Bonne lecture!
Alix guettait le retour d'Antoine de pied ferme, elle ne voulait en aucun cas rater ça. Ca allait être trop mignon, tellement adorable! Avec Armand ils formaient un couple de Choix. Rien que d'y penser elle pétillait déjà! Mais Antoine ne pétillait pas lui, loin de là. Il avait sur son portable une application d'informations en continue, du coup il avait eu cette magnifique nouvelle dès le matin: son père était mort. Comme ça. Il était... Il ne savait même pas ce qu'il ressentait en vérité. Il passa les grilles et s'avança vers Armand qu'il reconnu facilement, celui-ci devinant ensuite sans même demander qu'un truc clochait.
A l'autre bout de la cour, deux garçons que tout le monde laissaient entre eux discutaient.
- C'est toi hein...?
- C'était le Boulot, Mi... Et en parle pas ici, c'est dang'reux...
Le second se mordilla la lèvre et posa discrètement sa main sur celle de son vis à vis.
-...Esteban...Fais attention...D'accord?
Comme toujours les autres les évitaient, ils étaient les "indésirables" en quelque sorte, les enfants de la violence, du Ghetto, ils faisaient peur même aux soit disant racailles de l'établissement...Comment aurait en effet réagi monsieur Cohen et surtout son comité en apprenant qu'ils comptaient parmi eux un assassin professionnel, un Free Lancer?
Pour éviter d'avoir à parler, le petit brun se contenta de montrer l'article à son compagnon qui le lu en silence et se contenta ensuite de serrer l'autre dans ses bras. Antoine ne lui rendit pas son étreinte mais se laissa faire, le regard perdu dans le vide. Sa mère allait finir par l'appeler... Il n'avait pas envie de l'entendre, pas envie de la voir non plus. Et quand la nouvelle sera franchement public il allait encore être le centre de l'attention... Quand allait-on lui foutre la paix?
Il ne tarda pas à recevoir un message de Médée, inquiète pour lui, même si elle savait que le décès de cet individu n'allait pas l'affecter beaucoup, elle préférait s'assurer qu'il ne lui arriverait rien. Même renvoyée, elle se tenait quand même au fait de tout ce qui pouvait toucher de près ou de loin son petit protéger. Antoine lui répondit que ça allait bien, qu'elle n'avait pas besoin de se faire de soucis. Borna allait de toute façon bien s'occuper de lui, il avait l'âge de décider où il voulait vivre et sa majorité n'était pas si éloignée que ça donc même si sa mère voulait le reprendre, pour les apparences plus que par amour maternel, elle irait se faire voir ailleurs.
Miguel regardait autour de lui, inquiet, autant il adorait venir ici où même si les choses prenaient parfois un tournant loufoque elles restaient normales comparées à son quotidien, il basculait certains jours vers une flagrante paranoïa malgré lui. Sun avait les yeux rivés sur Lucas de loin, décidément son Ange lui donnait envie autant de le cajoler que le combler hors public.
Lorsque Paul arriva, le trio d'amis d'enfance rentra dans le hall et se mirent à l'écart pour parler entre eux. Il ne se sentait réellement bien qu'avec eux, en dehors de la présence de Médée ou Borna. Un autre trio restait en petit comité, Vincent fini pourtant par remarquer le regard insistant de Sun et en parla à Lucas qui fini par voir le concerné et lui fit un petit signe de la main.
Trop content d'avoir l'attention dans sa muse personnelle, il lui offrit son beau sourire. Jeanne vit la réaction de son testeur et conclut que son gâteau devait être trop épicé, enfin, il fallait qu'elle reproduise l'expérience avec assez de personnes pour voir. Tout naturellement, son choix se porta sur Veronica avec qui elle s'entendait bien.
Le passionné de BD rosit légèrement ce qui attisa la curiosité des deux garçons toujours flanqués à ses cotés. Oh, il allait passer sur le grill dans pas longtemps il le sentait. Leur petit Lulu s'ouvrait enfin au monde! Veronica qui avait laissé son grand frère chéri devant les grilles après une bise rapide sur la joue, faisant crever d'envie les autres filles qui voudraient avoir le droit d'embrasser le basketteur d'une quelconque façon.
Mais une seule et unique personne possédait la Clef de ce cœur, il ne comptait d'ailleurs la donner à personne, elle lui appartenait, précieuse, merveilleuse, le symbole entre son Amour et lui. La jeune blonde se présenta à la demoiselle, un panier dans les mains.
- Bonjour, tu veux bien goûter et me dire ce n'est pas trop relevé s'il te plaît?
De toute façon Thomas ne se laisserait pas approcher si facilement et sa petite sœur était un cas à part tout comme Marianne, sa meilleure amie et amour éternel d'un certaine façon qui pouvaient se permettre des largesses. Sinon, tout revenait à Loris. La petite demoiselle sourit et salua sa camarade.
- Oh, qu'as-tu fais de bon cette fois?
- Des muffins à la poire avec du curry et des petites touches de piment, je me prépare pour mon passage au concours. Je suis assez nerveuse...
La vue de ces gâteaux attira vite des amateurs/amatrices près d'eux.
- D'accord ~
Elle se servit et le goûta donc. C'était particulier... Pas mauvais et merci bon Dieu, pas trop piquant. Ce n'était pas forcément les saveurs qu'on appréciait de bon petit matin mais ça allait.
- Ça va, c'est plutôt bon.
Contente d'avoir trouvé des amateurs, la demoiselle distribua sa confection aux palets curieux. Sun se réjouissait intérieurement d'avoir fait rougir Lucas, rien qu'un peu, une première victoire...Peut être qu'à leur sortie suivante après le parc viendrait un possible baiser? Il ne fallait cependant pas aller trop vite... Lucas justement éluda les questions assez vite, laissant Mathieu et Vincent dans leurs interrogations. Il était gêné et un peu flatté qu'un beau garçon pensait à lui d'une telle façon. Cela étant, il ignorait le caractère de Sun, bon assez franc ça il savait mais le reste? Il pouvait s'avouer sans crainte une attirance pour les mecs joyeux et expressifs, le contraire de lui en fait. Pourquoi? Il ne savait pas mais son premier coup de cœur, un correspondant écossais, était exactement ainsi.
Sun attendait Lucas assis sur un banc feuilletant un magazine sur les dernières nouvelles du monde sportif, il soupirait de joie n'arrivant pas à y croire: quelle chance que son petit chaton trop mignon et sexy ai accepté! Il allait falloir se tenir! Couché les mains...
L'apprenti dessinateur fini par rejoindre son camarade et s'excusa de son retard. Bon, de cinq minutes à peine mais tout de même. Il lui sourit timidement ensuite et se pencha pour voir c'était quoi le magazine en question.
- Un truc sur le sport, la Mauritanie est vraiment bien placée en matière de handball c'est la Surprise de l'année! Déclara-t-il avant de lui passer la revue.
Le sport intéressait-il le petit artiste? Nerveux sur le coup, il trouva rien de mieux de vanter les performances en curling des Philippines, la preuve qu'il ne voulait pas seulement le "sauter" à bien y réfléchir, se disait-il.
- Oh. Je ne connais que le tir à l'arc sinon le reste du milieu sportif...
D'ailleurs, il faudrait qu'il aille voir les nouveaux horaires du club communal. Lucas écouta toutes les informations qu'on lui donnait mais n'avait, manque de chance, pas grand chose à répondre si ce n'était que la France se débrouillait super bien en escrime en ce moment d'après les médias.
Les deux adolescents commencèrent à déambuler dans la ville, où voulait il aller déjà? Ah, oui le parc, pourvu qu'il ne pleuve pas, le ciel annonçait une météo peu adaptée à leur projet actuel. D'un coté, cela permettrait peut être un certain rapprochement? Non non, hé pas trop vite quand même! Voilà qu'il pensait comme un Prédateur en manque...
Lucas regardait le ciel avec attention, son père aussi pilote amateur dans ses heures perdues, lui avait appris à bien décrypter la voûte céleste.
- On risque d'avoir un orage... Un court mais avec une bonne pluie et du vent.
Il n'avait pas pris de parapluie car il n'avait pas prévu le mauvais temps mais un préau en tôle existait un peu plus loin sur le chemin du parc. Ça devrait faire l'affaire.
- C'est ce que j'avais vu aussi, sinon...Heu...T'as une passion, un passe temps?
Les questions bateaux, oui d'accord, or il fallait bien briser la glace et ne plus rester à se regarder en chiens de faïence Ad vitam æternam...Ils avaient l'air grotesques, stupide en prime.
- Le dessin.
Un peu sec. Évidemment, qu'il aimait le dessin et l'autre le savait forcément puisqu'il était là à la remise des prix et tout ça. Aussi se décida-t-il à rajouter un peu de substance.
- Des bandes dessinées précisément. Sinon, je fais du tir à l'arc le week-end et de temps en temps de l'aviation avec mon père.
A cet instant le tonnerre gronda au loin, ha les premières gouttes allaient tomber...Un truc sacrément violent semblait se préparer parmi les nuages. Ah, Lucas pilotait un peu alors, intéressant et cool aussi...Devait il l'admettre.
- On va finir trempés je crois. Balança t il en riant, tant il battait des records niveau platitudes.
Il lui indiqua alors le petit abri en tôle un peu plus loin.
- Là on sera à l'abri. Le mauvais temps ne devrait pas durer trop longtemps, d'après ce que m'a apprit mon père.
Lui n'était que co pilote à l'arrière, un navigateur en quelques sortes. Mais ils formaient un très bon duo.
Le garçon s'assit, comme il n'aurait sûrement pas l'occasion de reproduire ce geste avant un moment il saisit l'opportunité, son camarade assit, de lui caresser délicatement la main.
- Merci...D'avoir accepté mon invitation, je suis vraiment très heureux de passer ce temps avec toi...même à attendre sous un truc de fortune...
Le collégien rosit mais le laissa faire, pour une fois qu'un garçon séduisant s'intéressait à lui... A priori, il était bi ou gay, ce qui l'arrangeait beaucoup.
- Ça me coûte rien de venir et je suis assez curieux de savoir ce que tu me trouves... Et puis la pluie va s'arrêter.
- Je sais pas, tu me plais physiquement, je te trouve mignon...Gentil...Tu m'attires...J'ai envie de te connaître.
Il marqua alors une pause avant le coup de grâce : Et je te désire profondément.
Comme ça, telle une baffe en pleine figure, mais Sun ne brillait en sentiments pas par sa finesse ou sa subtilité.
Lucas atteignit une magnifique couleur rouge tomate en un temps record. Il baissa les yeux, gêné au possible mais aussi un peu flatté tout de même. Transparent, indifférent, il n'attirait normalement pas l'attention ou alors pas forcément en bien.
-...Merci... Je... J-Je pense que tu es bien aussi...
Se sentant en veine il le prit dans ses bras juste pour un simple câlin chaste, le baiser, cela attendrait sûrement leur prochaine rencontre. Oh adorable Lucas avec ses joues pourpres...Tellement mignon! A croquer! Ho, doucement Libido hein!
- Ça s'explique pas...ce genre de choses...Tu as ce que j'apprécie chez quelqu'un physiquement...Mais maintenant c'est toi, que je voudrais...Pas seulement ce joli corps que j'avoue sans honte dévorer du regard.
Le jeune homme rougit davantage, si possible, tout en se laissant câliner. C'était agréable d'être dans les bras d'un autre, une personne qui voulait de lui tel quel. Il se laissa aller à poser sa tête dans le cou de Sun, encouragé par ses gestes et l'atmosphère un peu seuls au monde du moment.
- Je suppose qu'on pourrait... essayer. Pour voir.
Lui proposait-il de l'exhibitionnisme ou de sortir ensembles? Il eut un doute de taille sur l'instant.
- Quand tu dis... Essayer tu parles de commencer quelque chose tout les deux, quand même pas faire le truc ici alors que tout le monde pourrait nous voir hein...
Il lui passa la main dans les cheveux et sourit, redescendant vers sa nuque, il n'irait cependant pas plus bas, trop tôt.
Lucas eut un sursaut et secoua vivement la tête.
- Non! Non, je ne veux rien faire ici! J-Juste... essayer de voir... si on peut s'entendre...
La caresse dans ses cheveux l'apaisa et le léger contact sur sa nuque lui donna un léger frisson. Il n'était pas habitué au contact physique et pourtant il l'appréciait, quand c'était voulu.
- Je voulais juste être sûr... Tu m'aurais surpris si c'était ton genre...Ce truc là.
Ses yeux restèrent rivés sur les lèvres du plus petit, si seulement...Juste un baiser...Pas grand chose, mais aussi Tellement... Il poursuivit sa caresse du bout du pouce, la peau du garçon était tellement douce, si fine...
- Pas mon genre du tout...
Il était réservé lui, pas exhibo! Ensuite... Eh bien... Il ignorait sincèrement comment il réagirait dans une situation intime, n'ayant jamais été jusque là. Lucas n'avait en fait jamais dépasser le stade des baisers sages.
La pluie redoubla de violence, agressant pratiquement le pauvre toit en tôle qui s'il avait eu une voix aurait sûrement crié grâce devant tant de tortures. Les yeux de Sun étincelaient dans la pénombre, avoir l'objet de son affection, de ses désirs si proche de lui, pouvoir le toucher rien qu'un peu...Même aller jusqu'au baiser s'il s'en sentait l'audace...
- Dis Lucas, on t'as déjà embrassé ou pas?
Il l'observait avec attention, étudiant les traits de son visage... Beau. Direct cela va sans dire mais aussi, plutôt expressif. Ça lui plaisait plutôt pas mal jusque là. La question le prit au dépourvu mais il tâcha d'y répondre, déglutissant un peu avant alors que l'ambiance étrange se resserrait sur eux. Le bruit de la pluie? Quel bruit? C'était son cœur qui tambourinait si fort sûrement...
- Oui, c'est déjà arrivé.
- Ok...J'aurais pas aimé t'foutre la trouille...Si.. Je t'embrassais...Là maintenant... J'vais passer pour un gros pervers...! Dit-il gêné sans vraiment le quitter des yeux. Trop chou pour son propre bien, comment personne n'avait pu le remarquer? Il parlait peu ok, pourtant, Loris Julia par exemple n'ouvrait jamais la bouche ou presque en dehors de la classe et ça n'empêchait pas les gens de se retourner sur lui...Lucas... Ce nom, si doux, si adapté au garçon...
- M'embrasser, là, tout de suite...?
Ses grands yeux bleu de lin ne quittaient pas leurs homologues, y cherchant une preuve de malice ou de sincérité. Peut-être était-il assez isolé simplement parce que ses amis indéboulonnables faisaient office de repoussoir. Peut-être. De toute façon, il n'aimait pas trop attirer l'attention des gens.
Vu sa réaction, ok c'était loupé, autant remettre l'expérience à plus tard, il en mourait d'envie mais il voulait aussi faire quantité de trucs à cette mignonne petite bouille devant lui: l'embrasser, le caresser, le dévêtir, lui donner du plaisir, le voir soupirer, l'entendre gémir délicieusement son nom, le... Oh oh doucement les fantasmes! Hé! D'abord, retrouver son calme... Pire qu'une bête en rut...Pauvre Lucas...
- Mais comme tu veux pas tellement, on va laisser tomber l'idée.
- Je ne sais pas.
Et c'était simplement vrai, il ne savait vraiment pas quoi faire ou quoi lui dire. Plus empoté que lui ça ne devait pas exister. Voilà pourquoi il évitait les relations aussi, sa connaissance du sujet frisait les pâquerettes quelle que soit la nature de ladite relation. Amoureuse ou non.
Il lui posa doucement la main sur la joue, comme pour le rassurer, un Ange, voilà ce qu'il représentait pour lui...
- On peut essayer et si tu veux pas...Tu m'arrêtes...Non?
Ils brûlaient des étapes mais f*ck! Il allait pas le baiser non plus hein! Puis, lui s'en foutait, il appuierait sur les Freins que si ça dérangeait Lucas!
La main sur sa joue ramena des couleurs à son visage qui avait pourtant récupéré une couleur à peu près normale. Loupé.
- ...D'accord...
Il avait beau l'air d'être taillé comme une crevette, si il le voulait vraiment, recevoir une droite de sa part en pleine poire avait de quoi vraiment faire mal. Une brindille assez bien dotée niveau force brute, un contraste assez amusant selon les jumeaux qui eux, savaient ce petit secret.
Il commença par un rapide contact des lèvres très léger, tout doux avant de glisser sa langue, étapes par étapes dans la bouche de son partenaire, ne sentant aucune résistance, il entama un ballet qu'il souhaitait être le premier d'une longue série. Sa main toujours sur sa nuque, il ne la bougeait pas car sinon, elle commettrait l'Impardonnable... Sans brusquer le petit brun, il y allait par à coups, vérifiant bien qu'il ne le gênait pas ne faisait rien de déplaisant pour lui.
Un baiser doux, en surface, il connaissait. La suite par contre, c'était bienvenue en terre inconnue! Pourtant, Lucas se laissait porter, essayant de suivre le rythme de l'autre. Machinalement le brun leva les mains pour les poser sur les joues de Sun, encadrant son visage alors qu'ils s'embrassaient. C'était plus agréable que ce qu'il pensait.
- Lucas...Souffla-t-il à la fin de leur échange pour reprendre une respiration normale.
Il se connaissait s'ils allaient plus loin, même simplement dans le baiser, il exigerait quelque chose que son petit ami potentiel ne pouvait pour l'heure pas lui donner, inutile de rendre leur premier rendez vous désagréable pour le concerné et de se frustrer lui. Il lui demanda directement comment il se sentait alors que la pluie frôlait désormais dangereusement la grêle.
Les joues rouges et le cœur battant des records, il se mordillait la lèvre avec nervosité. Comment il se sentait? Plutôt bien honnêtement.
- Comme du coton... chuchota-t-il.
Une réponse un peu bizarre mais il avait vraiment l'impression d'être dans un état cotonneux pas désagréable.
Quel bon signe! Il lui sourit avant de l'enlacer presque maternellement, cette réponse était encourageante. Il entreprit alors de le câliner de façon très chaste, pas besoin de lui imposer un autre baiser, sauf si ça venait de lui. Le petit La Vallière avait tout d'un merveilleux petit chou à la crème...Comparaison bizarre finalement, limite malsaine, non non! Un adolescent avec un physique qu'il désirait, une personne qu'il entreprendrait de connaître, pas juste bibliquement.
Un nouveau câlin. Les yeux mi-clos, Lucas se cala contre son camarade et profita de la chaleur de ses bras alors que le mauvais temps ne cessait de se déchaîner. Il ignorait quel était le parfum de Sun mais il l'appréciait, pas trop fort, juste une bonne fragrance, légère. Est-ce que c'était une bonne ou mauvaise idée? Peu lui importait au final, ils avaient du temps et la jeunesse était propice aux expériences.
- Tu es adorable...Lui murmura-t-il... Et si on rentrait chez moi pour boire un bon chocolat chaud, vu le temps t'en dis quoi? On aura froid cinq minutes mais là si on reste on va se les geler un moment...
Attention, il s'agissait en rien d'une invitation sexuelle non! Il voulait prendre son temps avec lui, le mettre en confiance, qu'ils se familiarisent l'un avec l'autre...Il ne comptait pas tout détruire avec une précipitation idiote.
- Oui... Ça serait bête qu'on attrape la crève.
Surtout si il voulait entrer dans les compètes de tir à l'arc. Décocher ses flèches de 5 à 25 m de distance... Le pied! Plus c'était loin et mieux c'était selon lui. Le petit brun se leva alors et attendit pour qu'il lui montre le chemin à suivre.
Avant toute chose, il prit son manteau qu'il posa sur la tête du plus petit précisant que lui n'était pas tellement sensible à l'humidité mais ce qu'il avait pu voir en cours, son camarade avait une toute autre consistante. Ils marchèrent cinq minutes avant d'atterrir au pied d'une petite maison de banlieue. Il prit les clefs, s'écartant pour laisser entrer le premier garçon avant lui, question de savoir vivre.
- Alors chocolat chaud, thé, café, chicoré ou lait? Questionna t il alors qu'il mettait son vêtement d'extérieur dans un endroit éloigné mais sec.
Le collégien fut touché de ce petit geste envers lui et une fois à l'abri, il lui rendit le manteau avec un léger sourire et un "merci" de circonstance. Il observa un peu les lieux puis se concentra à nouveau sur l'autre en entendant sa voix.
- Chocolat chaud s'il te plaît.
Il le regarda se déplacer, appréciant son allure. Un coureur de fond non? Hm, nan, un sprinter. La course de fond était pour l'endurance, le sprint pour la vitesse.
Deux minutes plus tard, le garçon revint avec le chocolat demandé, lui s'étant pris un mélange de fruits et d'épices chauds, le genre de boisson particulière qui ne se voyait pas souvent. Sun adorait les fruits, petit, il les prenait sur l'étal de son village d'origine pour mordre dedans à pleines dents, sa mère était souvent assez confuse et s'excusait piteusement auprès des producteurs locaux que cela faisaient rire.
L'intrus à la maisonnée le remercia donc, essayant comme toujours de se faire le plus petit possible. La tasse entre les mains, il souffla doucement dessus afin de pouvoir le boire sans se brûler. Ses idées étaient un peu mélangées et filandreuses mais ça ne le dérangeait pas tellement, du moment qu'on ne vienne pas embrouiller plus son mental.
Son hôte s'éloigna quelques minutes pour revenir avec une paille qu'il planta dans son breuvage dont il aspira le contenu avec un sourire de gourmandise...Pêche, Kiwi blanc et cardamone avec une touche de carvi, ha qu'il appréciait ce petit magasin tenu par cette étrange fille toujours souriante, elle vendait toujours des produits qu'il ne trouvait nulle part. Toujours dans son coin, à distance raisonnable du coup, Lucas buvait tranquillement en rêvassant. Il avait souvent la tête dans les nuages mais quand ce n'était pas le cas, il était une personne très pragmatique. Une sorte de dualité qu'il maîtrisait bien en règle générale. Le silence ne le dérageait pas, le préférant même aux mots inutiles et sans saveurs.
Le lendemain, un brouhaha pas possible régnait dans l'académie, des élèves de primaires aux terminales tout le monde déclara qu'il lui manquait quelque chose. Certains plus affectés que d'autres en raison du prix ou de la valeur sentimentale d'un des objets présents dans ce qu'ils n'avaient plus. Ainsi, effondrée en larmes, l'implacable, la rigide Lucia sanglotait car dans son sac à main se trouvait le dernier cadeau de son grand-père avant que celui ci ne meure dans des circonstances for tristes. Jeanne soupira, pourquoi avoir volé son MP3? A par le revendre à un collectionneur, le concerné n'en tirerait rien.
A force que les plaintes s'accumulent, Henri Cohen, directeur général du complexe scolaire décida de faire passer un message par les hauts-parleurs disséminés un peu partout. Ils serviront pour autre chose que les alertes incendies, indispensables évidemment.
- Étudiants, étudiantes, l'administration a bien prit en compte toutes vos plaintes de pertes ou de vols et va mener son enquête. En attendant, laisser tout objet précieux chez vous et si vous l'avez avec vous dans les lieux malgré tout, laisser les dans vos casiers bien fermés par les cadenas ou garder les sous surveillances. Surveillants et professeurs sont à votre disposition pour d'éventuelles questions. Merci de votre attention.
Esteban écoutait le proviseur, fumant sa cigarette dehors, au moins il faisait ça à l'extérieur, lui pas comme certains cons qui sous prétexte de pouvoir se payer leurs putains de cigarettes électroniques pensaient que ça leur donnait le droit de niquer les poumons de tout le monde! Et voilà tout les regards se tournaient vers lui, ah bah oui forcément qui d'autre que les gamins du Ghetto pouvaient faire un coup pareil! Qu'ils allaient tous se faire foutre!
Une petite blonde à forte poitrine discutait avec son ami, à quelques pas de Malia et Eric.
- Si c'est lui, je te jure! On dit qu'il est dans un gang dans son quartier!
- Quelle idée aussi...Autant monsieur Cohen est une bonne personne...Mais ces gens là...Ça doit rester à leur place...
Le jeune Crétoise fronça les sourcils, cette affaire prenait une tournure inquiétante.
- Je sens qu'on va assister à une chasse aux Sorcières... Confia-t-il à son petit ami de manière à ce que personne ne l'entende.
Une fois l'annonce terminé, il soupira lourdement et fouilla un moment dans ses papiers. Beaucoup de personnes disaient que c'était deux élèves en particuliers qui seraient coupables. Pourquoi? Parce qu'ils étaient déjà stigmatisés de base par leur milieu... Ça le dérangeait profondément, lui avait de solides croyances en l'égalité et la justice. Il n'était ni flic ni avocat mais il comptait bien ne pas lâcher cette affaire et de trouver les vrais coupables, quels qu'ils soient.
Eric pour sa part, n'était pas victime de cette vague de problèmes, n'ayant de toute façon absolument rien qui pourrait lui être volé. Son Trésor étant une personne alors à moins de kidnapper Malia... Ce dernier attira justement son attention.
- J'espère que ça ne finira mal que pour les vrais coupables de tout ce merdier...
Miguel soupira quand un groupe lui prit son sac des mains pour le renverser par terre et fouiller, ha la joie de venir du Ghetto, dire que son petit ami et lui se trouvaient dans cet établissement dans le cadre du programme mis en place par la municipalité qui consistait à choisir des jeunes de quartiers difficiles pour leur offrir une bourse même s'ils ne présentaient aucune particularité ni intelligence hors normes. Cela s'appelait la Subvention Thémis, nom de la déesse de la justice Grecque pour le symbole. Elle était où d'ailleurs la Déesse là? Partie faire un tour?
- Vous voyez bien que mon sac est vide, il n'y a que mes cours à l'intérieur.
J
eanne du coté collège serra les poings, quelle conduite scandaleuse! Que faisaient les surveillants?
En parlant d'eux, ils arrivaient, l'aura froide de leur dirigeante, nommée Sedna fit décamper les roquets pathétiques. Elle se pencha pour aider le garçon à ramasser ses affaires.
- Tu devrais agir.
- Je ne veux pas d'ennuis, voyez vous...
L'héritier Ioannis secoua la tête, quel déplorable spectacle... Les deux jeunes Latinos n'allaient pas avoir la paix, déjà que diverses petites frappes venaient les provoquer...
L'auvergnat au sang chaud avait l'envie d'envoyer se faire mettre bien profond les gens venant foutre le bordel. Ne pouvaient-ils pas les laisser en paix? Il n'y avait strictement pas la moindre preuve contre eux! C'était dégueulasse. Sans même dire un mot, son expression montrait clairement et farouchement son désaccord.
Déjà las de cette affaire, qu'il fallait pourtant résoudre au plus vite, Henri fit mander dans son bureau les deux adolescents concernés en tant que suspects. Il ne voyait pas vraiment en quoi ces deux là en particulier seraient plus coupables en dehors de leur lieu de vie mais il se devait de les interroger. Rien d'extraordinaire. Banalement triste, pensa-t-il... Les clichés étaient particulièrement détestables.
- Bonjour monsieur le Proviseur. Dit poliment Miguel alors que son camarade lui assassinait le responsable de la structure du regard. Il n'aimait pas tellement se trouver ici.
- 'jour. Mâcha le second garçon avec une envie de fuir aussi grande que le Pacifique.
Assis, il attendit calmement, pas besoin non plus de se faire voir par leurs "mauvaises manières", lui avait un peu plus de contrôle que son Freelancer, mais cela suffirait il? Depuis leur arrivée ici, les rumeurs, les messes basses ne cessaient jamais...
- Bonjour, merci d'être venus. Et désolé, je dois dire que je n'approuve pas ce qui coure en ce moment... Vous convoquer pour rien n'est pas une chose qui me fait plaisir.
Il exposa donc son point de vue de l'affaire, concrètement, ils n'avaient pas de preuves contre qui que se soit et si, effectivement, les deux jeunes n'y étaient pour rien alors il les aiderait de la manière la plus efficace possible. De son point de vue, absolument tout le monde était potentiellement coupable.
Le plus mesuré du duo lui sourit.
- Vous n'êtes pas responsables de leur façon de penser, monsieur le Proviseur, nous y sommes plus ou moins habitués.
Il sortit une feuille de son sac, laquelle avait connu des jours meilleurs: voici mon "alibi" si je peux dire. Et pour l'état, disons que j'ai subi une fouille en règle par la milice locale.
- Fils de Putes, tous des fils de putes...Grogna Esteban en Espagnol.
- Et croyez bien que je déteste que vous y soyez habitués...
Le grand homme prit la feuille et l'observa minutieusement avant de finalement la rendre au propriétaire, acceptant la preuve. Il entendit clairement ce que marmonnait l'autre élève et le reprit avec un claquement sec de la langue.
- Je comprends très bien ce que vous dites jeune homme, je peux être conciliant mais que jusqu'à un certain point... Quand à ceux qui vous ennuies, n'hésiter pas à nous les rapporter et oui je connais les discours de "nous sommes pas des balances" mais c'est un argument très peu convaincant... Je tiens à l'ordre dans mon établissement.
- Esteban calme toi! Lui ordonna maternellement dans leur langue natale son petit ami puis au proviseur: Je vais le surveiller pour qu'il ne réponde pas aux provocations monsieur le Proviseur...Merci de nous faire confiance...
Quand il était de mauvaise humeur, son cher et pas des plus tendres en oubliait toute correction élémentaire... Pourquoi fallait il que d'eux deux, il soit le plus à même de se contenir...? Enfin bon, il faudrait faire avec, simplement.
- D'solé... Fit l'effort de dire le responsable.
Plus que l'idée d'honneur ou de soutien des potes, chez eux balancer revenait à finir au fond du fleuve le plus proche coupé préalablement en morceaux.
- Quoiqu'il en soit, faites attention à vous. Certains, aussi rutilants soient-ils en dehors, le sont parfois bien moins à l'intérieur. Ne vous attirez pas d'ennuis supplémentaires.
Henri les libéra finalement, prenant note de leur échange bien qu'il fut assez court. C'était bien pénible ce genre de soucis, une véritable épine dans le pied. Plus vite le ou les fauteurs de troubles seraient trouvés et plus vite l'académie retrouverait la paix. Mais pourquoi voler tant d'objets divers et variés?
Il existait au sein de l'académie une élève qui avait pour surnom la Reine, parce qu'elle régnait plus ou moins sur les élèves, à la manière d'un personnage de manga d'ailleurs, parallèle assez amusant souvent fait. Celle ci surveillait l'évolution de ces événements de près...de très près.
Alors que Henri se trouvait seul, Europe frappa à son bureau, un problème de cette ampleur demandait une réunion d'urgence, il allait sans dire!
A l'abri des regards, Miguel réconforta son petit ami par un baiser lui promettant que bientôt cette sale histoire serait derrière eux.
Monsieur Cohen lança un "Entrez!" assez fort alors qu'il réfléchissais. Il y avait des vols à tous les niveaux scolaires, des objets de valeurs ou du quotidien, sans lieu ni horaires précis... Pourquoi? Qu'est-ce que le ou les coupables cherchaient à faire à part mettre la pagaille dans l'académie entière? De plus, les parents d'élèves allaient causer des ennuis et plus grave, les personnes tenant les cordons des bourses du complexe scolaire allaient sans conteste fermer celles-ci tant que le problème de sécurité persisterait...
- Bonjour Henri. Dit sa visiteuse avant de s'asseoir.
Europe derrière ce prénom hors du commun se cachait une efficacité redoutable et une autorité dite sans faille, ce soucis de vols l'ennuyait elle aussi énormément ce qui expliquait les raisons de sa présence, non que son collègue et ells ne s'entendent pas, mais il était la Lumière, elle officiait toujours dans l'ombre, plus à l'aise, plus redoutable...
- Bonjour Europe, souffla-t-il.
Il se demanda si il avait l'air aussi las qu'il se sentait. A chaque fois qu'il résolvait un problème, un autre leur tombait dessus! Si ça persistait en cette voie d'embûches, qui sait si le conseil de l'académie, composé principalement de porte-feuilles, allaient le laisser en place... Le parisien adorait son job, il voulait faire de cette école un endroit bien avec un bon enseignement et une bonne ambiance. L'école parfaite n'existait pas mais il en voulait une bonne.
Elle remit les mèches dépassant de son chignon à leur place, à la vue de son expression la nouvelle qu'elle lui apportait allait lui mettre un peu de baume au cœur.
- Sachez au moins que je viens d'avoir les Ioannis au téléphone, ils ne comptent en rien retirer leur soutient à notre établissement, ça en fait déjà au moins un.
Puis elle l'interrogea sur les faits, les objets, l'heure ou les lieux laissaient ils place à d'autres suspects que les deux bénéficiaires de la subvention Thémis? Comme Henri, elle partageait des valeurs d'égalité sous ses dehors froids et inaccessibles.
Au déjeuner, Alix assise à coté de Élisabeth constata avec tristesse qu'un de ses couples choupi avait trouvé plus sage de ne pas se joindre aux autres et de manger à l'écart. Curieuse, elle voulait savoir ce que son amie pensait de tout cela, non elle posait la question à toutes les personnes assises avec elles.
Le grand brun soupira puis esquissa un léger sourire. Ne pas perdre le Nord et le sens des affaires.
- Bien, parfait. Merci de la nouvelle, quand au reste j'ai tout compilé.
Les secrétaires auraient pu s'en charger mais tant qu'à faire, il voulait s'occuper de ce cas épineux. Il fit pourtant un rapide résumé à sa collaboratrice et relata aussi les infos obtenues par les deux élèves.
Ce fut Paul qui répondit tout d'abord, expliquant que Antoine et Armand étaient partis ensemble un peu plus tôt. Apparemment, le fils De Beauce commençait à en avoir sérieusement ras la casquette des quolibets et fausses tristesses à son égard. Compréhensible. Sa compagne ensuite prit la parole, intriguée aussi de ne pas voir Miguel et Esteban dans leur coin habituel. Sans doute qu'eux aussi voulaient un peu de calme.
- Dommage, ils sont mignons tout les deux...Dit la Crétoise mais elle comprenait leur démarche.
Pour Miguel et Esteban, elle pouvait l'expliquer par contre: après qu'Esteban ai failli briser la mâchoire d'un des sbire de la Reine, Miguel l'a entraîné plus loin, pour le calmer...
Honnêtement, embêter Antoine avec la mort de son père n'aurait jamais traversé l'esprit de la concernée, parce que si le garçon se montrait si triste il ne devait pas avoir un père à la hauteur, du peu qu'elle avait pu voir une fois, ce type dégageait une absence totale d'affection envers son fils. Tomas demanda si quelqu'un voulait du sel, faisant beaucoup rire Idy, laquelle affirma se placer en terrain neutre jusqu'à ce que l'innocence ou la culpabilité des accusés soit établie, rien d'étonnant pour la fille d'une brillante avocate et d'un procureur.
- C'est quand même bien dommage qu'ils s'éloignent ainsi... Puis la Reine, tu parles...
Autant dire que Élisabeth n'était pas fondue de cette fille. Elle ne la détestait pas non plus mais trouvait ridicule ce concept. En quoi serait-elle mieux? Quand au reste, la plantureuse blonde espérait que tout ça allait vite se régler. Paul pour sa part s'inquiétait un peu de ses amis, certes ils étaient plus proches entre eux que avec lui mais tout de même... Enfin, il ferait sa propre investigation plus tard. Il savait déjà que ce n'était pas la joie mais en sachant où habitait Borna, il pourrait toujours se taper l'incruste pour une petite visite. La demande de sel resta sans réponse, sans doute parce que personne n'en voulait ou simplement parce que chacun était dans ses pensées.
Point de vue que Alix partageait, enfin il fallait juste faire avec.
- Tu sais, je crois qu'ils se sont pas sentis les bienvenus dès leur arrivée ici alors, je pense pas qu'on puisse leur reprocher... Tout ça pour quelques abrutis et encore je reste correcte...
Face au silence, le concerné se sentit particulièrement idiot, proposer du sel à un moment pareil...La jeune Canadienne qui avait le duo dans sa classe reprit.
- Vous verriez comment ils sont avec eux en cours...Des fois, on ne peut pas en vouloir à Esteban si son poing part tout seul, vous voyez le genre?
La demoiselle acquiesça. Pourtant, il y avait toutes les classes sociales ici, certains étaient des enfants d'ouvriers comme le basketteur star, le jeune Ozanne et d'autres. Des couches un peu mieux lotie, les classes moyennes comme elle-même et la majorité des élèves ou même professeurs, venaient ensuite les quelques privilégiés. Comme Antoine ou le petit Malia par exemple. La diversité était l'un des points forts de l'académie alors c'était un peu idiot de mettre ces deux là de coté à cause de leur background... Stupidité quand tu nous tiens!
Liberty, qui d'ordinaire ne parlait pas, termina sa part de tarte pour s'exprimer.
- C'est une forme de parano poussée quand on sait qu'ils viennent d'un coin où même la police ose plus mettre les pieds, ça leur fait peur.
- C'est pas une raison pour les traiter comme des parias. Grinça Fidel.
Idy voyait très bien que Paul avait l'esprit ailleurs, sans doute se faisait-il du soucis pour son ami...Comment se nommait il déjà? Antoine, oui voilà, il s'inquiétait, ce que pouvait expliquer qu'il ne tienne pas du tout compte de ce qui se passait autour de lui.
- Vous avez tout les deux raison je crois, encore faudrait-il que les abrutis le comprennent et c'est pas demain la veille... soupira Babeth tout en finissant son repas du midi. Elle avait aussi remarquer que les pensées de son petit-ami voguaient au loin mais ne lui en voulait pas. Séparer un trio qui est justement inséparable et celui mis à part restait indubitablement focalisé sur les deux manquants.
De leur coté, Antoine et Armand ne l'avaient pas mis délibérément à l'écart mais avait préféré s'éloigner pour avoir un peu d'air sans pour autant déranger leur ami qui profitait des pauses pour être avec sa Princesse chérie. Déjà qu'il faudrait lui dire sur l'avancement de leur relation... L'avait-il vu d'ailleurs?
- Vous avez déjà eu l'occasion de discuter avec eux? Demanda Ute avec le plus grand sérieux aux gens qui se trouvaient dans la classe en question.
De son point de vue, il était possible que cet acharnement vienne du fait que les deux ne cherchaient pas à s'intégrer, car ils ne se mêlaient pas tellement aux différents élèves. Quelques tables plus loin, Malia demanda à Eric s'il connaissait quelqu'un ayant été victime des dits vols. La question avait été posée à plusieurs reprises parmi les différents étudiants, de la primaire à la terminale, encore une fois. Seuls les petits de maternelle avaient été épargnés car ils n'amenaient rien, même les Doudous, d'ordinaire, le personnel trouvait mieux pour les enfants en général de les laisser chez eux, sauf cas particuliers, troubles, traumatismes.
- Même si ils ne veulent pas s'intégrer, ce n'est pas une raison pour une faire des têtes de turcs, autant les laisser tranquilles et ça irait très bien.
Parce que ça, Élisabeth ne niait pas le manque lattant de motivation à être là... Eric hocha la tête, son amie Victoire avait effectivement été victime. Une bague lui avait été dérobée et ça la rendait assez triste. Non pas que le bijou eut une valeur exceptionnelle, c'était simplement qu'elle la possédait depuis plusieurs années et s'y était attachée. Lui n'avait personnellement rien à déplorer.
- Miguel est plus enclin à la communication, précisa la petite Canadienne avant d'empêcher son petit ami de surdoser son repas en poivre alors qu'il allait ouvrir celui du mauvais coté.
Alix fronça les sourcils à la question de sa camarade Suisse, d'une classe relativement aisée, elle ne devait pas comprendre grand chose, bon elle aussi du point de vue sociale n'était pas à la plaindre, or, la jeune Crétoise connaissait assez bien son amie pour deviner vers où elle tenait à mener le groupe avec cette question.
- Ha je la comprends, j'espère pour elle qu'elle sera retrouvée, c'est arrivé quand, elle était où cette bague?
- Comme quoi, tout n'est pas perdu je suppose...
Ayant déjà fait le tour de son avis sur la question, elle allait probablement les laisser papoter entre eux et tenter de retrouver l'attention de sa moitié.
L'auvergnat réfléchis un moment pour être sûr de ne pas dire de bêtises.
- Vic' a été obligé de la poser pour le cours de sport, du handball je crois. Donc pendant ces deux heures là...
Une annonce fut faite.
- Jeunes gens, ici la proviseur adjoint de l'académie, terminez vos repas et venez tous dans le couloir principal afin que nous procédions devant vous à l'ouverture générale des casier. Merci de votre attention et nous vous souhaitons bon appétit.
Les esprits s'animèrent, curieux, ils n'attendaient pas la totalité des élèves? Oh, un fils ou une fille à Papa avait dû se faire subtiliser un truc important ou d'une grande valeur pour qu'ils décomposent les choses de cette manière. Ute croisa les bras.
- Il faudrait être quand même assez idiot pour cacher son butin à cet endroit, mais il y a des imbéciles après tout.
Malia sourit à son petit ami.
- Victoire va peut-être pouvoir récupérer sa bague, ce serait un bon moyen de terminer sa journée.
L'annonce eut le mérite de réveiller Paul qui se leva pour débarrasser ses affaires et se rendre ensuite devant son casier. Qui ne contenait que son sac de sport et quelques bouquins qu'il oubliait toujours de prendre par ailleurs. Babeth l'imita donc, emportant juste sa pomme avec elle pour pouvoir la manger ensuite. Peut-être avaient-ils eu de nouvelles informations?
- Oui, espérons le. Tu viens? Je suppose qu'ils vont faire la vérification à tous les niveaux et que tout le personnel va participer vu la taille de l'académie, répondit Eric en récupérant son sac pour le balancer sur son épaule.
Charlie justement avait été réquisitionné hors de ses espaces verts pour venir donner un coup de main aux surveillants et professeurs pour procéder à l'opération.
