Mon jumeau bien aimé
Auteure: Draya Felton
Résumé : Dans tout couple de jumeau, il y a un dominé, et un dominant.
Tom, pourquoi tu l'aimes tant ? Pour pas le détester. Le détester, ca me tuerait.
Bill, pourquoi tu le déteste tant ? Pour pas l'aimer. L'aimer, ca me tuerait.
Disclaimer: Cette histoire est inspirée des membres du groupe de musique TH. Toute ressemblance avec des actes ou faits réels est fortuite et involontaire.
CHAPITRE 10 : Retrouvailles
Simone se regarda dans le miroir et soupira. Ses yeux étaient rouges d'avoir trop pleuré et cernés, sa peau était d'une pâleur à faire peur, ses cheveux ternes et broussailleux.
Elle était pitoyable.
Elle mit du fond de teint, essayant désespérément de cacher les tourments qui l'habitaient. Elle s'habilla calmement, hésitant entre une jupe et un pantalon.
C'était tellement futile, et pourtant elle préférait que ce soit ça qui lui occupe l'esprit plutôt que la haine de Tom ou la disparition de Bill.
Elle prit la jupe et termina de s'habiller, ajoutant chemisier, collant, et chaussures à sa tenue.
Si la fatigue ne l'écrasait pas de tout son poids, elle aurait pu paraître jeune et fraîche ; au début elle l'était, quand elle avait emménagé ici avec son fils, et c'était même grâce à cette jeunesse et à cette fraîcheur qu'elle avait été prise.
Elle attrapa son sac, ses clés, et sortit de la maison. Pour une fois, le soleil était déjà levé, mais cela n'empêcha pas qu'elle fût encore l'une des premières à arriver au bureau.
Simone salua la réceptionniste d'un sourire las.
- Ca n'a pas l'air d'aller Simone…
- Oh, vous savez, quelques soucis à la maison… Répondit-elle vaguement, n'ayant pas envie d'étaler sa vie à une telle commère.
- Je comprends ! La période est mauvaise pour tout le monde apparemment…
- Que voulez-vous dire ? Interrogea Simone, curieuse.
- Ca fait une semaine que le grand patron arrive de plus en plus tôt ! Ca fait à peine dix minutes qu'il est arrivé, il a prit son courrier et a filé dans son bureau comme une flèche. Il se murmure qu'un divorce avec sa femme serait peut-être d'actualité… Comme quoi être l'un des hommes les plus riches d'Allemagne ne fait pas tout !
Simone haussa les sourcils. La manière dont on pouvait être au courant de choses si personnelles à propos de gens que l'on ne connaissait quasiment pas mais que l'on côtoyait tous les jours restait un vrai mystère pour elle.
- Mais comment vous pouvez savoir de telles choses ? Demanda-t-elle, ébahie.
- Oh, je ne vais pas vous dévoiler toutes mes sources, répliqua la réceptionniste d'un air important, mais mon amie des archives est une amie très proche du co-directeur, qui, comme vous le savez, n'est autre que le fils du directeur !
Simone eut une forte envie de lever les yeux au ciel mais se retint et prit congé de sa collègue.
Elle prit l'ascenseur, montant jusqu'au 6ème étage et fit un détour par la machine à café.
Elle venait de finir la veille un important dossier, et s'attaquait à présent à un autre tout aussi difficile et grave. Simone s'installa à son bureau sur lequel reposait, en plus de son ordinateur et d'autres dossiers concernant son travail, une photo des jumeaux, alors âgés de 4 ans.
Elle caressa du bout des doigts leurs visages et se perdit un instant dans ses pensées avant de finalement commencer son nouveau dossier, malgré sa faible concentration.
La fatigue accumulée, le stress, et les soirées fortes en émotions commençaient vraiment à peser sur ses épaules.
Le téléphone sonna en affichant « réception », la faisant sursauter.
- Oui ?
- Simone, le grand patron voudrait vous voir ; il a dit que c'était urgent.
- Très bien, j'y vais de suite. Merci.
Elle raccrocha et se leva, prenant au passage le dossier achevé.
Elle frappa à la porte du bureau, son bras plaquant le dossier contre sa poitrine.
- Vous m'avez fait demander, monsieur ?
- Entrez et fermez la porte.
Le ton sec et rude qui lui répondit la surprit. Le « grand patron » comme tout le monde l'appelait était un homme d'une cinquantaine d'années, peut-être un peu plus, mais qui restait robuste et élancé.
Il se redressa dans son siège, une enveloppe ouverte devant lui.
- Mon fils est quelqu'un que j'ai essayé d'élever avec tout mon amour, et j'ai essayé de lui apporter tout ce que je pouvais, en me postant en tant qu'exemple pour lui. Je n'ai jamais trahi ma femme.
Simone se demandait où il voulait en venir, ne comprenant pas pourquoi il lui racontait sa vie. Elle n'avait pas besoin de connaître sa vie de famille ou l'éducation qu'il avait prodiguée à ses enfants.
- Il est marié, et bientôt père, mais je suppose qu'il ne vous l'a pas dit ! Dit-il en se relevant, le regard remplit de mépris et de dégoût.
Simone frissonna. Elle n'avait jamais échangé plus qu'un « bonjour », et encore, avec le co-directeur.
- Je ne vois pas pourquoi il me l'aurait dit… Murmura Simone, perdue.
Le « grand patron » semblait bouillir sur place.
- Ah oui ?! C'est vrai que quand il ne s'agit que de sexe, il n'y a pas besoin de savoir qui ça détruit !!
Elle sursauta, de plus en plus perdue. Elle n'avait jamais couché avec le co-directeur !
- Je n'ai jamais…
- Il suffit !! Vous croyez que je suis aveugle ??? Que faites vous de ça ?!
Il prit alors l'enveloppe déchirée et en sortit des photos qu'il plaqua violemment sur le bureau, de manière à ce que Simone les voie clairement.
Elle lâcha son dossier sous le choc, et prit les photos d'une main tremblante.
- Ce n'est…
- OSEZ ME DIRE QUE CE N'EST PAS VOUS ?! Cria l'homme en face d'elle.
Elle sursauta, les larmes lui venant aux yeux. Ce n'était pas elle.
La photo la représentait elle, en train d'embrasser un homme qui semblait être le co-directeur dans un parc.
Cette photo ressemblait étrangement à une qu'elle possédait mais qui la montrait elle et Gordon, son ex petit-ami.
- Je vous assure que…
- Vous êtes virée !! Je vous interdis de revoir mon fils, et je vous interdis aussi de le dire à quiconque !! Si jamais j'apprends que quelque chose a filtré, vous pouvez être sûre que je ferai en sorte que vous ne retrouviez plus jamais de travail, ni ici, ni ailleurs !
- Non, Monsieur, je vous assure que ce n'est pas moi ! C'est un montage… Ce…
- Vous avez une heure pour vider votre bureau et sortir de ces locaux ! Un chèque vous sera envoyé dès demain pour régler nos dettes.
Simone était figée. Il ne pouvait pas faire ça.
- Monsieur…
- Sortez avant que je ne perde totalement mon sang-froid ! Ma belle-fille est une personne formidable, et il est hors de question que mon futur petit-fils n'ait pas de père ! Je ne vous laisserai pas détruire ma famille ! Sortez !
Simone lâcha les photos, sous le choc, et sortit de la pièce, anéantie. Elle vida son bureau, l'air hagard, ne pouvant croire à ce qu'il lui arrivait.
Elle venait de perdre son emploi, ce qui la faisait vivre, elle et son fils.
Comment ferait-elle à présent ?
Sa vie semblait s'effondrer depuis quelques jours ; d'abord ces coups de fil qui l'accusaient sans cesse, ensuite ces photos qui la confrontaient à cette réalité qu'elle voulait enfoncer au plus profond d'elle-même, et enfin, clou du spectacle, son boulot de perdu.
Rien ne pouvait être pire.
Elle ressortit avec toutes ses affaires sous l'œil curieux de la réceptionniste et s'installa dans sa voiture où elle laissa échapper un sanglot, essayant de se reprendre.
Elle aurait tellement voulu quelqu'un qui puisse la soutenir un peu dans ce moment où tout s'effondrait ; elle avait toujours tout fait pour que son boulot soit une réussite totale, allant jusqu'à négliger sa propre vie sociale.
Et voilà qu'aujourd'hui, tous ses efforts étaient réduits à néant.
Simone démarra la voiture et rentra chez elle, l'esprit vide, les yeux dans le vague.
Elle se gara comme elle put, sortit ses affaires et entra dans la maison. Elle pouvait entendre du bruit dans la cuisine, ce qui lui indiquait que son fils était debout.
Elle s'effondra contre la porte, laissant tomber le carton qu'elle portait ; comment lui annoncer la nouvelle ?
Les larmes jaillirent enfin de ses yeux, ses sanglots sortant durement, comme pour la punir de les avoir retenus si longtemps.
Tom sortit de la cuisine et se figea un instant en voyant sa mère, effondrée près de la porte.
Il haussa un sourcil, la regardant pleurer sans faire le moindre geste pour lui venir en aide.
Elle releva les yeux et tenta de capter une quelconque étincelle dans le regard de son enfant, mais elle ne vit rien que deux pupilles chocolat indifférentes.
- J'ai perdu mon travail Tom… Dit-elle entre deux sanglots, la voix tremblante.
Tom eut un petit sourire, admirant la destruction de sa mère.
- Ah ? C'est ballot… Je me demande comment tu feras pour me payer ma pension alimentaire quand je m'émanciperai…
Simone ouvrit la bouche, effarée par la méchanceté de Tom.
Il s'éloigna ensuite, un sourire aux lèvres, sans un seul regard en arrière.
Tom rentra dans sa chambre et prit sa guitare, mais au moment où il allait entamer un premier morceau, le téléphone retentit dans la maison.
Sachant que sa mère ne répondrait pas, il sortit dans le couloir et prit le combiné.
- Allô ?
Le silence lui répondit. Tom fronça les sourcils ; il avait l'étrange impression que la personne hésitait. Son souffle s'accéléra légèrement.
- Bill ?? Murmura-t-il, cherchant un signe dans le silence. Bill, ne raccroche pas, s'il te plait…
Il y eut un petit silence, puis une voix basse et calme répondit lentement :
- Ma surprise lui a plu ?
- Ta surprise ? Je ne comprends pas Bill…
- A ta mère, Tom, voyons, tu ne suis rien toi aussi !
La voix était espiègle, presque joyeuse et entraînante.
- Qu'est-ce que tu fabriques Bill ? Je comprends rien, pourquoi tu ne viens pas me voir ??
La voix de Tom était comme à l'opposé de celle de son jumeau, inquiète, tremblante, effrayée de perdre le lien si fragile qu'ils venaient de construire.
- Parce que tu ne le mérite pas Tom. Je suis déçu, tu as été un vilain garçon, tu m'as… Abandonné.
- Non, non, je…
- Chut, le coupa Bill. Je t'en veux mais pour l'instant, je m'occupe de ta mère. Alors, elle a aimé ?
- Son boulot… C'est toi ?
- J'aime les habitudes de Simone ; où qu'elle soit, elle ne les change pas. Elle adorait mettre ses photos de famille dans sa table de chevet, et parmi ces reliques du bon vieux temps, il y avait exactement ce que je cherchais… Son patron n'a pas dû apprécier de savoir que son fils trompait sa femme avec Simone, pourtant les preuves étaient accablantes, aucun doute possible…
Tom resta bouche-bée quelques instants.
- Mon dieu Bill, c'est…
- Horrible ? Oui, je sais. Enfin, ce n'est pas fini, pas vrai ? On peut encore aller plus loin, sinon, ce n'est pas drôle ! Tu sais, j'adore quand c'est drôle.
- Qu'est ce que tu veux dire Bill ?
- Ne prends pas ce ton apeuré, Tom, tu sais bien que je suis un ange !
Tom pouvait presque imaginer le sourire ironique qui avait certainement fleuri sur les lèvres de son double.
- Mais je me demande quelle sera la réaction de son ex-patron quand l'horrible trahison de son fils sera en première page de la presse locale demain matin…
- Bill, maman n'a jamais couché…
- Evidement, reprit la voix agacée de Bill, coupant de nouveau Tom. Je le sais parfaitement, que cette bonne à rien n'est pas passée par le lit de son patron, vu que je suis à l'origine des montages ! Mais les seuls au courant de ces photos, c'est moi, et Monsieur le patron, et peut-être Simone. Or moi, personne ne me connaît ; Monsieur le patron trouvera donc rapidement de qui vient la fuite !
- Bill… Murmura Tom.
- Ces employées alors, à peine virées qu'elles se vengent déjà dans tous les magazines people… Il faut dire que Simone n'a plus rien à perdre, alors pourquoi avoir peur de Monsieur le terrifiant patron malgré sa réputation de grand méchant ?
- Bill, arrête. C'est bon, maman est à terre, je l'ai vue, tu t'es bien vengé…
- Non, Tom, tu piges pas. Je veux pas juste la mettre à terre, je veux faire bien pire. Je veux lui faire ressentir les pires sentiments qu'un humain puisse avoir, je veux que la seule solution envisageable qui lui reste soit d'en finir…
- Tu veux tuer ta mère ?!
- C'est pas ma mère ! Je t'interdis de dire ça !
- Si, c'est ta mère, que tu le veuilles ou non, et malgré toute la haine que tu as, tu ne peux pas la pousser au suicide !
Tom s'énervait et ignorait d'où lui venait cet engouement à défendre leur mère. Peut-être de la peur qu'il ressentait en entendant cette personne qui se prétendait être Bill parler ; Bill n'était pas un meurtrier.
- Tom, Tom, Tom… Tu es vraiment devenu adorable. Mais ne te mêle pas de ça pour l'instant. Ton tour viendra bien assez vite.
- Bill, tu…
La tonalité du téléphone retentit soudain, empêchant Tom de finir sa phrase.
Il raccrocha le combiné, ses yeux se fermant tous seuls.
Ca y est, il avait retrouvé son jumeau.
Alors je suis désolée y'a eu des confusions dans les chapitres! J'avais oublié de publier celui-là, qui est pourtant quand même assez décisif vu qu'on apprends que la vengeance contre Simone a passer encore un cap, avant l'ultime ligne droite prévue par Bill!
Donc voilà, erreur réparée, et je vous prie d'accepter toutes mes plus plates excuses!
Joyeuses fêtes à tous et toutes! ^^
