Cadeau ! Ce chapitre est une "expérience" pour essayer de vous faire mieux connaître les persos.

Alors s'il vous plaît là dessus il me faut votre avis pour savoir si le style est bon ou si ce n'est pas à votre goût, après tout, j'ajuste beaucoup cette histoire en fonction de vos impressions.

Et encore une fois il y a sûrement des erreurs, sorry je ne me relis pas :)


Les cours de la matinée finis, Eren s'était vu retrouver Levi avec Tête de Cheval et Conny à ses côtés. Ensuite, le chef était partit manger chez lui alors qu'il avait été trainé à la table des deux crétins, tout cela en étant tenu par la main par un certain châtain. Le repas s'était fait en silence pour lui, alors que les deux autres parlaient de tout et de rien, des nouvelles de leur bande, d'une histoire de pseudo-amour entre Conny et Petra, du budget prévu pour les prochains joins qu'ils fumeront…

Puis l'après-midi, contrairement à ce qu'il croyait, Eren n'avait pas été violé entre deux cours, ni même embrassé. Il avait remarqué que Jean regardait souvent un autre mec de la classe, Marco. Il le bouffait littéralement des yeux, mais à chaque fois que le concernait le regardait en retour, Tête de Cheval (dont il ne savait toujours pas le nom) se contentait de vite se retourner vers Eren pour lui faire des papouilles comme à un chien avec le rictus le plus faux au monde. Il essayait de reproduire un gros cliché amoureux avec Eren alors qu'il passait son temps à mater un autre ? Le brun n'était pas con, il avait compris que le châtain se servait de lui pour attirer l'attention.

On était mercredi. Et le mercredi, ils avaient deux heures de français, une le matin, et une l'après midi. C'était la journée la plus courte et ils terminaient après celle là. D'ailleurs c'était durant les heures de français qu'ils étaient mélangés selon un système de groupe auquel Eren ne comprenait strictement rien, avec la classe de Levi et Conny. Et comme à son habitude, le blond ne vint pas.

Les cours terminés, Tête de Cheval l'avait enfin délaissé pour aller fumer à un endroit qu'il nommait la carcasse avec Levi Conny, des premières et… Marco.

Tient, il est de la bande lui aussi ?

Il se sentit enfin libre et se mit en route. Dans les couloirs, nombreuses étaient les personnes, des filles surtout, qui le regardaient avec des points d'interrogation dans les yeux, ou bien en l'incendiant du regard. Et c'est en s'arrêtant à son casier qu'il sut pourquoi.

Alors qu'il posait tranquillement ses affaires, il entendit un petit groupe bavarder derrière lui. Ayant l'habitude d'ignorer les autres pour rester dans sa bulle de solitude, il n'y prêta pas plus attention que ça, mais l'une d'elles, à la voix trop aigüe, se fraya un passage dans ses tympans malgré ses efforts.

-… Bon en même temps je le comprends, Il est vraiment trop canon et mystérieux alors je vois pourquoi il voulait sortir avec lui.

Une autre enchaîna :

-Ouais mais franchement regardez Jean : il est beau gosse et jusque là en soirée il ne se tapait que des meufs ! Vous pensez vraiment qu'il est pédé ? Je n'arrive pas à croire qu'il sorte enfin avec quelqu'un… Et un mec en plus !

En risquant un œil vers elles, Eren identifia celle qui venait de parler comme étant la fille qu'il avait bousculée dans la queue du self hier. Et il se rendit compte qu'elles avaient toutes les yeux vissés sur lui.

-Oh mon dieu il m'a regardé, s'écria une troisième ! Vous croyez qu'il nous a entendues ?

-Non aucun chance, on ne fait que chuchoter. Qu'est ce qu'il est beau… Encore plus que Levi !

-Quoi ? Tu rigoles ? T'as pas bien vu Levi, ce bronzé est beau mais Levi c'est un hors-catégorie !

-Mais Levi n'a pas ses yeux à lui… Moi je crois qu'ils sont à égalité mais chacun à leur manière. Ces émeraudes là sont absolument à couper le…

C'en était trop. Eren en avait assez de ces gamineries. Alors puisqu'on parlait de lui, ça voulait dire de ce Jean était Tête de Cheval ? Aucun doute. Apparemment, il devait être un sacré coureur de jupons, et il devait avoir pas mal de succès au lycée vu le nombre de regards de travers qu'il se prenait. Lui qui voulait une rentrée en toute discrétion…

Il ne savait pas quoi faire du reste de son après-midi. Libéré de ses bourreaux, il aurait voulu aller dans sa chambre et inonder Under de messages, mais pendant qu'il mangeait ce midi, Jean l'avait forcé à lui donner son numéro, et il devait avouer que depuis, il avait trop peur pour l'allumer et lire ses nouveaux messages.

En tombant à terre ce matin dans les chiottes, il avait complètement fissuré son portable. En racheter un serait une bonne idée, et puisqu'il avait enfin un job, il pouvait bien s'autoriser de nouvelles dépenses. Il marcha donc dans la ville et rentra dans le premier magasin apte à lui fournir ce qu'il voulait qu'il croisa.

Il en ressortit moins d'une demi-heure plus tard, un sourire aux lèvres. Il avait opté pour un modèle à l'écran un peu plus petit que l'ancien. Il avait l'air un peu épais, mais c'était du solide de bonne qualité. La tenue de la batterie était très bonne, et de toute façon, il préférait de loin son ordinateur portable à l'écran minuscule d'un téléphone. Ce dernier ne lui servait en fait qu'à communiquer avec Under, alors tant qu'il envoyait et recevait des messages… Le reste lui importait peu. Il en avait profité pour prendre un écran de protection en verre trempé et une coque résistante. Son nouveau téléphone avait l'air d'un blindé.

Tout content de ses nouveaux achats, il sortit se promener un peu. La première semaine de la rentrée, il y avait peu de devoirs alors tant qu'il pouvait encore se le permettre, il profitait de son temps libre pour découvrir les alentours. Après quelques pas, il décida de retourner vite fait à l'internat en se rendant compte qu'il était encore en uniforme. Et c'est ce qu'il fit. Il se déshabilla pour revêtir un débardeur de sport et le short qui allait avec. Il ouvrit ensuite sa valise et pris les seuls objets qui restaient encore dedans : sa fidèle paire de rollers noirs, sur laquelle il avait dessiné des flammes à la peinture acrylique blanche. Les roues vert fluo étaient disposées en quad deux devant et deux derrière comme celles des voitures. Il les fourra dans son sac de cours qu'il venait de vider sur son lit avec une petite gourde de sport qu'il avait gagné à une compétition petit. Avant, sa mère l'emmenait souvent à la patinoire et il s'était rapidement mit au patinage artistique.

Il dansait en solo et enflammait la glace. Son coach lui disait toujours qu'il avait un don certain pour la dance, et c'était selon lui pour ça qu'il avait cette grâce sans pareil lorsqu'il se mettait à glisser sur l'eau gelée. C'était sa passion. Il aimait tellement ce sport que lorsque la patinoire était fermée, il continuait à s'entraîner dehors à rollers, ça revenait presque au même, les sensations et les mouvements étaient un peu différents, mais il s'y était fait. Il aurait pu aller loin, très loin, mais tout s'était arrêté au décès de sa mère. Il n'arrivait plus à entrer sur une patinoire, alors à défaut, il se contentait de rouler dehors pour le plaisir maintenant.

Mettant son sac dans son dos avec une certaine nostalgie, Eren profita de cette pause pour changer sa carte Sim d'appareil et laissa le vieux à la place de ses rollers dans la valise.

-Salut mon vieux. Dors bien.

Oui parler à son téléphone était débile, mais durant longtemps, c'était un peu « grâce à lui » qu'il pouvait communiquer avec Under alors bon… Chacun ses délires OK ?

Il réenfila ses Nike et sortit de sa chambre en la fermant bien à clef. D'ailleurs pourquoi les avait-il enlevées ? Il n'était pas à la maison donc il pouvait se permettre de garder ses chaussures non ? Non. C'était trop dégueulasse, il ne voulait pas salir le sol.

En dehors de l'enceinte du lycée, il enfila ses écouteurs (même si il avait le droit de les avoir à l'intérieur, c'était un réflexe qu'il avait inconsciemment gardé du collège), et s'élança dans les rues à la recherche d'un endroit où il pourrait faire un peu de roller. Une vélo-route, un skatepark… Tout lui conviendrait. Il finit par arriver il ne sut comment vers un grand bâtiment assez impressionnant et totalement délabré. Il n'était d'ailleurs qu'à quelques rues de son lieu de travail.

Ayant un peu fait de l'urbex au collège, avec sa bande après les cours, il se sentait inexorablement attiré vers le bloc poussiéreux et recouvert de tags. Il avait l'air à l'abandon, mais Eren se méfiait des apparences : les lieux comme celui-ci étaient un lieu idéal pour tout ce qui trempait dans l'illégalité.

Oh et puis merde.

Il entra en se faufilant par une fenêtre cassée qu'il avait trouvée en contournant la façade. Ce qu'il vit à l'intérieur dépassait toutes ses attentes : une immense pièce avec des vitres certes, sales, mais qui laissaient apercevoir au dehors de nombreux bâtiments à l'air aussi désaffectés les uns que les autres. Sûrement une ancienne usine, vu les restes d'installations métalliques de métal jaune sous la poussière. Excité comme un diable, il courut vers la porte grillagée du fond pour accéder aux autres bâtiments. Il arriva dehors et escalada sans difficultés la barrière de métal qui le séparait du deuxième bâtiment le plus proche.

Comment un endroit pareil pouvait-il exister en pleine ville ? La nature avait repris ses droits et la verdure envahissait le béton et le métal. Un paysage magnifique. Il passa sa tête par la fenêtre et aperçut les murs recouverts de graffitis qui ne mentionnaient qu'un seul nom : RedNBlue. Il se retira avec crainte même s'il n'avait vu personne, cette partie de l'usine devait « appartenir » à une bande, un gang ou un truc du genre.

Il passa à une autre pièce. Cette fois-ci, depuis le trou très poussiéreux, il pu distinctement apercevoir les silhouettes de personnes dans la trentaine, habillées en hippies qui fumaient les plus gros pétards qu'il avait jamais vu. Là encore, il s'empressa de partir, il avait clairement l'impression de faire quelques chose de « mal ».

Ce fut une cinquantaine de mètres plus loin qu'il trouva son bonheur : Entre plusieurs bâtiments délabrés, une petite cour carrée d'environ treize mètres de côtés se trouvait là. Elle n'était pas sombre malgré les murs qui l'entourait, et la végétation n'avait pas encore percé le sol, elle était simplement à peine présente sur les côtés. L'absence de tags prouvait que cet endroit n'était pas beaucoup fréquenté, alors, le sourire aux lèvres, il posa son sac au sol, enleva ses chaussures, sortit ses rollers et se mit en mouvement, bougeant au rythme de la musique diffusée par son casque audio.


Il s'ennuyait un peu. Pour une fois, il n'avait pas fumé grand-chose et s'était contenté de regarder Jean essayer d'attirer par tous les moyens l'attention de Marco, qui avait l'air de lui en vouloir un peu et de l'éviter.

Il soupira.

Pff, je lui avais dit que cette histoire pourrirait son « couple »…

Il était encore un peu en colère contre le gamin des chiottes de ce matin, et contre lui-même de s'être emporté pour si peu. Il perdait un peu le contrôle ces temps-ci, cette histoire avec Marco qui s'éloignait de sa bande l'avait plus affectée que ce qu'il ne pensait.

Alors que toute la bande (sauf Conny qui était partit parce que Petra n'était pas là) excepté lui planait complètement dans un autre monde, celui où les gens drogués trouvaient leur bonheur, il se leva, près à quitter les lieux. Il fallait qu'il trouve quelque chose à faire et vite. Du coin de l'œil, il aperçut un mouvement par la fenêtre et il insulta copieusement l'oiseau quelconque qui avait du bouger. Ou peut être que ce n'était pas un oiseau, il n'en savait rien. Il se contenta juste de l'insulter mentalement. Pourquoi ? Parce qu'insulter, c'était une seconde nature chez lui, et qu'il avait besoin d'un truc à faire.

Fatigué de lui-même, il descendit les marches périeuses qui menait à « sa » pièce et sortit du bâtiment. Il passa devant la petite cour qui ne servait à rien (qui avait besoin d'un endroit plat et carré où il n'y a rien à faire sérieusement ?) mais contrairement à son habitude, il s'arrêta avant de l'avoir totalement dépassée. Il y avait quelqu'un. Il se tourna lentement en direction des mouvements qu'il avait repéré resta scotché devant le spectacle qui s'offrait à lui.

Son collègue se tenait là, yeux clos, un sourire satisfait, se mouvant comme un putain de dieu sur des rollers noirs aux roues vertes. Il n'en manqua pas une miette : ses bras musclés bougeant gracieusement au rythme de la musique qu'il imaginait produite par le casque audio blanc posé sur ses oreilles. Ses jambes, elles, tourbillonnaient, sautaient dans les airs, se pliaient. Dévoilées par son short, elles se révélaient musclées.

Mais putain qu'est ce que je chie là ?

C'est avec une pensée pour Green qu'il se força à détacher ses yeux de la superbe créature, et qu'il se dépêcha de rentrer à l'internat.

Heureusement que cet abrutit ne m'a pas vu. Quelle idée de danser les yeux fermés en plus dans un endroit pareil…

Et malgré tous ses efforts, il ne pu enlever les images gracieuses du brun de sa tête, et il se retrouva hanté par un certain collègue tout au long de la soirée, et aussi une partie de la nuit.

Le lendemain, il avait eu une gaule d'enfer au réveil. Les autres étant encore endormis, il se rua sous l'eau froide avec dégoût. En frissonnant dans la douche, il réalisa alors que pas une seule fois Green ne lui avait envoyé de message hier, et que lui non plus. Il se sentit soudain affreusement coupable, il venait de mater et de rêver d'un type qu'il ne connaissait quasiment pas…


Ca avance, ça avance !