VENIR OU NE PAS VENIR
« Il ne viendra pas. »
Victoire roula des yeux. Depuis cinq minutes, Teddy faisait les cent pas entre la porte d'entrée et la fenêtre qui donnait sur la rue. Elle préférait ne pas le regarder, il lui donnait le mal de mer à aller et venir ainsi, tantôt les mains dans les poches, tantôt le long du corps ou encore croisées dans son dos.
« Teddy, s'il te plaît, j'essaye de travailler. Et toi aussi tu as des cours à réviser alors assieds-toi dans ce fichu canapé, prends tes parchemins et fiche-moi la paix. »
Il cessa de marcher et la jeune femme en remercia silencieusement Merlin. Elle avait presque envie de lui sauter au cou. Ne plus entendre ses pas racler le plancher était presque une bénédiction.
« Il ne viendra pas. Ça m'agace !
_ Eh bien figure-toi que je m'en étais rendue compte. »
Elle soupira et posa ses parchemins sur ses genoux.
« Ecoute, je dois connaître tout ça par cœur pour demain et j'en sais à peine la moitié. Alors j'aimerais bien travailler dans le calme.
_ Mais comment tu peux parler de calme avec tout ce raffut ?
_ Il suffit d'en faire abstraction, c'est bon, c'est pas un match de Quidditch non plus. »
Teddy écarquilla les yeux. Il contourna le canapé pour venir se planter devant elle.
« Mais c'est infernal ! C'est tout le temps, à longueur de journée et même la nuit, ça m'obnubile complètement, ça me ronge. Je ne dors plus, je n'entends plus que ça ! Je… je vais devenir dingue. »
Il était si proche d'elle, les yeux cernés et injectés de sang, les traits tirés. Il était surtout épuisé et Victoire était prête à parier que c'était davantage ses études de médicomagie qui le mettaient dans un tel état. D'autant que les examens arrivaient bientôt. S'il ne lâchait pas un peu de pression, il allait finir par exploser.
« S'il ne vient pas, je ne réponds plus de moi.
_ Ok. C'est bon. »
Elle se leva, retira ses chaussons d'un simple coup de pied et enfila ses tennis.
« Je vais réviser chez mes parents et je t'envoie mon père.
_ Tu crois ?
_ Oui Teddy, je crois. Ce n'est jamais qu'un problème de chaudière qui fuit et toi tu es en train de t'en faire toute une montagne alors avant que tu ne me fasses une crise de je ne sais pas quoi, je t'envoie mon père avec sa baguette. »
