Chapitre 11

-Quelle heure est-il Harry ? demanda Hermione à son ami alors qu'ils se promenaient avec Ron dans les rues de Pré-au-Lard.

-14h45, pourquoi ?

-Il faut que je vous laisse, j'ai prévu de rentrer tôt pour faire mon devoir d'arithmencie. On se voit au dîner !

Puis la jeune femme s'éloigna d'eux en courant.

-Elle est vraiment perturbée par ses histoires d'ASPIC's, dit Ron en regardant les longs cheveux bruns de Hermione qui volaient derrière elle.

-Hmm, marmonna Harry qui avait déjà tourné la tête vers la vitrine de Zonko.

-J'ai cru que tu allais être en retard ma chérie, dit Draco en souriant quand il vit Hermione qui arrivait à la cabane hurlante.

-Je ne suis jamais en retard, mon chéri, répondit la brune avant d'embrasser fougueusement le jeune homme.

-Hmm, hmm…

Les deux jeunes gens s'éloignèrent rapidement l'un de l'autre en se tournant vers la personne qui venait d'attirer leur attention, baguettes en main ils étaient prêts à en découdre pour que leur relation reste secrète.

-Doucement mes enfants, ce n'est que moi, susurra la voix sifflante de Voldemort.

Il était plus grand que Hermione l'aurait cru, très mince, le teint pâle, mais d'aspect maladif, ses yeux rouges aux pupilles de serpent étaient hypnotisant. Il portait une longue robe de sorcier noire un serpent brodé sur le cœur avec des fils argentés.

Le Lord Noir sourit devant l'air partagé des deux jeunes gens et dit :

-Ne vous inclinez pas mes enfants, vous n'êtes pas à mon service. Approchez, prenez ma main, nous allons transplaner vers un lieu plus tranquille.

Hermione et Draco s'approchèrent doucement de Voldemort et levèrent leurs mains vers ses mains tendues, leur contact était glacial et pourtant agréable d'une certaine façon…

Tout devint flou autour d'eux, ils sentirent leur estomac qui se retournait dans leur abdomen, au moment où ils eurent l'impression que leur déjeuner allait se faire la male la sensation disparut tout à coup, ils regardèrent autour d'eux.

Ils étaient dans une pièce qui, étonnement était très éclairée, la décoration était relativement sobre pour le propriétaire des lieux, les murs et le sol étaient de couleur crème, au centre une grande table de bois teinté noir était entourée de ses quatre chaises. Dans un angle un feu crépitait dans une cheminée, en face un canapé et plusieurs fauteuils bordeaux étaient installés en formant un U, pour permettre aux convives assis de tous se voir, sur le mur en face de la cheminée il y avait un grand tableau frappé des armoiries de Salazar Serpentard, sous le tableau un grand bureau de chêne foncé était couvert de documents divers.

-Asseyez-vous mes enfants, asseyez-vous… murmura Voldemort en montrant le canapé d'une main.

Les deux amants se regardèrent brièvement puis allèrent s'installer l'un à côté de l'autre, Lord Voldemort lui s'assit en face d'eux en souriant étrangement.

-Bien…bien…très bien…, murmura le Lord Noir.

La main de Hermione serra un peu plus fort la main du blond, mais son visage resta impassible et le jeune homme lui répondit d'une pression rassurante, son visage vierge de toute émotion.

-Que nous voulez vous ? Demanda-t-il à Voldemort.

-Quelle impatience mon cher ! Quelle impatience ! Ah… tel père, tel…

-Je ne suis PAS comme mon père ! Cria le blond.

-Draco ! S'exclama Hermione. Calme-toi...

Voldemort sourit puis reprit.

-Non bien sur, mon garçon, bien sur. Disons seulement que vous le vouliez ou non votre père et vous avez quelques similitudes, mais cela ne veut pas dire pour autant que vous êtes sa copie conforme.

-Que nous voulez vous ? Répéta le jeune homme.

-Je voudrais vous faire écouter quelque chose.

Voldemort se leva du canapé et se dirigea vers son bureau, il ouvrit un tiroir et en sortit une boite noire puis revint s'asseoir en face des deux jeunes gens. Il l'ouvrit et tendit la boite ouverte à Draco, Hermione retint son souffle quand elle vit se qu'il y avait à l'intérieur.

-Une prophétie… dit-elle dans un souffle. Pou…pourquoi ? Co…comment ?

-Cette prophétie vous concerne tout les deux, donc je tiens à ce que vous en preniez connaissance, et j'ai pu me la procurer en gardant toute mon intégrité mentale il y a longtemps, avant que le ministère ne me pourchasse, car elle me concerne aussi, ma chère, ainsi que ce cher Potter. Mais je ne tiens pas à ce qu'il l'entende, il irait tout de suite la rapporter à Dumbledore qui s'empresserait de contrecarrer mes projets. Brisez la sphère Draco.

Le jeune homme sortit une sphère de verre de la boite, regarda la fumée blanche y tournoyer un moment puis la lâcha. La sphère mit beaucoup trop de temps à toucher le sol pour Draco et Hermione, le bruit du verre brisé les fit sursauter.

Une silhouette s'éleva dans les airs, c'était une femme d'une grande beauté, mais sa voix froide et dure démentait cette beauté.

« Dans une souffrance commune le Serpent et la Lionne s'uniront quand l'espoir remplira le cœur du Phénix, le Survivant sera trahit par celle qu'il considère comme une sœur. Naîtra alors l'enfant du Serpent et de la Lionne, ils s'immergeront dans les ténèbres avec le fruit de leur union, le Lord Noir en fera ses enfants. L'espoir flétrira quand les Ténèbres grandiront. L'espoir flétrira quand les Ténèbres grandiront… »

Hermione et Draco étaient blêmes et Voldemort sourit de plus belle.

-Je suppose que vous vous reconnaissez Miss Granger ? Et vous aussi Mr. Malefoy ?

La jeune femme fut la première à se reprendre et dit :

-Donc, en vous appuyant sur cette prophétie, vous attendez de nous que nous nous rallions à vous et que nous concevions un enfant que nous sommes sensé vous confier pour que vous en fassiez le disciple des Ténèbres par excellence. Mais comment comptez-vous nous amener à vous être fidèles ? Vous et moi savons très bien que ce n'est pas par la peur ou l'intimidation, Draco comme moi n'a rien à perdre…

Voldemort sourit aux propos de la jeune femme, ce qui les déstabilisa encore un peu plus, puis prit la parole :

-Le défaut le plus rependu chez l'être humain et qui l'est encore plus chez les sorciers dotés d'un potentiel tel que le notre : l'envie. Et plus particulièrement dans votre cas, l'envie de savoir et de pouvoir, rien n'est plus important pour vous n'est-ce pas mes enfants ? Et puis, pensez à l'enfant que vous aurez conçu, au pouvoir dont il disposera… ! N'est-ce pas ce que vous désirez Miss Granger ? Le Lord Noir sourit de plus belle et son visage en fut presque redevenu celui d'un homme et plus celui d'un serpent. D'un coup son visage reprit tout son sérieux et sa voix aussi.

-Vous ne croyiez tout de même pas que je nous aurais organisé une rencontre avant de vous avoir observés et cernés ? Il se fait tard, reprit Voldemort d'une voix redevenue charmeuse, je vais vous ramener aux abords de Poudlard. Vos mains.

Les deux jeunes sorciers prirent les mains du Lord Noir et quelques instants plus tard ils étaient dans un bosquet d'arbres prés du portail d'entré de l'école.

Ils lâchèrent la main du sorcier qui transplana en leur souriant une nouvelle fois.

Draco et Hermione se regardèrent, puis rentrèrent au château sans même penser à se lâcher la main ou à prendre des chemins différents, finis les faux semblants, l'heure n'était plus aux cachotteries d'enfants.

Ils ne croisèrent personne dans le parc de Poudlard, leur pas laissaient une piste dans la neige vierge qui couvrait le sol. Par contre dans le château beaucoup d'élèves les virent revenir du parc main dans la main, tout à leurs réflexions les deux jeunes sorciers n'y firent même pas attention, ils étaient ailleurs.

Ce n'est qu'une fois la porte de la chambre de Draco refermée sur eux qu'ils se lâchèrent la main. Hermione s'assit sur le lit du blond ses jambes refusant de la soutenir plus longtemps, elle était prise de vertige.

-Ca va aller ? Demanda Draco.

Elle haussa les épaules et il s'assit prés d'elle.

-Draco, je…je ne savait pas si je devais t'en parler ou non, mais maintenant il est clair que oui, murmura la jeune femme soudain très pâle.

-Tu n'as pas l'air bien, je vais aller chercher Mrs. Pomfresh.

-Pas la peine, je sais ce que j'ai, passe moi mon sac !

Le blond se leva et alla chercher le sac de Hermione qu'il lui tendit en se rasseyant, elle en sortit un flacon remplit d'une potion bleue aux reflets verts. Ce fut au tour du jeune homme de pâlir, il avait reconnu la potion.

-Par Merlin ! Tu es enceinte ! S'exclama-t-il les yeux rivés sur le flacon que Hermione portait à ses lèvres.

-Tu connais cette potion ? S'étonna-t-elle.

-Ma mère en prenait il y a trois ans quand elle était enceinte, contre les nausée, mais elle a perdu le bébé. Tu comptais te faire avorter ? Demanda Draco en se rappelant ce que Hermione lui avais dit quand il était venu s'asseoir prés d'elle.

-J'hésitais, répondit-elle devant le regard furieux de son amant. On ne peut tout de même pas dire que l'on forme un couple des plus aimant ! Et qu'est-ce qu'on pourrait bien lui apporter à cet enfant ? Voilà pourquoi j'hésitais à me faire avorter Draco!

-Le pouvoir…

-Quoi ?

-On pourrait lui offrir le pouvoir, répéta le blond qui fixai le vide devant lui.

La dispute qui éclata un peu plus tard, dans les escaliers du dortoir des garçons pour finir en plein milieu de la salle commune, et qui déchira le trio gryffondorien fut le sujet de discussion favori du tout Poudlard pendant plusieurs semaines. La douce et calme Hermione Granger s'était transformée en une vraie furie et avait crié les pires horreurs à Ron et à Harry, les Gryffondors qui assistaient à la scène étaient tellement surpris par l'attitude de la jeune femme et par le fait qu'elle sortait apparemment avec Draco Malefoy qu'ils ne purent réagir qu'au moment où elle claqua la porte de la salle commune derrière elle. Ils se tournèrent alors vers Ron et Harry, le roux étaient rouge de fureur et sortit lui aussi de la salle en claquant la porte, ce qui fit hurler la grosse dame qui se fit rapidement incendier par le jeune homme. Harry quant à lui était pétrifié et avait les larmes aux yeux, quand Giny voulut s'approcher de lui il la repoussa et monta dans son dortoir d'un pas vif.

De la salle commune tout le monde put entendre les objets que le brun jetait à travers la pièce en hurlant et le bruit de ses poings heurtant les murs. Après quelques minutes Giny excédée monta le rejoindre et après quelques temps, la jeune femme descendit avec Harry à ses côtés, les poings en sang, elle l'emmena à l'infirmerie. Quand la porte se referma sur eux un silence horriblement lourd retomba dans la tour des Gryffondors.

Le soir même Hermione était dans le bureau du directeur pour lui demander de repasser sous le Choixpeau, le directeur accepta intrigué, plusieurs élèves avaient déjà émis cette requête depuis les premiers jours de l'école, mais c'était arrivé assez rarement.

La jeune femme posa donc de nouveau le Choixpeau sur sa tête et quelques secondes plus tard il dit :

-Serpentard !

Dumbledore était étonné mais ne le montra en rien, comme il n'y avait plus de place dans les dortoirs des Serpentards il lui assigna une chambre dans l'aile des préfets.

« Inutile…Je ne m'en servirait pas… » Se dit la brune.

Alors sans un mot pour son directeur, Hermione sortit et retrouva Draco dans sa chambre qui faisait les cents pas.

-C'est partit, dit-elle. Je suis repassée sous le Choixpeau qui m'a mise à Serpentard, j'ai définitivement fermé leurs clapets à St Potter et à son petit chien ! Me voilà enfin libre de faire ce que je veux, avec qui je veux !

Le blond sourit, s'assit sur le canapé et sortit un sachet de poudre blanche d'une boite d'argent ouvragé qui était sur la table basse. Il vida le sachet sur la table et forma des lignes d'un geste de sa baguette magique, il ouvrit de nouveau la boite d'argent et en sortit une paille qu'il tendit à son amante.

-Tiens, tu l'as bien mérité ma belle.

-Hmm, mais il va falloir que je diminue jusqu'à l'accouchement, sinon le bébé va naître accro ou ne naîtra pas du tout.

-Il ne faudrait pas déjà décevoir Voldemort, n'est-ce pas ? Chuchota le blond à l'oreille de la brune qui s'était déjà penché sur les lignes de poudre.

-Arrêtes ! Dit-elle sèchement. Envoie lui plutôt une lettre pour faire part de notre décision !

Le blond s'écarta boudeur et Hermione inspira la moitié des lignes blanches avant de se déshabiller et de s'allonger voluptueusement sur le lit. Draco posa la lettre sur son bureau, il l'enverrait demain, se dirigea vers la table basse, inspira les dernières lignes de poudre blanche. Ensuite il se tourna vers son amante nue sur le lit et d'un geste de sa baguette magique il l'attacha aux montants du lit avec un sourire espiègle sur les lèvres.