Jour XI
Les fées nous échappent. Elles sont radieuses et on ne peut les saisir, et, ce qu'on ne peut pas avoir, on l'aime éternellement.
Jules RENARD, Journal
Le petit enfant sortit sa tête des buissons et fixa son regard verdâtre sur une personne endormit sous un chêne à une vingtaine de mètre de là. Sans faire un bruit, il sortit de sa cachette et s'approcha doucement de l'inconnu. Arrivé à son hauteur, il remarqua qu'il s'agissait d'une jeune fille d'à peine huit ans. Elle était trop belle. Ses cheveux châtains bouclaient sur ses épaules. Sa peau blanche contrastait avec le rouge de ses lèvres et de ses joues alors que sa tunique d'un bleu comme ceux des cieux épousait à merveille son corps frêle. Peut-être était-ce une fée un peu trop grande? Mais les murmures de ses amis magique lui apprirent le contraire.
Soudain, l'inconnue cligna des yeux et les posa sur la petite nation. Ce dernier, voulant s'échapper précipitamment, tomba après s'être trébuché à une racine. Il se releva, décidé de fuir le plus loin possible, mais la douce voix de la jeune fille lui demandant de ne pas partir l'arrêta. Il se retourna et scruta son expression. Lui voulait-elle du mal?
- Attend s'il te plait, ne pars pas.
Il ne comprenant pas, mais l'écouta, calmement.*
- Je m'appelle Françoise, déclara la jeune fille, et toi?
Après un regard vers la forêt, il replongea ses yeux verts dans ceux violets de l'inconnue.
Tout à coup, une flèche passa devant ses yeux et se planta au tronc de l'arbre qui se trouvait un peu plus loin derrière lui. L'enfant regarda immédiatement d'où était venue la flèche et jura quand il vit une chevelure rousse comme le feu: son grand frère.
Alors, oubliant la belle jeune fille, il courut jusqu'à la forêt, sachant qu'il serait en sécurité une fois entre les arbres.
Mais du coin de l'œil, avant de s'engouffrer dans son antre aussi vert que son regard, il vit son grand frère parler avec la grande fée.
Il ne pouvait s'agir que d'une fée, elle était beaucoup trop belle pour être une simple humaine.
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* : Ceci se passe avant la conquête de Guillaume le Conquérant, donc les anglais ne parlent pas encore le français.
