Disclaimer : Rien de des univers d'Harry Potter ou des contes repris par la compagnie de Walt Disney ne sont ma propriété.

Pairing : DM/HP, BZ/RW, TN/NL

Rated : MA (je préviendrai en début de chapitre en cas de relation explicite !)

Rappel : Cette fic comprend un prologue, un interlude et 31 chapitres. Je poste tous les vendredis. :)

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LaFanYaoiste -

Et oui, je pose des questions alors que j'ai déjà les réponses... quelle fourberie ! xD
Malheureusement j'ai été plus fourbe encore et la réponse à cette question n'est pas (vraiment) pour aujourd'hui ! Tu vas bientôt voir ce que je veux dire par là... Quant au bal, même s'il n'est pas pour tout de suite-tout de suite, c'est vrai qu'il ne fait qu'approcher ! ;)
Pour répondre à ta question, j'ai commencé à écrire grosso-modo en 2011, quand j'étais au lycée ! (J'ai commencé à publier en 2012!) Et pour le vendredi, je publie plus ou moins quand je me lève, donc pendant l'été c'était quelque part entre 10h et 11h je pense, mais comme je vais reprendre en septembre (c'est aujourd'hui septembre... ToT) ça sera peut-être encore plus tôt ! En tout cas normalement avant midi. Si pour une raison ou pour une autre je devais publier plutôt le soir je vous préviendrais ! :)
Bonne lecture ~

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Encore et toujours un grand merci à celles et ceux qui continuent de m'ajouter en favoris et/ou follow sur cette histoire ! :)

Enjoy !

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- Eaux troubles -

-Arthur… ?

La voix ensommeillée de son épouse le fit sursauter, et il se retourna vers elle au milieu de sa salle du trône vide. Elle avait les petits yeux de quelqu'un qui venait de se lever à contrecœur et Arthur s'en voulut en comprenant qu'en ne le voyant pas dans leur lit, elle avait pris peur.

-Mon chéri, que fais-tu debout à une heure pareille ? Demanda-t-elle, inquiète.

Il soupira – à vrai dire, il se sentait un peu bête maintenant qu'il avait été pris sur le fait à nager en rond seul dans cette salle en pleine nuit. Il alla vers elle et lui prit les mains avec douceur, comme pour la rassurer.

-Ce n'est rien mon cœur, c'est juste… enfin, je pensais à Ronald. Il m'inquiète tu sais…

-C'est à cause de cette histoire de sauvetage ?

Elle avait froncé les sourcils. Arthur savait qu'elle aussi se sentait concernée à ce propos, et cette manie qu'avait leur fils de se mettre constamment en danger. « Est-ce qu'il t'en a reparlé ? », mais Arthur nia d'un mouvement de tête. Il n'avait plus reparlé avec son fil depuis cette dispute la veille au soir.

-Que crois-tu que nous devrions faire ? Soupira-t-elle alors, impuissante.

-Je ne sais pas ma chérie, j'en viens à me demander si…

Silence. La fin de sa phrase resta en suspens dans les eaux entre eux – il évitait même maintenant le regard de son épouse. Il savait que ce n'était pas la meilleure des idées. Molly fronça les sourcils une fois encore. « Si quoi ? ». Arthur, qui avait sans s'en rendre compte reprit ses ronds dans l'eau, s'arrêta de nouveau en soupirant.

-Si nous ne devrions pas lui arranger des épousailles.

Ça y était, les mots étaient prononcés. Le visage de la reine se décomposa.

-Un mariage arrangé ! S'écria-t-elle, alarmée.

C'était une idée qui la révoltait au plus haut point, mais que donc avait bien pu passer par la tête de son mari pour qu'il en arrive à de telles conclusions ! Marier Ron, et si jeune ! Il n'était encore qu'un bébé, il était son tout petit, quelle genre de mère serait-elle si elle acceptait de le forcer au mariage ! Tentant de se ressaisir – échouant pour la plupart –, voulant par-dessus tout savoir comment ils en étaient arrivés là avec leur cadet, elle s'exclama :

-Mais, Arthur ! Nous n'avons jamais obligé nos enfants à se marier !

Elle avait raison, et Arthur savait à quel point elle avait raison. Il fut un temps, oui, peut-être, le père de son père ou son père avant lui aurait pu connaître des provinces qui mariaient leurs enfants, mais le peuple de la mer était au-dessus de ça maintenant. Et pourtant, Arthur y songeait vraiment.

-Jamais l'un d'entre eux n'a été si difficile, ma chérie ! Plaida-t-il – et dans sa voix Molly comprit à quel point il était désespéré. Peut-être qu'alors toutes ces élucubrations à propos de la Surface cesseraient enfin !

Molly n'en croyait pas ses sens. Pourtant, une petite voix, une toute petite voix à l'arrière de sa tête lui soufflait que peut-être son mari avait raison. Elle baissa les yeux. Arthur avait repris ses allers et retours.

-Peut-être, bafouilla-t-il, peut-être que nous pourrions lui en parler et- et voir s'il n'y a pas quelqu'un avec qui il aimerait vivre, au moins pour une période d'essai… Quelqu'un avec qui il se plairait, avec qui il se plairait assez pour perdre le goût de l'exploration de ces maudits navires et de cette maudite terre ferme, et… je ne sais pas, peut-être, au bout d'un moment, tomber amoureux…

-C'est fou, fit Molly alors. C'est complètement fou. Jamais il ne voudrait.

Elle nagea, doucement, vers son mari, et d'une main sur son épaule elle l'incita à s'arrêter – et à se détendre. Il se retourna vers elle, les yeux dans les siens, et sourit avec gêne. Il voulait tellement bien faire pour leur enfant. Il voulait tellement qu'ils vivent heureux, et longtemps. Elle prit son mari dans ses bras.

-Laisse-lui un peu de lest, fais-lui confiance. Il connaît cette baie mieux que nous deux réunis, et il est assez sage pour ne pas courir le risque d'approcher de trop le rivage.

Il avait sauvé un homme de la noyade, et ça les avait effrayés tous les deux – qu'il se soit mis en danger, qu'un homme ait remarqué sa présence, qu'il se soit montré vulnérable aux yeux de cette espèce de pêcheurs. Mais le respect de la vie était une valeur qu'eux-mêmes lui avait appris et elle pensait qu'avant d'en venir à de tels extrêmes que le mariage arrangé, ils devraient prendre un peu de recul et tenter de se parler.

-Nous devrions peut-être tout de même demander à Hermione de garder un œil sur lui… Soupira-t-il, résigné.

-Si tu veux, rit doucement son épouse alors. Et si vraiment ça te préoccupe, nous pourrons lui présenter quelques sirènes avec qui il pourrait s'entendre, sourit-elle en s'écartant de l'étreinte.

-Oh.

Arthur se figea, le temps d'un instant. Puis eut un petit sourire embêté, suivi d'un petit rire amusé.

-A ce propos… Commença-t-il.

Et ce fut avec un certain étonnement que Molly revint sur sa proposition. Après tout, ils pourraient tout aussi bien lui présenter des tritons. Mais le plus important, pour l'instant « mon cœur », lui dit-elle, était de retourner se coucher.

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Ron ne s'était jamais senti aussi mal-à-l'aise dans sa propre maison. Son père avait placé un garde dans le couloir qui menait à sa chambre et un autre près de sa fenêtre. Il était littéralement prisonnier de cette pièce. Il tentait en vain de s'endormir, mais la présence constance de cette surveillance le mettait à cran. Les yeux fermés, il tournait et se retournait dans sa couche. Il ne pouvait pas arrêter de penser à la colère de son père, au sourire du Prince Blaise, à toute la joie qu'il ressentait quand il respirait l'air de la Surface, et au malheur auquel le forçait son père en l'obligeant à rester au palais.

Il y eut un bruit près de la fenêtre, et il se redressa, vivement.

-Qui est là ? Chuchota-t-il – son cœur battait un peu trop vite. Seamus, c'est toi ?

Il regarda dans tous les recoins de sa chambre, mais il était incapable de voir quoi que ce fût. Il plissa les yeux, tentant de s'habituer à l'obscurité. Il y eut un mouvement sur la gauche de la pièce et il sursauta, retint son souffle. Il lui échappa un cri, même, quand une femme sortie de nulle part apparut devant lui.

-A-à l'aide ! Cria-t-il. Intrusion !

Mais la jeune femme eut un rire léger, un de ceux qui auraient pu être rassurants mais qui le terrifia. Il la reconnaissait. C'était la Magicienne – son père avait bannie sa famille de la cour, il y avait de ça des années. De ses tentacules de pieuvre, elle avança avec flegme sur son lit, s'allongea sur sa nageoire par-dessus les drapés d'algues qui le protégeaient des courants froids du soir, et soupira longuement, petit sourire au coin des lèvres.

-Mon prince, mon bon prince, cela ne servirait à rien… je ne suis pas vraiment là, tu rêves, mon cher ami.

Ron fronça les sourcils, regarda autour de lui, toujours paniqué. C'était impossible, il ne s'était pas endormi… ou est-ce que si ? Il se sentait trembler depuis le bout de sa nageoire caudale à la pointe de ses cheveux – ça lui semblait bien réel, à lui.

-Qu-que fais-tu là, Magicienne ? Trouva-t-il le courage de demander, avec ce qu'il put d'agressivité.

-Ooh, je t'en prie… Sourit-elle. Appelle-moi Pansy.

Il n'avait aucune envie de l'appeler ainsi. Tout chez elle était noir, de la teinte de ses tentacules à la couleur de ses cheveux, en passant par les reflets dans ses yeux et les aspects de sa magie. Qu'importait ce qu'elle avait à proposer, ce n'était pas honnête. Leur père, très jeunes, leur avait appris que la magie était à manier avec prudence, et que seul quelques sages pouvaient parfois s'y prêter avec attention et délicatesse.

-Je n'ai pas pu passer à côté de cette terrrrrr ible dispute que tu as eu avec ton Papa… Minauda alors la Magicienne, roulant sur le lit et avançant de ses multiples pattes souples dans la pièce sombre. Je crois – en toute humilité – que je peux peut-être faire quelque chose pour toi.

Ron voulut répondre qu'il n'était pas intéressé, mais son cœur battait fort d'appréhension et il ne put rien dire du tout. Pansy se retourna dans sa direction, fit un ample et grand cercle dans l'eau avec sa main, et il apparut soudain dans sa chambre des images claires et lumineuse en mouvement comme dans une boule de cristal. Ron put y voir le Prince Blaise, dans de merveilleux habits, les étoiles au-dessus de sa tête et les luminaires de feu tout autour du balcon où il se trouvait, illuminant son visage autant que ce rire faisait briller ses yeux. Ron détourna le regard, tout le visage.

-Eh bien quoi ? Cracha-t-il, amer.

-Mon pauvre, mon pauvre… Soupira la Magicienne. Je vois bien que tu es peiné à l'idée de ne jamais le revoir… c'est ça, l'amour…

Ron sursauta, se retourna vers elle. L'amour ? Non, il n'était pas amoureux. Et pourtant il avait un peu rougi… Elle eut de nouveau ce petit rire qui débordait de légèreté.

-Que dirais-tu si je t'offrais la possibilité d'aller vivre… sur terre ? Avec lui ?

Le jeune prince tressaillit. Comment ? Quitter sa famille, ses amis ? La mer ? Pourquoi voudrait-il faire une chose pareille… bien sûr il désirait ardemment revoir le Prince Blaise un jour, et peut-être même avoir la chance de lui parler, mais de là à tout laisser derrière, il n'était pas vraiment sûr de… Mais la Magicienne soupira, dramatique, et le tira ainsi de ses pensées.

-Moi je propose ça, tu sais, c'est pour ton bien…

Elle secoua la main alors et les images changèrent. Ce n'était plus le monde des humains et ce balcon dans la nuit, c'était la salle du trône, ici et maintenant. Ron fronça les sourcils en y voyant ses parents, tardant à aller se coucher – sa mère debout près des grands sièges, son père faisant allers et retours sur allers et retours, brassant l'eau de la grande salle.

-Mais, Arthur ! S'exclamait Molly. Nous n'avons jamais obligé nos enfants à se marier !

Elle semblait désarmée et le sang de Ron se figea. Ils voulaient… faire quoi… ? Mais son père, qui ne s'arrêtait toujours pas de nager, répondit immédiatement :

-Jamais l'un d'entre eux n'a été si difficile, ma chérie ! Peut-être qu'alors toutes ces élucubrations à propos de la Surface cesseraient enfin !

Ron ne vit pas le sourire carnassier de la Magicienne derrière la boule de lumière. Elle mit fin à la vision, et soupira de nouveau. Le jeune prince n'en revenait pas. La sensation de trahison qu'il ressentait au plus profond de lui semblait l'avoir entièrement vidé de sa volonté. Ses parents voulaient le marier. Ils voulaient le marier avec un triton qu'il ne connaissait pas, pour l'enchaîner au palais pour toujours. Un frisson le parcourut quand il se souvint qu'Arthur et Molly ne connaissaient pas tout de lui – pire alors, ils lui feraient marier une sirène qu'il ne pourrait jamais aimer ! Il eut froid alors, et se sentit plus seul que jamais.

-Bien sûr rien ne presse mon chou, rien ne presse ! Lança la Magicienne comme s'ils parlaient d'acheter un nouveau tapis. Je te laisse me contacter dès que tu auras fait ton choix, après tout, tu sais où me trouver…

Et, dans un claquement de doigts, Ron se réveilla – en sueur, et paniqué. Tout avait semblé, tout avait semblé… si réel ! Il tenta de reprendre sa respiration, soufflant longuement, plusieurs fois. Du coin de l'œil, il vit du mouvement sur sa gauche, aperçut les dos fuyants par la fenêtre des deux murènes serviteurs de la Magicienne. Elle avait dû se servir d'eux pour communiquer avec lui durant son sommeil… Il voulut donner l'alerte au garde devant la fenêtre, mais la proposition de Pansy tournait encore dans son esprit ensommeillé. Il se recoucha avec prudence, les yeux fixés sur son plafond. L'amour… Ron doutait que c'était ce dont il s'agissait. Se tournant sur sa couche, il se recroquevilla sur le côté. Les yeux sur son mur, il ne parvint ni à se rendormir, ni à penser à autre chose. Les paroles de son père repassaient encore, et encore, en boucle sous son crâne… Il se força à fermer les yeux, changea de position plusieurs fois. Il avait la nausée. Comment pouvaient-ils vouloir lui faire une chose pareille… l'enchaîner pour toujours par le mariage à quelqu'un qu'il n'aimait pas et qu'il ne pourrait jamais aimer…

Pourquoi son père voulait-il à ce point le voir souffrir ?

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Le pigeon était arrivé à l'aube. Son message passa entre les mains du surveillant-pigeonnier, qui ne l'ouvrit pas – ce n'était pas son travail. Il alla l'apporter au serviteur préposé au couloir de sa tour, qui ne l'ouvrit pas – ce n'était pas son travail. La lettre était adressé au Seigneur Jedusor lui-même, alors le serviteur préposé au couloir longea son territoire jusqu'aux prochains escaliers, et inséra la lettre dans une fente qui faisait l'accès dans le mur d'un conduit construit à cet effet. La lettre, en tombant, fit un bruit très reconnaissable pour le préposé au couloir de l'étage du dessous. Il ouvrit sa trappe, prit la lettre, mais ne l'ouvrit pas – ce n'était pas son travail.

Le préposé au couloir de l'étage du dessous marcha donc le long de son territoire pour trouver un garde, en stationnement justement au bout de cette zone du palais. Le garde, qui pouvait quitter l'endroit sans se faire réprimander, traversa le bâtiment de moitié, descendit encore un étage et alla frapper à la porte du bureau de Sir Pettigrow. Quand la lettre arriva dans les mains du loyal Peter, elle était toujours soigneusement cachetée. C'était un saut municipal, et Peter Pettigrow le brisa.

La lettre était ouverte, et ça ne lui avait pris que treize minutes.

Pettigrow faillit s'étouffer en la lisant – il sauta de sa chaise et elle faillit se renverser. Il sortit de son bureau en trombe, laissant là en plan le garde qui la lui avait apportée. Le soleil était tout juste levé et il savait que son Maître dormait encore, après le périple de ces derniers jours, mais il savait aussi que s'il tardait à lui apporter la nouvelle il pourrait tout aussi bien lui offrir directement sa tête découpée sur un plateau.

Il frappa à sa porte avec conviction. Une fois, puis deux, en insistant. Quand la porte s'ouvrit sans que personne ne se trouve derrière, il déglutit. Il avait toujours trouvé terrifiante la magie de Jedusor.

-J'espère que tu as une bonne excuse… Résonna la voix de son Maître, comme d'outre-tombe, depuis l'obscurité de la pièce.

Peter bafouilla, bredouilla, balbutia, avant d'enfin pouvoir sortir quelque chose d'intelligible.

-Ou-ou-oui M-Maître ! Une gran-grande nouvelle !

Il se pressa à l'intérieur et trébucha sur ses propres pieds dans le noir. Au chevet du Seigneur, il s'inclina aussi bas qu'il put, les mains bien en avant, la lettre posée dessus. Jedusor la lui prit avec une certaine impatience. Si ce moins que rien l'avait réveillé pour des broutilles… Mais il alluma la lumière, et ses yeux s'habituant doucement il put parcourir les quelques lignes couchée sur le parchemin.

« Héritier repéré. Doit résider au pays Zabini. Se rend tous les jours à la frontière ouest la plus proche : aisé de lui couper la route.
Récompense à adresser à : Rodulphus Lestrange.
»

Il eut un rire, un rire si fort et si grandiose que Pettigrow en frissonna. Finalement, il retrouvait toute sa bonne humeur ! Lestrange, voici des mois qu'il n'avait plus entendu parler de ce rat, et maintenant il lui apportait une nouvelle si précieuse ! C'était tout lui.

-C'est parfait ! S'exclama-t-il. C'est parfait Peter ! Qu'on convie cet homme au palais et qu'on lui prépare son argent. Quand a-t-on prévu d'exécuter Black ?

Il jetait déjà la lettre sur son lit et repoussait ses draps avec énergie. Il marcha vers son armoire avec conviction et Pettigrow rougit jusqu'aux oreilles en détournant le regard le plus loin possible. Son Maître dormait aussi nu que le jour de sa naissance.

-De-demain, Monsieur, répondit-il.

-Merveilleux.

Il passa un sous-vêtement de soie, un pantalon de couleur sombre, une chemise resplendissante de blancheur, essaya différents couvre-chefs.

-J'ai donc tout le temps de m'absenter.

Dans sa gigantesque armoire, il chercha une cape digne de son statut. Elles l'étaient toutes – il choisit sa plus récente. Mais il changea d'avis, et l'échangea contre une autre, plus ancienne. Si jamais il arrivait un peu trop tard et qu'il devait s'aventurer en forêt, il préférait ne pas risquer de ruiner sa plus belle cape. L'héritier Potter ne valait pas ça.

-Avec de la chance je serai rentré avant la nuit ! Lança-t-il à son serviteur.

Pettigrow s'inclina et Jedusor passa devant lui pour sortir de sa chambre sans plus lui accorder un regard. Dans son bureau il prendrait quelques instants pour concevoir un transporteur ensorcelé. Et il serait par-delà la frontière Zabini en une poignée de secondes.

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Le pigeon qui arriva dans les montagnes en début de matinée fut intercepté par le surveillant-pigeonnier avant même qu'il n'atteigne le nid. La lettre fut décrochée – elle était adressée à Sa Magnificence. L'homme venait d'être promu au rang de coursier et il ne connaissait que trop bien le sort qu'avait connu son prédécesseur, alors il la décacheta dans l'urgence. Il ne voulait pas apporter à sa Maîtresse une nouvelle sans importance. Il parcourut les quelques lignes, et courut alors hors de la terrasse au pigeonnier pour traverser couloirs et escaliers.

Il entra par la porte de service dans la Grande Salle principale, pour y trouver Ombrage stoïque et sombre, Greyback à ses côtés. Il fut impressionné – il n'avait jamais vu l'homme, que l'animal. Grand, massif, habillé tout de gris, des vêtements qui semblaient venir d'ailleurs. Ses longs cheveux noirs et sa barbe de plusieurs jours lui rendaient cet air sauvage qu'il avait sous sa forme de bête. Ombrage tourna le visage vers lui, sèche, et son regard le transperça de part en part.

-Que fais-tu là, siffla-t-elle entre ses dents.

Il déglutit, s'avança prestement, et mit un genou à terre devant son trône.

-Ce message vint d'arriver, dit-il. Ça parle de l'héritier.

-Comment ?!

Elle lui arracha la lettre des mains, et se leva, prestement, en lisant les quelques mots. Greyback tourna la tête vers elle, mais son expression resta impassible – le préposé au pigeon se demanda s'il pouvait entendre son cœur battre de peur. Mais à vrai dire, c'était les battements du cœur de sa Maîtresse que le lycanthrope écoutait avec admiration. Il n'avait plus senti chez elle une telle adrénaline depuis des années.

-Fenrir ! Lança-t-elle – et il eut un petit sourire cruel.

Elle serra alors la lettre si fort dans son poing qu'elle se froissa dans la seconde, en une boule compact.

-Prépare-toi, dit-elle, nous descendons au pays de mes paires…

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Cela faisait quatre jours qu'il n'avait pas reçu de nourriture. Allongé sur la paille humide et puante, au fond de sa cellule, Sirius ressentait la faim, plus intensément que jamais. Les yeux fixé sur le plafond, asséchés de fatigue, il comptait les heures – l'oreille aux aguets des humeurs du clocher dans la cour. Il n'était jamais au chaud, jamais au sec. Une aération de la taille d'un pied, au sol, à l'autre bout de sa cellule, faisait constamment entrer le vent. Jedusor n'avait mis que quelques heures à se rendre compte du subterfuge. Aujourd'hui, Sirius regrettait de ne pas avoir fui au moment même où il lui avait remis le cœur de biche.

-Remus…

Le souffle s'échappa de ses lèvres sèches et sa voix, depuis sa gorge rêche, sonna étrangère à ses oreilles. Il avait été si sûr qu'il le reverrait un jour. Qu'ils auraient une seconde chance. Il ferma les yeux. La soif le gagnait, mais il avait déjà bu au matin le contenu de la flaque auprès de l'aération. L'humidité de la nuit et la rosée du matin. Sirius savait bien ce que signifiait le fait de ne recevoir ni eau ni nourriture : Jedusor cherchait une raison de le faire exécuter. Il n'y avait pas d'autre explication. On ne dépensait pas inutilement des vivres sur un homme qui sous peu allait mourir.

Un bruit le fit sursauter, nerveusement. Il se redressa, prêt à chasser un rat – et non pas dans le sens de s'en débarrasser, mais bien dans celui de tuer. Mais ce n'était pas un rat. C'était un parchemin, roulé, jeté dans sa cellule par l'aération. Sirius savait qu'il avait encore quelques amis au palais, si c'était des nouvelles du monde c'était sans doute l'un d'eux qui agissait en cachette. Il se jeta sur le mot.

Et alors, il pâlit. Miséricorde. Les larmes lui montèrent aux yeux, il sentit la dernière once d'espoir le quitter pour toujours. A genoux sur le sol, il s'affaissa plus encore. Son dos rencontra la pierre dure, et il ferma les yeux, joint les mains par-dessus le parchemin, en prière. Une larme dévala sa joue, suivie par des dizaines d'autre.

Remus, mon Amour, si ces nouvelles te parviennent je t'en conjure de ne pas en croire un mot ! Pria-t-il.

De toutes les façons qu'il pouvait imaginer mourir, celle-ci était de loin la pire. Calomnié, haï, et par-dessus tout sachant qu'il avait failli.

James, ton fils, ton fils ! Pria-t-il. Je t'en supplie pardonne-moi mon frère, j'ai échoué, j'ai échoué…

Il avait juré de protéger Harry, et aujourd'hui il était mort. Jedusor l'avait tué, et bientôt ce serait au tour de Sirius de périr de sa main – sous les huées, sous la colère et sous la haine.

Remus, mon si cher, pria-t-il. Je t'en conjure, continue de m'aimer !

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« Annonce Publique.

Le Palais Royal et sa Majesté le Seigneur Jedusor ont la terrible peine de vous apprendre que le Prince Harry Potter, héritier au trône et enfant légitime de feux nos Souverains bienaimés, a été victime d'une terrible trahison et assassiné dans la nuit, dans l'intimité de sa propre chambre.

L'assassin, Sirius Black, a été pris sur le fait et immédiatement jeté en prison, où il séjourne depuis cet instant. Cet acte de trahison, clame notre Seigneur, doit être puni par la mort. Une exécution publique sera organisée au lendemain de ce jour, l'assassin y sera pendu devant foule, sur la place générale du marché.

Le pays est en deuil ce jour.

Le prince est mort, vive le Roi ! »

A suivre...


La réponse était donc : "quelqu'un d'autre" ! \ o / Oui parce que je considère que les problèmes sont arrivés un peu plus tôt pour Ron et Sirius... même si pour Ron rien n'est encore vraiment joué... (A moins que ce soit déjà trop tard pour Harry ?! o-o)

En tout cas, comme toujours, j'attends vos avis et impressions avec la plus grande impatience ! Et je vous dis à vendredi prochain (08/09/17) pour le chapitre 10 ;)

Ciao ciao ~
Chip.