-Chapitre réécrit en avril 2019-


Bonjour / Bonsoir à tous !

Après quelques temps d'absence, me voici de retour avec un nouveau chapitre ! Il est particulier, et c'est une sorte de parenthèse de l'histoire principale. J'espère qu'il vous plaira, d'autant que j'ai vraiment adoré l'écrire.

Sur ceux : bonne lecture !

Et n'oubliez pas la petite review en bas de page !


Chapitre 10 :

La somme de toutes les peurs.

Une chose perdue et oublié qui attendait son heure en haut d'une étagère de bois foncé poussiéreuse, resurgit à un moment où on l'attendait le moins, sans crier gare.

La découverte de ce parchemin avait remis en cause bien des choses dans l'esprit des marcheurs. En premier lieu : comment Saroumane avait obtenu ce rouleau de parchemin ? Et ensuite, comment un peuple tout entier avait-il pu être oublié de tous ? Même Gandalf n'en n'avait jamais entendu parler. Et les Istari sont censés tout connaître de la Terre du Milieu, avant que les Valars les y envois depuis Valinor. Les dieux eux-même ignorent certains faits de l'histoire. Et quand plus personne en parle, quand les liens n'existent pas, un peuple entier peut se faire oublier.

Le Peuple de Rhûn chamboulait la situation en même temps qu'il apportait un nouvel espoir pour tous. Un nouvel espoir né de l'intuition de Gandalf et de son idée à fouiller les salles d'archives de l'ancien supérieur de son ordre, Saroumane. S'il s'avérait être un allié, ce peuple pourrait être une aide précieuse dans les batailles à venir.

Suite à cette découverte, Eléa s'était demandé s'il pouvait avoir d'autres peuples dont on ignorait tout sur les vastes terres inhospitalières de l'est. Après tout elles étaient méconnues car craintes, et tous s'accordait à dire, jusque-là, que seuls les Orientaux vivaient là. Pendant des millénaires, personne n'y était allé, et le mystère quant au parchemin était total. Car si personne, à la connaissance de Gandalf, n'y avait fait le voyage, comment le parchemin était arrivé si loin à l'ouest ? Et par qui avait-il été apporté à Saroumane ?

-Nous pouvons être sûre d'une chose, déclara Gandalf, si Saroumane en avait connaissance, pourquoi Sauron l'ignorerait ? Après tout il compte bien détruire une grande partie des peuples libres, et mettre le reste en esclavage pour son bon plaisir. S'il avait eu vent de leur existence, il y aurait assurément envoyé des troupes.

-Peut-être qu'il compte le faire plus tard, suggéra Eomer

-Ou peut être qu'ils n'ont pas pris le parchemin au sérieux, murmura Eléa

Tous se retournèrent vers la jeune femme. Elle avait prononcé cette phrase sans réfléchir, mais plus elle y pensait et plus cela lui sembla parfaitement logique.

-Qu'entend-tu par-là ? demanda Aragorn

-Et bien, commença Eléa, c'est parfaitement logique ! Réfléchissez, Saroumane a eu le parchemin en sa possession il y a de nombreuses années, au vu de son état, et vu où il était placé, il n'a pas dû lui accorder de l'importance. Donc il ne l'a pas pris au sérieux !

-C'est vrai que le parchemin est obscur, admit Aragorn, mais de là à ne pas le prendre en compte.

-Je pense qu'Eléa à raison, trancha Gandalf, car après tout, ce n'est pas la première fois que Saroumane interprète mal des choses.

-De quoi parlez-vous Mithrandir ? demanda Legolas

-Et bien, c'est une longue histoire, expliqua Gandalf, cela remonte il y a 60 ans de cela, quand j'accompagnais Thorin Ecu-de-chêne, et douze autres nains pour reprendre leur royaume d'Erebor.

-Avec monsieur Bilbo, ajouta Sam

-Effectivement Bilbo était là aussi, confirma Gandalf, et ce voyage ne lui a pas fait de mal d'ailleurs, ajouta le magicien avec un sourire. Cette expédition, outre la récupération d'un phénoménale trésor, avait pour but de faire renaître un royaume à la croisé des chemins et essentiel quand le mal reviendrait à nouveau, car cela permettait de surveiller et de sécuriser la frontière poreuse de l'est.

Eléa l'écoutait avec attention, car jamais elle n'avait entendu cette histoire de quête pour reprendre la montagne solitaire et le précieux trésor enfermé dedans et gardé par un monstrueux dragon nommé Smaug. Gandalf évoqua surtout leur court séjour à Fondcombes, chez Elrond, et le conseil blanc qui s'y était déroulé. Gandalf y avait évoqué la présence d'un Nécromancien à Dol Guldor au sud-ouest de la Forêt noire. Il en avait même apporté la preuve irréfutable : une larme maléfique qui ne pouvait pas appartenir au royaume des vivants : une lame de Morgul. La preuve s'il en fallait une que le Nécromancien n'était autre que Sauron lui-même. Face à ses dires, Saroumane n'avait pas eu la présence d'esprit de le croire, répétant qu'il devait s'agir d'un simple sorcier humain pratiquant la magie noire. Et que les témoignages des habitants de la région n'étaient que des on-dits. Pour lui cela n'avait donc pas la moindre importance, et cela ne méritait pas une enquête plus approfondie.

-Un raisonnement sacrément stupide si vous voulez mon avis, affirma Gimli

La remarque du nain, fit, comme toujours, sourire Eléa qui appréciait l'humour sans borne de celui-ci.

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Le lendemain, ils reprirent la route, chargé de provisions, laissant la tour noire du magicien déchu, à la surveillance des Ents. Leur route allait maintenant plein est, et le sol était fortement accidenté et boueux et les montées nombreuses. Ils durent donc effectuer plusieurs étapes à pieds ce qui rendrait le trajet encore plus fatigant. Au bout de deux jours, ils arrivèrent à proximité d'une forêt peu éparse sur l'horizon et sombre. Le jour tombait, aussi ils décidèrent de camper en lisière du bois. S'aventurer dans une forêt méconnue dans le noir pouvait s'avérer fatal.

Ils s'installèrent rapidement, mangèrent peu, et tous, à l'exception de Legolas qui prenait le premier tour de garde, s'endormir. Ils ne le savaient pas à ce moment-là, mais cette nuit-là n'allait pas être de tout repos.

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Faramir se réveilla en sursaut, et fut surprit de constater qu'il n'était plus à côté de la forêt, à l'orée des arbres, mais à Minas Tirith. Il se trouvait sur les hauts remparts de pierre faisant face à la gigantesque armée d'orques et d'Uruk-hai qui avançait vers la cité blanche. Son cœur se mit à battre plus fort dans sa poitrine, et il sentait la peur qui naviguait tout autour de lui. La mort était proche et tous allaient être écrasés dans quelques heures, comme un rien, sans qu'ils ne puissent y faire grand-chose. Résister, ils ne leur restaient plus que ça à faire. Car il ne pourrait y avoir de victoire pour les hommes, ce soir ils seraient brisés. Une colère sans nom s'empara de Faramir : il refusait cette défaite, même si au plus profond de lui-même il n'en avait aucun doute, il n'en voulait pas. Il serait le dernier capitaine du Gondor et pas le meilleur loin de là. Il revoyait son père dans la salle du trône, ce jour où il avait dû partir reconquérir la cité d'Osgiliath. Il avait alors demandé à son père, encore une fois déçu de lui :

-Souhaiteriez-vous que nos rôles aient été échangés, que Boromir ait vécu et que je sois mort ?

-Oui, avait répondu Denethor, oui je le souhaiterais.

Cette phrase, prononcée avec détachement, et sans hésitation, déchirait encore le cœur de Faramir. Car depuis sa plus tendre enfance il souffrait du désamour profond de son père. L'intendant du Gondor n'aimait que Boromir, car pour lui il était le fils parfait. Faramir lui n'était pas grand-chose à ses yeux. Et depuis la mort de sa mère Finduilas de Dol Amroth l'esprit de Denethor s'était remplit d'une tristesse incommensurable. La vie de l'Intendant du Gondor était devenue bien amère et désenchantée.

Il ne savait pas pourquoi il repensait à ce moment alors que l'heure de sa mort approchait. Une larme coula le long de sa joue. Il en avait tellement souffert. Il ferma les yeux un instant, et quand il les rouvrit il était sur un sol de pierre. Il regarda autour de lui et il reconnut immédiatement le dernier niveau de la citadelle dont le sol de pierre était par endroit défoncé et maculé de sang. Il pouvait entendre les cris, et les bruits métalliques des combats tous proches, et un lourd bruit d'ailes. Faramir leva la tête et vit au-dessus de lui un nazgul qui se tenait sur une immonde créature aillée dans le ciel sombre.

-Tu vas mourir, siffla la voix du nazgul

Le visage du capitaine du Gondor pâlit et son souffle se saccada. Faramir avait mal dans tout le corps et il ne pouvait ni se défendre, ni même s'enfuir. La douleur était telle qu'il ne pouvait que rester là pour regarder la mort en face. Il était brisé.

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Les sens de Legolas étaient aux aguets, prêts, au moindre mouvement suspect, à encocher une flèche et à tirer en quelques secondes. Il scrutait les environs en face de lui, quand il aperçut un mouvement dans le noir non loin de là. Il n'avait aucune idée de ce que cette forme pouvait être, humaine ou animal, mais il se sentait attiré par elle.

Il se leva donc, et marcha en direction de la forme, qui disparut immédiatement à son approche. Elle semblait s'être évaporée parmi les arbres sombres. Legolas regarda derrière lui et vit qu'il n'était qu'à quelques pas du campement. Il se dit donc qu'il pouvait continuer encore un peu. Mais même si ça volonté avait été autre, une force mystérieuse l'attirait vers les profondeurs de la forêt. Cela l'effraya, et l'attira tout autant. Sa curiosité était comme décuplée et il ne put reculer. Il continua de marcher, s'enfonçant toujours plus dans les bois.

Autour de lui tout était calme, étrangement calme. Et pourtant les arbres qui l'entourait paraissaient menaçants. Malgré l'étrangeté de la situation, l'elfe ne ressentait aucune inquiétude. Bien qu'il ne fût pas rassuré par cette étendue boisée, il n'en n'avait pas peur. Là où un simple mortel aurait vu une simple forêt, pour Legolas elle était bien plus que cela. C'était comme un être à part entière dans le vaste monde.

Il aurait voulu revenir en arrière et retourner au campement, qu'il avait à sa charge, mais quelque chose l'empêcha de tourner les talons. Alors que cet endroit lui avait paru calme, et pas le moins du monde effrayant, il fut terrifié par sa soudaine incapacité de mouvement. Il tenta de luter de toute ses forces, mais cela fut peine perdue. Les muscles de son corps étaient comme paralysés. Il avait beau lutter ses jambes ne bougèrent pas, ses pieds fixés au sol feuillue refusait d'obéir. Il était comme prisonnier de son propre corps, hors de la vue de ses amis, qui ne pouvait pas lui venir en aide. Il était seul dans le noir. Legolas essaya de crier mais sa bouche n'émis aucun son. Cette forêt le privait du contrôle de son propre corps. Le piège c'était refermé sur lui et pour la première fois de sa longue vie il aurait voulu pleurer.

Il resta là de longues minutes, ou peut-être des heures entières, il ne pouvait le dire. Son esprit resté vif comme dissuadé de ce corps immobile. Il pouvait entendre l'air, les arbres bougés, et les créatures des bois se déplacés sur les feuilles mortes çà et là. Il était spectateur.

Et puis soudain il fut à nouveau libre de ses mouvements. Il ne savait pas depuis combien de temps il était là, immobile, le souffle court, la terreur pour seule compagne. Il ne perdit pas une seconde et couru le plus vite possible au campement. Il s'arrêta net le souffle coupé, son visage reflétait tout l'effroi qu'il ressentait devant la vision qui se déroulait devant ses yeux : au campement tous ses compagnons étaient morts, et leur corps baignaient dans des mares de sang. Il se pencha sur le corps d'Aragorn qui tenait encore son épée à la main, les pupilles figées et sans vie. De chaudes larmes coulèrent le long de ses joues et il s'écroula à genoux sur l'herbe jaunie. Il avait envie de hurler, de crier toute l'entendue de sa tristesse, mais aucun son de sortait de sa gorge. Le désespoir prit possession de lui. Son corps se mit à trembler de douleur. C'était de sa faute. Il les avait laissés seuls et ils étaient morts.

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Quand Eléa ouvrit les yeux il faisait encore nuit noire. Elle n'avait dormi que quelques heures, et pourtant elle était parfaitement éveillée. Elle avait envie de faire un tour, et elle se dit que marcher lui ferait du bien. Elle se leva alors, prit quand même son épée par pure précaution, et elle se dirigea vers la forêt sans faire de bruit. Elle passa à côté de Legolas qui terminait le premier tour de garde. Il la salua d'un simple signe de tête, et il retourna à sa surveillance.

Eléa, elle, partit faire sa promenade nocturne. Du fait de l'absence de lune, la forêt était plongée de l'obscurité la plus totale. Aussi Eléa devait faire attention à l'endroit où elle mettait les pieds. Cela la ralentie, mais elle continua malgré tout.

Au bout d'un moment, la dùnedain vit une silhouette accoudée à un arbre non loin d'elle. Elle s'approcha un peu pour pouvoir mieux la discernée, et constata qu'il s'agissait d'un être humain. Un peu rassurée, elle s'approcha davantage, et dû réprimé un cri de stupeur quand elle vit son père, Arahel. Il était là, bien vivant, et il la regardait avec douceur.

-Bonjour ma chérie, lui dit Arahel, n'est pas peur, ajouta celui-ci face au visage anxieux de sa fille.

-Non, tu n'es pas réel, affirma Eléa, en secouant la tête, elle ne savait que penser face à cet homme qui ressemblait en tout point à son défunt père.

-Eléa..

-Non, je sais que tu n'es pas là, continua-t-elle, les larmes aux yeux en secouant la tête.

Elle était effrayée, son souffle se fit erratique, et elle aurait voulu partir en courant en direction du camp, mais la vision de son père à côté d'elle l'en empêcha.

-Clame toi, dit doucement Arahel, ma chérie regarde-moi, que je sois réel, ou juste une illusion, tu dois être contente de me voir. Il marqua une pause avant d'ajouter : tu m'as manqué mon cœur.

Eléa ne se retint pas plus longtemps et serra alors son père dans ses bras.

-Toi aussi tu m'as manqué papa, avoua Eléa, tu ne peux pas savoir à quel point.

Ils restèrent ainsi de longues minutes, n'ayant aucune envie de briser ce moment. Même si son père ne pouvait être réellement là, la jeune femme se sentait apaisée par sa simple présence. Plus rien n'avait d'importance. Arahel relâcha son étreinte autour de sa fille, pour mieux la regarder.

- Regarde-toi, lui dit-il, tu es devenue une femme accomplie, forte et douce à la fois. Comme l'était ta mère. Je vois que mon frère Aragorn à bien pris soin de toi, ajouta-il avec un sourire.

-Oui, père, dit Eléa, il a toujours été très présent.

-J'en suis heureux, déclara Arahel, comme je suis fière de voir qu'il a fini par prendre sa destinée en main.

Ils parlèrent ainsi un long moment, oubliant même le temps qui continuait à l'écouler inlassablement autour d'eux. Eléa profita de chaque instant en sa compagnie. Sa mort avait été un tel déchirement, qu'elle souhaitait que ce moment ne s'arrête jamais. Dire une seconde fois au revoir à son père était trop dur pour elle.

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Eomer ouvrit les yeux, et à sa grande surprise, il vit un plafond boisé au-dessus de lui. Il pouvait le reconnaître entre mille : c'était celui de ses appartements à Edoras. Il était allongé sur son lit, sans doute pour une sieste, car il n'était pas dans les couvertures, et il portait ses vêtements de tous les jours. Il se redressa, et vit qu'autour de lui rien n'avait changé. Le château d'or était bien là. Revoir Meduseld comme il avait toujours été, réconforta son cœur fatigué de douleur. Il resta assis sur son lit de longues minutes, savourant ce moment. Il ne l'avait finalement pas perdu. Il consenti à sortir de la pièce au bout d'un moment, pour aller voir si cette chambre n'était pas qu'un rêve. Il ouvrit la porte, et il se retrouva dans le couloir assombrit, par le ciel menaçant du dehors. Il était désert et il ne semblait n'y avoir aucuns bruits aux alentours. Eomer regarda des deux côtés, et ne vit pas l'ombre du moindre être. Ce silence lui parut presque pesant et anormal.

Malgré tout, il décida de faire quelques pas, histoire de voir s'il ne trouverait pas une personne quelque part. Sans réfléchir il prit la direction de la salle du trône, la plus grande salle de la demeure des rois du Rohan. En y pénétrant il fût encore plus inquiet qu'auparavant : il n'y avait personne, pas même un garde. Sinon tout était comme dans ses souvenirs, du moins avant la bataille et la destruction de la cité. Qu'avait-il bien pu se passer pour que l'endroit soit désert ? Et pourquoi ce lieu si chaleureux et précieux à son cœur lui glaçait le sang ? Eomer n'en savait rien, mais plus il avançait et plus il se demandait si on ne lui avait pas jeté un mauvais sort.

-Peut-être était-ce cette sombre forêt, pensa-t-il

Il fût sorti de ses interrogations par un bruit qui venait de sa droite, il tourna les talons et fût surprit de découvrit Théoden assis sur le trône de bois ouvragé d'or au fond de la pièce. Il le fixait avec insistance.

-Cela ne se peut, murmura Eomer

-Effectivement, approuva Théoden d'une voix forte, cela ne se peut. Car je suis mort à Minas Tirith.

-Comment.., commença Eomer

-Comment se fait-il que je sois là ? devina Théoden, une longue histoire. Il se leva et fît quelques pas devant lui avant d'ajouter : et elle n'a aucune importance. Approchez mon cher Eomer, demanda-il

Eomer s'exécuta bien que nullement rassuré par les paroles du roi défunt. Il s'arrêta non loin du roi et dit :

-Majesté je ne comprends pas, pourquoi suis-je ici ? Et vous, vous devriez être mort.

-Je n'ai pas dit que je ne l'étais pas, déclara Théoden, mais assez de question de vous prie ! Vous avez vu ce château, et cette cité ? Tous deux bâtis par Eorl le Jeune voilà des siècles. Il y a mis tout le talent de son peuple, pour servir la grandeur de ce pays. Du bois de la plaine, et de l'or pur des profondeurs de la terre. Ce fût un des rois les plus aimé. Les rois qui lui ont succédé ont perpétré son héritage, mais toi tu l'as détruit.

Ce dernier mot frappa Eomer de plein fouet. Il ne s'y était absolument pas attendu. Cet homme devant lui, qui depuis la mort de son père Eomund quand il avait 11 ans, était un modèle, un exemple, venait de lui dire qu'il était l'unique responsable de la perte de son pays. C'était comme lui arracher le cœur : c'était insupportable et cruel.

-Pourquoi dites-vous cela ? articula Eomer

-Parce que je suis ton roi, répondit Théoden

-Cela ne vous donne pas le droit de me rendre responsable d'événements dont je ne peux rien, lâcha Eomer les larmes aux yeux

-Et qui a mené les hommes pendant la bataille ? demanda Théoden

Eomer ne répondit rien. Face à ce silence Théoden paru satisfait. Eomer lui oscillait entre colère et tristesse. Il s'avait que cela ne pouvait être réel, mais les mots de l'ancien roi avaient leur impact sur lui. Les mots froids de Théoden l'achevaient un peu plus. Et pourtant il résistait, car il savait qu'il n'y avait pas une once de vérité dans ses paroles. Mais l'évocation de la perte de sa cité lui était encore très pénible. Il était comme morcelé, éparpillé comme les morceaux d'une bouteille de verre qui tombe sur un sol de pierre. Toute sa vie il avait dû être fort, mais aujourd'hui il se sentait brisé.

-/-

L'aube se leva le lendemain, et timidement, le soleil émergeait à l'horizon.

Aragorn était au-dessus d'Eléa, qui depuis plusieurs heures s'agitaient dans son sommeil. Parfois elle respirait à peine, et sa peau avait blanchit dangereusement. Gandalf l'aidait aussi, usant de toutes ses connaissances magiques. Mais la jeune femme n'était pas la seule dans cet état : Faramir, Legolas et Eomer était eux aussi atteint. L'elfe avait repris connaissance depuis quelques minutes, et il racontait, tremblant, à sa sœur Tilaé, les visions qu'il avait eues dans son sommeil. Gandalf l'écoutait attentivement. A la fin du récit de Legolas il dit :

-Nous nous sommes arrêtés en lisière d'une forêt magique, informa le magicien, c'est elle qui doit être responsable de ces visions. Je ne vois pas d'autre explication.

-Pourquoi nous sommes nous arrêter ici ? demanda Tilaé

-Parce que je pensais, à tort visiblement, que ces forêts avaient disparues il y a longtemps, répondit Gandalf. Il n'y a plus eu de récit de ce genre depuis des siècles.

-Comme quoi même les magiciens font des erreurs alors, dit Pippin à Merry

Gandalf entendit sa confidence et le fusilla du regard. Pippin bafouilla des excuses à peine audibles mais l'attention fût aussitôt rapportée sur Eléa et Eomer qui s'éveillait enfin. La jeune femme vit qu'Aragorn était auprès d'elle, et aussitôt elle fondit en larme dans ses bras. Aragorn la berça, et lui dit qu'elle n'avait plus rien n'à craindre désormais, que ce n'était qu'un mauvais rêve.

Peu après Faramir s'éveilla à son tour, aussi troublé et surpris que les autres.

-Que s'est-il passé ? demanda-t-il perturbé le font en sueur.

-Tu as fait un mauvais rêve, répondit Eowyn à côté de lui, comme Eléa, Eomer et Legolas. Gandalf pense que c'est la forêt elle-même qui en est responsable.

Faramir la regarda interloqué : il ne comprenait pas comment une forêt pouvait faire subir des visons aussi réelles.

-Ça va Eomer ? lança Aragorn, Eléa toujours dans les bras.

Eomer lui répondit par un simple signe de tête, il était trop bouleversé pour répondre quoi de se soit par la parole. Il avait besoin de reprendre ses esprits.

-J'ai vu mon père, murmura Eléa à Aragorn

Celui-ci la regarda, et prenant son visage dans ses mains il lui dit :

-Alors ce n'était pas un si mauvais rêve.

-Non, mais il me manque tellement, dit Eléa

-A moi aussi il me manque, avoua Aragorn, mais les êtres que nous aimons, reste toujours avec nous Eléa, ici, dit-il en lui montrant son cœur. Ils font partie de nous pour toujours.

-Tant que nous sommes vivants leur souvenir reste, ajouta Eomer

Eléa leva les yeux vers lui, et le remercia d'un signe de tête. Celui-ci le lui rendit avec un faible sourire.

-Bien, commença Gandalf d'une voix forte, nous allons prendre du repos aujourd'hui, mais avant il nous faut trouver un autre endroit. On ne peut rester trop longtemps ici. Nous partirons dès que tout le monde sera près.

-Tu te sens assez forte ? demanda Aragorn à Eléa

-Oui, répondit la concernée en essuyant ses larmes d'un revers de main. Je ne veux pas rester une minute de plus ici.

L'endroit les terrifiait tous désormais. Après avoir entendu les récits des uns et des autres, même ceux qui avait passé une nuit paisible voulait partir au plus vite. Le groupe de marcheur parti donc quelques minutes plus tard. Après à peine deux heures d'une marche lente, ne pouvant toujours pas monter leurs montures, ils trouvèrent un meilleur endroit à flanc de montagne, non loin d'une paisible rivière. Et Legolas, Faramir, Eléa et Eomer se sentait déjà bien mieux. Le mauvais charme semblait être définitivement derrière eux.

Le reste de la journée fût monotone, chacun prit un repos bien mérité avant la poursuite de leur longue route vers le nord. Et la nuit venue, tous sombrèrent dans un sommeil profond, sans rêves d'aucunes sortes, bons ou mauvais. Legolas veilla sur eux une partie de la nuit. L'esprit sans crainte.


Alors vos avis ?