Disclamer : Les personnages appartiennent à Tite Kubo. UA - Yaoi

Et voici le début de la bataille finale, j'espère que vous aimerez. Merci de votre soutien et bonne lecture à tous !


Chapitre 11

Brigade financière

Alors que le bâtiment s'était vidé doucement pour la nuit, Toshiro rejoignait enfin son commandant dans les locaux d'écoutes de la brigade financière, comme il le lui avait précisé un peu plus tôt. Intrigué mais pas vraiment inquiet, il y pénétra après un coup à la porte. La présence de tant de monde, dont trois commandants, Shûhei ainsi que la jeune Kiyone en un si petit lieu lui mit tout de suite la puce à l'oreille :

- Un problème ? demanda-t-il après avoir salué tout le monde d'un bref signe de tête.
- Nous avons intercepté une conversation pour le moins… dérangeante, commença Jûshirô.
- Et nous aimerions ton avis sur son contenu, conclut Byakuya jugeant inutile de lui cacher quoi que ce soit.
- Bien… répondit le jeune lieutenant un peu surpris en jetant un regard interrogateur à son amant. Ce dernier se contenta d'un signe d'encouragement alors que Kiyone mettait en marche l'enregistrement.

« Allo ?
- Bonjour mon vieil ami. Ça fait bien longtemps que tu ne me donnes plus de nouvelles…

Cette voix, Toshiro l'aurait reconnu entre mille. Jin Kariya.

- Je…
- Allons, allons, je sais bien que tu as mieux à faire que de penser à tes vieux amis…
- C'est que je n'ai pas vraiment de nouvelles importantes à te donner, tu sais. Il ne se passe pas grand-chose dans ma vie…

Visiblement l'interlocuteur essayait de reprendre contenance.

- Tu exagères toujours… on dit pourtant que tu te prépares à gagner des nouveaux échelons dans ton travail non ? J'ai entendu parler d'une grande réception en ton honneur… Il parait que toute ta boite prépare ça, je me trompe ?
- Tu me surprends. C'est vrai que nous avons signé de nouveau contrat mais je n'en suis pas l'instigateur. La fête qui se prépare effectivement ne me concerne pas directement.
- Ne te fais pas plus modeste que tu n'es. Il serait dommage que tu ne puisses profiter d'une part du gâteau si elle te revient… N'oublies pas ce qui est arrivé à notre ami commun. A trop travailler tout le temps sans profiter de la vie, il a fini par déprimer et mettre fin à ses jours. Je ne voudrais pas qu'il t'arrive la même chose…ça me ferait vraiment de le peine. Viens donc te détendre à la maison un de ces soirs, ça me fera plaisir !
- Bien sûr, je serais également ravi de te voir.
- Et pourquoi pas ce soir ? Je t'attends. Et amènes donc ton jeune ami…
- Mon jeune ami ?
- Mais oui, celui que tu as présenté l'autre jour à mon assistant…
- Oui, bien sûr, je ne suis pas certain qu'il soit disponible… mais je vais faire mon possible.
- je compte sur vous deux ! A ce soir alors, bonne fin de journée »

Toshiro, un peu plus pâle que d'ordinaire, demanda froidement :

- Qui est le salaud qui s'apprête à lui livrer l'un des nôtres ? Qui l'a prévenu de notre intervention ? Qui ?
- Pas si vite Toshiro ! ordonna Byakuya. Dis-nous déjà comment tu traduis cette conversation et voyons si cela coïncide avec ce que nous avons compris…
- J'aurais aimé que Kaien soit revenu aussi, fit Jûshirô. Il aurait pu aussi nous aider…
- On pourra toujours… commença Shunsui mais la porte s'ouvrit sur le lieutenant Shiba, l'interrompant.
- Me voici commandant… messieurs, dit ce dernier en la refermant. J'ai fait aussi vite que possible.

Mis rapidement au courant, une nouvelle fois, la conversation défila dans la pièce. Kaien prenait des notes rapides au fur et à mesure.

- Alors ? lui demanda son supérieur à la fin.
- Il ya une taupe chez nous, répondit le lieutenant.
- Je pense qu'il y en a plus d'une, malheureusement, fit Toshiro.
- Qu'est-ce qui te fais dire ça ? interrogea Byakuya.
- Le fait qu'il soit si surpris au départ. Il ne s'attendait pas à cet appel, il panique presque...
- Ce n'est pas lui qui a informé notre homme, c'est aussi ce que j'en ai déduit, acquiesça Shunsui.
- Plus grave, continua Kaien, notre opération dans son ensemble est compromise.
- En partie seulement, intervint Byakuya, sinon il ne viendrait pas aux nouvelles de cette façon. Mais continuons le décodage.
- Il le menace, lui promet la même fin que Maki Ichinose, reprit le lieutenant en consultant ses notes. Mais malheureusement sans avouer explicitement l'avoir fait disparaître.
- C'est pourtant évident ! grommela Toshiro qui n'ajouta rien de plus devant le regard que lui lança son commandant, visiblement désireux de laisser finir Kaien.
- Il veut un autre contact ce soir avec des précisions sur l'intervention et également sur une autre personne… reprit celui-ci. Mais je ne vois pas bien qui pour le coup… quelqu'un de chez nous qui lui a déjà posé des problèmes avec un de ses lieutenants visiblement…
- Tes conclusions sont les mêmes ? demanda Byakuya à son bras droit.
- Oui…
- Comment savoir qui… commença Shunsui.
- Ichigo ! l'interrompit Toshiro. C'est Kurosaki qu'il veut ! Ça ne peut être que lui !
- Pourquoi Ichigo plutôt qu'un autre ? interrogea Jûshirô.
- C'est logique comme raisonnement, approuva Kaien. Kurosaki a mit en péril leur organisation à lui seul en faisant capturer quelques-uns de ses hommes. Il nous a prouvé à maintes reprises qu'il haïssait la police dans son ensemble. Kariya doit juger nécessaire de se débarrasser de lui une fois pour toute pour une quelconque raison que lui seul connaît. Mais ça se tient.
- C'est bien ce que je redoutais, conclut Byakuya froidement. Il nous faut prendre des mesures immédiates, fit-il en se levant. Commandant Ukitake, merci de vous occupez de réunir au plus vite les commandants avec ces nouvelles informations. Je vous laisse le commandant provisoire de toute cette opération, prenez sans tarder les mesures qui s'imposent. Toshiro, Shûhei, avec moi, nous devons protéger Ichigo au plus vite.

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Alors qu'il rentrait chez lui pour la nuit, Sosuke décida de faire un détour par chez le jeune Ulquiorra. Un sombre pressentiment, sans doute non fondé, mais qu'il préférait vérifier.

Durant les derniers jours, il n'avait pas eu le temps pour se pencher plus sur son problème et il craignait que le jeune homme ne cherche à disparaître malgré la surveillance qu'il avait mise en place mais qu'il avait été contraint d'alléger en raison de la réquisition de ses hommes pour l'opération interservices.

A sa grande surprise quand il se gara en bas de son immeuble, son appartement était éclairé en grand. Ce n'était pas dans les habitudes du jeune homme qui préférait l'obscurité. Il monta rapidement et frappa à la porte. Elle s'ouvrit presque aussitôt sur le meilleur ami du locataire qui le regarda d'un air méfiant :

- Vous voulez quoi Monsieur le policier ? demanda-t-il ironiquement. Faire un peu plus de mal que vous ne l'avez déjà fait ?
- Pardon ?
- Fais-le entrer ! fit une voix lasse depuis l'appartement.
- Après vous !

Sosuke entra et découvrit sur le canapé le jeune Ulquiorra complètement prostré. Ce dernier lui lança un regard désespéré.

- Que se passe-t-il ? demanda le policier.
- Je ne la reverrais jamais plus… murmura simplement le jeune homme.

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Brigade Spéciale

- Où est Ichigo ? demanda Byakuya en entrant dans ses locaux où seul Momo travaillait encore.
- Il est parti voir sa famille, expliqua la jeune femme. Une de ses sœurs l'a appelé pour lui dire qu'elle pensait avoir été suivie cet après-midi. Il a refusé de vous attendre et Grimmjow a préféré l'accompagner.

Pourquoi maintenant ? se demanda le commandant, ce ne pouvait pas être une coïncidence.
Toshiro, déjà, demandait son adresse à Momo :

- Je sais où c'est ! coupa Byakuya. On prend ma voiture.

A peine cinq minutes plus tard, il s'engouffrait dans la circulation de ce début de nuit, toute sirène hurlante. Toshiro et Shûhei s'accrochant comme ils pouvaient.

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Loin de là, dans un entrepôt logiquement désaffecté en bordure de la métropole, régnait une étrange agitation. Les deux policiers en planque dans ce secteur suivaient avec attention tous les mouvements qui s'y passaient depuis que ce lieu avait été décrété comme possible endroit de détention d'otages de Kariya. En effet, on avait noté d'importantes livraisons de matériels de rénovation dans cet entrepôt, logiquement vide de toute présence et à l'abandon. La société qui en était propriétaire était en faillite mais également une de celles rachetées par les sociétés écran du truand. Et depuis quelques heures, se succédaient ici un flot incessant de voitures et petites camionnettes qui déchargeaient des caisses avant de repartir aussi vite :

- Tu en penses quoi ? demanda Gin à sa collègue de la Brigade Spéciale, qui avait été affectée avec lui pour cette mission de surveillance.
- Qu'on devrait aller voir ce qui se passe là-dedans, répondit Rangiku. Tout ça ne me dit rien qui vaille.
- Tu as une idée ?
- Entre deux voyages, il se passe environ un quart d'heure, expliqua-t-elle. On devrait en profiter pour essayer d'y pénétrer par cette fenêtre cassée sur le côté… lui montra-t-elle. Tu la vois ?
- Oui, parfaitement. Et s'il y a des gardes ?
- On observe dans un premier temps, si c'est trop dangereux, on laisse tomber et on demande du renfort pour investir les lieux.
- Pas avant d'en savoir plus, objecta Gin. On risquerait de les alerter pour rien. Ou de faire tuer des otages s'il y en a là-dedans… Il resta pensif un moment. Ok, reprit-il, au prochain passage, on tente le coup !

Dix minutes plus tard, ils avançaient tous deux en se cachant et se couvrant mutuellement vers l'entrepôt. Ils ne rencontrèrent aucun obstacle jusqu'à la fameuse fenêtre qu'ils n'eurent qu'à escalader pour pénétrer à l'intérieur.

- Dix minutes, chuchota Gin qui avait mis sa montre en compte à rebours.

Rangiku hocha la tête et ils observèrent les lieux avant d'avancer. Ils avaient atterri dans une petite pièce de stockage d'après ce qu'ils purent en juger. Ça et là, trainaient encore des bidons vides et des caisses éventrées datant très certainement de la période où cet entrepôt était encore en activité vu la poussière et les toiles d'araignées qui avaient envahi les lieux. Sûrement que les nouveaux occupants des lieux n'avaient pas jugés utile cette pièce car elle avait été laissée à l'abandon. Ils ne s'y attardèrent donc pas et la franchirent rapidement pour rejoindre la porte que Gin entrouvrit prudemment, jetant à un œil à la pièce suivante. Ne repérant aucun signe d'activité, il fit un signe à sa compagne et ils s'y glissèrent avec les précautions d'usages tout de même.

Ils se retrouvèrent dans la salle principale où gisaient les caisses abandonnées dans un coin que ne cessaient de ramener les hommes de Kariya. Des dizaines de néons éclairaient l'entrepôt, prouvant qu'ils avaient l'intention de revenir encore ici. Mais à leur grand soulagement aucun garde ne surveillait les lieux déserts entre deux livraisons.

En face d'eux, sur toute la longueur de l'énorme hangar, une rangée de pièces installées visiblement récemment, sûrement le fameux matériel de rénovation, dont les portes étaient toutes grandes ouvertes et que l'on avait sommairement nettoyées, à ce qu'ils pouvaient juger de leur position.

- Tu crois qu'ils font quoi ? chuchota de nouveau Gin en se traversant l'entrepôt dans sa largeur pour aller y jeter un coup d'œil qui lui suffit à comprendre le but ultime de tout ce remue-ménage.
- Oh mon Dieu… fit Rangiku juste derrière lui.

A ce moment-là montre de Gin émit un petit bip, les avertissant de vite rebrousser chemin.

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Toutes sirènes hurlantes, la voiture de Byakuya s'arrêta dans un crissement de pneus devant la demeure familiale des Kurosaki. Toshiro en avait déjà jailli et frappait comme un forcené à la porte. Mais comme ils purent rapidement le constater, la maison était vide. La porte resta close et rien ne bougeait à l'intérieur.

- Son portable ? Celui de Grimmjow ? demanda une énième fois le commandant.
- Toujours sur messagerie, répondit Shûhei qui venait de réessayer.
- Mais pourquoi les ont-ils coupés ? s'étonna Toshiro. Ils savent bien que…
- L'hôpital ! le coupa son collègue.
- Quoi l'hôpital ? fit Byakuya.
- Il est peut-être là-bas, s'expliqua le jeune homme. Son père y est bien médecin non ?
- Ce qui pourrait expliquer qu'ils aient éteint leur portable.
- On y va ! trancha Byakuya, pas vraiment convaincu par cette explication et sentant une boule d'angoisse grandir au creux de son estomac.

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Appartement d'Ulquiorra

- Raconte, avait dit simplement Sosuke en s'installant en face du jeune homme.

Le jeune étudiant en médecine l'avait longuement regardé, cherchant peut-être dans ses yeux, une trace d'un peu d'espoir et se lança dans le récit de sa vie depuis près de trois ans. Trois années d'enfer à ce que put comprendre rapidement le commandant de police.

Tout avait commencé quand sa jeune sœur était tombée sous le charme de qu'il appelait un mauvais garçon dont il avait oublié jusqu'au nom. Si cela l'avait amusé et qu'il l'avait mise en garde contre ce genre de fréquentation, il n'aurait jamais pu prévoir qu'elle se retrouverait très vite entraîné dans le cercle vicieux du monde de la nuit, avec tout ce qu'il avait d'attirant pour une jeune fille de dix-sept ans, vivant jusque là dans un monde très privilégié et protégé.

Comment l'avait-elle rencontré lui ? Il l'ignorait encore, mais de ce jour tout avait changé dans sa vie. En un éclair elle était devenue une de ses fidèles partisanes dans sa croisade contre les gens soit disant bien pensants, et tout ce qu'il avait pu lui dire pour essayer de lui faire entendre raison n'avait fait que l'éloigner de lui. Persuader de défendre une cause noble, elle était tombée sous la coupe du plus dangereux des hommes qu'il lui avait été donné de rencontrer.

- Jin Kariya, déduisit fort justement Sosuke.
- Loly n'était pas ainsi… elle n'aurait jamais dû croiser la route de ce type.

La suite n'était trop dure à deviner. D'une façon ou d'une autre, Kariya avait fait de la jeune fille un otage, obligeant son aîné à lui fabriquer des drogues en échange de sa survie et sans en avertir la police bien entendu. Le policier commençait à mieux comprendre l'acharnement du jeune homme à se débrouiller seul et à ne rien révéler.

- Qu'est-ce qui a changé ? demanda-t-il alors.
- Vous ! Votre apparition dans ma vie ! Du moins je le suppose…
- Kariya nous a informés à la dernière livraison qu'il n'avait plus besoin de nos services, intervint l'autre jeune homme. Mais quand on lui a demandé de libérer Loly, il s'est contenté de rire aux éclats en nous chassant et en nous disant que c'était hors de question, qu'elle pouvait encore lui être utile. On en a conclu que votre présence autour de nous l'avait effrayé.
- Il n'a jamais eu l'intention de la libérer, rectifia Sosuke. Cet homme ne libère jamais ses proies. Il a juste profité de votre jeunesse et de votre naïveté pour vous le faire croire. Que je sois intervenu dans votre vie n'y change absolument rien.
- Comment pouvez-vous être certain de cela ? lui rétorqua Ulquiorra, visiblement passablement énervé. Maintenant que vous savez tout ce que vous vouliez savoir, partez ! Vous n'avez absolument plus rien à espérer de nous !

Sosuke déposa une petite carte sur la table basse et se leva pour quitter les lieux mais avant de sortir il ajouta, sans se retourner :

- A notre première rencontre ici, je t'ai proposé mon aide… cette offre n'a pas changée. Tu sais où me trouver.

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La nuit était tombée depuis longtemps maintenant alors qu'ils roulaient toujours. Mais plus ils approchaient de l'hôpital, plus Byakuya sentait qu'ils étaient dans l'erreur. Où qu'aient disparus Ichigo et Grimmjow, c'était forcément ailleurs.

- Ils ne sont pas là, dit soudain Toshiro affluant sans le savoir dans son sens. C'est impossible qu'ils aient coupés tous deux leur portable. Ichigo passe encore mais Grim savait qu'on le protégeait, il n'aurait jamais fait ça sans nous prévenir.
- Mais… tu as raison, il est bien trop professionnel pour cela, réfléchit rapidement Shûhei. Mais alors où ? Si seulement l'un des deux avait son portable allumé, on pourrait les localiser !
- Sa montre ! fit Byakuya qui rapidement se gara sur un parking quelconque pour sortir son téléphone.

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Maison de Kisuke Urahara

Il venait à peine de s'endormir que le téléphone sonnait. Avec insistance.

- Répond ! grogna Yoruichi en lui collant le téléphone sur l'oreille.
- Allo !

L'instant d'après Kisuke se redressait sur son lit en disant :

- Je vais tout de suite au labo. Je te rappelle !
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda la jeune femme en le voyant se lever en catastrophe.
- Ichigo et Grimmjow ont disparus !
- Je viens avec toi !

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Dans l'entrepôt

Ils s'étaient réfugiés rapidement dans la pièce de stockage :

- Merde, ils ont de l'avance ! râla Gin à voix basse en se félicitant d'avoir prévu un peu de marge dans son compte à rebours. Planque-toi ! fit-il en la tirant brutalement en arrière alors qu'elle continuait de regarder ce qui se passait dans l'entrepôt.

Gin entraperçut deux fillettes que les hommes amenaient dont une se débattait furieusement avant de refermer la porte aussi discrètement que possible.

- Ils commencent à amener les otages ici, fit-il en se retournant. C'était à prévoir après ce qu'on a vu. Il faut qu'on fasse un rapport rapidement. Il ya a ici une bonne vingtaine de pièces prêtes à les recevoir.

C'était en effet ce qu'ils avaient découverts quelques minutes plus tôt. Des pièces montées à la hâte ne contenant qu'un ou deux matelas, des chaines encastrées dans les murs et un vulgaire sceau en guise de toilettes.

- Je ne bouge pas d'ici.
- Quoi ?
- Gin… je connais ces gamines, dit-elle d'une voix plus que troublée. Ce ne sont pas des otages ordinaires, ce sont les deux cadettes d'Ichigo Kurosaki.

Pour le coup, il en resta sans voix. Effectivement, ça changeait la donne. De l'autre côté de la mince cloison, on entendait les cris furieux de Karin et les pleurs de Yuzu. Rangiku frissonna et sortit son portable.

- On n'a pas de réseau ici non plus, dit-elle après s'être reprise. Il faut que tu ailles prévenir mon commandant ou le tien, ils sauront quoi faire.

Gin réfléchissait à toute allure. Laisser Rangiku seule ici ne l'enchantait pas mais elle avait raison sur un point, il leur fallait des renforts. Maintenant que les deux fillettes étaient là, il y allait avoir un minimum de gardes en permanence. Mais il connaissait aussi l'entêtement de sa compagne et savait qu'elle ne partirait pas avant qu'elles soient sauvées.

- D'accord, j'y vais. concéda-t-il. Mais tu ne bouges pas avant mon retour, ok ?
- Tant qu'il ne se passe rien, je ne bouge pas, promis.

Il sortit rapidement, du moins aussi vite qu'il le put tout en restant le plus discret possible et commença à se frayer un chemin jusqu'à la voiture entre deux rondes de gardes qui semblaient, bel et bien décidés à rester cette fois. Il fut obligé de s'aplatir précipitamment au sol alors qu'un énorme 4x4 s'arrêtait à son tour devant le hangar. Il jura entre ses dents en reconnaissant l'homme qui en descendait, le grand patron en personne. Il pria pour que Rangiku se tienne tranquille et reprit sa route le plus rapidement possible. Une fois la voiture atteinte, il démarra pour atteindre une zone couvert du réseau, croisant une moto qui lui sembla vaguement familière.

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- Qu'est-ce qu'on fout là ? râla encore une fois Grimmjow en tentant d'activer son portable, mais visiblement dans ce secteur les communications ne passaient pas. Soit l'endroit n'était pas relayé, soit on avait installé un brouilleur.
- On cherche mes sœurs !
- T'as aucune preuve qu'elles soient ici !

Ichigo secoua la tête comme pour dire qu'il s'en foutait royalement. Karin l'avait appelé et demandé de le rejoindre ici rapidement et seul, il venait c'est tout. Il n'avait pas pu empêcher Grim de le suivre mais il était là. C'était ses sœurs ! Quoi qu'il se passe, elles étaient en danger. Il en était certain, il l'avait senti à la voix de Karin.

Le rendez-vous fixé par sa cadette les avait emmenés dans un vieux quartier d'entrepôts, pour la plupart désaffectés, à ce qu'il pouvait en juger. Et désert, comme l'avait tout de suite fait remarqué Grimmjow. Trop désert pour que ce ne soit pas un piège. Ils le savaient tous deux. Et qu'il ne puisse prévenir personne énervait encore plus son collègue. Ichigo tenta encore une fois de le dissuader.

- Je ne t'oblige pas à me suivre !
- Ouais… et si je te laisse seul, le commandant va me tuer, c'est certain. Donc je viens quoi que tu en dises !
- C'est là, fit soudain l'orangé en arrêtant sa moto devant une grille.

Derrière elle, se découpait la massive silhouette d'un entrepôt. Pourtant contrairement aux autres, ce dernier paraissait avoir connu une activité récente. Le nombre de voitures garées devant était impressionnant et des hommes, visiblement armés, en gardaient l'accès. Instinctivement, les deux garçons attrapèrent les leurs.

- On est arrivés je crois, fit Ichigo.
- Je le crois aussi…

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Dans l'entrepôt

Rangiku surveillait attentivement ce qui se passait dans l'entrepôt par une petite fenêtre de la pièce de stockage où elle était pour l'instant bloquée. Elle aussi vit Kariya arriver et se rendre immédiatement dans la pièce où ses hommes avaient enfermés, avec quelques difficultés pour Karin, les cadettes de son collègue et ami. Elle ne put pas voir ce qui s'y passa mais le sourire qu'affichait l'homme en sortant, visiblement satisfait, lui fit froid dans le dos. Elle pria pour que Gin réussisse rapidement à joindre leurs supérieurs et revienne près d'elle. Aucun cri n'ayant retentit, elle supposa que les deux fillettes avaient été soient bâillonnées, soit droguées. Dans tous les cas, maîtrisées. Si jamais la moindre occasion se présentait, elle foncerait les délivrer.

Un bruit de moto lui parvint après ce qui lui sembla être une éternité et tous ou presque, partirent vers l'avant de l'entrepôt dont elle ne voyait malheureusement pas l'entrée. C'était le moment ou jamais. Le plus silencieusement possible, elle entrouvrit la porte.

Un bruit derrière elle la fit se retourner :

- Qu'est-ce que tu fais ? fit Gin.
- T'as pu prévenir quelqu'un ?
- Toshiro, ils étaient déjà en chemin, répondit le lieutenant. Et j'ai laissé un message à mon commandant.
- Il n'y a quasiment plus de surveillance ici, je vais délivrer les filles, expliqua Rangiku répondant enfin à sa question. C'est maintenant où jamais.
- Leur grand frère est arrivé, signala Gin. Je l'ai vu en revenant ici, Grimmjow est avec lui.
- Ichigo ?
- Tu leur en connais un autre ? ironisa-t-il en sortant son arme. Allons-y, je te couvre.

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Jin Kariya était particulièrement fier de son plan. Amener ce jeune blanc bec à venir jusqu'à lui seul était une idée de génie. Avec se sœurs en otages, il allait pouvoir se servir de lui bien plus facilement que de Barrigan, qui, au fil du temps, avait perdu sa valeur et ses motivations. De plus, il s'était déjà bien enrichi grâce à sa place privilégié au sein des affaires de la ville. C'est fou ce qu'il avait pu acquérir grâce à lui mais en tant qu'agent de renseignements au sein de la police, il n'était que d'une piètre aide. S'il avait pu capturer les cadettes de ce Kurosaki, ce n'était que grâce à ses propres hommes. Il songea qu'il allait falloir qu'il se débarrasse de Barrigan rapidement s'il ne servait plus à rien. Il allait avoir sous peu une autre mine d'informations bien plus intéressantes au sein des forces de police… et bien plus à son goût, d'après les photos qu'il avait pu glaner ça et là. Bon, il y avait toujours le risque qu'il réagisse comme cet idiot de Maki Ichinose… et c'était bien pour éviter ça qu'il avait préféré prendre ses précautions en capturant ses sœurs.

Quand il entendit la moto, il ordonna à ses hommes de l'encercler discrètement pour lui couper toute retraite et alla à sa rencontre, son katana à la main. Mabashi n'avait pas pu en venir à bout, il allait réparer ce manque et montrer à ce jeune flic qu'on ne le défiait pas sans y laisser des plumes. Bientôt, il lui mangerait dans la main. C'est le sourire aux lèvres, déjà certain de sa complète victoire sur la police qu'il sortit de l'entrepôt. Car pendant que tous ces stupides policiers prépareraient leur grande intervention du lendemain maintenant, lui aurait déjà fait disparaître tous les indices et prit ses précautions pour qu'aucune de leurs stupides pistes ne remontent jusqu'à lui. Pendant qu'il materait ce jeune blanc bec, ses hommes avaient l'ordre d'amener ici en toutes discrétions tous ses précieux otages. Les autres, ceux ou celles qui n'étaient que des jouets pour clientèle riches ou un peu moins encore, chimistes et autres dealers à sa solde, il s'en foutait royalement. Ils étaient si facilement remplaçables et ne connaissait rien de son réseau. Il n'était pas arrivé là où il était sans sacrifier quelques pions. Seuls ses hommes les plus fidèles avaient une quelconque importance à ses yeux. Et encore… Mabashi avec sa stupidité, s'en était exclu tout seul.

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- Renji ! s'écria Kaname en voyant un nombre conséquent de silhouettes s'agiter dans la maison que surveillait les deux policiers.
- Je vois, répondit ce dernier. On dirait qu'ils bougent enfin… et pas qu'un peu !

Kaname appelait déjà le quartier général où l'un des commandants restait présent à toute heure depuis déjà deux jours, justement au cas où. Il fut rapidement mis en communication avec Shunsui Kyôrakû.

En quelques mots, s'appuyant sur ce qu'il voyait et aux commentaires de son partenaire quand à l'identité des personnes qu'il reconnaissait, il lui expliqua la situation présente et attendit les ordres.

Dix minutes plus tard, Renji démarrait suivant le fourgon qui transportait ce qui ne pouvait être que des otages à la façon dont on les avait mis de force dans le petit utilitaire. Kaname à ses côté avait mis en marche un petit boitier contenant un traceur pour que le quartier général les suivent pas à pas.

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Bâtiment de la police, salle de réunion

Jûshirô, Shunsui, Kisuke et Yoruichi, revenus pour guider Byakuya étaient tous quatre présents dans la salle leur servant de quartier général quand Kaname appela. Peu après leur parvenait de toutes les planques sensiblement les mêmes informations. Sosuke était en route après avoir reçu le message de Gin et en liaison constante avec eux. Byakuya lui, se rendait à l'entrepôt, grâce d'abord à la localisation de Kisuke, puis à la confirmation de Gin et avait simplement demandé qu'on leur envoi quelques renforts si c'était encore possible en apprenant la situation.

A eux quatre, ils rappelèrent les troupes parties pour la nuit et un temps qui frisait le record absolu, réussirent à improviser des lieux d'interceptions des convois transportant les otages signalés à plusieurs endroits de la ville. Le commandant Kenpachi arriva rapidement dès qu'il fut mis au courant de la situation pour coordonner ses troupes et soutenir les policiers dans les interceptions.

- Et si c'était des leurres ? demanda soudain Yoruichi.

Un échange de regard suffit aux cinq commandants alors que Sosuke arrivait sur les lieux :

- Couvrons les endroits désertés avec des troupes de surveillance. Il y a peu de temps d'écoulé, ça devrait être jouable.

De nouveaux ordres partirent à une vitesse folle, essayant de parer à toutes les tactiques possibles qu'auraient pu imaginer ou mettre au point Jin Kariya. D'autres troupes furent mobilisées mais Kisuke refusa tout net de déplacer les forces de police en service régulier, déclenchant par cette attitude, peu courageuse à son goût, le mépris du commandant Aizen.

- Dis ce que tu veux, rétorqua calmement Kisuke à son collègue. Mais si nous faisons ça, nous entrons dans son jeu. C'est exactement ce qu'il attend de nous.

Le raisonnement se tenait mais Sosuke ne lui fit pas le plaisir de le lui faire remarquer, se concentrant sur le déploiement des troupes dans l'embuscade qu'il était en train de mettre au point pour arrêter un des convois.

- Ils se dirigent tous au même endroit, dit soudain Jûshirô qui regardait les différents points se déplaçant dans la ville et représentants leurs hommes en temps réel.
- L'entrepôt bien sûr, fit Sosuke. Gin n'a-t-il pas dit qu'il était prêt à recevoir des prisonniers ?
- C'est exact, approuva Shunsui. Mais ça peut aussi être une manœuvre pour simplement nous le faire croire.
- De toute façon, quoi qu'il se passe là-bas, Ichigo et Grimmjow y sont déjà ainsi que Rangiku et Gin. Byakuya, Toshiro et Shûhei ne tarderont plus maintenant à les rejoindre.

Les cinq commandants regardèrent la carte de la ville où brillaient les points représentant leurs forces, brusquement anxieux.

- J'y vais, décida soudain Shunsui. On a fait tout ce qu'on pouvait ici.
- Allez-y tous, déclara Kisuke. Je reste ici !

Il n'en fallut pas plus aux cinq commandants pour se jeter dans la bataille. Kisuke les aurait presque enviés mais sa place était ici, pour coordonner l'opération et les soutenir en cas de besoin.

A suivre…