Chapitre onze : The Ghost of you
Pourquoi… Hatake-san… … C'est toi ? Hatake-san… ! Je suis enfin venu te rejoindre
?
Pourquoi
m'as-tu abandonné ?
Tu me… tu me manques tellement…
Tellement…
J'aurais dû mourir… J'aurais dû mourir…
dans tes bras…
J'aurais dû mourir…
Avec
toi…
J'ai…
j'ai si froid… Ca ne peut être que…
Je suis enfin mort,
alors ?
Ca fait si longtemps que j'attends ça… pouvoir à nouveau
te serrer contre moi…
Où es-tu ?
- Hatake-san !!
Non… ! Ne
pars pas… ! Ne m'abandonne pas !!
Pas encore…
Non…
- Je vous en prie, Hatake-san, réveillez-vous !!
Arraché aux
bras venus l'emporter, Kakashi ouvrit péniblement les yeux. Sa
mâchoire tremblait, frigorifié jusqu'aux os qu'il était, sa
vue profondément troublée par le froid. Les gouttes de pluie
ruisselaient sur son visage.
Etait-ce de la pluie… ?
- Kami-sama… Hatake-san, vous êtes congelé, même votre peau est bleue… Qu'est-ce qui vous a pris de vous endormir ici, sous la pluie, avec votre manteau ouvert ?!
Le torse à découvert, l'écrivain leva ses yeux sur son interlocuteur, incapable de le reconnaître. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il lui en voulait.
- Vous pouvez vous levez ?…
- L… Laisse-moi…
laisse-moi crever…
Il sentit l'autre recouvrir son corps d'un manteau en soupirant.
- Je ne pense pas que mourir dans un cimetière soit une mort digne de vous, Hatake-san. Levez-vous, je vais vous ramener…
Profondément engourdis, les muscles de Kakashi refusèrent de se remettre en marche. Ses yeux perdus dans le vide, il sentit l'autre le mettre sur son dos, se mettant progressivement à avancer.
- Tu… fais chier…
- … Je
vous ramène. On en reparle tout à l'heure, Hatake-san.
Regardant une dernière fois la pierre tombale qui faillit être aussi la sienne, Kakashi s'évanouit.
XXXXX
« Mon
cœur… ? Pourquoi tu ne me réponds pas ? On se voit ce soir, alors
? Tu m'as trop manqué… Je me réjouis de te revoir… Je t'aime.
»
Sa poitrine se serra un peu plus devant l'énième
message de l'autre. Après plusieurs secondes, Neji soupira,
rangeant son portable sans envoyer de réponse, tentant vainement de
se convaincre qu'il devait suivre son cours. Non, il n'allait pas
pouvoir éviter la confrontation beaucoup plus longtemps, c'était
certain, mais allait-il pouvoir la supporter… ?
Chassant
rapidement ses pensées, Neji se replongea dans ses notes, noyé sous
le flot du professeur… avant que son portable ne se remette à
vibrer dans sa poche. Irrité, il ne put cependant s'empêcher de
lire immédiatement le message.
« Juste pour te dire que je
vire Sasuke du groupe. J'espère que tu passes une merveilleuse
journée. A plus »
Ah non. Ce n'était pas le moment que
Naruto le mêle à ses histoires, vraiment pas.
Enervé,
Neji éteignit finalement son portable. Marre que ma journée soit
régie par ces vibrations. Marre.
Il fut finalement soulagé en
replongeant le petit appareil tout au fond de sa poche, se prenant
d'une passion frénétique pour les molécules d'adhérence et
les relations intra-cellulaires.
XXXXX
Exaspéré,
le blond enfila la première veste qui lui tomba sous la main. Il
avait oublié sa jaquette orange fétiche chez Sasuke… mais il ne
remettrait pas les pieds chez l'Uchiwa. Jamais. D'ailleurs, il ne
voulait plus jamais le revoir, plus jamais en attendre parler. Et
tant pis pour sa veste.
Encore énervé de la veille, Naruto avait
décidé en se réveillant qu'il devait trouver moyen de se changer
les idées, s'en voulant mentalement d'avoir pris congé à son
travail en une si mauvaise semaine. Et pas question de penser au
remplaçant de Sasuke pour le moment. Tout ce qui avait trait à son
ancien guitariste fut strictement prohibé de ses pensées.
L'idée
lui vint brusquement en tête. Voilà bien longtemps qu'il n'avait
pas revu son tuteur… Une visite surprise lui ferait certainement
plaisir. En plus, le professeur avait lui aussi congé pour cause de
vacances scolaires.
Pour la première fois de la journée, Naruto
sentit un sourire naître sur ses lèvres. Oui… Iruka saurait
l'écouter, saurait le conseiller et le rassurer.
Comme il
l'avait toujours fait.
- Iruka… Je suis un méchant
garçon, tu crois ? Iruka, 20 ans, écarquille les yeux sous
la question du petit blondinet. - Mais non, Naruto… Pourquoi
tu dis ça ? Attristé, Iruka prend le garçon dans ses bras,
caressant doucement ses cheveux d'or. - C'est pas vrai, et
tu le sais bien… Moi, je t'aime beaucoup, tu sais ? Le brun se mord la lèvre, serrant le corps
tremblant dans ses bras. - C'est… c'est juste que j'ai
fini mon stage de six mois à l'orphelinat, Naruto… Mais je
viendrai te voir, je te le promets. Les frêles poings
du garçon se mettent à frapper son torse, une larme ruisselant
doucement sur sa joue. - Non ! Naruto, je te jure que ce n'est
pas ça… ! Les larmes continuent de glisser des grands
yeux bleus du blondinet. Iruka sent son cœur se fendre en deux. -
… Tu sais quoi, Naruto ? Je vais te promettre quelque chose. Je
reçois mon diplôme le mois prochain, et… à ce moment-là, tu
seras avec moi pour fêter ça. Naruto se frotte les yeux,
reniflant bruyamment. Il ne comprend pas. - Ce que j'essaie
de te dire… continue Iruka. C'est que… je veux t'adopter,
Naruto. Le garçon écarquille les yeux de stupeur, figé,
puis, les coins de sa bouche se surélèvent progressivement. -
C… c'est vrai, Iruka… ? Dans
un cri de joie, le garçon lui saute au cou, faisant le brun tomber à
la renverse, riant avant de serrer le garçon contre lui. - Je
suis tellement content ! s'écrie Naruto, frottant son visage
contre le torse du son futur tuteur. Ah !… Quand Yakushi-san
apprendra ça, il va être triste… mais moi je suis tellement
content !! Une ombre apparaît sur le visage du
blondinet alors qu'il se redresse. - Il me fait mal quand il
m'aime… alors c'est pas grave si je pars. Iruka fronce
les sourcils. - Comment ça, Naruto ? Horrifié, Iruka se redresse,
prenant le garçon par les épaules. - Quel secret, Naruto ?
Tu peux me le dire, je vais t'adopter, tu ne dois pas avoir de
secrets pour moi. La bouche du blondinet se tord, comme s'il
était en proie à un douloureux combat intérieur. - Mais…
si je te le dis… tu vas plus vouloir m'adopter… parce qu'il
m'aura aimé plus que toi… Soudain, son visage s'illumine
alors qu'il continue : - Mais toi aussi, tu peux m'aimer
comme lui, si tu veux… je sais que tu me feras pas mal, toi. Iruka
étouffe une exclamation en sentant la main du garçon s'apposer
sur sa braguette, caressant avec hésitation. - Naruto…
! Ce n'est pas aimer, ça !… Kami-sama !! Le petit garçon
ne comprend pas la réaction de l'autre, le regardant se lever
alors que les larmes recommencent à lui monter aux yeux. Il baisse
la tête en serrant les poings. - Je savais… je savais que
tu finirais par ne plus m'aimer, toi non plus… Brusquement,
il est attiré contre le corps de l'autre qui le serre avec
force. - Naruto… C'est pas le mois prochain que tu pars
avec moi. Le monde du petit garçon se met à s'émietter
progressivement avant que l'autre ne complète dans un souffle : -
… C'est tout de suite.
- Personne ne m'aime… mais j'essaie d'être
gentil, je te jure, Iruka, mais… Personne ne veut de
moi…
- … On
m'a dit que tu partais ce soir. Tu vois, toi aussi, tu
m'abandonnes…
- NON ! Tu t'en vas parce
que toi non plus, tu ne m'aimes pas… !!
- Mes parents m'ont abandonné parce qu'ils ne
m'aimaient plus, eux non plus ! Les autres petits garçons ne
veulent pas jouer avec moi, et personne ne veut m'adopter ! J'ai
toujours été tout seul, mais… mais après, t'es arrivé, toi…
T'es venu jouer avec moi, t'as parlé avec moi, t'as vu que
j'existais…
- Bien sûr que c'est vrai !
- … Kabuto ?
- Oui, lui aussi m'aime beaucoup,
tu sais… Mais…
- … Je peux pas te
le dire. C'est notre secret.
Le brun lui prend
vivement la main, les yeux écarquillés d'effroi.
Embrasant rapidement la
pointe de sa cigarette, Naruto sortit de son appartement, n'oubliant
pas cette fois-ci de fermer à clé derrière lui ; cela faisait déjà
une année qu'il ne vivait plus avec le professeur, dès sa
majorité acquise, mais il n'avait toujours pas prit ses marques en
tant qu'homme indépendant. Il tira une bouffé de nicotine,
inspirant longuement alors qu'il se mettait en marche sous la fine
pluie, plus clémente que celle de la veille. Non, il ne voulait pas
recommencer, mais là… La situation du soir d'avant avait
réveillé de l'angoisse au fond de lui, sans qu'il ne sache
réellement pourquoi ; il soupira lentement en posant son casque sur
les oreilles, lançant à pleins tubes son groupe de métal
fétiche.
Il voulait étouffer ses pensées. Pas question
d'arriver chez l'autre avec une tronche de six pieds de
long.
XXXXX
Lorsqu'il émergea peu à peu de
la torpeur, Kakashi se sentit bien. Ce n'était plus le froid, mais
au contraire une douce chaleur qui se diffusait à travers tout son
corps. Il soupira de bien-être sans ouvrir les yeux, quelqu'un lui
caressait le visage avec douceur. Peu à peu, il se rendit compte
qu'il était immergé dans l'eau, la tête au dehors, il faisait
bon, il se sentait bien, délicatement engourdi…
… Attends
voir.
Qu'est-ce que je fous dans l'eau ?!
Les
connexions de son cerveau se remirent à fonctionner à nouveau après
son évanouissement, révélant au conscient de l'écrivain qu'il
n'était pas logique de s'endormir à un endroit et de se
réveiller dans un autre. Il ouvrit douloureusement les yeux, voyant
d'abord flou, avant que sa vue ne distingue deux grands yeux noirs
le fixant avec intensité.
- … Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que je fous là… ?
En face de lui, l'homme sourit avec bienveillance.
- … Ne vous en faites pas, Kakashi-san. Votre peau est encore un peu bleutée, mais au moins votre corps n'est plus à 29°C.
Son interlocuteur fit quelques mouvements indistincts avant de poser délicatement un linge chaud et humide sur son front.
- L'homme qui vous a ramené m'a dit que vous ne respiriez plus et que votre pouls était quasiment inexistant. Je pense que vous avez fait une hypothermie sévère…
Soudain, une lueur étrange apparaît au fond des yeux profonds de l'autre.
- Vous auriez pu y rester, Kakashi-san.
L'écrivain sourit doucement, sentant l'autre glisser un thermomètre dans sa bouche.
- … Tu t'inquiètes pour moi, Sai ?
Le noiraud devant lui ne répondit rien, la bouche pincée, ajoutant simplement un peu d'eau chaude au bain.
- Je dois augmenter progressivement la température de l'eau… pas trop vite, sinon vous risquez un choc thermique, mais ça va aller, dit-il d'une voix sourde. Vous sentez vos mains et vos pieds, Kakashi-san ?
Ce dernier se mit à remuer lentement ses doigts, difficilement, comme si ses mains s'étaient transformées en deux grosses éponges imbibées de saké. Le thermomètre émet un petit bip avant que Sai ne le prenne entre ses doigts fins ; un sourire naquit sur ses traits.
- Vous êtes à 34°C. Tout va bien, mais ne sortez pas avant d'arriver à 36°C, surtout. Je vais vous préparer un thé que vous boirez dans votre bain, et quand vous sortirez, une soupe sera prête pour vous sur la table du salon.
Alors que le jeune homme s'apprêtait à se lever, Kakashi le retint doucement, caressant sa joue rendue encore plus pâle par l'inquiétude. Il semblait légèrement surpris par le geste tendre de l'autre, mais ne sembla pas s'en plaindre.
-
Merci, Sai… Tu es gentil.
- … Remerciez plutôt Danzou d'avoir
eu des livres de médecine dans sa bibliothèque, soupira l'autre.
Sinon, je n'aurai rien pu faire pour vous…
Alors qu'une lueur attristée apparaissait sur ses traits, le noiraud secoua vivement la tête, son éternel sourire refaisant son apparition alors qu'il posait sa main contre celle de l'écrivain.
- J'ai mis vos affaires à sécher dans votre chambre.
Subitement, Kakashi se rendit compte qu'il était complètement nu dans son bain. Il fronça légèrement les sourcils.
- Mais…
-
J'ai pas eu le choix, Kakashi-san, s'empressa d'ajouter Sai.
J'ai vraiment été obligé d'enlever vos vêtements, ils étaient
complètement détrempés et froids, et vous… vous ne portiez pas
de sous-vêtement, alors…
- Sai… c'est pas grave, tu sais,
je m'en fiche… c'est toi qui es plus gêné que moi,
là.
L'écrivain eut un petit rire en voyant une légère rougeur monter le long de cou de l'autre. Ce dernier lui sourit avant de se redresser, lui conseillant de remuer les doigts, les bras et les jambes afin d'accélérer le réchauffement et de vérifier qu'il n'y avait aucune lésion motrice.
- Kakashi-san…
Je me suis permis d'inviter votre sauveur à prendre un thé,
dit-il avant de passer la porte. Il vous attendra au salon quand vous
sortirez du bain.
- Sai…
Interloqué, le noiraud se retourna, fixant son tuteur de ses grands yeux noirs.
- Merci pour tout, Sai.
Après plusieurs secondes, un sourire doux apparut sur les traits de l'artiste.
- De rien, Kakashi-san… Je suis content… qu'il ne vous soit rien arrivé. Reposez-vous, maintenant…
Il ferma la porte derrière lui sans un regard.
XXXXX
Neji bâilla longuement en
franchissant les derniers pas le séparant de son appartement. La
journée avait été dure, les examens approchant à grand pas,
d'autant plus que ses nuits blanches à répétitions commençaient
à se faire douloureusement sentir. Il rêvait simplement d'un bon
bain chaud à ce moment, et après… après, il rallumerait son
portable, pas avant.
Pénétrant son appartement, il fut envahi
par une bonne odeur de biscuits fraîchement sortis du four. Il
sourit, se demandant comment sa cousine pouvait bien encore trouver
le temps de cuisiner malgré l'université, avant de se figer
complètement.
Cette voix…
- Neji ? C'est toi ? demanda la voix de sa cousine depuis la salle à manger. Viens voir qui est passé te voir… !
… Me*de.
Les yeux
écarquillés, Neji se mit à trembler de toute part. Non, non, non,
je suis pas prêt, je suis pas préparé…
Calme-toi. Respire.
Reprends-toi. Tu n'es pas Neji Hyuuga pour rien.
Le bassiste
prit une profonde inspiration, expirant longuement avant de
finalement se redresser.
Il n'allait pas se laisser
déstabiliser par ça.
Il fit quelques pas en direction de la
salle à manger, son cœur battant de plus en plus fort dans sa
poitrine, chaque pas plus difficile que le précédent, avant de
finalement se retrouver devant Hinata, joyeusement installée sur un
fauteuil aux côtés de… lui.
- … Salut, Neji.
Fixant froidement Shikamaru, le bassiste se raidit imperceptiblement en entendant sa voix.
- Qu'est-ce que tu fous là ? souffla le noiraud d'un ton aigre.
Abasourdie,
les yeux clairs de sa cousine s'arrondirent de stupeur. Elle posa
son thé, bafouillant qu'elle avait des courses à faire avant de
s'en aller rapidement.
Le regard des deux jeunes hommes n'avait
pas cillé, soutenant le regard de l'autre sans dire un mot avant
que la porte d'entrée ne claque à nouveau. Soupirant bruyamment,
Shikamaru se leva en baissant la tête, plongeant ses mains dans ses
poches.
- T'as l'air enchanté de me voir.
- Je le
suis. Ca se voit pas ?
Shikamaru haussa les sourcils.
- Ca y est… Qu'est-ce que j'ai fait ?
Lâchant un « tsss » sonore, Neji se détourna de l'autre, prenant le chemin de sa chambre d'un air fier. Las, Shikamaru le suivit, ne voulant même pas chercher la source de mécontentement de l'autre.
- Alors comme ça, tu n'as rien fait, hein ?… murmura Neji en arrivant dans la chambre d'une voix teintée de colère, posant violemment ses affaires au sol.
Par habitude, le brun ferma la
porte derrière lui, soupirant devant le ton de son petit ami. Ca
sentait les emmerdes, c'était certain…
Inspirant une
dernière fois, il demanda d'une voix morne :
- C'est Ino
qui a ouvert sa gueule ?
- NON, MONSIEUR, c'est pas Ino qui a
ouvert sa gueule !! explosa Neji, hors de lui. C'est ce que raconte
à peu près toute la ville, putain !!!
Le bassiste retourna et s'appuya contre le mur, haletant de colère froide. Il ferma les yeux, l'aigreur ayant bouillonné en lui pendant plus d'une semaine menaçant d'éclater à tout instant… lorsque soudain, il entendit sourdement le ricanement de l'autre emplir la pièce. Les yeux écarquillés, Neji se retourna, poings serrés. Si la fureur qui émanait de lui en ce moment pouvait se matérialiser, elle aurait déjà explosé tous les meubles de sa chambre.
- Je
rêve ou t'es en train de te foutre de ma gueule en plus… ?
murmura-t-il, la lèvre inférieure tremblante.
- Franchement,
Neji, j'aurais cru que toi, au moins, tu comprendrais.
Les jointures blanchies de ce dernier menaçait de se déchirer sous la pression tant le bassiste serrait les poings.
- Explique-toi
avant que je démolisse tout.
- Avec ce petit stratagème, j'ai
fait d'une pierre deux coups…
- Ah ouais ? Tu me quittes et tu
m'humilies en même temps, c'est ça ?
Shikamaru haussa les sourcils, ses lèvres pincées ; c'était tout juste si une goutte géante n'apparaissait pas derrière sa tête tant il était exaspéré.
- Non, Neji. Réfléchis un peu. Ino travaille au
Anbu, on est d'accord ?
- Je vois pas le rapport.
- Pourtant,
il y en a un. Et elle adore faire la commère et raconter à tout le
monde les nouvelles du jour, n'est-ce pas ?
Ne comprenant toujours pas, le bassiste écarquilla les yeux en secouant doucement la tête d'un air mauvais.
- Et dis-moi, Neji, quelle
famille est une très grande amie de la famille Yamanaka ?…
-
Tsss… Tu veux dire que tu t'es mis à galocher une fille devant
Ino simplement pour que tes parents apprennent de manière détournée
que tu es hétéro ?
La colère froide de Neji se transforma peu à peu en dégoût.
- Tu es pathétique, Shikamaru. J'arrive même pas à croire que tu te soucies encore de ça après tout ce qui nous est arrivé…
Il se ravisa, ne voulant pas parler du passé, avant de continuer sur un autre terrain.
-
En imaginant que je veuille bien te croire de ce côté-là,
Shikamaru… Quel était ton deuxième coup ?
- … Je protégeais
notre relation vis-à-vis de tes amis.
- Alors là, pour une
excuse à la con, c'est une excuse à la con…
- Ah oui ? Et
quelle est ton excuse à toi pour m'expliquer pourquoi t'as
permis à Sasuke de nous mater baiser à travers la webcam ?
Le bassiste se raidit violemment, pris de court.
- Tu…
T'avais…
- Bien sûr que j'ai remarqué. Tu t'es endormi
comme une masse et j'ai entendu le ventilateur de ton PC. J'ai
même eu toute l'aise de lire la conversation.
- … Ca n'a
rien à voir… J'étais complètement bourré et tu le sais
bien…
Shikamaru soupira bruyamment.
- C'est même
pas ça le problème. Le problème, c'est qu'on s'était mis
d'accord pour ne jamais en parler à qui que ce soit, et là, t'as
fait bien pire qu'en parler.
- C'est moi le con maintenant ?
-
Mais calme-toi ! Tu fais une tempête dans un verre d'eau
simplement parce que j'ai voulu préserver notre… notre…
- …
Oui, Shikamaru, notre quoi ? Notre homosexualité ?
Neji toisa l'autre avec un profond dégoût.
- C'est pour toi que je
ne dis rien à personne. J'assume ce que je suis, contrairement à
toi.
- J'avais besoin de cette couverture pour mes parents et du
même coup, si Sasuke ouvrait sa gueule à propos de nous, que tes
potes le croient pas.
- Sasuke est pas du genre et tu le sais…
quoique…
Un petit ricanement mauvais s'échappa de ses
lèvres.
L'autre cherchait à le blesser ? Très
bien…
Shikamaru allait s'en prendre plein la gueule aussi.
- … Y'a certaines situations où Sasuke ouvre quand même beaucoup la bouche…
XXXXX
- Iruka-san ! C'est moi !
Sourire aux lèvres, Naruto referma la porte de l'appartement derrière lui. Le professeur lui avait laissé une clé lorsque le blond était parti, lui disant que sa maison serait toujours la sienne s'il en avait besoin.
- Iruka… ?
Voilà qui était bien étrange, le brun n'était
pas du genre à sortir, à moins qu'il ait été voir
l'écrivain…
Un petit sourire malicieux apparut sur les traits
de Naruto lorsqu'il entendit du bruit provenant de la chambre du
professeur. Il avança à pas de loup, voulant faire la surprise à
l'autre, quand il s'arrêta brusquement à un mètre de la
porte.
Il… pleure ?
Sans réfléchir plus, le blond
pénétra brusquement dans la chambre, lançant :
- Iruka-san ! Qu'est-ce qui vous arrive ?!
Le brun devant lui sursauta, étouffant un sanglot.
- N… Naruto ! Mais qu'est-ce que tu fais ici ?!
Il sécha vivement ses larmes, forçant un sourire avant de s'approcher du blond. Ce dernier, peiné, sentit son cœur se serrer en voyant les lourds sillons que les larmes avaient creusé sur les joues de son ancien tuteur ; ce dernier, qui avait toujours montré – ou voulu montrer – un visage serein, semblait à ce moment complètement anéanti.
- Mais… Iruka-san… Qu'est-ce qui vous est arrivé ?
Il n'avait que très
rarement vu, ou plutôt entendu, le brun pleurer.
Et à chaque
fois, c'était pour la même raison.
- Ce… ce n'est
rien, Naruto, ce sont…
- Vos allergies ? compléta le blond dans
un sourire. Faudrait revoir le répertoire de vos excuses, celle-ci
est périmée depuis plusieurs années.
Iruka eut un petit rire nerveux, détournant lentement le regard avant de s'éloigner de quelques mètres. Bien décidé cependant à forcer l'autre à se confier, Naruto scruta la chambre de tous les côtés à la recherche d'un élément sur lequel faire pression ; après quelques secondes, son sourire s'élargit.
- … Tiens ? Vous avez toujours la vieille guitare sur laquelle Kakashi m'a appris à jouer ?
Un bruit fracassant envahit brusquement la
pièce, faisant sursauter Naruto. Il tourna rapidement les yeux avant
de découvrir que le professeur était tombé à genoux en se cachant
le visage, entraînant avec lui tout le contenu de sa table de
chevet. Horrifié, le blond se précipita sur lui avant de le prendre
dans ses bras ; effectivement, l'objet de son malheur semblait bel
et bien être l'écrivain, mais là…
C'était bien pire
que les autres fois.
XXXXX
Après une
vingtaine de minutes, Kakashi se décida finalement à sortir de son
bain. Ses jambes tremblaient encore légèrement sous son poids
lorsqu'il s'était mis debout, mais le thé que son pupille lui
avait amené l'avait revigoré… d'autant plus qu'il se devait
de remercier comme il se devait son sauveur.
Ca finira de me
réchauffer.
Après s'être séché, l'écrivain passa
rapidement un peignoir, regardant un instant son reflet dans le
miroir ; il était un peu pâle, mais n'avait pas aussi mauvaise
mine que ce qu'il avait pu imaginer.
… Ca ira.
Il se
rappelait à peine des événements de la veille, comme s'il ne
souvenait que des éléments-clé par flashs.
Comme la manière
dont il avait violemment chassé Iruka, par exemple.
Sai avait eu
raison depuis le début, le professeur était effectivement amoureux
de lui. Comment avait-il pu être aussi aveugle pour ne pas voir les
sentiments de l'autre à son égard ? Non… Il ne faut pas qu'on
m'aime, personne…
Sinon… il finira par mourir par ma
faute, lui aussi.
Chassant rapidement ses pensées,
Kakashi soupira bruyamment. Il n'avait envie que d'une seule
chose à ce moment.
Pourvu que je n'aie pas encore levé le
type qui m'attend au salon.
- Kakashi-san ! lança Sai en se levant du fauteuil en remarquant l'entrée de son tuteur dans le salon. Vous vous sentez mieux ?
L'écrivain chercha immédiatement le visage de son bienfaiteur, mais ne le voyait que de dos. Il n'arrivait cependant pas à remettre ces longs cheveux noirs de jais dans sa mémoire ; imperceptiblement, un sourire se forma sur ses lèvres.
- Ne t'en fais pas, Sai, je vais très bien, souffla l'écrivain en lui ébouriffant les cheveux. Ca ne te dérange pas de nous laisser discuter un instant, notre invité et moi ?
Le noiraud lui décocha un de ses sourires vides dont il avait le secret avant de s'incliner poliment, l'invitant à se servir d'un bol de soupe qu'il venait de préparer. L'écrivain le remercia avant de le regarder entrer dans sa chambre, fermant la porte derrière lui.
- Voilà un bien singulier personnage que vous avez accueilli chez vous, Hatake-san, fit remarquer son invité en se levant avant de lui faire face.
Croisant les grands yeux clairs de son sauveur, Kakashi faillit faire une syncope sur le coup, bien qu'il n'en montrât rien.
- Hy… Hyuuga-san…
-
Je vous en prie, appelez-moi Hiashi.
L'écrivain s'inclina
avec politesse, estomaqué.
S'il avait cru un jour qu'il
accueillerait chez lui un homophobe déclaré…
- Merci
pour tout, Hiashi-san…
- C'est normal, souffla l'autre de
son visage impassible propre aux Hyuuga. Remerciez plutôt le ciel
d'avoir fait coïncidé ma visite sur la tombe de mon défunt frère
avec votre découverte.
Un fin sourire se forma sur les lèvres
de Kakashi.
Depuis l'histoire avec le neveu d'Hiashi, Neji,
l'écrivain s'était mis un point d'honneur de lui faire
regretter son geste. A cette époque, Kakashi travaillait encore en
cabinet et avait reçu le jeune Hyuuga après une tentative de
suicide de ce dernier. Il n'avait pas réussi à mettre ses
sentiments de côté dans cette histoire, profondément touché par
les mots de Neji, et s'était juré de faire comprendre à son
oncle l'injustice de son geste.
Par n'importe quel
moyen.
Kakashi revint dans le séjour avec un petit bol de
soupe, invitant l'autre à se réinstaller avant de prendre place
lui-même, prenant garde à ce que son peignoir s'ouvre
imperceptiblement sur son vigoureux torse et qu'une infime partie
de l'intérieur de ses cuisses soit révélé, sans tomber dans la
vulgarité.
Juste assez pour attiser la curiosité.
Au
fil de la conversation, Kakashi fut amusé de dénoter le trouble de
son interlocuteur face à son corps, bien qu'il tentât visiblement
de le cacher.
Ne dit-on pas que la plupart des homophobes sont
des homosexuels refoulés… ?
XXXXX
Shikamaru écarquilla les sourcils.
- Qu'est-ce que tu veux me dire avec ça ?
Dans une attitude défiante, Neji croisa les bras, toisant son interlocuteur de ses grands yeux clairs, un sourire mauvais aux lèvres.
- Je veux te dire que pendant que toi tu
t'amuses à lever des filles parce que tu t'assumes pas, moi, je
reste sur mes positions avec les hommes.
- Explique-toi
clairement.
- En clair… Sasuke est merveilleusement
serré.
L'autre déglutit doucement, ses mains toujours plongées dans ses poches. Aucune lueur n'apparaissait au fond de ses yeux endormis.
- … Quand ?
- Avant-hier.
-
Ah.
Shikamaru soupira longuement, fixant les yeux clairs de l'autre qui continuait de le provoquer.
- … C'est bon ?
T'as soulagé ta conscience ?
- Comment ça, j'ai soulagé ma
conscience ?! s'écria Neji, à nouveau hors de lui.
- J'en ai
rien à foutre que tu sautes d'autres mecs, soupira le brun. Je ne
t'ai pas demandé de me jurer fidélité.
- Et pourtant, je l'ai
fait jusqu'à avant-hier !!!
Profondément blessé, le bassiste sentit les larmes lui monter aux yeux. Comment l'autre pouvait le traiter aussi mal ? Comment pouvait-il avoir aussi peut de considération pour lui ? Pourquoi ne réagissait-il pas à ses provocations, comme si finalement, il s'en foutait de lui ?!
-
… Ben c'est pas grave, Neji. Je vais pas me prendre la tête pour
ça.
- Dis plutôt que t'en as rien à foutre, ouais !… lança
Neji d'une voix forte avant de serrer les dents, retenant ses
larmes.
- Mais non… Pourquoi tu réagis comme ça ?
- C'est
pas parce que je suis une pute que j'ai pas de sentiments, me*de
!!!
Fou de rage, Neji sentit une larme couler sur sa joue, larme qu'il essuya vivement avant de dévisager l'autre à nouveau, poings serrés.
- C'est à cause de ça que tu veux
pas t'afficher avec moi ? Parce que tout Konoha m'a déjà passé
dessus ? Et parce je suis une pute, tu crois que je ne t'ai jamais
été fidèle, c'est ça ?…
- Neji… soupira l'autre en le
prenant dans ses bras.
Le bassiste se recula violemment.
-
ME TOUCHE PAS !… Me touche pas… T'as plus rien à voir… avec
celui qui m'a remis sur pied y'a deux ans… Retourne… retourne
vers Temari…
- Tu sais bien que je n'aime pas les femmes.
C'est toi que…
- Oui, je le sais, mais je suis le seul à le
savoir, Shikamaru… Alors…
Il sécha vivement ses yeux en reniflant doucement.
- A partir de maintenant… fais en sorte
de les aimer.
- … Que… qu'est-ce que t'essaies de me dire,
Neji ?
Ce dernier leva ses yeux rougies de colère et de tristesse sur l'autre, avant de conclure dans un souffle :
- C'est terminé, Shikamaru.
XXXXX
- Permettez-moi de vous offrir une coupelle de saké, Hiashi-san.
Plus
la conversation avançait, plus le trouble de son interlocuteur
devenait palpable. Kakashi, d'humeur joueuse, se baissa vers sa
table basse pour en sortir la bouteille, la position ainsi adoptée
allant jusqu'à révéler son nombril. L'autre s'éclaircit la
gorge, amusant un peu plus l'écrivain avant qu'il ne se redresse
à nouveau, leur servant deux coupelles. Les deux hommes burent
tranquillement, poursuivant leur conversation, cependant, le langage
corporel muet de l'Hyuuga était celui qui intéressait le plus
l'ancien psy.
... Passons à la vitesse supérieure.
Mimant
des faux tremblements dans ses mains, Kakashi prit à nouveau le bol
de soupe entre ses doigts, avant de renverser le contenu sur lui dans
un petit gémissement de douleur.
- M… mince ! Mes mains tremblent trop… !
Hiashi s'était levé sur le coup, empoignant un petit linge en voyant la visible détresse de l'autre qui peinait encore à contrôler ses membres. Du moins, c'est ce qu'il croyait…
- C'est… c'est brûlant ! gémit l'écrivain, ne mimant son affliction qu'à moitié puisque le liquide enflammait réellement sa peau.
Hésitant une demi-seconde, Hiashi finit par s'approcher de l'écrivain en l'incitant à ce coucher.
- Calmez-vous, Kakashi-san, souffla-t-il. Dans ma famille, on transmet le secret de soin par apposition des mains de génération en génération, alors détendez-vous…
Il déglutit difficilement, s'asseyant aux côtés du corps étendu et blessé à ses côtés. Kakashi s'était couché de sorte que son peignoir s'ouvre un peu plus sur son corps ; à présent, son tronc robuste était complètement à découvert, quelques filets de liquides s'écoulant entre les carrés de ses abdominaux, roulant le long de son nombril avant de mourir contre le tissu, protégeant encore habilement ses parties aux yeux clairs et troublés de l'autre. Ce dernier sécha délicatement le reste de bouillon sur le corps de l'autre en tremblant légèrement, s'attardant peut-être un peu trop longtemps sur les tétons déjà durcis de l'écrivain…
- Kakashi-san… dit-il d'une
voix rauque pour penser à autre chose. Vous… vous ne devriez pas
boire du saké dans votre état…
- … Il a tellement de choses
que je ne devrais pas faire selon vous mais que je fais quand
même…
Croisant le regard profondément confus de l'autre, Kakashi se félicita mentalement d'être certainement le seul homme sur Terre à pouvoir affirmer avoir fait rougir un Hyuuga. Ce dernier baissa les yeux avant de poser ses mains à plat sur le torse de l'écrivain alors que ce dernier lâchait un petit râle de bien-être.
- Vos mains… sont douces, Hiashi-san…
murmura-t-il d'une voix légèrement tremblante.
- … Et votre
corps est assurément… brûlant… répliqua l'autre en
déglutissant.
Inconsciemment, la pointe des doigts fins d'Hiashi se mit à caresser lentement le pourtour des mamelons de l'écrivain, qui se tendit imperceptiblement. Il entendit le souffle de son vis-à-vis se raccourcir progressivement alors que ses caresses se faisaient de plus en plus apparentes, de plus en plus insistantes tout en restant indécises. Alors Kakashi posa sa main sur celle d'Hiashi, l'observant profondément, avant que d'une douce pression du poignet, il ne fasse rouler progressivement les doigts de l'autre sur son corps, suivant les voluptueux contours de son ventre robuste, longeant le nombril, se soumettant au fin tracé de poils avant de plonger…
- ARRETEZ !
Hors de lui, Hiashi se leva avec violence avant de se reculer, toisant l'écrivain avec dégoût.
- Vous êtes… complètement malade ! souffla-t-il, haletant.
Kakashi rit un instant avant de se lever à son tour, les pans de son peignoir découvrant toujours son corps, avant de plonger son regard dans celui de son vis-à-vis.
- Vous me dites d'arrêter, et pourtant, ce n'est pas ce que votre corps me supplie de faire, Hiashi-san.
L'homme étouffa une exclamation outrée, dévisageant son corps avec horreur, détaillant les fines cicatrices qui barraient tout le corps de l'écrivain.
- Je… Je ne veux pas finir comme vous ! s'exclama-t-il d'une voix forte.
A nouveau, Kakashi eut un petit rire avant de continuer, s'approchant de l'autre à pas lents.
- Les stigmates que je porte ont été le prix à payer pour mes erreurs, déclara-t-il d'une voix monocorde. Et vous, Hiashi-san ? Quel a été le prix de vos erreurs ?
Stupéfait, l'homme laissa échapper une nouvelle exclamation de dédain alors qu'il se reculait de plus en plus, comme si l'homme qui se rapprochait de lui était atteint d'une maladie hautement contagieuse.
- Je
n'ai pas de leçon à recevoir d'un être tel que vous, dit-il,
une moue de dégoût sur le visage. Moi, au moins, je suis un
homme.
- … Ah oui ? Et quel genre d'homme blâmerait sa propre
homosexualité sur son neveu ?…
Le visage d'Hiashi se déconfit alors que l'écrivain, tout en marchant vers lui, continuait :
- Quel genre d'homme irait répudier le garçon
qu'il était sensé protéger simplement parce que celui-ci a osé
s'affirmer ?…
- A… arrêtez…
Blême comme la mort, Hiashi leva ses yeux implorants sur l'autre.
- Ce… ce
n'est pas pour ça… bégaya-t-il. C'est… cette vidéo…
-
Ah oui, parlons-en de cette vidéo, tiens, continua Kakashi sur le
même ton morne. Vous étiez tellement aveuglé par l'honneur de
votre famille qu'il était plus facile de renier Neji sous prétexte
qu'il l'avait cherché plutôt que de vous battre pour trouver le
coupable… mais non, un Hyuuga qui se fait violer, forcément, ça
entache toute la famille, n'est-ce pas ?
- T… taisez-vous…
vous n'avez pas le droit… vous n'avez pas le droit de me parler
comme ça…
- Détrompez-vous, Hiashi-san. Dès le moment où ce
jeune garçon a mis sa vie en danger à cause de vos convictions
stupides, ça me regarde.
- Que…
- Je trouve vraiment triste
que dans le clan le plus puissant de cette ville, le chef de famille
doive prendre exemple sur sa fille, mais… Parlez à Hinata. C'est
la seule qui ait eu un peu de bon-sens et de pitié envers ce pauvre
Neji, et… prenez conscience de vos erreurs.
Profondément humilié, Hiashi se redressa sur toute sa hauteur, dépassant Kakashi d'à peine quelques millimètres en prenant appui sur un objet derrière lui. Ses yeux étaient profondément mauvais.
- …
Je ne permettrai pas au fils de l'indigne Sakumo Hatake de me faire
la morale.
- Et moi, je ne permettrai pas à qui que ce soit de
toucher à mon piano, déclara Kakashi, ignorant la phrase de
l'autre. Veuillez vous en écarter, s'il vous plaît.
Lâchant une exclamation de dédain profond, Hiashi contourna le corps de l'écrivain avant d'empoigner son manteau.
- Décidément,
les actes de votre père ont vraiment avili toute sa descendance,
souffla-t-il, la voix pleine d'aversion. Finalement, mourir dans un
cimetière aurait été largement digne de vous, Kakashi-san.
- …
Je vous ai dit de m'y laisser crever.
Le regard perdu dans le vide, l'écrivain tournait le dos à l'autre qui ouvrait sa porte d'entrée. Toutefois, avant que l'autre ne s'en aille, Kakashi ajouta :
- … Mais je suppose qu'après, vous en auriez eu un peu trop sur la conscience. Bonne journée.
La porte d'entrée claqua violemment, laissa l'écrivain seul face à son piano, seul face à deux fantômes, seul face à ses regrets.
XXXXX
Il ferme son sac. Il a tout emporté, tout ce qui lui tient à cœur. Le reste n'a pas d'importance. Il ferme la porte de sa chambre. Marche au bout du couloir. Entre dans la pièce. La haine l'envahit tout de suite. Mais il y pénètre. Sur le petit bureau, il fait glisser un tas de poudre. Le prise avidemment. Ferme les yeux. Il se devait de le faire une fois ici. C'est symbolique. Il ressort. Ferme la porte. Marche à nouveau le long du couloir. Prend son sac. Descend les escaliers. Eteint la lumière. Sort ses clés pour la dernière fois. Sort de son manoir. Ferme la porte.
Ferme son cœur.
