englué dans la substance étrange, mi-liquide mi-fumée.
« J'en profite ! » dit Kadaj.
Il tendit son bras et, utilisant une matéria foudre, il électrocuta l'insecte. Son corps métallique ne put résister à la foudre, la partie charnue en dessous fut atteinte et grillée. Le monstre tomba raide mort au sol.
Le loup disparut bientôt, touché par le venin des épines. Il ne restait que la plante carnivore qui venait de se redresser. Elle ouvrit la gueule. Et là, contre toute attente, elle émit de la fumée, une puissante fumée rosâtre.
L'odeur était sucrée, piquante et amère. Tous se sentirent pris d'un terrible malaise. Cette odeur leur piquait le nez, leur tête se mit à siffler, leur cerveau semblait brûler.
Ils tombèrent tous à terre, affaiblis. Cachés dans un des arbres, Loz et Yazoo eurent un sourire triomphant. Cette fois, ils allaient gagner, ils en étaient sûrs ! Et ils auraient deux artefacts : les anneaux de la gamine et le bâton de la fille.
Mais soudain, quelque chose d'inattendu se produisit. Une flûte se mit à résonner dans l'air.
La plante cessa de créer de la fumée. Elle leva sa grosse tête charnue vers le haut, comme si elle entendait la musique.
Le parfum venimeux disparut, tous reprirent conscience et entendirent le bruit. La musique montait dans les aigus, et attirait l'attention de façon anormale.
La plante se mit à trembler. La mélodie se faisait de plus en plus rapide, stridente, comme si elle communiquait l'énervement de l'artiste !
Elle devint bientôt si forte et si aiguë que l'on ne l'entendit plus. La plante émit un beuglement évoquant celui d'une hyène, puis elle tomba au sol et se fana.
Sylvain sauta d'un arbre tout près de la plante et s'avança. Tout le monde vit qu'il tenait un objet dans sa main : une flûte en argent.
« C'est toi ! » dit Kylie.
« Sylvain… » murmura Kadaj.
« Tu as la flûte magique… » dit Lucrécia.
« Alors toi aussi, tu as un artefact ! » dit Sora, toute contente.
Elle courut vers Sylvain et lui sauta au cou.
« Ouais ! Sylvain Onii-chan aussi est le gardien d'un artefact Cetra, comme moi ! »
Atrocement gêné, le garçon la repoussa.
« Arrête ça, toi ! Et vous, je vous ai déjà dit de me laisser tranquille ! Pourquoi êtes-vous venus ? Tout ça ne vous regarde pas. »
« Bien sûr que si, ça nous regarde ! dit Kylie. Tu es un Cetra, non ? »
Sylvain parut surpris puis gêné.
« Co… comment vous savez ça ? Oh ! Ne me dites pas que c'est Aéris qui… »
« Si », dit tout le monde en chœur.
« Nous sommes tous liés par la prophétie, comme toi, Sylvain », dit Lucrécia en exhibant le parchemin.
Le jeune homme fit la moue.
« Et si je vous dis que je ne crois pas au destin ? »
« On dira quand même : bienvenue au club ! » dit Kadaj.
Sylvain le regarda avec une grimace de dégoût.
« Toi, le fils de Jenova, je t'ai déjà dit de disparaître ! »
Kadaj sentit la colère monter en lui. Ce type avait vraiment le don pour le mettre hors de lui.
« Eh ! Je n'ai pas disparu dans le bassin de l'église, parce que Jenova n'est plus en moi ! »
« Ouais, mais ça ne change rien au fait que tu lui ressembles, et tu te sers des mêmes pouvoirs qui ont détruit mes ancêtres ! Et en plus… en plus, c'est de ta faute si mes petites-sœurs jumelles sont mortes, il y a quelques mois. Elles étaient atteintes des géostigmates, et elles ont été enlevées avec les autres enfants malades. Elles ne sont jamais revenues. »
La colère disparut du visage de Kadaj, pour faire place à l'horreur.
« Oh ! Je… heu… »
Le jeune homme eut soudainement envie de disparaître sous terre, ou de mourir pour retourner dans l'au-delà.
« Je n'ai… pas d'excuse », dit Kadaj.
« Voilà ce qui m'énerve chez toi ! Tu ne peux même pas assumer ! Et toi, la scientifique de la Shinra, tu as livré ton fils à Hojo, et regarde tout ce qui en a découlé : l'incendie à Nibelheim, le Météore, et tous ces massacres, cette guerre contre Jenova… rien ne se serait produit si tu n'avais pas mis un monstre au monde ! »
Lucrécia mit la main sur son cœur, choquée. Les paroles de Sylvain ravivèrent une douleur atroce que le temps avait doucement amoindrie. Elle baissa la tête, comme Kadaj.
« Et vous deux, la gamine wutaïenne et l'autre sorcière, vous les soutenez ! Alors je vous déteste tous, et je ne veux pas du tout vous aider ! Laissez-moi tranquille et disparaissez ! »
Et sur ces mots, Sylvain fit demi-tour et se dirigea vers Ajit, laissant les autres seuls, tristes et perdus.
XxXxXxXxXxXxX
Une fois de retour sur Terre à Paris, une ambiance horriblement sombre s'installa dans la maison de Kylie.
Kadaj s'était enfermé dans le mutisme et profitait du moindre instant de liberté pour sortir se promener seul dans le quartier. Il repensait à tous ses crimes avec tristesse.
Sylvain avait le droit de le haïr. Peut-être devrait-il lui donner les artefacts ? Après tout, il était un Cetra, les objets lui revenaient donc par le droit du sang.
Mais Aéris lui avait demandé de combattre Jenova. Cette maudite Calamité des Cieux désirait se servir de Sephiroth et de ses frères pour détruire la planète. Déjà que le fait de lutter contre Loz et Yazoo était difficile, les paroles de Sylvain n'arrangeaient pas les choses.
Depuis son retour, Tommy avait remarqué sa tristesse et avait tout essayé pour lui remonter le moral, mais Kadaj l'évitait aussi. Il avait l'impression, en regardant le petit garçon, de faire face à un des enfants malades qu'il avait endoctrinés puis conduits à la mort, à Edge.
Quant à Lucrécia… elle ne valait pas mieux que lui. Elle avait un regard flou, l'air toujours perdue dans des pensées douloureuses que Sylvain avait ravivées.
Depuis hier soir, la jeune femme se tenait immobile, assise à la table du laboratoire de la boutique, un pot de fleurs dans les mains.
Kylie, Sora et grand-père se tenaient devant l'entrée, la regardant avec inquiétude.
« Elle est comme ça depuis qu'on est revenus », dit Kylie.
« Elle n'a même pas mangé ni dormi depuis votre retour », dit grand-père.
« Elle a l'air si sombre ! » dit Sora.
Soudain, l'horloge au mur du laboratoire sonna quatre heures de l'après-midi.
« Eh, Lucrécia ! C'est l'heure du goûter. Tu veux boire du thé ? » dit gentiment Kylie.
Lucrécia tourna la tête vers elle, émit un « Hmm » puis se pencha vers la table.
Soudain, Kylie, Sora et grand-père se mirent à crier, l'air atrocement choqués.
« Lu… Lucrécia onee-chan ! cria Sora. Ce n'est pas une tasse de thé, ça ! C'est… »
Lucrécia écarta lentement ses lèvres de l'objet dans lequel elle buvait. Elle le regarda puis dit : « C'est un flacon d'engrais. »
Kylie, Sora et grand-père tombèrent à la renverse. Elle avait dit ça sans paraître écœurée ni même surprise. Elle avait vraiment pris un sale coup avec les paroles de Sylvain !
C'est vraiment la cata depuis qu'on a rencontré ce Cetra ! pensa Kylie en montant les escaliers.
Elle s'arrêta devant la chambre d'amis. Elle hésita, puis frappa.
« Kadaj, tu es là ? C'est moi, Kylie. »
Pas de réponse. Kylie risqua un coup d'œil en entrant. Ce qu'elle vit la pétrifia d'horreur. Kadaj avait remis sa tenue de cuir noir. Il était à genoux au sol entre les deux lits, et il tenait son Souba dans ses mains. Les lames étaient pointées vers son cœur !
Sans hésiter, Kylie bondit en avant et lui donna un violent coup de pied. Le sabre échappa des mains de Kadaj et alla rouler à l'autre bout de la pièce. Le jeune homme la regarda comme un enfant pris en faute.
Furieuse, Kylie s'écria :
« Mais t'es complètement barje, ou quoi ? ! »
« Bien sûr. »
Il avait dit cela d'un ton neutre, ce qui calma Kylie, la faisant se questionner.
Kadaj se laissa tomber contre un des lits et poursuivit, tête baissée : « Je suis barje, sinon je n'aurais pas fait tout ce que j'ai fait. J'ai torturé des tas de gens, menti à des enfants en leur faisant croire que je les guérirais des géostigmates et je les ai conduits à leur mort. Et j'ai abandonné mes frères le jour où j'ai laissé Jenova s'emparer de moi. Sylvain a même perdu ses sœurs à cause de moi. Quelle raison aurais-je de vivre ? Pourquoi un criminel psychotique comme moi pourrait sauver une planète ou même vivre ? »
« Il ne s'agit pas de droit mais de devoir ! Enfin, Kadaj, tu as oublié ce que nous a dit Aéris ? »
Kadaj leva la tête, l'air intrigué. Un souvenir commun revint en mémoire aux jeunes gens. Dans les champs de fleurs, autrefois, avant que l'aventure commence…
« Kylie, Kadaj… je ne sais pas moi-même pourquoi je vous demande ça, tous les deux. Je sens… je sens que vous pouvez changer le cours des choses… en bien ! Je n'ai pas le choix, je vous en supplie ! »
Kylie se mit à genoux devant Kadaj.
« Elle savait tout sur toi, et pourtant elle a pris la peine de te ramener à la vie. Je ne sais pas pourquoi elle m'a choisi aussi, après tout je ne fais pas partie de votre monde. Mais sans toi, on ne peut rien faire, Kadaj ! Tu nous protèges toujours quand on affronte des monstres puissants, tu as l'âme d'un chef et puis… tu as même rendu Tommy plus courageux, les films d'horreur ne l'effraient plus maintenant. »
Kadaj eut un petit sourire malgré lui.
« S'il te plaît… grand-frère », dit Kylie.
Elle lui prit la main. Kadaj la regarda avec surprise. Puis il raffermit sa prise sur la main de Kylie.
« D'accord… petite-sœur », dit-il.
Tous deux sourirent. Soudain, un flash les illumina. Ils se tournèrent vers la porte et virent Tommy armé d'un appareil photo.
« Je l'ai ! J'ai la photo de Kadaj qui demande Kylie en mariage ! Maman ! Maman, regarde ! Kadaj et Kylie vont se mar… » cria l'enfant en courant vers la cuisine.
Soudain, Kylie et Kadaj bondirent sur Tommy. Ils lui arrachèrent l'appareil photo des mains et coururent l'enfermer dans sa chambre.
Caché derrière la porte de sa propre chambre, le grand-père souffla de soulagement.
J'aime mieux ça. Les choses sont en train de rentrer dans l'ordre, on dirait, pensa-t-il.
Pourtant, il eut un léger doute en voyant Lucrécia passer dans le couloir avec l'air d'une somnambule, un vase rempli de fleurs qui marinaient dans du jus de pruneaux.
