Titre : L'aube
Raiting : PG-13
Auteur : Potions et Botanique
Fandom : Harry Potter
Pairing : Draco/Neville
Céphée Malfoy, Chevalier (1150-1276). Fondateur de la lignée des Malfoy en Angleterre. La légende veut que sa mère encore en vie l'ait déshérité pour avoir suivi le roi d'Angleterre. Selon les Malfoy anglais, cette légende est caduque. En effet, Céphée Malfoy était déjà accepté comme tenant du titre et chef de famille, et était déjà marié et père lors de son départ en Terre Sainte et les lois de l'époque auraient de plus rendu cela fort difficile pour sa mère.
Et ce que Draco craint le plus arrive. Le Manoir est en état d'être habitable. Un spécialiste de la magie noire a nettoyé les lieux de fond en comble -enfin… Les pièces qu'il a trouvées, mais Draco n'a pas fait de vagues sur ce sujet- et les elfes ont fait le nécessaire pour qu'il soit de nouveau habitable.
Il n'a plus aucune raison légitime de rester à Taxus Hall, si ce n'est Neville. Mais quelque part, il doute que son hôtesse soit de cet avis.
Même si Septembre est en train de mourir et qu'elle n'a plus eu de discussion agitée sur la relation de son petit-fils et de son petit ami, Draco ne se fait aucun espoir sur la question. Elle désapprouve toujours autant la situation.
Étrangement, la presse n'a qu'assez peu parlé d'eux, ce qui a certainement aussi temporisé l'avis d'Augusta. Il faut dire que les rares fois où ils sont sortis, il n'y avait rien à dire. Soit la presse ne pouvait pas les voir, soit visiblement l'achat d'ouvrages tout ce qu'il y a de plus innocents n'avait rien pour les passionner.
A cela se rajoutait une vraie question pour Draco, va-t-il retourner à Poudlard ? Il a été décidé que les "huitième" années ne reprendront qu'en Novembre et que leur ASPICs seront avancés à Avril. Après tout, soit ils avaient suivi une année, soit ce qu'ils avaient appris sur le terrain rendait caduc l'idée de les tenir enfermer pendant dix mois dans des salles de classe.
Draco ne sait pas ce qu'il va faire pour sa part. Il n'est pas certain d'avoir envie d'y retourner. Loin de là, même. Il a appris qu'hormis l'aînée Greengrass et Théodore Nott aucun de ses camarades de Slytherin ne reviendraient. Ils se sont vus quelques fois par cheminette. Une fois où Neville avait dû témoigner à un procès à huis-clos, Draco a pris un thé avec Pansy. Il avait bien cru qu'il allait commettre l'irréparable à force de l'entendre dire qu'il avait bien su embobiner Neville.
Il n'en avait pas parlé à Neville. Il a la sensation de lui mentir, mais... Il n'a pas non plus envie de le blesser en lui racontant ce genre de chose. Alors tout cela cumulé, avec ses souvenirs du lieu et la pensée que Severus y est mort... Poudlard ne lui fait pas réellement envie. Mais, il y a Neville. Neville qui, lui, il est prêt à le parier voudrait obtenir officiellement ses ASPICs.
Et aujourd'hui, en plus de Lady Augusta qui n'a certainement pas manqué d'être informée qu'il pouvait rentrer "chez lui" -difficile d'imaginer un chez lui sans Neville, maintenant, et il ne peut pas lui imposer de le suivre pour autant-, il y a la réunion des Slytherins. Il n'a pas trouvé d'excuse pour l'éviter, ce n'est donc définitivement pas une journée qui le fait rêver...
Neville aussi se pose des questions. D'un côté, il a terriblement envie de retourner à l'école… Pas forcément pour les ASPICS, même si ce serait mieux qu'il les ait -Granny éviterait d'en parler pendant les quarante prochaines années, déjà-, mais surtout pour les autres élèves.
Il entretient une correspondance assidue avec Michael Corner, avec Dennis, avec Hannah, avec les jumelles Patil et plusieurs autres que l'année passée rapprochés, et franchement maintenant qu'il se sent moins responsable pour eux, c'est plus facile ; Mais revenir à Poudlard, sentir le coeur de l'école battre, et voir les plus jeunes apprendre et grandir sans avoir à craindre pour eux... Neville se dit parfois qu'il aurait aimé avoir des cadets, et que professeur doit être le plus beau métier du monde.
De l'autre côté, Draco a probablement plein de souvenirs douloureux de l'école, ces deux dernières années… Il ne peut pas l'ignorer totalement.
Et il y a autre chose, la grande lettre au sceau ministériel qu'il a reçue, il y a deux jours. Il n'en a parlé qu'à Ron, Hermione et Harry, persuadé -et à raison- qu'ils avaient probablement reçu la même.
Hermione va refuser.
Harry et Ron vont accepter.
Il se sent fier de cette lettre, et aussi un peu honteux d'en être fier. Comment pourrait-il faire cela à Augusta ? Un cauchemar qui se répéterait pour elle. Et Draco ? Est-ce qu'il peut demander à Draco de craindre sans cesse pour lui ?
Cependant, Merlin… Qui aurait dit que les anciens collègues de ses parents le jugeraient jamais digne d'une place à l'Académie des Aurors ? Lui. A l'Académie des Aurors !
Alors pendant que Draco va à sa réunion de Slytherins, Neville accomplit un pèlerinage qu'il n'a fait qu'une fois depuis le début de l'été.
Il va à Sainte Mangouste.
Draco est loin de savoir ce que Neville a en tête, même s'il se doute que la nouvelle à propos du Manoir Malfoy doit aussi le faire réfléchir.
Et la réunion des Slytherins... Bref. Il a tout fait pour s'en échapper rapidement, mais rien n'y faisait. Et, entre Pansy et Millie qui pensent qu'il a "piégé" Neville, et Blaise qui voit ça comme une erreur de sa part... Seul Théodore reste supportable à ses yeux. En même temps, il est le seul à ne pas dire le moindre mot sur le couple de Draco.
C'est donc avec un haut degré d'épuisement qu'il rentre à Taxus Hall, et un certain agacement, sachant que Augusta va certainement lui tomber dessus sans Neville à proximité et qu'il n'est pas certain d'avoir la patience nécessaire.
Augusta attend Draco, en effet. Toutes fenêtres ouvertes pour profiter des odeurs du jardin, elle s'est installé dans la bibliothèque, avec un roman et une tasse de thé. Elle est toujours un peu mélancolique quand Neville part sans elle à Sainte Mangouste, quelque chose qu'il n'aurait jamais fait, deux ans auparavant. Où est l'enfant qu'elle a élevé dans cet homme aux épaules larges, plus grand qu'elle, plus grand que Frank, qui affronte des mages noirs et ramène des amants incongrus à la maison ?
Elle reconnaît, néanmoins, quelque chose au jeune Malfoy : il a des tripes, plus que le reste de sa famille. Il n'essaye même pas de prétendre qu'il ignore qu'elle veut le voir et vient s'asseoir face à elle avec des manières parfaites. Cela ne sert pas à grand chose d'ignorer Augusta. Elle est comme Narcissa. Elle arriverait à ses moyens autrement et ce n'est jamais une bonne chose. Alors, autant affronter le dragon tout de suite, si vous demandiez à Draco. Elle l'observe une seconde. Il est esthétiquement plaisant, elle accordera au moins cela dans la liste positive.
- Neville rentrera certainement plus tard qu'il l'a prévu. Il a toujours tendance à perdre la notion du temps avec ses parents.
Sous entendu que Draco saisit parfaitement : ne comptez pas sur lui pour vous tirer de là !
- J'ai longtemps pris le fait qu'il ne vous ai jamais emmené comme un signe qu'il n'était pas si attaché. Mon frère, Algernon, a cette théorie qu'il cherche en fait à vous protéger des actes de votre camp. Quelque soit la vérité, cela nous laissera le temps de mieux nous connaître...
Cela sonne clairement comme une menace, plus par habitude qu'autre chose : Augusta a conscience que si Draco pliait si facilement, il serait déjà froid dans un fossé quelque part. Draco hoche la tête à la remarque avant de répondre.
- La vérité est que Neville ne m'a jamais demandé de l'accompagner et que je respecte son choix. Le reste n'est que supposition.
En réalité, Draco a sa propre théorie. Neville a besoin d'un espace intime, protégé et que ce sont ces visites à ses parents qui le sont. Alors, il respecte cela.
- Je n'ai pu m'empêcher de constater que ni l'un, ni l'autre n'avez encore donné de nouvelles à Poudlard ?
Oui, son contrôle sur les chouettes des lieux est féroce. Mais Merlin, ils ne vont quand même pas rester jusqu'à la fin de leurs jours enfermés ici à se regarder dans le blanc des yeux en roucoulant ? Le glucose la tuerait, déjà, et Merlin, ce serait du gâchis de potentiel autant pour l'un que pour l'autre !
Un elfe apporte sa tasse de thé à Draco, qui en prend une gorgée avant de répondre.
- Je ne souhaite pas retourner à Poudlard. Néanmoins, si Neville fait ce choix, je l'accompagnerais.
Il a appris depuis longtemps que la meilleure manière de ne pas subir un retour de bâton est d'en dire le moins possible. Et si Augusta ne semble pas vouloir le mordre directement, aujourd'hui, il n'en demeure pas moins qu'il n'a pas oublié ce qu'elle a dit à Neville sur ses parents. Il sait qu'il... Pour lui, cela a été d'une grande violence et il serait bien étonné qu'elle se soit excusée pour cela.
Pour Augusta -et même si Draco l'ignore encore-, les excuses, c'est pour le bas peuple, alors bien sûr que non, elle ne s'est pas excusée ! Et quand elle va trop loin, elle estime que c'est pour endurcir Neville, donc, pour son bien.
- J'ai bien l'intention d'encourager Neville à terminer Poudlard. A votre âge, il vous semble que cela est inutile mais le monde sorcier oublie vite, et les mages vivent vieux. Dans trente ans, après le prochain mage noir, qui est des plus probables, hélas, plus personne ne comprendra qu'il n'ait pas ses ASPICS. Et je suis persuadée que Neville pourrait faire de grandes choses.
Elle exagère quand même un peu. Il y a longtemps qu'il n'y a pas eu de Longbottom ministre, mais si Neville s'est trouvé capable de mener en tant de guerre, la paix est fort différente et elle imagine mal Neville dans le coupe gorge qu'est le milieu politique. Mais ceci dit, cela donnerait à Neville un temps de réflexion… et peut être l'occasion de trouver une gentille sorcière !
Le visage de Draco est d'une neutralité bien loin de ses habitudes quand il est question de Neville.
- Si Neville est capable de prendre le risque de mourir pour une cause en laquelle il croit, alors il est capable de choisir ou non de retourner à Poudlard, répondit-il reprenant en cela une des phrases que Neville lui avait dit à propos de son choix de petit ami. Encore faudrait-il qu'il accepte de retourner dans ces lieux. Sa septième année a été loin d'une balade de plaisance et le lieu porte de cruels souvenirs pour lui.
La mort de Lavande, pour ne citer qu'elle...
- S'il est heureux dans ces cursus pourquoi lui en imposer un autre ? Quant aux camps qu'il choisit, ils ne dépendent pas de son nom, mais de ce en quoi il croit.
La voix de Draco reste calme et posée, malgré le fait que cette fichue manie de tout vouloir diriger chez son petit-fils l'énerve. Elle lui rappelle un peu trop les manière de Lucius, alors même que Neville a largement fait ses preuves.
- Si ce n'était qu'une histoire de nom qui nous prédéterminait, alors vous savez comme moi que j'aurais livré Neville a des tortures dont vous connaissez comme moi la cruauté. J'espère que, comme moi, vous êtes heureuse qu'il ne les ait pas endurées.
Le regard de Draco la met au défi d'émettre le moindre regret sur ce point, même s'il sait parfaitement qu'il prononce un semi-mensonge. Plus d'une fois Neville a été torturé par les Carrow ou dans les cours. Et s'il agit cruellement d'ainsi ramener le destin de Franck et d'Alice sur le devant de la scène, fut-ce à mots couverts… Personne n'a dit que Draco ne savait pas être cruel.
- Je suis accepté pour devenir Maître de Potions, avec ou sans ASPICs. Ma date d'entrée dépendra du choix de Neville.
Bizarrement, depuis la fin de la guerre, il a gagné une importante sérénité. Neville ? La fin de toute cette folie ? Peu importe.
Bizarrement, être devenu le responsable de la famille ne le fait pas le moindre du monde paniquer.
Les tortures sont un coup bas. Augusta pâlit un peu à l'idée d'un Neville au regard vide, certainement son plus grand cauchemar. Mieux vaudrait Neville mort… Draco voit parfaitement Augusta changer de couleur, mais il ne trouve pas une once de pitié pour elle. Oui, les tortures sont un coup bas, mais il est temps qu'elle soit aussi face à ses décisions. On peut reprocher bien des choses à Lucius et Narcissa, mais ils ont tout fait pour garder leur fils à l'écart de cette guerre. Augusta, elle, a tout fait pour jeter Neville dedans. Comme si c'était normal à 17 ans de mener une guerre que les adultes renâclaient à affronter.
Elle ouvre la bouche pour éviscérer verbalement Draco mais n'en a pas le temps.
Neville vient de présenter à la porte, une missive à la main, franchement surpris de les trouver ensemble.
- J'aurai voulu vous parler à tous deux de quelque chose, mais je dérange peut être ? Fait-il.
On peut toujours rêver, peut être ont il fait la paix ?
- Non, tu ne nous déranges jamais, lui répond Draco.
Même s'il note que contrairement aux prédictions d'Augusta, Neville est de retour tôt. Ce qui peut vouloir dire des choses négatives.
- Tout va bien ? Enchaîne-t-il.
Neville déplie la missive, l'invitation qui le terrifie et le rend fier et la pose sur la table face à eux pour qu'ils puissent lire en même temps. Pour lui, c'est comme se sentir digne de Franck et Alice, enfin, et ça le secoue.
Il cherche la main de Draco...
Seule Augusta qui est en face de lui aperçoit la terreur dans les yeux de Draco, alors qu'il achève la lecture du pli. Il sait trop bien les dangers qu'encourent les Aurors. Il sait aussi trop bien combien Neville fera tout pour aller au bout de ses missions.
Mais c'est le visage neutre malgré un sourire encourageant, tenant sa main que Draco demande.
- Quelle décision as-tu prise ?
'As-tu prise'. Ni Augusta, ni Draco. Juste Neville. Ses terreurs n'ont pas lieu d'être, d'avoir leur place.
Augusta ne fait pas bien la fière non plus. L'Ordre et les Aurors ont déjà pris Franck, son unique garçon, son petit, son survivant… et maintenant voilà qu'ils réclament à nouveau leur livre de chair, son unique descendant.
Pendant un instant, elle regrette que Neville ne soit pas un lâche, ou simplement qu'il soit majeur et qu'elle ne puisse le prendre sous le bras et émigrer.
- Je ne sais pas… Répond déjà ce dernier. Je n'aurais jamais imaginé... Je n'aurais jamais pensé qu'on m'en penserait digne !
Il pense à l'AD, à ses parents, à tous les mages noirs qui s'en prendront toujours aux plus faibles.
- Je crois que j'aimerais assez. Mais peut-être, pas tout de suite ? J'ai demandé, ce peut être dans un an, après les A.S.P. .
- Alors, répond-leur cela.
La voix de Draco est calme, bien loin de la panique que cela lui inspire.
Il serre la main de son petit ami, avant d'ajouter.
- Et si tu n'en es pas digne, vu ce que tu as fait à Poudlard, il n'y aura aucun nouvel Auror pendant longtemps.
Le pouce de Draco caresse doucement sa paume.
- Toutes mes félicitations, Neville.
Augusta voudrait rager, sacrer, jurer. Elle voudrait interdire. Elle voudrait que Neville ait encore sept ans et du chocolat plein les lèvres.
Elle a plus de fierté, de dignité que cela, cependant.
- Les Aurors seront honorés de ta présence. Et je suis terriblement fière de toi. Comme tes parents le seraient.
Le sourire de Neville est gigantesque et vaut presque la terreur qui enserre la vieille dame. Presque. Et aussi étrange que cela puisse paraître, quand Draco croise le regard d'Augusta, il devine que la même terreur lui étreint le coeur.
Et pourtant, tous les deux lui sourient et espèrent.
Draco de sourire et de continuer.
- On m'a confirmé que je pourrais faire ma Maîtrise de Potion, dès que je remplirais les conditions de compétence.
Le flou de Draco quant aux compétences en question sont parfaitement volontaires et se basent sur l'absence de connaissance de Neville sur la question. Il ne se rendra pas compte que Draco pourrait incorporer l'Académie de Potions dès aujourd'hui.
Et Neville de sourire encore plus. Poudlard avec Draco ! Draco qui a été la lumière d'une année sombre, son espoir dans un temps atroce, alors dans d'autres circonstances... Merlin, Poudlard avec Draco sans avoir à se cacher serait divin !
Augusta se retire tôt ce soir là, après un dîner où elle a été singulièrement aimable avec Draco. Plus fine que Neville, elle a vu la terreur. S'il ne lui plaît toujours pas, elle le juge désormais sincère, et il gagne des points pour cela.
Draco a compris presque immédiatement avec le début du repas, qu'Augusta a vu sa peur pour Neville. Cela ne la pardonne pas, mais… Il suppose qu'ils ont des intérêts communs, Neville et sa survie. Ils ne se comprendront jamais, ne voient pas de la même manière ce qui est bon pour Neville, mais soit. Elle est sa grand-mère et qu'elle ait aussi peur que lui la rend plus aimable aux yeux de Draco.
Quand ils se retrouvent seuls, Neville quitte son siège pour venir s'agenouiller devant Draco.
- Regarde moi ?
Draco le regarde, baissant les yeux pour être à son niveau, caressant la joue de son petit ami.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Murmure-t-il.
Il soupire et pousse sa joue dans la main de Draco.
- Je t'ai mis un peu devant le fait accompli… Et ce n'est pas ce que j'aurai dû faire. Quand je dis que je suis là pour longtemps, si tu veux de moi, je suis sérieux. Je veux une chance de construire quelque chose avec toi et c'est une décision à prendre à deux. Si… si tu ne t'imagines pas la vie avec un Auror, je refuserais l'Académie.
Courtoisie qu'il n'étendra pas à Augusta, mais c'est différent. Il veut que sa grand mère soit fier de lui, et il veut bâtir une vie avec Draco, les pré-requis ne sont pas les mêmes...
Mais Draco… Draco est le plus important.
Draco secoue la tête, posant ses deux mains sur les joues de son petit ami, ses pouces caressant celles-ci.
- Nev… Tu veux bien ne pas dire de bêtise ? Bien sûr que j'aurai peur pour toi. Mais, ça ne peut pas être pire que l'année qui vient de passer où personne n'était pas pour… Être là, pour te soutenir.
Draco embrasse Neville, pour l'empêcher de parler.
- Shh. Ça ne veut pas dire que je ne veux pas que tu fasses l'Académie. Ça veut juste dire que tu devras accepter que j'ai peur et que je te passe les savons de ta vie, faisant paraître ta grand-mère pour une incompétente dans le domaine.
Draco embrasse à nouveau son petit ami avant de finir.
- Et plus que tout, Nev, je sais que ça te rendra heureux. Alors… Qui serais-je pour te forcer à refuser cette chance ? Je t'aime, Nev. Tu comprends ?
Neville répond tout doucement, presque contre les lèvres du blond.
- Toi, tu étais là. Tu m'as soutenu, quand l'AD ne voyait pas que j'en avais besoin. Tu as été là quand j'ai eu besoin de toi...Et toi, toi, tu me rends heureux.
Il se redresse un peu pour pouvoir embrasser Draco plus longuement. Il faut quelques minutes pour réussir à s'arracher aux lèvres de Draco. Comment peut-il être béni des dieux à ce point là, que Draco l'aime ?
Draco a un sourire.
- Ce n'est pas la même chose qu'être avec toi quand tu fais quelque chose de dingue, répondit-il avec une tendresse évidente.
Neville a un sourire aux lèvres en reprenant.
- Un potionniste, hein ? Snape t'aurait dit que j'allais te contaminer et que tous tes mélanges tourneraient comme du mauvais lait !
Le soupir de Neville alors que Neville l'embrasse, ainsi, exigeant et étant tout sauf partageur. C'est exactement ce qu'il attend et espère de son conjoint : amoureux, demandant le meilleur de lui-même et faisant le nécessaire pour lui rappeler qu'il est à lui. C'est tout ce que Neville lui offre en un seul baiser.
- Oh, mais j'espère bien que tu me fasses tourner mes mélanges. Je pourrais créer ainsi une nouvelle potion et il faudra que je lui donne un nom. Tu as une idée d'où je pourrais tirer mon inspiration ?
Draco dépose un léger baiser sur les lèvres de Neville avant de reprendre.
- Je suis certain que je pourrais trouver quelque chose qui te fera toujours rougir, sans que personne ne puisse jamais comprendre.
Neville sourit, les joues échauffées par le baiser, les sous entendus lestes, simplement par la présence de Draco.
Les bras noués autour de la nuque blonde, il lui donne le baiser le plus suggestif, le plus passionné qu'il puisse, avec beaucoup d'enthousiasme, avant de demander.
- Reste avec moi ce soir ? Dans ma chambre, ou la tienne ? Si cela te dit... Je veux m'endormir près de toi, me réveiller aussi... Et à Poudlard, je ne serai pas censé passer mes nuits avec toi.
Ici non plus, d'ailleurs, Draco a toujours officiellement sa propre chambre, mais le détail semble oublié par le Gryffindor en cet instant. Ou volontairement snobé, allez savoir.
Le léger gémissement de Draco à l'issue du baiser ne laisse que peu de doute sur la réussite de celui-ci.
- Il me faudra bien au moins cela pour apaiser la soif de toi que tu viens de me transmettre. En tant que futur Auror, tu ne peux pas laisser une pauvre âme dans une telle détresse, non ? Demande-t-il, avant de cesser de le taquiner et de reprendre plus sérieux. Ta chambre. Je serais trop malheureux de dormir loin de toi. Et il me reste si peu de temps pour te convaincre de transgresser les règles de McGonagall pour nos nuits...
Draco caresse la joue de Neville du bout des lèvres, avant de continuer.
- Et puis, je ne sais pas chez vous, mais chez les Slytherins il n'y a pas la place pour un dortoir supplémentaire.
- Mince, Poudlard va être plein comme un oeuf ! Tu as raison, il faudra nous serrer dans un lit pour gagner de la place !
Cette découverte n'a pas l'air de le traumatiser !
Se relevant, Neville entraîne Draco jusqu'à sa chambre et tant pis s'il n'est que 21h30. Ils sont jeunes, ils ont besoin de beaucoup de sommeil... Si, si.
Draco pouffe de rire à la remarque de Neville, mais ce n'est qu'une fois qu'ils arrivent à la chambre de Neville qu'il lui murmure :
- Tu sais quoi ? Même s'il y a la place, je me dévouerais pour dormir avec toi. On ne peut pas rompre les habitudes comme ça. Ça ne serait pas bon pour toi…
Draco l'embrasse lentement, avant qu'il ne les fasse tomber sur le lit.
- Je t'aime, murmura-t-il en jouant avec les mèches de cheveux de son petit ami, avant qu'il ne le renverse pour être sur lui. Vous êtes à moi, monsieur Longbottom.
Ses yeux pétillent de malice. Il est évident que son petit ami se laisse faire -Draco n'a pas et n'aura certainement jamais la masse musculaire pour renverser Neville contre son gré- et c'est largement ce qui rend tout cela si excitant.
Et Draco de s'attaquer au cou qu'il a deviné sensible depuis le temps. Il n'a jamais laissé la moindre marque sur le corps de Neville, mais… Même si c'est un manque évident d'éducation, il se dit que… Peut-être que Neville n'y serait pas opposé, s'il lui demandait ?
- Je t'aime aussi. Je t'aime, je t'aime, je crois que je t'aimerai encore dans mille ans, fait Neville avec un sourire heureux.
Et des générations de Malfoy et de Longbottom de rouler dans leurs tombes, une fois de plus.
Neville a appris quelque chose avec Draco : on peut être ivre de bonheur, et il renverse la tête, froissant le tissu des vêtements de Draco de ses mains, en un effort un brin désordonné pour commencer à le dévêtir sans déloger les lèvres qui font des choses très intéressantes au creux de sa gorge.
- Merlin, j'adore quand tu fais ça...
Le rire de Draco résonne sur la gorge de Neville. Son enthousiasme, sa voix un peu plus rauque, ses joues qui se colorent, tout cela donne encore plus envie à Draco de s'appliquer à continuer ses baisers.
- C'est exactement pour cela que je le fais.
Un baiser aussi délicat qu'un papillon sur sa pomme d'Adam, sachant que ça ne manquera pas de le faire réagir.
- Merlin... M'en voudrais-tu si je finis par te laisser des marques ?
Et ses lèvres de grimper le long de la mâchoire ferme et si masculine de Neville. Il sent sous ses lèvres la pousse de la barbe du jour de Neville. Il est toujours rasé de près chaque matin, mais... Le soir, elle est là, présente, si discrète qu'elle n'existe que sous ses doigts et ses lèvres et... Il y a quelque chose de délicieux à cela.
Si délicieux que Draco ne peut retenir un soupir.
Neville en est encore à apprendre ce qui le fait réagir dans l'intimité et Draco vient, sans le savoir, de toucher quelque chose dans la psyché de son amant dont celui-ci ignorait lui-même l'existence. Les hanches de Neville tressautent à l'idée d'être marqué ainsi et il manque presque de souffle quand il gémit.
- Fais le. Merlin, si, s'il te plaît, fais-le.
Et il renverse encore plus la tête, se cambrant sur le matelas...
Draco en a presque le souffle coupé de voir, sentir Neville réagir ainsi. Une vague de désir pour lui dévale dans ses veines.
Draco embrasse, racle de ses dents la peau fine à l'angle de la gorge de Neville. Il le sent contre lui, désirer cet instant. Alors, il suce la peau de Neville, la faisant rouler entre ses lèvres, jusqu'à ce que la peau soit marquée.
La main de Draco tremble alors qu'il s'accroche à la hanche de Neville, qu'il dépose un baiser révérencieux sur la peau qu'il a maltraitée.
Sans s'en rendre compte, il a passé son autre bras autour de ses hanches, joignant leurs deux corps encore vêtus aussi intimement que possible. Haletant, Draco a le visage caché dans la gorge de son amant.
Il ne pensait pas que le marquer le mettrait dans un tel état. Lui ou Neville pour être honnête.
- Ok, j'adore ça aussi, avoue Neville, pantelant.
Usant de ses jambes en un mouvement de levier, il renverse Draco sous lui, se débarrasse de sa chemise et, d'un ton sérieux.
- Je sens qu'être à l'heure le matin à Poudlard va être un challenge.
Et il vient embrasser Draco, bien décidé à offrir à celui ci le plus de souvenirs heureux possibles, pour les nuits où ils ne pourront être l'un avec l'autre…
N'hésitez pas à laisser un commentaire !
A dans deux semaines.
