Non, ne courrez pas sur le blog, le chapitre suivant n'y est pas... la reprise est prévue pour février après les fêtes !
Merci pour les quelques commentaires, en espérant que cette suite vous plaise toujours.
Sur ce, bonne lecture
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Chapitre 6 / Elle… - Partie 1
Si elle avait la possibilité de se jeter sur le corps d'Arthur, elle l'aurait fait. Il ne devait plus y avoir de secret entre elle et Adrian. Elle souhaitait que son frère sache qu'elle avait toujours été là. Il était temps à Merlin de comprendre qu'Adrian était en âge de comprendre certaines choses et, peut-être, accepterait-il d'ouvrir à nouveau son cœur d'homme.
-MERLIN-
Merlin se mit à courir jusqu'à ce que ses pieds s'arrêtent à quelques pas de Gauvain et de son garçon. Ses yeux s'embuèrent devant la scène qu'il découvrit. Adrian pleurait tout contre le chevalier. Son cœur, mitigé entre son devoir de père et d'amis, battait sans réellement savoir comment il devait se comporter. Sa magie lui avait soufflé pendant sa course qu'Adrian savait maintenant pour sa jumelle… et là, il se sentait incapable de l'approcher. Pour la première fois depuis des années, il réalisait ce qu'il avait osé faire à son enfant.
Qui était-il pour avoir caché une telle vérité à son fils ? Qui était-il pour ne pas lui avoir dit qu'à sa naissance, il avait eu une sœur ? Un étau invisible enserra douloureusement sa poitrine, le faisant tomber à genoux. Qu'avait-il fait pour s'être perdu alors, que son bonheur n'était jamais loin de lui ? Il finit par éclater en sanglots quand deux petits bras enlacèrent son cou. Il étreignit instinctivement le trésor que représentait son garçon. De toutes ses forces, il lui marmonna des excuses…
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Quelques secondes avant l'arrivée de Merlin, Arthur qui s'était rendu compte de sa bourde avait alors expliqué, le cœur battant et les mains tremblantes, qui était la petite voix qui lui parlait. Le silence qu'il avait reçu de son fils l'avait un peu effrayé, mais dans ses yeux bleus, il vit ni de la colère et ni de la déception. C'était, comme si Adrian s'en était toujours douté et qu'Arthur venait de le lui confirmer.
Il ne regretta finalement pas de le lui avoir dit, même si cela n'était pas son rôle… Ou, peut-être, était-il là pour rétablir cette vérité ? Après tout, il était aussi son père. Il dut serrer sa mâchoire pour ne pas pleurer quand Adrian, maintenant dans les bras de Merlin, continuait à lâcher ses larmes.
— Papa ! gesticula son fils tout en s'accrochant au haut du sorcier, je sais ! Je sais tout !
— Pardon, répétait inlassablement Merlin, les sanglots au fond de la gorge.
Arthur s'éloigna en les laissant un peu seul puis, en marchant vers la maisonnette, il se rendait compte qu'il aurait sûrement fait comme Merlin. Mais, Adrian était un sorcier, il l'aurait un jour su d'une manière ou d'une autre. Il resta au pas de porte de la maisonnette et les contempla de loin. Ils étaient beaux, tous les deux, à s'enlacer tendrement. La petite tête blonde releva son visage vers le sorcier, bougeant ses lèvres au rythme des mots d'enfant qu'il imaginait sortir de sa bouche.
Sa poitrine se serra un peu. Il enviait l'amour de ce fils qu'il ne connaissait pas tant que cela. Il avait découvert un petit garçon qui lui ressemblait mais qui avait énormément d'affection pour Merlin. Soudain, ses yeux s'embrouillèrent parce qu'il n'avait jamais été là pour eux. Sa fille était morte et Adrian était en vie. Il pouvait sans peine imaginer toute la douleur d'un père face à cette tragédie car, d'une certaine façon, il avait aussi perdu un bébé.
— L'avez-vous dit à votre fils ? lui demanda subitement Hunith à ses côtés.
Il se pinça les lèvres, hocha la tête puis tourna son visage vers cette dernière. Elle semblait être d'accord avec lui.
— C'est sorti tout seul et,… Adrian a le don de me surprendre.
— Je crois que votre garçon l'a toujours su. Il avait juste besoin de savoir qu'il était dans le vrai.
— Hunith ? bafouilla-t-il en prenant une respiration, saviez-vous qu'il avait déjà rencontré Guenièvre ?
Elle détourna son regard du sien et il la regarda sourire.
— Je me rappelle d'une fois, où les enfants sont rentrés sans prendre la peine de dire comment la balade s'était passée. Ils s'étaient faufilés jusque dans la chambre d'Adrian. Je préparais un gâteau et comme j'avais besoin de farine, je voulais y envoyer le plus grand chez Gaël. C'est là que j'ai compris que tous les deux la voyaient au lac. Et, aujourd'hui, je me dis que si Merlin ne fait rien, quelqu'un d'autre devait sûrement guider les pas de votre garçon.
— Ma fille ?
— Je ne sais pas. Votre fille ou leur magie, peu importe. Merlin doit se réveiller. Pour lui. Pour Adrian et, aussi pour vous.
Il reporta son regard humide sur Merlin et son fils.
— Comment puis-je les aider ?
— Ça, c'est à vous de trouver la réponse. Si votre fille vous a dit de vous battre avec ses armes, trouvez de laquelle il s'agit.
À cet instant, Arthur sursauta en voyant son fils hausser le ton.
-MERLIN-
Merlin, le corps tremblant, s'écarta un peu de son garçon. La respiration courte et la gorge encore prise de hoquets, il caressa les cheveux blonds d'Adrian. Ses lèvres vivraient tellement de peur à la pensée de lui dire ces mots à voix haute que ses larmes ne cessèrent de couler le long de ses joues.
— Elle…
Le souvenir de son bébé tout contre lui était si insupportable qu'il ne parvenait pas à émettre le moindre son. Il se rappelait encore de la petite chose, fragile et en vie pendant quelques secondes qu'il avait tenu plusieurs minutes avant de la laisser. Le visage pâle de sa fille le hantait certains soirs, brisant chaque cellule de son corps jusqu'à lui déchirer le cœur des milliers de fois.
— Papa ?
Il enlaça à nouveau son garçon, l'enfant qu'il ne voulait pas qu'Arthur lui prenne. C'était son bébé, son trésor et sa seule raison de vivre quand, dans sa vie, il avait tellement perdu. Toutefois, il ne pouvait pas continuer à se mentir. En faisant cela, il ne protégeait pas son fils mais, seulement, lui.
— Gauvain a raison, réussit-il à murmurer à l'oreille d'Adrian sans le lâcher. Tu as le droit de savoir…
— Je sais papa, pleura l'enfant qui resserra ses petits bras autour de son cou, je sais… elle me parle…
Merlin, les yeux rouges, eut un hoquet de surprise et secoua la tête. C'était au-dessus de ses forces d'imaginer une seconde ce qu'allait lui révéler Adrian.
— Non, répondit-il incapable de le concevoir, elle ne peut pas, elle est morte… ta sœur est…
— NON ! hurla son garçon, le souffle saccadé et le regard baigné de larmes, c'est toi qui ne veut pas l'écouter ! C'est toi qui la déteste ! C'est à cause de toi que Melinda reste ici !
Merlin, la gorge nouée, écouta comme le grondement d'un orage le prénom qu'il était le seul à connaître. Ses lèvres se déformèrent de douleur lorsqu'il ne put le retenir. Prisonnier dans le flot de sa déraison, il avait l'impression qu'il venait de tout perdre. Son cœur allait-il y survivre ? Merlin n'avait plus la force de poursuivre ce qu'il avait toujours cru bon pour son fils. Mais, à qui ce mensonge profitait-il ? Seulement à lui, celui d'abréger la souffrance qui se cramponnait comme une sangsue à ses entrailles.
Epuisé par ses batailles interieures, il se laissa choir contre la terre, ferma ses paupières et offrit ses larmes à la terre en échange de ses vieux souvenirs…
Il y avait dix ans, sa vie allait merveilleusement bien. Il avait été si heureux auprès du roi qu'il lui aurait tout donné et, ma foi, il lui en avait déjà trop donné. Mais, le plus triste était que ce dernier ne l'avait jamais aimé et c'était ce qui le faisait souffrir. «Je ne t'ai jamais aimé Merlin ! lui avait hurlé Arthur, ce n'était juste qu'une erreur ! J'ai cru que tu l'aurais compris ! C'est la pire que j'ai pu faire de toute ma vie ! »
Avait-il inconsciemment blessé son fils ? L'avait-il privé d'un deuil alors qu'il avait du mal à s'en remettre ? Peut-être, que la magie n'y était pour rien ? Peut-être, avait-il mérité de la perdre ? Peut-être, devait-il ramener Adrian à son second roi ?… et, en finir avec sa vie parce que toute son existence n'était qu'un mensonge de plus. Il était né pour servir le roi et, aujourd'hui, son fils était devenu le prix de ses erreurs.
Mais !
Merlin n'avait pas choisi d'être sorcier ! L'ancienne religion l'avait uniquement doté d'un immense pouvoir dans le but de servir et de protéger le roi Pendragon. Et puis quoi ? Avait-on pensé à lui ? Aux pertes que tout cela avait dû impliqué ? Et après tant d'année de fidèlité, la magie l'avait récompensé en assassinant sa fille !
Il ouvrit soudainement son regard décidé et se releva en choisissant de réveiller enfin sa magie ! Il avait tellement de colère en lui qu'il ne devait plus la fuir. Arthur était le seul responsable de son malheur et il devrait en subir en les conséquences !
-MERLIN-
Arthur récupéra Adrian dans ses bras, navré de le voir dans cet état. Merlin était bien trop retranché dans ses positions pour ouvrir les yeux et son fils était en train de payer pour leurs fautes.
— Papa n'a jamais voulu écouter Melinda, bafouilla Adrian en pleurnichant tout contre son épaule, je le déteste ! Je ne l'aime plus moi !
— Ne dis pas ça…
— Si !
— Adrian…
Cela ne pouvait plus durer. Il devait agir. Il tendit son fils à Hunith et cette dernière, désemparée, le porta en le regardant d'un air accablé. Lorsqu'il arriva à quelques pas de Merlin, il fut bloqué par un mur invisible. Quelque chose n'allait pas : les yeux du sorcier étaient si dilaté et si sombre que son cœur se mit à battre avec violence.
— Merlin ! l'appela-t-il, qu'est-ce que tu fais !
Merlin, le visage à peine relevé, lui adressait un regard tellement mauvais que sa respiration se coupa quelques secondes. Arthur tenta de se reprendre et, de toutes ses forces, il chuchota aussi calmement que sa voix pouvait le faire :
— Pense à ton fils.
Le sorcier releva d'un cran sa tête et fit un pas dans sa direction. Arthur, paniqué, avait la sensation que ses jambes n'allaient plus le porter. Les traits du visage de Merlin étaient devenus si durs qu'il parvint seulement à murmurer :
— Reviens auprès de nous…
Son corps se figea en voyant deux orbes incroyablement dorés le fixer avec une profonde colère.
— Elle est morte Gauvain ! lui hurla le sorcier d'une voix glaciale qui parcourut son dos comme le ferait un courant d'hiver. Il m'a tout pris !
— Qui ? demanda Arthur le cœur palpitant de frayeur.
— Arthur ! Qui d'autres !
— Non, Merlin ! Écoute-moi !
— Il m'a pris ma vie entière ! J'ai combattu à ses côtés ! J'étais là pour le servir ! Et tout ça pour quoi ? ! Dis-moi, Gauvain ? N'ai-je pas assez souffert pour que la magie se moque de moi ?
Arthur, horrifié par ses mots, ne voyait plus le sorcier qu'il connaissait. Un rire sarcastique qui venait de franchir de la gorge de Merlin le pétrifia, incapable de répondre quoi que ce soit. Les mains posées contre la paroi invisible, il fixa ses lèvres déformées par la colère.
— La magie m'a volé ma fille ! Tout ça pour me punir ! Me punir d'avoir aimé un homme ! Et…
Il profita de ces révélations pour le ramener à la raison, quand dans les yeux du sorcier, il y vit un moment de faiblesse.
— Non, ce sont des choses qui arrivent ! Des femmes perdent leurs bébés ! Merlin ! Toi qui as vécu auprès de Gaius ! Tu le sais ! Tu l'as déjà vu ! C'est la vie qui est ainsi ! Tu ne peux pas sauver tout le monde ! Tu ne peux pas mettre tout ça sur ta magie !
Arthur sentit la barrière disparaître et tomba soudainement en avant, le corps tremblant comme une feuille. Il se dépêcha de se relever et de prendre Merlin dans ses bras, l'étreignant comme si ce dernier allait mourir d'une seconde à l'autre. Les yeux clos, il resserra son étreinte quand, enfin, il l'entendit sangloter tout contre lui.
Merlin, blotti comme un enfant, n'arrivait pas à se défaire de sa colère. Elle était encore là, à épier le moindre de ses battements de cœur. Il s'accrocha désespérément à Gauvain et resta ainsi plusieurs minutes sans parvenir à écouter la petite voix. La brise qui effleurait son visage portait en elle la tristesse d'une petite fille, mais il refusa de lâcher prise.
— Je dois présenter Adrian à Arthur., murmura-t-il dansu n souffle.
— Merlin ?
— Tu as raison Gauvain, je dois arrêter de fuir et de voir la réalité en face.
Arthur, à bout de mots, n'aimait pas sa voix éteinte. C'était comme si Merlin se résigner à tout abandonner.
— Parles-en avec ton fils, conseilla Arthur en espérant qu'il ait tort de penser ça.
— À quoi bon, je suis en train de me battre pour quoi au juste ? Pour un royaume qui n'a jamais voulu de moi ? Pour un homme qui a fait l'erreur de coucher avec ce que je suis ? Pour une magie qui ose me condamner alors que j'ai tout sacrifié !
Arthur recula son buste, extrêmement déçu de ne pas être parvenu à le réconcilier avec la vie. Si Merlin devait vraiment s'en prendre à quelqu'un, c'était lui : ni son fils, ni la magie et encore moins sa fille. Il était sur le point de lui révéler qui était caché sous l'apparence du chevalier, mais comme le lui avait Adrian, ses yeux se fermèrent et son corps tomba lourdement à terre.
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Adrian qui observait la scène ressentit avec violence la colère de sa sœur. Paniqué, il frissonna tout contre sa grand-mère et marmonna à son oreille :
— Elle est fâchée…
Après quoi, il glissa des bras de Hunith et fit ce que lui ordonna sa sœur.
-MERLIN-
À ce même instant, Gaius qui galopait en direction du village en compagnie de Léon ressentit dans l'atmosphère une colère affolante. Ses mains tirèrent sur ses brides et, avant qu'il ne put avertir son compagnon de voyage, le cheval de Léon hennit en relevant ses pattes de devant et le chevalier tomba à terre.
-MERLIN-
Plus tard, à Camelot, Gauvain qui marchait dans les couloirs commençait à ne plus supporter cette situation. Il allait devoir attendre deux horribles jours. Deux longues journées à s'ennuyer de Merlin, de son petit frère et de maman Hunit. C'était bien loin de chez lui qu'il réalisait combien il aimait sa vie. Elle ne ressemblait peut-être pas à celle qu'il avait toujours rêvée, mais toutes les personnes qui la partageaient étaient devenues sa famille. Il soupira en repensant au bon gâteau aux myrtilles de maman Hunith.
Soudain, il fronça ses sourcils. Le décollage inattendu d'une dizaine d'oiseaux lui donna des frissons dans le dos. Quelque chose de grave était en train de se préparer, il en avait le pressentiment.
— Sire !
— Oui, George ? paniqua-t-il en le voyant arriver à bout de souffle.
— Gaius vient de revenir et… Léon est tombé de cheval et…
Sans plus attendre, Gauvain courut jusque dans les appartements du médecin. Il vit immédiatement le visage pâle de Léon puis, le regard brillant de Nadia. Il savait que la sœur du chevalier avait toujours eu peur de perdre la seule personne qui restait de sa famille.
— Gaius ? Que s'est-il passé ? demanda-t-il à celui-ci.
— Quelque chose à effrayer son cheval et, Léon est tombé.
Il comprit que le vieil homme ne pouvait rien dire devant la jeune femme. Il décida alors de l'éloigner en lui demandant de bien apporter de l'eau chaude et des serviettes propres à Gaius.
Lorsqu'elle quitta la pièce, Gauvain regarda le médecin. Ce dernier paraissait inquiet et ce n'était pas rassurant.
— C'est Merlin ? questionna-t-il.
— Non. La sœur d'Adrian. Elle est furieuse. Et elle me le fait savoir.
— Je, quoi, comment ?… Qu'a fait le roi pour que Merlin…
— Je ne sais pas Gauvain, mais je dois vraiment y aller seul.
— D'accord, murmura-t-il un brin affolé. Je viens avec vous.
— Que n'as-tu pas compris dans « je dois y aller seul » ? Et puis, si Merlin découvre ce qu'elle a fait…
— À qui la faute ! cingla-t-il presque contre lui-même, j'aurais dû le pousser à venir ici bie a avant ! Je n'aurais pas dû accepter ses conditions…
— Gauvain, ce n'est pas de ta faute. Merlin refuse d'admettre que la magie n'y est pour rien.
— Bien, concéda Gauvain, dépêchez-vous… et, tant pis, s'il faut le forcer à venir ici. Prenez l'invitation et faite savoir à Arthur que s'il l'a provoqué, c'est moi qui vais lui faire comprendre ma façon de penser de tout ça.
Gaius opina et saisit sa sacoche. Avant de partir, il l'informa que Léon s'était foulé la cheville et lui expliqua comment la bander.
— Et, il a besoin de dormir ? railla Gauvain en calmant ses tremblements.
— Non, idiot ! En tombant, sa tête a heurté un caillou, donc, quand il se réveillera, tu poses juste des questions simples pour voir si tout va bien.
— Et sinon ? Je fais quoi s'il a perdu la mémoire ?
— Vous êtes le roi, son ami, à vous de l'aider ! Vous…
Gaius se tut en se redressant comme un piquet, faisant ainsi peur à Gauvain. La sacoche glissa des mains du médecin et tomba sur le sol en résonnant dans toute la pièce un son qui parut durer une éternité.
— Quoi ? demanda Gauvain.
— Adrian, il… commença Gaius, le visage blême.
— Quoi Adrian ! ?
— Il a pris le cor… celui qu'Arthur avait utilisé pour invoquer l'esprit d'Uther… mon Dieu…
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à votre avis, que va-t-il se passer ?
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ERIDINE
