ffnet censure le mot p(a)y pal partout. A chaque fois que Mikey parle du compte de Donnie il s'agit de ce type de compte. Donnie en a un relié au compte bancaire d'April.


Alors qu'ils fuyaient, Mikey fit de son mieux pour rapidement compresser la blessure de Léo, oubliant son dégout du sang dans l'urgence de la situation, afin que les traces sanglantes n'indiquent pas la direction de leur fuite. Mikey commença seulement à respirer normalement lorsqu'ils furent à nouveaux sous terre. Il avait l'impression d'être en apnée depuis plus de vingt minutes lorsqu'il jeta les yeux sur son frère qu'il portait.

Léo avait une couleur de cendre mais semblait conscient.

-Courage Léo, Donnie va t'arranger cela. Nous serons au repaire d'ici un quart d'heure.

Puis, une appréhension le saisit : Donnie était endormi, probablement tellement assommé par les somnifères que Mikey ne pourrait le réveiller. Il ne connaissait absolument rien des premiers soins, dû à son hématophobie, contrairement à ses trois autres frères. Raphael étant hors-jeu également, de par sa faute, la responsabilité de soigner Léo lui retombait dessus. Une nausée le prit, davantage due au remord et à l'angoisse que à l'idée de panser la plaie de son frère. Il dénia à Léo, dont la parole frisait l'incohérence, la possibilité de marcher par lui-même. Malgré ses bras douloureux, il préférait le porter afin d'éviter le moindre effort à son frère, pour éviter d'empirer sa blessure.

Arrivés au repaire, Mikey déposa Léo sous le lit de l'infirmerie. Il sursauta presque hors de sa carapace quand une voix retentie derrière-lui.

-Revenus de votre petite escapade ?

Donatello, froidement se tenait devant lui. Mikey n'y songeait même pas : il délirait de reconnaissance ;

-Don ! Dieu merci ! Tu es réveillé ! Léo est blessé. Tu dois faire quelque chose.

-Bien entendu. Dr Don doit pallier à toutes vos stupidités.

-Donnie, ce n'est pas le temps.

-Bien Mikey. Nous allons discuter après.

La voix de Donnie avait un accent menaçant inhabituel, mais il n'en n'avait cure. On devait sauver son bien-aimé.

Léo blablatait un discours incohérent où il ne parlait que de ses lames. Donnie lui ordonna de se taire, mais avec une tendresse.

-Blessure superficielle. Il a perdu beaucoup de sang. Tu as bien compressé la plaie avec ton obi. Je vais recoudre et lui transférer du sang que nous avons en stock. Dans deux ou trois heures, il sera hors de danger et pourra retourner dormir.

Donnie s'activa du mieux qu'il put, laissant Léo pleurer la perte de ses ninjatos.

-Donnie…mes katanas…je ne les ai plus. Quel leader je fais…incapable de protéger mes propres armes…je n'ai plus rien…comment pourrais-je mener des opérations sans elles ?

-Chut, Léo. Raphael t'en forgera d'autres…

-Non…tu ne comprends pas…l'acier japonais…le temps de se rendre…prends cinq semaines à forger… les sais de Raph étaient du même alliage…

-Léo, calme-toi. L'important est que vous ne soyez pas blessés plus gravement.

La mention du pluriel fit que Mikey se regarda lui-même…c'est alors qu'il vit qu'il avait un poignard dans la cuisse. Il se permit à ce moment-là de s'évanouir.

Lorsqu'il se réveilla, ce fut la vibration de son T-Phone qui retient son attention. Un courriel venait d'entrer dans sa boîte de réception. Un collectionneur faisait une offre incroyable de 230 000$ pour ses bd. Cela eut l'effet d'effacer toute trace de sommeil ou d'inconfort chez lui. Cette somme, absolument indécente (le premier numéro de Batman et de Superman valaient-ils aussi chers ?) permettrait à Mikey d'acheter des nouveaux katanas à Léo et de même subvenir aux frais de la maisonnée durant près de 20 ans à lui seul. Ses frères ne le regarderaient plus de si haut et lui pardonneraient ses quelques écarts de conduite. ! Il souriait, perdu dans ses fantasmes de richesses et de considération fraternelles

-Tu es conscient. Bien. Nous allons avoir une petite discussion. Remercie le ciel que c'est avec moi que tu l'as et non Raph, quoique ne compte pas t'en tirer totalement de ce côté. Lorsqu'il reviendra de ses vapes, il sera furieux et je ne sais même pas si Léo suffira à contenir sa colère.

-Léo va bien ?

-Oui, il broie du noir pour ses épées et l'échec de l'opération, mais physiquement il va bien… Parlons de toi maintenant, sale Borgia !

-?

-César Borgia était un empoisonneur et un fratricide…

-Donnie ! Pas le temps pour ta leçon d'histoire ! J'ai besoin de ton compte p(ay)pal pour créer une facture.

-Pourquoi ?

Mikey expliqua de façon concise la vente de ses bd. Donnie ouvrit des yeux effarés, lut et relut le courriel, faisant une rapide recherche sur l'identité du collectionneur. Voyant que le tout était réel, Donnie se prit la tête, ayant oublié sa colère :

-Wow ! Mikey, cette somme jumelée à mes revenus et ceux de Raphael, nous n'avons plus à nous en faire avant longtemps. Je peux en placer aussi la moitié et grossir ce montant de près de 50%.

-Ok, peu importe. J'ai besoin de ton compte, pour recevoir cet argent et ensuite faire un achat auprès d'un marchand d'armes.

Devant l'air ébahi, Mikey soupira :

-Léo a perdu ses doubles katanas, je veux lui en acheter d'autres.

Donnie fronça les sourcils :

-Pourquoi ? Raphael les fera lui-même et cela sera infiniment plus économique.

-Économique en argent et non en temps ! Tu as entendu Léo ! Il se désespère.

Donnie secoua la tête :

-Peu importe, Léo préfèrera des lames forgées par Raph. Elles seront beaucoup plus significatives, même si cela prend deux mois.

-Putain, Don ! Je lui offre comme cadeau de Noel. Cela sera significatif aussi, non ?

-Raph est déjà furieux contre toi et s'imagine depuis un moment que tu complotes pour lui enlever son Léo. Si tu achètes les sabres à la place que lui les lui fabrique, je ne réponds plus de ton existence, Mikey.

-Que veux-tu dire par « enlever son Léo » Léo n'est pas à lui ! Il n'est pas encore à personne.

La compréhension alluma les yeux noisette de Donnie. D'une voix étouffée, il murmura :

-C'était donc toi…les biscuits…la peinture…tout…c'était toi ?

-Bien évidemment ! Qui croyais-tu que c'était ?

-Mais…Raph. Léo en est persuadé…C'est pour cela qu'il est si en colère. Il sait que ce n'est pas lui, mais n'ose détromper Léo, enthousiaste. Mais pourquoi ? Et pourquoi nous avoir drogués ? Inutile de le nier…je me suis fait à moi-même une analyse sanguine.

-Je voulais être seul avec Léo. Raph sait que je l'aime et je ne voulais pas qu'il l'annonce prématurément à Léonardo ou d'une mauvaise façon. J'ai laissé à Léo pleins d'indices et de sous-entendus, mais il est aveugle et…

Donnie poussa un petit cri étranglé et s'approcha de Mikey

-Tu parles de l'aveuglement de Léo…que dis-tu du tien ? Il n'a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir et tu sais pourquoi ?

-Oui, je sais, Léo me voit comme un enfant…

-Non, imbécile. Léonardo est amoureux lui aussi. Mais pas de toi. Raphael et lui se sont avoués leur passion mutuelle il y a près de cinq ans.

Mikey réagit aussi prestement que si on l'avait giflé :

-Je ne te crois pas ! Ils se détestent ! Ils se disputent sans arrêt…Raph supporte si peu d'être près de Léonardo qu'il découche toutes les nuits. Ils ne se touchent jamais hors du Dojo !

Donnie ricana tristement :

-Léonardo a accepté les sentiments de Raphael et lui a avoué éprouver les mêmes, mais a soulevé une condition. Il a refusé toute marque de tendresse devant potentiels témoins tant que tous les frères Hamato n'avaient pas trouvé l'amour, afin d'éviter la jalousie. Raph a essayé il y a environ trois ans de se glisser dans le lit de Léo. Pour un baiser, une caresse, quelque chose d'assez innocent mais dont il ressentait le besoin. Ils se sont disputés, Léo l'a mis à la porte de sa chambre et désormais pour éviter toute forme de tentation, Raph ne passe plus que très rarement la nuit ici. Raph, à ma connaissance, n'a même reçu plus que le baiser dérobé hier. Tu imagines sa frustration que tu aies reçu plus que lui en 5 longues années, en très peu de temps.

Des pièces de casse-tête s'alignèrent dans la tête de Mikey : la colère disproportionnée de Raph, qui était en fait de la jalousie. Son insistance pour que Mikey aime ailleurs, répétant qu'il ne pouvait avoir Léonardo. Son dévouement, lorsqu'il dormait devant la porte du labo, afin que Léo se ménage. D'ailleurs, maintenant qu'il y réfléchissait, à chaque fois que l'ainé était blessé ou malade, Raphael se rongeait les sangs. Il était toujours très protecteur de leur leader. D'un autre côté, il se rappela l'affolement de Léo à l'idée que Mikey puisse aimer Raphael…Cela et leurs regards complices. Il secoua la tête : il ne tomberait pas dans les jeux psychologiques de Donnie.

-Tu mens, Donatello. Connecte-moi à ton compte qu'on en finisse.

-Écoute-moi bien, Michelangelo. Si tu ne me crois pas, demande directement à Léonardo. Raphael n'avait pas le droit d'en parler à qui que ce soit. Je ne le sais que grâce à sa confession lorsqu'il a reçu un coup d'épée entre deux côtes. Il a failli y rester et, quand nous étions seuls, il m'a supplié de prendre soin de Léonardo, s'il mourait et m'a tout raconté. Donc, Mikey écoute-moi bien. Si tu es pour acheter des katanas à Léo et faire éclater cette famille par ton égoïsme, tu peux garder ton argent.

-Ce n'est pas de l'égoïsme ! J'aime Léo comme tu aimes April ! Est-ce que tu peux comprendre ?

-Et justement April ne m'aime pas ! Elle aime Casey ! Devrais-je mettre le chaos dans son couple pour mes sentiments à sens unique ? En plus, ce qui est mille fois pire : Raph est ton frère ! Tu ne peux le poignarder dans le dos ainsi ! Il a avoué son amour à Léo il y a des années et il est aimé en retour ! Tu ne peux briser cela ! Tu sais très bien que Léonardo, voyant la discorde à l'horizon, va rompre avec Raphael et va s'enfermer dans un célibat éternel pour éviter la bisbille qui arrivera immanquablement de toute façon. Raph est fou de Léo et l'attend depuis des années et il ne s'en remettra pas si Léo rompt. De même, abandonner Raphael brisera le cœur de Léo.

Mikey serra les dents :

-Je ne te crois pas.

-Merde, Mike ! Léo n'est que la saveur du mois pour toi ! Sais-tu combien de phase ou de fantaisies passagères tu as eu dans ta vie ? Celle-ci te passera comme les autres !

-Jamais ! J'aime Léo depuis longtemps aussi…J'attendais le moment opportun pour me déclarer.

-Et bien, tu l'as manqué ! Il fallait le faire avant Raph ! De toute façon, Léonardo ne t'aura pas plus aimé. Tu es son bébé dont les gamineries le font sourire. Point à la ligne. Un chaton tout mignon qu'il prend sur ses genoux et dont les ronronnements l'attendrissent. Rien de plus. Il ne te verra jamais comme un candidat potentiel au rôle d'amant. Même si Raph mourrait et que je mourrais, vous laissant les seules tortues mutantes sur Terre, Léo ne te voit pas ainsi. Tu demeureras toujours pour lui un gamin bouffon.

Rageusement, Mikey repoussa Donnie.

Donatello se redressa et froidement déclara :

-Si tu ne me crois pas, va voir dans la chambre de Léo. Quand j'ai réussi brièvement à réveiller Raph hier soir, dès ma reprise de conscience, je l'ai aidé à se rendre jusqu'à la chambre de Léonardo où il voulait l'attendre. Léo l'a vu endormi dans son lit, mais n'a pas rebroussé chemin et s'est allongé contre lui.

-Cela ne veut rien dire.

-Si. Ils sont éveillés et discutent ensemble. Va les confronter.

Mikey quitta en trombe le laboratoire. Il ne croyait pas un mot des élucubrations de Donatello, mais il était temps qu'il se confesse à son grand frère.

Posté devant la porte de la chambre de l'ainé, il s'aperçut que Donnie ne lui avait pas menti au moins pour un point. Les voix de Raphael et de Léonardo lui parvenaient de l'autre côté de la cloison. Il retient son souffle et écouta.

-Non, Raph…je ne peux y croire…Mikey n'aurait pas drogué volontairement ses frères. Donnie travaille trop et toi, ta muraille et tes biscuits t'ont …

-Merde Léo, ce n'est pas moi ! Cela fait trois fois que je te le dis…c'est Mikey.

-Impossible, Raphael. Tu dérailles. Mikey ne me voit pas autrement qu'en figure paternelle.

-Il me l'a avoué ! Léo tu es aveugle, bon sang ! Il nous a drogué pour être seul avec toi, je le sais ! Et là, à cause de sa connerie, tu as été blessé ! Si j'avais été là, ça ne serait pas arrivé !

Mikey se mordit les lèvres. Bien qu'il détestât l'admettre, sur ce dernier point, Raphael avait raison. En quelques instants, toutes les fois où Raphael s'était placé volontairement en danger pour éviter une seule égratignure à Léo lui revint en tête. Raph les protégeait tous, mais il devenait carrément suicidaire quand il s'agissait de l'ainé. Est-ce que Don avait raison ? Oui, peut-être que Raph éprouvait un petit quelque chose pour Léo, mais cela ne voulait dire que c'était réciproque n'est-ce pas ?

-Peu importe, Raph. J'ai davantage de peine pour mes katanas. Tu sais comment ils étaient précieux pour moi… Tu me les as offerts à notre anniversaire…

Mikey s'étonna. Léo n'avait pas reçu ses katanas à leur anniversaire de mutation. Il les avait reçus un jour ordinaire, au printemps, il y a deux ou trois ans alors que Raphael exhibait de nouveaux sais. A moins que…et cette éventualité fracassa l'âme de Mikey, à moins que Léo fît référence à un autre type d'anniversaire.

Léo prit une voix languissante :

-Je me rappellerais toujours ce que tu m'as dit ce jour-là…que c'était le même alliage d'acier pour nous deux armes, comme notre amour dans nos deux corps…

-Oui, j'étais romantique cette journée-là… Bébé, ne pleure pas.

A ces mots, Mikey tenta de mettre son cerveau en mode censure. Il était impossible que Léo ait laissé Raph lui donner le surnom de « bébé ».

Raph continua et ses mots étaient entrecoupés…comme si ses lèvres étaient parfois occupées à autre chose qu'à parler…

-Je t'en forgerais d'autres, beaucoup plus solides…Et je me ferai de nouveaux sais, si cela peut te consoler. Tes katanas ne sont pas ce qui me préoccupent le plus, pour le moment.

La voix de Raph était tendre, mais triste.

-Tu es encore romantique…

-Non, Léo. Pour l'ultime je te répète que c'est Mikey.

Le soupir que fit Léo figea le sang dans les veines de Mikey. Léo allait-il enfin admettre que c'était possible.

-Raph. Cela ne peut être possible. Certes, il m'a voué être amoureux de quelqu'un mais…Tu sais ce que cela signifierait si c'était vrai ?

Raphael eut un soupir déchirant :

-Je sais. Tu ne voudras pas me choisir et blesser Mikey alors tu serais dans l'obligation de me laisser tomber et demeurer seul.

Un silence oppressant s'étira entre les deux tortues. Mikey avait un goût salé en bouche, mélange de ses larmes et du sang de ses lèvres mordues.

Raph, la voix brisée, brisa le silence :

-Tu sais, Léo, je peux t'aider à faire ce choix. Je peux partir.

-Raph !

-Écoute-moi et ne m'interrompt pas stp. Mikey te conviendrait mieux que moi. Il est si créatif. Il a fait plein de merveilles pour t'impressionner et te courtiser. Je crois qu'il t'aime vraiment. Je ne suis qu'une brute. Je me rappelle encore avec honte comment je me suis déclaré à toi, ivre mort... Tu mérites ce qu'il y a de mieux, Léo. Il prendrait soin de toi. Je ne veux pas que tu sois seul, tu as besoin d'amour et tu ne peux t'en priver pour me ménager. Mais, je ne peux rester ici. Te voir avec Mikey serait au-dessus de mes forces. J'y pense depuis hier. Je ne veux pas que tu te sentes déchiré et comme je disais avant la patrouille, mais dans un autre contexte, je préfère te savoir avec Michelangelo que seul.

-Raphie, tu sais que je t'aime. Oui, la situation est compliquée, mais elle est n'est pas insoluble. Nous trouverons une solution. Ce n'est qu'une fantaisie.

La voix de Raphael se fit sombre :

-Non. Il est sérieux. Il m'a volontairement défié plusieurs fois. Il fallait qu'il soit diablement sûr de lui. On ne me provoque pas pour une « fantaisie ». Mais je ne veux pas de dispute. Je sais que tu as horreur de cela. Je ne veux pas t'occasionner de stress et que tu retombes malade. Laisse-moi le temps de régler quelques trucs avec Casey et tu n'auras plus de choix déchirant à faire.

-Mais Raph ! Il n'y a pas de choix à faire. C'est toi que je veux.

-Et tu briseras le cœur de Mikey ? Je ne crois pas. Il t'aime, Léo. Il te veut. Il te désire. Il me l'a répété au point de me rendre malade ! Cela ne lui passera avant plusieurs années, si cela lui passe un jour ! Tu sais que je vais devenir fou de jalousie à chaque fois que tu lui parleras. Je vais toujours avoir peur qu'il te séduise ! Il n'abandonnera pas ! Je ne peux vivre ainsi ! Je fais des cauchemars de toi et lui sans arrêt depuis une semaine ! Tu es trop compatissant pour le blesser. Tu sais que j'ai raison. Je te connais trop bien, Léo, avec ton grand cœur. Et c'est pour cela que je t'aime.

Léo ne disait rien. Mikey sentait tout le désespoir de Raphael devant cette approbation muette. Léonardo refusait de lui faire de la peine, même si cela signifiait la perte de Raph, celui qu'il aimait.

Mikey sentait la respiration de Raph devenir plus difficile. La tortue orgueilleuse luttait de toute évidence contre les sanglots.

-Bébé…tu sais…j'ai été très respectueux et patient. Mais avant que cela se termine…pourrais-tu m'embrasser, sur les lèvres, au moins une fois ? Personne ne le saura. Cela ne fera de mal à personne et je pourrais toujours repenser à ce moment pour me consoler.

-Raphie…

Mikey senti les mouvements des draps se froisser et s'enfuit, refusant d'en entendre davantage. Même cloitré dans sa chambre, il crut percevoir des soupirs et des gémissements de plaisir qui le brulèrent comme un fer rouge. Mais ce n'était peut-être que le fruit de son imagination…

Mikey ne sortit pas de sa chambre. Seul Léo sembla se soucier de lui, venant plusieurs fois lui demander de sortir, de sa voix douce, l'assurant qu'il n'était pas fâché pour ses katanas et que rien n'était de sa faute.

Michelangelo, seulement pour rassurer Léo, lui répondit la troisième fois, pour le diner, qu'il ne se sentait pas bien et n'avait pas envie de manger. Cela sembla sonner des sirènes d'alarme chez l'aîné, mais le benjamin ne céda pas. Jamais Raphael ou Donatello ne s'enquit de lui et il les comprenait.

Trouver des mots pour exprimer la dévastation de son cœur était impossible. Celui qu'il aimait en aimait un autre et ce rival, son propre frère ni plus ni moins, était assez généreux pour lui laisser la place. Mais Mikey n'avait aucune illusion, se rappelant l'écho des mots de Donatello. Même sans Raphael dans le décor, Léo ne l'aimerait pas davantage. Il n'en serait que triste. Il sut ce qui lui resta à faire.

Encore une fois, il ne dormit de la nuit.

Le lendemain, pourtant, il était aux commandes de la cuisine, battant allégrement des blancs d'oeufs en neige. Léo se leva le premier, mais plus tard qu'à l'habitude

-Mikey ? Tu es si tôt debout ? Est-ce que tu vas bien ?

-Oui bien sûr ! Tu as le temps de méditer, les gaufres ne seront pas prêtes avant une vingtaine de minutes.

Léo hocha la tête. Quelques instants plus tard, un cri provenant du Dojo retenti.

Aussitôt, alerté, Raphael sorti de sa chambre au même moment où Donnie se levait pour prendre sa première tasse de café. Don lui jeta un regard lourd :

-Tu n'as pas encore osé ? Pas après ce que je t'ai dit !

Mikey ne lui répondit pas et se dirigea vers le Dojo suivit du génie qui pestait tout bas. Arrivé au Dojo, Donnie figea comme ses deux aînés.

Aux côtés du Léo peint, se tenait un magnifique Raphael, sais en main, dos à la carapace de la tortue bleue, une lueur menaçante irradiant de ses prunelles émeraudes, défiant quiconque de s'approcher de son frère et amant. Les verts et rouges éclataient de façon si riche que le modèle original semblait presque terne.

Spontanément, Léo avait saisi la main de Raphael et la serrait dans la sienne, constata Mikey avec douleur. Raph semblait encore plus bouleversé, ne comprenant pas. Il jeta un regard brulant de question sur son benjamin.

-Tu vois, Léo. Je sais pour toi et Raph. Je voulais juste vous pousser à passer à la vitesse supérieure. Rien ne s'oppose à ce que vous vous affichiez. Puis bon, je voulais donner un cours de romantisme 101 à Raphie.

Raphael poussa une exclamation incrédule, mais Léo le coupa :

-Tu savais ? Mais alors… Mais toi, Mikey ? Raph et moi avons fait serment de ne pas concrétiser notre relation tant que vous et Donnie n'aviez pas trouvé l'âme sœur…Oui, nous avons la bénédiction de Donatello, mais toi, je crains que tu te sentes seul, abandonné…

-Nah, Léo ! Je te l'ai dit…j'ai quelqu'un. Et c'est le grand amour.

Les trois frères froncèrent les sourcils.

-Qui ? voulut savoir Léo.

-Je vous le présenterai bientôt…

Une lueur incertaine vacilla brièvement dans les yeux de saphir. Mais l'air sûr de lui de Michelangelo le convainquit.

-J'ai bien hâte de le rencontrer, Mikey, sourit chaleureusement Léo, j'espère qu'il sait quel être exceptionnel tu es.

Mikey lança une blague qui fit s'esclaffer Léo et de même, mais plus mécaniquement, les deux autres, qui bien que soulagés, semblaient infiniment plus sceptiques. « Bah, se raisonna Mikey, l'important est que Léo croit cette chimère… Et j'ai tant de pratique à lui faire croire que je crois à ce qui n'existe pas.

-Fin-