Bonjour !

Et voici un nouveau chapitre !

Crédit : Merci à Snow pour la relecture. Les personnages ne m'appartiennent pas, sauf celui de Solange Dumont, et de sa famille.

Bonne lecture !

Le lendemain matin, Sherlock se leva très tôt : le soleil n'avait pas encore pointé le bout de son « nez. »Discrètement, il prit ses affaires et quitta la chambre. Il alla dans la salle de bain, prit sa douche, se sécha et s'habilla de ses nouveaux vêtements. Depuis qu'il était partit de la vie des deux colocataires, il avait adopté un nouveau style qui lui permettait de passer inaperçu dans les rues. Celui-ci était beaucoup plus décontracté et à la mode. Monsieur Holmes avait adopté un style classique composé d'une chemise à carreaux cachée par un pull léger en col V, d'un pantalon en chino généralement de couleur marron ou ocre, et de chaussure en daim et à lacets. Puis il mit ses lunettes carrées à bords épais et noirs. Après s'être vêtu, il descendit les escaliers et se dirigea vers la cuisine où il se fit un café. Il ne bu que ce celui-ci de la matinée. Puis il alla sous la véranda pour profiter du lever du soleil. Il entendit du bruit dans la cuisine : il en déduisit que Jonathan « Jo » était enfin réveillé et avait pris possession de la pièce. Et, en effet, Jonathan « Jo » avait commencé à préparer le petit-déjeuner pour tout le reste de la maisonnée encore endormie. Pietra arriva peu de temps après, par le jardin. Il faisait tellement froid que la pauvre femme s'était emmitouflée dans un gilet épais en laine, et dans son écharpe en laine, pour parcourir les quelques mètres qui séparaient la maisonnette dans laquelle elle vivait de la grande bâtisse de sa patronne. Elle entra par la véranda, et se retrouva en présence du grand détective. Elle fut surprise de le voir déjà réveillé alors même que le soleil ne l'était pas. « Je suis un lève-tôt Pietra » dit-il de sa voix grave et envoutante, dans son français maladroit aux sonorités anglophones.

La nourrice répondit avec un « Ah … » avant de se taire et de continuer son chemin, n'omettant pas de saluer le roux. Sherlock demanda alors d'où est-ce qu'elle venait, même s'il en avait déduis la réponse. Pietra se retourna alors et lui répondit qu'elle venait de chez elle. Sherlock « Paul » demanda alors plus de précisions. Pietra eut un moment de réflexion, hésitant entre rester et lui expliquer ou partir en lui disant qu'elle lui en parlerait plus tard. Elle décida de rester, s'asseyant à côté du grand homme. Elle lui expliqua que, n'ayant pas d'enfants, elle s'était totalement dévouée à la maison Dumont. En contrepartie, Monsieur Dumont avait construit une petite maisonnette au fond du jardin que Pietra avait pu aménager comme elle le voulait. Elle avait été construite en même temps qu'avaient été fait les travaux de rénovation de la maison. Elle était « cosy » et à l'image de la femme, joyeuse et russe. Alors Sherlock « Paul » demanda si Jonathan était dans le même cas. Elle lui répondit que non car il prévoyait de fonder une famille avec sa copine Angélique. Elle ne savait même pas s'il allait rester au service de Vivianne Dumont. Puis elle vit l'heure et se pressa d'entrer dans la maison, car elle devait se mettre au travail. Sherlock resta seul pendant quelques minutes, puis entra à son tour dans la cuisine, mit sa tasse dans le lave-vaisselle et monta au premier. Il remarqua que la porte de la chambre de Solange était encore fermée. Il se dirigea alors vers la bibliothèque.

Il était huit heures trentre-deux lorsque Solange ouvrit ses yeux, réveillée par un bruit dans le couloir. Sa mère était réveillée, lavée, habillée, et elle descendait les escaliers pour aller prendre son petit-déjeuner. Elle se leva à son tour, ouvrit les volets et entrebâilla les fenêtres pour laisser un peu d'air frais entrer. Elle prit ses affaires et entra dans la salle de bain. Elle alla aux toilettes, s'habilla, mit sa couverture au pied de son lit pour permettre à celui-ci de respirer, et sortit de sa chambre. Elle descendit les escaliers et se dirigea vers la salle à manger. Elle entra, vit sa mère, la salua – sans recevoir de réponse – et s'approcha pour rejoindre la cuisine. Jonathan était là, finissant de préparer le petit-déjeuner pour sa mère. Lorsqu'il la vit, il la salua de son plus beau sourire. Solange était toujours heureuse de le voir, car cet ami était toujours souriant, toujours de bonne humeur, malgré le travail éreintant et difficile à cause des horaires imposés par sa mère. Elle le savait – il ne tarderait pas à partir si cela continuait comme ça. Souriante, elle lui rendit son salut et s'installa à la table, attendant que son ami ait finit avec le repas de sa mère. Pietra arriva lorsque Jonathan finissait de mettre tous les éléments du petit déjeuner sur le plateau. Elle avait juste à le prendre et à l'apporter dans la salle à manger. Le cuisinier pu alors s'occuper du petit-déjeuner de Solange, et du sien, et de celui de Pietra. Solange profita de ce moment avec les gens qu'elle aimait.

Mais elle savait que l'heure du départ approchait. Lorsque le petit-déjeuner se termina – petit-déjeuner qu'elle avait cherché à faire durer – elle remonta dans sa chambre pour faire sa valise. Il était dans les environs de dix heures trente lorsque Solange dit au revoir à ses amis, et à sa mère. Dans un acte de bonté, celle-ci avait demandé à Jonathan de prendre la voiture et de les emmener à la gare. Malgré les protestations de la jeune psychologue, Sherlock se rattacha à l'avis de Vivianne et accepta d'être accompagné. Solange ne comprit pas, car être accompagné à la gare présentait le risque de griller leur couverture. Mais Sherlock savait que Vivianne voulait tester la véracité de leur « couple. » Tandis que Jonathan allait chercher la voiture, Sherlock murmura à Solange le plan de sa mère, et donc qu'ils devaient entrer dans son jeu. Il ajouta aussi que, de toute façon, tous les frais étaient pour Mycroft. Cette dernière phrase fit sourire la psychologue. En face d'eux, Pietra ne put s'empêcher de dire : « Faites ça dans un hôtel bon sang ! » et Solange rit davantage. Sherlock sourit et Vivianne leva les yeux au ciel. C'est à ce moment que Jonathan arriva avec la voiture qu'il gara proche des deux « amoureux. » Puis il mit les deux valises dans le coffre qu'il referma ensuite. La bonne humeur présente quelques secondes auparavant disparue, pour laisser place à un silence d'adieu qui faisait mal au cœur. Solange étreignit Pietra, qui lui susurra à l'oreille de faire la même chose avec sa mère. Mais comme à chaque fois, Solange fit simplement une bise sur la joue droite de celle qui l'avait mis au monde. Puis elle s'en alla rapidement. Sherlock fit la bise à Pietra, en n'omettant pas d'ajouter à quel point il était ravi de l'avoir rencontré, ce qui plut à Pietra qui lui retourna le compliment. Sherlock fit de même pour Vivianne, mais n'eut pas le même enthousiasme dans la réponse. Il rejoignit Solange qui était montée dans la voiture. Jonathan démarra.

Sur le trajet bien silencieux, Sherlock décida de lancer une discussion avec celle qui l'accompagnait.

« Ça m'a fait bizarre de rencontrer ta mère. Vous êtes si différente toutes les deux.

- En effet, je tiens de mon pè était un homme calme et adorable. Mais il n'avait pas vraiment le temps d'être avec moi.

- Pauvre enfant mal-aimée, ajouta Sherlock.

- Ne te moque pas ! Je n'ai pas été mal-aimée. J'ai juste été aimée par ma nourrice, pas par ma mère. C'est mieux que rien n'est-ce pas ? Par contre, je me demande bien pourquoi tu m'as fait cette réflexion …

- Oh que non Solange, tu ne m'aura pas. Tu n'oserais pas psychanalyser ton petit-ami quand même ? »

Sherlock avait terminé sa phrase sur un ton qui n'avait guère plu à Solange. Mais il fallait bien garder l'illusion de la chose, même devant Jonathan. Alors Solange ne répondit pas, fusilla du regard le détective, et tourna sa tête vers la fenêtre. Elle admira le paysage parisien qu'elle allait bientôt quitter. Une demi-heure plus tard, la voiture s'arrêta devant la gare du Nord, feux de détresse activés. Le détective, la psychologue et le cuisinier/chauffeur descendirent de la voiture. Jonathan ouvrit le coffre pour en sortir les valises. Sherlock l'aida, en tout bon « gentleman. » Puis le cuisinier referma le coffre et verrouilla la voiture. Son intention était claire : il désirait les accompagner sur le quai, et les voir partir avec le train. Solange lui dit que ce n'était pas nécessaire. Jonathan insista, et Sherlock l'invita à les suivre. Ils entrèrent donc dans cette grande gare, montèrent à l'étage qui permettait d'accéder aux Eurostar. Ils avancèrent le long de l'allée jusqu'à arriver aux bornes d'enregistrement. C'est à cette étape que le couple dû dire au revoir à Jonathan, car il ne pouvait pas aller plus loin. Le trio s'étreignit, puis Solange et Sherlock compostèrent leur ticket, avant de passer les bornes et de faire la queue pour que la police des frontières françaises valident leur identité. Et tout cela sous l'œil attentif du cuisinier. Il put faire un dernier signe d'au revoir au couple avant de les perdre de vue, et de repartir vers la voiture, et de rentrer chez sa et Sherlock passèrent ensemble les autres étapes avant d'avoir accès aux trains. Sherlock accompagna Solange jusqu'à son wagon, puis ils firent leur adieux : le détectiveirait prendre une chambre dans un hôtel, et allait attendre patiemment le retour de la psychologue.

Après des « au revoir » timides, Solange monta dans le train et alla s'asseoir à sa place. De là où elle était, elle ne pouvait voir le détective resté sur le quai. Elle ne l'a donc pas vu remonter le long du quai parisien, sortir de la gare et héler un taxi qui allait l'emmener vers un hôtel du dix-neuvième arrondissement de Paris. Ils allaient se retrouver dans six jours.

Solange arriva à Londres un peu plus de deux heures plus tard. Molly l'attendait sur le quai. Lorsque les deux meilleures amies se virent, elles ne purent s'empêcher de sourire d'un sourire si grand qu'on ne pouvait que deviner leur joie de se retrouver. Les voyageurs qui descendaient du train pouvaient penser que les deux amies ne s'étaient pas vues depuis plusieurs semaines. Or, elles s'étaient quittées à peine deux jours. Les colocataires sortirent de la gare, rejoignirent la voiture, la petite Mini qui, conduite par Molly Hooper, allait les ramener chez elle. Le soir même, Solange mit en route une machine afin de laver son linge, puis les deux amies commandèrent des pizzas afin de pouvoir manger tranquillement sans s'embêter et ainsi profiter de la présence de l'autre, et aussi afin de pouvoir se raconter le week-end qu'elles venaient de passer. Solange passa beaucoup de détails, notamment de la présence de Sherlock avec elle chez sa mère. La psychologue confia seulement son mal-être dans cette grande maison vide et froide qu'était l'habitat de sa mère. Elle ajouta qu'après tout, la maison était à l'image du caractère de sa mère, et qu'elle plaignait, encore, ses employés qui devaient vivre avec cet affreux personnage. Molly lui raconta son week-end plat et inintéressant qu'elle venait de passer, et elle dit à son amie oh combien le sien était palpitant. Solange comprit de suite l'ironie dans le timbre de la voix de Molly Hooper.

Après quelques secondes agréables de silence où les deux colocataires se regardèrent, la machine à laver sonna afin de signifier à la maisonnée qu'elle était terminée. Solange se dévoua, se leva, et alla étendre le linge – son linge. Les deux amies mangèrent ensuite – Molly s'était chargé d'ouvrir au livreur et de payer – puis elles mirent toute la vaisselle dans la machine révolutionnaire qui permettait de laver la vaisselle sans se fatiguer, ni perdre son temps. Elles s'installèrent ensuite confortablement dans le canapé, devant la télévision. Il était presque onze heures lorsqu'elles se décidèrent, après de multiples bâillements, d'aller se coucher. Solange passa sous la douche avant d'enfiler son pyjama et d'aller dans son lit.

Solange resta silencieuse plusieurs minutes dans son lit. Elle pensait. Elle pensait à ce qui allait se passer par la suite. Le lendemain, elle irait voir son patron, elle demanderait à prendre ses jours de congés qui lui restaient. Elle devrait aussi dire à Molly qu'elle allait devoir repartir, et pour un temps plus long. Elle n'allait pas être contente, la peur la faisant s'inquiéter. Solange allait devoir promettre de lui donner des nouvelles régulièrement. Solange s'inquiétait de la suite, car elle ne savait pas ce qui allait se passer, elle ne savait pas ce qu'avait prévu le détective. A cette pensée, elle se maudit intérieurement d'être si faible devant cet homme qu'elle considérait, à présent, comme son ami. Elle se demanda alors si elle ne commençait pas à avoir le béguin pour le grand brun. Puis elle se dit que ce n'était pas possible, car cet homme était loin d'être son type. Cela la rassura. Faire le bilan de son état intérieur lorsqu'elle était face au détective, lui fit comprendre qu'elle n'en était pas amoureuse, ce qui la se remémora tout ce dont elle devait faire, puis s'endormit.

Le réveil du lendemain fut légèrement difficile pour les filles. Comme tous les lundi matin d'ailleurs. Elles se levèrent malgré la chaleur du lit qui les poussait à rester, marchèrent d'un pas lent et las, comme la marche d'un zombie se promenant dans une ville déserte. Machinalement, les deux amies se dirigèrent vers la cuisine pour allumer la cafetière. Solange sortit du réfrigérateur le beurre, prit le pain et un couteau, et commença à découper et à beurrer son pain après s'être assisse sur une des chaises de la cuisine. Molly, elle, préféra un verre de jus d'orange, ainsi que du pain avec de la confiture. Puis elles s'habillèrent (Molly passa en seconde car elle devait prendre sa douche avant de s'habiller dans sa chambre), finirent de se préparer avant de sortir rejoindre la voiture.

Un peu moins d'une heure plus tard, Molly gara la voiture sur le parking de l'hôpital St Bartholomew. Elles se quittèrent à l'entrée du bâtiment : Solange devait monter au sixièmeétage alors que Molly se dirigeait vers le vestiaire des employés, afin de troquer son manteau et son écharpe contre sa blouse blanche de travail, et de descendre dans la morgue. Elles firent la promesse de se retrouver pour le déjeuner.

Solange était en charge du service psychiatrie toute la journée : elle allait devoir passer dans toutes les chambres afin de vérifier si tous les patients allaient bien. Dans le cas contraire, elle allait devoir rester avec le malade afin de faire une consultation. Un infirmier et un agent de la sécurité la suivrait durant son grand tour afin de la protéger dans le cas où un patient deviendrait trop violent. Avec ce programme, elle ne savait quand elle pourrait aller voir son patron. Elle avait une petite chance à la fin du service du matin, ou sinon à la pause déjeuner, au moment où tous les employés mangeaient ensemble. Mais cela avait toujours gêné Solange de déranger un supérieur durant son repas. C'est pour cela qu'elle ne l'avait jamais fait. Elle fit alors son service, qui dura plus longtemps que prévu à cause des patients qui demandaient à avoir une consultation. Elle finit son service à treize heures. Lorsqu'elle sortit de son bureau, elle regarda ses messages : elle en avait un de Molly.

Molly Hooper finit son service du matin vers midi trente. Elle enleva sa tenue avant de sortir de la morgue, ne gardant sur elle que ses vêtements quotidiens et sa blouse blanche. Elle monta directement au réfectoire pour y retrouver Solange qui devait l'attendre. En arrivant au rez-de-chaussée, elle ne vit pas son amie à l'endroit habituel, celui où elles se rejoignaient tout le temps. Alors elle attendit. Sauf qu'au bout de vingt minutes, Solange n'était toujours pas arrivée. La légiste préféra aller manger, car elle n'avait pas beaucoup de temps. Elle envoya un message à son amie pour lui dire qu'elle mangeait et où elle s'était installée. Elle venait de commencer entamait son dessert lorsqu'elle vit Solange arriver, qui prenait un plateau afin de choisir son repas et de payer. La psychologue s'installa à la table de son amie et s'excusa mille fois. Molly lui demanda alors quel était le motif de son retard. Solange lui expliqua alors qu'elle avait du appliquer une thérapie a plus de patients que prévu, d'où son retard.

Quelques minutes plus tard, Molly quitta son amie car elle devait reprendre le travail. Solange se retrouva seule au réfectoire, finissant son yaourt avant de croquer dans sa pomme : elle prit son temps car elle ne reprenait qu'à quatorze heures. Elle irait voir son patron pour poser ses congés par la suite.

Il était deux heures moins vingt quand Solange prit l'ascenseur afin d'accéder au dernier étage, réservé aux bureaux des patrons des différents services de l'hôpital. Elle s'approcha alors de celui de Jonathan Fisher, puis toqua. Trois coups. Elle n'eût aucune réponse. Elle attendit alors quelques minutes avant de voir son patron arriver avec un de ses collègues. Il remarqua alors la psychologue attendant devant sa porte. Il quitta alors son collègue et ouvra la porte de son bureau. Il y fit entrer Solange, puis la suivit avant de refermer la porte, de se diriger vers son bureau, de s'asseoir et de lever les yeux vers la psychologue. Elle s'était avancée, mais ne s'était pas assise. Elle avait plus confiance en restant debout. Elle lui demanda alors pour poser ses congés. Son patron la regarda, puis alluma son ordinateur, mis en veille avant de partir déjeuner à la cafétéria. Il tapa quelque chose sur son clavier, avant de s'arrêter et de lever les yeux vers la psychologue. Durant quelques secondes, Jonathan Fisher ne laissa rien paraître de ce qu'il en pensait. Puis il ouvrit la bouche, et répondit à Solange, impatiente.

« Je vous accorde vos congés. Il vous reste sept jours à prendre, comme je vous le disais la dernière fois. A partir de quand voulez-vous les prendre ?

- Du lundi 19 décembre au vendredi 23 décembre s'il-vous-plaît.

- Attendez que je regarde si c'est possible. Comme ce sont les périodes de fêtes, vos collègues ont déjà posé des dates. Je dois aussi entrer dans mon quota obligatoire de nombre minimum d'employés en service. Et comme vous êtes chanceuse à un point inimaginable, vous avez la possibilité de poser des congés à ces dates. Et c'est noté, enregistré et validé ! Il faudra juste repasser me voir dans la semaine afin de signer les papiers. »

Toute la scène s'était passée rapidement. Jonathan Fisher agissait en commentant ce qu'il faisait, pour que Solange puisse suivre à ce moment-là. Lorsqu'il lui annonça qu'elle avait ses congés, Solange sourit de toutes se dents, le remercia mille fois, prit la feuille que son patron lui tendait, et qui rendait officiels ses congés, puis quitta le bureau. Avant de refermer la porte, elle remercia de nouveau son patron. Intérieurement, elle se dit qu'elle lui offrirait un cadeau pour Noël.

Lorsque la psychologue arriva à l'étage de son service, elle prit les dossiers que lui tendit la standardiste. Ceux-ci concernaient les patients de l'étage qu'elle n'avait pas encore eu l'occasion de voir la matinée. Elle se dirigea vers son bureau, pensant avoir le temps d'entrer et de consulter rapidement le dossier des premiers patients. Malheureusement pour elle, l'agent de sécurité chargé de sa protection arriva alors que la porte de son bureau n'avait pas été ouverte. Il fut suivit par un infirmier. Le tour de l'après-midi pouvait après-midi fut plus calme que la matinée : sans encombre, avec peu de patients qui voulaient discuter. Elle termina sa journée peu après dix-sept heures. Ayant du temps, elle pu ajouter quelques commentaires dans tous les dossiers, avant de les déposer au standard du service. Il était dix-huit heures passé lorsque Solange arriva auprès de Molly, qui l'attendait devant la voiture. La première chose que la petite brune demanda à son amie concernait les congés. Solange lui annonça alors qu'ils avaient été acceptés. Molly fut plus que ravie de cette nouvelle, car son amie ne sera pas seule pour les fêtes de Noël (Molly aurait bien proposé à Solange de venir avec elle, mais ses parents ne l'appréciaient pas, de même que sa profession). Et puis, cette occasion allait peut-être signer le début d'une réconciliation entre les deux femmes, après des années de disputes et d'ignorance.

Les deux amies rentrèrent donc dans une bonne humeur qui cachait, pour le cas de Solange, une inquiétude et une culpabilité envers sa meilleure amie.

Le trajet du retour avait été long : les files de voiture avançaient au ralenti à cause des travaux et des embouteillages du soir, causés par le retour chez eux de tous les travailleurs. Il était dans les environs de dix-neuf heures trente lorsque les deux colocataires franchirent le palier de leur appartement fatiguées et énervées –surtout Solange. Ce soir-là, elle n'alla pas courir, mais elle aida Molly à faire à manger. Après avoir dégusté le diner et rangé la vaisselle, les deux amies s'installèrent dans le canapé afin de se retrouver et discuter, comme elles avaient l'habitude de faire quelques fois. Quand la nuit été déjà bien avancée, elles se séparèrent : Solange partit se doucher, et Molly se dirigea vers sa chambre afin d'enfiler son pyjama et de se faufiler sous sa couverture. Elle s'endormit rapidement. Mais avant de tomber dans les bras de Morphée, elle revoyait sa journée, et fut prit d'un doute en elle-même : un jour ou l'autre, elle allait lui céder.

Solange profita de la chaleur de l'eau pour faire une rétrospective sur sa journée, et sur elle-même. Elle avait eu ses congés : elle allait donc pouvoir partir avec Sherlock et sa mère. Mais elle ne savait pas ce qu'il allait se passer, comment tout allait se dérouler, et cela l'effrayait légèrement. Elle espérait seulement que tout se passerait bien. Et puis il y avait Molly : elle se sentait coupable de lui mentir ainsi, et aussi facilement, alors qu'elles étaient meilleures amies et qu'elles s'étaient dit qu'elles ne se cacheraient rien. Puis, après un court moment de silence intérieur, elle se dit qu'elle allait devoir acheter des cadeaux, pour rendre le mensonge encore plus parfait. Faire une liste des membres concernés par son mensonge était à faire.

Elle sortit de la douche une dizaine de minutes plus tard, s'essuya, et se mit en pyjama. Puis elle sortit de la salle de bain afin de se diriger vers sa chambre où elle travaillerait quelques minutes avant de s'endormir. Avant d'entrer dans son lit froid, elle envoya un mail à sa mère pour la prévenir de son arrivée le week-end. Elle ajouta que Paul serait là aussi, pour garder actif l'illusion du couple. C'est en pensant à « Paul » - donc à Sherlock - qu'elle se demanda comment celui-ci allait savoir à propos de ses congés, s'ils avaient été acceptés ou non. Et puis, comment le « couple » allait-il se retrouver ? Sherlock avait-il été dans le même hôtel que la dernière fois ? Solange commença alors à se poser plein de questions car, au final, elle ne savait pas grand-chose de ce qui allait se passer. Sur ces interrogations, elle s'endormit.

Les deux amies vécurent les deux jours suivants comme une routine, comme tous les autres jours. Le mardi soir, en consultant ses mails, Solange remarqua qu'elle avait eu une réponse de sa mère suite au mail de la veille. Elle avait repoussé son départ et elle les , le jeudi soir, Molly décida de s'ouvrir un peu plus à sa meilleure amie, ne pouvant plus lui cacher son ressentit sur une affaire importante.

Elles étaient toutes les deux installées dans le canapé de l'appartement lorsque Molly se tourna vers son amie et la fixa. Solange, sentant le regard de la brune sur elle, se tourna et dévisagea celle-ci. Quelques secondes de silence s'installèrent avant que Molly ne prenne la parole.

« J'ai besoin de tes conseils sur un sujet important, commença-t-elle.

- Oui ? Répondit Solange, intérieurement impatiente de connaître la suite.

- Tu te souviens de ma chef ?

- Celle qui va bientôt partir à la retraite ? Oui, je m'en souviens. C'est une femme très professionnelle et adorable. Elle a un mari qui aime la pêche il me semble. Elle n'a pas une maison au nord de l'Ecosse ?

- Euh … Je ne sais pas vraiment, répondit Molly, confuse et surprise que son amie connaisse autant de choses sur une femme qu'elle n'avait, peut-être, rencontré qu'une fois. Mais ce doit-être elle car elle part bientôt à la retraite, reprit Molly. Elle m'a de nouveau demandé de prendre sa place à la morgue. Mais cette fois-ci, elle m'a donné un délai de réflexion. Elle était très sérieuse lorsqu'elle m'en a parlé la semaine dernière. Elle m'a demandé une réponse pour le retour de ses congés de la nouvelle année. Et je voulais avoir ton avis, car je ne sais pas quoi faire.

- … Molly, nous en avons déjà parlé n'est-ce pas ? Demanda Solange. Je reste sur mes positions : accepte ! C'est une super opportunité, et tu es assez qualifié et expérimenté pour être chef de la morgue. Tu auras sûrement des difficultés au début afin de gérer ton équipe, et tu auras du mal à t'adapter au changement de rythme de travail – et de pourcentage de travail aussi – mais tu es totalement capable de le faire. Tu mérites cette promotion, alors saisis ta chance ! »

Solange s'était surprise elle-même par ce discours encourageant et inspirant fait à son amie. Et apparemment, les mots avaient touchés Molly, car son ami eut les larmes aux yeux. Puis elle sourit, prit confiance et annonça à son amie que le lendemain, elle irait voir son chef et elle accepterait sa proposition. Les deux amies se sourirent mutuellement, et Solange annonça à son amie qu'elle devait faire sa valise avant de travailler un peu avant de s'endormir. Molly n'émit pas d'objection, puis laissa la psychologue se lever du canapé et se diriger vers la salle de bain afin de prendre sa douche. Molly se retourna alors vers la télévision afin de regarder la fin du film du soir, dont elle avait loupé la moitié.

Solange avait décidé de quitter le salon afin de se doucher puis de travailler sur les dossiers du lendemain. La vérité est qu'elle ne supportait plus la situation dans laquelle elle s'était mise : elle ne supportait plus de devoir cacher la vérité à Molly. Mais elle le devait, pour Sherlock. Le stress avait envahi son être et elle avait de plus en plus de mal à gérer ses émotions. Elle profita d'être sous l'eau chaude de la douche pour laisser couler ses larmes de frustration, et pour faire le point. Le lendemain, elle rejoindrait son ami pour participer à une mission. Elle avait peur que quelque chose se passe mal, et que deux de ses proches soient blessés, de quelque façon que ce soit. Elle essaya de se calmer, enfila son pyjama et se dirigea vers sa chambre, après être sortit de la salle de bain. Elle prépara sa valise pour deux semaines, puis relu quelques dossiers avant d'aller se coucher. Solange ne pensa pas à grand-chose durant sa phase d'endormissement. Elle se rappela de ne pas oublier le cadeau de Molly à mettre sous le sapin le lendemain matin. Puis, comme un éclair, elle se dit que cela faisait plusieurs semaines qu'elle n'avait pas couru le soir. Puis elle s'endormit.

Solange avait passé une mauvaise nuit. Certes, elle s'était endormit rapidement. Mais elle avait cauchemardé. Elle s'était imaginé son père, revenant et l'accusant de torts qu'elle n'avait pas fait – comme par exemple avoir causé la mort de sa mère, ou encore son incapacité à la protéger et à le sauver. Solange savait que ces torts étaient apparus dans son rêve car c'était ce qu'elle ressentait en elle-même. C'est ainsi qu'elle passa une mauvaise nuit. En se levant difficilement, elle se dit qu'elle allait devoir boire beaucoup de café durant la journée.

A l'inverse de sa colocataire, Molly avait très bien dormit. Elle s'était alléger d'un poids la veille en demandant conseil à son amie. Lorsque son réveil avait sonné, Molly n'avait pas hésité à se lever et à l'éteindre, puis alla se préparer. Elle fut la première habillée, et elle décida alors de préparer le petit déjeuner. Solange la rejoignit dans la cuisine dix minutes plus tard, habillée mais en zombie. Sa meilleure amie, inquiète, lui demanda alors ce qu'il lui était arrivé pour qu'elle ait une si affreuse tête. Solange lui répondit qu'elle avait mal dormit, et qu'elle s'était couché tard afin de faire sa valise et de préparer sa journée. Elles prirent leur petit-déjeuner en silence, puis Molly se dirigea vers la salle de bain afin de finir de se préparer, tandis que Solange, un peu plus réveillée, débarrassa la table et rangea. Elle se prépara un thermos de café, qu'elle posa sur le bureau de sa chambre, à côté de sa valise et de son sac qu'elle devait terminer. Lorsque cela fut fait, elle sortit toutes ses affaires de sa chambre, et les posa près de la porte d'entrée. Elle attendit que sa meilleure amie sorte de la salle de bain pour y aller et se laver les dents. Lorsque les deux amies furent prêtes, elles sortirent de l'appartement. Solange, sac sur son épaule et thermos dans la main – Molly avait pris la valise – referma la porte. Mais avant qu'elle le soit totalement, la psychologue jeta un regard dans l'appartement, ses yeux emplis d'une légère tristesse, et d'espoir de revoir le lieu rapidement. S'apercevant de son oubli, elle rentra rapidement dans l'appartement, prit son cadeau pour Molly et le déposa au pied du sapin que les deux amies avaient fait quelques semaines auparavant. Puis la psychologue ferma la porte à clés et descendit les escaliers avant de quitter l'immeuble. Elle monta dans la voiture : Molly avait mis la valise dans le coffre, et l'attendait au volant. Solange s'installa à la place du mort, vérifia qu'elle avait bien tout le nécessaire pour son voyage – elle avait pensé à imprimer son billet de train la veille. Une fois la vérification terminée, Molly alluma le moteur et prit la route en direction de l'hôpital.

Molly se gara à un emplacement proche de la porte d'entrée, puis les deux amies sortirent de la voiture et se dirigèrent vers le hall afin de se séparer et de rejoindre leur propre service. Solange rappela à son amie qu'elle devait parler à son patron, et accepter sa proposition. Molly lui répondit qu'elle n'y manquerait pas, et se dirigea vers les vestiaires pour se changer, avant de descendre à la morgue. Solange, elle, se dirigea vers l'ascenseur afin de monter à l'étage de son service. Arrivée à son bureau, elle posa ses affaires et ressortit pour aller chercher les dossiers des patients à l'accueil. Elle les consulta rapidement, puis suivit l'agent de sécurité et l'infirmier afin de commencer son tour du service, comme elle l'avait fait plus tôt dans la semaine.

Les amies se rejoignirent pour la pause déjeuner – cette fois-ci, Solange avait été à l'heure – et Molly raconta à son amie la discussion qu'elle avait eu avec son chef. Selon la légiste, sa patronne n'avait jamais autant sourit de toute sa vie. Elleétait ravie de la décision de la jeune femme.

Après le déjeuner, les filles rejoignirent leur lieu de travail afin de finir la journée. Pour Solange, c'était son dernier jour avant de partir en vacances. Pour Molly, c'était son dernier jour avant le week-end.

Lorsque la journée de travail arriva à son terme, Solange ferma correctement son bureau à clés. Puis elle déposa son jeu de clés à l'accueil, précisant à Samantha – la jeune femme chargée de tenir l'accueil du service – qu'elle partait en vacances. Celle-ci souhaita à la psychologue de bonnes vacances, puis rangea les clés sur le tableau. Solange prit l'ascenseur pour descendre au rez-de-chaussée. Elle souhaita de bonnes vacances à Nancy, l'employée de l'accueil du rez-de-chaussée, avant de s'engouffrer dans le froid de l'extérieur. Elle attendit Molly, qui arriva quelques minutes plus tard. Elles montèrent dans la voiture – Molly conduisait – et prirent la route vers la gare de King's Cross.

Molly prit du temps pour trouver une place, mais elle en trouva finalement une après de maintes recherches. Elle se gara, puis les deux amies sortirent de la voiture. Solange alla chercher sa valise dans le coffre. Molly ferma le véhicule à clés.

Les meilleures amies entrèrent dans la grande gare de Londres, où le monde commençait à s'accumuler. Elles regardèrent les panneaux sur le mur afin de trouver le train de Solange. Quand elles le trouvèrent, après avoir vérifié le numéro du train sur le billet imprimé de Solange, les deux amies se dirigèrent au plus près du quai de départ du train. Elles restèrent quelques minutes à se parler. Puis l'heure du départ arriva. Solange prit dans ses bras sa meilleure amie, et la garda près d'elle pendant plusieurs minutes. Lorsqu'elle s'écarta, Molly lui souriait, puis elle ajouta que tout irait bien, qu'il y avait Pietra. C'est vrai, il y avait Pietra. Il n'y avait toujours eu que Pietra. Solange annonça que son cadeau l'attendait au pied du sapin, et Molly ajouta que le sien l'y attendrait à son retour. Solange sourit, cachant sa peur de ne pas revenir. Puis Solange valida son billet, et entra sur le quai. Elle se retourna une dernière fois, vit son amie de l'autre côté de la borne, et lui fit un grand au revoir. Molly le lui rendit, puis Solange se retourna et se dirigea vers son wagon. Durant sa marche le long du quai, elle repensa à Sherlock : elle ne savait toujours pas comment elle allait pouvoir le contacter. Cela l'effrayait.

Le train partit une trentaine de minutes plus tard. Molly attendit le départ pour quitter la gare, retrouver sa voiture et rentrer chez elle. Elle mangerait japonais ce soir. Ça fait bien longtemps qu'elle n'en avait pas mangé.

Solange arriva à la gare du Nord environ deux heures après son départ de Londres. Elle attendit que les autres passagers descendent du train pour sortir sa valise et descendre à son tour. Elle remonta le quai. Et c'est là qu'elle le vit.

Sherlock. Il était là, il l'attendait. Il l'a regardait, souriant lorsqu'il la vit. Plus elle remontait le quai, plus il souriait. « Cet enfoiré est vraiment bon ! » pensa Solange. Puis elle arriva à sa hauteur, et Sherlock du courber la tête afin de la regarder.

« J'étais sûr que tu viendrais.

- Comment tu pouvais en être aussi sûr ? Moi-même je ne l'étais pas !

- … Bon d'accord, Mycroft surveille ce que tu fais sur ton ordinateur. C'est comme ça qu'il a su pour ton billet de train, avec les horaires et le train. Il sait aussi que nous allons voir ta mère demain. Il m'a transmis toutes les informations. Il a aussi ajouté que c'était le dernier échange que nous avions tous les deux. Prête à rejouer l'amoureuse ?

- … Et après ton frère ose dire qu'il n'est pas le gouvernement britannique. Non mais j'te jure la famille Holmes ...

- Tu serais ravie de rencontrer mes parents, beaucoup plus normaux malheureusement.

- Tes parents sont normaux ?! Bon sang ! répondit Solange, plus que surprise par cette nouvelle découverte. Elle reprit : Bon, allons-y, chéri. »

Pour reprendre l'illusion qu'ils étaient en couple, Solange fit une bise sur la joue du détective, qui prit la valise et qui se dirigea vers l'extérieur de la gare. Solange était à sa droite. Et pendant qu'ils sortaient de la gare, Sherlock expliqua à la psychologue qu'il avait réussit à trouver une chambre simple et agréable dans un hôtel du dix-neuvième arrondissement. Ils prirent un taxi qui les emmena à l'hôtel. Lorsqu'ils arrivèrent dans la chambre, Solange posa ses affaires. Puis ils repartirent manger dans un restaurant proche. Le repas fut silencieux, puis le couple rentra à l'hôtel. Après s'être déshabillés, lavé pour le cas de Solange, et s'être mis en pyjama, ils se glissèrent sous la couverture chaude du lit – Sherlock avait créé une barrière au milieu avec le traversin afin de définir leur espace pour dormir. Solange rigola intérieurement, puis elle se glissa à son tour sous la couverture et souhaita une bonne nuit à celui qu'elle considérait à présent comme son ami. Il lui souhaita à son tour bonne nuit.

Solange fit alors un récapitulatif de sa soirée : elle n'avait pas beaucoup parlé avec Sherlock depuis son arrivée. Elle ne savait pas quoi en penser. Puis, elle se dit que ça y était, que tout allait commencer, que leur plan allait se mettre en marche. Pour le meilleur, et pour le pire.