Bien le bonjour/bonsoir/bon appétit !
Eh oui, ça y est, je suis officiellement en vacances pour 4 mois ! Pour fêter ça, vous avez le droit à un chapitre de 8000 et quelques mots (et on fait péter le champomy et les drogues dures ! Ou juste le champomy, d'ailleurs…)
AH, non ! J'oubliais, c'est pas tant la joie que ça. Est-ce que vous avez vu le dernier trailer de la saison 5 de Teen Wolf ? On flippe ou pas ? En tout cas, je remercie vivement La Dictateuse d'avoir brisé les restes de mon innocence en me le filant.
A part ça, je vous remercie encore et toujours pour vos reviews, c'est vraiment super d'échanger avec vous, même si j'ai repéré quelques folles que je ne citerai pas. Je dirai juste qu'il y a des histoires de chou-fleur et de licorne pas trop clean, quoi.
Sur ce ramassis de n'importe quoi, je vous souhaite une bonne lecture !
Onze ans plus tôt
Peter s'installa sur l'unique banc vide et posa le petit sac rose de sa nièce à sa gauche. La gorge serrée et le cœur en lambeau, il ne laissait rien paraître sur son visage tandis qu'il surveillait les deux petites filles s'amusant dans le parc pour enfant.
« Papa ! » Cria l'une d'entre elles en accourant vers lui. « T'as vu ? Dis, t'as vu papa ? Le méchant garçon voulait prendre ma place, mais moi je l'ai poussé, et j'ai glissé la première dans le toboggan ! »
« C'est…c'est bien ma chérie, ne te laisse pas faire. »
« Non, je fais comme tatie me l'a appris ! »
Peter sentit ce qui restait de son cœur s'abîmer un peu plus, mais il caressa affectueusement les cheveux de sa fille sans dire un mot.
« Dis…papa… » Reprit la petite fille avec une mine attristée. « Elle revient quand, tatie ? »
« Malia…je t'ai déjà expliqué que…que tatie…écoute ma chérie, va jouer avec ta cousine. On parlera de tout ça quand on sera rentrés à la maison, d'accord ? »
« Et Laura, papa ? Et Derek? Pourquoi ils sont pas venus avec nous ? »
Peter passa une main sur son visage fatigué en contenant un soupir. Il savait que Malia était perdue, depuis qu'ils avaient quitté East Bay pour retrouver Beacon Hills. Mais comment expliquer à une petite fille de sept ans que sa tante adorée n'était plus là parce qu'elle n'avait pas survécu à un terrible accident de voiture ? Comment lui dire que, si Cora n'avait pas encore compris la situation, Laura et Derek, eux, avaient parfaitement réalisé qu'ils venaient de perdre leur mère ? Comment lui expliquer que son cousin, avait, à tout juste douze ans, vu sa mère mourir devant ses yeux ?
« Derek et Laura sont fatigués, mon cœur. Va jouer, maintenant. »
Malia haussa les épaules, puis elle posa ses petites mains sur les genoux de son père, se hissa sur la pointe des pieds et déposa un bisou sur sa joue. Elle se détourna ensuite avec un petit rire enfantin, puis elle retourna en courant en direction des jeux où Cora l'attendait.
Peter passa ses doigts sur sa joue avec un sourire attendri, il ravala les larmes qui menaçaient de perler au coin de ses yeux, et il se cala dans le fond du banc. Il supposait qu'il devait encore s'estimer heureux, ou du moins pas le plus malheureux, dans la mesure où son neveu avait réchappé de ce terrible accident avec pour seules blessures quelques égratignures et un poignet foulé. S'il l'avait perdu lui aussi…
« Excusez-moi, est-ce que je peux m'asseoir ? Tous les autres bancs sont pris. »
Peter leva les yeux vers la jolie femme brune qui se tenait à côté de lui, son visage d'une extrême douceur illuminé par un sourire poli.
« Je vous en prie, allez-y. » Répondit Peter en se décalant légèrement
La jeune femme le remercia, et s'apprêta à s'asseoir, quand deux petits garçons passèrent près d'elle à toute vitesse pour se ruer vers la balançoire.
« Stiles ! Scott ! Doucement ! » Leur dit-elle en s'installant
« Lequel est votre enfant ? » Demanda Peter
Il n'était pas particulièrement curieux, il ressentait juste le besoin de parler à une adulte qui, contrairement à tous ceux venus assister aux funérailles de sa sœur, n'était pas elle-même affectée par la mort de cette-dernière.
« Lui, la petite boule d'énergie avec le t-shirt rouge qui court après son meilleur ami. » Répondit la jeune femme en désignant un petit garçon « Il s'appelle Stiles. Enfin, c'est le surnom que je lui ai donné quand j'ai compris que personne n'arrivait à prononcer son prénom. Et le vôtre ? »
« La petite boule d'énergie avec la jupe bleu ciel, Malia. J'ai aussi amené ma nièce, la petite fille qui glisse sur le toboggan, elle s'appelle Cora. »
« Vous êtes nouveaux en ville ? Je suis presque sûre de ne jamais avoir vu ces deux adorables petites filles, et pourtant, je peux vous promettre que Stiles m'entraîne un jour sur deux ici. Les soirs où je ne me retrouve pas là, c'est la mère de Scott qui passe son temps sur un banc. »
Peter eut un petit rire en jetant un coup d'œil aux deux petits garçons qui, décidemment, avaient au moins autant d'énergie à dépenser que Malia et Cora.
« Je ne vis pas ici, en fait. J'habite à East Bay avec ma fille. » Expliqua-t-il en rapportant son attention sur les deux petites filles. « Ma sœur venait juste d'emménager à Beacon Hills pour son travail, ses enfants n'étaient scolarisés ici que depuis deux semaines. C'est pour ça que vous n'avez jamais dû les voir. »
Durant quelques dizaines de secondes, la jeune femme resta silencieuse, puis elle posa sa main sur celle de Peter, qui sursauta au contact.
« Je suis désolée, sincèrement. » Murmura-t-elle en ancra son regard dans le sien
« Désolé ? » Répéta Peter, surpris
« Vous…vous avez parlé de votre sœur au passé, et vous semblez… »
La femme s'interrompit mais elle ne lâcha pas son regard, comme si elle cherchait à le soutenir d'une certaine façon.
« Vous avez raison. J'ai perdu ma sœur il y a cinq jours. » Murmura Peter
Sans s'en rendre compte, il avait serré la main de l'inconnue dans la sienne.
« Un accident de voiture. » Précisa-t-il sans élever la voix de peur de l'entendre trembler. « Un homme ivre a grillé la priorité, et… »
La boule dans sa gorge l'empêcha de continuer, mais la jeune femme posa sa deuxième main sur son genou, et la douleur se fit étrangement moins vive. Il n'avait aucune idée des raisons qui le poussaient à lui dire cela, sans doute l'envie de parler, tout simplement. Et aussi bizarre que cela lui semblait, il sentait qu'il pouvait se confier à cette personne qu'il ne connaissait pas.
« Laura, Derek et Cora…mon neveu et mes nièces, ils vont venir vivre chez moi. Je ne suis même pas sûr de bien m'occuper de ma propre fille. Je… »
Il passa sa main libre devant son visage et inspira profondément.
« Je suis terrorisé. Je suis terrorisé et je ne sais pas pourquoi je vous dis ça, je suis vraiment désolé, je… »
« Ne soyez pas désolé. J'ai su en vous apercevant que vous aviez besoin de parler. » Répondit la jeune femme avec un sourire. « J'ai eu envie de vous prêter une oreille attentive, alors me voilà. Ecoutez…»
« Peter. Peter Hale. »
« Claudia Stilinski. » Se présenta-t-elle à son tour. « Ecoutez, Peter, la petite boule d'énergie avec une jupe bleu ciel que je vois là-bas a l'air d'être particulièrement heureuse et épanouie. »
Peter leva les yeux vers Malia qui sautait comme une grenouille en riant à plein poumons.
« Personne ne peut se vanter d'être le parent parfait, mais quelque chose me dit que vous serez capable de donner autant de bonheur à votre neveu et à vos nièces qu'à votre fille. »
Peter sentit une vague de chaleur l'envahir, et pour la première fois depuis qu'il avait appris pour la mort de sa sœur, un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Moins d'une minute plus tard, il entendit le cri de surprise d'une petite fille, et il se leva précipitamment, cherchant les siennes des yeux, paniqué, quand il vit Cora arriver à sa hauteur, pointant du doigt la balançoire du petit parc.
Peter et Claudia tournèrent leur regards en cette direction, prêts à intervenir en apercevant Malia, assise sur le sol. Un garçon de neuf ou dix ans se tenait debout devant elle, et Cora agita son bras en le désignant.
« Tonton, il a poussé Malia de sa balançoire ! » Expliqua la petite fille
« Assis-toi sur le banc, ma chérie. Reste avec Claudia, d'accord ? Elle est très gentille. Je vais m'occuper de Malia. »
Claudia, un sourire maternel aux lèvres, tendit la main à la petite fille qui la prit dans la sienne sans hésiter. Peter fit signe à la jeune femme que tout allait bien – il avait l'habitude de ce genre de situation, Malia était bagarreuse et elle passait une bonne partie de son temps à bousculer et à être bousculée. Lui, il passait le sien à intervenir avant que ça ne devienne plus sérieux que ça.
Avant qu'il n'arrive à la hauteur de sa fille, un autre petit garçon s'interposa entre elle et celui qui venait de la pousser. Peter, reconnaissant l'enfant au t-shirt rouge – Stiles, le fils de Claudia – s'arrêta sur place, regardant la scène avec curiosité. Les sourcils froncés et l'air énervé, Stiles poussa l'autre en arrière.
« Tu crois que ça se fait, de pousser les filles ? » Râla-t-il en croisant les bras sur son torse
« C'est elle qui… » Commença l'autre garçon
« T'es plus grand elle, c'est à toi de mieux réfléchir ! Et de toute façon, on pousse pas les filles, c'est comme ça ! »
Le garçon de dix ans fit un pas en avant, décidé à répliquer, quand il remarqua Peter, posté à quelques pas de là. Stiles leva les poings, prêt à se défendre, mais le garçon avait compris qu'il valait mieux qu'il s'en aille, et il fit demi-tour aussitôt.
Fier de lui, Stiles se retourna vers Malia, et il lui tendit la main pour l'aider à se relever, le visage rayonnant. La petite fille la prit timidement, les yeux écarquillés, comme si elle ne revenait pas de ce qu'elle venait de voir.
« Tu vas bien ? Tu t'es pas faite mal ? » Demanda-t-il
« N-non…ça va. »
« Tant mieux ! J'ai laissé Scott dans le toboggan, il va faire la tête, si j'y retourne pas. Tu viens jouer avec nous ? »
Malia acquiesça vivement, elle venait de retrouver son grand sourire. Elle rattrapa la main de Stiles, et les deux enfants se précipitèrent sans plus attendre dans les jeux.
Peter, serein, regagna sa place près d'une Claudia souriante qui avait assisté à toute la scène. La jeune maman tourna son regard vers la petite fille toujours assise à côté d'elle, qui balançait ses jambes impatiemment depuis qu'elle avait aperçu Stiles.
« Tu sais, si tu veux aller jouer avec eux, tu peux. » Lui dit Claudia en se penchant vers elle. « Stiles et Scott sont très gentils, ils seront contents d'avoir une nouvelle amie. »
Cora sembla hésiter un instant, mais elle trouva les derniers encouragements dont elle avait besoin dans les yeux de son oncle, et elle fila à son tour en direction des jeux.
« Malia timide, je n'ai jamais vu ça en sept ans ! » Dit-il en s'installant à côté de Claudia
« Stiles qui joue les durs, je n'ai jamais vu ça en sept ans. » Rit-elle
Ils échangèrent quelques mots sur les quatre enfants qui jouaient, gardant un œil attentif sur eux. Peter sentait l'étau qui enserrait son cœur depuis cinq jours se faire légèrement moins pressant à mesure qu'il voyait les deux petites filles rirent et qu'il se confiait à une adulte se souciant réellement de ce qu'il ressentait.
Bien sûr, ça ne durerait pas. Bientôt, il se retrouverait seul à contenir sa douleur pour préserver Cora et relever Derek et Laura. Mais à cet instant, il respirait et profitait de cette bouffée d'oxygène pour laquelle il aurait pu remercier cette inconnue – qui ne l'était plus tout à fait – un bon million de fois.
Après avoir parlé plus d'une heure, Claudia sortit de son sac un stylo, et elle détacha de son agenda une feuille pour y inscrire un numéro, avant de la tendre à Peter.
« Je sais que ça peut paraître bizarre, mais je pense que c'est important. Si vous avez besoin de parler, et vous en aurez besoin, n'hésitez pas. Je pourrais aussi vous donner des conseils en tant que maman, pas la plus brillante qui soit, mais je trouve que mon fils s'en sort plutôt bien. »
« Très bien, même. » Affirma Peter avec un sourire reconnaissant. « Je…je vous remercie, Claudia. Vous êtes une personne incroyable, vraiment. Je ne l'oublierai pas. »
Aujourd'hui
Au moment où Peter allait ouvrir la porte d'entrée de sa maison, prêt à foncer en direction de l'université où une ennuyante réunion de travail l'attendait, il entendit le bruit strident de la sonnette. Fidèle à lui-même, il ouvrit la porte à la volée, impatient de savoir qui venait l'honorer de sa présence, et pour sa plus grande joie, il tomba nez à nez avec Stiles. C'était fou à quel point ce gamin le remplissait d'enthousiasme ! Enfin, fou, pas tant que ça, au fond.
Peter était un homme de parole, et jamais il n'avait oublié la personne formidable qu'était Claudia Stilinski. Une femme généreuse, attentionnée, qui avait su lui apporter le soutien dont il avait besoin dans la pire période de sa vie alors même qu'elle ne le connaissait pas. Une femme et une maman incroyable, qui lui avait donné après leur première rencontre des tonnes de conseils utiles pour s'en sortir avec les quatre enfants qu'il devait élever. Une femme qui l'avait fait rire, avait fait renaître l'espoir en lui, et qu'il n'avait jamais pris le temps de revoir. Quatre enfants, le travail, la fatigue…ces excuses d'adultes, vous savez ? Pourtant, Beacon Hills n'était qu'à à peine plus de deux heures d'East Bay.
Et puis il avait trouvé la solution, si évidente qu'il s'était moqué de lui-même pour ne pas y avoir pensé plus tôt, et il s'était demandé pourquoi Claudia n'y avait pas songé non plus. Alors au bout d'un an, il l'avait invitée à venir chez elle, à emmener avec elle son petit garçon dont Malia lui parlait encore si souvent, et son mari qu'il n'avait pas encore rencontré mais qu'il devinait aussi incroyable que son épouse, pour qu'il puisse enfin la remercier convenablement pour tout ce qu'elle avait fait pour lui.
Un an après leur rencontre, il l'avait appelée, ce qu'il n'avait pas fait depuis deux longs mois, et il était tombé sur monsieur Stilinski, abattu. Et il avait compris. Compris pourquoi Claudia n'avait jamais proposé de passer à East Bay, compris pourquoi les conseils qu'elle lui donnait étaient toujours si utiles, si justes, comme si elle avait listé toutes les informations dont un papa, devant soudainement gérer seul un enfant, aurait besoin. Et il avait tant voulu jouer pour monsieur Stilinski le rôle que Claudia avait joué pour lui, mais il en avait été incapable, car lui-même avait alors était en deuil.
Cependant, à l'instant même où il avait vu ce jeune homme de dix-huit ans entrer dans sa salle de cour, il avait su. Il avait croisé ses yeux noisettes, clairs et expressifs, moins rieurs que dans ses souvenirs, mais semblables à ceux de Claudia, et il avait su. Su que le hasard était bien peu de choses, et qu'il se devait de veiller sur Stiles.
Alors il leva sa main en sa direction, et il ébouriffa ses cheveux affectueusement, amusé par la réaction du jeune homme qui fronça le nez et ferma les yeux. Si Claudia était là quelque part, il fallait qu'elle sache qu'elle n'avait pas à s'inquiéter pour son fils.
« Mais voilà le garçon dont tout le monde parle ! » S'écria-t-il en faisant signe à Stiles d'entrer. « Celui qui fait craquer tous les habitants de cette maison ! »
« Euh…bonjour, Peter. » Répondit timidement Stiles
Il espérait simplement qu'elle ne lui tiendrait pas rigueur pour le mettre mal à l'aise sans arrêt, c'était plus fort que lui.
« C'est vraiment dommage…je dois partir, mais surtout, n'hésite pas à passer plus souvent, ça me fait vraiment plaisir ! »
Stiles acquiesça en souriant légèrement, et Peter donna une petite tape paternelle sur son épaule.
« Malia est dans la salle à manger. Je me demandais bien pourquoi elle attendait sans rien faire. Quelle petite cachotière…ah, je suppose que c'est l'âge. » Ajouta Peter en passant le pas de la porte. « Si tu veux rester manger, et même dormir, tu es le bienvenu, Stiles ! »
« Merci beaucoup. Je pense rentrer tôt, mais merci. »
« Comme tu veux, mais tu peux toujours changer d'avis ! »
Peter lui adressa un clin d'œil et un signe de la main, puis il referma la porte d'entrée derrière lui avant de rejoindre sa voiture.
Quand la porte se ferma devant lui et qu'il se retrouva enfermé dans la maison des Hale, Stiles se sentit étrangement moins angoissé que ce qu'il avait imaginé. Bizarrement, la main que Peter avait posée sur son épaule l'avait détendu, presqu'apaisé. Il avait dû lui rappeler l'espace d'un instant son père, qu'il n'avait pas vu depuis plus d'un mois. Certes, il l'appelait en général trois fois par semaine, mais être loin de lui était vraiment plus difficile que ce qu'il avait pensé, d'autant plus qu'il savait à quel point son père devait se sentir seul depuis son départ. Il faut que tu vives ta vie, lui avait-il dit, mais ce qu'il n'avait pas précisé, c'était que vivre sa vie sans parent pour lui tenir la main, c'était carrément difficile. Enfin, il devait grandir, prendre ses responsabilités, comme disaient les adultes. Et pour le moment, cela consistait à foncer en direction de la salle à manger pour mettre un terme à sa relation avec Malia.
Il inspira un coup, hésita une dernière fois, et se dirigea finalement vers la salle à manger, où, comme prévu, Malia l'attendait, assise sur une chaise, fixant rêveusement son jardin à travers la grande baie-vitrée.
« Malia ? » L'appela-t-il en avançant doucement dans la pièce
« Stiles ! » S'exclama-t-elle en bondissant de sa chaise
Elle se rua sur lui et sauta à son cou pour venir y enfouir sa tête avec un soupir d'aisance. Quand elle se détacha de lui, elle lui adressa un grand sourire, mais elle ne l'embrassa pas. Stiles n'allait sûrement pas s'en plaindre, la situation était déjà assez difficile comme ça, mais quelque chose dans le regard de Malia l'inquiéta, sans qu'il ne puisse dire quoi exactement. Moins brillant ? Mélancolique ? Peut-être qu'il se faisait des idées.
« Alors, tu m'as dit qu'on devait parler d'un truc? » Demanda Malia sans perdre son sourire
Et c'était parti pour vivre un mauvais moment. Stiles se fichait que Malia s'énerve sur lui, elle pouvait même le gifler. Ce qui l'angoissait réellement, c'était l'idée de la blesser, mais il ne pouvait pas reculer.
« Oui…c'est…comment dire… » Commença-t-il maladroitement
Il avait pourtant tourné et retourné dans sa tête les phrases qu'il allait lui dire !
« Hé, tu veux pas qu'on aille dans le jardin ? » L'interrompit soudainement Malia. « C'est plus agréable, non ? »
« Oui…oui, si tu veux. »
Malia ouvrit l'une des portes vitrées, mais avant même qu'il ne fasse le moindre pas, elle se retourna vers Stiles, une petite moue embarrassée sur le visage.
« Il fait plus frais que ce que je pensais. Dis, tu veux bien aller me chercher une veste, s'il te plaît ?
Stiles haussa les sourcils – il faisait encore chaud en ce début de mois d'octobre, et il ne lui avait pas semblé que la jeune fille était frileuse, mais il n'allait pas lui refuser un service aussi minime alors qu'il allait bientôt devoir tout donner pour essayer de se faire pardonner.
« Bien sûr, dans ta chambre ? »
« Non, j'ai laissé ma préférée dans…le bureau. Tu montes les deux escaliers, et c'est la porte à gauche. »
« Deuxième étage, la porte à gauche ? » Répéta Stiles pour être certain de ne pas se tromper
« Oui, tu verras, c'est facile, il n'y en a que deux à cet étage, de toute façon. »
« D'accord, je reviens toute suite. »
Malia hocha la tête avec un sourire, et elle se détourna pour aller s'installer dans l'herbe verte de la clairière. Stiles, lui, monta à l'étage, et pour la première, au second. En tournant à droite pour prendre le deuxième escalier aux longues marches nacrées, il se fit la réflexion que cette maison était vraiment incroyablement grande, bien plus que celle de son père, et il ne la comparait même pas à son appartement d'étudiant fauché.
Il arriva dans le petit couloir du deuxième étage, aussi blanc et lumineux que le reste de la maison, et il tomba immédiatement sur les deux portes gris perle, placées de part et d'autre de l'escalier. En espérant que Malia n'ait pas perdu sa veste dans un recoin de la pièce, il ouvrit la porte. Il ne lui fallut pas plus de quelques secondes pour réaliser que l'odeur qui venait d'envahir ses narines n'avait rien à voir avec celle d'un bureau, mais était en revanche très proche de celle de la pièce dans laquelle Derek l'avait embrassé.
En essayant de ne pas rougir comme une vierge effarouchée en se remémorant ce souvenir particulièrement plaisant, il chercha à tâtons un interrupteur pour finir par le trouver à sa droite. La pièce s'éclaira entièrement d'une lumière vive, et il papillonna un instant des paupières pour s'habituer à la clarté.
« Ça ? Un bureau ? » Murmura-t-il en découvrant l'endroit
Immense, chargée d'objets rectangulaires recouverts de draps – à en juger par l'odeur de peinture et le chevalet qui trônait au milieu de la pièce, des toiles – elle ne comportait du reste qu'une large armoire en vieux bois foncé et un grand bureau assorti qu'on ne devinait qu'à ses pieds, le plateau étant caché par une immense mallette, des pinceaux, des crayons, des pots, des verres et des feuilles froissées. Un rideau épais et noir était tiré sur l'imposante fenêtre du fond, et le mur de droite était coupé en son milieu par une cloison à peine plus épaisse que du papier, donnant sans doute sur la deuxième pièce de l'étage. Il n'était peut-être pas peintre, mais il ne fallait pas avoir été formé par le Caravage pour deviner qu'il s'agissait d'un atelier, et non d'un bureau. A moins que Cora ou Peter ne peigne, ce qu'il imaginait difficilement, il s'agissait donc de celui de Derek.
Deuxième étage, porte de gauche, il ne s'était pourtant pas trompé. Malia avait-elle vraiment laissé traîner sa veste préférée ici ? En tout cas, c'était un bon prétexte pour s'immiscer un instant dans le monde mystérieux de Derek Hale…
Il laissa la porte se refermer derrière lui, et il avança dans la pièce, fixant plus particulièrement les toiles cachées. Il réalisa alors qu'il n'avait jamais vu une seule œuvre de Derek, alors qu'il était assis près de lui à ce fichu club.
Malia l'attendait toujours en bas, mais est-ce que cette conversation ne pouvait pas être retardée de dix petites minutes ? Il n'aurait qu'à dire qu'il avait cherché la veste pendant tout ce temps. C'était encore une fois égoïste, mais l'occasion était trop belle, alors il s'avança vers les toiles entassées contre le mur, s'accroupit devant elles, et il souleva un premier drap. Une femme, très belle, trente-cinq, quarante ans peut-être, de longs cheveux noirs, un regard clair à la fois perçant et doux, quelque chose d'imposant. C'était incroyable, à d'infimes détails près, il aurait pu s'agir d'une photo tant le portrait était réaliste et bien exécuté. Poussé par sa curiosité, il souleva un deuxième drap, pour voir apparaître cette fois un paysage qu'il connaissait déjà. La toile était inachevée, mais il pouvait reconnaître la vue depuis la falaise sur laquelle Derek l'avait emmené. Il n'en revenait pas d'être passé à côté d'un tel talent alors qu'il collait l'auteur de ces tableaux depuis plus d'un mois maintenant ! Il s'approcha d'une troisième toile et leva sa main vers elle quand il entendit des bruits de pas dans l'escalier. Il se mordit la lèvre inférieure, frustré – il s'agissait forcément de Malia qui venait voir ce qu'il fichait, puisqu'elle lui avait promis que la maison serait vide, à cette heure là. Bon, il pouvait bien jeter un coup d'œil et faire ensuite mine de chercher la veste…il souleva rapidement le drap, mais quand il découvrit le portrait, son esprit s'embrouilla un peu trop pour qu'il se rappelle de le lâcher. Un jeune homme assis sur un tabouret, légèrement de profil, les yeux plissés sous la concentration. Son visage, il le connaissait bien pour le voir tous les matins dans son miroir, et la salle autour de lui, il parierait beaucoup sur l'atelier de l'université. Derek l'avait vraiment peint ? Lui ? Il se sentit bêtement rougir, et au moment où la porte de l'atelier s'ouvrit derrière lui, il relâcha le drap et se retourna.
« Je suis désolé, je n'ai pas trouvé ta… »
Il s'interrompit lui-même, la bouche figée dans un « oh » surpris, et son cœur s'accéléra avant qu'il ne réalise vraiment que Derek venait d'entrer dans la pièce. Appuyé contre le chambranle de la porte, immobile dans sa position habituelle, les bras croisés sur le torse, il l'interrogeait du regard.
« Je…je croyais que…que c'était Malia. » Bafouilla Stiles en triturant nerveusement ses doigts
« Et qu'est-ce que Malia ferait dans mon atelier ? »
Malgré lui, entendre la voix grave et posée de Derek le fit discrètement frissonner, mais il reprit vite contenance, et il se racla la gorge.
« Elle a laissé sa veste ici, en tout cas. » Répondit-il
« Malia ne vient jamais ici, elle ne supporte pas l'odeur de la peinture que j'utilise. Pourquoi elle irait en imprégner ses vêtements ? »
« Je…j'en savais rien. Elle m'a dit…j'ai dû me tromper de pièce. Désolé. »
Stiles aurait pu crier de désespoir tant le comportement de Derek l'exaspérait. La veille, il lui sautait presque dessus, et là, il reprenait ses vieilles et mauvaises habitudes. Et puis, en plus de ça, qu'est-ce qui avait pris à Malia ? Maintenant qu'il y pensait, le coup de la veste et de la mauvaise pièce, ça paraissait un peu douteux.
Avant de s'énerver, il préféra prendre l'initiative de quitter l'atelier, espérant simplement que Derek s'écarte de la porte pour le laisser passer sans faire de commentaires – c'était déjà assez gênant comme ça. Mais comme rien ne pouvait être jamais simple avec lui, le Hale ne bougea pas d'un pouce, même quand Stiles arriva à sa hauteur.
« Tu t'en vas ? » Demanda Derek
« J'aimerais bien, mais t'es devant la porte, là. »
Derek se détacha du chambranle, mais il ne dégagea pas le passage, préférant faire un pas vers Stiles.
« Tu aimerais bien ? Vraiment ? »
Stiles ouvrit la bouche pour répondre, mais il se ravisa, ne sachant pas ce qu'il était censé dire. Il n'y avait pas plus compliqué que Derek, et il n'était pas entièrement à l'aise en sa présence – tant qu'ils n'auraient pas parlé de ce qui s'était passé la veille, il n'était pas prêt de l'être.
« Il…faut que je retrouve Malia. » Dit-il finalement
« Ça ne peut pas attendre cinq minutes ? »
« Je la fais déjà attendre depuis un moment, et…enfin, je ne veux pas dire que ça fait longtemps que je suis dans cette pièce en particulier, mais… »
Derek leva les yeux au ciel, puis il tira la porte derrière lui pour la fermer.
« Ton débit de parole est assez impressionnant. » Soupira-t-il « Et fatiguant. »
« Si je te fatigue, alors laisse-moi sortir. » Bougonna Stiles avec une moue vexée
« Pas avant que tu m'aies dit ce que tu as vu dans cette pièce. »
« Si tu caches un corps, promis, je ne l'ai pas vu, alors laisse-moi sortir. Tu sais très bien de quoi je dois parler avec Malia. »
« Si tu veux sortir, dis-moi d'abord ce que je veux savoir. »
« Sinon quoi ? » Rétorqua Stiles sur un ton de défi
Derek haussa les sourcils, visiblement intrigué, et Stiles décida de jouer le tout pour le tout. Il fit un pas sur le côté et fonça sur la porte, mais avant même qu'il n'ait attrapé la poignée, il se sentit tirer en arrière par le bras. La seconde d'après, il était dos à la porte, ses bras bloqués le long de son corps et ses mains dans celles de Derek.
« Tu ne veux vraiment pas me dire ? » Murmura Derek en approchant son visage du sien
Stiles se crispa quand il sentit le souffle chaud contre sa joue, et il cessa de respirer quand les lèvres tentatrices effleurèrent les siennes. Il ferma les yeux, le cœur battant à tout rompre, attendant patiemment un contact moins chaste qui ne venait pas. Frustré, il rouvrit finalement les yeux pour croiser le regard amusé de Derek, et il comprit qu'il venait d'obtenir la réponse à son « sinon quoi ? ». Il libéra ses mains d'un geste agacé et il croisa ses bras sur son torse, essayant d'ignorer les papillons qui dansaient encore dans son bas ventre, et surtout le léger sourire moqueur, énervant sans doute, mais ô combien ravageur de Derek.
« On ne devrait pas avoir le droit de jouer avec ça. » Râla-t-il sur le ton d'un enfant boudeur. Finalement, il se résigna, et ajouta « Je n'avais jamais vu ce que tu peignais, tu ne peux pas m'en vouloir d'avoir regardé. Et puis de toute façon, je ne regrette pas, tu as vraiment un talent incroyable. »
« Et toi un mauvais sens de l'observation, et un jugement pas très objectif. »
« Mais non ! J'ai…bon, d'accord, j'ai vu le portrait d'une femme. Elle est vraiment magnifique, et on dirait presque une photo. Ne me dis pas que tout le monde peut peindre comme ça ! »
« Ce n'est rien comparé au modèle. » Répondit Derek en haussant les épaules
« Et le paysage, alors ? Celui qu'on voit depuis la falaise. On s'y croirait vraiment, c'est impressionnant. Tu le termineras, hein ? »
« J'en sais rien. J'ai passé des dizaines et des dizaines d'heures à cet endroit, mais rien n'y fait, je n'arrive pas à reproduire le lac et ce qui l'entoure. Peu importe, c'est tout ce que tu as vu ? »
Stiles hésita un instant à lui dire la vérité, à propos du tableau le représentant. C'était assez gênant, mais, d'un autre côté…il mourrait d'envie de savoir pourquoi et quand Derek avait fait cette toile, alors il se lança :
« J'ai vu une troisième toile, en fait…mon…euh…portrait. »
Derek resta silencieux un instant, comme s'il était plongé dans une longue réflexion. Au moins, contrairement à Stiles, il ne semblait absolument pas gêné.
« Il ne te rend absolument pas justice. » Finit-il par dire. « Mais je ne l'ai fait qu'à partir de ma mémoire. Sans le modèle, c'est toujours plus difficile. »
« Non, c'est…enfin, moi, quoi. J'étais surpris, c'est tout. Agréablement surpris. »
« Surpris ? » Répéta Derek. « Pourtant, toi, tu m'as pris en photo dès le premier jour. Moi, j'ai attendu au moins deux semaines avant de commencer cette toile. »
Stiles se sentit rougir en repensant au moment très gênant qu'il avait vécu lors de son premier jour à l'université – et que ce soit Derek qui le lui rappelle n'arrangeait vraiment rien. Cependant, un autre détail avait encore plus attiré son attention.
« Tu as commencé à me peindre deux semaines après la rentrée ? Tu veux dire dans la période où tu étais censé me détester ? »
« Je ne t'ai jamais détesté, mais ne va pas te faire de film non plus. Tu m'énervais vraiment, au début. »
Stiles se renfrogna et bougonna quelques mots incompréhensibles, du genre de « et toi t'étais carrément con » en langage Stiles, pour ensuite demander pour de manière plus audible :
« Pourquoi tu as passé du temps à m'observer et à me peindre, alors ? »
« Je ne sais plus vraiment. Je suppose que je te trouvais particulièrement mignon, quand tu te concentrais. »
Si Stiles avait légèrement rougi avant, il était prêt à parier qu'il venait de virer au rouge pivoine. Il ne vivait pas en ermite dans une grotte, alors ce n'était évidemment pas la première fois que l'on lui faisait un compliment. Mais que ce compliment vienne de la part de Derek, ça c'était grandement perturbant.
« Quand tu observes quelque chose et que tu te concentres assez, tu plisses légèrement les yeux et tu mordilles ta lèvre inférieure. Même quand tu m'énervais, au club, je ne pouvais pas m'empêcher de te regarder quand tu faisais ça. »
Stiles voulut répondre quelque chose, changer de sujet, mais s'il prenait la parole, il était sûr de bégayer. Il n'arrivait pas à croire que ces mots venaient de la part de Derek, le seul Hale qu'il avait imaginé ne jamais pouvoir atteindre.
« Eh, Stiles, comme tu as vu mes tableaux…tu me montreras des photos que tu as prises ? »
Stiles leva vivement la tête vers lui, à la fois surpris et touché, comme si cette simple question lui avait fait comprendre que Derek s'intéressait vraiment à lui.
« D'accord, si tu veux. » Accepta-t-il avec un sourire
« Bon, je t'ai gardé un peu plus de cinq minutes, finalement. Tu devrais peut-être aller voir Malia, maintenant. »
Cette fois, Stiles acquiesça avec une moue dépitée, bien moins emballé par cette idée là. Moyennement motivé, il allait sortir de la pièce, quand il se rappela du trousseau de clé, bien caché dans le fond de son armoire – avec Isaac, le roi de la curiosité qui traînait souvent chez eux, il n'avait pas le choix.
« Il faut que je te rende tes clés ce week-end, pas vrai ? » Demanda-t-il en essayant de cacher son regain d'enthousiasme
« Le plus tôt sera le mieux, oui. »
Stiles se demanda vaguement si Derek parlait vraiment de ses clés ou d'un rendez-vous avec lui, puis il balaya cette pensée quand une autre idée lui traversa l'esprit.
« Tu es déjà descendu au bord du lac ? Pour avoir une autre perspective que celle du haut de la falaise, tu sais. Peut-être que ça pourrait t'aider à finir ta toile ? »
« Non, je dois admettre que je n'y ai jamais pensé. Mais tu as raison, peut-être que ça pourrait m'aider. »
« Alors…on pourrait y aller demain, non ? »
« Je ne sais pas si tu as vu, mais en dehors de la ville et de la plage, East Bay, c'est soixante-dix pour cent de forêt, on va en avoir pour au moins trois heures de marche rien que pour l'aller. Tu te sens de les faire ? »
« Et toi, tu te sens de marcher en tout six heures à côté de moi ? Je ne vais pas te mentir, je vais parler, te poser des questions, insister pour que tu me répondes…mais je ne traînerai pas des pieds. »
Stiles aurait pu jurer que Derek avait retenu un rire, et il sentit son enthousiasme se décupler. Il n'était peut-être pas un randonneur aguerri, mais il était presque sûr de pouvoir tenir des jours sans faire de pause s'il pouvait passer du temps avec Derek.
« Alors, je te ramène tes clés demain, ou pas ? »
« Pas de grasse mat', je serai à huit heure devant chez toi. »
« D'accord, ça me va. Tu as de quoi noter mon adresse ? »
« Envoie là moi sur mon portable. Ça pourrait être utile qu'on ait le numéro l'un de l'autre, maintenant. »
Derek tendit sa main et Stiles lui donna son portable immédiatement – un peu trop vite pour cacher sa satisfaction. D'une certaine façon, ce « maintenant » à la fin de sa phrase changeait tout, comme une marque timide que quelque chose avait réellement changé entre eux.
Derek lui rendit son téléphone après y avoir enregistré son numéro, et il plongea son regard terriblement déstabilisant dans celui de Stiles, soudainement beaucoup plus sérieux.
« Stiles, tu veux que je vienne avec toi, pour parler à Malia ? »
Stiles sentit l'angoisse le reprendre, mais il serra les poings, décidé à y aller, et à y aller seul.
« Je préfère y aller seul, je dois bien ça à Malia. »
« Elle ne t'en voudra pas, tu sais, et je sais qu'elle va vite s'en remettre. »
« Qu'est-ce qui te fait dire ça ? »
Il imaginait mal Malia lui sauter dessus pour le rouer de coups et partir crever ses pneus, mais de là à dire qu'elle ne lui en voudrait pas…pourtant, Derek avait l'air très sûr de lui, comme s'il savait quelque chose que lui ignorait.
« Tu verras bien. » Répondit Derek avec un sourire rassurant
Stiles lui rendit son sourire, et il ouvrit la porte derrière lui. Il fallait qu'il parte maintenant, ou il serait capable de rester dans cette pièce pendant des jours. Il sortit dans le couloir, luttant contre son envie d'embrasser Derek – il ne voulait plus céder tant qu'il n'avait pas officiellement quitté Malia.
« Stiles, une dernière chose. Est-ce qu'on pourrait garder ça pour nous, pour l'instant ? J'assume entièrement, c'est juste que… »
« C'est bon, pas de problème, t'inquiète pas. Ça me laisse un peu de répit avant de me faire harceler par Scott. »
Derek eut un petit rire, et Stiles lui adressa un dernier signe de la main avant de partir en direction des escaliers. Il comprenait parfaitement que Derek ait envie de prendre son temps avant qu'ils n'en parlent à leurs amis respectifs, et de toute façon, il n'était pas particulièrement impatient qu'Erica soit au courant.
Il descendit les deux escaliers avec la désagréable impression que le poids dans son ventre devenait un peu plus lourd à chaque marche, et il hésita même un instant en jetant un coup d'œil à la porte d'entrée lorsqu'il passa à côté, mais finalement, il prit sur lui, et il se dirigea vers la porte vitrée encore entrouverte. A quelques mètres de là, il repéra vite Malia, allongée dans l'herbe verte de la clairière. Il la rejoignit sans se presser, et, arrivé à côté d'elle, il s'installa sur le sol en ramenant ses jambes contre son torse avant de se racler la gorge, voyant qu'elle ne réagissait pas. La jeune fille ouvrit les yeux, tourna la tête vers lui et lui adressa un grand sourire avant de se redresser.
« Je suis désolé, je n'ai pas trouvé ta veste, et je suis tombé sur Derek, alors… »
« Pas étonnant de tomber sur lui, dans son atelier, à l'heure où il rentre tous les vendredis soir. » Rit-elle
Stiles lui lança un regard étonné, ne comprenant pas dans un premier temps, puis les connections se firent soudainement bien plus clairement. Le regard de Malia, la veste, l'atelier…et elle lui avait même précisé la veille qu'il n'y aurait personne, quand il viendrait chez elle, à cette heure là. Il sentit son cœur se serrer et il baissa la tête, incapable d'affronter plus longtemps le regard pourtant doux de la jeune fille.
« Malia…tu…tu savais que… »
« Je ne suis pas aveugle. Ça fait des jours que Derek et toi, vous vous tournez autour. »
Le ton qu'elle employait n'avait rien d'accusateur, rien de tranchant, il était juste moins enjoué qu'habituellement, et c'était peut-être pire.
« Je suis désolé. »
Stiles se sentait pitoyable, mais c'était tout ce qu'il avait à dire. Il n'en revenait pas d'être en train de blesser son amie, ou plutôt de la blesser depuis des jours.
« Ne le sois pas, Stiles. Je savais depuis le début que tu n'étais pas intéressé par moi de cette façon. J'ai déjà eu bien plus que ce que je n'aurais dû avoir, je ne vais pas… »
La voix de Malia se brisa, et elle s'interrompit elle-même. Par réflexe et par nécessité, Stiles passa sa main sur les épaules de son amie, et il la tira vers lui. Sans un mot, elle appuya sa tête contre la sienne, et elle laissa une larme rouler sur sa joue.
« Je ne sais pas pourquoi j'ai joué à ça, Stiles. Je savais que tu n'étais pas amoureux de moi et que tu ne le serais jamais, et je m'étais dit que ce n'était rien, mais j'ai quand même joué à ce jeu. »
« Malia…ça ne sert à rien de dire ça maintenant, mais je regrette. J'aurais vraiment voulu savoir être à la hauteur pour toi. »
« De quoi est-ce que tu parles ? » Demanda-t-elle avec un léger rire. Elle essuya ses larmes du revers de sa main, et elle ajouta « Tu es largement à la hauteur. J'ai eu tellement de chance de te rencontrer, il n'est pas question de gâcher notre amitié pour une petite semaine d'égarement, pas vrai ? »
« Je n'appelle pas ça une semaine d'égarement. Je t'ai faite pleurer, et je ne me pardonnerai pas pour ça. »
« Mais non, ce n'est pas toi, Stiles. Je pleure parce que je suis déçue, ça arrive sans arrêt dans la vie d'une fille, tu sais ? J'aurais bien aimé qu'on arrive à être un couple, c'est vrai, et réaliser que ce n'est pas possible, ce n'est pas forcément agréable. Mais même s'il n'y avait pas eu cette semaine, j'aurais fini par pleurer pour ça. Et d'ici une heure, je sourirai comme d'habitude, parce que je me dirai que j'ai déjà une chance incroyable d'être ton amie. »
Stiles enleva son bras du dos de Malia pour venir prendre sa main dans la sienne et, pour la première fois depuis le début de leur conversation, oser la regarder dans les yeux. Voir les siens humides et rougis alors qu'elle s'obstinait à sourire lui donna l'horrible impression de se prendre un couteau dans le cœur, et il prit sur lui plus que jamais pour ne pas simplement baisser la tête.
« Tu n'as pas à te contenir, Malia. Tu peux t'énerver, m'insulter si tu veux, refuser de me parler un moment, tout ce que tu veux. Je comprendrai complètement, et on restera amis. »
La jeune fille leva les yeux au ciel, et elle commença à jouer distraitement avec les doigts de Stiles.
« La vie n'est pas assez longue pour que je perde mon temps à te crier dessus alors que je ne t'en veux pas, tu ne crois pas ? » Dit-elle avec un sourire. Elle essuya les dernières larmes de ses joues, et elle ajouta : « Stiles, je t'aime, mais tu sais quoi ? Je ne suis même pas sûre d'être amoureuse de toi. Je sais juste que je t'aime et que tant que je peux continuer à passer du temps avec toi, ça me va. »
Stiles la regarda un instant, juste en silence alors qu'il aurait eu envie de lui dire à quel point il la trouvait formidable et à quel point il se demandait ce qu'il avait bien pu faire pour mériter tant d'amour, mais il était incapable de parler. Malia lâcha sa main avec un autre sourire, et elle s'allongea dans l'herbe, imitée l'instant d'après par Stiles. Il fixa le ciel, les quelques nuages qui le traversaient lentement, et il eut l'envie soudaine de le prendre en photo. Avec Lydia, le ciel était peut-être ce qu'il avait le plus photographié, tant son immensité et ses couleurs le fascinaient.
Ils restèrent comme ça encore plusieurs minutes, à profiter du calme environnant et du vent léger qui refroidissait doucement la température, quand Stiles retrouva le courage de parler.
« Malia, tu as parlé de Derek et moi, tout à l'heure. A propos de ça, je voulais que tu saches que… »
« Que tu es sadomaso ? » Le coupa-t-elle en riant. « Tu sais, Derek n'est pas aussi con qu'il en a l'air. Il l'est beaucoup plus encore. »
Stiles explosa de rire malgré lui, en espérant quand même que Derek soit bien resté enfermé dans son atelier, là où il ne pouvait pas les entendre. Après avoir retrouvé son calme et son souffle, Malia poursuivit :
« Non, sérieusement. Ne t'inquiète pas pour ça, je veux juste que tu sois heureux, ce n'est pas parce que je ne peux pas t'avoir que je veux que tu restes seul. Et puis…je dois t'avouer que ça fait un sacré bout d'temps que je n'ai pas entendu rire mon cousin. Des années, peut-être. Honnêtement, ça me manque. »
Stiles lui lança un regard surpris, car si ce n'était pas souvent arrivé, il était certain d'avoir déjà entendu Derek rire. Il n'allait pas oublier ça.
« Tu vois, j'en étais sûre. Toi, tu l'as déjà entendu rire, alors que tu le connais depuis à peine plus d'un mois. »
Stiles haussa les épaules, ne sachant pas vraiment quoi en penser. En apprenant que Derek était aussi fermé avec sa propre famille qu'il l'était avec lui au début, il réalisa à quel point il était chanceux d'avoir eu le droit à ces moments privilégiés, et encore plus d'avoir pu obtenir de lui qu'il accepte de passer des heures en sa compagnie dès le lendemain. Mais plus encore, il se rendit compte qu'il ne savait absolument rien de Derek, mis à part sa passion pour la peinture et sa fâcheuse tendance à se comporter comme un con. Maintenant qu'il avait pu parler à Malia et qu'il portait un poids en moins dans sa conscience, il était bien décidé à combler ce cruel manque de connaissances.
Et voilà mes citrouilles !
Au fait, vous êtes pas mal à m'avoir donné des idées qui prendront sûrement forme dans les chapitres suivants, et j'ai trouvé ça super sympa, alors si vous avez des choses à suggérer, je suis tout ouïe !
Et une petite précision, pour tout vous avouer, je ne sais pas ce que va donner mon rythme de publication à partir de maintenant, parce que ça va dépendre de plein de choses. Je risque d'avoir des vacances pas mal chargées, mais je vais vraiment faire un effort pour essayer de publier chaque semaine, ou au moins en ne dépassant pas dix jours entre deux chapitres.
Ah, là c'est le moment cool où je réponds à vos reviews (en espérant n'avoir oublié personne, pour ma défense j'ai actuellement les mêmes cernes que Stiles saison 3b) :
Toonette : Voilà une bonne chose de faite ! Merci ! :)
Julia13verseau : Haha, alors ça, ça serait vraiment bête ! Je veillerai à ce que ça n'arrive pas !
Arianna Heawing : Mouhahaha moi aussi c'est terminé maintenant ! :D Je revis ! Oooh je vois, greluche et Malia, c'est bien ce qui me semblait. Pauvre d'elle xD T'inquiète, ta scène avec Isaac arrivera très bientôt, je ne l'ai pas oubliée, promis ! Merci beaucoup :D
Allima : Tant mieux, c'est cool, la saison des amours ! Bon, j'ai reporté l'action au prochain chapitre, mais c'était nécessaire, promis ! Je pense que je vais lancer une collecte d'amour virtuel pour Malia, parce que je suis aussi triste pour elle…ahlàlà mais il faut faire des sacrifices pour le sterek. Un dieu des Hale, pas con, il fallait y penser. Il doit y en avoir un du coup, t'as raison !
Oh pourquoi pas, je n'avais pas pensé à ce film, mais il est super, alors ça me va x) Owii mon côté faible est un preux chevalier, trop classe ! J'ai le droit de prôner les happy end, alors ? :D
Sanga36 : Haha je ne sais pas, j'imagine ma Malia assez compréhensive, elle l'a été, non ? Maintenant, place au Sterek ! Merci et à bientôt :)
Xklm : Waouh merci, c'est vraiment super sympa. Je suis contente que ma fic te plaise ! Le passage où Derek fait référence à la crosse, c'est un peu plus haut dans le chapitre en fait, quand Stiles dit à son prof qu'il quitte le club ) (j'ai eu le doute, j'ai vérifié, et c'est bien là haha !) Merci encore !
Agathenoel51.02 : Haha super, ça me fait plaisir que le chapitre précédant t'ait plu :) T'as vu, ils avancent encore, y a du progrès, on peut les applaudir ! Merci beaucoup :)
La Dictateuse : Bon alors toi, je te réponds en live, mais sérieusement, ce « chou-fleur », on en parle ? xD Et « une erreur de jeunesse », tu m'as trop faite rire, ça y est, tu es officiellement une vieille ! :D Sinon, je suis évidemment très contente que le dernier chapitre t'ait plu, mais tu sais où tu peux te mettre les bisous de Britt Robertson, démon !
Riah021101 : Haha c'est à la carte, « alors je veux bien avoir Derek, mais pas les complications qui vont avec » xD Tu as raison, je comprends ! Merci :)
Papuche-chan : Tes diverses personnalités sont les bienvenues, ainsi que la fangirl qui est en toi ! :D C'est vraiment adorable d'avoir parlé de ma fic ! :D Par contre, si tes amies passent par ici, faudrait qu'elles précisent qu'elles sont potes avec une licorne psychopathe, histoire que je me méfie, voire que je parte vivre très loin de la France…Maaaaah oui, le Sterek c'est la vie, le Stydia c'est cool, et le Scira, tant que ça empiète pas sur la bromance Stiles/Scott, c'est sympa, et puis ouais quoi, vive le Japon !
J'avoue que la coïncidence est pas mal du tout, surtout qu'à la base, moi je pensais au mec le plus badass de Walking dead xD Sérieux, ça pète trop sa mémé. J'me méfie de tes bisous sinon, maintenant que je connais ta véritable nature…
Kaneko Etsioay : Pas bête du tout, j'ai écrit ce chapitre un peu vite en mode partiel, mais je le reprendrai sûrement au cours des vacances :) En tout cas, je suis contente de ne pas avoir été trop prévisible et d'avoir pu te surprendre un peu ! J'espère que ça continuera comme ça, parce que j'ai des idées plein la tête pour la suite ! Merci beaucoup pour ta review, bisous !
DianeMoon : Tu sais ce que tu veux toi, c'est bien ! T'inquiète pas, ça viendra. Mais si c'est un peu mieux, c'est déjà ça, merci ! :)
Guest : Tiens, contente de compter une nouvelle lectrice ! :D Merci beaucoup, je suis contente que ça te plaise, j'espère te voir pour la suite ! :)
Wendy05 : Haha tu penses que Malia va faire sa chieuse ? :p Je pensais plutôt à d'autres personnes, mais je n'en dis pas plus ! Merci ! :)
Misew : Alors là, merci beaucoup, vraiment, ta review m'a fait très plaisir. Déjà, je suis contente d'entendre une nouvelle lectrice, et si tu as tout lu d'une traite c'est magique haha ! Je fais mon possible avec Malia, je l'aime bien, mais bon, le sterek avant tout pas vrai ? J'espère que tu vas apprécier la suite, à bientôt :)
Drayy : Bon, si y a pas de « beurk » c'est déjà ça XD On progresse, doucement mais sûrement, j'y crois ! Merci beaucoup en tout cas ! :)
Ça y est, je vous lâche enfin, à bientôt mes tartes à la courgette ! (?)
