CHAPITRE 11

Blablazone : Bonsoir à tous ! A l'unanimité Ivy est préférée à sa sœur. Je vous comprends quoi que je l'aime bien moi Sevy. Vous me direz c'est normal, ce sont mes personnages heureusement que je les aime. Attention moment narcissique ! Non parce que en relisant mes chapitres, je me suis rendue compte que chaque personnage possédait une petite part de moi. J'aimerai bien vous dire que je suis comme Ivy, que c'est mon personnage totem, mais non, j'ai quelques facettes de Sevy comme des autres personnages. Et c'est ça le plus beau, je vous livre une part de moi aveuglément ou plutôt vous me découvrez à travers cette histoire. C'est bon le moment narcissique est terminé. On se voit la semaine prochaine ! Bonne lecture !

Réponse review :

Momo : Bonsoir ! Je ne sais pas ce que tu as contre Zack mais je te promets qu'on approche de la réponse. Merci pour ta review. Bonne lecture !

CourtneyAckles : Bonsoir ! Merci pour ta review. La grande question, Éric a-t-il essayé de se débarrasser de Sarine ? Bonne lecture !


A nouveau le sommeil me délaissa. Je venais de passer la nuit à écouter la respiration de Sevy contre moi. Mon esprit était sans cesse dirigé vers Sarine. Je m'inquiétais tellement, je voulais qu'elle réussisse son initiation. Les Audacieux étaient tellement injustes et j'avais du mal à concevoir qu'une faction puisse pousser ses membres à passer en marge de la société. J'entendis Quatre ouvrir la porte mais je ne bougeais pas. Bientôt la barre de fer cogna contre nos lits et certains, dont Sevy, se réveillèrent en sursaut. Ma sœur me lança un bonjour avant de se diriger vers les douches. Je m'étirais et serrais les dents lorsque la douleur dans mon épaule se rappela à moi. L'hématome était toujours là mais au moins il avait réduit. Il fallait que je repasse par l'infirmerie pour remettre de la crème. D'ailleurs je n'avais toujours pas remercié Anan pour m'avoir conseillé la crème. J'avais l'impression d'avoir une dette envers lui. C'était mon côté altruiste qui ressortait.

Ivy ! m'appela April. Arrête de rêver et dépêche-toi de venir.

Je me levais et les suivis tous l'esprit vide. Le manque de sommeil se faisait ressentir et ce n'était pas le bon moment. Je voulais mener mon initiation a bien et me trouver un poste tranquille où personne ne viendrait m'embêter. Faire profil bas était le mieux que je pouvais faire afin de survivre. J'espérais que Sevy ferait de même jusqu'à la fin de notre initiation, elle ne pouvait pas continuer de provoquer Éric sans en subir des conséquences. Dans le réfectoire, je gardais un œil discret sur Sarine. Elle avait l'air plus en forme que la veille mais je me méfiais. Sarine s'accablait rapidement et si jamais elle persistait à ne pas évoluer dans l'exercice de ce matin, elle n'en serait que plus déprimée. C'était ce qu'il fallait éviter, sinon elle accentuerait encore cette faiblesse qui la caractérisait et les Audacieux n'en ferait qu'une bouchée.

Elle va bien, me glissa ma sœur.

Je ne vois pas de quoi tu parles.

Ivy, pas à moi. Je suis que tu crèves d'inquiétude pour elle mais tu ne dois pas. Sarine ne réussira pas de toute façon et tu n'as plus aucun principe altruiste à subir.

Je tournais la tête vers ma sœur et je pinçais mes lèvres avant de dire de mauvaises choses. Comment osait-elle me dire ça ? Je n'avais jamais subi les principes altruistes, au contraire j'y adhérais complètement. Je voulais rester altruiste, je voulais garder mes valeurs. Jamais je n'accepterai que la faction des Audacieux me les enlève, jamais je n'accepterai qu'elle me change. Sevy parut sentir ma colère parce qu'elle leva les yeux au ciel en murmurant que j'étais butée. Nous étions à une semaine de l'initiation et je n'étais toujours pas habituer à entendre ma sœur parler aussi mal. J'avais comme l'impression que cette faction avait une mauvaise influence sur elle. Puis si elle était jalouse de Sarine ce n'était pas mon problème, qu'elle le veuille ou non, j'allais aider l'érudite.

Où est-ce qu'on doit aller ce matin ? demandais-je.

Tu es vraiment dans la lune aujourd'hui, nous avons lancer, me répondit April amusée.

Mange.

Ma sœur avait bredouillé ce conseil rapidement. Je ne savais pas si elle me faisait la tête mais apparemment elle n'était pas décidée à me parler plus. C'était injuste, c'était à mon tour de faire la tête. C'était elle qui avait dit des bêtises, pas moi.

Je haïssais cette faction. Je me répétais cette phrase depuis le début de la matinée. Je ne voulais pas devenir soldat. Cette faction entachait ma relation avec ma sœur. Nous n'avions jamais été aussi en désaccord. A côté de moi Sarine luttait pour toucher la cible. Mais ses couteaux finissaient toujours au sol. Plusieurs fois j'avais remarqué le regard de pitié de Quatre envers elle. Sarine, pauvre Sarine, il fallait que je la sauve.

On nous donna un quart d'heure pour prendre un déjeuner et revenir. Je mangeais peu comme si c'était devenue une habitude. Cette après-midi nous avions tir. Je détestais tenir une arme. J'avais l'impression que plus je tirais, plus l'arme devenait lourde entre mes doigts comme si la culpabilité pesait dans le métal.

Où est Sarine ? demandais-je.

Derrière moi une myriade de coup de feu retentit et je sus que c'était Sevy.

Elle avait rendez-vous avec Max, m'infirma Tris.

Pourquoi ?

Ça ne te regarde pas. Maintenant reconcentre-toi, m'ordonna Quatre.

Je jetais un œil à Hervé, quelques mètres plus loin. Il paraissait dans son monde, le regard vissé sur la cible et le visage fermé. Sarine chez le leader principal était une mauvaise nouvelle.

Mes résultats étaient déplorables. Ce matin en lancer j'avais à peine touché le centre de la cible et en tir toutes mes balles avaient atterri dans le mur. Autrement dit si je continuais sur cette voie, je ne ferais pas long feu. Après l'entraînement les autres voulurent retourner au salon de tatouage. Kenny prétexta qu'il était trop fatigué pour subir des atrocités et il réussit à s'éclipser.

Tu ne vas pas nous abandonner toi aussi, regretta Sora.

Tu n'es pas obligée de te faire tatouer, insista April.

Au fond je savais que j'allais céder dès que Sevy ouvrirait la bouche. Heureusement elle me le demanda alors que je les accompagnais. Tomas râlait parce qu'il était encore une fois le seul garçon de la bande. Le salon de tatouage était bondé et mes amis cherchaient encore ce qu'il pourrait se faire.

Et si on se faisait tous le même tatouage, proposa April. Pour montrer que nous sommes une équipe.

Sans vouloir jouer les rabat-joie, si l'un de nous échoue, ça n'aurait plus aucun sens, lança Tomas.

Mais non ! On va tous y arriver ! assura April.

Je trouve que c'est une bonne idée, la soutint Sevy. Nous sommes un groupe et nous y arriverons tous.

La question est de savoir qu'est-ce qu'on fait, sourit Sora.

Ils finirent par se mettre d'accord tous les autre pour une rose des vents.

Qu'en pense-tu Ivy ? Sais-tu déjà où tu vas te la faire ? me posa Tomas.

Je ne vais pas me faire tatouer, répondis-je.

Un long silence s'ensuivit et tous les regards convergèrent vers moi.

Tu es obligée Ivy ! Tu fais partie du groupe ! déclara ma jumelle avec ferveur.

Je refuse.

Hors de question qu'une aiguille pénètre ma peau. Hors de question de me marquer le corps avec des symboles que je pourrais regretter. Ils tentèrent de me convaincre pendant une dizaine de minutes. Même Sevy essaya d'user de son statut de sœur pour me faire changer d'avis mais je restais sur ma position, je ne me ferai pas tatouer. Si j'acceptais alors se serait comme accepter de faire un pas de plus dans la faction audacieuse. Je le refusais. Je garderai mon intégrité d'altruiste et jamais un seul tatouage ne couvrirait mon corps. Le tatouage était vanité.

Finalement ils se firent tous tatoué une rose des vents sur le mollet droit. Chacun avait sa petite déclinaison. April eut une rose des vents avec le S du sud. Sora choisit le E de l'est. Tomas hérita du N du nord. Enfin Sevy se retrouva avec le W de l'ouest (west en anglais) ainsi que le lettre I au centre de sa rose des vents.

Même si tu ne veux pas, moi je veux te garder près de moi, m'expliqua-t-elle. Tu es mon point cardinal Ivy.

Ce que venait de dire ma sœur me touchait et je la serrais longuement dans mes bras. Ma jumelle venait de faire un pas de plus dans le monde audacieux tandis que je le fuyais. April tenait à se faire tatouer autre chose (son papillon) et Sora la suivit. Je les quittais mais Sevy resta.

Je me sentais seule. Ma sœur changeait et je trouvais cela effrayant. L'épisode du tatouage n'était qu'une preuve de plus que nous nous éloignions. Elle se construisait ses propres relations, sans moi. Tout comme la fois où elle avait mangé sans moi. Même si je réussissais mon initiation, rien ne serait plus comme avant. Bientôt Sevy se rendrait compte qu'elle n'avait pas besoin de moi. J'étais effrayée à l'idée que nous nous apprêtions à vivre chacune de notre côté. Seize ans de vie commune allaient disparaître.

Alors que je voulais rejoindre les dortoirs je tombais sur Tris.

Encore perdue ? plaisanta-t-elle.

Pas cette fois.

Bien, s'éloigna-t-elle.

Attends. Sarine m'a raconté ce qu'il s'est passé. Elle a dit qu'elle avait cru voir Éric parmi les personnes qui l'ont attaqué.

Cela ne te concerne pas, dit-elle d'une voie ferme.

Mais Éric…

Peut se montrer injuste et effrayant. Mais c'est quelqu'un de fair-play, c'est notre leader Ivy et nous avons confiance en lui. Sarine était morte de trouille, elle a dû rêver.

D'accord, acquiesçais-je.

Notre instructrice paraissait persuadée de l'innocence d'Éric mais je n'étais pas de son avis. Cet homme faisait certes peur mais il avait clairement exprimé que les faibles devaient dégager de sa faction. Penser à Éric me donnait mal à la tête, je devais l'éviter coûte que coûte, il devait m'oublier. Les dortoirs étaient vides et j'en profitais pour prendre une douche. Ensuite je croisais les jambes, assises sur mon lit et je fermais les yeux. Je devais vider mon esprit mais j'étais trop agitée. La faiblesse de Sarine, l'éloignement de Sevy, Éric, l'initiation, les divergents. Incapable de me poser, je sortis pour me rendre à l'infirmerie. Mon épaule me faisait soudain mal. Comme la dernière fois, l'infirmerie était vide. J'avais l'impression que rien n'avait bougé depuis la dernière fois. Soudain alors que je rangeais le tube de crème, la porte s'ouvrit dans un fracas et deux audacieux soutenant un autre le déposèrent sur un des lits. Il avait une entaille profonde et le sang ne paraissait pas vouloir s'arrêter. Apparemment ils n'e ne m'avaient pas vu parce qu'ils ne me regardèrent pas.

Putain il est où Ray !

Je reconnus le garçon au crâne rasé des novices natifs. A côté de lui, ce n'était autre que Rita et sur le lit une personne que je ne connaissais pas. Ils avaient l'air dépassé par la situation et aucun des deux ne pensa à appuyer sur la plaie pour empêcher le sang de couler. Quelque chose se réveilla en moi, parce que je m'emparais d'un chiffon et m'approchait du blessé. Le garçon au crâne rasé me fusilla du regard mais Rita l'arrêta avant qu'il ne fasse quelque chose.

Comment s'appelle-t-il ? demandais-je.

Tu peux le soigner ? me pressa crâne rasé.

Son nom ? insistais-je.

Nico, répondit Rita.

Merci. Nico est-ce que tu es conscient ?

Un grognement me répondit. Derrière moi l'autre garçon c'était mis à faire les cent pas. Je continuais d'appuyer mais le sang coulait toujours. Curieuse, je jetais un œil. La plaie était profonde et méritait sûrement des points de suture.

Nico ? appelais-je.

Aucune réponse.

On peut t'aider ? proposa Rita.

Maintiens-lui le chiffon sur sa plaie.

Je lui laissais ma place et ouvrit les placards à la recherche de désinfectant, de fil et d'une aiguille. Le garçon encore debout suivait chacun de mes gestes mais je l'ignorais. Cette plaie n'était rien comparé à ce que j'avais déjà vu. Avec ma mère, j'avais déjà soigné bien pire comme blessure chez les sans-faction. J'avais même assisté à une amputation. La vue du sang ne me dérangeait pas, je savais quelles horreurs pouvaient exister. Cependant il fallait faire vite car ce Nico perdait trop de sang. Dans un des tiroirs je trouvais un paquet de cigarette et un briquet. Je m'en emparais et continuais mes recherches. Finalement je trouvais ce que je voulais. Je repris ma place près de Nico et imbibait une compresse de désinfectant. Le flot était moindre mais toujours là. Doucement et avec des gestes fermes je passais le fil dans l'aiguille. Avec le briquet je brûlais cette dernière afin de la stériliser. Ce n'était pas la meilleure des méthodes mais j'avais appris à soigner avec ce que je trouvais. Au moment où j'approchais l'aiguille de la plaie, le garçon au crâne rasé m'arrêta.

Archi ! Laisse-là faire, lui cria Rita.

Il consenti à me lâcher mais son regard ne me quitta pas. L'ignorant je commençais mon travail de point de suture. Quand j'eus terminé, je désinfectais une nouvelle fois et jugeais du pouls de Nico. Il était faible mais au moins il était sauf. A ce moment-là un homme que je n'avais jamais vu entra, avec Zack sur ses talons.

Que se passe-t-il ici ? s'exclama l'inconnu.

T'étais où Ray ?

Le dénommé Archi venait de plaquer Ray contre le mur, il était à deux doigts de l'étrangler.

J'étais occupé, croassa Ray.

On avait besoin de toi ! Sale con !

Archi, ça n'en vaut pas la peine, le calma Zack.

Archi le lâcha mais je sentais toujours sa colère. Je compris que Ray était l'infirmier. Silencieusement il se pencha sur Nico et vérifia les points de sutures.

C'est propre et ça m'a l'air bien exécuté. Qui as fait ça ?

Je baissais la tête, n'osant pas me prononcer. Je n'avais sûrement pas le droit de faire ce que je venais de faire. Je n'étais qu'une novice, transfert altruiste en plus. Rita finit par me désigner.

Elle l'a sauvé, déclara-t-elle. Ne t'avise pas de la blâmer.

Au contraire ! sourit Ray. Félicitation mademoiselle, c'est du bon travail.

Merci, rougis-je.

Adorable en plus ! jugea-t-il. Bien les enfants, je vais vous demander de quitter cette pièce, Nico doit de reposer.

Nous nous reculâmes tous à part Archi. Ce dernier jeta un regard dédaigneux vers Ray et consentit à nous suivre. Pendant un instant il m'avait interrogé du regard et je lui avais fait un léger signe de tête. Nico devait dormir. Comme ça ne me concernait pas, je ne demandais pas comment Nico s'était fait ça. Nous nous arrêtâmes au milieu du couloir et j'avouais ne pas savoir quoi faire. Je voulais rejoindre mes amis transferts mais je n'étais pas sûre de comment serait interprété mon départ.

Merci, murmura Archi.

Et il partit. Avec un grand sourire Rita me remercia elle aussi et courut le rejoindre. Zack se tenait face à moi et son regard était indéchiffrable. Finalement un grand sourire vint habiller son visage et il me prit dans ses bras. Aussitôt je me mis à rougir. Les Altruistes n'avaient aucun contact entre eux, c'étaient contraires à nos principes. Les seules étreintes que j'acceptais étaient celle de ma sœur. Conscient de mon embarras, il me relâcha et se recula de quelques pas.

Tu as été formidable, me félicita-t-il.

Je n'ai rien fait.

Si. Tu as sauvé Nico, grâce à toi il va pouvoir continuer l'initiation.

J'ai fait ce qui me semblait juste.

Ne t'arrête jamais de faire ça Ivy. Allons manger.

Nous pénétrâmes dans le réfectoire ensemble. Bizarrement un étrange silence régnait. Quelques regards se tournèrent vers moi mais je n'étais pas le centre d'attention. Au centre de la pièce Sevy et Éric se regardait en chien de faïence. Bon sang ! Qu'est-ce qu'il s'était encore passé ? Je n'osais pas bouger, de peur qu'Éric ne jette son venin sur moi mais d'un côté je voulais venir en aide à ma sœur. Finalement la situation se dérida, lorsqu'un groupe d'audacieux entra et se mit à applaudir. Chacun reprit alors ses conversations et Éric s'éloigna pour rejoindre la table des leaders. Je voyais sa veine palpiter et ses poings se serrer. Je me précipitais vers ma sœur pour m'enquérir de son état.

Qu'est-ce qui s'est passé ? m'inquiétais-je.

Sevy a été génial ! déclara April. Éric venait de s'attaquer à Sarine et elle lui a balancé une remarque bien placée. C'était fabuleux, j'ai bien cru qu'Éric allait la démolir. Même Quatre n'a pas réussi à l'arrêter.

Je jetais un coup d'œil à Sevy. Elle ne paraissait pas fière de ce qu'il venait de se passer. Ses traits étaient durs, signe que quelque chose la contrariait. Sous la table je glissais ma main dans la sienne et ses doigts s'accrochèrent à moi. Je sentis qu'elle se relâchait et bientôt sa tête vint se poser sur mon épaule.


Vous êtes arrivés à la fin du chapitre. Félicitation. Si votre curiosité n'est pas rassasiée, veuillez patienter la suite arrive dans la semaine qui suit. A la revoyure !