°°°°°°°°°°°° Lui et ma meilleure amie. °°°°°°°°°°°°°°

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Chapitre 11: Une douleur insuportable

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" Quoi?... " souffla le rouquin d'une voix cassée.

" Je... Je suis tombé amoureux d'elle... " murmurra Harry en détournant les yeux.

Et tout à coup, il sentit une douleur fulgurante dans sa machoire gauche, et un poids s'affaler sur lui. ll ferma les yeux... Ron le martelait de coups, et il ne répondait pas à la provocation. Tel un stoïcien, Harry acceptait la douleur sans rien dire. ll savait que çà arriverait... ll l'avait su lorsque le visage de son meilleur ami avait perdu toutes ses couleurs. ll avait traversé tant d'épreuves dans la vie... Avait accepté tant de douleurs, tant de souffrances, mais rien ne sera pire que de perdre l'amitié de Ronald Weasley. ll sentait les poings de son ami s'abattrent dans son ventre, sur son visage, il avait même un goût métalique dans la bouche... Du sang... ll le sentait couler dans sa gorge, de son nez, mais il ne disait rien. ll laissait juste les larmes se mêler à tout ce rouge.

" MONSIEUR WEASLEY ! " hurla la voix du Professeur Mc Gonagall.

Harry rouvrit ses yeux, et vit des dizaines d'élèves autour de lui, ainsi que le Professeur Mc Gonagall et le Professeur Rogue, qui essayait de dissiper tous les voyeurs.

" Monsieur Weasley! Expliquez-moi ceci! " s'écria le Professeur Mc Gonagall en s'approchant d'eux.

" Sauf votre respect, cela ne vous regarde pas Professeur... " cracha le rouquin, la haine dans les yeux, en fixant Harry sur le sol.

" Et sauf le votre, je vous retire 50 points pour attaque injustifiée sur un camarade de classe! Qui plus est, votre meilleur ami... " riposta le professeur de Métamorphoses.

" Mon meilleur ami?... Qui çà? " demanda Ron levant un sourcil en se tournant vers elle.

" Harry Potter! " s'exclama-t-elle en le montrant allongé par terre.

" Désolé, je ne connais pas... " cracha le rouquin en cherchant quelqu'un des yeux dans la foule.

" Alors vous connaissez peut-être le mot " retenue "? Vous en avez une vendredi soir à 20 h, dans mon bureau. " déclara la vieille femme.

" Comment allez-vous Potter? "

Harry se releva tant bien que mal, et vacilla légèrement, sa tête le faisant atrocement souffrir.

" Ce n'est pas sa faute... C'est moi qui l'ai cherché... " murmurra Harry en regardant le rouquin qui lui faisait dos.

Celui-ci se figea sur place, et se retourna, raide comme une planche.

" Ne m'adresse plus jamais la parole... Ne cherches plus à communiquer avec moi... Je te haïs..." déclara-t-il d'un ton mauvais.

" Puis-je partir?... L'air est irrespirable ici... "

Le Professeur Mc Gonagall ouvrit des yeux ronds, et après quelques secondes, l'autorisa à partir avec un signe de la tête.

Harry le regardait s'éloigner vers la tour de Griffondor d'un pas rapide, seul... " Ne m'adresse plus jamais la parole.. Je te haïs..." Ces phrases résonnaient dans sa tête, et les larmes brouillèrent encore une fois ses yeux. ll venait de perdre l'une des personnes qui comptaient le plus pour lui sur cette terre. Et jamais plus il ne pourra lui reparler.

" Harry?... " appela Hermione à côté de lui.

" Ooooooooh... La Sang-de-Bourbe va réconforter le Balafré... Comme c'est touchant... " roucoula Drago Malfoy qui regardait Harry avec un sourire ironique sur les lèvres.

" Malfoy, si tu ne te la fermes pas dans les dix secondes qui suivent, je te jure que tu regretteras ta venue au monde... Et 10 points en moins à Serpentard. Pour manque de respect envers ses camarades... Sois content que je ne puisse pas m'occuper de toi maintenant... " railla la brunette en se tournant vers lui.

" Monsieur Malfoy, cette conduite est intolérable de votre part... Vous viendrez vendredi en retenue en même temps que Monsieur Weasley, dans mon bureau, à 20 h précises. Ne soyez pas en retard, sinon je renouvellerai la punition. Cela vous apprendra à respecter vos semblables... " fit le Professeur Mc Gonagall en pinçant ses lèvres.

" Mes semblables?... Vous rigolez j'espère! " marmonna le blondinet.

" Ai-je l'air illare, Monsieur Malfoy? " demanda-t-elle en se tournant vers lui.

" Non, Professeur... " répondit- il.

" Dans ce cas, je vous attendrai vendredi... " rétorqua la vieille femme au tweed écossais.

Les autres élèves se dissipaient un peu partout, certains regardèrent encore un peu Harry en chuchotant quelque chose à l'oreille de celui ou celle qui se trouvait à côté d'eux, d'autres secouèrent la tête, et la plus part des Serpentard ricanaient en douce. Quand tout le monde se fut dispercé, Hermione s'approcha un peu plus d'Harry et l'appela à nouveau.

ll se tourna vers elle, et vit les larmes dans ses yeux, qu'elle essayait tant bien que mal de retenir. ll y voyait aussi la détresse, et la voir aussi triste, lui fendit le coeur. ll sentit à nouveau les larmes couler le long de ses joues, et elle en fit autant. ll receuilla quelques pleurs, et hésitait à pauser ses mains complètement sur son visage. ll le prit finalement, et la regarda dans les yeux. Ginny avait raison... lls étaient vraiment pathétiques... A pleurer au milieu du Hall, sans parler, debouts, l'un en face de l'autre, lui défiguré par les coups de son meilleur ami, et elle par les larmes et la détresse.

" Je t'en prie... Je t'en prie Mione... Arrête de pleurer... Je ne le mérite pas! " suffoqua-t-il au milieu de ses larmes, ce qui eut pour effet de faire redoubler les siens.

" Pourquoi Harry?... Pourquoi il t'a fait çà? " demanda-t-elle entre deux sanglots.

" Parce qu'il... ll t'aime... ll t'aime tellement... Cà te ferait peur si je te disais comment. " souffla-t-il en la regardant comme si c'était la dernière fois.

" Mais moi je... " commença-t-elle.

" Chuuuut... Ne le dis pas... S'il te plaît... " la coupa Harry. ll se doutait de ce qu'elle allait lui dire, mais il ne voulait pas l'entendre. Plus maintenant. Même si c'était ce qu'il attendait depuis des jours, il ne voulait plus l'entendre.

" Si Harry! ll faut que je le dise! J'ai besoin de le dire! " s'écria Hermione en se détâchant de lui.

" Non! Je ne veux pas entendre... " fit le Survivant en se tournant vers le jardin de Poudlard, qui maintenant était baigné dans la nuit.

" Si!... Je t'aime! Je t'aime Harry! Je t'aime et çà me rend folle! Je t'aime tellement que j'ai l'impression que mon coeur va exploser à chaque fois que je te vois, à chaque fois que je t'entends... Je sens que tu es fait pour moi, et je ne sais pas comment... Je suis sortie avec notre meilleur ami par jalousie, pour te faire réagir, et ce que j'ai réussi à faire, c'est briser votre amitié... Je ne suis qu'un monstre! Un monstre sans coeur et égoïste! Parce que je ne te veux que pour moi, et que je suis très heureuse que tu ne sois plus avec Ginny... Je voulais que tu le sâches... J'ai tellement attendu ce moment... Où tu ne serais plus avec elle... " s'écria-t-elle en essayant de le faire retourner vers elle.

" Je ne veux pas que tu dises çà, tu m'entends? Tu ne peux pas me dire çà Hermione! Tu sors avec Ron... ll t'aime, je te l'ai déjà dit... " murmura-t-il après quelques instants à réfléchir.

" Comment peux-tu me dire çà? Tu as vu ce qu'il t'as fait? Comment il t'a battu! Je ne l'ai jamais vu comme çà! " fit-elle en posant sa main sur son épaule.

" Je l'ai mérité... Je... J'ai dit quelque chose que jamais je n'aurais cru pouvoir lui dire... Pourtant je voulais le voir pour çà... Mais je ne me pensais pas du tout capable... Faut être fou pour dire çà à son meilleur ami! " s'écria Harry effrayé.

ll se tourna alors vers elle, et elle vit qu'il était complètement perdu. Mais qu'est-ce qu'il lui arrivait en ce moment? Tout allait de travers... Elle était tombée amoureuse de l'un de ses meilleurs amis, qui sortait avec sa meilleure amie, pour se venger, elle était sortie avec son autre meilleur ami... Et depuis, elle ne comprenait plus rien... Elle voyait leur amitié éclater en mille morceaux, et elle ne faisait rien. Elle regardait sans rien faire. Mais il fallait qu'elle réagisse! Qu'elle tente quelque chose, n'importe quoi! Elle refusait que leur trio légendaire disparaisse! lls avaient partagé trop de choses... Mais comment faire?...

" N'écoute plus ton coeur... ll te fait faire n'importe quoi... " murmurrait une petite voix dans sa tête.

Elle secoua la tête, se passant une main sur son front qui commençait à devenir chaud... Sa respiration devenait irrégulière, ses yeux se brouillaient encore et toujours... Elle le regarda furtivement, et vit à quel point il était blessé.

" ll faut t'emmener à l'infirmerie... ll faut qu'on te soigne toutes ces blessures... " lui dit-elle en s'approchant un peu de lui.

" Non, je n'ai pas envie d'aller à l'infirmerie, et je ne veux surtout pas que tu m'approches! " s'écria-t-il en reculant comme si elle avait la peste.

" Harry... " souffla-t-elle blessée.

Les larmes coulaient le long de ses joues. lls étaient au beau milieu du Hall, se faisant face devant la Grande Salle, alors que tout le monde était parti. Quelqu'un les aurait surpris à ce moment là, aurait cru qu'ils s'apprêtaient à faire un duel. Sauf qu'ils n'avaient pas leur baguette en main.

Harry la regardait, désespéré. ll était vraiment perdu, il ne savait plus où donner de la tête. ll sentait qu'il avait mal sur son visage, qu'il allait avoir des bleus sur son abdomen, mais peu lui importait. ll avait perdu son meilleur ami, et il crut que son monde allait à nouveau s'écrouler, comme quand Sirius était mort. La sensation de vide en lui était énorme, comme s'il sentait qu'il n'allait plus jamais être heureux. Comme s'il sentait qu'un Détraqueur resterait à côté de lui toute sa vie... Lui interdisant tout bonheur... ll était maudit, il n'y avait pas d'autre réponse. Les larmes coulèrent le long de ses joues à son tour, comme malgré lui. ll ne pleurait pas souvent, les épreuves que lui avaient infligées la vie étant trop nombreuses, il s'était habitué à se refermer sur lui-même. Ses amis avaient était sa source de vie, ce pour quoi il s'était toujours battu depuis ces dernières années. Maitenant, il n'y avait plus rien. Sans Ron, il était seul, il était vide, il n'avait aucun intérêt. ll ne pensait vraiment pas qu'un jour, il entendrait Ronald Weasley dire qu'il ne le connaissait pas. Cà avait été une énorme claque pour lui. ll avait sentit son coeur manquait un battement, et s'était vu tomber dans un gouffre.

Tout çà à cause de son coeur. ll ne pouvait que se blâmer lui-même. ll avait jouer avec le feu, et s'était plus que brûler. ll avait cru pouvoir lutter contre tout, et il s'était lourdement trompé. ll avait perdu la fille qu'il croyait être la femme de sa vie depuis quelques mois, il avait cru avoir de l'attirence pour sa meilleure amie, et avait joué avec. L'interdit était quelque chose qui nous attirait... Et avoir des sentiments pour Hermione était justement interdit. Mais il avait passé outre. ll était tombé amoureux d'elle, malgré lui, il ne pouvait rien: le fait était là. En seulement quelques jours, il avait mis sa vie en l'air. Et il ne pourrait rien faire contre la fatalité.

" Si je te demande de faire quelque chose, tu me promets que tu le feras? " lui demanda-t-il, la gorge serrée.

" Tu me fais peur Harry! Qu'est-ce que tu as derrière la tête? " fit-elle d'une voix suraigüe qui trahissait sa panique.

" Promets-moi... " souffla-t-il sans faire attention de l'état où elle était.

" NON ! " hurla-t-elle.

" Je veux que tu retournes auprès de lui... Je veux que tu m'oublies! Je n'existe plus! Tu ne m'adresseras presque plus la parole... " commença-t-il.

" Non... Non.. NOOOOOOOOOOON ! " hurlait-elle en reculant.

" Tu ne concentreras que sur lui... Tu oublieras tout ce que tu m'as dit ce soir... Tu oublieras ce que tu ressens pour moi... Tu oublieras même jusqu'à mon existence... " continua-t-il, imperturbable.

" COMMENT PEUX -TU ME DEMANDER UNE CHOSE PAREILLE ? " s'époumonna-t-elle.

Elle ne pouvait pas y croire, tout çà ne pouvait pas être réel. C'était cauchemardesque. Elle allait se réveiller. ll ne pouvait pas lui demander de le rayer de sa vie, de faire comme s'il n'existait pas parce qu'elle était amoureuse de lui, et qu'elle venait de lui avouer. Elle ne pouvait pas écouter cette peitte voix qui lui disait que c'était la meilleure solution ce qu'il proposait, elle ne voulait pas l'écouter, c'était son coeur qui dicterait ses actes désormais, elle ne pouvait pas faire marche arrière. C'était trop tard. Elle voulait être avec lui, même si pour cela elle devait affronter les foudres de Ginny, et qu'elle devait perdre son amitié et celle de Ron, à qui elle mentait depuis des jours pour lui faire plaisir. Même s'ils devaient se retrouver tous seuls tous les deux, elle en avait rien à faire, tant qu'elle était avec lui.

" Est-ce que tu m'aimes?... Est-ce que tu m'aimes vraiment?... Autant que moi je t'aime, est-ce que tu m'aimes comme çà? Est-ce que tu penses tout le temps à moi? Est-ce que tu veux toujours être avec moi? Est-ce que tu veux être toujours contre moi? Est-ce que tu as envie de moi? Est-ce que tu penses que je suis l'une des plus belles choses que la vie t'ait offertes? Peut-être même la plus belle? Est-ce que tu ferais tout pour que je sois heureux?... Parce que moi Hermione, c'est ce que je pense, et c'est ce que je ressens... Si les rôles étaient inversés, que c'était toi qui me demandais ce truc horrible que je te demande de faire par amour pour moi, je le ferai... Je le ferai parce qu'il n'y a que toi qui compte... Juste toi... " lui déclara le Survivant d'une voix douce.

" Non! Non, je ne te crois pas! Tu n'as pas le droit de me dire çà! Tu n'as pas le droit de me faire ce chantage! C'est du suicide ce que tu me demandes! Tu me dis que tu m'aimes si j'ai bien compris, je t'ai dit que je t'aimais, mais tu crois qu'il faut tout faire contre! Tu veux que je sois malheureuse toute ma vie?... Je suis incapable d'aimer Ron comme je t'aime toi! " fit-elle en secouant la tête.

" Tu y arriveras... Je suis sûr que t'y arriveras... " souffla-t-il les yeux dans le vide.

" NON ! " Je veux être avec toi! Il n'y a que toi qui m'importe! " s'écria-t-elle au milieu de ses larmes.

Elle pleurait tellement qu'elle en avait mal aux yeux, et que sa tête lui tournait. ll ne pouvait pas lui demander l'impossible.

" Te voir tous les jours sans m'approcher de toi, je ne le pourrais pas... " murmurra la brunette après un moment de silence.

" Je m'arrangerai pour ne pas que tu me voyes... " lui dit-il comme si c'était une évidence.

Elle le regarda, les yeux écarquillés. Elle avait dû mal entendre.

" Quoi?... Qu'est-ce que çà veut dire: " Je m'arrangerai pour ne pas que tu me voyes... " ? " demanda Hermione en fronçant les sourcils.

" Tu verras bien... " lui répondit Harry, un sourire triste sur les lèvres.

" Non! Tu me réponds maintenant! " s'écria la brunette, en sentant son coeur battre la chamade.

" Je n'attenterai pas à mes jours, si c'est de çà dont tu as peur... " dit-il au bout d'un moment.

Tout à coup, elle se sentit soulagée. Pendant un instant, elle avait cru qu'il ferait une... énorme bêtise.

Des pas résonnèrent derrière la jeune fille, qui se retourna pour voir qui s'approchait d'eux. Elle attendit quelques secondes, avant de voir apparaître au loin la lueur de la torche que Rusard utilisait pour ses rondes nocturnes. Elle paniqua quelques instants, se demandant ce qu'elle pourrait inventer comme excuse pour se trouver hors de son dortoir à cette heure du soir, quand elle réalisa qu'elle était Préfète en Chef. Elle pouvait donc se trouver hors de sa maison après le couvre-feu. Mais elle ne préférait pas être vue par le concierge, elle allait dire à Harry d'aller dans un endroit plus tranquille, quand elle s'aperçut qu'il n'était plus là. Elle tourna son regard vers le jardin, mais ne le vit pas. Elle se dirigea vers la tour de Griffondor, espérant le croiser, sentant un noeud se former au niveau de son estomac.

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Quand le panneau pivota pour la laisser entrer dans la salle commune qui était vide à cette heure-ci, elle chercha des yeux le jeune homme brun, mais ne le vit pas. Elle remarqua alors une forme indistincte dans un des fauteuils auprès de la cheminée, de grandes jambes apparaissaient, une robe de sorcier par terre. La personne reniffla, et Hermione reconnut Ron. Elle s'approcha docilement de l'endroit où se trouvait son petit ami, et vit qu'il avait une bouteille de Wisky Pur Feu à la main, les trois-quart vide.

" Ron! Où est-ce que tu as eu çà? " s'indigna la brunette en essayant de lui prendre la bouteille des mains.

" Laisse-moi çà Mione... " grogna-t-il en tirant son sur bien.

" Mais... Tu es soûl... Où est-ce que tu as eu cette bouteille! Dis-le moi! " s'écria-t-elle en tentant à nouveau de se saisir de la bouteille d'alcool.

" J'ai juste... Demandé... un p'tit... service à... Dobby... " articula-t-il d'un voix pâteuse.

" Mais pourquoi! " lui demanda-t-elle en s'asseyant à côté de lui, voyant qu'elle ne pouvait pas faire mieux que de l'écouter.

" Pour... Faire mon... deuil! " dit-il en avalant une nouvelle gorgée d'alcool. Il grimaça légèrement, mais en but à nouveau une.

" Et tu crois que c'est comme çà que tu vas oublier que tu as foutu votre amitié en l'air? " riposta la brunette en fronçant les sourcils.

Ron reniffla d'indignation, la regardant d'un air mauvais pendant quelques secondes. Puis, il replongea ses yeux dans les flammes de la cheminée, avant de reprendre.

" J'vois pas de quoi... tu parles... "

" D' HARRY! " cria-t-elle en le faisant grimacer à nouveau.

" Connais pas... " marmonna-t-il.

" NE FAIS PAS L'ENFANT ! POURQUOI L'AS - TU BATTU ? " hurla-t-elle en se levant d'un bond, impatiente.

" PARCE QU'IL M'A DIT... QU'IL... ETAIT AMOUREUX... DE TOI ! " s'époumonna-t-il en se levant à son tour.

ll vacilla quelques instants, tendit un bras, et la prit dans sa chute. ll avait enlevé sa cravate et défait quelques boutons de sa chemise. Dans d'autres circonstances, peut-être se serait-elle laisser faire par ses mains qui ne demandaient qu'à parcourir son corps Elle avait besoin d'amour à ce moment-là, et il était là, même s'il n'avait pas toute sa tête. Mais là, il puait l'alcool, et elle avait horreur de çà. ll la serra à sa taille, caressant ses hanches de ses grandes mains, la respiration forte, la bouche légèrement ouverte, il leva une main vers ses cheveux, et les détacha. lls tombèrent sur ses épaules, tout emmêlés en une énorme masse et il la regarda avec adoration et... désir. ll commença à passer sa main gauche sous sa robe de sorcier, hésitant d'aller plus loin.

" J'veux toucher ta peau... " souffla-t-il contre son oreille.

" Non... S'il te plaît... Ron, tu ne sais pas ce que tu dis! " dit-elle en essayant de se dérober, alors que sa respiration commençait à être difficile.

" Je t'aime... Et à cause de çà, j'ai perdu mon meilleur ami, parce que lui aussi, il est amoureux de toi... Mais c'est moi qui t'ai eu! " murmura-t-il en approchant sa bouche de la sienne.

" Tu veux prendre ta revanche! C'est tout! Tu te moques de que je ressens alors? " s'écria-t-elle, vexée en fronçant les sourcils. Elle reculait la tête, essayant d'être hors de portée du rouquin, se penchant sur le bras du fauteuil pourpre, mais il faisait de même qu'elle, et ils se retrouvèrent bientôt dans une position très inconfortable pour la brunette.

" J'ai envie de toi, Mione... S'il te plaît... laisse-moi... laisse-moi te faire... l'amour... Je ne... veux plus ... sentir ce vide... à l'intérieur... de moi... " balbutia Ron en cherchant toujours sa bouche, reniflant légèrement, comme s'il retenait ses larmes.

" Tu ne sais pas ce que tu dis Ron! Tu es soûl! " essayait-elle de le raisonner.

ll se redressa soudain, se prit la tête entre ses mains, elle en profita pour faire de même, et entendit un sanglot étouffé. La brunette se leva doucement, et s'agenouilla en face de lui, les sourcils froncés. Elle hésita un instant, mais finit par saisir ses grandes mains dans les siennes, et les écarta doucement de son visage. De lourdes larmes coulaient le long de ses joues, et il la poussa de lui, honteux, rougissant jusqu'aux oreilles.

" LAISSE-MOI ! JE NE SUIS... QU'UN IMBE... UN IMBECILE ! " cria-t-il en détournant les yeux.

" Non... Ron, s'il te plaît... Regarde-moi... " murmura-t-elle, en reprenant son visage dans ses petites mains.

Elle ne l'avait jamais vu comme çà, aussi désespéré et aussi triste. Son coeur se serra brusquement lorsque leurs regards se croisèrent. Elle reccueillit une des nombreuses larmes qui sortaient de ses paupières, et l'observa un instant. C'était le fruit d'une intense souffrance... Et elle prit alors une décision... Elle reposa une main tremblante sur la joue du rouquin, se rapprocha de lui, sans dire un mot, et posa ses lèvres sur les siennes. ll la prit par la taille, la plaçant entre ses genoux en la rapprochant un peu plus de lui, et grogna en approfondissant le baiser. Sa langue joua avec la sienne quelques instants, et il se détâcha d'elle, la regardant avec incertitude.

" J' veux pas... te forcer... " souffla-t-il, une lueur étrange dans les yeux.

Pour toute réponse, elle le prit délicatement par le col de sa chemise, le rapprochant ainsi d'elle. ll tomba lourdement à genoux, et se plaça en face d'elle, devant la cheminée de la salle commune. Elle leva des mains tremblantes jusqu'aux boutons de sa chemise, le coeur battant, le regardant droit dans ses grands yeux bleux. La lueur du désir y dansait, et cela lui donnait du courage. Elle posa doucement une main sur son torse crémeux, et se surprit de sa chaleur et de sa douceur. Elle le regardait, incertaine, ne sâchant pas trop quoi faire. ll la rapprocha de lui, et recommença à l'embrasser avec tendresse. ll lui enleva sa robe de sorcière ainsi que son pull. Sa respiration était haletante, ses pupilles dilatées l'embrasant toute entière.

Elle finit par lui enlever sa chemise, découvrant de légers abdominaux bien faits, et elle ne put s'empêcher de poser une main dessus, délicatement. Mais quand elle commença à le caresser, il lui saisit violemment le poignet, la respiration de plus en plus difficile. ll se colla à elle, et l'embrassa avec passion, meurtrissant ses lèvres avec délectation. Ses mains incertaines déboutonnèrent à leur tour la chemise de la Préfète, découvrant un soutien-gorge blanc, presque chaste, très classique. Sa poitrine n'était pas énorme, mais éveillait en lui le désir. ll sentit sa gorge se nouer, alors que ses yeux la dévoraient, et son pentalon se faire trop étroit tout à coup. Elle enleva sa chemise, voyant qu'il était trop émerveillé pour le faire lui-même, et détâcha son soutien-gorge, le rouge commençant à monter à ses joues, mais ce n'était rien comparé au rouquin qui lui faisait face.

ll porta une main tremblante à son sein gauche, et elle haleta légèrement. Elle se colla à lui, et l'embrassa, plongeant ses mains dans cheveux indiciplinés, descendant sur sa nuque, puis plus bas dans son dos. Elle sentait de drôles de sensations qui lui parcouraient l'estomac, alors qu'il massait sa poitrine. Le désir commença à monter en elle, et elle s'entendit gémir contre sa bouche. ll se détâcha d'elle, comme s'il était surpris que çà soit lui qui lui procure cette sensation. Elle lui sourit doucement, et porta maladroitement ses mains à son pantalon. Elle effleura légèrement la ceinture de ses doigts, se mordillant la lèvre inférieure, baissant le regard pour voir que le désir agissait aussi sur lui.

Elle pensa à Harry... ll devait être quelque part dans le château, alors qu'elle... Elle s'apprêtait à sauter le pas avec un garçon qui l'aimait de tout son coeur, elle n'en doutait pas, mais qu'elle, elle n'aimait pas... Ou du moins, pas de cette façon. Ses yeux se brouillèrent un instant. Elle aurait voulu faire l'amour avec Harry, la première fois... Mais il voulait qu'elle l'oublie, et c'était là une bonne occasion. Elle prit une rapide inspiration, alors que le rouquin leva son visage vers lui, il lui sourit gentillement, et l'aida à défaire la boucle de sa ceinture et la braguette de son pentalon. Lorsqu'elle sentit sa verge dressée se frotter légèrement contre son ventre, elle sut qu'elle ne pourrait pas aller jusqu'au bout. Alors qu'il allait l'embrasser à nouveau, elle prit peur et se recula brusquement. Elle haleta en voyant son air triste et incrédule, et souffla le coeur battant à lui rompre les côtes:

" Chuis désolée... Je... Je peux pas... "

ll tourna vivement la tête, une profonde déception marquant ses traits. ll ravala une fois de plus ses larmes, s'appuya sur ses mains pour se relever, reboutonna brusquement son pentalon, les yeux fixés devant lui, les dents serrés, prit sa chemise, son pull, sa cravate, sa robe de sorcier, et partit en titubant en direction de son dortoir.

" Je le... savais de toute façon... J'ai été trop bête... pour y croire... Qu'est-ce que tu fais avec moi?... Vas le... retrouver... t'en meurs d'envie! C'est bien... à cause de çà que tu... ne veux pas qu'on... saute le pas... Non?... " demanda-t-il sans se retourner.

Et sans attendre la réponse de son amie, il monta d'un pas mal assuré les marches, en s'accrochant au mur.

Hermione ne bougea pas, pétrifiée, les yeux exorbités, le coeur battant la chamade. Elle se rendit compte de sa partielle nudité, et se précipita sur sa chemise, qu'elle reboutounna vite de ses mains tremblantes. Les larmes menaçaient de couler, et se fut quand elle regarda une nouvelle fois dans la direction des dortoirs qu'elles s'échappèrent de ses yeux. Elle rapprocha ses genoux sous son menton, et s'appuya dessus en regardant les flammes dans la cheminée. Pourquoi cette douleur insupportable? Pourquoi tant de souffrances s'abattaient-elles sur elle? Avait-elle fait quelque chose de mal pour mériter tout çà? Cette journée avait été la plus catastrophique de toute sa vie... Elle avait tout perdu... Tout... L'amitié de Ginny, Harry, et sans doute l'amour de Ron... Elle se sentait vide, abandonnée, seule au monde... Le sommeil commençait à la gagner, et elle se hissa avec lenteur sur le divan pourpre, avant de s'endormir d'un sommeil agité, et sans rêve...