Chapitre XI

POV EVY

Après une semaine de recherche chaque soir, les seuls livres parlant de démons ou de faits surnaturels, autres que les romans, n'étaient que l'apologie de la religion et une haine profonde pour l'hérésie... Rien d'intéressant quoi. Il fallait que j'aille ailleurs, je ne suis pas encore allée en ville, seul Sébastian et Ciel sortent. Fallait que moi aussi je puisse sortir pour en apprendre plus, non seulement sur mes recherches, mais aussi sur ce siècle ! Ce n'est pas tous les jours qu'on peut vivre à Londres au XIXème siècle.

Donc après une entrevue avec Ciel, je peux maintenant faire des tâches qui me demandent d'aller en ville. Le seul inconvénient, c'est que Sébastian doit m'accompagner et m'aider à me « fondre dans la masse », comme a dit Ciel. Ouais m'éduquer les manières de ce temps plutôt. Aujourd'hui, j'accompagne Ciel et Sébastian auprès d'un de leur indics à ce que j'ai compris, pour une de leur affaire à la Sherlock Holmes. Mais c'est dans ce siècle que ce passe l'histoire en plus ! Peut-être qu'il existe ! Faut pas rêver non plus, mais j'espère franchement que oui. *Excitée*

Je me prépare donc dans ma chambre tranquillement quand j'entends toquer.

- Entrez ! Tiens, qu'est-ce que tu veux Sébastian ? Je le vois avec un paquet dans les mains.

- J'ai pensé que tu devrais avoir de nouveaux vêtements plus adaptés. Oh ce sourire...

- Oh merci. Tu peux les déposer là.

- Je pense que tu auras besoin d'aide.

- Je sais m'habiller, je n'ai plus 4 ans. Je prends le paquet et le pose sur le lit. Je l'ouvre et sors le vêtement en question. A ce moment, ma vie s'arrête devant mes yeux. C... C'es... C'est...

- Un corset oui. Ma bouche et mes yeux sont grands ouverts avec horreur.

- Non... Je murmure.

- Navré, mais en ce temps le corset est de rigueur d'autant plus si tu dois sortir en ville. Je sais qu'il sourit le salop !

- Je... Hum... Peut-être que Mey-Linn pourra...

- Je crains qu'elle ne soit occupée ailleurs, mais je suis à ta disposition pour t'aider.

- Tu as tout arrangé non ? Je plisse les yeux.

- Voyons, il serait sournois et impropre pour un majordome.

- Tu parles... Je regarde encore le vêtement et soupire. Pfff... Allons-y... Derrière un par-à-vent, je me déshabille en surveillant qu'il ne puisse rien voir. Tu sais si je mets mon soutient-gorge on ne remarquera pas que je n'ai pas de corset...

- Je ne pense pas que cela marchera.

- On peut mettre un faux aussi...

- Tu as peur ?

- Moi ? Peur d'un morceaux de tissu ?! Rêves pas trop. Après un moment je me retrouve en sous-vêtements. Voilà, allez qu'on en finisse.

- Evelyne...

- Quoi ?!

- Ton « soutient-gorge ».

- Pourquoi ?!

- Tu le sais. Oui...Il n'y en a pas besoin lorsque l'on met un corset... Nannn... Désespérée je le lui donne.

- Le brûle pas, ok pyromane ?

- Bien-sûr. Après avoir enfilé une robe fine, le jupon ou n'importe comment cela s'appelle, on arrive au corset. Bien, Evelyne ?

- Ouais ouais... Je sors du par-à-vent, Sébastian me regarde de haut en bas un moment sans rien dire. Il y a un problème ? Nos regards se croisent et je vois qu'ils sont plus rouges que d'habitude.

- En aucun cas... Sa voix est plus profonde aussi. Il s'approche et m'entoure de l'objet de torture. Tourne-toi s'il te plait.

Je suis sa commande. Il ajuste le corset, selon chacunes de mes formes. Il commence par les hanches, doucement tire les ficelles derrières et je sens mon bas ventre se serrer. Bizarrement ce n'est pas désagréable, c'est même excitant... Non Evy ! Il remonte ensuite ses doigts sur mes côtes et fait de même avec les ficelles. Je ne peux pas réprimer un frisson et je suis sûr qu'il a remarqué. J'entends soudain sa voix profonde au creux de mon oreille.

- Je vais devoir ajuster plus haut, au niveau de la poitrine... Je fais l'indifférente.

- Ouais ok, fait ce que tu as à faire.

En sentant ses mains frotter le tissu juste en dessous de ma poitrine, je ferme instinctivement les yeux comme pour mieux le ressentir. Son toucher me rend de plus en plus chaude et le tissu est une faible barrière à ses caresses. J'essaye de rester de marbre, mais c'est très difficile. Je me tiens fort sur la commode devant moi. Entourée de son odeur que je n'avais pas sentie avant, je suis comme dans le brouillard. Les ficelles se serrent lentement et sans le vouloir j'halète doucement.

- C'est trop serré Evelyne... ? Il demande doucement.

- Non... Nonon ça va... J'ai du mal à m'exprimer. Tu peux terminer vite s'il te plait. Il ne me répond pas et continu à serrer le corset. J'ai due attendre quelques minutes de plus pour qu'il termine. Moi qui pensais que le corset était un objet de torture, en fait c'est surtout lorsqu'on le met. Qui aurait cru que ce serait si sensuelle...

- Était-ce si pénible... ? Il faut qu'il arrête avec cette voix ! Je n'ose pas me retourner sachant très bien que je suis toute rouge. Mes mains serrent encore la commande et je me reprends.

- Pas autant que je l'imaginais... Je me redresse. Je pense pouvoir m'en sortir pour le reste...

- J'insiste pour aider, le plus petit détail compte. Je ne lui fais toujours pas face et je vais me réfugier derrière le par-à-vent.

- Ok envois la suite ! Ma voix confiante camoufle un peu ma gène. Je l'entends glousser.

- Très bien. La robe mise et ajustée méticuleusement par Sébastian, c'est au tour de la coiffure. Assise devant une coiffeuse, je le vois prendre la brosse.

- Euh... Je peux le faire tu sais.

- Voyons, ta tenue doit être parfaite.

- Je ne sais pas comment je dois le prendre... Il me fait son grand sourire innocent en écartant mes cheveux, je peux sentir l'air sur ma nuque. Et en plus je ne joue pas le rôle d'une noble juste d'une domestique, alors ne te prends pas la tête.

- Ce n'est pas une raison et... Il embrasse ma nuque, je l'entends inspirer profondément et je ferme les yeux instantanément. Je l'entends me chuchoter. Tu es bien plus que tu ne le penses... Son grain de voix est si bas que tout mon corps réagit, j'attrape le meuble devant moi fermement comme si j'allais m'effondrer sous lui. Soudain la porte s'ouvre.

- Evy excuse-moi je... Oh ! Je me fige et regarde Mey. Oh non elle nous a vus... Pardonnez-moi... Je... Je pensais...

- Vu que vous étiez très occupée à nettoyer vos bêtises, j'ai pris l'initiative de préparer Evy au plus vite. Dit froidement Sébastian. Son ton est si sec que mon cœur se serre pour elle. Je ne peux pas la voir comme ça...

- Elle ne l'a pas fait exprès. Dis-je. Je ne t'en veux pas Mey. Peut-être un peu... Tu peux prendre le relais, Sébastian doit de toute façon aller préparer le Maître. Oui, je suis lâche de ne pas vouloir rester toute seule avec lui après cette petite... Scène. Je ne me retourne pas vers lui, mais devine à la tête de Mey qu'il ne doit pas être très heureux de ce que je viens de dire. Bah tant pis pour lui.

Mey finie donc de me préparer et je retrouve Ciel et Sébastian dehors devant le carrosse. Je vais pour monter avec Ciel que Sébastian me chuchote discrètement à l'oreille.

- Je te l'enlèverais délicatement plus tard... Je rougis. Il en a pas fini avec moi...


Nous sommes arrivés devant... Un magasin de pompe funèbre... Bizarre, ça se trouve c'est le garde manger de Sébastian ! Je glousse sans le faire exprès et Sébastian se retourne vers moi. Il doit me prendre pour une folle, quelqu'un qui rigole devant des pompes funèbres ne doit pas être normal... C'est d'ailleurs le cas du gérant, un homme aux cheveux gris clair long que je n'arrive pas à voir ses yeux.

- C'est un plaisirrr... De vous revoir jeune Conte. Que puis-je faire pour vous en cette belle journée ? Dit-il en alignant ses « nouveaux locataires » de cercueil. Flippant... Mais je dois avouer que j'aime assez la déco du magasin... lugubre et macabre, c'est stylé, mon frère aussi aurait aimé.

- C'est pour l'affaire...

- Oh ! Mais je vois une nouvelle, quel est votre nom Lady ? Coupe le gérant et se dirige droit vers moi.

- Euh... C'est Evy Monsieur... Je suis gênée qu'il me prenne ma main.

- Evy comme Evelyne. Ohh... ne me cachez pas un tel nom, qui doit être magnifique sculpté sur la stèle de votre futur tombe. Sébastian m'a tout de suite tiré vers lui et me serre. Il est possessif ce n'est pas possible !

- Undertaker nous sommes là pour que vous répondiez à la requête de mon Maître. Il lui lance un regard d'avertissement avec son éternel sourire.

- Ohh je vois je vois... Jaloux sommes-nous ? Bien j'arrête et vous écoute.

- Comme je le disais... Recommence Ciel. C'est au sujet de l'affaire des meurtres en séries sur des prostitués. Savez-vous quelque chose ?

- Bien oui je sais quelques petites choses, mais en contrepartie je veux rire comme votre majordome sais si bien le faire. Son sourire ressemble à celui du chat de Cheshire, flippant, mais j'adore. Il est extra, il me fait trop rire.

- Maître puis-je vous demander d'attendre à l'extérieur ?

- Pourquoi ne puis-je pas entendre ? Moi aussi je suis étonnée qu'il demande ça.

- S'il vous plait Maître.

- Maître je pense qu'il est préférable que vous n'entendiez pas ces dires, mais je propose de vous boucher les oreilles ainsi vous pouvez rester. Je propose d'une voix douce et diplomate à Ciel qui accepte.

Quelques minutes plus tard ...

- AAAHHHHH AHAHHHHH ahhhhh aahahah ! Je ne disais rien après avoir entendu Sébastian... C'est le nom qui veut cela ou quoi ? Mon père sort les mêmes blagues...

- *Soupire* C'est désespérant...

- Comment pouvez-vous dire cela, c'est un maître de l'humour hihiii...

- Mouais j'en connais pas mal dans le genre, malheureusement...

- Et bien partagé ma Chère hiihiii...

- Vous avez ri, maintenant répondez à mon Maître. Je crois que je prends trop au sérieux mon rôle...

- S'il vous plait... Je vous devrais une faveur en contrepartie !

- Mmmm... D'accord...

Quelques minutes plus tard ...

- OOHhhhhh AAAHHHHH AHAHHHHH ahhhhh aahahah ! EXTRA !...

- J'ignorais que tu savais ce genre de choses. Me lance Sébastian avec un sourire provoquant.

- Ouais et bien tu ignores beaucoup de choses sur moi. Je lui lui lance un regard de défi. Mais on va dire que j'ai eu quelques leçons « d'humour » par mon père...

- OOOhhhh... hiihii... J'adore ! Vous avez toute mon affection Miss Evelyn...

- Evy ! Evy simplement s'il vous plait Undertaker. Je le coupe.

- Très bien Evy.

- Vous m'en devez une... Bien, maintenant revenons aux affaires. Je débouche les oreilles de Ciel et il me regarde bizarrement.

- Les informations... Rappel Sébastian.

- Oui bien-sûr... *Tousse* Et bien j'ai reçu mes nouvelles clientes, je dois dire qu'elles sont agréables à regarder et...

- Venez-en à l'essentiel ! Ordonne Ciel.

- Bien... ! D'accord toujours aussi impatient... Mes clientes ont toutes reçu... Hum hum... Une « opération délicate ». Hihihii...

- C'est-à-dire ? Je demande curieuse.

- Toutes n'ont plus leur... Comment dire pour ne pas vous faire une frayeur... Ah oui, leur organe reproductif.

- Vous voulez dire... J'ai vite bouchée les oreilles de Ciel. Je ne veux pas qu'il entende ça.

- Evy, pourquoi tu me bouches les oreilles ?!

- Tu le laisses entendre ce genre de choses ?! Je demande à Sébastian en fronçant les sourcils.

- Le jeune maître a entendu pire... Jécarquille les yeux.

- Ce n'est pas une raison ! Tu es dingue de le laisser écouter tout ça, il a peine 12 ans !

- Hiihiihii... Je suppose que cela est votre instinct maternel Evy.

- Mon quoi ?! *Rougis* Bien-sûr que non ! C'est juste... Pas de son âge il va faire des cauchemars et...

- Evelyne calme-toi.

- Non mais...

- Le jeune maître est bien plus mature que tu ne le penses et... Il s'approche, pose une main sur mon épaule et l'autre sur mon poignet. Il a raison, tu es trop maternel avec notre Maître.

- *Soupire* D'accord... J'enlève mes mains et m'excuse auprès de Ciel.

- Veuillez continuer Undertaker, demande Ciel.

- Hiihii êtes-vous sûr que vos « parents » s'entendent sur le fait que vous écoutiez... ? Attend, on a l'air d'un couple avec un enfant ?! Oh non ! Mais passons, je disais que mes « clientes » ne disposent plus de leur utérus. Mais le prélèvement a été fait par un expert, la coupe est nette et précise, comme une chirurgie.

- Psychopathe le tueur... Je murmure choquée que quelqu'un puisse faire cela.

Après cette entrevue, nous sommes rentrés directement au manoir. Je n'ai fait que de penser à ces femmes... Mais surtout pourquoi le tueur aurait prélevée l'utérus de ces femmes dans les règles alors qu'il allait les tuer ? Bizarre... Bon, je ferais jouerais à "esprit criminel" plus tard. Sébastian m'a encore donné plein de tâches après le sauvetage de Mey et il ne va pas me laisser tranquille jusqu'à ma chambre...