Pov Harry
Je venais d'enlever Ange des mains de Malefoy. Il commençait sérieusement à m'énerver le blondinet ! Tourner autour d'Ange, constamment, me rendait réellement dingue et irritable. Je savais en plus que c'était le but du Serpentard, mais Ange tombait encore et toujours dans le panneau. Elle était trop fragile, loin de ressembler à Hermione qui était une femme bien plus forte qu'elle émotionnellement. Je me suis tourné vers lui avec un sourire, pour l'agacé beaucoup plus que je ne l'étais moi-même… même si quelque part, la raison de ma propre colère m'échappait. Nous sommes arrivés, Ange et moi, prêt d'Hermione et Ron qui riaient aux éclats en écoutant des blagues douteuses de Seamus et Dean.
Hermione s'est tourné vers nous. Elle avait vu Ange approché Malefoy quelques instants plus tôt et m'avait demandé de ne pas faire de vagues. Selon elle, je pourrais faire du mal à Ange. Et vu le regard de ma meilleure amie sur moi, c'était peut-être ce que j'avais fait. J'ai jeté un coup d'œil à Ange, qui avait l'air ailleurs.
« Ben alors Ange, tu en fais une drôle de tête ! » s'est exclamé Dean. Cette remarque à attirer tous les regards du groupe sur Ange. Elle n'a pas répondu. A la place, elle a haussé les épaules et à manger des framboises qui étaient au creux de sa main, puis s'est mise contre le mur fixant un point devant elle. L'ambiance bon enfant s'est aussitôt alourdit. Hermione m'a jeté un regard noir pour confirmer mes doutes : j'étais le responsable de la petite mine d'Ange.
« Hum hum.. et bien, si nous allions boire un verre ? Ange tu viens ? » je lui ai timidement jeté un coup d'œil, mais celle-ci refusait de me regarder. J'ai alors fait glisser ma main sur son visage comme je l'aurais fait avec une enfant, pour la réconforter.
« Oui… je vous rejoins. » m'a-t-elle lancé avec lassitude. J'ai soupiré face à son attitude, même si je savais que j'en étais le seul responsable. J'avais du allé un peu loin. Elle et moi avions tendance à avoir un rapport tantôt cordial, tantôt électrique. Je suis allé me chercher un verre et j'ai croisé quelques Gryffondors au passage, avec lesquels j'ai pris le temps de discuter pendant quelques minutes. Je pensais que Ange était avec Ron et Hermione, et je me trompais lourdement. C'est à ce moment-là, que c'est arrivé.
Ca a commencé par un grincement de porte auquel nul d'entre nous n'a prêté attention. En revanche, les sifflements et autres exclamations des élèves ont perturbés notre discussion nous forçant à nous retourner vers la porte d'entrée. Je n'ai pas très bien compris au tout départ ce qui faisait applaudir certains élèves de Serdaigle. Les Gryffondors et les Serpentards en revanche restaient fixes et muets, une mine consternée devant ce qu'ils voyaient.
« Mais… mais c'est Ange et Malefoy ?! » s'exclamait Ron en se tenant le front. Hermione lui a tapé le bras.
« C'est bon Ron, nous l'avons tous vu. Et ce n'est pas la peine d'en faire toute une histoire. »
Je les écoutais à peine. Je venais de voir ce qui avait interrompu le brouhaha de la salle. Voir Malefoy prendre le visage d'Ange dans ses mains… voir Ange tenir les bras de Malefoy… l'un contre l'autre, ignorant le reste du monde. Je n'ai jamais autant serré les poings de ma vie. Malefoy s'est détaché d'Ange puis lui à encercler les épaules pour l'emmener plus loin dans les couloirs. Je me suis tourné vers Hermione.
« Si il y a une histoire, elle vient d'Ange. » Hermione à froncer les sourcils face à mon discours. Ginny à profiter de ce moment de tempête pour s'incruster dans le groupe.
« Harry, arrête. La seule histoire qu'il y aie, c'est entre toi et Malefoy. Elle n'y est pour rien. »
« Tu plaisantes Hermione ? Malgré tout ce qu'il lui a fait subir, elle retombe dans le panneau encore une fois et se moque de nous en passant ! »
« Elle ne se moque de personne, Harry ! Ce qu'il se passe entre eux, ne regarde qu'eux ! Et si cela ne te plait pas, tu tournes la tête mais arrête de vouloir forcer Ange à penser comme toi. Même si tous les Gryffondors nous détestons Malefoy, Ange lui a trouvé quelque chose qui soit assez bon et pur pour qu'elle puisse ressentir quelque chose pour lui. Et cette chose nous échappe alors donnons leur une chance de nous prouver que l'on se trompe sur le compte de Malefoy. On parle d'Ange Fire, la fille la plus respectable que je connaisse dans cette école. Et si elle peut apporter un peu de paix entre les deux maisons alors je serais la première personne à la remercier. » Hermione me passait un savon devant tout le monde, et contrairement à l'effet qu'elle souhaitait je m'énervais encore plus.
« Quelque chose de bon et pur ? Ahahah ! On aura tout vu, on parle de l'autre blondinet Hermione ! Il ne se passe rien entre eux, c'est Malefoy qui la manipule !»
Ginny s'était placé derrière moi et appuyait mes propos par des petits mouvements de tête.
« Tu as bien vu comme ils se dévorent du regard depuis qu'elle est arrivée Harry ! Crois-moi, je pense que le petit jeu de Malefoy l'a dépassé ! Ce n'est plus de la manipulation, il se passe réellement quelque chose entre eux. » m'a lancé Hermione.
« Elle a raison. »
J'allais répliquer, mais Parkinson venait de me couper la parole. Elle avait les yeux rougis et bouffis, le maquillage dégoulinant sur ses joues. Elle me faisait presque de la peine dans sa robe verte et trop gonflée à mon goût.
« Mais sachez-tous une chose. Je sais que Dray se trompe sur son compte, et je ferais tout pour briser ce couple, vous ramasserez votre Gryffondor à la petite cuillère. »
« Garde tes menaces Parkinson, tu es juste rongé par la jalousie ! »
Dean venait de s'interposer. Pansy à éclaté d'un rire dénué d'humour.
« Vous êtes pitoyable. Une des vôtres flash sur un ennemi, et vous la défendez toujours ! Attendez et vous verrez, elle va vous trahir cette conne. Je vais m'assurer personnellement de la misère de Fire, comptez sur moi !»
Paff.
A peine avait-elle terminer ses mots qu'Hermione à giflé Pansy devant toute l'assemblée. C'était la première fois que je voyais Hermione utilisé la violence pour se faire entendre. Surtout la première fois depuis son admission à Poudlard – après son coup de poing mémorable sur Malefoy en troisième année- qu'elle utilisait la violence pour défendre une amie.
Pansy à voulu répliquer, mais Blaise l'a ceinturé en titubant.
« Tout doux Parky chérie, on ne va pas faire de bruit, sinon les professeurs vont débarquer, hein ? » Il sentait l'alcool en plein nez et ses yeux brillaient trop pour nous faire croire qu'il était sobre. Il n'a pas pu retenir Parkinson bien longtemps, celle-ci s'est dégagé d'un coup d'épaule et à foncer sur Hermione, et tentait de l'étrangler sous les yeux de tous.
« HERMIONE ! » Ron hurlait, et avant que l'on ai pu réagir, Crabbe et Goyle nous ont bloqué pour qu'on ne puisse intervenir. Alors que je pensais qu'Hermione allait se faire tabasser par Parkinson sous nos yeux sans que l'on ne puisse faire quoi que ce soit, un éclair rose poudré à foncer sur Parkinson, arrivant de nulle part. C'était Ange.
Elle a donné un léger coup de pied derrière le genou de Parkinson pour la déséquilibré, lui a saisi le bras en le laissant tendu lorsqu'elle tombait par terre et s'est assise sur elle, le genou contre son épaule et lui tordait le poignet. La Serpentard ne pouvait plus bouger. En quelques secondes, Ange avait maitrisé la brune. Il n'y avait aucune violence dans les gestes de la Gryffondor, ils étaient juste méthodiques pour neutralisé une menace, administrés avec sang froid et calme. Malefoy était juste derrière elle, sa baguette pointée sur moi. Je n'arrivais plus à réfléchir.
« Espèce de lâche Malefoy ! Tu attends qu'on soit bloqué pour nous attaquer, comme d'habitude ! » je lui hurlais dessus. Il a roulé des yeux en soupirant.
« Ferme-là Potter, ce n'est pas toi que je menace ! Crabbe, Goyle, dégagez de là. Si je vous vois encore dans trente secondes dans la salle, je vous massacre. »
Je suis resté sur le cul. Les deux imbéciles de chez Serpentard sont partit aussi vite qu'ils nous avaient ceinturé Ron et moi. C'est à ce moment-là que Ron et moi avons remarqué qu'Hermione était à genoux, en train de se masser le cou. Ron est allé prêt d'elle, l'aidé à se relever. Moi je ressentais une profonde culpabilité. Elle avais gifler Parkinson sous la colère, colère que j'avais provoquer.
« Viens Mione, je t'emmène à l'infirmerie. » Ron et Hermione sont passés devant Parkinson et Ange.
« Merci… merci Ange… » a murmuré Hermione, la voix brisée.
Ange, elle, le regard sombre était toujours sur Parkinson et ne semblait pas décidé à la relâcher. Malefoy est arrivé devant elles, puis à tendu la main vers Ange.
« C'est bon, relâche la. » lui a-t-il dit d'un ton qui m'écœurait.
La Gryffondor s'est redressé quand Parkinson à éclater en sanglot, et elle est aller auprès de Malefoy, sous mes yeux stupéfaits. Parkinson s'est redressé et est sorti de la salle en courant. Ange s'est tourné vers moi.
« Ca va Harry ? »
Je ne lui ai rien répondu, trop choqué par ce qu'il venait de se passer. Je venais de comprendre les paroles d'Hermione. J'avais tord à mon plus grand regret. Il se passait réellement quelque chose entre les deux en face de moi, j'étais juste trop têtu pour le reconnaitre. Mon cerveau allait à vive allure, trop vive allure pour que je réfléchisse à ce que j'allais dire. Trop vite pour que je mesure mes paroles.
« Ca allait, avant que tu rentres dans ma vie. »
Elle m'a regardé avec ses yeux vairons d'une façon indescriptible. Ses yeux ont briller comme tout à l'heure prêt de la fontaine d'alcool. J'ai vu ses mâchoires se crispés et le moindre détails des réactions de son corps face à mon attaque verbal. Elle perdait le contrôle en elle-même, mais faisait tout pour que cela ne se voit pas. J'ai jeté un coup d'œil sur Malefoy qui me regardait d'un air sombre, les sourcils légèrement relevé.
« Ne fais pas le choqué Malefoy, tu es bien plus fort que moi pour blesser les gens ! C'est de ta faute tout ce qu'il se passe !»
Je ne l'ai pas laissé répliquer. A la place j'ai laisser tous mes camarades Gryffondor sur place et j'ai filer droit à la sortie, une rousse à mes talons.
Pov Ange
Le bal était terminé bien assez tôt. En faites, Dumbledore était intervenu et nous avait tous viré de la salle. Il était déçu du comportement des élèves… mais en même temps, ne jouait-il pas avec le feu en laissant Harry et Drago dans la même pièce sans surveillance ? Il nous avait promis une sentence exemplaire à la rentrée et connaissant Dumbledore grâce aux récits de mes parents, je savais qu'il ne manquait pas d'imagination et que nous devions redouter le pire.
Nous devions rejoindre nos maisons Drago et moi, et nous marchions en silence dans un couloir qui était la dernière étape commune de notre petite marche. Le seul bruit était celui de mes talons claquant sur la pierre. Puis silencieusement, Drago à prit mes mains et m'a fait arrêter.
« Je n'ai pas envie de te laisser. » J'ai levé les yeux sur lui en sentant la chaleur de ses doigts se répandre dans mes paumes. J'ai lu dans son regard l'inquiétude mêlée à une pointe d'amertume. Amertume que je partageais. Demain matin et pour deux semaines, nous serons éloignés l'un de l'autre. Un pays entier nous séparera. Lui en Angleterre, moi en France. Nous avions mis des semaines à enfin nous comprendre et affirmer nos sentiments l'un à l'autre et dès demain il faudrait se contenter de souvenirs pendant quinze jours… quelques lettres peut-être. Ce qui était déjà pas mal, j'avais l'habitude de vivre loin des personnes qui comptaient le plus pour moi. Mes parents en premières lignes.
C'était la première phrase qu'il me disait depuis l'évènement de la salle de bal. Je regardais ses yeux bleus qui s'assombrissaient depuis qu'il avait « parler » à Harry.
« Moi non plus. Mais nous devons. Demain nous… » Je n'ai rien dit de plus car quelque chose attirait mon attention sur ma gauche, dans l'ombre. A côté de nous, dans la roche se dessinait une forme. Comme le ferait un enfant qui dessine les contour de sa main. Le dessin a prit de plus en plus de forme, une forme de porte. Et j'ai compris de quoi me parlais mon père.
« C'est… la salle sur demande ? » demandais-je à Drago. Il m'a souri légèrement pour toute réponse.
« Ouvre la porte, Ange. » Ce que j'ai fait. Et je n'ai pas regretté. A l'intérieur se trouvait une pièce magnifique. Tout semblait tellement réel, tellement intact. Je savais que c'était de la magie, mais de savoir qu'un pareil décor sortait de l'imagination de Drago… ! J'ai compris qu'il avait dû bénéficier de quelques privilèges au sein de sa famille. Malgré d'avoir un père quelque peu étrange.
En faites, on aurait dit une chambre d'hôtel de luxe. D'abord, première chose, de la moquette recouvrait le sol. Partout. Une petite entrée laissait voir un salon spacieux avec canapé et fauteuils, table basse qui présentait des confiseries et boissons en tout genre, et dans un coin, un vase énorme qui sublimait des fleurs magnifiques. Puis il y avait une pièce plus loin, plus précisément une immense salle de bain avec douche et baignoire, remplit de produits de beauté, avec des peignoirs et chaussons. Et plus loin une chambre immense avec un lit qui pouvait contenir une centaine d'Ange Fire au moins. De voir un lit dans un endroit où semble t-il je passerais la nuit avec le prince des Serpentard me donnait mal au ventre. Je ne sais pas s'il savait que j'étais novice en relation plus qu'amical et que la vue d'objets pouvant pousser l'imagination des garçons les plus entreprenant me bloquais plus qu'autre chose. Il mettait la barre un peu haute pour une première soirée officielle.
« Tu veux boire quelque chose ? »
Il m'a fait sursauter. Je me suis tournée vers lui pour découvrir qu'il tenait dans sa main un verre d'eau.
« Euh, non merci. » Il a dû sentir dans ma voix une pointe d'anxiété car il n'a pas insisté et est allé dans le salon. Je l'ai suivi après m'être donner un air de reproche en me regardant dans un miroir. Allez Ange, on se détend. Tu as seize ans bon sang, plus rien ne devrait te faire peur.
Je me suis assise à côté de lui, il m'a souri.
« Malgré tout, tu as aimé ta soirée ? »
Difficile de répondre quand vous venez d'apprendre par la bouche de votre ami que vous étiez sa plus grosse erreur dans la vie. Mais si l'on mettait la colère d'Harry de côté, on pouvait dire oui.
« C'était une très belle soirée Drago. »
Il a ri. « Oui, on a bousillé un bal ! C'était marrant on devrait le faire plus souvent. » A mon tour de rire.
« Oui, surtout pour revoir la tête de Dumbledore quand il a passé la tête dans l'encadrement de porte et que Blaise à vomi sur la piste de danse. C'était quoi, la cinquième fois de la soirée qu'il vomissait ? »
« Sizième. C'est un porc, il ne sait pas se tenir. »
« Hum c'est vrai.. »
« Et très impressionnant ta petite démonstration avec Pansy. Ou as-tu appris tout ça ? »
« Oh… tu sais, avec des parents aurors, tu apprends à te défendre ! »
Te défendre des attaques imprévues. Des kidnappings. Des assassinats. Des mangemorts.
Drago n'a pas répondu à ça. Il a eu une drôle de moue pendant quelques tous petits instants, presque imperceptible. J'ai mis ça sur le compte de la fatigue. Il m'a souri au bout d'un moment.
Je me suis laissé aller contre le dossier du canapé qui était tellement confortable que je me suis demandé un instant comment le lit pouvait être. S'il était mieux, c'est sur je ne quitterais pas cette salle sur demande de l'année ! Alors que je venais de fermer les yeux et que je voyais les images des dernières heures défilés sous mes paupières, j'ai posé une question à Drago.
« A quoi as-tu pensés avant d'entrer ici ? ».
Il n'a pas répondu tout de suite. J'ai même cru qu'il s'était endormi. Alors que je comptais faire de même avec une petite pointe de déception, il a répondu :
« Je voulais que tu passes tout de même une belle soirée. ».
J'ai ouvert les yeux et l'ai regardé.
« Mais je passe une belle soirée ! »
« Non. Tu te mets les Gryffondors à dos. Si je n'avais pas ouvert la porte, rien de tout ceci ne se serait passé. » La porte de la salle de bal, au moment où nous nous étions embrassé.
« Si tu n'avais pas ouvert la porte Drago, je ne t'aurais jamais fait confiance. »
Il s'est tut quelques instants avant de reprendre.
« A quel prix .. ? Te rendre malheureuse, loin de tes amis ? Tu es certaine de vouloir devenir aux yeux de tout Poudlard la petite-amie officielle de Drago Malefoy, qui en passant, n'a jamais eu de petite-amie officielle, juste des conquêtes. »
J'ai compris qu'il se sentait réellement mal en regardant l'attitude qu'il prenait. Il se tordait les doigts dans tous les sens et tentait de garder un masque sur le visage. Et de se dévoiler à ce point m'inquiétait presque, il n'était décidément pas dans un état normal.
J'ai passé une main dans ses cheveux, surprise de constater à quel point ils étaient doux. Puis ma main à glisser sur son visage, dans son cou. Et j'ai déclaré tout bas :
« Etre avec toi, c'est oublié mes cauchemars. »
Il a tourné le visage vers moi. « Je ne sais même pas de quoi sont faits tes cauchemars. » a-t-il dit en se le reprochant.
« C'est ça que j'aime chez toi. On occulte le reste. Tu ne cherches pas à savoir ce qui me ronge, tu ne poses aucune question, du coup je me sens différente, presque normal sans tous les malheurs de ma vie. »
C'était une surprise pour moi-même d'admettre devant lui que oui, j'avais vécu des jours plus sombres. Je lui avouais a demi mot que quelque chose avait bouleversé ma vie. Il semblait vouloir en savoir plus, mais ne le fit pas savoir par la parole.
J'ai repris. « Après tout, moi non plus je ne cherche pas à savoir ce qu'il s'est passé entre les Serpentard et les Gryffondor. Parce que je ne veux pas me faire une idée de toi sur tes actes passés. Ce que je vois, c'est aujourd'hui, comme tu es avec moi et c'est tout ce qui compte. On n'a pas besoin de se parler Drago, on ressent pour l'autre. Tu sais très bien que j'ai vécu quelque chose de grave, tout comme moi je sais que ton père te maltraite depuis ton plus jeune âge.»
Son regard a changé l'espace de quelques secondes. Comme si pendant quelques instants il se retrouvait de nouveau face à son père, la main levée sur lui. Alors il a fermé les yeux pour me cacher son mal-être. Je n'ai rien dit pour ne pas le perturber. Puis il a rouvert les yeux et m'a bien regardé avant de dire, en français :
« Tu es la plus belle chose qui me soit arrivé dans la vie. »
J'ai été touchée au plus profond de moi. C'est sans réfléchir que je me suis penché sur lui pour l'embrasser. Quelque chose m'a embrasé à l'instant même ou j'ai trouvé ses lèvres. C'était la seconde fois de la soirée que nous nous rapprochions comme cela. Même si ce baisé à prit une tournure moins innocente qu'au départ j'en voulais encore et toujours plus, juste en écoutant mes pulsions et nos soupirs. De toutes manières, mon cerveau s'était éteint et laissait mon corps agir à sa guise. Rapidement je me suis installé à califourchon sur lui et j'ai déboutonné la chemise de Drago qui a fini par terre. Je voulais sentir sa peau contre la mienne, juste pour voir si cela me rendait aussi dingue que ce baisé. J'ai découvert un torse musclé par les entraînements de Quidditch qui ne m'a pas laissé indifférente. Au départ, il s'est laissé faire, visiblement surpris, puis il a entreprit de faire glisser la fermeture de ma robe dans mon dos. Il m'a ceinturé avant de se lever et m'a porté jusqu'à la chambre. Ou était passé la timide et perturbé par la présence de ce lit quelques minutes plus tôt, je n'en savais rien. Elle avait laissé place à une femme déterminé et sûr d'elle. Durant le voyage il a fait glisser ma robe le long de mon corps et elle s'est retrouvée par terre dans la chambre. Mes chaussures ont également disparues pendant le trajet. Au lieu d'être intimidé de me retrouver en sous-vêtements devant lui et allongé sur un lit, j'en voulais encore une fois, encore plus. C'est à ce moment que j'ai détecté un problème dans son regard. Il semblait revenir à lui tout doucement, la fièvre qui nous consumait tous les deux semblait le quitté progressivement.
« Non… non stop Ange. »
« Quoi ? Mais pourquoi ? On en a envie tous les deux… » je murmurais avec une certaine déception dans la voix. Je le regardais ralentir ses gestes puis il m'a souri tendrement.
« Je ne veux pas faire comme avec toutes les autres avec toi. Pas dès le premier soir, je veux que tout sois unique et nouveau pour moi. Tu ne mérites pas ça. »
Je n'ai rien compris à ce qu'il racontait. Au lieu d'essayer de comprendre je faisais glissé sa ceinture sur le sol pour tenter de lui faire changer d'avis. Il a saisi mes mains en riant presque.
« Pas la peine d'insister ma belle. » il m'a donné un dernier baiser sur le bout des lèvres et est allé prendre une douche. Au bout d'un moment, je me suis assise sur le lit en boudant presque. Mais quand j'ai entendu l'eau dans la salle de bain, j'ai compris les paroles de Drago et je n'en étais que plus toucher. Je me suis glissé dans les draps propres du lit en réfléchissant à cette soirée. Elle était superbe, seule ombre au tableau : le bal et la dispute avec Harry. Mais je ne comptais pas le laisser me snobé bien longtemps. Et puis les derniers moments avec Drago… je souriais de plus bel tout en m'endormant au milieu de tous ces oreillers. Alors que je commençais à entrer dans un nouveau rêve, du mouvement dans le lit m'a légèrement sortit de ma somnolence. Un corps s'est plaqué contre moi, dans mon dos et je me suis retrouvé dans les bras de Drago. Je me sentais bien, très bien avec lui, malgré ce que certain pouvait dire. Quand nos respirations se sont calmé et calqué l'une sur l'autre, nous avons tous les deux sombrer dans le sommeil.
Lovés l'un dans l'autre, nous avons passé une nuit calme et sereine, comme dans un cocon. Un cocon d'amoureux. Mais je ne savais pas que malgré ce calme apparent, un ouragan d'inquiétude submergeait Drago, lui torturant l'esprit, lui ranimant un vieux démon… la peur.
