ceci est un petit cadeau de Noël à mes chères et fidèles revieweuses, à savoir un nouveau chapitre! J'avoue que ce chapitre n'est vraiment pas terrible et que j'étais pas trop inspirée...
et puis étant donné que je pars dimanche à London, je ne pourrais pas poster de chapitres jusqu'au nouvel an et je ne veux pas que vous m'oubliez pendant vos vacances que je vous souhaite reposantes et pleines de cadeaux
sur ce, bonne lecture et sachez que la suite est en cours d'écriture!
je voudrais aussi votre avis: je voudrais poster un slash que j'ai commencé à écrire, mais en anglais...est-ce que ça intéresse quelqu'un?
ENJOY YOUR VACATION!
Chapitre 11 : tout est plus beau la nuit (à quelques exceptions près)
Point de vue de Zinnia Sullivan, Serpentard
Nous arrivons devant la porte mais au moment où Cléo s'apprête à l'ouvrir, des bruits de pas vifs se font entendre et nous restons interdites : Rusard.
Nous nous dissimulons derrière une armure couverte de poussière qui tient fièrement une épée dans sa main gauche. Notre concierge bien-aimé apparaît, l'horrible Miss Teigne sur ses talons. Cléo m'adresse un regard interrogateur. Comme si c'était à moi de nous sortir de là.
Néanmoins, je meurs d'envie de savoir ce qui se passe dehors et je ne laisserai pas ce vieux démon aigri m'en empêcher. Je sors donc ma baguette de ma poche et murmure :
-Cadato !
Un lustre de verre tombe avec fracas sur le sol de marbre et le bruit attire Peeves, l'esprit frappeur le plus insupportable que l'Humanité ait jamais connu.
Rusard se retourne, reste bouche bée devant le massacre et cherche des yeux un coupable. Mais nous sommes bien cachées et il ne nous aperçoit pas, peut-être est-ce dû au fait qu'il soit à moitié borgne.
Il s'éloigne ensuite en boitant à la poursuite de Peeves dont les cris résonnent dans le hall. Cléo et moi sortons de notre cachette et ouvrons la porte du château, en essayant d'en réduire le grincement : Dumbledore devrait sérieusement songer à investir dans l'achat d'une bouteille d'huile pour ferraille.
L'air de la nuit me fait l'effet d'un coup de fouet au visage. Puis la douleur aigue se transforme en brûlure et en un remords ridicule : celui d'être sortie sans manteau ni écharpe. C'est la Mort qui me guette mais tant pis. Si je découvre qui se balade dans le parc un soir de pleine lune- à part nous deux- je mourrai moins ignorante.
Nous courrons vers le Saule Cogneur et le trouvons parfaitement immobile. Je m'en rapproche : il commence à faire osciller dangereusement ses branches noueuses en direction de ma pauvre petite tête glacée. Alors que moi et Cléo ne rompons le silence nocturne que par le claquement de nos dents, des bruits se font entendre et, chose étrange, ils proviennent de sous nos pieds.
J'écoute attentivement pour être sûre d'avoir bien entendu mais le doute n'est plus permis : il s'agit de rugissements. Depuis quand Poudlard héberge-t-il une bête féroce non répertoriée ?
La peur me prend : c'est une sensation étrange qui part de l'estomac et se diffuse dans tout le corps, en commençant bien sûr par le filet d'eau glacée qui semble me couler dans le dos puis gagner le moindre petit capillaire sanguin de mon organisme.
Un coup d'œil bref à Cléo me permet de comprendre qu'elle est aussi terrorisée que moi. Je lui attrape le bras et nous nous réfugions dans un buisson particulièrement touffu. C'est alors que sort des racines du Saule une véritable ménagerie ambulante : un cerf, un chien, un énorme rat qui grimpe sur l'arbre et que j'aperçois une fraction de seconde avant qu'il ne disparaisse à nouveau dans l'herbe et – ma terreur atteint son zénith- un loup-garou !
Cléo pousse un petit cri suraigu : apparemment je ne suis pas la seule à m'inquiéter, pour faire dans l'euphémisme.
Le loup-garou semble alerté par le bruit, inspecte les alentours de ses grands yeux jaunes et cruels puis remarque le buisson dans lesquelles nous nous cachons, qui m'apparaît alors aussi imposant qu'une unique feuille de châtaignier défraîchie.
Il s'approche de nous, il nous sent, il nous entend, j'en suis sûre. Et un nouveau hurlement de Cléo vient confirmer ma certitude. Il se redresse, ouvre une gueule béante et remplie de canines acérées, pousse un rugissement féroce et s'apprête à nous sauter dessus pour nous dévorer toutes crues quand le chien- dont le pelage hirsute noir comme l'ébène n'est pas sans rappeler la chevelure d'une certaine personne de sexe masculin dont le nom est désormais maudit- se jette sur lui et l'empêche de nous attaquer.
Une bataille acharnée s'ensuit : j'ai l'impression que le chien essaie de nous défendre mais il n'y arrivera pas seul. Comme pour palier ce défaut tactique, le cerf se joint à lui pour tenter de calmer le monstre, en lui donnant des coups de cornes et de sabots. Je dis bien « calmer » car j'ai la nette impression qu'ils ne cherchent en aucun cas à le terrasser. Qui a dit que les animaux ne faisaient pas de nuances ?
Nous tremblons de peur dans notre petit bosquet riquiqui qui ne couvrirait même pas un couple de gnomes en pleins ébats.
Le ciel se couvre petit à petit et je sens comme un avant goût de pluie à venir dans l'air du soir. Mais seule la terreur luit en moi comme un ostensoir. (petite touche baudelairienne !)
Ça ne pourra pas être pire. Quoique…
Le loup-garou réussit à se débarrasser de nos sauveurs et se dirige vers notre buisson, empli de rage et d'appétit. Pour peu, j'entendrais presque son estomac gronder dans la nuit noire.
La nuit noire. Depuis à peine quelques secondes. L'obscurité presque complète. Et la bête qui s'immobilise, se rétracte, lance un gémissement plaintif vers ses compagnons de lutte et lève la tête vers la masse de nuages menaçants qui recouvrent la lune, si pleine et si blanche il y a une minute.
La créature s'écroule à terre, est secouée de spasmes, comme si elle était à l'agonie- ce qui, je l'espère, est le cas- et finit par rester couchée sur le sol, apparemment sans vie.
Le chien, le cerf et ce qui devait être le rat sont en train de subir eux aussi une sorte de métamorphose, car ils prennent progressivement la forme d'êtres humains. Des animagi.
Ma surprise devient indescriptible quand un rayon de lumière éclaire leur visages : devant nous se tiennent Peter Pettigrow, essoufflé et de grosses gouttes de sueur lui coulant le long des tempes, James Potter, dont les cheveux sont plus en bataille que jamais et qui affiche un air particulièrement inquiet, ainsi que Sirius, le visage lacéré de griffures et de blessures sanguinolentes, qui semble nous observer à travers les feuilles qui nous recouvrent.
Mon regard se tourne vers Cléo, dont les yeux sont presque sortis de leurs orbites, puis vient lentement se replacer sur la silhouette désormais humaine qui gît à même le sol, quelques mètres plus loin. Si les Maraudeurs sont au complet, je sais à présent qui est la bête qui a failli nous ôter la vie…
Ce qui, d'après mes conclusions, doit être Remus Lupin se met à bouger, gémit d'une voix faible puis relève la tête. Mon sens de la déduction en est tout fier : c'est bien Lupin, la mine plus pâle que jamais, l'air plus exténué que d'habitude
(ce qui n'est pas peu dire) et surtout le regard empli d'une inquiétude palpable par tous ceux qui l'entourent. Il s'adresse dans un souffle à Sirius, puis exécute un bref mouvement de tête vers notre si vaillant bosquet. Black acquiesce silencieusement et fait signe aux deux autres de se joindre à lui. Ils se rapprochent de nous, et la situation devient pour le moins périlleuse.
Cléo tremblote et mes intestins sont tellement serrés par l'angoisse que j'ai la nette impression de ne plus être qu'un nœud. La fin de la nuit s'annonçant mal, je me rassure en songeant que je pourrais me pendre avec le nœud si besoin est.
Sirius tend une main écorchée vers le buisson et écarte les feuilles sombres. Son effarement est indescriptible.
-Qui c'est, Patmol ? lui demande Potter.
-Viens voir par toi-même.
Il penche la tête vers nous et émet un bruit qui s'apparenterait presque à un sifflement.
-Dis-moi que je rêve, Patmol.
-J'ai bien peur que non, Cornedrue.
-Vous pourriez peut-être sortir de là, qu'on s'explique, nous suggère galamment Pettigrow.
-Ouais, c'est ça, qu'on s'explique, rajoute Potter, qui se passe de toute galanterie.
Sirius regarde Cléo sortir frissonnante de notre refuge mais quand c'est à mon tour, il baisse la tête et contemple l'herbe humide. Apparemment sa décision de m'ignorer royalement tient toujours. Mais Potter, lui, n'a conclu aucun marché avec moi et ne se prive donc pas de nous aboyer dessus :
-Qu'est-ce vous fichiez là, bande de garces démoniaques ?!
-On faisait une balade dans le parc et…
-Vous vous foutez de nous, c'est ça ?
-Plus vite vous direz la vérité, plus vite on en aura fini, fait remarquer Sirius, toujours sans me regarder.
-Bon, d'accord. On a vu du mouvement dehors par une des fenêtres du château et on a voulu savoir ce qui se passait…admet Cléo.
-Très fin, comme comportement.
-Tu peux parler Potter, ce n'est pas nous qui passons les trois quarts de notre temps en retenue !
-Continues à me faire des remarques désobligeantes et je t'accroche à la plus haute branche du Cogneur jusqu'à ce que tu sois réduite à l'état de bouillie !
-J'aimerais bien voir ça, Potter. Pour l'instant, la seule bouillie que tu connaisses, c'est celle qui te remplit le crâne et qu'on appelle communément « cerveau » !
-Ah ah ah…C'est qu'elles sont drôles, en plus de n'être que deux sales petites fouineuses !
-Je meurs d'envie de te transformer en cafard mais je ne suis pas sûre qu'Evans apprécierait. Elle doit déjà te trouver assez répugnant comme ça…
Il met sa main dans sa poche et en sort sa baguette, qu'il pointe vers nous d'un geste menaçant.
-Qu'est-ce que vous avez vu ? interrompt Sirius. Il s'adresse à nous deux mais ne fixe que Cléo de son regard qui, pour la première fois depuis des années, semble sérieusement préoccupé.
-Tu veux parler de ça, Black ? répond Cléo, en montrant du doigt Lupin.
Mon cœur se serre en entendant Néfertiti désigner ainsi celui dont elle est amoureuse. Je crains que cette soirée ne change beaucoup de choses.
-Oui, ça, reprend Black. Merci pour ta délicatesse.
-Je ne sais pas trop comment…
-C'est bon, arrête d'essayer de te justifier. Je ne crois pas me tromper en disant que vous avez vu toute la scène, et que vous mourez d'envie d'aller raconter à vos petits Mangemorts de copains l'horrible vérité sur la vraie nature des Maraudeurs !
-Tout de suite…Des Mangemorts…Arrête de dire n'importe quoi, tu veux ?
-C'est qu'il va être content, Servilus… On ne pourra même pas l'accuser d'avoir cafté…
-Qu'est-ce que tu racontes ?
-Mêle- toi de tes mandragores.
-Et puis de toutes façons, même si on raconte ce qu'on a vu, qu'est-ce vous ferez ? Vous vous vengerez ? Cette fois-ci Zinnia aura droit à des poils verts à pois roses, c'est ça ?
-Tu nous sous-estimes, Biggles, réplique Potter.
-On a les moyens de vous pourrir la vie au-delà des limites de l'imagination.
-Ah oui, et c'est quoi ces moyens mystérieux, Black ? Tu vas m'aboyer dessus ou me mordre ?
Bien envoyé, Clé'. Je n'ai pas prononcé un seul mot depuis que la dispute a commencé. Je suis bien trop mal à l'aise pour ça.
-N'essaye pas de nous déstabiliser, Biggles. Tu sais très bien que tu n'y arriveras pas. Je vous propose un marché, annonce Sirius.
-Excellente idée, Patmol, ajoute Pettigrow, enthousiaste. Il a un sérieux don pour l'ouvrir dans les moments les plus inappropriés, celui-là.
-Je t'écoute, répond Cléo.
- Si vous vous taisez et que personne n'entend parler de cet « incident », on vous laissera tranquilles et on oubliera votre présence, ce qui ne devrait pas être trop difficile.
Pourquoi a-t-il continuellement besoin de lancer des remarques acides ? Peut-être pour me rappeler que je ne suis rien du tout pour lui…
-Mais si vous ne tenez pas vos langues de vipère, ajoute-t-il, je vous jure que vous entendrez parler de nous.
-Si je comprends bien, vous êtes gagnants dans les deux cas ? interroge Cléo.
-Et vous restez vivantes dans le second, lui réplique pertinemment Potter.
-C'est d'accord.
God bless Néfertiti.
Sirius et Potter hochent la tête et se retournent vers Lupin, toujours assis par terre. Ils se hâtent sûrement d'aller lui raconter ce qui s'est passé, et de le rassurer quant à l'intégrité de son secret.
Je prends la main de Cléo dans la mienne et la serre fort pour lui faire comprendre à quel point je la remercie de sa présence.
-Vous pourriez peut-être déguerpir ? nous suggère Pettigrow.
Nous ne nous faisons pas prier deux fois et prenons en courant la direction du château.
Une fois arrivées dans notre dortoir, nous nous mettons au lit sans même nous déshabiller. Lucy et Barbara doivent dormir d'un sommeil de plomb, car elles ne nous entendent pas rentrer. Allongée dans mon lit à baldaquin, je fixe les grains de poussière qui brillent à travers le rayon de lune qui éclaire la pièce.
Remus Lupin, un loup-garou ? Le fait que les trois autres Maraudeurs soient des animagi ne me choque pas plus que ça. Mais Lupin…J'ai l'impression d'avoir vécu un cauchemar qui prendra fin dès que je me réveillerais. Je pense à ma pauvre Cléo qui doit être encore plus traumatisée que moi et qui nous a pourtant sauvé la mise, ce soir.
-Néfertiti ?
Un sanglot étouffé me répond et je n'insiste pas. J'ai appris que le silence est le plus précieux des soutiens.
