J'avais dormi toute la nuit à l'infirmerie. Lorsque j'ouvris les yeux, Roxane était à mes pieds alors que d'autres élèves avaient l'air intriguées à ma vue. Je m'en fichais, je m'installai à la fenêtre pour regarder le lever du soleil. Je ne savais pas si le fait de laisser aller mes sentiments m'avaient soulagé ou m'accablé. Je devrais pouvoir m'en ficher avec le temps, cela ne devrait pas m'atteindre et pourtant le vide qu'il m'avait laissé et que j'essayai de combler ne cessait de s'agrandir. Ma maman me manquait et j'aimerai tellement lui parler.
Lorsque l'infirmière arriva, elle vint à mes côtés, m'occulta et me demanda comment je me sentais. Ce n'était pas à elle que je devais me livrer mais à ma mère. Celle qui m'avait porté pendant 9 mois. Après un large sourire qui cachait ma tristesse, je lui demandai si je pouvais contacter ma mère dans ce monde et surtout comment.
Elle m'expliqua comment je pouvais le faire et me donna même une poignée de poudre pour que puisse l'appeler plus tard, en privée. Je savais que ma mère aussi sévère soit-elle ne me laisserait jamais dans un tel état. Peut-être que si elle me voyait dans un tel état elle me prendrait avec elle.
Rogue était venu me rechercher, j'étais toujours la fenêtre lorsque je me levais. J'essuyais mes larmes rapidement avant de le suivre. Je devais prendre ma douche et mon petit déjeuner. J'avais besoin de parler à mère, j'avais besoin de l'entendre pour reprendre des forces.
Je profitais donc qu'il prenne sa douche avant à mon tour de décider de passer mon coup de fil. Je me souvenais qu'elle m'avait dit que je devais dire distinctement le nom de la personne avant de lâcher
- Victoria Smith, dis-je avant de lâcher la poudre dans la cheminée. Une lumière verte apparut si soudainement que je tombais à la renverse.
J'attendis quelques minutes avant d'entendre un petit son. Ça marchait, j'interpellais ma mère doucement et ravie de l'entendre mais est-ce vraiment le cas pour elle. Elle avait l'air de mauvaise humeur ou peut-être venait-elle de se réveiller
- Madison c'est toi ? Demanda-t-elle sur un ton peu commode
- Je voulais te parler un peu, répondis-je quand même contente de l'entendre
- Tu veux quoi ? Demanda-t-elle toujours sur le même ton
- Rien … je … je voulais juste entendre ta voix et me confier un peu, tu me manques tellement, dis-je sincèrement
- Euh … tu me dérange uniquement pour ça ? Demanda-t-elle soudainement, tu crois réellement que j'ai le temps d'écouter tes putain de connerie ? Demanda-t-elle
- Non mais …
- Mais quoi Madison ? Réprimanda-t-elle, tu me fais perdre mon précieux temps. Mais qui m'as donnée une enfant aussi idiote ?
- Je suis désolée, répondis-je en culpabilisant. Mais tu me manques tellement, c'est difficile pour moi en ce moment et …
- Tais-toi ! Je ne t'ai rien demandé ! Dit-elle prestement en faisant cesser mes plaintes. Je te l'ai déjà dit, je me fous de ce que tu ressens et encore plus de savoir si tu es bien ou non, tu as 17 ans alors apprends à te gérer petite idiote !
- Oui maman, répondis-je avec une voix qui tremblait
- Au lieu de me souler constamment, va te faire des amis ou achètes en mais cesse de m'appeler pour un oui ou pour un non ! Demanda-t-elle
- Oui maman, répondis-je tristement alors que je refusais de pleurer. Mais est-ce que je pourrais venir te voir ? Passer une journée ou même une heure avec toi ?
- Parce que tu crois vraiment que j'ai du temps à te consacrer ? Que j'ai envie de te voir ? Demanda-t-elle, j'ai des responsabilités moi, je bosse moi petite feignasse alors que tu ne fais que m'extirper de l'argent pour des études aussi insignifiante que toi
- Le droit est une discipline complexe et très difficile, essayai-je d'expliquer.
- Cesses de répondre ! Je ne t'ai pas demandé ton avis ! Répondit-elle
- Pardon maman ! Dis-je en baisant la tête
- Franchement tu es la honte de la famille, normal que ton bâtard de père ait décidé de t'abandonner ! Lâcha-t-elle alors que j'enfonçai mes ongles dans ma chair afin de ne pas pleurer. Et pour la dernière fois arrêtes de m'appeler !
Elle raccrocha alors que je me recroquevillai en boule sur moi-même. Ses paroles me touchaient vraiment. Ma bouche tremblait et mes larmes pour la seconde fois en moins de 24h00 coulaient. Qu'avais-je fait pour mériter sa colère ? Je resserrai mon étreinte autour de moi, j'avais besoin de me ressaisir. Je ne devais pas laisser ses paroles m'affecte, c'était pour me renforcer qu'elle me disait tout cela alors pourquoi je souffrais tant. Pourquoi des paroles m'affectaient tant ? Je pris une profonde respiration avant de me convaincre de me ressaisir. En me levant, je croisais ce Rogue de malheur qui avait l'air me fixer. Avait-il tout entendu ? Et puis de quoi je me mêlais ? Je n'avais pas de compte à lui rendre. Mes larmes coulaient toujours mais j'étais forte, plus forte que ce qu'on pourrait croire.
Je pris la direction de la salle de bain, j'avais besoin d'une bonne douche pour oublier mes soucis, ce n'était pas le moment de pleurer. Je traçais ma route, il n'avait pas besoin de voir mon désarroi et encore moins de se réjouir de celui-ci. Une fois dessous, l'eau se mit à couler mais rien n'arrivait à me calmer. J'avais besoin de courir de me défouler d'extérioriser ce que je ressentais. Je plongeais ma tête sous l'eau, j'avais une envie irrépressible de hurler, de pleurer encore et encore et surtout de tout oublier. J'avais oublié comment j'étais lorsqu'elle est moi nous nous parlions. Mais une fois encore j'allais devoir prendre sur moi.
Une nouvelle conversation qui dégénère, pauvre Madison
