Bonjour à tous et à toutes.
Je vais faire une petite annonce, et j'aimerais que ceux qui mettent régulièrement des reviews ne le prennent pas pour eux, ils ne sont pas du tout concernés.
Alors voilà, je commence à être découragée. Au dernier chapitre, j'ai eu 36 personnes différentes ( moins que d'habitude) à venir lire ce chapitre en particulier, et seulement mes trois reviewers habituels on laissaient leurs avis. Au début je ne disais rien, j'écris parce que j'aime ça. J'estime que c'est déjà la chose la plus importante pour un auteur. Mais si je prend la peine de poster, là ce n'est plus seulement pour moi. C'est déjà pour que vous puissiez lire et vous divertir mais aussi pour m'améliorer en lisant les commentaires des autres. Et là, je commences à me poser des questions, est-ce que c'est parce que vous n'aimez pas ma fiction ? Alors pourquoi être aller jusqu'au chapitre 10 dans ce cas ? Je n'aime pas ordonner au gens de mettre des reviews, vous êtes libre après tout et je préfère des reviews qui vienne du coeur même si c'est juste un " j'aime ! A quand la suite ?" ... Mais là, je commences à me demander si je ne devrais pas faire comme une amie et penser à envoyer directement les chapitres au boite mails des personnes qui montre qu'ils me suivent. Je sais que beaucoup d'entre vous n'ont pas le temps, et je sais qu'il m'arrive de ne pas toujours mettre une review, mais dans ce cas je reviens plus tard pour en mettre. Ce site, c'est un site d'échange, il doit y avoir quelque chose en retour. Le pire, c'est que même les reviews négatives je les acceptes, alors si c'est vraiment parce que ma fiction en vous plait pas, n'hésitez pas à le dire. Voilà, je crois avoir tout dit.
En tout cas, un grand merci à Aliete, Mebahiah et MilaDK !
Nouveauté sur le blog : Alors, il y a une nouvelle illustration ( de moi cette fois ) de Tania, quand elle doit avoir 12/13 ans. Et aussi une ( pas de moi cette fois ) de la petite rouquine qui est tombée de son balai dans le chapitre précédent. Voilà, l'adresse pour ceux que ça intéresse, n'oubliez pas de supprimer les espaces. : : / / MilaRukie . . c o m
Je vous laisse donc lire le chapitre, en espérant que vous n'aillez pas trop une mauvaise opinion de celui-ci !
Rukie-chan.
Mise à jour : 28/09/2014
Chapitre X
Révélation au Whisky Pur Feu
Je crois que personne ne peut très longtemps se montrer un visage à lui-même et en présenter un autre au reste du monde, sans finir par s'y perdre et se demander …
Simplement …
Lequel des deux est le vrai ?
Aussi étonnant que ça puisse paraître, je n'avais jamais aimé les soirées entre filles à Poudlard. C'est vrai, il y avait toujours un boucan terrible qui finissait par me donner une migraine. Pour peu que Posy soit de la partie, il y flottait une odeur tenace de cigarettes. Et j'avais eu beau lui dire que c'était très mauvais pour sa carrière de joueuse de Quidditch, elle me répétait qu'elle profitait des bonnes choses moldues tant qu'elle était belle et jeune. Et, en général, c'est à ce moment-là que Lynn sortait une ou plusieurs bouteilles de Whisky Pur Feu, en clamant que puisque nous étions jeunes, nous pouvions profiter de tout ! Alors, évidemment, avec le temps, je ne faisais plus de remarquer sur ses cigarettes. Mais Lynn finissait toujours, quoiqu'il arrive par sortir les fameuses bouteilles, de toute façon …
Je soupirais, lasse. Ces filles allaient finir par me rendre folle, un jour. A moins que cela ne soit déjà fait. Je sentis, plus que je ne vis, la peluche préférée de Rosalie m'atteindre en pleine tête.
J'adorais le dessin animé la Petite Sirène (1) lorsque j'étais enfant. C'était un des premiers Walt Disney, rares étaient les films d'animation à notre époque. Mais Merlin ! Depuis que j'avais rencontré Rosalie et son addiction au personnage de Polochon, j'en étais presque venue à le détester.
- Tu boudes ? Me demanda narquoisement ma meilleure amie alors que je lui renvoyais Polochon en pleine figure.
- Dis pas de bêtise et envoie plutôt le Nutella ! Et une cuillère !
J'attrapais maladroitement le pot lancé par notre poursuiveuse, Lynn, qui venait tout juste de finir sa tartine. Personnellement, je préférais largement prendre une cuillère et manger directement au pot. Le pain, ça faisait grossir, c'était bien connu ! (2) Et pour une fois que je n'avais pas Adèle dans mon dos pour me dire que « Manger de cette manière cette cochonnerie est indigne de vous ! », j'en profitais. Au diable les convenances !
- Et tu dis que ça s'appelle comment, cette chose ? Demanda Posy en regardant étrangement le pot que je tenais dans mes mains.
- Du Nutella ! S'écria Rosalie joyeusement. C'est sortit, il y a quoi … Une dizaine d'année ? J'en prends toujours quelques pots à chaque vacances, ça conserve mieux que des biscuits ou de la glace et c'est l'idéal pour une bonne déprime ou pour se goinfrer !
- Merlin t'en bénisse ! Jubila Lynn en se préparant à mordre dans sa tartine.
Malgré moi, mes lèvres tressautèrent et mon menton trembla. Je ne pus m'empêcher plus longtemps de suivre Rosalie dans son fou rire. La raison de celui-ci était que la belle Lynn venait de mordre de l'air et semblait à présent en proie à une rage furieuse envers la voleuse de tartine. A quelques pas d'elle flottait le larcin, maintenue magiquement en l'air par la baguette d'une Posy qui souriait diaboliquement à sa poursuiveuse. La rousse s'approcha de la tartine, la saisit et croqua finalement dedans avec délice.
- Hé ! S'époumona Lynn
- Oui ? Demanda tranquillement Posy, comme si rien ne s'était passé, en continuant à manger la fameuse tartine.
- Tu pouvais pas t'en faire une toute seule ?! Pas la peine de piquer celles des autres ! S'outra la brune avec une moue contrariée.
- Je prends soin de ma joueuse, expliqua la rousse avec un faux air bienveillant. Je ne peux pas te permettre de manger n'importe quoi. Les sportifs doivent faire attention à leur ligne !
- Mais toi, bien sûr, tu peux te le permettre, c'est ça ?
- Exactement, répondit-elle comme si c'était l'évidence même.
Alors que Lynn s'apprêtait à sauter sur son capitaine pour lui arracher le reste de sa défunte tartine et lui flanquer une bonne leçon par la même occasion, nous vîmes Pheobe et Shannon revenir, les bras chargés d'énormes sacs. Je m'approchais par curiosité et ouvrais celui qu'elles avaient déposé sur mon lit.
A l'intérieur je trouvais des biscuits, notamment des cookies, des pizzas sortant du four, de la tequila. Une minute ? Marche arrière. De la tequila !
- J'ai raté un centaure ou quoi ? Depuis quand il y a des produits moldus à Poudlard ? Des pizzas, de l'alcool ! Quoi que … Non, rectifiai-je en voyant leur regard fautif, je ne veux pas savoir !
Les filles rirent. J'allais avoir l'air fine, moi qui ne buvais pratiquement pas d'alcool. Et puis, mince quoi ! Elles en avaient ramené un paquet. Jamais on en verrait le bout ! Shannon me tendit une bouteille de Whisky Pur Feu. Je fis une moue sceptique en reniflant le contenu.
- Ne dis que c'est mauvais avant d'avoir goûté ! M'avertit Shannon.
- Hey ! J'ai une idée. Et si nous faisions un jeu ? S'écria joyeusement Lynn, après avoir fait le deuil de sa tartine. Chacune d'entre nous pose une question à celle qu'elle veut, soit l'autre répond soit elle boit. C'est simple, non ? Et vous inquiétez les cachottières, on a du stock !
Aussitôt, des exclamations approbatrices fusèrent de part et d'autre. A ma grande surprise, même la timide Pheobe approuva le jeu. Toutes, donc, sauf moi. Autant dire que je me retrouvais être la cible des regards.
- Tiens, tiens … Aurais-tu des choses à nous cacher, Tam ? Un problème de conscience ? Demanda sournoisement Posy en se penchant vers moi, dans une posture intimidatrice.
- Pas … Pas du tout !
- Alors tout va bien, n'est-ce-pas ? Me sourit gentiment Lynn. Qui commence ?
- Moi, moi ! S'exclama Rosalie comme une gamine. Alors … Posy ! Pourquoi tant de haine sur le terrain ?
Je crus qu'elle n'allait pas répondre, même si je voyais mal un secret derrière son violent tempérament, car au lieu de donner une réponse ou de prendre à boire, la belle rousse sortit une cigarette, l'alluma et tira fortement dessus, avant de souffler et de faire des ronds de fumée. J'avais beau détester l'odeur de ses cigarettes, je la trouvais à cet instant incroyablement classe et cool. Elle semblait perdu dans ses pensées et j'hésitais à l'en sortir, tant elle avait l'air mélancolique. Son visage avait un air doux que je ne lui avais plus vu depuis son accession au poste de capitaine.
- Notre ancien capitaine, commença t-elle de sa voix rauque, avait trois ans de plus que moi, alors vous ne devez pas très bien vous en souvenir, vous les petites jeunes. Peut-être, toi, Lynn ?
- Je revois vaguement son visage, oui, approuva la brune.
- Il est devenu bassiste, aujourd'hui, avec un groupe de potes. Ouais, anticipa t-elle en voyant nos bouches s'ouvrirent, il est né-moldu. Il commence à se faire un nom, d'ailleurs, dans le milieu … Enfin bref. C'est lui qui m'a choisi pour lui succéder au poste de capitaine. J'étais en quatrième année, à l'époque, et j'étais pas spécialement douée, contrairement à d'autres membres de l'équipe. Il aurait pu donner le flambeau à quelqu'un de plus expérimenté, mais c'est moi qu'il a choisi ! Grâce à lui, je suis l'une des plus jeunes capitaines de l'histoire de Poudlard … Il m'a supplié de remporter au moins une fois la coupe de Quidditch. Alors qu'importe que je passe pour la pire garce aux yeux des autres, si je peux pousser mes joueurs à leurs maximums, si je peux nous faire gagner, je le ferais ! Parce que je lui dois bien ça …
Je ne saurais dire pourquoi, mais son histoire m'avait émue. Peut-être parce qu'on lisait dans ses yeux toute l'adoration et l'admiration qu'elle approuvait à l'égard de l'ancien capitaine. Et parce que, bien qu'elle ne l'ait en rien avouer, on ne devinait que trop bien l'amour dans sa voix.
- Et maintenant ? Demanda Lynn, attendrie, elle aussi.
- Quoi maintenant ? S'étonna Posy qui avait fini son histoire.
- Tu l'as revu ? Vous sortez ensemble ? Que vont dire tes parents, un né-moldu ?! Tu vas tout quitter pour lui ? Alors que tu n'as rien pour vivre ? Enchaîna Pheobe sans reprendre son souffle, s'étant fait toute une histoire en écoutant le récit.
Posy ne put retenir son éclat de rire, ce qui fit rougir de gêne la pauvre sixième année.
- Et bien oui, je l'ai revu, par hasard sur le chemin de Traverse. Il m'a invité à dîner, pour que je lui raconte comme ça se passait pour l'équipe. Et de chaudron en chaudron … Je suppose qu'on peut dire que l'on sort ensemble, oui. Cela fera deux ans en décembre. Je compte bien faire ma vie avec lui, alors mes parents, je les emmerde ! Je suis prête à être déshéritée, s'il le faut.
- Mais … Tu auras besoin d'argent pour vivre … Intervint Carla, la nouvelle attrapeuse.
- Je vous l'ai dis, il commence à se faire un nom dans le monde de la musique, il a les moyens de m'héberger quelques temps. Et je compte bien devenir joueuse de Quidditch en professionnel !
Je vis que Rosalie souriait, envieuse du courage qu'avait la rousse. Pheobe avait les yeux humides d'émotion, Shannon écoutait attentivement – de sa part, c'était déjà un exploit – et Lynn … Lynn semblait avoir une drôle de lueur dans le regard. Entre l'admiration et … le mépris ? … Non, je devais sûrement me tromper.
- Arrêtez de me regarder comme ça, c'est gênant ! Rit Posy. Bon, à toi, Tania ! S'exclama t-elle en laissant définitivement de côté sa phase mélancolique. Dis-nous, tu dois bien avoir quelqu'un dans ce petit cœur, son nom et prénom !
Quelqu'un dans mon cœur ? Comment pourrais-je répondre alors que je l'ignorais moi-même ? Je passais rapidement en revue chaque garçon qui m'était proche. Je m'arrêtais un instant sur Kyle. Mes joues rougirent malgré moi. Était-ce vraiment de l'amour que j'éprouvais à son égard ? Je ne le pensais pas. Il était gentil, intelligent et si beau … Tout ce qu'une femme pouvait désirer chez un homme, non ? Alors, pourquoi deux yeux d'un noir profond comme la nuit vinrent soudain s'immiscer dans mon esprit ?
- Je … Il … Bah … Bafouillai-je, stupidement.
- Tu as oublié comment on faisait une phrase, Tamie chérie ? Se moqua Shannon, qui connaissait mon attirance pour Kyle et me l'avait bien fait comprendre sur le terrain, quelques heures plus tôt.
Je la fusillais du regard avant de prendre, résignée, la bouteille posée devant moi et d'en boire une bonne gorgée. Ça piquait un peu, constatais-je . Mais ça faisait du bien, ça réchauffait immédiatement. Pas que j'ai froid, mais bon. Je pris une deuxième gorgée, juste pour voir. Ce n'était pas désagréable … Peut-être qu'une troisième ferait passer le goût amer ?
Le jeu continua et les heures s'écoulèrent.
De découverte en découverte, nous apprîmes, stupéfaites, que Pheobe avait le béguin pour Alexandre. Et malgré mon esprit quelque peu … embrouillé ? … je compris bien mieux sa réaction de tout à l'heure, lorsque nous étions au stade. Pour être honnête, elle n'avait pas voulu nous l'avouer, donc elle m'avait imité en prenant sa bouteille. Mauvaise idée, car il semblerait qu'elle tienne encore moins l'alcool que moi. Et dire que je pensais qu'on ne pouvait pas faire pire !
Bref, tout ça pour dire que nous apprîmes beaucoup de la discrète Pheobe, ce soir-là. Ses parents ne cessaient de se disputer pour avoir sa garde depuis leur divorce et elle devait subir les brimades de certains Serpentards. Le divorce n'était pas une chose bien vu chez les sorciers, société encore très patriarcale. Elle nous fit la confession qu'un jour, Alexandre l'avait surprise en train de pleurer et qu'il avait été d'un grand réconfort à son égard. Je souris en entendant ça. Mon meilleur ami était vraiment quelqu'un de très bien.
Je n'appris rien de plus que ce que je savais déjà du côté de Shannon. Née d'une prostituée, elle n'avait donc jamais connu son père et sa mère était morte lorsqu'elle n'avait que cinq ans. Elle était désormais bientôt majeure et elle nous apprit, heureuse, qu'aux vacances de Noël, elle comptait se trouver un appartement et quitter l'orphelinat. Je n'étais pas sûre que ce soit une bonne chose, je trouvais ça vraiment triste de passer Noël seule.
Tout ce que Rosalie consentit à dire à ses filles indiscrètes, ce fut le nom de sa nouvelle proie : Sirius Black. Shannon ne put s'empêcher de lui lancer narquoisement que c'était mal parti. Mais c'était mal connaître Rosie que de penser ainsi. Cette fille avait toujours eu ce qu'elle voulait parce qu'elle avait toujours eu beaucoup de courage et une volonté sans faille. Elle était une de ces preuves vivantes que si l'on voulait vraiment, on pouvait.
- Il était un petit sorcier, chantonna la belle rousse, bièraubeurre, fizwizbiz ! Il était un petit sorcier, qui avait une drôle de maison, qui avait une drôle de maison ! Sa maison est en bonbon, bièraubeurre, fizwizbiz ! Sa maison est en bonbon, ses escaliers sont en dragées, ses escaliers … sont … en … dragées …
Sitôt ce refrain fini, Posy s'écroula sur le lit de Rosalie et se mit à ronfler comme la pire des gargouilles. Quiconque n'avait jamais rencontré de gargouille était un sacré veinard ! Des créatures absolument odieuse et qui ronflait si fort … Je me levais en tanguant – légèrement, je tiens à le préciser – pour aller m'installer sur mon propre lit, mais le sol n'arrêtait pas de bouger, juste pour m'embêter !
- Rha ! M'époumonais-je. Mr le Plancher, c'est très vilain de votre part ce que vous faîtes ! C'est toujours quand on fait une soirée que vous vous décidez à bouger avec traîtrise ! Je vais le dire à mon amie ! Lynn ! Le sol, il est méchant avec moi !
Pour une raison qui m'échappa, celle-ci se mit à rire ouvertement. Nous étions les deux seules survivantes de cette soirée. Pheobe avait été, sans surprise, la première hors course. Puis Shannon, qui avait vraiment trop forcé sur la bouteille. Rosalie avait suivi, car en ne voulant répondre à aucune question, elle avait beaucoup bu. Carla était tombée KO à peu près au même moment. Elle était d'ailleurs échouée à même le sol. Posy avait déclaré solennellement que ce serait un crime de ne pas finir toutes ces bouteilles et qu'il ne fallait pas, de toute façon, laisser de preuve de délit. Elle s'était donc fait une joie et un devoir de tout finir. Sa défaite avait le mérite d'être originale puisqu'elle avait été musicale.
Il ne restait donc plus que Lynn et moi. En y pensant, nous étions – avec Rosalie – les seules à avoir refusé de parler de nos vies. Je ne m'étonnais pas tellement du silence de la brune, c'était son idée, après tout. Si elle avait proposé ce jeu, c'était vraisemblablement qu'elle savait qu'elle tenait assez bien l'alcool pour ne pas risquer de balancer ses secrets comme Pheobe.
J'aimais bien Lynn, nous nous connaissions depuis six ans, déjà, mais elle m'avait toujours intrigué. Ce n'était pas tant dû au fait qu'elle venait d'une riche famille sorcière, ni de son métissage asiatique qui faisait d'elle une vrai beauté. Non, c'était cette lueur étrange qui brillait dans son regard lorsqu'elle apprenait un nouveau secret. Une sorte d'avidité et de joie malsaine. Comme celle d'un serpent, trompant sa proie en arrivant par derrière, pour mieux frapper dans le dos.
Je me mis à rire sous le regard intrigué de la brune. L'alcool rendait vraiment bête. C'était Lynn ! Une amie. Jamais elle ne trahirait Posy ou l'une d'entre nous.
Elle se leva avec sa grâce habituelle, saisit le pot de Nutella confisqué par Posy et me fit un clin d'œil complice. Je devinais à son attitude qu'elle n'avait pas sommeil. Tant mieux, je n'étais pas fatiguée non plus !
- Tu tiens drôlement bien l'alcool pour une débutante, Tam. Je pensais que tu allais t'effondrer après Pheobe !
- Bah … Je n'ai pas bu en dehors du jeu, contrairement à Shannon, Carla, Posy et Rosalie. Mais je sais pas ce qui m'arrive, j'ai chaud et je me sens toute engourdie …
- Ça fait partit des effets secondaires, ne t'inquiète pas ! Me dit-elle en souriant, amusée.
Nous nous mîmes alors à parler de tout et de rien. Enfin, c'était surtout elle qui parlait et je ne faisais que répondre de temps à autre, lorsque le méchant sol ne tournait pas trop autour de moi. J'avais l'impression d'avoir le cœur au bord des lèvres.
- Il est vraiment pratique ton sort contre la douleur. Tu n'as jamais pensé à en inventer d'autres ? Des sorts d'attaques ou de défenses ? Me demanda t-elle au cours de la conversation.
- Non, réfléchis-je intensément pour me souvenir de la réponse. Je suis plutôt mauvaise en défense contre les forces du mal. Et c'est très très long d'inventer un sort qui fonctionne correctement !
- Bien sûr, bien sûr, dit-elle en semblant plongée dans ses pensées. Mais … Peut-être que si c'était tes propres sorts, tu aurais plus confiance en eux et en toi ! Tu ne crois pas ?
Dans mon état, je ne savais même pas si j'avais des cheveux bleus, alors réfléchir sur la portée de mes sorts … Je m'en moquais comme du premier slip à trou de Merlin ! Mais je voyais que ça lui tenait à cœur alors j'approuvais sobrement, pensant la satisfaire.
- Tu devrais essayer, continua t-elle à ma grande déception. Je suis sûre que tu pourrais en inventer de très puissants !
Elle s'arrêta pour me fixer droit dans les yeux, obtenant ainsi plus d'attention de ma part.
- Des sorts si puissants qu'ils pourraient faire souffrir ceux qui ont tué Cérès …
J'eus l'impression que venait de me mettre une gifle en plein visage. Un long frisson me parcourut tout à coup l'échine. Cérès. Mes poings se serrèrent de rage et de colère. Cérès …
Je regardais Lynn qui continuait de sourire, l'air de rien. Mon esprit n'était certes plus très clair, mais je voyais bien qu'elle faisait semblant d'être saoule. Elle savait. D'une manière ou d'une autre, elle savait que je désirais venger mon amie. Mais comment ?
- Je crois que tu aurais raison de le faire, d'ailleurs, continua t-elle avec une mine songeuse. Ils ont tué ta meilleure amie. Pire ! D'après ce que m'ont dit mes parents, ils l'auraient torturée jusqu'à ce que mort s'en suive. Mutilée, même … Les Aurors ont avoué qu'ils n'avaient jamais vu un spectacle si dégoûtant et sanglant.
Elle marqua un temps de pause alors que je sentais ma mâchoire se serrer de plus en plus et une folie furieuse grandir en moi. Parallèlement, j'avais l'impression que mon cœur allait sortir de ma poitrine tant il me faisait mal et que mon estomac ne s'arrêterait jamais de se serrer, tant mon dégoût était profond.
- Ils mériteraient bien ça. Une petite correction … plus douloureuse encore que les Doloris, puis horrible que la mort elle-même ! Ils le mériteraient, répéta t-elle, ils ont tué ta meilleure amie.
C'était vrai, elle avait entièrement raison. Ils avaient fait du mal à une personne qui était chère à mon cœur, que j'aimais comme ma sœur ! C'étaient des monstres, sans âme ni conscience. Ils ne méritaient pas de vivre. Les laisser ainsi pour qu'ils recommencent leurs méfaits sur d'autres innocents était inacceptable ! C'était mon devoir de venger mon amie. Je devais le faire …
- Mais tu n'es pas assez puissante, lâcha soudain Lynn, froidement, comme si elle avait suivi mes pensées.
Quoi ? J'ouvris de grands yeux. Que venait-elle de dire ?
- Tu m'as bien entendu. Ce sont des criminels, des assassins ! Tu es très intelligente, Tania, je n'en doutes pas une minute. Mais tu as peur de te battre, ajouta t-elle doucement pour ne pas me brusquer. En plus de créer des sorts dont ils ne connaîtront pas l'origine, ni le contre-sort, il faut que tu t'entraînes. Pas seulement en cours, mais aussi en dehors, à l'abri des regards. Tu dois t'améliorer, tant physiquement que magiquement !
- Mais comment ? Demandais-je, désespérée par tant de difficulté pour rendre justice.
- Je suis là, Tania, je peux t'aider. Les amies sont faîtes pour ça, après tout ! Sourit-elle en me prenant la main. Je connais quelqu'un qui peut te venir en aide, ici, à Poudlard. C'est mon cousin, il est en septième année, comme moi. Tu le connais sûrement de nom, c'est Evan. Evan Rosier.
Je revoyais encore ses deux yeux noirs me transpercer de part en part. Oh oui, je le connaissais.
- Je … Je … Oui, de vue, approuvais-je finalement.
- Il t'aidera à te battre, en échange de trois fois rien. Juste un petit service, insignifiant pour toi.
- Quel genre de service ? Demandais-je, suspicieuse.
- Nous avons hérité d'un vieil objet sans importance. Mais Evan et moi sommes curieux et nous aurions aimé que tu nous aides à traduire ce qui est gravé dessus. Mais on voudrait que cela reste secret, sinon les gens vont s'imaginer qu'on mijote quelque chose, alors que pas du tout ! Tu vois, c'est vraiment un tout petit service, qui ne te coûtera pas grand chose, si ce n'est un peu de ton temps.
- Je peux essayer, mais je ne garantis rien … C'est l'arithmancie et les sortilèges mes domaines de prédilection, pas les runes, même si je me débrouilles.
Elle me fit un magnifique sourire, rayonnante et sera un peu plus fort ma main entre les siennes. Ces dernières étaient froides, malgré la chaleur évidente qu'elle voulait transmettre. Comme la peau d'un serpent. Son sourire ne semblait pas monter jusqu'à ses yeux. Noirs, eux-aussi, comme ceux de son cousin. Je n'y avais jamais fait attention.
- Je suis certaine que tu y arriveras ! J'ai entièrement confiance en toi …
Et j'eus l'impression qu'elle ne mentait pas. Ce qui ne fit que renforcer ma confusion. D'un côté, mon cœur me disait de lui faire confiance, puisque c'était une amie, de longue date à fortiori. Alors que ma tête, ma raison, certes embuée par l'alcool, me disait tout le contraire.
- Je peux te poser deux questions ? Demandais-je soudain.
- Si je suis en mesure de te répondre, oui, répondit-elle avec une soudaine méfiance.
- Tu as dis que tu étais la cousine de Rosier …
- C'est ça, oui. Ma mère est une Rosier par la naissance, puisque c'est la sœur du père d'Evan. Je sais qu'on a du mal à le croire, car je ne leur ressemble pas, sauf mes …
- Sauf tes yeux, devinais-je avant qu'elle ne termine sa phrase.
L'espace d'un instant, elle me fixa étrangement, comme si j'étais devenue … dangereuse ? Mais elle reprit aussitôt son masque souriant.
- Exactement. Tu as l'air de bien connaître Evan pour avoir remarqué un détail aussi insignifiant !
- Euh … En fait … Non. Pas du tout, m'exclamais-je. Je ne lui ai même jamais adressé la parole. Nous nous sommes juste croisés au détour d'un couloir, en début d'année.
- Si tu le dis, lança t-elle, dubitative. Et ta deuxième question ?
- Faire cette traduction … Je ne risque rien ? Je veux dire … C'est un serpentard et je suis une sang-de-bourbe.
- Allons, Tania ! Tu es mon amie avant d'être une inférieure, tu le sais bien ? Ton cas est différent de celui de cette peste d'Evans et des autres. Il ne t'arrivera rien, je t'en donne ma parole !
Mais que valait-elle, sa parole, au juste ? En quoi étais-je différente d'Evans ? La Lynn qui était devant moi avait l'air si différente de celle que j'avais toujours connu. Était-ce l'alcool qui me faisait délirer ? Je ne savais pas. J'étais perdue, déboussolée.
Nous nous couchâmes finalement et je me mis à réfléchir à son idée. Faire souffrir ses meurtriers, c'était mal. Mais ils le méritaient. Oui ! Ils le méritaient amplement, me convainquais-je. Je vengerais Cérès, je me l'étais promis.
Et on ne revenait pas sur une promesse. N'est-ce-pas, Lynn ?
Pour avoir porté ce double masque par moi-même, je pourrais le lui dire :
Elle ne m'a pas manipulée.
J'avais déjà cette noirceur en moi, qui ne demandait qu'à sortir et éclater.
Je me suis toujours doutée de ce qu'elle était. Tant courageuse que perfide, elle était grise à mes yeux. Parfois lumineuse, parfois sombre. Si sombre …
Je sais qu'aujourd'hui, malgré les années, elle culpabilise encore.
Je le sais, parce que je suis comme elle.
Je ressens tant de haine envers moi-même, pour tout ce que j'ai fait.
Je ne veux pas qu'elle porte ce fardeau toute sa vie.
Alors j'ai pris mon courage à deux mains pour lui écrire un mot.
Mais j'ai demandé à Eurêka d'attendre demain pour le lui livrer. J'ai trop peur de connaître sa réaction. Je fuis, comme toujours.
« Lynn,
Je te pardonnes … »
(1) Je sais que la Petite sirène n'était pas encore sortie à l'époque.
(2) Le pain fait sûrement moins grossir que le Nutella, mais les ados sont de mauvaises foi, ne l'oublions pas ! Et c'est tellement bon, le Nutella à la petite cuillère ...
Voilà ? Alors, comment trouvez-vous la bande d'amie ?
Lynn, méchante ou gentille ?
Bientôt l'entrée en scène d'Evan.
J'espère que ça vous aura plu !
N'oubliez pas le petit bouton qui donne le sourire aux auteurs !
Rukie-chan
