Les deux jumelles avaient été tellement plongées dans leur discussion qu'elles n'avaient pas vu leur frère s'approcher, celui-ci, se demandant pourquoi ses sœurs riaient aux éclats, avait regardé leurs portables et en voyant les photos, il avait été choqué.

Toutes les deux avaient un fond d'écran avec un garçon, et même si c'était ses amis, il se sentait bizarre, de l'inquiétude et de la jalousie l'envahissaient. L'inquiétude qu'elles s'éloignent de lui, qu'elles souffrent, et la jalousie de voir qu'elles pensaient plus à d'autres garçons qu'à lui. Il n'aimait pas ça, il savait que tôt ou tard, ça arriverait, mais il aurait préféré que ce soit tard et non tôt, pour lui, elles étaient trop jeunes.

Les deux demoiselles avaient sursauté en entendant sa voix, et s'étaient retournées vers lui.

-Je répète : c'est quoi ces photos ? Demanda Bryce, énervé, ce fut la goutte d'eau pour Alice, elle en avait marre.

-T'as des yeux pour voir, non ? Répondit Alice.

Le fait qu'elle lui réponde de la sorte ne fit qu'augmenter la colère de l'albinos. Camélia et Célia regardaient attentivement ce qu'il se passait, et se demandaient pourquoi les deux étaient énervés.

Lise, elle, était encore plus ou moins calme, bien que ça l'irritait un peu.

-Et peut-on savoir pourquoi tu es en colère ? Interrogea Alice, incrédule.

-Pourquoi je suis en colère ? Mais c'est évidement ! S'exclama Bryce sur le ton de la rage, alors qu'en son for intérieur, il était gêné de la vraie réponse.

-Pas pour moi ! Continua Alice dont la fureur ne s'arrêterait pas facilement.

-Ni pour moi, d'ailleurs, s'ajouta Lise, qui refusait autant que sa sœur qu'on la dérange pour des futilités.

-Bon, très bien, je vais vous le dire... Répondit Bryce, pris au dépourvu. Vous n'avez pas à fricoter avec des garçons à votre âge.

Cette parole fit sortir les jumelles de leurs gonds.

-Tu déconnes, j'espère ! S'énerva Lise qui perdait peu à peu son calme.

-J'espère aussi ! Soutint Alice qui tombait des nues.

-J'ai une tête à déconner ? Demanda Bryce.

-Tu n'as pas à t'énerver pour ça Bryce, ce ne sont que des photos, et je ne vois pas en quoi ça te dérange, c'est nos affaires, nos vies, on fait ce qu'on veut, t'es pas notre père, juste notre frère, s'impatienta Alice.

-Vos vies ? Oui, je ne suis que votre frère, mais je ne trouve pas ça normal que lorsque vous n'êtes pas ensemble, vous passiez votre temps avec des garçons, trancha celui dont les cheveux étaient argentés.

Lise retrouva son calme, mais de l'insolence s'ajouta à cette sérénité, son côté provocatrice venait d'apparaître.

-Oh...Tu entends ça Alice ? Nous sommes des aguicheuses apparemment, ne serait-il pas préférable que l'on s'éloigne du garçon en face de nous ? Il serait regrettable de rester trop longtemps avec lui, notre frère n'aime pas nous voir aux côtés de personnes de sexe masculin, dit-elle très calmement, bien qu'elle lançait un regard mauvais à son frère.

-Tu as tout à fait raison, ma chère, lui répondit la blonde.

Les jumelles s'écartèrent, Lise aperçu Byron qui traversait le terrain. Il lui arrivait souvent de venir voir les joueurs de Raimon, et la brune par la même occasion.

-Je vais aller le voir, prévint Lise.

-D'accord.

Encore une fois, Bryce voyait ses sœurs se séparer de lui pour voir d'autres garçons, Alice se dirigeait vers son groupe habituel et Lise était partie voir Byron. Il rentra chez lui, furieux et incapable d'en voir plus. Tous ceux qui avaient assistés à la scène regardait l'un des trois, d'une manière surprise et muette.

Le capitaine de la Royal Academy s'approcha du regroupement d'adolescent, Lise vint à sa rencontre avant qu'il n'aille voir les autres.

-Salut Byron, ça va ? Le salua-t-elle en lui souriant, sa mauvaise humeur ne devait être destinée qu'à Bryce, les autres ne lui avaient rien fait.

-Euh...Moi ça va, mais toi, je viens de t'entendre crier après ton frère, commença le blond visiblement étonné que sa bouche lui donnait un air si normal.

-Tu exagères, c'est eux qui ont crié, pas moi...Se défendit-elle, même si elle ignorait ce qu'elle cherchait à défendre, elle avait du mal à accepter le fait de s'être mise en colère, et aussi d'être devenue insolente, elle aimait se montrer calme.

-Mouais, mais tu étais énervée, et visiblement, t'as pas envie d'en parler ici, je me trompe ? Demanda-t-il.

-Non...Avoua-t-elle, il avait vu clair dans son jeu.

-Allons à la tour ! Lança-t-il avec entrain.

Ils s'y rendirent donc et gravirent l'échelle métallique.

-Alors, que s'est-il passé ? Redemanda-t-il une fois en haut.

-Alice a un fond d'écran où elle est avec Xavier, et sur le mien, je suis avec Axel, Bryce les a vu pendant la pause et il a littéralement pété un câble, raconta-t-elle, désormais triste.

-C'est tout ? Interrogea le blond.

-Oui, c'est tout, et c'est ce qui nous a énervé avec Alice, on n'a rien fait de mal, et il s'énerve quand il nous vois avec des garçons alors que lui ne se gène pas pour fricoter avec C...quelqu'un, il n'est même pas juste dans ses actes, soupira la brune.

-Et toi, tu te sens comment ? Continua Byron, lancé sur sa série de question.

-Bah ça ne me fait clairement pas plaisir, je ne suis qu'une aguicheuse aux yeux de mon frère, expliqua-t-elle.

Il s'accroupit et lui pinça les joues.

-N'importe quoi, Bryce t'aime beaucoup, et il a une manière maladroite de le montrer, c'est tout, allez, ne fais pas cette tête, réconforta Byron.

Il réussit à faire sourire la brune. Quand elle parlait avec Byron de ses problèmes, la demoiselle se sentait toujours mieux. Le blond arrivait à les adoucir à chaque fois, c'était un précieux ami. Il la prit dans ses bras.

-Oups, si Bryce nous voit, il va me décapiter, déconna-t-il.

Ils eurent ensemble un fou rire, et durent se quitter, Lise rentra chez-elle le cœur léger, sa conversation auprès de son ami l'avait apaisée. Ce qui n'était pas le cas de tout le monde...

-Tu es sûre que ça va ? Demanda Xavier en voyant Alice taper une énième fois dans un caillou.

Après l'altercation de la fratrie, Alice s'était dirigée vers ses meilleurs amis, qui avaient pris la décision d'arrêter l'entraînement pour la journée et qui étaient allés faire une balade dans le parc pour essayer de détendre la blonde, mais ça n'avait pas l'air de marcher.

-Ouais, tout va bien, j'ai juste un frère plus que débile. Répondit la demoiselle.

-J'avoue que je ne le comprends pas. Enchaîna Jordan.

-Moi non plus, il n'a pas à se mêler de nos vies comme ça, merde ! C'est comme si il m'interdisait de rester avec vous ! On restait déjà ensemble avant alors pourquoi maintenant il agit comme ça...

-Parce qu'on grandit, je pense, même si moi-même je ne le comprends pas vraiment, s'il fait ça, c'est forcément qu'il pense à votre bien, même si c'est à sa façon. Argumenta Xavier.

-Tu le défends ? S'étonna Alice.

-Non, j'essaye de trouver pourquoi il agit comme ça, c'est tout. Se défendit le roux.

-Je suis désolée d'avoir crié... je suis juste énervée.

-Ça, on avait remarqué. Rigola le garçon aux cheveux émeraudes.

-T'inquiète, on t'en veut pas, on peut comprendre.

-Merci, vous êtes top, qu'est-ce que je ferais sans vous ?

-Bah, tu mourrais, on est tellement les meilleurs. Se venta Jordan.

-Mais oui, bien sûr, désolée mais quelqu'un qui préfère la barbe à papa au Nutela ne peut pas être ''le meilleur''. Répliqua la blonde avec un sourire.

-Oh non, pitié, ne repartez pas dans cette histoire, désespéra Xavier, ce qui fit éclater de rire le trio.

Ils restèrent toute leur fin d'après-midi ensemble, à discuter joyeusement, cela avait fait oublier à Alice ses problèmes, mais au moment de retourner chez elle, elle les supplia d'aller dormir chez eux, mais ils durent refuser, car c'était interdit à l'internat. Ne voulant pas abandonner, elle les avait chacun agrippés par un bras, Jordan réussit à s'échapper à temps, l'ayant vue venir, mais pas Xavier.

-Comme ça, vous êtes obligés de m'emmener ! S'exclama Alice.

-C'est pas qu'on veut pas c'est qu'on peut pas. Ajouta Xavier, en essayant de garder un air sérieux, ce qui était bien trop dur à avoir devant une Alice qui faisait sa gamine.

-Mais j'ai pas envie de retourner à la maison...

-Allez, t'es pas toute seule, y'a Lise, tu ne vas pas l'abandonner quand même. Argumenta Xavier.

La blonde fit la moue, il avait raison, elle ne pouvait pas la laisser seule.

-Bon d'accord, vous avez gagné une bataille, mais vous n'avez pas gagné la guerre !

-Quelle guerre ? La taquina Jordan.

-Roh, t'es pas drôle.

C'est sur ces paroles qu'Alice laissa enfin ses deux amis partir et rentra chez elle.

Quand elle arriva, le silence régnait dans la maison, elle se dirigea vers la chambre de sa sœur, après avoir toqué, elle entra et trouva Lise assise sur son lit, scrutant son téléphone.

-On se fait une partie de Mario Kart ? Proposa Alice, ne voulant pas rester seule dans sa chambre, le silence lui paraissait beaucoup plus pesant que d'habitude.

-Si tu veux.

Elles se sourirent puis commencèrent la partie en discutant, attentant l'ambiance maussade qui régnait dans la maison.

-Et si on allait manger ? Je meurs de faim. S'exclama Alice.

-Ouais pourquoi pas.

Les deux demoiselles descendirent, Lise prépara un dîner rapide sous l'œil de sa sœur qui l'enviait, Alice n'était vraiment pas douée en cuisine, et elle adorait voir sa sœur faire, même quand elle essayait de reproduire, elle préparait toujours quelque chose d'immangeable.

Quand elles eurent presque fini, elles virent Bryce descendre, l'ambiance joyeuse qu'elles avaient réussi à installer se glaça immédiatement, laissant le silence maître des lieux.

L'albinos se servit dans le frigo puis remonta dans sa chambre sans aucun commentaire.

Les jumelles finirent de manger en silence, mal à l'aise. Puis chacune remonta dans sa chambre pour dormir, se souhaitant bonne nuit avant de se séparer. Mais aucune des deux ne passa une nuit agréable.

Le lendemain, les deux jumelles se réveillèrent fatiguées, pâles et avec des cernes sous les yeux. Personne n'aurait pu dire qu'elles s'étaient couchées tôt en voyant leurs deux têtes. Chacune de leur côté, elles avaient repensé à la conduite de leur frère. Elles ne comptaient pas le lui pardonner aussi facilement, de plus, lui, était bien d'une certaine manière avec Claude, elles l'avaient soutenu dès qu'elles l'avaient su. Tandis que lui, il s'en prenaient à elle alors que les garçons avec qui elles avaient pris les photos n'étaient rien de plus que des amis à leurs yeux. Lise avait déjà du mal à supporter l'avis de son frère, mais il était bien plus révoltant pour elle, qu'il ose s'en prendre à Alice alors que tout comme Jordan, Xavier était un ami d'enfance. Les jumelles les avaient même connu avant de connaître Bryce.

Elles descendirent en bas en même temps, dans leurs pyjamas respectifs, visiblement, Alice n'avait même pas voulu se servir du T-shirt qu'elle avait pris à Bryce pour dormir, elle portait un mini-short et un débardeur tout simple. Elles prirent leurs petits déjeuner ensembles, sans voir leur frère. Ce n'est que lorsqu'elles eurent fini qu'elles le croisèrent dans les escaliers, il était déjà habillé. Lise ne voulut pas le regarder, sa sœur en revanche l'avait fusillé du regard. Bryce avait simplement fait mine de ne pas les avoir vues, mais il paraissait également en colère.

-Il a du toupet ! S'exclama Alice, une fois en haut des escaliers. Avoir encore l'air de nous en vouloir alors qu'il a tout à se reprocher...

-Si on se prend la tête avec ça, ça va nous hanter toute la journée, on ferait mieux de penser à autre chose, répondit Lise.

Mais toutes deux savaient pertinemment qu'elles n'y échapperai pas, penser à leur frère leur était comme imposé.

Au lycée, Lise eut du mal à laisser sa sœur seule, mais elle comptait sur Xavier et Jordan pour la maintenir de bonne humeur.

Quand Alice se retrouva avec ses deux amis, ils lui sourirent.

-Toi, t'as mal dormi. Remarqua Xavier.

-Ouais, je suis épuisée...

-Tu devrais arrêter d'y penser. Ajouta Jordan

-C'est ce que j'essaye de faire... je suis déprimée...

-Désolé, on peut pas faire grand chose. S'excusa Xavier.

Au bout de quelques minutes de silence, Alice eut un sourire.

-Je veux un câlin ! S'exclama-t-elle à l'intention de ses amis.

-Tu es sérieuse ? Demanda Xavier.

-Tout à fait, je suis sûre que ça me remontera le moral, vous voyez que vous pouvez faire quelque chose. S'expliqua-t-elle avec une tête à laquelle ils ne pouvaient rien refuser.

Ils soupirèrent à l'unisson et elle se jeta dans les bras du garçon aux cheveux émeraudes puis du rouquin, avec un grand sourire, elle se sentait vraiment bien, au bout d'un moment elle fut coupée par la sonnerie et ils se dirigèrent vers le cours, elle avait retrouvé son sourire, elle aurait bien aimé rester encore un peu plus de temps dans leurs bras, mais elle n'avait pas vraiment le choix et ils avaient déjà été gentils d'accepter. Avant de rentrer en cours, elle croisa le regard noir de son frère, et se douta alors qu'il avait vu la scène, mais elle s'en fichait bien, elle s'assit à coté de ses deux amis. Elle était concentrée dans le cours quand elle sentit quelqu'un lui toucher le dos, elle se retourna et aperçu Nathan qui lui souriait.

-Salut, tu vas mieux ?

-Ah, euh oui... tout le monde est au courant à ce que je vois. Répondit-elle, surprise qu'il lui parle.

-Il faut dire que c'était plutôt... voyant. Je m'inquiétais un peu tu avais l'air vraiment énervée hier.

-Oui, c'est vrai, mais je vais bien ne t'en fait pas...

Elle fut coupée par Xavier qui lui donnait un coup de coude, elle se retourna pour voir le professeur qui la regardait sévèrement elle s'excusa et le cours repris.

Les deux jeunes filles se retrouvèrent l'heure suivante, pour le cours de français. Elles se mirent à l'opposé de l'endroit où était leur frère, à savoir au fond, à gauche.

-Alors ta mâtinée ? Demanda Lise

-Ça va, et toi ?

-Moi aussi, tu n'es plus de mauvaise humeur ?

-Non, j'ai eu le droit à un câlin de Jordan et Xavier, donc ça va mieux.

-Tant mieux. Répondit la brune avec un regard plein de sous entendus.

-Mais à quoi tu penses ? Tu vas pas t'y mettre, ça t'es déjà arrivé de faire des câlins à tes amis, non ?

Lise ne put que hocher la tête au souvenir de la veille, elle ne pouvait pas embêter sa sœur pour ça, surtout que ce sujet était sensible en ce moment cause de Bryce.

La mâtinée fini par s'achever, d'habitude, la fratrie mangeait ensemble le midi, avec la plupart des joueurs club de football qui étaient répartis entre les classes des jumelles. Ils profitaient beaucoup d'avoir eu la chance d'être seulement fragmentés dans deux classes différentes. Et c'est aux repas qu'on le voyait le mieux. Pourtant, ce jour-ci, Bryce était loin des tables que prenait habituellement le club, il était même à l'opposé, avec Claude.

-Vu ta tête, et vu que vous vous êtes pas calculés avec tes sœurs aujourd'hui, vous êtes restés sur votre embrouille d'hier, analysa le rouquin qui était heureux de passer un moment avec l'albinos.

-C-Comment tu sais tout ça toi ? Demanda Bryce, surpris.
-Personne n'en a raté une miette hier, ils ont juste tous été trop polis pour vous en parler, mais tu t'attendais à quoi, vous gueuliez comme je sais pas quoi, et pendant la pause en plus, expliqua l'ancien capitaine de Prominence.

-Elles avaient pas qu'à pas commencer aussi, se défendit Bryce, tel un gamin qui aurait pincé une camarade de classe.

-D'après ce que j'ai vu, c'est toi qui a commencé, lui fit remarquer le roux.

-Ouais, bon peut-être, admis Bryce, de mauvaise foi. Mais t'aurais fais quoi à ma place ?

-Bah... Réfléchit le rouquin. Probablement rien, c'est leurs vies.

-T'es bien un fils unique...Se plaignit le garçon à la crinière argentée.

-C'est possible, et t'as sans doute plus un instinct de grand frère que moi. T'as aussi sans doute plus d'humanité d'ailleurs, avoua Claude qui se fichait royalement de ses défauts. Moi à ta place, je crois que je ne serais même pas au courant qu'elles ont des téléphones. Mais je ne les connais pas, et je ne suis pas à ta place, elles m'intéressent autant qu'un caillou sur le trottoir. Mais tu sais comment elles sont, alors imagine qu'elles apprennent pour nous deux, tu crois qu'elles réagiraient comment ? Comme je te l'ai dit, c'est pas mon problème et je m'en fiche, mais j'aime pas te voir aussi dépité...

Les émotions se mélangèrent en Bryce, son ami s'en fichait de ses sœurs, il était fixé et ça lui porta un coup. Mais il venait de dire qu'il n'aimait pas le voir triste, mieux, il tentait d'arranger ses problèmes, et l'albinos en était très heureux. En revanche, il se rappela que Claude n'était même pas au courant que ses sœurs savaient pour eux deux, et il se sentit coupable. Ces trois sentiments qui se mélangeaient en lui, le désespéraient et l'encourageaient en même temps.

-Bah bien évidement qu'elles le prendraient bien, répondit Bryce qui savait qu'elles l'avaient bien pris.

-Alors tu devrais pas t'exciter pour deux photos ridicules, sinon tu leur en demandes trop, raisonna le rouquin.

-Ouais...Je verrais, elle ne m'en ont même pas parlé, acheva Bryce sur la défensive, il refusait de faire le premier pas.

Claude voulut faire changer les pensées de son acolyte, il enleva l'une de ses chaussures et passa son pied sous le pantalon de Bryce qui sursauta.

-A-Arrêtes, on est dans la cantine et la table n'a même pas de nappe, tu es fou ?! S'exclama-t-il alors qu'il aurait désiré le laisser continuer.

-Pffff je suis tombé sur LE râleur de service parmi tous les gens de l'humanité, bouda le roux.

Après avoir mangé, les filles se séparèrent, et encore une heure après, vint le cours de grec de Lise. Lorsque la prof fut bien occupée à penser que son cours était intéressant et à parler au tableau, Axel s'adressa à Lise.

-Lise ? Appela-t-il.

-Oui ? Répondit la brune, interloquée.
-Je suis désolé, si il n'y avait pas eu cette photo, tu ne te serais pas disputée avec ton frère, s'excusa l'attaquant.

-Axel, si tu te mets à t'excuser, alors cette dispute c'est de plus en plus du n'importe quoi. Ce qui arrive n'est pas ma faute, pas celle d'Alice et certainement pas la tienne. C'est Bryce qui ne voit pas son problème et en cherche aux autres, expliqua la demoiselle. Pour moi cette photo c'est le souvenir d'un bon moment qu'on a passé ensemble, pas le témoignage d'un crime, on n'a rien à se reprocher !

Le blond ne su quoi répondre à ça, alors, il sourit simplement.

-J'espère que ça va s'arranger, se contenta-t-il d'ajouter, gêné malgré tout.

-Pas de soucis ! Répondit la brune en souriant, avant de se réinteresser à sa prise de note.

Le soir, à l'entraînement, les managers se mirent dans l'herbe, sous l'ombre des arbres de la cour de récréation, les serviettes et les boissons occupaient le banc, elles en avaient marre d'avoir à se baisser pour les donner à chaque fois, et voyaient tout aussi bien le terrain qu'à l'ordinaire. Avant que l'entraînement ne commence, Caleb s'approcha des filles, en particulier de Lise qui regardait son téléphone.

-Hé hé, laisse moi voir la photo qui a mis Whitingale et ses sœurs dans un état pas possible, lança-t-il narquoisement.

-Regarde celle d'Alice, il y en avait deux, répondit Lise.

-Ah, non, c'est ton problème, il est venu TE voir, tu te débrouilles, s'interposa la blonde qui souriait.

-Les liens familiaux... Tout ça... C'est précieux... On se sent aidée... marmonna la brune dans sa barbe.

-Bon alors tu me montres ça ! S'impatienta le brun.

-Non ! Refusa Lise en tirant la langue.

-Les filles, franchement, c'est insupportable et c'est chiant...râla-t-il.

-Tu dois être mignon quand t'es avec ta petite amie, toi, ria la demoiselle.

-C'est fini entre Elsa et moi, répondit-il.

-Déjà ? C'est à peine si ça aura tenu une semaine, continua-t-elle, de plus en plus amusée.

-Deux, et j'y peux rien si elle me reprochait de ne pas l'aimer, coupa-t-il.

-Bah fallait lui dire si tu l'aimais, aussi, t'es pas malin, toi, remarqua la brune.

-Mais je l'aimais pas, moi, j'allais pas lui mentir, objecta le brun.

Le sourire de la jeune fille s'affaissa sur son visage.

-Bah t'es vraiment idiot, tu lui as fait du mal, s'énerva-t-elle un peu, elle gardait tout de même son calme, ce n'était pas ses affaires.

-À t'entendre on dirait que ça t'es arrivé, remarqua l'iroquois, amusé.

-Ça te regarde pas ! Lui répondit la jeune femme.

-Effectivement, je suis venu pour une photo, moi ! Termina-t-il.

Il s'approcha de la brune et tenta de lui prendre l'objet qu'elle tenait entre ses mains, cette dernière se leva et s'enfuit en courant. Mais elle n'avait pas la moindre chance face à un joueur de Raimon, en à peine trois secondes, il l'avait rattrapée. Il était collé au dos de la jeune fille, sa main gauche tenait fermement le poignet droit de la demoiselle qui ne pouvait s'échapper. Elle fit semblant de se débattre, mais faisait bien attention à rester piégée, il était fort probable que Bryce voit la scène, et la brune en jubilait intérieurement.

L'iroquois finit par attraper l'objet qu'il convoitait et se pencha sur la photo.

-Et bah, tu m'étonnes qu'il est en colère, le frérot, y'a de la proximité entre vos bouches, là, s'amusa l'iroquois.
-Mais qu'est-ce que tu racontes, arrêtes d'essayer de crier n'importe quoi pour le provoquer, j'ai pas envie qu'il me refasse une scène ! Reprocha la brune qui parvint à récupérer son portable des mains de son assaillant.

Il repartit en direction du terrain et cria.

-Vas-y Axel, c'est l'affaire de deux ou trois jours et t'as sa langue dans sa bouche ! Cria le brun.

L'attaquant qui parlait à Mark se retourna, haussa les sourcils, et reprit sa discussion avec le capitaine, comme si les paroles de l'iroquois n'avaient été qu'une légère brise.

Caleb n'apprécia pas le fait de se faire ignorer, mais le coach arriva à ce moment, entraînant la moue du brun.

-Quel idiot...Soupira Lise en se rasseyant.

Alice, elle, riait à gorge déployée.

- « Deux, trois jours et t'as sa langue dans sa bouche », répéta-t-elle hilare.

-Pfff n'importe quoi, répondit Lise, qui se mit également à rire.