Titre : Un loup-garou au lycée?
Rating : K+.
Pairing : Aucun.
Warning : Aucun.
Summary : Alfred, un loup-garou de seize ans, vient d'avoir la pire des punitions imaginables pour un monstre de son âge. Laquelle? Celle de passer deux semaines... dans un lycée normie! Comment va-t-il faire pour survivre à cette malédiction?
Disclaimer : Si vous reconnaissez les personnages, ils sont à Hidekaz Himaruya. Le concept ainsi que certains personnages sont à Martel. Le reste est à moi.
Personnage(s) : Alfred/États-unis. Mention de Makose/Native America.
M/A : Dixième chapitre! Je précise que les phénomènes astrologiques mentionnés ici ainsi que leurs effets ne sont sûrement pas réels et, sans aucun doute, pas chronologiquement possible. De ce fait, si j'ai fait des fautes, pardonnez-moi.
Bonne lecture!
Un loup-garou au lycée?
Dixième chapitre : A half-monster?
« Ha... Harley? »
Alfred se demande pourquoi il pose cette question idiote. Qui, sauf Harley, peut avoir des yeux aussi grands et sombres?
« Enfin je te trouve! », s'exclame-t-il, en souriant. « Ça fait vingt minutes que je te cherches! »
-Tant que ça? , s'étonne le jeune loup-garou, qui remarque au passage que sa voix tremble. Le Normie approuve de la tête, avant de lui faire signe de sortir de sa cachette. Il n'ose toutefois pas bouger, incapable de savoir s'il ne lui sautera pas dessus.
-T'a pas à t'inquiéter, j'ai pris de l'aconit avant de venir. Si tu me mords, je risques rien.
Vraiment, ce Normie connaît leur communauté. Tous les monstres savent que l'aconit est mortel pour les lycanthropes, mais qu'elle peut servir d'antidote contre les morsures lupines. Il n'a jamais sût pourquoi, personne ne le sait. Sauf les Prima et les Alpha qui ont déjà un clan.
Rassuré, l'adolescent monstre se relève, le plus tranquillement possible, s'assurant que sa capuche reste en place sur sa tête. En un éclair, l'adulte retire son bombers et le lui place sur le crâne. Par réflexe, Alfred en saisit le col duveteux et le serre, pour le garder contre lui. Harley l'entraîne ensuite, comme si rien n'est plus naturel que de protéger de la Pleine Lune un jeune loup-garou, hors du parc. Ils s'approchent d'une voiture stationnée non loin de là. Le lycéen ne jette qu'un rapide regard en sa direction; noire, vitres étonnamment teintées... Un véhicule tout ce qu'il y a de plus banal, quoi.
Le Normie le fait entrer dans la voiture, côté passager, puis prend place sur le siège conducteur, part le moteur et, comme si de rien n'était, quitte paisiblement la rue endormie et sombre. Alfred l'observe un instant, puis fait de même avec la vitre à côté de lui, sauf que tout est assombri. Il reste un instant silencieux, reprenant peu à peu le contrôle de lui-même, bien que ses sens restent aiguisés.
L'adolescent monstre aimerait bien poser toutes les questions qui pullulent dans son sarcophage, mais il reste muet, se contentant de regarder le paysage banlieusard qui défile, derrière la fenêtre passager.
Après un long moment de silence, Alfred s'aperçoit qu'ils sont sur le boulevard du Secret. Il le connaît très bien, ce boulevard, vu qu'à l'intersetion entre celui-ci et le chemin des Catacombes se trouve Old Salem. Est-ce que Harley y habite? Impossible, se dit-il, sinon il l'aurait déjà vu. Tout le monde se connaît, dans le quartier monstre. Et puis, aucune voiture ne pourrait y circuler, vu l'étroitesse des rues.
Comme il s'y attendait, le véhicule ne s'engage pas sur le chemin des Catacombes. Au contraire, il tourne à droite sur l'allée des Pendues et, une ou deux secondes plus tard, se stationne devant une maison au style victorien familier au jeune lycanthrope.
« C'est là que t'habite? »
Comme seule réponse, Harley hoche la tête.
« Pourquoi tu m'a pas ramené chez moi? », continue Alfred.
-Trop dangereux. Et je crois pas que tu es envie d'affronter ta mère, résume simplement l'adulte.
-... Mouais..., avoue-t-il, comprenant ce qu'il veut dire. Déjà que Makose est terrifiante en temps normal, il n'ose pas imaginer à quoi elle ressemble cette nuit.
Presque simultanément, ils sortent de la voiture, le plus jeune gardant toujours sur sa tête la veste de Harley. Celui-ci verrouille rapidement les portes, par mesure de sécurité, puis, Alfred sur les talons, il se dirige vers l'entrée, dont la porte est étonnament déverrouillée.
En entrant, la première chose que remarque le jeune loup-garou, c'est l'odeur qui flotte dans l'air. Ça lui rappelle la salle de Sciences folles, à Monster High. Troublé, il s'arrête et , tout en retirant de sur sa tête le bombers de Harley, observe les lieux. Le vestibule est plongé dans la pénombre, ce qui, à cause de sa vision nyctalope, ne l'empêche pas de voir le moindre détail. Comme de fait, il s'agit d'une vieille demeure; les boiseries sont élaborées, le tapis au sol est d'un pourpre appartenant au siècle dernier, le buffet appuyé contre la cage d'escalier ressemble à s'y méprendre à celui que possèderait une grand-mère normie -soit lourd, imposant et vieux. Ce qui se trouve sur ce meuble, par contre, l'intrigue. En s'approchant pour mieux le regarder, Alfred y découvre de petites statues d'ivoire et d'ébène représentant des chats, posé de chaque côté du buffet et entourant une impressionnante collection de fioles et de bouteilles, chacune étiquetée avec soin. Quelqu'un, peut-être une femme, y a inscrit le nom de leurs contenus.
Belladone, digitale, souffre, écorce de chêne, mousse de Scylla, venin de cobra égyptien...
Des ingrédients de potionniste. Ce qui signifie que ce qu'il a sous les yeux est une armoire de Sorcière, car aucun potionniste de métier ne laisserait à la portée de quelqu'un d'inexpérimenté des ingrédients aussi mortels, coûteux et précieux.
Est-ce que ça veut dire... que Harley est une Sorcière(1)?
À peine formule-t-il cette pensée que le lycanthrope reçoit une violente claque derrière le crâne, qui manque de le faire tomber à la renverse. Il pousse un couinement de douleur et, tout en se massant l'arrière de la tête, il regarde la personne qui l'a frappé.
Et en voyant de qui il s'agit, il en reste bouche bée.
« La... la vieille Pâris?! »
-Sois poli, jeune homme! , gronde la vieille dame, en le fusillant du regard. Toute vêtue de noire et ayant sur les épaules un châle grisâtre, Bethsabée Pâris l'intimide fortement, bien qu'elle lui arrive tout juste aux épaules et qu'elle soit aussi fine qu'une branche d'églantier. Ses cheveux gris sont coiffés en chignon, ce qui lui donne un air menaçant -ce qui est aidé par ses yeux noirs qui rappellent ceux d'un aigle.
-Tu es vraiment un imbécile! Sortir une nuit de Pleine Lune, non mais, as-tu de la gelée de crapaud dans les engrenages ou quoi? , continue la Sorcière. Pour un futur chef de meute, ce n'est vraiment pas très intelligent!
-Mère, calmez-vous! , coupe alors Harley, loin derrière eux. C'est une double Lune, ce mois-ci! Personne n'était au courant.
-Ah bon? , s'étonne-t-elle, en fronçant les sourcils.
-Oui mère.
-Eh bien! Je connais des jeunes goules qui vont se poser des questions dans les nuits à venir...
Alfred se demande pendant un instant de quoi cette vieille folle parle, avant de comprendre. Ce qui le fait rougir. Et à sa plus grande honte, la matriarche le remarque immédiatement.
« Visiblement, tu as des soeurs en pleine adolescence! », rit-elle. « Et enlève ton collier métamorphique! Tu va te sentir mieux sans! »
Le jeune monstre obéit, trop intimidé par la Sorcière, qu'il sait aussi être la grande prêtresse du coven de la ville -ce qui prouve à quel point elle est puissante. Une fois l'artefact ensorcelé retiré, elle le détaille attentivement.
« Beaucoup mieux comme ça. Harley est au salon. »
Sur ces mots, elle s'en va. Il la suit, se demandant ce que sa première phrase signifie. Alfred attends qu'elle ait disparue de sa vue pour aller rejoindre Harley, qui est effectivement au salon, en train de discuter au téléphone avec quelqu'un. L'adolescent monstre attend patiemment sur le seuil du salon, ne sachant pas s'il peut entrer.
Cet endroit ne lui semble soudainement plus rassurant qu'au départ.
« Bonne Lune à vous aussi, madame. », conclut la Sorcière, avant de raccrocher. Il se tourne vers le lycéen, et lui sourit.
-Ta mère.
-Ça doit me rassurer? , grogne Alfred.
-Peut-être, se moque gentiment Harley, sans cesser de sourire. Un petit silence s'installes, puis le plus jeune demande;
-T'es donc un monstre?
-À moitié, rectifie-t-il. Comme tu l'a deviné, ma mère est Sorcière, mais mon père est Normie. Jamais rencontré, par contre, Isis soit loué. Et si tu me le demandes, j'avais ton âge à la fin de la Seconde guerre mondiale.
Il est en effet assez commun de demander l'âge à une Sorcière, homme comme femme, au vu de leur relative longévité impressionnante -de quatre à six fois celle d'un Normie. Alfred ne sait pas par contre si c'est poli ou irrespectueux.
« Tu passes la nuit ici. », indique le sang-mêlé. « Ta mère était inquiète. Et si ça peut te rassurer, elle ne te hurlera pas après. »
Alfred ne réponds rien. Il n'en n'a simplement pas envie.
C'est quand même la pire expérience de son éternité.
Dernière fois que je joues avec le feu..., pense-t-il, en suivant Harley, qui le conduit à sa chambre, situé au premier étage.
(1)Dans la wicca, le mot witch [sorcière] désigne à la fois les hommes et les femmes.
M/A : Et puis? Vous vous attendiez pas à ça, hein? J'en suis sûre! En tout cas, j'espères que ça vous a plût, n'hésitez pas à me donner votre avis et à la prochaine!
