Salut à tous mes lecteurs. Voici de quoi vous distraire un peu si vous ne profitez pas du beau temps de ce samedi. Amusez-vous bien et n'oubliez pas la petite revue qui réchauffe le coeur des auteurs... :)


Chapitre 11 : le Tournoi des Trois Sorciers

Les calèches avançaient lentement. Quoi que ce fût qui les tirait sur le chemin boueux, cela peinait à gravir la pente menant à l'école. Harry avait soigneusement enroulé les bords de sa cape autour de lui pour se protéger un peu de l'humidité. Il avait le nez rempli d'une odeur de vieux cuir et de moisi.
Dans un affreux couinement, la calèche qu'il partageait avec Sarah, Blaise, Théodore et Millicent s'arrêta au pied de l'escalier de pierre donnant accès au château. Se couvrant la tête au maximum, les Serpentard se ruèrent à l'intérieur. Malgré cette précaution, ils entrèrent dans Poudlard totalement trempés et de grosses flaques se formaient un peu partout sur le passage des étudiants.

- AARGH !

Ron Weasley venait de recevoir une bombe à eau sur la tête, courtoisie de Mr Peeves, l'esprit frappeur, qui avait l'air de bien s'amuser. Weasley s'ébroua en crachant et se mit à traiter Peeves de tous les noms. Celui-ci balança une autre bombe, qui atterrit précisément sur les cheveux toujours mal disciplinés d'Hermione Granger. Harry entendit Sarah murmurer « Hourra ! » dans son dos.

- PEEVES ! hurla la voix familière du professeur McGonagall. Descends de là TOUT DE SUITE !
- Ben quoi, je fais rien de mal ! protesta Peeves tout en visant un groupe de filles qui allait entrer dans la grande salle. Ils sont déjà mouillés, tous ces petits morveux, non? Ha ha ha !
- Tu veux que j'appelle le directeur ? Ou le baron, peut-être ?
- Woups… fit Peeves avant de déguerpir, non sans lancer sa dernière bombe en direction de Sarah.
- Elle a trouvé le bon truc, commenta Millicent d'un air appréciateur.
- OUAH !

Sarah avait tenté d' attraper la bombe au vol, et celle-ci lui avait explosé dans les mains.

- Sont plus sensibles que je ne le pensais, ses bombes à eau...
- Tout le monde à l'intérieur ! aboya McGonagall.

La grande salle était toujours aussi généreusement éclairée par des rangées de chandelles flottant en l'air. Sans s'occuper des autres élèves qui murmuraient toujours autant sur leur passage, les Serpentard allèrent s'asseoir à leur table. Harry et ses camarades prirent soin de se trouver le plus loin possible de Drago Malefoy et sa clique.

- Eh ben Harry, cette fois, tu ne couperas pas à la répartition, hein ? s'amusa Blaise.

Il était vrai qu'à part la sienne, Harry n'avait assisté à aucune de ces cérémonies. Il n'était pas sûr d'apprécier le spectacle. Il se doutait que chaque nouvelle entrée à Serpentard allait signifier qu'un môme de onze ans serait désigné comme pestiféré par les trois quarts de l'école et traité comme tel.

- On a des petits frères et sœurs qui arrivent, cette année ? demanda Théodore.
- Ouais ! répondit Philip Urquhart en agitant la main. J'ai un frère et une sœur jumeaux et ils entrent ce soir. J'espère que ce choixpeau ne va pas me les envoyer à Poufsouffle ou à Gryffondor…
- Dites, c'est moi ou on n'a pas de prof de défense, cette année ? McGonagall doit faire son speech aux nouveaux, Hagrid les amène, mais il y a encore un autre trou à la table de profs, remarqua son compère Robert FitzRoy.
- Peut-être que personne n'a eu envie de reprendre le poste : après tout, vu qu'on a eu un mort, un licenciement sec et un interné à Sainte-Mangouste, récemment, il y a de quoi refroidir un peu les vocations.

La tablée éclata de rire, s'attirant des regards surpris ou vaguement énervés. Le directeur de Serpentard leur jeta à peine un coup d'œil avant de revenir à sa conversation avec Sinistra, dont l'excentrique coiffure à la mode africaine était une vraie réussite. Harry se demanda combien de temps il avait fallu à l'astronome pour réussir cet assemblage complexe de tresses et d'objets décoratifs en métal. En tout cas, le résultat en valait la peine. Rogue, de son côté, restait fidèle à ses robes noires. Et il avait l'air toujours d'aussi bonne humeur. Mais Harry ne s'inquiétait plus de cette mine si souvent revêche. Il était sincèrement reconnaissant à son irascible directeur de ne pas avoir expédié Sirius Black de l'autre côté de la planète à coups de sortilèges, même si ça devait toujours le démanger sérieusement.
Quant au directeur Dumbledore, il regardait distraitement le plafond où s'agitaient des nuages noirs, parfois entrecoupés d'éclairs menaçants, apparemment perdu dans ses réflexions. Harry détestait ces attitudes qu'il jugeait inutilement poseuses. Depuis l'été dernier, son antipathie à l'égard du vieux sorcier était montée d'un cran. Il les avait laissés, lui, Sarah et son parrain, seuls pour résoudre une situation qu'il aurait pu arranger d'un coup de baguette.

- Grmbl…
- Hé, du calme !
- C'est pas moi, c'est mon estomac.
- Ah…

La suite de la conversation fut perdue car McGonagall fit son entrée, suivie d'une file de tout jeunes apprentis sorciers. Les pauvres avaient pris la pluie durant tout le trajet et ruisselaient sur les dalles. L'un d'entre eux, vraiment minuscule, souriait largement, sa tête dépassant à peine du manteau en peau de taupe de Hagrid. Il leva les deux pouces en direction d'un élève de Gryffondor. La petite taille et les cheveux blonds faisaient penser à ce zigoto de Crivey et son appareil-photo était en effet sorti, prêt à l'emploi.
McGonagall déposa un tabouret devant la table des professeurs et prit le choixpeau par la pointe pour le poser délicatement sur le siège. Il y eut un instant de silence parfait, puis une déchirure s'ouvrit près de la base du choixpeau et celui-ci se mit à chanter avec une voix un peu nasillarde :

Voici un peu plus de mille ans,
Alors que j'étais jeune et fringant,
Vivaient quatre illustres sorciers
Dont les noms vous sont familiers :
Le hardi Gryffondor habitait dans la plaine,
Poufsouffle la douce vivait parmi les chênes,
Serdaigle la sage régnait sur les sommets,
Serpentard le rusé préférait les marais.
Ils avaient tous un espoir, un souhait, un rêve,
Le projet ambitieux de former des élèves.
Ainsi naquit Poudlard,
Sous leurs quatre étendards.
Chacun montra très vite
Quelle était sa vertu favorite
Et en fit l'apanage et le blason
Des enfants de sa propre maison.
Pour Gryffondor il fallait à tout âge
Posséder avant tout un grand courage.
La passion de Serdaigle pour l'intelligence
Animait son amour des livres et de la science.
Poufsouffle avait le goût du travail acharné
Et aussi d'immenses trésors de loyauté.
Serpentard, assoiffé de savoir et d'action,
Recherchait le feu du combat et de l'ambition.
Ainsi tout au long de leur vie,
Ils choisirent leurs favoris.
Mais qui allait pour eux décider
Quand le Faucheur viendrait les chercher ?
Gryffondor eut alors une bonne idée
Et cette tâche il m'a confiée.
Les quatre sorciers aussitôt
Me firent don d'un bon cerveau
Pour que je puisse sans erreur
Voir tout au fond de votre cœur
Et décider avec raison
Quelle sera votre maison.

Les élèves applaudirent la performance et le choixpeau inclina sa pointe à la ronde pour saluer ses admirateurs. Puis il se redressa, attendant les enfants à répartir.

- Il fait de belles rimes, commenta Sarah.
- Il a une année entière pour préparer sa nouvelle apparition; je pense qu'il doit prendre tout son temps pour donner le meilleur spectacle possible, dit Harry d'un ton pensif. Une sortie par an, ajouta-t-il ensuite, ça ne doit pas être très gai…

Il fit ensuite silence et observa McGonagall qui déployait un long rouleau de parchemin. Elle s'éclaircit la voix et entama la liste des nouveaux étudiants :

- Ackerley, Stewart !

Un garçon brun s'avança en tremblant et vint s'asseoir sur le tabouret.

- SERDAIGLE ! hurla le choixpeau.

Ackerley se dépêcha de courir vers sa maison, qui l'applaudissait gaiement.

- Baddock, Malcolm !

Un autre garçon, assez grand pour son âge, la tignasse sombre en bataille, se posa à son tour.

- SERPENTARD ! cria le choixpeau.

Harry et ses camarades éclatèrent en hourras et accueillirent chaleureusement le nouveau, surtout pour qu'il n'entende pas les sifflets qui accompagnaient sa répartition.

- Branstone, Eleanor !
- POUFSOUFFLE !
- Cauldwell, Owen !
- POUFSOUFFLE AUSSI !

La salle entière éclata de rire. Sauf Dumbledore. Le chapeau pensant allait se faire « remonter les bretelles » si l'on peut dire.

- Crivey, Dennis !
- GRYFFONDOR !

Hagrid débarrassa le petit Dennis de l'énorme manteau noir qui l'emballait et lui permit de s'installer parmi ses camarades.

- C'est bien ce que je pensais, commenta Harry. C'est le frère du photographe.
- Dobbs, Emma!
- SERDAIGLE !
- Dogson, Lewis!
- GRYFFONDOR !
- Fallstar, Rena!
- SERPENTARD !

Harry applaudit à nouveau pour saluer l'arrivée de Rena. C'était une toute petite fille qui faisait penser à une poupée, le genre qu'on avait envie de prendre dans ses bras pour effacer la mine un peu effrayée qui figeait son visage. Harry comprit quand Sarah lui montra Seamus Finnigan qui huait sans retenue la pauvre Fallstar.

- Greenwall, Arthur !
- SERDAIGLE !

Cela continua ainsi pendant un moment. Laura Madley partit à Poufsouffle. Théodore papotait déjà avec Malcolm tandis que Harry observait Philip Urquhart, qui se rongeait les ongles au fur et à mesure que la liste diminuait. Nathalie McDonald alla à Gryffondor. Puis Serpentard se leva en bloc pour accueillir Graham Pritchard, un garçon à la chevelure blond vénitien et à la bonne bouille d'angelot qui s'assit sans plus de façon face à son assiette et commença à poser des questions à tout le monde.

- Quirke, Orla !
- SERDAIGLE !
- Radendt, Charles !
- POUFSOUFFLE !
- Samilan, Betty !
- GRYFFONDOR !
- Urquhart, Beline !

Une petite fille aux longues tresses sombres avança à pas menus vers le choixpeau.

- SERPENTARD !
- HOURRA ! hurla son grand frère en sautant sur son banc.
- Urquhart, Mel !

La copie quasi conforme de Beline, les tresses en moins, prit sa suite.

- SERDAIGLE !
- BRAVO QUAND MEME ! lança Philip.

On daigna sourire de son intervention. Mel fit un timide coucou à son frère et à sa jumelle avant de s'asseoir parmi les membres de la maison à l'aigle. Beline prouva tout de suite son sens de l'observation en demandant à ses voisins de table pourquoi on l'avait sifflée quand elle avait pris place parmi eux.

- Hem… Comment dire ? Serpentard est cordialement haïe par les trois autres maisons.
- Oui, mais pourquoi ?
- Parce que Salazar est parti en claquant la porte...
- En laissant un colis suspect, rappela Sarah.
- Et parce que des idiots en cagoules ont servi Tu-sais-qui…
- Ils en sont encore là ?

Harry n'avait encore jamais entendu quelqu'un d'aussi jeune avec autant de givre dans la voix. Décidément, la limite du terme « impossible » reculait un peu plus chaque année, dans cette école.

- Bien ! lança la voix grave de Dumbledore. A présent que nous avons reçu nos nouveaux étudiants, je n'aurai que deux mots à vous dire : bon appétit !
- Voilà un discours comme je les aime, susurra Blaise. A la soupe !

En effet, sur les mots du directeur, les plats s'étaient remplis et de délicieuses odeurs envahirent la salle. Harry entama une belle part de salade de chou tout en écoutant distraitement les conversations. Sarah semblait passionnée par ce qui se disait à la table de Gryffondor.

- Tu arrives à entendre ce qui se raconte là-bas ? s'enquit Théodore.
- Non, mais les gens qui s'emportent ont tendance à parler avec leur mains. Alors, la table des Gryff… Par exemple, je vois que notre Ginny, sans doute pour éviter que Granger lui resserve ses leçons de morale, est entrain de lui parler de la coupe du monde. Et vu ses grands gestes et son air indigné, je pense que… Oui, elle lui mime le vieux Barty quand il a viré son elfe de maison.
- Et qu'en pense la gardienne de la vertu ? ricana Harry avant de mâcher soigneusement un morceau de viande.
- Houlà, elle a l'air fortement choquée. A propos… Je me demande qui fait le service, ici… Des elfes aussi, tu crois?
- Évidemment, jeune fille !
- Tiens, bonsoir baron ! Peeves est calmé ?
- Pour le moment. Et pour répondre à votre interrogation, poursuivit le fantôme, ce sont bien des elfes qui assurent le ménage et la cuisine. Ils sont très discrets, bien sûr, et sans doute mieux traités que dans d'autres demeures. En tout cas, ils ne s' en plaignent pas.
- C'est clair, s'ils bossaient pour les Malefoy, ils seraient tous aussi épris de liberté que le petit Dobby, dit Harry.
- Je n'en ai jamais vu un seul, au fait, réfléchit Sarah. Ils restent en cuisine toute la journée ?
- Non, ils se reposent le jour. Ils ne font le ménage que la nuit, ce qui explique qu'on ne les voit jamais pendant les heures de cours.
- Merci du renseignement.
- A votre service, Miss.
- Eh ben c'était très intéressant, tout ça, fit Sarah quand le spectre se fût éloigné.
- Pourquoi ?
- Parce que ça va m'être bien utile pour m'amuser aux frais de Miss Parfaite. En attendant, je vais dire bonjour à cette mousse au chocolat ; les cuistots font de l'excellent travail, donc on peut encore espérer qu' ils aiment leur boulot.

Harry prit une part de tarte aux myrtilles tandis que Théodore finissait à grands coups de cuiller une tranche de pudding aux raisins. Même si le statut des elfes de maison était un point noir dans l'idéalisme du monde sorcier (un de plus), ce n'était pas une raison pour se laisser mourir de faim.
Les gâteaux disparurent très vite des assiettes et bientôt, tout le monde s'installa confortablement.

- Bien ! dit Dumbledore en souriant. Maintenant que nous avons été nourris et abreuvés, je dois, une fois de plus, vous demander votre attention afin de vous donner quelques informations supplémentaires. Notre concierge, Mr Rusard, souhaite vous avertir que la liste des objets interdits dans l'enceinte de cette école comporte à présent les yoyos hurleurs, les frisbees à dents de serpent (quelques larmes furent furtivement essuyées de-ci, de-là) et les boomerangs à mouvement perpétuel.
- Pas grave, j'ai un autre mouvement perpétuel en réserve, ricana Sarah.
- La liste complète comprend quatre cent trente-sept articles (La vache !) si ma mémoire est bonne, et pourra être consultée dans le bureau de Mr Rusard, pour ceux qui sont intéressés (Ça doit exister). Je vous rappellerai également que la forêt interdite l'est pour tous les élèves, et le village de Pré-au-Lard à toutes celles et tous ceux qui n'ont pas encore entamé leur troisième année d'études. Je suis aussi au regret de vous annoncer que la coupe de Quidditch des quatre maisons n'aura pas lieu cette année.
- QUOI ?

Le hurlement d'indignation fut unanime, quelque chose que l'on observait rarement dans l'école.

- En effet, reprit le directeur, il sera remplacé par un événement autrement plus rare, que vous…

Dumbledore fut coupé en plein milieu de son explication par le fracas de la grande porte qu'on ouvrait sans douceur.

Un étrange personnage fit alors son entrée. C'était un homme de petite taille, robuste, la tête surmontée d'une épaisse tignasse grise. Son visage, si l'on pouvait encore l'appeler ainsi, était si couturé de balafres qu'on aurait cru qu'il s'était fait tatouer une toile d'araignée sur la figure. Il lui manquait aussi la moitié du nez et un de ses yeux avait été remplacé par une bille à iris bleu qui tournait dans tous les sens. L'autre œil était plus petit et brun. En plus de tout cela, il boitait légèrement. En entendant le toc-toc, toc-toc régulier de ses pas sur les dalles, Harry comprit que l'homme avait une jambe de bois.

- Mais c'est quoi, ce phénomène ? demanda Rena Fallstar avec une touche d'inquiétude.
- On dirait un alchimiste qui a mal calculé un de ses mélanges, dit FitzRoy en souriant.

Sans se préoccuper des commentaires peu rassurés qui s'élevaient sur son passage, le nouvel arrivant avança jusqu'à la table des professeurs et s'assit sans faire plus de cérémonies. Il eut un geste perplexe en direction de Dumbledore, comme s'il demandait au directeur ce qu'il attendait pour le présenter.

- Hem… Puisque nous sommes à présent au complet, permettez-moi de vous présenter votre nouveau professeur de défense contre les forces du Mal, Alastor Maugrey.

Un murmure se répandit parmi les élèves des années supérieures. Dans toutes les maisons, Maugrey Fol-Œil était connu.

- Alors, Sarah, tu veux toujours l'avoir en cours ? murmura Harry à l'oreille de sa camarade.
- Lui, au moins, s' il nous donne envie de suivre ses leçons, ce ne sera pas grâce à sa belle gueule…

Indifférent au fait que personne ne saluait sa nomination par les applaudissements de rigueur, Maugrey attrapa une assiette remplie de saucisses qui avaient échappé à la fourchette de Hagrid, en piqua une qu'il renifla avec suspicion, avant de commencer son dîner avec entrain. Il devait être vraiment parano car il ne se servit à boire qu'avec un flacon extrait des nombreuses poches de son manteau.

- Avant qu' Alastor ne nous rejoigne (Id est, avant qu'il ne t'interrompe comme un sagouin), j'allais vous dire qu'aura lieu ici une compétition qui n'a pas eu cours depuis de très nombreuses années, j'ai nommé le Tournoi des Trois Sorciers.
- VOUS RIGOLEZ ? hurla l'un des jumeaux Weasley, les yeux ronds.
- Mais pas du tout, Mr Weasley. Par contre, si vous aimez les blagues, j' en ai une très b…
- Hem ! fit McGonagall.
- Hein ? Euh… Oui, ce n' est sans doute pas le moment… Où en étais-je ? Ah ! Certains d'entre vous ignorent l'histoire de cette compétition, aussi vais-je leur donner quelques indications. Le premier tournoi a eu lieu il y a environ sept cents ans, et opposait les trois plus grandes écoles de sorcellerie d' Europe : Poudlard, Durmstrang et Beauxbâtons. Un champion était sélectionné dans chaque école et devait accomplir une série de trois épreuves fort difficiles. Chaque école accueillait la compétition à tour de rôle, tous les cinq ans. C'était une excellente façon de garder le contact, jusqu'à ce que le nombre élevé de morts oblige à mettre fin au tournoi.
- Oups… Ça refroidit.

Pas tout le monde, car nombre d'étudiants semblaient très intéressés à l'idée de participer.

- Plusieurs tentatives ont été lancées pour reprendre ce tournoi, sans grand succès. Cependant, notre département de la coopération magique internationale et celui des sports magiques ont estimé que le moment était bien choisi pour le faire revivre. Nous avons beaucoup travaillé cet été pour nous assurer que cette fois, personne ne trouverait la mort.
- Et si on parlait de Tom qui veut frapper un grand coup pendant ce tournoi ? murmura Harry à l'oreille de Sarah.
- Ça va vite venir, ne t'en fais pas pour ça, répondit-elle en lui tapotant le bras.
- Les responsables de Durmstrang et Beauxbâtons arriveront en octobre avec une liste de candidats et la sélection des champions se tiendra le soir de Halloween. Un juge impartial décidera quels sont les élèves dignes de concourir pour le trophée, la gloire de leur école… et une récompense personnelle de mille Gallions.

Harry vit les jumeaux Weasley se frotter les mains. Avec cet or, ils pourraient en faire, des bonbons piégés…

- Je sais que vous souhaitez tous tenter votre chance, mais je me suis mis d'accord avec mes collègues et nous avons jugé qu'il valait mieux ne laisser participer à la sélection que les élèves majeurs, c'est-à-dire âgés de dix-sept ans et plus.

Une volée de protestations s'éleva dans la salle. Plusieurs étudiants étaient visiblement furieux.

- Il s'agit là d'une mesure nécessaire compte tenu du niveau de danger impliqué par les épreuves retenues. Il est en effet hautement improbable que des élèves n'ayant pas encore atteint la sixième ou septième année soient capables de les accomplir sans risques. (Tu penses, s' il y a eu des morts...) Aussi, je m'assurerai personnellement qu'aucun d'entre vous ne s'amusera à franchir la limite d'âge en trichant pour se faire admettre.

Fred et George durent se sentir particulièrement visés.

- Tenter de vous inscrire si vous n'êtes pas majeurs serait une perte de temps. Les délégations étrangères arriveront d'ici deux mois et resteront avec nous jusqu'au milieu du mois de juin. J'attends de vous la plus grande courtoisie et j'espère que vous soutiendrez le champion – ou la championne – de Poudlard quand le choix aura été fait.
- S' il ou elle est de chez nous, tu peux te brosser, mon pote, grinça un Serpentard de sixième année.
- A présent, il se fait tard. Alors tout le monde au lit ! Allez !

Les apprentis sorciers se levèrent et quittèrent la salle en discutant bruyamment. Les frères Weasley tempêtaient à qui mieux mieux. Leur ami Jordan partageait amplement leur avis. Ils allaient tout essayer pour se faire désigner, ces deux zèbres. De son côté, Sarah s'était glissée vers les Gryffondor pour « souhaiter bonsoir » aux trois olibrius et à Ginny. Elle arborait une mine réjouie.

- 'Soir les amis. Alors, déjà des idées pour franchir la limite ?
- On va y réfléchir. Tu verras !
- J'imagine. Pouh ! J'ai bien dîné, moi… Les elfes de maison se sont surpassés, ce soir.
- Pardon ?

La voix aussi crispée que son visage, Hermione Granger se tenait devant Sarah.

- Tu as dit qu'il y avait des elfes de maison à Poudlard ?
- Ben oui. Tu devrais le savoir, non ? Ce n' est pas marqué dans un de tes livres ?
- Sont vachement sympa, en plus ! compléta George, qui n'avait pas saisi la raison de la soudaine nervosité d'Hermione.
- Alors on a eu à manger grâce à des esclaves ? s'étouffa Granger. Je n'arrive pas à y croire !

Sarah la laissa à son incrédulité et fila rejoindre ses camarades.

- Je crois que je lui ai trouvé un nouveau dada… Ou plutôt, un cheval de bataille.

Tout autour d'eux, ça discutait ferme pour savoir qui serait le juge et comment le berner. Harry sentit que les réserves de son directeur auraient très vite besoin d'un verrou supplémentaire… et de quelques sortilèges de protection bien coriaces.
Tout en bavardant, ils étaient arrivés devant le mur protégeant les quartiers de Serpentard.

- Jormungand ! dit l'un des préfets.

Le pan de mur pivota et la file des élèves entra dans la salle commune. Puis on se sépara pour gagner les dortoirs. Harry s'arrêta un instant. Il lui avait semblé entendre quelque chose, tout près. Bah ! Il avait dû rêver.
Les lits étaient toujours aussi confortables. Une main attentionnée avait glissé des bouillottes entre les draps. Un vrai bonheur…

- Alors ? lui murmura Théodore à l'oreille. Qu'est-ce que le fou va nous mijoter, cette fois ?
- Aucune idée. Mais je sais que je suis au centre, et qu'il est bien renseigné. Pauvre Bertha…
- Elle aurait connu tous les détails du tournoi ?
- Telle est la question…