Hello, hello !
Après une absence abominablement longue, me voilà de retour pour la suite (et fin) de La Triste Vie d'Antigone Rogue. J'ai commencé à écrirecette fanfiction il y a fort longtemps et à une vitesse absolument extraordinaire de lenteur. De ce fait, au moment où j'écrivais les derniers chapitres, l'immaturité de ma plume sur les premiers chapitres me paraissait insupportable à lire et en total inadéquation avec la fin. Ainsi, après plusieurs années (j'ai honte -_-') j'ai décidé de remettre à jour cette histoire, pour lui offrir enfin la fin qu'elle méritait.
Ainsi, les 10 premiers chapitres ont été révisés et réécrits. L'histoire ne change pas. En revanche, les fautes, les tournures de phrases et même quelques passages entiers ont été modifiés pour une lecture plus agréable (du moins je l'espère) avec l'aide de mes deux merveilleuses betas Ipiu et Claire Rogue. C'est pourquoi, si certains décident de revenir sur les premiers chapitres, ils trouveront un contenu très légèrement différent.
Bonne (re)lecture ^^
La triste vie d'Antigone Rogue
Chapitre 11 : Ta vie se trouve dans le futur, Antigone
Un nuage de fumée turquoise montait du chaudron et Severus s'écarta pour l'éviter. D'un coup de baguette, il dissipa la nuée puis se pencha de nouveau sur le chaudron. Il prit le carnet qui était posé juste à côté et griffonna dedans rapidement, collant presque son nez sur les pages.
Ajout de sang de salamandre réussi. Teinte incolore. Bien. Très bien.
Il se pencha à nouveau au-dessus du chaudron pour vérifier quand on frappa à la porte.
– Je suis occupé, marmonna-t-il à l'intention du visiteur non attendu.
Les coups à la porte se répétèrent et il se décida à aller ouvrir, tout en continuant à râler sur l'invasion de son temps de travail personnel et son espace vital.
– Quoi ?! cracha-t-il lorsqu'il eut ouvert la porte.
– C'est comme ça que tu accueilles les sorciers qui viennent te voir ? demanda Antigone en levant un fin sourcil noir. Je comprends mieux pourquoi la plupart des élèves ont peur de toi.
Elle ne lui laissa pas le temps de répondre et entra dans le bureau.
– Que veux–tu ? demanda Rogue un peu plus gentiment cette fois bien que son ton reste froid.
– En fait, répondit-elle en observant les étagères remplies d'ingrédients à potion, j'espérais pouvoir parler un peu avec toi et par la même occasion te demander quelques conseils sur ma potion de retour dans le futur.
– Je suis occupé, répliqua-t-il immédiatement.
Antigone ne l'écoutait pas vraiment, préférant s'amuser à identifier les différentes poudres que contenaient les bocaux. Elle sourit quand elle s'aperçut qu'elles les reconnaissaient toutes.
– Mais je suppose que tu ne partiras pas pour cette raison, soupira le professeur. Alors reste.
Les yeux de la jeune fille glissèrent des poudres aux fioles de potions déjà préparées. Il était plus difficile d'identifier celles-ci car la plupart étaient translucides. Mais il lui suffisait de retourner les fioles pour lire l'étiquette derrière et se rendre compte que finalement, elle avait trouvé.
Rogue observa un moment sa fille alors qu'elle passait lentement le doigt sur les fioles en verre avant de les retourner pensivement. Il s'empêcha de sourire en pensant que lui aussi faisait cela quand il était plus jeune, puis se détourna pour retourner à sa potion et travailler en paix.
Néanmoins, il ne resta pas longtemps tranquille. Quelques secondes à peine. C'est le temps qu'il fallut à Antigone pour retourner une dernière fiole puis traverser le bureau pour le rejoindre près du chaudron bouillonnant. Elle le regarda un moment sans rien dire, pendant qu'il notait d'autres observations dans son carnet puis demanda :
– Tu travailles sur la potion qui servira à ma naissance, n'est-ce pas ?
– Oui.
Il ne prit même pas la peine de lever la tête. Elle s'avança un peu plus pour mieux voir.
– Je peux t'aider ? demanda-t-elle.
– Je n'ai pas besoin d'aide, grinça-t-il.
Antigone essaya de ne pas réagir devant sa démonstration de mauvais caractère. Mais la façon qu'il avait de toujours la repousser la touchait bien plus qu'elle ne voulait le lui montrer. Malgré les progrès qu'ils avaient fait, ou plutôt qu'elle avait fait avec lui, il se montrait toujours distant et désagréable.
– Est-ce que je peux participer ? demanda-t-elle dans un effort pour se rapprocher de lui.
La formulation était différente mais ils savaient tous les deux que la question restait la même. Pourtant, Severus hocha la tête.
– Super ! s'exclama-t-elle, retrouvant instantanément le sourire. Qu'est-ce que je fais ?
Rogue soupira d'exaspération devant un tel débordement d'énergie si peu Serpentard. Où sa fille avait-elle bien pu apprendre à se comporter de la sorte ? Et puis il se souvint de ses fréquentations .
– Tu devrais faire attention, dit-il. A force de traîner avec Lupin et Potter, tu vas finir par virer Gryffondor.
Elle ne releva pas la remarque, trop contente d'aider son père dans sa préparation de potion. Et pas n'importe quelle potion en plus, puisqu'il s'agissait de celle qui allait lui permettre de naître ou plutôt qui lui avait permis de naître puisqu'elle était déjà née. Enfin pas à cette époque, mais dans le futur, oui… Ce voyage dans le temps était une véritable torture pour les méninges.
– Alors, qu'est-ce que je peux faire ? demanda-t-elle à nouveau.
– Rapporte-moi les fioles posées sur mon bureau, dit-il avec un signe de tête en direction de son bureau.
Elle s'y précipita immédiatement et ne protesta pas en notant qu'il lui faisait faire les simples taches de larbin de laboratoire. Elle prit les quatre fioles qu'il lui avait demandées et retourna auprès du chaudron. Son père avait à nouveau le nez plongé dans son carnet, qu'il lisait attentivement, ou qu'il déchiffrait peut-être, étant donné qu'il était quasiment collé aux pages.
Sans la regarder, il lui donna ses instructions :
– Il faudra verser chaque fiole l'une après l'autre, dans un ordre précis.
Elle hocha la tête.
– Ce sont des préparations que j'ai concoctées la semaine dernière à partir de mon propre sang, expliqua-t-il. Ce sont les premiers éléments qui vont me permettre d'établir ma paternité.
Antigone buvait ses paroles. Littéralement.
– Pour l'instant, si mes recherches sont justes, la potion pourrait permettre de donner naissance à n'importe quel individu. Il faut y ajouter certaines substances contenant mon information génétique et magique. Du sang, par exemple. Ainsi, on peut établir une relation de parenté, et faire de ce simple individu quelconque né dans un chaudron, mon enfant. Ma fille…
Le cœur d'Antigone battait très fort à ses oreilles. C'était comme si soudainement, elle se rendait compte qu'elle était vivante grâce à une potion. C'était tout simplement magique. De la magie à l'état pur.
– Tu avais décidé d'avoir une fille ?
Severus fut pris par surprise par la question d'Antigone. Avait-il décidé d'avoir une fille ? Ou un garçon ?
– Il se trouve, répondit-il lentement, cherchant un peu ses mots, que je voulais une fille. Du moins, c'était mon intention première. Seulement, je ne crois pas qu'il soit possible de choisir, même en utilisant une potion. C'est…aléatoire. Il semble cependant que j'ai eu de la chance.
Il tourna son regard vers sa fille et la fixa longuement. Il observa, pour la première fois, ses yeux et ses cheveux d'un noir profond et sa peau trop pâle. Elle était comme lui.
– Tu me ressembles beaucoup, remarqua-t-il.
C'était vrai. Et si l'on enlevait son caractère parfois trop Gryffondor, probablement dû à l'influence de Potter, on retrouvait la froideur et la solitude dans laquelle il vivait. Elle était comme lui.
N'avait-il pas créé un clone, plutôt qu'un enfant ?
– C'est ce que dit aussi Ron quand il me voit, répondit-elle avec un petit sourire. Enfin, il le dit moins maintenant. Je pense qu'il s'y est habitué.
Elle haussa les épaules puis montra les potions qu'elle tenait dans la main.
– Je mets laquelle en premier ?
Severus, perdu dans ses pensées quant à l'éthique de ce qu'il était en train de faire, ne répondit pas tout de suite. Il ne réagit que lorsqu'elle se mit à agiter les fioles sous son nez.
– Ne remue pas les fioles ! siffla-t-il. Les préparations pourraient en être altérées.
– Tu t'inquiètes pour moi ? demanda-t-elle en cessant de faire bouger les petits flacons.
– Tu ferais mieux de t'inquiéter pour toi, rétorqua-t-il.
Il n'aurait jamais avoué qu'il s'inquiétait pour elle. Ça aurait été beaucoup trop mignon et attentionné, ce qu'il n'était pas. Il préférait de loin être froid et cynique. Mais il devait tout de même avouer que cette fillette avait le don pour faire ressortir ce qu'il y avait de plus "gentil" en lui. Yeurk… Comme il détestait ce mot. Rien que d'y penser, il avait envie de vomir.
– Verse la verte en premier, indiqua-t-il. C'est celle qui contient le moins de sang. Associé à du dictame, elle va permettre de constitué un corps à l'enfant à partir de quasiment rien.
Antigone était impressionnée. Elle apprenait des informations sur les modalités de sa création qui étaient absolument incroyables. Elle connaissait les effets des différents ingrédients à part et il n'était pas difficile de retrouver les interactions qui se produisaient entre les substances quand on les mélangeait, obtenant ainsi de nouveaux effets. Ce que Severus disait tombait sous le sens et semblait même évident énoncé de cette manière. Mais la création d'un être vivant entier requérait des centaines d'interactions différentes pour des centaines de mécanismes vivants. C'était un travail horriblement long et fastidieux. Terriblement précis. Et Antigone comprenait alors l'effort considérable qu'avait dû faire son père pour lui donner la vie.
Elle ne s'attarda pas plus sur la complexité de la potion qui se trouvait sous ses yeux, et fit ce qui lui était demandé. A côté d'elle, Severus lui jeta un bref coup d'œil, puis replongea dans ses notes.
– Attends que la potion change de couleur, puis verse la fiole rouge, ajouta-t-il sans relever la tête.
Quelques volutes verdâtres s'échappèrent du chaudron et Antigone n'eut pas à attendre longtemps avant que la potion, auparavant transparente, prenne une légère teinte verte. Elle se pencha un peu plus au-dessus du chaudron pour être sûre d'elle puis annonça :
– Vert clair.
Elle prenait vraiment à cœur son rôle d'assistante provisoire. Et elle était déterminée à tout bien faire. Si cela pouvait lui permettre de se rapprocher un peu de son père et de briser les barrières qu'il dressait toujours contre elle.
Severus ne dit rien, et nota quelques lignes de plus sur son carnet. Antigone prit son silence pour une invitation à continuer et elle prit la fiole suivante. La rouge.
– Celle-ci contient plus de mon sang que la précédente, expliqua le maître des potions alors qu'Antigone versait le contenu de la fiole dans le chaudron. Elle contient également du sang de salamandre qui empêchera le rejet éventuel du sang.
– Le rejet ?
– Comme une greffe. Le sujet, en l'occurrence toi, pourrait rejeter le sang, ne pas l'accepter. C'est une hypothèse à ne pas prendre à la légère. Cela pourrait être fatal pour l'enfant. Pour toi. Le sang de salamandre permet d'éviter ce genre de réactions, et j'espère que ce sera suffisant. Son champ d'action n'est pas infaillible.
– Je vois…
Et Antigone voyait réellement. Sous ses yeux, le liquide rouge constitué en partie du sang de son père était lentement absorbé par la potion, comme s'il était accepté avec hésitation. Et la potion changea peu à peu de couleur.
– Est-ce normal que la couleur soit noire ? demanda-t-elle doucement.
Elle trouvait cette couleur particulièrement inquiétante.
– Oui, répondit néanmoins son père en levant enfin les yeux de son carnet. C'est parfait. Bleu, maintenant, ajouta-t-il en retournant à son carnet.
Antigone le regarda quelques instants alors qu'il continuait à noter sur les pages avec ferveur. Elle se demanda si c'était sa présence qui le poussait à donner autant de son temps pour la potion ou s'il avait toujours été aussi déterminé à "mettre au monde" son enfant. Elle poussa ses questions de côté. Elle savait qu'elle n'obtiendrait rien si elle les posait directement à son père. A tous les coups, il la fuirait le plus vite possible et ne voudrait plus jamais la voir.
Elle essaya de se débarrasser de ses pensées pour le moins déprimantes et retourna aux fioles. Elle posa ses yeux sur les deux qui restaient dans sa main et remarqua que les deux avaient une couleur bleue. L'une était d'un bleu très pâle et l'autre plus foncée avec des reflets argentés. Son père avait dit bleu. Mais les deux étaient bleues. Elle haussa les épaules et prit celle avec les reflets argentés. Elle mettrait la deuxième après.
Severus releva la tête juste avant qu'Antigone verse la fiole dans le chaudron alors que son bras était déjà au-dessus de la potion. Il lâcha immédiatement son carnet qui tomba au sol où plusieurs de ses pages mal accrochées s'éparpillèrent. Il n'y prêta guère attention et attrapa vivement le poignet de sa fille, l'empêchant de verser la fiole dans le chaudron.
– Qu'est-ce que tu fais ? siffla-t-il les yeux encore plus noirs que d'habitude.
Antigone leva son regard vers lui, ne comprenant pas pourquoi il se mettait soudainement aussi en colère contre elle. Elle n'avait rien fait. Elle se serait probablement mise à pleurer si des années de rejet de tout le monde ne l'avaient renforcée mentalement. Il ne lui laissa pas le temps de demander ce qu'elle avait mal fait.
– Ceci, grinça Severus en lui retirant la fiole des mains, est un poison terriblement efficace. Il n'a rien à faire entre tes mains et encore moins dans cette potion.
Sa voix était froide. Glaciale. Son visage était incroyablement tendu sous l'effort qu'il faisait pour garder un semblant de contenance. Jamais il ne pourrait avouer qu'en voyant Antigone prête à verser le poison dans la potion, il avait senti un poids énorme se loger dans son estomac et son cœur s'arrêter de battre. Il n'aurait pas supporté de perdre son travail après tant d'effort. Il n'aurait pas supporté de perdre son enfant. Il y tenait bien plus qu'il ne le montrerait jamais.
Antigone retira lentement sa main de la prise de Rogue, les yeux grands ouverts.
– Un poison ? demanda-t-elle lentement.
Elle aussi été très choquée par ce qui venait d'arriver mais elle ne faisait rien pour le cacher. Son visage, déjà bien pâle en temps normal, avait perdu toutes ses couleurs et ses mains tremblaient légèrement. On aurait dit qu'elle avait frôlé la mort de près. Mais la vérité, c'était qu'elle avait réellement frôlé la mort de près.
– Oui, répondit Severus alors qu'il allait ranger la fiole contenant le poison dans un tiroir de son bureau qu'il verrouilla ensuite à l'aide d'un sort. Un poison fait à partir de sang de licorne et dont personne n'a trouvé l'antidote. Pas même moi. Si tu l'avais versé dans le chaudron, l'enfant serait mort quasiment instantanément sans même que l'on s'en rende compte. Tu serais morte.
Antigone déglutit péniblement.
– Il t'aurait suffi de recommencer la potion, non ? dit-elle doucement en haussant les épaules.
Elle essayait de cacher sa peur derrière une attitude nonchalante qu'elle était loin de ressentir. Elle avait failli se tuer. Est-ce que l'on aurait considéré ça comme un suicide ? Ou simplement un accident ?
– Non. Ça n'aurait pas été aussi simple. D'abord, la potion est très longue à faire, et je n'aurais peut-être pas eu le temps de recommencer puisque d'après ce que tu m'as dit, je vais mourir plus jeune que prévu.
Elle hocha simplement la tête puis baissa les yeux pour fixer un point sur le sol sans vraiment le voir. Elle savait que son père n'avait toujours pas digéré l'annonce de sa mort prématurée. Qui l'aurait fait ?
– De plus, le sang de licorne contenu dans le poison est un puissant régénérateur. Il permet de garder le corps intact. Autrement dit, l'enfant dans le chaudron aurait paru en pleine forme et en parfait état alors qu'il était mort. Je ne m'en serais rendu compte qu'à la "naissance".
Il fit une pause pendant laquelle il fixa intensément sa fille qui ne le regardait toujours pas.
– Tu as véritablement failli te tuer définitivement.
Antigone fut parcourue d'un long frisson. Elle venait de passer près de la mort. Très près. Plus près encore que le jour où son chaudron lui avait explosé au visage. Plus près encore que le jour où Teddy l'avait envoyé à l'infirmerie après l'un de leurs duels. Plus près encore que le jour où elle avait passé la nuit dans la forêt interdite parce qu'elle s'était perdue et qu'un centaure l'avait ramenée le lendemain matin.
Elle releva lentement la tête.
Serait-elle véritablement morte si Severus ne l'avait pas arrêtée juste à temps ? Aurait-elle pu changer le passé si facilement. Aurait-il été si facile de se supprimer ? Cette idée lui paraissait particulièrement perturbante.
– Qu'est-ce que tu fais avec un tel poison dans ton bureau ? demanda-t-elle pour essayer de dissiper son trouble. C'est pas un peu dangereux de garder ce genre de choses ?
– Commande du Seigneur des Ténèbres.
Antigone ne fit aucune remarque. Bien qu'elle connaisse le passé de son père grâce aux récits que lui en avait fait Harry, elle ne s'était jamais attardée sur le fait que son père avait été quasiment toute sa vie un Mangemort. A ses yeux, il avait été un espion, une aide précieuse pour l'Ordre du Phénix et Harry pendant la guerre, mais pas l'un des méchants. Elle se demanda vaguement si elle n'avait pas un peu idéalisé son père.
Elle montra la dernière fiole qu'elle tenait dans la main. La bleue pâle.
– C'est bien celle-ci qu'il faut verser maintenant ?
Elle ne voulait plus faire d'erreurs. La dernière avait failli lui coûter la vie et cette idée la perturbait suffisamment pour qu'elle demande confirmation avant de faire quoi que ce soit d'autre.
Severus hocha la tête. Elle versa lentement la fiole dans la potion. Ses mains tremblaient encore un peu. Elle avait peur de faire une erreur. Elle avait peur que ses actions même les plus simples changent complètement le passé et donc leur futur. Elle commençait à prendre conscience de la dangerosité de leur voyage dans le temps. Ce qui pouvait en découler sans qu'ils le veuillent. Ce qui pourrait en découler sans qu'ils s'en rendent compte.
– Tu voulais me voir pour ta potion de retour, non ? demanda finalement Rogue au bout d'un long moment.
– Euh...oui.
Elle mit quelques instants à se rappeler pour quoi elle était venue exactement.
– J'hésite entre deux ingrédients qui pourraient me permettre de finir la potion plus rapidement et je ne sais pas lequel prendre. J'aurais besoin de tes conseils.
Il ne répondit pas tout de suite, semblant peser le pour et le contre, puis finit par soupirer :
– Je passerai voir où tu en es, si tu veux.
Cette petite phrase redonna le sourire à Antigone, heureuse à l'idée que son père vienne travailler avec elle.
– Merci !
Severus hocha simplement la tête en retour, ne montrant pas le trouble qu'il ressentait face à cette profusion de sourires. Ce n'était vraiment pas dans ces habitudes d'en recevoir autant.
– Tu vas aller encourager Gryffondor pour le match de Quidditch samedi prochain ? demanda-t-il pour changer de sujet.
– Bien sûr ! C'est l'équipe de Harry !
– Tu ne devrais pas plutôt supporter ta propre maison ?
– A notre époque, il est vrai que j'aurais probablement encouragé Serdaigle pour que les Serpentard ne se retrouvent pas derniers du classement, expliqua-t-elle. Bien que Teddy fasse partie de l'équipe de Gryffondor. Mais là, ça ne sert à rien. Gryffondor va gagner, même sans Harry.
– Sans Potter ? s'étonna le maître des Potions.
– Oui, à cause de la ret... Par Salazar ! s'écria soudainement Antigone, faisant sursauter son père qui ne s'y attendait absolument pas.
– Qu'est-ce qu'il y a ?
– Il faut que je parle à Victoire !
– Pardon ?
Mais Antigone ne répondit pas à sa question car elle se précipitait déjà vers la porte du bureau.
– Surveille Malefoy ! cria-t-elle une fois dans le couloir puis elle ferma la porte et partit en courant.
Severus resta un long moment à fixer la porte d'un air incrédule, encore sous le choc, puis secoua la tête pour tenter de reprendre contenance et retourna à ses notes.
– Victoire, on a un problème ! cria Antigone en déboulant dans leur chambre commune.
Son entrée fracassante n'eut pas l'effet escompté car la salle était entièrement vide. La Serpentard se stoppa net sur le seuil et observa les lieux en silence. Elle n'avait aucune idée de l'endroit où pouvait se trouver ses deux amis. Jusqu'à ce qu'une idée la frappe soudainement avec violence : elle avait cours de sortilèges ! Elle repartit en courant dans le couloir. Flitwick n'allait pas être content.
– Où étais-tu ? chuchota vivement Victoire quand Antigone se fut assise à côté d'elle au fond de la salle de sortilèges après s'être excusée auprès du professeur. On se fait déjà assez remarquer sans que tu en rajoutes. Je n'ai pas trop envie de réparer vos bêtises sans arrêt.
– J'étais avec mon père, répondit Antigone dans un souffle. On a un problème, enchaina-t-elle immédiatement.
– Silence au fond ! fit le professeur Flitwick de sa petite voix aiguë.
– Excusez-nous professeur, répondit Victoire, puis se tournant vers la Serpentard, elle ajouta : Et maintenant, arrête de raconter n'importe quoi et entraine toi à jeter ce sortilège.
– Ça ne sert à rien, tu sais bien que l'on maîtrise les changements de liquide depuis le premier trimestre.
– Change cette eau en vin, Antigone, avant que je décide de te changer en crapaud ! menaça Victoire en pointant sa baguette sur son amie.
La jeune fille s'exécuta aussitôt mais dès que le liquide devint rouge sombre elle se retourna vers Victoire :
– On a quand même un problème !
– Mais quoi à la fin ? s'exaspéra Victoire, visiblement pas d'humeur à écouter.
– Harry va lancer le Sectumsempra à Malefoy avant la fin de la semai...nmpf !
La Serdaigle plaqua vivement sa main sur la bouche d'Antigone, l'empêchant de continuer.
– Non, mais t'es malade ! Crie le plus fort, tout le monde n'a pas entendu !
Antigone se débarrassa de la main de Victoire pour pouvoir à nouveau s'exprimer.
– Mais tu ne comprends pas ? fit-elle à voix basse. Harry m'a toujours dit qu'il regrettait son geste. Il suffirait de l'avertir et rien ne se passerait !
– C'est toi qui ne comprends pas ! répliqua Victoire toujours en chuchotant. On ne peut pas changer le passé. On ne doit pas !
Antigone plongea sur la table et attrapa le bras de Teddy qui se trouvait de l'autre côté de la Serdaigle.
– Hé ! protesta le garçon sans pour autant interrompre Antigone dans son geste.
– Tu veux vraiment que cela recommence ? dit-elle en relevant la manche de Ted juste sous le nez de la blonde.
– On avait dit qu'on n'en parlerait plus, marmonna le garçon mais les deux filles ne s'en occupèrent pas.
Victoire ne pouvait s'empêcher de détailler les fines cicatrices blanchâtres qui scarifiaient la peau de Ted. Elle savait que, malheureusement, d'autres marques remontaient jusqu'à son épaule et se rapprochaient dangereusement de son torse et, pire que tout, de son cœur. Après quelques instants, Victoire rabattit l'uniforme sur le poignet de Teddy et lui rendit son bras.
– Ce n'est pas notre problème ! affirma-t-elle entre ses dents serrées.
– Mais...
– Non, Antigone, c'est hors de question ! la coupa la Serdaigle. Et de toute façon, même si tu le faisais, Harry oublierait tes recommandations après notre départ et il utiliserait tout de même ce sortilège.
– Je vois, murmura la Serpentard pensive.
Elle venait de réaliser qu'elle avait failli se tuer avant même d'être née. Heureusement pour elle, Severus l'avait arrêté à temps. Mais cela signifiait-il qu'il était possible de changer le cours du temps ?
Un doute l'étreint. Et s'ils avaient déjà modifié le passé ? C'était une possibilité qu'elle ne pourrait malheureusement vérifier qu'à son retour. En partant, Antigone connaissait les dangers qu'ils courraient tous les trois mais elle ne s'en rendait vraiment compte que maintenant. Elle préféra taire ses pensées et décida de ne rien dire à ses deux amis, surtout à Victoire qui trouverait le moyen de la faire culpabiliser encore plus.
– Tu savais très bien que l'on ne viendrait pas pour changer le passé, n'est-ce pas ? reprit Victoire plus doucement. Nous sommes venus pour que tu voies ton père et Teddy ses parents. Maintenant que nous y sommes, je ne sais plus si c'était vraiment une bonne idée mais nous ne pouvons plus faire machine arrière. Quoiqu'il en soit, il était dit, dès le début, que l'on ne devait pour rien au monde changer le cours du temps. Tu t'en rappelles ? Cela pourrait avoir des répercussions bien trop grandes sur notre futur et ce n'est pas ce que nous voulons, pas vrai ?
– Oui... Oui tu as raison, répondit Antigone.
Sans ajouter un mot, elle retourna à son verre de vin qu'elle changea en vinaigre, en jus de raison puis en eau distraitement, toujours perdue dans ses pensées.
Antigone Rogue ne joua pas à la Gryffondor téméraire et garda pour elle ce qu'elle savait des événements futurs. Et ce qui devait arriver arriva. Dans les toilettes de Poudlard, Harry Potter lança un sort à Malefoy qui lui valut un nombre interminable de retenues avec Rogue et l'interdiction de jouer le prochain match de Quidditch. Comme Antigone l'avait prévu.
– Pourquoi est-ce que tu ne m'as pas prévenu ?
Antigone sursauta et se tourna vers celui qui venait d'entrer dans la salle commune de Gryffondor.
– Pourquoi est-ce que tu ne m'as pas prévenu ? répéta Harry en venant s'installer à côté d'elle sur le canapé près de la cheminée.
– Est-ce que ça aurait changé quelque chose ? interrogea-t-elle à son tour dans un soupir.
– Bien sûr ! s'exclama-t-il. Je n'aurais jamais attaqué Malefoy si tu m'avais dit que le Sectumsempra avait cet effet–là !
– Je t'ai expliqué que ton « toi » du futur m'avait interdit de l'utiliser. Ce n'est pas pour rien. Et pourtant, tu t'en es quand même servi.
Elle referma le livre de métamorphose posé sur ses genoux sur lequel elle travaillait avant qu'il arrive. Puis elle releva la tête vers lui, lui faisant face. Harry n'avait rien trouvé à répliquer alors elle poursuivit :
– J'ai la vague impression d'être le parent qui explique à son enfant les lois de la Magie. Les rôles sont légèrement inversés. C'est étrange. D'habitude, c'est toi qui me fais la morale.
– Tu vas me faire la morale ?
– Non.
Elle baissa les yeux et fixa pendant un moment un point sur la couverture de son manuel. Toute cette situation inversée la rendait nerveuse. Elle ne savait plus vraiment comment se comporter. Elle n'avait pas envisagé qu'elle devrait faire la morale à son père adoptif durant ce voyage dans le temps.
Elle regarda de nouveau Harry.
– La potion que j'ai concoctée pour venir ici, à cette époque, vient certes d'un livre de magie noire, mais elle ne nous permet pas de modifier le cours du temps. Une fois que nous serons partis, vous oublierez tout de notre venue et ce sera comme si nous n'avions jamais été là.
Elle marqua une pause pendant laquelle elle observa attentivement le garçon devant elle. Aujourd'hui, il était à peine plus grand qu'elle et peut–être moins mature alors que dans le futur, il était un homme respecté dont les grands principes lui avaient fait adopter une petite fille née dans un chaudron. Aujourd'hui il buvait ses paroles et attendait qu'elle lui explique. A son retour dans le futur, ce serait à son tour à lui d'expliquer, de gronder, de sévir, de faire la morale. Elle avait échangé leurs rôles. Et Antigone prenait enfin conscience qu'il était temps que tout cela rentre dans l'ordre.
– Si je t'avais expliqué l'effet du Sectumsempra, tu n'aurais sûrement pas attaqué Malefoy pendant que j'étais encore là, expliqua-t-elle. Mais à mon départ, ton souvenir aurait été effacé et tu aurais fini par t'en servir sur lui à un moment ou un autre. Ou pire contre quelqu'un d'autre peut-être. C'est le même principe qui s'applique pour mon père, poursuivit-elle. Je ne lui ai pas dit comment il allait mourir car en plus d'être « grossier » de ma part, cela aurait été parfaitement inutile. Lorsque je serais oubliée, sa mort sera de nouveau inéluctable.
Harry faillit faire une remarque déplacée mais se retint à temps et ne dit rien. Il aurait été malvenu d'insinuer que la mort de Rogue ne serait pas une grande perte, devant sa fille qui semblait tant l'admirer.
– Je sais que tu ne l'aimes pas, dit Antigone comme si elle avait lu dans ses pensées.
– C'est un euphémisme, marmonna Harry.
– Mais il arrivera un jour où tu le respecteras, poursuivit-elle. Sincèrement.
Le Gryffondor leva les sourcils, sceptique.
– C'est peu probable.
– Et pourtant, ça arrivera, fit-elle avec un sourire. Tout comme je naîtrai dans un chaudron, que Ron épousera Hermione et que George trouvera toujours une blague pour nous faire rire.
Sa réplique eut l'effet escompté, arrachant un faible sourire à Harry.
– Ne te tourmente pas trop. Cela devait arriver.
Elle se leva, prête à partir retrouver ses deux meilleurs amis.
– Et pense à féliciter Ginny comme il se doit pour sa performance pendant le match de samedi, ajouta-t-elle.
– Quelle performance ?!
Elle ne répondit pas et s'éloigna vers la porte de la salle commune.
– Celle qui offrira la Coupe de Quidditch à Gryffondor, bien sûr, répondit–elle.
Et elle sortit, refermant la porte sur le regard intrigué et interrogateur de Harry.
– Je ne suis pas vraiment d'humeur aujourd'hui.
Antigone s'assit sur le bureau.
– Parce qu'il y a des jours où tu es de bonne humeur ?
Son père leva les yeux de ses copies pour lui lancer un regard noir. Il voulait lui cracher que ce n'étaient pas ses affaires et qu'elle avait bien mieux à faire ailleurs que de rester ici dans son bureau à l'embêter pour ne pas dire autre chose. Mais il ne pouvait pas. Parce que c'était sa fille et qu'il lui devait un minimum de respect. Parce qu'elle venait du futur et qu'elle en savait finalement bien plus que lui. Et il détestait ça. Il haïssait qu'on vienne le déranger dans sa petite vie solitaire où personne d'autre que lui ne comptait vraiment. C'était faux bien sûr. Severus ne menait pas une petite vie tranquille. Tiraillé entre le Seigneur des Ténèbres et Dumbledore, il n'avait pas vraiment l'occasion de vivre la vie en solitaire à la limite de l'ermitage dont il rêvait.
Mais évidemment, n'étant pas de bonne humeur, il n'avouerait jamais une chose pareille. Il n'avouerait pas que sa fille le dérangeait parce qu'il n'était qu'un vieux misanthrope dont les seuls amis étaient ses chaudrons.
– Tu n'as rien de mieux à faire que de me regarder corriger des devoirs ? finit-il par dire.
– Je ne suis pas venue pour te regarder mais pour passer du temps avec toi.
Severus serra les mâchoires. Il pouvait presque entendre le « avant que tu meures » qu'elle sous-entendait à la fin de sa phrase. Il préféra changer de sujet.
– Le match de Quidditch va bientôt commencer. Tu ne vas pas le voir ?
– J'ai encore du temps, répondit-elle en regardant une fiole de potion multicolore comme elle aurait regardé une montre. Il reste environ une demi-heure avant le début du match. Et puis je connais déjà le résultat, c'est beaucoup moins intéressant.
Severus grogna. Encore une fois, elle lui rappelait que sa mort était proche et qu'il allait engendrer une fillette capable de voyager dans le temps juste pour passer un peu de temps avec lui. C'était beaucoup pour le peu d'attention qu'il lui donnait.
A nouveau, il tenta une diversion.
– C'est une potion qui donne l'heure ? demanda-t-il.
– Quoi ? Ça ?
Elle ressortit la fiole de sa poche. Il hocha la tête.
– Non. C'est un additif pour la potion de retour que je dois faire maturer.
Elle regarda quelques secondes la petite fiole puis ajouta :
– Elle sera prête dans deux jours.
– Et bien, tu n'auras qu'à venir me voir dans deux jours, si tu as encore besoin d'aide.
Antigone ferma les yeux. Elle ne voulait pas voir son père quand elle le lui annoncerait.
– Non, je veux dire... que la potion de retour sera prête dans deux jours. Je m'en vais dans deux jours...
Elle ne voulait pas voir le visage satisfait de son père à cette annonce. Ou pire, son indifférence.
De ce fait, elle manqua le regard soudainement perdu et voilé de tristesse de Severus. Une expression qu'il arborait habituellement quand il repensait un peu trop à Lily Evans.
– Ah... D'accord.
Il ne trouvait rien d'autres à dire. Et puis, sa gorge était un peu nouée. Peut-être était-ce seulement un rhume…
Il fixait Antigone qui ne le regardait toujours pas. Finalement, il s'était peut-être un peu attaché à cette petite. Elle apportait certes des nouvelles assez tragiques, mais elle était la seule à lui rendre visite. La seule à l'admirer sans condition malgré ce qu'il avait pu lui dire. Heureusement que sa mémoire allait être effacée. Il n'aurait pas à regretter son absence. Il ne penserait qu'à son arrivée prochaine, et ce n'était pas plus mal.
– Tu sais...
Qu'allait-il lui dire ? Il n'en avait aucune idée. Il avait juste ce besoin soudain de la rassurer. De se rassurer un peu. Il avait souvent douté. Faisait-il le bon choix ? Tenter quelque chose que personne encore n'avait réussi, n'était-ce pas un peu dangereux ? La voir avait d'abord ravivé ses appréhensions. Puis il s'était vite rendu compte qu'il n'y avait pas de quoi avoir peur. Il avait donné vie à une jeune fille pleine de courage et de ressources qui avait su se faire une place dans ce monde ingrat malgré son absence et le nom qu'il lui avait laissé. Il n'avait rien à redouter. Rien à regretter. Seulement le fait qu'il ne pourrait pas la voir grandir. Ne plus la voir.
– Tu sais, répéta-t-il. Il ne faut pas rester bloqué dans le passé. Il faut savoir avancer et aller de l'avant.
Elle releva la tête et plongea ses yeux dans les siens.
– Ta vie se trouve dans le futur, Antigone, assura-t-il. Pas dans le passé.
Etait-il en train de chercher une façon délicate de se débarrasser d'elle ?
– Tu vas me dire que je n'aurais jamais dû venir ici, c'est ça ? demanda-t-elle d'une petite voix.
– Je pense en effet que tu n'aurais pas dû venir ici, répondit– il calmement. Mais...
Sa voix perdit en assurance. Quelque part au fond d'elle, au-delà de la douleur qu'elle ressentait aux mots tranchants de son père, Antigone le trouvait touchant. Il disait qu'elle n'appartenait pas au passé. C'était pourtant le seul endroit où elle pouvait enfin entendre son père – son vrai père – lui faire la morale, tenter de la ramener à la raison. Et c'était peut-être exactement ce qu'elle était venue chercher.
– Mais... je voulais te... te remercier d'être venue, bafouilla-t-il et c'était une grande première pour le froid et distant Severus Rogue. Tu... enfin je...
Il n'eut pas à terminer sa phrase. De toute façon, il n'aurait probablement pas pu la terminer. Antigone s'était levée, avait contournée le bureau de sorte qu'il n'avait pu l'éviter et le tenait fermement dans ses bras. Ça aussi c'était une première pour Severus.
Antigone l'entourait de sa chaleur, bien loin du froid des cachots auquel il était accoutumé. Une étreinte, un peu rude et maladroite, enveloppée dans le doux parfum des potions et accompagnée d'une boule dans la gorge. C'était vraiment loin de ce qu'il connaissait, et il n'y était pas du tout habitué.
Juste au moment où Severus était en train de se dire qu'il pourrait s'y faire, quelqu'un frappa à la porte. La bulle de tendre bonheur éphémère dans laquelle le père et la fille se trouvait, éclata. Severus écarta vivement Antigone, lissa sa robe, s'éclaircit la gorge et avait retrouvé sa froideur au moment où Harry entra.
Antigone lança un regard mauvais à Harry. C'était bien la première fois qu'elle était contrariée par sa présence.
– Ah, Potter, dit Rogue, sans plus un regard vers sa fille.
Antigone tourna les yeux vers son père. Le ton doucereux qu'il utilisait ne lui plaisait pas, et elle en oublia son mécontentement envers Harry.
– Je ferais mieux d'y aller, annonça-t-elle. Le match va bientôt commencer.
Elle quitta la pièce en lançant un dernier regard d'avertissement à son père, mais celui-ci avait déjà endossé de nouveau le rôle du professeur détestable.
– Mr Rusard cherchait quelqu'un pour classer ces anciens dossiers. Ce sont les archives des méfaits commis par d'autres élèves de Poudlard…
Elle referma la porte avant d'entendre la fin de la phrase. Avant de voir la véritable nature, la vraie cruauté de son père.
Bien qu'elle ait fait d'énorme progrès avec son père, l'échange de regard entre Harry, son père adoptif, et Severus, son père biologique, lui rappelait un peu brutalement l'époque dans laquelle elle vivait.
Elle aimait son père. Mais elle aimait Harry aussi. C'était lui qui l'avait élevée après tout. Mais dans ce monde, ils se détestaient et il n'y avait rien qu'elle puisse faire pour y changer quoi que ce soit.
Finalement, elle n'avait peut-être pas autant de famille ici, qu'elle le pensait. Victoire avait raison. Comme toujours.
A suivre...
