Ouais, bon, je sais je suis en retard… Je pense que vous attendez depuis suffisamment longtemps, si en plus je vous blablatais mes excuses… ENJOY !
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(POV Sirius)
J'ouvre la porte. Doucement. Pas de bruit. Le moindre bruit pourrait me tuer. Et surtout, le tuer. Je me lance un sort de lévitation pour monter les escaliers. Juste pour être sûr que les marches ne craqueront pas. J'ouvre silencieusement la première porte que je trouve. Une chambre. Grande, avec un lit à baldaquins au milieu. Rogue à l'air de dormir. Je referme la porte et, au même moment, j'entends un grand CRAC au rez-de-chaussée. Je tends l'oreille, mais je n'entends plus rien d'autre. C'était sûrement un elfe de maison qui a transplané pour aller dormir. J'ouvre une autre porte. Une salle de bains, cette fois. Je passe à une autre pièce, qui s'avère être encore une autre chambre, mais beaucoup plus petite que celle de Rogue. Un lit en fer à moitié rouillé, avec un matelas moisi… La pièce pue le sang, la sueur. En tout cas, elle est vide. Si c'est ce que Rogue considère comme sa chambre d'amis, je comprends maintenant très bien pourquoi il vit seul…Je redescends doucement, et j'inspecte le rez-de-chaussée. Un canapé, un fauteuil et une télé. Plus loin, un bar américain sépare le salon de la cuisine. Je m'approche d'une porte, et l'ouvre doucement. Un garage gris, sombre, minuscule. Quelque chose passe entre mes jambes. Une fouine. Encore un des animaux que Rogue utilise pour tester ses potions…
Je referme la porte, et sors discrètement. Le ministère n'approuverait sûrement pas ce que je viens de faire, mais je m'en fous. Cette fois j'en suis sûr. James n'est pas ici. Ce n'est pas Rogue qui le retient prisonnier.
(POV Harry)
-Que faîtes-vous ici, Potter ?
-C'est un crime, de venir étudier à la bibliothèque ? je demande d'une voix railleuse.
-Non, mais ça m'étonne beaucoup de votre part. Ca m'étonne tellement que je me demande si vous êtes réellement là dans le simple but d'étudier…
-Que voulez-vous que je fasse d'autre dans une bibliothèque, professeur Rogue ?
-Faites attention à ce que vous dites, Potter. Un de ces jours, vous pourriez le regretter terriblement.
Rogue sort de la bibliothèque, et, dès qu'il est hors de vue, je saute sur le livre qu'il venait de reposer dans l'étagère. "Les physiciens et alchimistes de l'ère sorcière". Une page est cornée. Je l'ouvre à cette page, et lis :
Nicolas Flamel, alchimiste créateur de la pierre philosophale
Je jète un coup d'œil aux longs paragraphes en-dessous, avant de décider qu'Hermione se fera une joie de lire tout ça à ma place. Mme Pince me regarde avec un air bizarre lorsque je demande à l'emprunter, mais elle finit par me le laisser.
Je redescends dans la salle commune, et donne le livre à Hermione.
-Fantastique ! Je vais le lire ce soir, ça tombe bien, je n'avais plus trop de livres à lire pour me distraire…
-Parce que tu trouves ça distrayant, toi ?
-T'es toujours aussi borné !
-Et toi toujours aussi adorable, Hermignonne !
-Je te remercie du compliment ! me lâche-t-elle avant de disparaître dans son dortoir.
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(POV Harry)
-Taisez-vous !
-Y avait personne qui parlait, monsieur…
-J'ai dit la ferme, Weasley !
Putain… Rogue est vraiment d'une humeur massacrante, aujourd'hui…
-Bon, aujourd'hui, potion soignante ! déclare-t-il. Je vous demanderais la plus grande vigilance, car, si cette potion guérit la plupart des blessures, elle est très corrosive sur une peau non-blessée ! Au cas où les plus crétins d'entre vous auraient besoin d'une preuve…
Il tire un animal de sa poche. Une minuscule fouine. Elle se débat et essaye de mordre Rogue. Il la prend par la queue, la lève en l'air avant de l'abattre violemment contre son bureau, comme un chiffon dont il chercherait à enlever la poussière. La fouine est toujours en un seul morceau, mais trop sonnée pour se débattre. Rogue verse quelques gouttes de potions sur son dos, et les poils de l'animal se mettent à fumer. La fouine couine horriblement et recommence à se débattre. De la même façon que la première fois, Rogue la lève en l'air et l'abat sur son bureau.
-Arrêtez ! gémit Parvati.
Elle et Lavande ont un regard terrorisé devant le calvaire de la fouine. Faut pas chercher à comprendre, c'est des filles, toujours à s'inquiéter du moindre petit détail. Mais c'est vrai que ça m'étonnerait beaucoup si c'te bestiole restait vivante jusqu'à la fin de la semaine.
-Allez-y, vous pouvez commencer à préparer vos potions ! Et pour ceux qui seraient suffisamment intelligents pour en renverser… Vous savez ce qui vous attend ! dit-il en montrant le dos totalement brûlé de l'animal.
Il plonge la fouine dans sa poche, et on commence à préparer nos potions.
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-La fouine de Rogue ? demande Percy. Elle est encore vivante ??
-Ouais… répond Hermione. Il arrêtait pas de la frapper contre son bureau… Pauvre bête…
Pauvre bête… Neville a eu tout un bras carbonisé à cause de son chaudron qui a fondu, et tout ce qu'elle trouve à faire, c'est se plaindre à propos du sort de la fouine ! Je la comprendrais jamais…
-Oh, ne t'inquiète pas pour cette fouine, Hermione ! répond Percy. Quand j'étais en première année, des 7e année m'ont assuré l'avoir toujours connue vivante. Rogue doit la soigner plus ou moins, ou la rendre plus résistante… En tout cas, ça fait environ dix ans qu'elle est en vie !
-Environ 10 ans ? demande Ron. Les fouines ne vivent pas aussi longtemps…
-C'est pour ça qu'on pense que Rogue doit l'avoir modifiée à coups de potions… Peut-être qu'il l'a rendue immortelle, on n'en sait rien. En tout cas, ne te lamente pas trop sur le sort de cet animal, Hermione, elle a encore de longues années devant elle !
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(POV Sirius)
J'en ai marre. Je me laisse tomber sur mon canapé. Je suis à bout de souffle. Après avoir inspecté plus profondément la maison de Rogue, de journée cette fois, et en étant sûr qu'il était en train de donner un cours, j'en suis persuadé maintenant. James n'est pas chez lui. Mais alors qui ? Où est-ce qu'il peut bien être, bon sang ? Toutes les maisons des anciens mangemorts et des ennemis déclarés de James ont été fouillées avec des détraqueurs, sans aucun résultat. A part le fait que ces démons se sont dépêchés de retourner à Askaban voir leurs prisonniers. Les âmes humaines leur manquaient trop. Bande de démons dégénérés.
James n'a plus jamais reparlé sur la carte depuis que le conard qui lui sert de Maître l'a visiblement surpris en train de me parler. Peut-être que la punition qu'il a reçue l'a fait tomber dans les pommes, ou pire… Non. Il ne l'aurait pas tué. Quand même pas… Il ne l'a pas gardé prisonnier pendant 10 ans pour finalement le tuer. Surtout que personne ne sait où il est.
Ca m'énerve plus que jamais. James me manque tellement… Et je supporte de moins en moins de visiter presque toutes les maisons d'Angleterre sans aucun résultat à la fin.
Je reprends dans ma main la seule trace que j'ai de lui. Le papier qu'il a laissé dans la main d'Harry, la nuit où il l'a sauvé. Avec les salutations de Prongs, spécialiste en manigance de mauvais coup. Il a toujours gardé la même écriture, son écriture reconnaissable entre mille. James… Je peux plus supporter l'idée de rester ici sans rien pouvoir faire alors que mon meilleur ami, mon frère, est torturé et réduit en esclavage par un dégénéré mental. Les dernières phrases qu'il a écrites sur la carte me lancent des coups de poignard dans le cœur. "Je suis un esclave.", " Des bouts de son repas, de temps en temps, quand il est de bonne humeur… Je suis obligé de manger dans sa main." , "Il m'emmène avec lui en me tenant en laisse.".
Putain… James… Mais comment ce taré a-t-il put faire pour le briser comme ça ? Mon James avait bien trop de caractère pour laisser quelqu'un le tenir en laisse ou l'obliger à manger dans sa main… Mais je crois que Rogue a quand même raison sur ce coup-là. Tout le monde pensait qu'il était mort, il n'avait plus aucun pouvoir magique, et était torturé continuellement. Et il savait que personne ne viendrait le chercher. Au fond, c'est compréhensible… James a juste essayé de survivre, juste en attendant que quelqu'un apprenne qu'il était en vie. Mais je comprends pas comment il a put trouver la force d'attendre, pendant 10 ans, sans devenir fou ou désespérer complètement. Quand on était à Poudlard, James avait l'art de croire en des choses que tout le monde jugeait totalement irréalisables – sortir un jour avec Lily, par exemple. Faut croire qu'il a quand même gardé ça. Ne jamais abandonner, et toujours espérer, encore et encore. Ca c'est du James tout craché. Se raccrocher à un espoir impossible… Lily lui a largement prouvé qu'à force d'espérer, tout finit par arriver. Je peux pas le laisser tomber. Je peux pas le laisser s'accrocher à un espoir perdu.
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(POV Harry)
Hewidge se pose sur mon épaule, et je déplie rapidement le parchemin de Sirius. Vu l'écriture, il devait être soit pressé, soit assez énervé quand il l'a écrite.
Bon, alors Harry, je te le répète pour la dernière fois, Rogue n'a rien à voir là-dedans ! J'ai moi-même fouillé sa maison de fond en comble plusieurs fois, et je n'ai absolument RIEN trouvé qui laisserait entendre que ton père est là-bas. Donc arrête de penser qu'il est responsable de la disparition de ton père car ce n'est pas le cas. Au contraire, même si on ne l'a pas encore retrouvé, c'est en partie grâce à lui et Bellatrix que les recherches avancent aussi vite.
Ensuite, pendant qu'on parle des recherches, faut croire que je suis assez désespéré pour tenter un coup pareil, mais les animagus, lorsqu'ils sont transformés, laissent derrière eux une sorte de trace, d'odeur que certains capteurs peuvent détecter. On attend l'autorisation de Dumbledore pour rentrer dans la forêt et essayer de suivre grâce à cette trace les empreintes du cerf. Peut-être qu'elles nous mèneront à l'endroit où il est retenu.
Dans tous les cas, je t'en supplie, tu ne dois pas t'inquiéter ! Une équipe d'aurors professionnels travaille sur cette affaire 24 heures sur 24, et j'ai moi-même carte blanche à propos des personnes que je peux décider d'interroger. Je sais que tu n'aimes pas ça du tout, mais tu ne peux rien faire pour ton père. Mais je te jure qu'on va le retrouver. Alors en attendant, concentre-toi principalement sur tes études, car, au cas où j'aurais besoin de te le rappeler, dans deux mois, tu seras dans une Grande Salle avec devant toi un papier sur lequel tu devras écrire le plus de choses possibles. Ca s'appelle un examen de fin d'année, et je compte sur toi pour le réussir !
Quant à ce qui s'est passé avec Quirell, premièrement, tu n'avais rien à faire dans ce couloir à cette heure-là de la nuit ! Pour le reste, et ce qui s'est passé avec ta cicatrice et sa main, j'ai plein d'hypothèses un peu longues à mettre sur papier, je te détaillerais tout ça dans trois jours quand tu rentreras à la maison pour les vacances de Pâques.
Bien amicalement,
Sirius.
Houlà… Ca sent l'engueulade à plein nez quand je rentrerais… Comme si lui, il en avait pas fait, des sorties nocturnes… Et en plus, il était même pas tard quand je les ai vu ! A peine une heure du matin…
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(POV James)
J'en peux plus. Je ne suis pas du tout fatigué, ni même essoufflé, j'en ai simplement marre. Ca fait des heures et des heures que je cours comme ça, sans m'arrêter. Y a rien autour de moi. Que du noir. Un long tube noir dans lequel je cours, et je cours, et je cours. De temps en temps, un fil de lumière passe le long de ce tube, mais trop rapidement pour que je puisse vraiment le distinguer. Loin, très loin, j'entends vaguement les ordres de mon Maître. Mais je ne le vois pas, je vois plus rien, je comprends pas comment je pourrais lui obéir…
Il n'a pas l'air de répéter les mêmes ordres plusieurs fois… Ce qui voudrait dire que mon corps serait encore là-bas. Ca expliquerait pourquoi je cours comme ça depuis plusieurs heures sans être fatigué… Parce que je n'ai plus de corps pour ressentir la fatigue. Mais alors je suis quoi ? Un esprit libre qui flotte dans les airs ? Non. Un esprit qui flotte dans les airs, peut-être. Libre, jamais. C'est peut-être la seule chose que mon Maître a réussi à me faire apprendre. Que je ne serais plus jamais libre. Plus jamais.
Ca fait du bien, de penser librement. Ca fait plusieurs semaines que je n'ai plus le droit de penser, pas devant mon Maître en tout cas… Et même si parfois, ça m'arrive de penser à Sirius, je me dis que, s'il ne me retrouvait jamais… Ca changerait pas grand chose.
Au final, soit je resterais dans ce tunnel éternellement, ce qui n'est pas si mal, d'ailleurs… Plus d'interdiction, plus de douleur, plus rien. Juste le calme à jamais…
Ou alors je retournerais un jour dans mon corps, avec mon Maître…
Je voudrais tellement choisir la troisième possibilité… Celle où je reviens dans mon corps pour partir définitivement de cette maison… Lily m'a montré au collège qu'à force d'espérer, tout finit par arriver. C'est ce que je me disais au début… Qu'à force d'espérer, quelqu'un viendrait me chercher… Je commence à en douter sérieusement. J'aimerais tellement que Sirius me retrouve. Non pas que je serais plus libre qu'avant… Je ne suis qu'un esclave, rien d'autre. Et ça changera jamais. Juste que peut-être que Sirius me frapperait un peu moins que mon Maître… Peut-être que Sirius aurait un minimum de considération pour moi…
Non. Faut que j'arrête de délirer. L'espoir ne fait pas tout. Faut que j'arrête d'y croire indéfiniment. Ca changera jamais. Je resterais éternellement chez mon Maître, à essayer de lui obéir au maximum pour éviter de recevoir quelques coups en plus…Ca changera jamais. Jamais. Et je recommence à courir dans ce noir sans fin.
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(POV Le Maître de James)
Je pensais pas que je regretterais d'avoir enfermé son esprit comme ça. Evidemment, il est bien plus calme, plus docile mais… Il manque quelque chose. Il manque tout simplement les fragments du vrai James. Il manque son esprit rebelle au fond de lui, son caractère, ses remarques poignantes. Il manque aussi ses larmes, ses tremblements, sa résignation évidente.
C'est en partie ce qui est le plus amusant… Le voir se résigner comme ça. Le voir se plier à mes ordres sous la douleur ou la peur. Voir le Grand James Potter, le Héros qu'il était à Poudlard, se plier sous ma volonté, le voir me suivre docilement pendant que je le tiens en laisse, le voir manger dans ma main les quelques bouts de pain que je lui donne par semaine… Le voir s'écrouler à mes pieds sous la douleur, se résigner à obéir sous les doloris. Ca me manque quand même tout ça… Et puis, je pense que la punition lui a largement suffie.
J'agite ma baguette.
-O-O-O-O-O-O-O-O-O-O
(POV James)
Je continue à courir dans ce tunnel noir, si noir. Un filament de lumière traverse l'obscurité. Puis un autre. De plus en plus souvent, de plus en plus gros, les filaments fendent les ténèbres. Cette fois, ce sont de grandes barres dorées qui zèbrent ce noir intense. Puis, au fur et à mesure que les tâches lumineuses apparaissent, l'obscurité disparaît totalement, remplacée par cette vive clarté éblouissante.
Un faille s'ouvre sous mes pieds et je tombe en chute libre… Avant de retomber sur mes pieds. J'ai pas le temps de réaliser ce qui se passe. Je me prends une baffe magistrale.
-Mets-toi à genoux !
Cette voix… Je la connais trop bien… Je me laisse tomber sur mes genoux.
-C'est bien, James, t'es un bon chien…
-Ta gueule ! je hurle.
Je me prends un coup de pied dans la joue. Putain… Ca fait mal…
-Alors, comment as-tu trouvé ta punition ?
-Géniale ! Je devais pas te supporter !
-Endoloris !
Je m'écroule sur le sol. Ca fait mal, si mal… Il s'accroupit sur le sol et m'oblige à le regarder.
-Ecoute-moi bien, mon petit James. Au cas où, au bout de 10 ans, tu aurais fini par oublier, je vais te rafraîchir la mémoire. Legilimens !
Des souvenirs me reviennent en mémoire…
(Flash-back, 31 octobre 1981)
J'agite ma baguette. De grosses bulles de savon en sortent, et Harry agite ses mains pour les écraser. Il marche à quatre pattes sur le canapé pour essayer d'attraper les bulles, et je le prends sur mes genoux pour l'empêcher de tomber. A coté de nous, dans un fauteuil, Lily est déjà endormie. Même si ça fait quatre ans que je l'ai épousée, je peux pas m'empêcher de constater à quel point elle est belle chaque fois que je la vois… Harry tend ses mains vers elle.
-Qu'est-ce que t'en penses, mon chéri ? je murmure. T'es d'accord avec moi, hein, ta maman est vraiment ravissante ?
-Yagaaaaa !
-Ouais, je suis d'accord avec toi…
Une explosion retentit, et la porte vole en éclats. Lily se réveille en sursaut, et Harry se met à pleurer. Je le pose sur le canapé, et me précipite dans l'entrée. Il est là. Voldemort.
-Lily ! Prends Harry et sauve-toi ! C'est lui ! Cours, je vais le retenir !
C'est qu'à ce moment là que je le vois. Il ne porte pas de capuchon, juste une cape noire. Et il est là, à coté de son Maître. C'est aussi à ce moment là que je réalise que je n'ai pas de baguette.
-Ecarte-toi, James, murmure Voldemort d'une voix relativement calme. Je ne veux pas te tuer. Je ne veux pas tuer Lily. Tout ce qui m'intéresse, c'est ton fils. Ecarte-toi, et Lily et toi aurez la vie sauve.
-Pas question ! Tue-moi si tu veux mais ne touche pas à un cheveu de mon fils !
-Potter, j'ai dit dégage de là ! ordonne Voldemort en pointant sa baguette sur moi.
C'est là qu'il intervient.
-Maître… Si vous n'avez pas de temps à perdre avec ce minable, je peux m'occuper moi-même de lui si vous le désirez…
-D'accord. Je te le laisse.
-Attends un peu, conard, ça se règle entre toi et moi ! je rugis en me plaçant devant Voldemort.
Le mangemort à coté de lui sort sa baguette et hurle :
-Stupéfix !
Je suis tellement concentré sur Voldemort que je ne vois pas le coup venir. Le rayon rouge me frappe en pleine poitrine. Je tombe dans les pommes.
(1e Novembre 1981)
Où est-ce que je suis ? Si seulement ce sol pouvait s'arrêter de tanguer sous moi… Je suis assis dans le coin d'un mur. J'ouvre doucement les yeux pour voir que je suis dans une cave sombre. J'essaye de me relever. C'est seulement à ce moment que je me rends compte que je suis attaché. Mais putain, où est-ce que je suis ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
Ca me reviens. Lily. Harry. Voldemort. Et lui. Lily est en danger si elle est restée seule avec Voldemort ! Je me débats plus violemment. Faut que je détache ces putains de corde ! Faut que j'aille l'aider ! Les cordes sont trop solides… Les frottements me brûlent les poignets, mais j'en ai rien à foutre. Lily… Harry… Les cordes ne veulent pas craquer… Mais faut que je me tire de là ! Ils ont besoin de moi ! Une vive douleur me traverse les poignets, et un filet de sang coule sur mes doigts. Je me les suis écorchés à force de me débattre… Mais ça c'est rien ! Lily a besoin de moi ! Je peux pas rester ici !
-Arrête de te débattre, tu vas finir par te déchirer totalement les poignets… Et tu risques d'en avoir besoin très prochainement.
Je lève la tête vers l'homme qui vient de parler.
-Qu'est-ce que tu fous là ?
-C'est chez moi.
-Alors moi, qu'est-ce que je fous là ? Où est Lily ? Et Harry ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Je te répondrais si tu te calmes.
-Je suis calme ! je proteste.
-Tu ne m'as pas bien compris, il murmure.
Il s'accroupit devant moi et me caresse doucement la joue. J'écarte brusquement ma tête.
-Ne me touche pas !
-Tu vois ce que je veux dire ? A partir de maintenant, James, tu m'appartiens. Et tu as intérêt à m'obéir.
-Dans tes rêves !
-Endoloris !
Je hurle de douleur en me tortillant contre mes liens. Je m'en suis déjà pris des dizaines, depuis que je suis auror, mais ça fait toujours aussi mal…
-Et c'est le premier d'une longue série. Alors je te conseille de te calmer tout de suite, car tu ne sortiras plus jamais d'ici.
-Je suis auror ! Le ministère va se lancer à ma recherche ! Tu me détiendras pas indéfiniment !
-Oh si, Potter. Le Seigneur des Ténèbres a détruit ta maison. Il ne reste que des ruines. Et tout le monde te croit mort. Une cinquantaine de témoins sont prêts à jurer qu'ils ont vu ton corps sans vie devant les ruines de ta maison.
-Comment ça ?
-Avant de t'emmener, j'ai fais apparaître un hologramme de toi, mais mort. Je suis le seul à savoir que tu es en vie, je dis bien le seul. Même Black est persuadé que tu es mort, et personne ne se lancera à ta recherche. Personne.
Non… Non c'est pas possible… Je peux pas être mort aux yeux de tout le monde ! Y a bien une personne qui sait que je suis vivant… Il recommence à me caresser la joue. Je frissonne de dégoût mais je me force à ne pas bouger. Il est le seul à savoir ce qui s'est passé… Sa main remonte dans mes cheveux. Je me mors la lèvre pour ne rien dire. Je déteste qu'on touche mes cheveux, et il le sait très bien…
-C'est bien, James… Tu vois que tu peux te calmer quand tu veux… Ca mérite une récompense…
Je le foudroie du regard.
-Donc, pour ton information, Lily est morte.
-NON !
Non… Ca peut pas être vrai… Il se fout de moi…
-Voldemort… Il a dit que Lily ne l'intéressait pas ! Il a dit qu'il ne voulait pas la tuer !
-C'est vrai. Il ne voulait pas la tuer. Mais elle s'est obstinée à protéger ton fils. Il a été obligé de l'abattre avant de s'occuper de lui.
-Harry, il…
-Il a survécu. D'après Dumbledore, l'amour de Lily lui a permis de survivre. Le sort a ricoché sur lui, et a frappé le Seigneur des Ténèbres. Il a disparu. Le monde sorcier entier fête aujourd'hui sa disparition, et Harry est devenu célèbre pour l'avoir détruit. Le monde entier le connaît comme "Le Survivant".
-Et il est où ?
-Black l'a recueilli après votre mort. Apparemment, il a été autorisé à s'occuper de son filleul.
Je soupire légèrement. Harry… Au moins, lui il s'en sort. Et c'est le principal. C'est pas pour rien si j'ai demandé à Sirius de s'occuper de lui s'il nous arrivait quelque chose, Harry est en sécurité avec lui.
-Bien ! il déclare en se relevant. Maintenant mettons les choses au clair. A partir de maintenant, Potter, comme je te l'ai déjà dit, tu n'existes plus pour le monde sorcier. Alors tu vas me faire le plaisir de gentiment m'obéir, comme un gentil toutou…
-Pour ça tu peux toujours rêver ! je crache.
-Endoloris !
(1e décembre 1981)
La porte s'ouvre en claquant. Il rentre en tenant une sorte de bol dans sa main. Il fait trop noir pour que je vois ce qu'il y a dedans. Si seulement je pouvais sortir de cette cave… Je sais pas depuis combien de temps je suis là-dedans, mais depuis que je suis là, il ne m'a jamais détaché. Et pour me laisser sortir, je peux toujours espérer…
-Tu as faim, Potter ?
Oui, j'ai faim. J'ai rien mangé depuis que je suis arrivé là, je crève de faim… Mais je peux pas l'admettre. Pas devant lui.
-Réponds-moi !
-Oui, j'ai faim…
-Bien !
Il s'accroupit devant moi, prend quelque chose dans le bol et me le tend. Je fronce les sourcils. Je vois pas ce que c'est…
-C'est un bout de pain, il me dit.
-Et comment tu veux que je mange si tu me laisses les mains attachées ? je crache.
-Tu vas manger dans ma main, James, comme un gentil toutou !
J'hésite sérieusement entre ma fierté et ma faim impossible à supporter. Je finis par céder. J'ai trop faim… Je mange doucement dans sa main, en effleurant sa peau le moins possible.
-C'est bien, je vois que tu commences à obéir…
Il me tend un autre bout de pain, que je mange également. Ca fait du bien de manger… Lorsqu'il n'y a plus rien dans le bol, il me caresse les cheveux (ça fait longtemps que je m'y suis habitué) et me dit :
-Allez, c'est bien mon toutou ! Continue comme ça, et dans quelques semaines tu pourras sortir de cette cave.
Attend… J'ai mal entendu, là ! Il a vraiment l'intention de me laisser sortir ? Apparemment, il a lu dans mes pensées.
-Oui, j'ai l'intention de te laisser sortir. Tu me servirais à rien dans cette cave… J'ai besoin d'un esclave bien obéissant, et tu feras parfaitement l'affaire.
-Il est hors de question que je te serve d'esclave, conard !
-Endoloris !
Je m'effondre par terre, et il reprend.
-Je ne te laisse pas vraiment le choix. Je te rappelle que je peux te faire ce que je veux, et que personne ne viendra te chercher. Que tu le veuilles ou non, tu m'appartiens, Potter. Tu m'appartiens à jamais.
(POV James)
Je reviens dans la réalité.
-Ca t'as suffit ? me demande mon Maître. Ou tu préfères que je te renvoie dans cette cave pendant quelques mois ?
-Non, Maître.
-Tu préfères m'obéir tout de suite, ou tu as besoin d'une petite correction ?
-Non, Maître. Je vous obéis, mon Maître.
Je jète un œil aux cicatrices qui entourent mes poignets. La marque des trois mois que j'ai passé ligoté dans la cave. Je tiens pas forcément à y retourner.
-Bien. Alors maintenant, tu vas me respecter un peu plus que ça, c'est clair ?
-Oui, Maître.
Je garde la tête baissée devant lui. Il rentrerait dans une rage folle si je soutenais son regard.
-C'est bien, mon chien, dit-il en me caressant les cheveux. Mais à partir de maintenant, vu les conneries que tu as faites en essayant de contacter Black, il n'est plus question que je te lâche du regard une seule seconde. Tu peux dire adieu au peu de liberté qu'il te restait.
-Oui, Maître.
-A partir de maintenant, tu me suivras dans tous mes déplacements. Comme d'habitude quand je t'emmène dehors, personne ne pourra te reconnaître, bien sûr…
-Oui, Maître.
Apparemment, il paraît satisfait de mes réponses. Il rattache la laisse en cuir à mon collier et tire dessus. Je me lève, et le suis dans son bureau. Il attache le bout de la laisse à sa chaise, et se plonge dans le tas de papier posé sur sa table. Je reste à genoux, à ses pieds, la tête baissée en attendant qu'il m'oublie. Au bout d'une heure, je ferme les yeux.
Sirius ? Sirius t'es là ?
-Endoloris !
Toujours la douleur percutante, déchirante.
-N'y pense même pas ! me prévient mon Maître.
Putain… Mais comment il fait pour avoir toutes mes pensées comme ça ? Espèce de conard !
-Endoloris ! Tu me respectes plus que ça, Potter !
-Oui, Maître. Je vous supplie de m'excuser, Maître, je murmure en me recroquevillant à ses pieds.
Il enroule encore plus ma laisse autour de sa chaise, et resserre mon collier au maximum. Je peux presque plus respirer. J'ai trop mal… Et j'en peux plus. Je voudrais tellement retourner dans ce noir sans fin… C'était tellement bien, tellement paisible, tellement reposant… Je supporte plus les doloris répétés, les injures, les humiliations, les coups répétés, la faim, la soif… J'en peux plus. Je l'ai supporté pendant dix ans, je peux plus tenir… Je veux juste en finir… Arrêter de souffrir…
Je penche doucement la tête en avant. Mon collier se resserre autour de mon cou, m'empêchant totalement de respirer. Je suffoque. Je manque trop d'air… Mais je laisse le collier m'étrangler encore et encore. Je supporte plus le manque d'oxygène. Tout tourne autour de moi… Je m'écroule sur le sol.
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