Et comme convenu, le Chapitre 10 .
Mackenzie777 : Moi aussi j'ai une âme romantique ! J'ai pris beaucoup de plaisir à écrire "Le Bain"! Pas très classe le Tristan... Mais c'est Tristan, on peut tout lui pardonner... Merci d'être aussi fidèle au poste ^^
Merci à ma beta, Windsurfbabe.
Bonne Lecture...
Chapitre 10 : « Ils vous feront du mal s'ils le peuvent … »
Déçue, je décidai d'aller me coucher. Je rejoignis les autres dormeurs et m'enroulai dans ma couverture, tout en n'ayant aucune illusion quand à ma capacité à trouver le sommeil. Pourtant mes yeux se fermèrent, et il m'emporta quelques instants plus tard.
Je me réveillai la première le lendemain matin. L'aube pointait à peine et le ciel avait pris une couleur rose tendre. Je me levai doucement, en faisant attention à ne pas faire de bruit pour ne réveiller personne. Cela dit, mes précautions étaient totalement inutiles, car les ronflements de Bors étaient si bruyants qu'ils couvriraient même le bruit d'un clairon. Je pris un moment pour observer les visages tranquilles des Chevaliers encore endormis. Tristan n'était nulle part en vue, et cette constatation me peina.
De toute évidence, j'étais encore troublée par les émotions que j'avais ressenties la veille. J'avais toujours ri de mes sœurs et de mes amies lorsqu'elles se pâmaient d'amour pour les jeunes hommes, et je n'avais jamais vraiment prêté attention à leur description des effets de l'amour. Je le regrettais aujourd'hui. Etais-je éprise de ce mystérieux Chevalier? Etait-ce vraiment possible? D'un autre côté c'était vraiment absurde! Il était taciturne, désagréable, il avait mauvais caractère…
Je décidai de chasser mes pensées en allant cueillir quelques baies dans les sous-bois pour agrémenter le déjeuner. Tout à ma cueillette, je n'entendis pas l'individu approcher; mais quand je ressentis une présence derrière moi, je me retournai vivement, lâchant mon butin, ma dague sur le cou de mon agresseur potentiel.
Encore lui! songeai-je.
« Messire Tristan, cessez d'apparaître sournoisement derrière moi ou je risque de vous trancher la gorge, la prochaine fois, » le menaçai-je, furieuse d'avoir été surprise une fois de plus.
« Et vous, vous devriez prendre garde. La prochaine fois cela pourrait ne pas être moi, » rétorqua t-il.
Je m'apprêtais à retirer ma lame de sa gorge quand il reprit, moqueur:
« Alliez-vous prendre un autre bain? »
Je me sentis immédiatement rougir jusqu'aux oreilles, en repensant qu'il m'avait probablement surprise hier soir. J'appuyai plus fort mon poignard sur son cou, y laissant une marque rose vif.
« C'est à vous qu'un bon bain ne ferait pas de mal, Chevalier! » répliquai-je d'un ton acerbe.
« Et être obligé de me séparer de mes armes, isolé, en pleine forêt, comme vous cette nuit, tout ça pour plonger dans l'eau glaciale? Non merci. C'est de la bêtise de bonne femme, tout ça. »
Vexée, je rangeai ma dague avec humeur, manquant de me blesser avec au passage, et retournai vers le campement à vive allure. Tristan m'emboîta le pas. Sa foulée était plus longue que la mienne, et je ne parvins pas à le distancer. Plusieurs dizaines de mètres avant le camp, il m'attrapa le bras pour me forcer à me retourner. Il me fixa droit dans les yeux et déclara, à la fois furieux et suppliant:
« Je suis sérieux, Kira! Faites un peu attention, votre habileté à l'épée ne vous sera d'aucune utilité si vous vous laissez surprendre. Tous les hommes ne sont pas aussi bien élevés qu'Arthur ou Lancelot, ils vous feront du mal s'ils le peuvent! Alors ne leur en donnez pas l'occasion! »
Et il me laissa là pour repartir d'un pas vif à travers les bois.
S'inquiétait-il vraiment pour moi, ou était-il agacé parce qu'il me jugeait trop insouciante? J'avais toujours été prudente, toujours aux aguets, alors que m'arrivait-il? La présence de tant de guerriers me donnait un faux sentiment de sécurité et j'en oubliais les règles élémentaires de prudence. Idiote!
Bien décidée à ne plus donner l'occasion à ce bougon de me réprimander, je fis le vide dans ma tête et me concentrai sur mon environnement, comme je l'avais appris de mon père. Tout d'abord, je perçus le bruissement des feuilles agitées par le vent. Un peu plus loin sur ma gauche, la course d'un petit animal, un rongeur sûrement. Derrière moi, le clapotis paresseux de l'eau du lac où je m'étais baignée la veille. Pas très loin devant, les voix sourdes de mes compagnons.
« Ah, Tristan, te voilà! Où étais-tu encore passé? » fit la voix de Gauvain.
« Et elle est où la Gamine? Tu l'as vue? », questionna la voix bourrue de Bors.
« Etonnant, que vous ayez disparu tous les deux en même temps, » fit Lancelot d'un ton plein de sous entendus. « Et moi qui pensais que les femmes ne t'intéressaient pas, voilà que cette Gamine…. Hé! »
Puis ce fut la confusion. Je ne distinguais plus que des bruits de lutte et des cris en pagaille, puis:
« Tristan, Lancelot, ça suffit! » ordonna sèchement Arthur.
« Mais enfin, Tristan, qu'est-ce qui te prend? » tonna Lancelot, visiblement furieux.
Un silence. Puis la voix de Bors reprit:
« Je parierais ma chemise que la Gamine, avec son sale caractère, l'a remis à sa place et qu'il l'a pas supporté. Alors… »
« …quand, en plus, Lancelot s'est moqué de lui, il a vu rouge, » acheva Gauvain à la place de son ami. « Après tout on le connait bien, il a un caractère très vif, notre Tristan. »
« Ah oui? Eh bien qu'il revienne un peu, que je lui fasse passer son sale caractère!! » fit Lancelot en criant ces derniers mots à l'adresse de Tristan, qui était probablement déjà loin.
Je ne me rendis compte que j'avais avancé tout au long de l'altercation que lorsque j'émergeai des bois sous les regards interrogateurs des Chevaliers. Arthur me regardait attentivement, cherchant à déchiffrer l'expression de mon visage. Je ne saurais dire ce qu'il y lu, mais dès que je fus à côté de lui, il murmura:
« Ou peut-être y-a-t-il une tout autre raison à ce remue-ménage… »
Le ton qu'il avait employé était si bas que je fus la seule à pouvoir l'entendre. Je crus même l'avoir mal compris. Mais avant que j'aie le temps de lui demander des explications il s'éloigna, un sourire énigmatique aux lèvres, et je fus immédiatement assaillie par le reste des Chevaliers qui me pressèrent de questions, si bien que je n'eus pas le temps de songer davantage aux paroles du commandant.
Tant bien que mal, je réussis à donner une explication suffisamment convaincante à mes compagnons pour qu'ils en soient satisfaits et me laissent manger en paix. J'avais raconté qu'il m'avait surprise et m'avait taquinée à ce propos et que, vexée, je m'étais fâchée et l'avais envoyé paître. Comment aurais-je pu justifier à leurs yeux le soudain accès de colère de Tristan, quand je ne parvenais pas à me l'expliquer moi-même? C'était insensé! Après tout, si je risquais ma vie à cause de mon insouciance, c'était mon problème, pas le sien! Il n'avait pas à me dire ce que je devais faire. Après tout, je n'étais plus une enfant! Je décidai donc de tirer les choses au clair avec le Chevalier bougon dès que j'en aurais l'occasion.
Une fois notre repas terminé et nos affaires empaquetées, nous nous préparâmes à repartir. Cette journée de chevauchée promettait d'être harassante, plus encore avec la chaleur qui s'annonçait, puisque le soleil semblait lui aussi être du voyage.
Avec un étonnant sens de l'à-propos, Tristan arriva au moment où Dagonet montait en selle le dernier. Ignorant ses compagnons, il se dirigea directement vers Arthur, lui murmura quelques mots, puis redescendit la colonne. Il passa devant Galahad, Gauvain et moi sans même un regard, mais s'arrêta devant Lancelot et lui tendit une main que ce dernier serra avec affection, mettant ainsi un terme à leur dispute. Puis il fit demi-tour et fila de nouveau loin devant.
Avant qu'il ne disparaisse de ma vue, je décidai que c'était le bon moment pour régler notre différend. Je quittai la colonne et avançai à hauteur d'Arthur. Il dut deviner mes intentions, car avant que j'aie pu dire un seul mot, il me fit un signe d'assentiment et me désigna la direction prise par l'éclaireur. Recevant son accord silencieux, je lançai Scathach à la poursuite de Tristan.
Je mis plusieurs minutes à le rattraper, mais quand il m'entendit arriver, il fit accélérer sa monture. Mais Scathach était légère et rapide, jamais encore battue à la course, et je finis par me mettre à sa hauteur. Capitulant, il fit ralentir son cheval et nous nous arrêtâmes une dizaine de mètres plus loin.
D'un bond, il fut par terre et me jeta un regard noir de colère. Me plaquant brutalement contre le tronc d'un arbre, il m'attrapa par le cou d'une main et tira son épée de l'autre, posant le tranchant de la lame sur ma gorge. Je distinguai alors dans ses yeux une étincelle de rage qui me fit frémir de peur.
Voilà une fin que j'espère pleine de suspense, qui vous donne envie de lire la suite !
Mais avant toute chose, n'oubliez pas : review =)
Prochain chapitre : "Chapitre 11: Les Pictes"
