Bonjour tout le monde ! Vous avez passé une bonne semaine ? :)
Voici le nouveau chapitre, et je pense que maintenant je publierai le samedi, je m'y suis habituée :P J'espère que l'avancée de l'histoire vous plaira ! ;)
Suite au prochain épisode ! :D
Bon week-end et bonne semaine ! ;)
Il n'avait pas beaucoup dormi cette nuit là. Elle était de retour à l'école. Sur le moment, quand il l'avait vu entrer dans la Grande Salle, il avait cru rêver. Puis il avait fallu se rendre à l'évidence : elle était bien là et c'était bien à lui qu'elle souriait. Tout un tas d'émotions l'avait traversé, et il n'avait pas réussi à trouver le sommeil tellement il avait pensé à elle. C'est pourquoi il était maintenant dans son fauteuil, sa pensine devant lui, prêt à plonger la tête dedans. Il voulait se changer un peu les idées, et il avait pensé qu'éventuellement revoir Lily et ses imbéciles de copains, revivre des choses atroces, calmerait ses ardeurs.
De nombreux souvenirs défilèrent devant ses yeux, cruels, perfides, blessants. Severus sentit son visage s'affaisser au fur et à mesure qu'il revivait tout cela. Puis il sortit brusquement de la pensine, lessivé. Non mais qu'est-ce qu'il t'a pris ? C'est elle qui te fait avoir des idées débiles comme ça ? Espèce d'imbécile !
*Toc Toc Toc*
Quelqu'un tapa à sa porte, ce qui eut le mérite de le sortir de ses pensées. Mais il était 9h du matin, un samedi. Qui pourrait bien le déranger dans ses appartements à cette heure, alors que d'habitude personne ne se présentait avant 11h. Et encore, seulement les personnes qui osaient se présenter devant sa porte. Il alla donc ouvrir, le pas pesant, un masque de colère collé au visage. Masque qui disparut aussi vite qu'il était apparut quand il se retrouva devant Hermione Granger.
« Bonjour professeur, je ne vous dérange pas j'espère ?
-Bien sûr que non Miss. Comment allez-vous ?
-Très bien, et vous ?
-Bien, merci. Tenez, vous avez 5 minutes ? Entrez. »
Elle le suivit à l'intérieur et il s'empressa de faire du thé pendant qu'elle s'asseyait dans un fauteuil, les yeux fixés sur la pensine. Il vit les sourcils de la jeune femme se froncer quand des explosions, souvenirs de guerre, jaillirent de l'objet magique.
« J'ose vous demander ce que vous étiez en train de faire ? »
Severus détourna le regard. Il avait mal. Mal de devoir tout garder, mal de devoir la voir si proche mais si éloignée, mal de toujours vivre ses souvenirs horribles en rêve, mal de tout. Mais jamais il ne s'était laissé abattre et maintenant il n'était plus qu'une machine, incapable de ressentir quoi que ce soit. Enfin, c'était ce qu'il pensait jusqu'à ce qu'elle s'immisce dans sa vie. Maintenant qu'elle lui posait la question, ses yeux si doux posés sur son dos, il ne souhaitait que lui parler, encore et toujours, lâcher tout ce qu'il avait sur le cœur. Mais il ne pouvait pas. Il était Severus Rogue après tout, il ne devait pas se laisser aller à de telles extrémités.
« Je visualisais certains de mes souvenirs qui pourraient être utiles.
-De souvenirs de guerre ? Utiles ?
-Oui, nous ne savons pas à quoi nous en tenir avec les quelques mangemorts qui rôdent encore.
-Je pensais qu'on n'en entendait plus parler ?
-Justement.
-Oh. »
Il avait répondu un peu trop froidement et elle s'était fermée. Par Merlin ce qu'il pouvait être con ! Il l'entendit se lever mais ne se retourna pas. Il avait entièrement confiance.
« Je peux vous posez une question sans que vous ne m'envoyer chier comme vous venez de le faire ?
-10 points en moins pour Gryffondor. Je vous écoute.
-Ça, ça ne m'avait absolument pas manqué. Pourquoi y a-t-il aussi des souvenirs de votre jeunesse ? »
Severus se retourna brusquement. Hermione était penchée au-dessus de la pensine et fixait quelque chose à l'intérieur. Là, Severus vit rouge.
« Reculez de là petite peste ! Je peux savoir pourquoi, par Merlin, vous vous mêlez de ce qui ne vous regarde absolument pas ?
-Pardon professeur, je ne voulais pas, je … Professeur ! »
Il s'élança jusque dans la salle de bain et claqua la porte derrière lui. A l'aide d'un sortilège, il ferma la porte et alla s'asseoir dans un coin, les pensées toutes retournées. Non mais pour qui se prenait-elle, cette Gryffondor ? Fouiller dans sa vie privée ! Rien de moins ! Essayer de regarder SES souvenirs à lui ! Dans cette pensine, il y avait tout. Lily, la guerre, Lily, les Maraudeurs, Lily, elle. Tout.
Il devait cependant se calmer. Il essayait de se convaincre, malgré sa colère, qu'elle n'avait finalement rien fait de grave. Après tout, ce n'était qu'une question qu'elle avait posé. Il s'était tout de suite senti agressé. Et tu prétends l'aimer. Bien sûr qu'il l'aimait, plus que tout. Mais il n'avait pas l'habitude qu'on entre dans sa vie de cette manière. Il n'était qu'un imbécile. Elle devait être partie maintenant, furieuse, et comme il était absolument incapable de s'excuser devant qui que ce soit, il ne la récupérerait jamais…
Sur le moment, elle avait voulu partir et le laisser, ne plus jamais le revoir. Mais elle était incapable de s'éloigner de lui. Alors elle attendit quelques minutes, pour être sûre qu'il ne ferait rien exploser par rage. Puis elle se rapprocha doucement de la porte de la salle de bain et colla son oreille contre. Elle n'entendait rien du tout. Alors elle toqua discrètement.
« Professeur ? Professeur ? Vous allez bien ? Je suis désolée si je vous ai mis en colère, ce n'était pas mon intention. Je ne voulais pas non plus m'incruster comme cela. Je devrais peut-être partir… »
Hermione avait dit cette dernière phrase avec un ton déçu, consciente qu'elle ne pourrait pas partir, pas de plein gré. Elle n'entendait toujours rien derrière la porte, mais ne pouvait se résoudre à partir. Elle sortit donc sa baguette magique et murmura un « Alohomora ». Elle entendit la serrure cliqueter, puis elle entrebâilla la porte doucement, pour qu'il puisse lui dire de déguerpir s'il en avait envie. Mais il ne dit rien et elle passa la tête par la porte pour voir un Severus Rogue assit à terre, la tête dans les mains, la poitrine secouée de sanglots.
« Professeur Rogue ! »
La jeune femme se précipita vers lui et s'accroupit devant lui, attendrie mais aussi inquiète de voir son professeur dans cet état.
« Professeur, je suis vraiment désolée de vous avoir mis dans cet état …
-Miss Granger, je ne veux pas que vous me voyez comme ça.
-C'est moi qui vous ai fait ça ?
-Non… Hermione, partez… »
Il venait de dire son prénom. Hermione crut rêver quand elle entendit cela. Et au lieu de partir comme il le lui demandait, elle s'assit à côté de lui et passa un bras autour de ses épaules comme elle put, du fait de sa grande taille.
« Non, je reste avec vous. »
Il releva la tête, la surprise collée au visage. Puis il poussa un léger soupir amusé.
« Vous ne savez pas ce que vous êtes en train de faire.
-Si, je suis en train de réconforter mon professeur de potions. Et j'aimerai qu'il écoute ce que je lui ai dit la dernière fois que nous nous sommes vus. Mais comme il n'écoute jamais personne … »
Il se leva brusquement, la faisant un peu reculer, et commença à faire les cents pas devant elle, ses dernières larmes coulant sur son mince visage. Elle le regardait faire, attendant patiemment qu'il se décide à parler. Cela prit plusieurs minutes mais apparemment, il finit par se rendre compte qu'il pouvait lui faire confiance.
« Pendant des années j'ai essayé de me faire aimer par les gens. Mais il s'est avéré que je ne suis absolument pas fait pour ça. J'ai donc renoncé à cette idée. C'est arrivé quand … Lily m'a rejeté. Je me suis fait à l'idée que personne ne veut et ne voudra jamais de moi. C'est en partie pour cela que je me suis complètement tourné vers les forces du mal. Je voulais de la reconnaissance et je pensais en avoir si je m'engageais comme mangemort. J'avais tord évidemment. Et puis Lily est morte, par ma faute. J'étais déjà un espion pour Dumbledore à cette époque. J'ai protégé son fils autant que je l'ai pu. Mais peu de gens le savait, et tout le monde me voyait comme un traître, même les membres de l'Ordre. Ce qui a été confirmé quand j'ai tué le Directeur. Pourtant, je ne faisais qu'exécuter des ordres, encore et toujours. Maintenant que tout est revenu à la normale, le monde me déteste, je me déteste, et je me demande parfois si tout cela vaut la peine, si je ne devrais pas plutôt partir pour m'isoler quelque part où personne ne me trouvera, où personne ne pourra me juger et me détester. »
Un silence suivit son discours. Hermione regardait Severus avec des yeux ronds, puis quand elle eut digéré ce qu'il venait de dire, elle prit la parole en se levant et en avançant vers lui.
« Tout le monde ne vous déteste pas. Ce n'est pas votre faute si Lily est morte. Vous avez tué Dumbledore parce qu'il vous l'a demandé. C'était débile de penser que les forces du mal vous aideraient. Ça vaut la peine de rester là.
-Miss, vous ne pouvez pas comprendre, vous êtes jeune. Mais si vous étiez là à l'époque, vous sauriez que rien de ce que vous venez de me dire n'est vrai, enfin, à part pour Dumbledore et les forces du mal.
-La mère d'Harry est décédée parce que Voldemort l'avait décidé. Vous n'auriez rien pu faire contre lui. C'est tout et c'est comme ça. Je suis certaine qu'elle est très heureuse là où elle est, et qu'elle est fière de tout le chemin que vous avez parcouru depuis que vous vous êtes tourné vers le mage noir. Et je répète, tout le monde ne vous déteste pas.
-Lily est morte parce que je n'ai pas pu l'empêcher de la tuer !
-Non ! Oh ce que vous pouvez être butté !
-10 points en moins pour Gryffondor.
-Vous avez fini de m'enlever des points à chaque fois que je vous dis quelque chose qui ne vous plaît pas ? C'est la vérité, vous ne voulez pas vous rendre compte que ce n'est pas de votre faute parce que vous culpabilisez trop. Mais ça fait des années qu'elle est décédée, vous pourriez passer à autre chose non ? Même si vous l'aimez encore, ce n'est pas une raison pour vous pourrir le moral en pensant à elle toute la journée !
-Ce n'est pas à elle que je pense toute la journée, c'est à vous ! »
Hermione s'apprêtait à répondre mais les paroles de son professeur coupèrent court à sa réplique. Elle reprit ses esprits et analysa les possibilités. Soit elle partait en courant et il ne voudrait plus jamais la revoir pour être partie ainsi, soit elle courait l'embrassait, soit elle lui disait qu'elle l'aimait.
« Vraiment ? »
Hermione ! Ce n'est pas ça que tu devais dire ! Elle se fustigea pour avoir prononcé ce mot inutile.
« Oui.
-Wow.
-Je … Faites comme si je n'avais rien dit voulez-vous ?
-Non.
-Si. Faites comme si je …
-Je vous aime.
-Quoi ?! »
Et après avoir prononcé ces mots, qui ceux-là, étaient utiles, elle tenta de partir en passant à côté de lui. Mais il tendit le bras et la retint en la ramenant contre lui. Son visage était alors très près du sien. Trop près. Beaucoup trop près. Sans réfléchir, elle colla ses lèvres contre celles de son professeur et l'embrassa.
« Je vous aime.
-Quoi ?! »
Il s'entendit répondre ce mot, qui ne servait absolument à rien. Mais il n'avait pu dire autre chose, tellement il se sentait heureux et libéré d'entendre les mots de la jeune femme. Alors c'était vrai, elle l'aimait ? Elle tenta de partir, mais il tendit le bras et la ramena vers lui, son visage très près du sien. Il n'osait pas vraiment bouger, de peur de l'effrayer. Mais ce fut elle qui le prit au dépourvu en collant ses lèvres contre les siennes. Par Merlin, le goût de ses lèvres, leur texture, tout était plus merveilleux que ce qu'il avait pu imaginer. Il entrouvrit les lèvres et passa sa langue sur les lèvres d'Hermione, ne s'attendant pas vraiment à ce qu'elle accepte cette intrusion, mais essayant tout de même. Cependant, elle laissa le passage à sa langue et ils s'embrassèrent fougueusement jusqu'à ce que ni l'un, ni l'autre n'ait plus de souffle.
Ils se séparèrent donc, essoufflés, mais heureux. Severus vit les yeux d'Hermione briller d'une lueur telle qu'il n'en avait jamais vu. Elle avait le sourire aux lèvres, et le regardait droit dans les yeux. Lui se sentait merveilleusement bien. Il tenait dans ses bras l'objet de sa convoitise, et elle semblait bien avec lui. La chaleur se répandit dans son bas-ventre et il sourit à la jeune femme, d'un sourire que personne ne lui avait jamais vu.
« Miss …hum, Hermione, je …
-Oui ?
-Je ne suis pas sûr que ça soit une bonne idée. »
QUOI ?! Mais pourquoi, par Merlin, faut-il toujours que tu dises n'importe quoi ?! Il la vit s'offusquer et elle s'éloigna de lui, croisant les bras devant sa poitrine.
« Ah oui et pourquoi donc ?
-Je ne suis pas quelqu'un de bien.
-Ah oui c'est vrai, un mangemort, un professeur salaud envers ses élèves, que personne n'aime. J'ai failli oublier. Heureusement que vous me l'avez rappelé, j'ai presque failli tomber amoureuse de vous. Mais ça serait absolument débile, personne ne vous aime, cette règle ne doit pas être contournée. »
Elle avait dit tout cela sur un ton ironique et vexé. Il venait de la vexer. Mais sa réponse l'avait quelque peu énervé, et il ne souhaitait pas se laisser faire.
« Je ne vous permets pas de me parler sur ce ton et …
-Et bien enlevez-moi des points alors, vous savez faire ça non ? Et puis tant qu'on y est, mettez-moi en retenue pour vous avoir embrassé !
-Ne me coupez pas la parole ! Oui je suis un mangemort, j'ai tué des gens, sans aucun ressentiment, non je ne vous enverrai pas en retenue et je suis aussi salaud que mes élèves sont débiles !
-Moi qui croyais que vous n'étiez pas le même homme en classe et avec moi, je vois que je me suis trompée. Vous avez raison, il vaut mieux oublier tout ça. Au revoir professeur. »
Il la regarda sortir, un masque de fureur collé au visage. Mais à l'intérieur, il sentait qu'il y aurait de nouveau du travail à accomplir pour recoller les morceaux qui venaient de tomber. Pourquoi fallait-il toujours qu'il gâche tout ? Il poussa un énorme soupir et retourna dans son salon pour ranger la pensine. Mais avant il y mit un souvenir qu'il ne souhaitait pas perdre. Le goût de ses lèvres sur les siennes.
