Hitori : Oui, l'âme de Drago hein... Chacun sa façon de se découvrir ;)
Ma Bêta n'a pas eut le temps de corriger ce chapitre, donc quand ce message ne sera plus la, c'est qu'il l'aura été ! Et je vous avoue que le décès que j'attendais est finalement arrivé, je n'ai malheureusement même pas eu le courage de me relire un minimum, je m'excuse donc d'avance !
Bonne lecture à vous !
Chapitre 10 : Tourner la page
Je n'avais jamais entretenu une correspondance aussi active qu'avec Harry, pas même avec Lily. Je recevais une lettre de lui tous les deux à trois jours, et je lui répondais dans la foulée. C'était juste le temps que le hibou vole jusqu'à lui et se repose un peu avant de repartir. Je prenais des hiboux de l'école pour nous faire plus discrets, Hedwige était bien trop reconnaissable et personne ne devait savoir que j'écrivais à Harry Potter. Cela m'avait donc donné une idée…
J'avais été dans une boutique de fourniture sur le Chemin de Traverse, je voulais quelque chose de spécial, quelque chose d'unique. Ce n'était pas l'habituel magasin où tout élève allant à Poudlard faisait ses achats, il y avait une autre boutique, un peu plus éloigné de l'allée principale, elle se trouvait dans un recoin et n'avait nullement besoin d'être visible pour avoir des visiteurs. « Chez le Scribe », tout sorcier un minimum connaisseur avait été au moins une fois dans cette boutique, ici, aucun article bas de gamme, il n'y avait que le meilleur. Je m'y étais fournis quelques rares fois, pour les courriers officiels ou même pour ma thèse de Maître en Potion, mais pour le reste, je n'avais aucunement besoin que ma plume ou mon encre soit de bonne qualité pour annoter les devoirs terriblement mauvais de mes élèves.
Aucun problème pour trouver des idées, j'avais devant moi une petite dizaine de carnets, différents formats, différents modèles, des sortilèges différents également. Je regardais surtout les sortilèges apposés, je savais déjà que les formats et différents matériaux pourraient être demandés pour faire un produit unique, c'était une boutique de qualité et non un bouiboui vendant tout à deux noises.
Une demi-heure plus tard, j'étais ressorti avec une bourse allégée de plus d'une dizaine de Gallions et avec la promesse que ma commande serait prête en fin de journée. Cela allait m'aider à construire une relation avec Harry, tout comme celle que j'avais construire avec Hermione. C'était de la folie de croire que nous pourrions former un trio, mais je voyais enfin mes chances d'être heureux augmenter drastiquement depuis mon rapprochement avec Harry grâce à nos lettres. Avec les carnets que j'avais achetés, nous n'aurions plus d'inquiétudes à ce que nos lettres soient interceptées, toute une panoplie de sortilèges protégeait les carnets pour que nous seuls puissions y avoir accès, ainsi que tous ceux que nous autorisions à les voir, donc personne, outre Hermione bien sûr. Je lui en avais d'ailleurs pris un aussi, mais je ne voulais pas lui offrir maintenant, l'écriture était une chose que je partageais avec Harry, la seule chose qui nous permettait de nous dire les choses sans trop s'inquiéter de comment le prendre l'autre. Nos carnets seraient quelque chose de privilégié entre nous et je voulais que cela reste ainsi pour le moment.
Il était fou pour moi de voir que je voulais me rapprocher d'Harry Potter, et pourtant, c'était bien le cas. Les lettres m'avaient montré un Potter vulnérable, drôle, généreux, tout ce que je n'avais pas voulu voir dans sa jeunesse, tout ce que j'avais pu apercevoir de temps à autre quand il était avec Hermione. Mais il y avait toujours eu une barrière entre nous, l'écriture brisait cette barrière tout en nous laissant un peu exposer sans vraiment avoir peur d'être brisé par l'autre.
Cela faisait bien longtemps que j'avais offert un cadeau, et j'étais tout autant inquiet que pressé de donner mon cadeau à Harry. C'était un nouveau pas vers lui…
HPHGSS HPHGSS
Bizarrement, je ne pensais pas connaître autant Tunie quand je vis sa maison et me dis que cela lui ressemblait parfaitement. Une maison tout ce qu'il y a de plus banale, identique à toutes celles de la rue, une grosse voiture neuve, sûrement un dernier modèle, pour bien montrer qu'ils avaient de l'or. Le 4, Privet Drive, n'importe qui étant pourvu d'un bon regard aurait pu voir que la famille essayait de cacher quelque chose, ou plutôt, quelqu'un. Peut-être les voisins l'avaient-ils compris, peut-être pensaient-ils à une passion non avouable ou à une jalousie maladive qui faisait que Pétunia Dursley voulait montrer qu'elle avait tout ce que l'on pouvait avoir de mieux. Tout cela pour combler la seule chose qu'elle n'avait pas mais qu'elle aurait ardemment voulu avoir, des pouvoirs magiques.
J'avais transplané non loin des barrières de sang qu'offrait involontairement Harry en considérant cette maison comme la sienne. Je savais que la maison était surveillée, à plus de dix kilomètres pour les Mangemorts ne pouvant passer les protections, à quelques dizaines de mètres pour les deux membres de l'Ordre en planque. Je n'eus aucun mal à passer en toute discrétion devant les Mangemorts, surtout avec mon apparence de démarcheur tout ce qu'il y a de plus barbant. Je fis un signe discret à Hestia Jones et Dedalus Diggle qui étaient les deux membres de l'Ordre chargés d'escorter les Dursley dans un endroit protégé, ils étaient les deux seuls avec Dumbledore à savoir que j'allais être celui qui ferait sortir Harry Potter de sa maison. Ils avaient même prêté serment pour ne jamais dévoiler ce fait tant que la guerre n'était pas terminée, personne ne devait jamais apprendre ce fait, si cela venait à remonter jusqu'au Seigneur des Ténèbres, je ne ferais pas long feu.
J'avais toqué trois coups secs sur la porte d'une maison des plus banale, plusieurs bruits de pas, un « cela doit être eux, Vernon » et un homme à forte corpulence ouvrit la porte. Presque aussi large que haut, une moustache bien trop fournie et mal taillée pour que cela soit élégant, même de la part de Pétunia Evans, je m'attendais à mieux comme époux. Pétunia était d'ailleurs cachée par son époux, mais je pouvais la reconnaître même après tout ce temps, son fils qui était lui-même caché derrière sa mère alors qu'au vu de sa corpulence, cela semblait tout bonnement inutile. A la différence de ses parents, il n'y avait pas de dégout dans ses yeux, juste une pointe de curiosité et d'inquiétude, ce qui était tout à fait normal quand on vous demandait de quitter la seule que vous avez connu pour vous cacher d'un groupe de personne qui vous ait inconnu mais qui serait prêt à vous tuer pour avoir une petite chance de trouver Harry Potter.
- Qui êtes-vous ? Grogna l'homme sans aucune marque de politesse.
- Envoyé par Dumbledore. C'est tout ce que vous avez à savoir, Dursley !
Je n'avais pas attendu pour pousser la porte et entrer, l'homme était apeuré et avait voulu refermé la porte, mais un léger sortilège d'étourdissement lancé sans baguette suffit à le faire reculer de trois pas, sa femme et son fils faisant de même.
- Je ne vous permets pas ! Je suis encore chez moi ici !
- Je n'ai pas de leçon de politesse à recevoir de la part de quelqu'un qui n'en fait preuve d'aucunes. Je suis ici pour sortir Harry Potter de cette maison quand vous serez parti. Ma foi, peut importe si vous êtes toujours là quand l'heure viendra, nous partirons tout de même, lui, sa protection et moi. En attendant de reprendre mon apparence normale, je vais aller voir votre neveu, si vous permettez…
Je sentais déjà la potion ne plus faire effet, je n'avais pris qu'une toute petite dose, mais il avait tout de même fallu que je rentre rapidement, je ne voulais pas risquer ma couverture à cause de ce gros lourdaud. Merlin merci, Jones et Diggle ont choisi ce moment pour débarquer.
- Messieurs Dursley, Madame Dursley, c'est un plaisir ! Voici Dedalus et je suis Hestia, nous sommes les deux sorciers qui vont vous emmener dans un endroit plus sûr.
Je n'entendis pas la suite, bien trop occupé à examiner les portes du couloir. Pas besoin d'être Merlin pour comprendre que je m'étais trompé du tout au tout sur l'enfance d'Harry Potter, une seule porte était différente des quatre autres, elle avait une multitude de verrous tous aussi différents les uns que les autres. Et au vu des lettres d'Harry, de ce que m'avait dit Hermione ou même du simple regard de Pétunia et de son époux, je pouvais comprendre qu'est-ce que ce couple avait absolument voulu enfermer, ou plutôt qui, comme pour se laisser croire qu'il n'existait pas. Je m'approchais doucement de la porte et compris avec un gout amer en bouche que le jeune homme derrière la porte n'avait aucunement exagéré les choses, peut-être même cela avait-il été le contraire. Je n'avais pas souvenir de cela dans les souvenirs que j'avais pu voir pendant nos affreux cours d'Occlumencie, je me serais souvenu de cette chatière posée dans une maison qui ne comportait absolument aucun animal domestique. Comment Harry avait dû se sentir quand ils avaient installé ça ? Comme un animal dont on s'occupe si l'on en a envie ? Un animal qui doit être obéissant s'il veut pouvoir sortir, manger, se laver ou même rien que pour aller aux toilettes ?
J'étais tellement abasourdi qu'après avoir été figé pendant cinq bonnes minutes devant la porte, je ne pensai même pas à frapper, j'ouvris pour me retrouver face à Harry, baguette à la main, j'étais dans la même position. Un réflexe, lui comme moi.
- Bon réflexe, Potter. Approuvai-je alors qu'il me souriait en abaissant sa baguette. Mais vous devriez vérifier que je suis le bon Severus Snape avant d'abaisser votre baguette.
- Je n'ai besoin d'aucune vérification, je sais déjà que c'est bien vous !
- Et comment pouvez-vous savoir cela, je vous pris ?
- Votre tenue ! Aucune personne voulant se faire passer pour vous n'aurez ne serait-ce qu'imaginé portant cela !
Un regard me fit me souvenir que j'avais toujours l'apparence d'un démarcheur, d'un coup rapide de baguette, ma bonne vieille robe noire apparue.
- Et si vous m'invitiez à entrer plutôt ?
- Mais je vous en pris, Monsieur Snape ! Entrez dans mon palace ! Allez-y prenez place sur ce trône ! Dit-il en faisant de grands gestes dans une manière totalement obséquieuse. Cependant, ne toussez pas trop fort, il risque de s'effondrer à tout moment ! Ajouta-t-il tout bas, sur le ton de la confidence. J'espère que Monsieur n'a pas trop faim, car je suis malheureusement arrivé au bout de mes réserves…
Sur cette déclaration, il souleva une latte en bois de son plancher et en sortit un petit sac. Il l'ouvrit et me présenta ce que tout membre de l'Ordre ou de la famille Weasley connaissaient, les cookies de Molly Weasley !
- Pourquoi cachez-vous de la nourriture ?
Pas besoin d'être un génie pour comprendre, mais j'avais réellement besoin de l'entendre de vive voix. Harry haussa les épaules de manière désinvolte avant de casser le cookie en deux et de m'en donner un morceau.
- Je crois que je leur ai coûté trop cher en ameublement pendant toutes ses années à utiliser des objets ou des vêtements que d'autres que moi ne voulaient plus. Alors, ils se remboursent en me sucrant certains repas ou en me donnant les restes.
Mon regard s'attarda sur l'armoire avec la porte légèrement ouverte et penchée, le lit était en fer mais presque totalement rouillé, le matelas n'était pas bien épais et très usé, la chaise semblait effectivement prête à s'effondrer et le bureau n'était droit que grâce à plusieurs morceaux de carton glissé en dessous de l'un des pieds. Sans oublier que le bois avait gondolé et s'était même effrité au fil du temps. Sans les affaires d'Harry qui devaient déjà toutes être dans la malle qui était ouverte au pied de son lit, cela rendait la chambre encore plus lugubre qu'elle ne devait déjà l'être en temps normal. Je me sentis encore plus minable de lui avoir toujours lancé des pics sur son enfance parfaite, par Merlin, j'étais très loin de me douter de tout cela !
- Je suis désolé, Harry.
- Merci.
C'était tellement simple que cela me paraissait un peu fou, un simple désolé avait suffi à tourner cette page ? Apparemment. Je m'étais trompé sur Harry, il n'était pas comme sa mère, il était encore meilleur qu'elle. Comment avais-je pu envisager qu'il était un second James Potter ? Il n'en avait que le nom, merci, Salazar !
Après un instant où j'avais senti une certaine paix s'installer au plus profond de mon être, je sortis le cadeau que j'avais dans la poche intérieure de mon manteau. Harry regarda le journal emballé dans un papier kraft avec curiosité.
- Croyez bien que je n'ai pas l'habitude de faire de cadeau… Cependant… C'est pour, tourner définitivement la page, dirons-nous.
- Merci beaucoup, Severus.
Il prit l'objet que je lui tendais et ouvrit précautionneusement son cadeau, le sourire qu'il avait déjà s'agrandit à la vue du journal fait en cuir de dragon. Il passa délicatement son doigt sur l'écriture que j'avais fait graver « Mon insolent Gryffondor ». Légèrement stressé face au silence d'Harry, je ne pus m'empêcher d'argumenter mon cadeau avant qu'il ne parle.
- Ce n'est pas un journal comme les autres, tout ce que vous y écrivez sera retransmis sur un second exemplaire. Cela nous permettra d'éviter le risque de faire intercepter nos lettres, les deux journaux ont plusieurs sortilèges pour éviter qu'un quelconque intrus les lise. Il vous faut y insuffler un peu de magie pour vous l'appropriez, et si vous voulez que quelqu'un puisse le lire, il y a un sortilège à lancer avant que la personne en face de même, il est écrit à l'intérieur du journal et ne devra être lancé que par vous pour que cela fonctionne.
- J'adore, Severus. Vraiment.
Ses yeux pleins de reconnaissance se levèrent vers moi, je n'avais jamais pensé qu'un jour Harry Potter me regarderait ainsi, et j'aurais encore moins pensé que cela me provoquerait autant de sentiments. Sans vraiment savoir grâce à quel courage mes pieds firent tout seuls l'unique pas qui me séparait de lui, il me regarda légèrement surpris. Il avait compris avant moi ce que mon corps comptait faire, ce que ma tête voulait que je fasse également, et la raison qui faisait que mon cœur battait aussi rapidement. C'était la première fois que j'engageais de moi-même un baiser, et la première fois que j'allais embrasser Harry. Nos lèvres s'effleurèrent, jusqu'à ce qu'il glisse sa main dans mes cheveux tout en s'approchant de moi. Notre premier baiser restera sans aucun doute gravé dans ma mémoire jusqu'à la fin de mes jours, doux, savoureux, tendre, délicat. En cet instant, le fait que j'embrassais un homme n'avait plus aucune importance, et qu'il soit un Potter non plus, j'embrassais juste quelqu'un pour qui je ressentais des sentiments que je ne préférais pas analyser pour le moment. Mais c'était fort et puissant, quelque chose de mémorable…
POV Harry
Le baiser me sembla bien plus long que ce à quoi je m'étais imaginé pour notre premier. J'avais un jour demandé à Hermione comment embrassait Severus, elle m'avait simplement dit que c'était différent d'avec moi. Mais à partir de ce moment, je comprenais enfin. C'était clairement différent, pas meilleur ou moins bon, juste différent. Et j'aimais ça.
J'avais le journal qu'il m'avait offert entre nos deux corps, prêtant à peine attention à ce qu'il ne tombe pas. Son cadeau m'avait touché à un point que je n'aurais jamais pu imaginer et ce baiser n'était que l'accomplissement de ce qui était maintenant une merveilleuse journée pour moi. Il était tendre et un peu hésitant, le meilleur premier baiser que l'on aurait pu avoir ensemble.
L'appel d'une voix qui m'était inconnue nous fut rompre ce doux moment, j'aurais aimé en profiter un peu plus, juste quelques secondes, mais ce n'était sûrement pas le bon moment. Les Dursley allaient bientôt partir et j'allais suivre quelques minutes plus tard, il était temps de tourner une page importante de ma vie. Si les Dursley avaient acceptés de partir plus tôt, peut-être aurais-je pu tourner la page avant même de devoir revenir ici, mais je sentais que j'avais besoin de revenir, de dire au revoir à cette chambre, à cette maison, de voir que tout avait été réel et que tout était enfin terminé. Puis, s'ils avaient acceptés de partir avec les vacances scolaires, alors jamais Severus et moi aurions échangés des lettres, et rien que pour ça, ça valait bien un dernier mois chez les Dursley…
- C'est Hestia Jones, elle est venue avec un autre membre de l'Ordre pour escorter ta famille.
- Alors j'imagine que nous devons y aller…
Il ne restait plus que ma valise à fermer et la cage d'Hedwige à prendre puisque je l'avais déjà laissé partir dans la matinée, je pris le temps d'insuffler un peu de ma magie dans le journal que Severus m'avait offert et je le mis dans la partie sécurisée de ma valise, entre les plis de ma cape d'invisibilité. La valise fut rapidement fermée et j'allais suivre Severus quand il me fit signe de passer devant lui. J'en avais profité pour lui voler un autre baiser.
- Je comprends pourquoi Hermione ne peut s'empêcher de vous embrasser… Après avoir commencé, c'est une drogue…
Un sourire fleurit sur ses lèvres, et par la même, sur les miennes, heureux de l'avoir fait sourire. Je descendis les escaliers pour y retrouver ce que Severus avait appelé ma famille. Dudley était devenu étrangement supportable depuis les détraqueurs, mais ma tante Pétunia et mon oncle Vernon avaient été encore plus exécrables quand ils avaient su qu'ils allaient devoir quitter Privet Drive par ma faute. Pas que leurs vies m'importaient réellement, mais si je pouvais m'empêcher d'avoir deux morts de plus sur la conscience, je ferais tout pour.
- C'est un honneur de vous rencontrer, Monsieur Potter. Je suis Hestia Jones !
- Et moi Dedalus Diggle, enchanté de vous rencontrer. Merci encore, pour tout !
Je pris le temps de serrer leur main tendue sous les regards presque choqués des Dursley, j'en aurais bien ri si Vernon n'avait tout simplement pas pris sa valise pour partir avant d'être arrêté par Hestia Jones.
- Vous ne dites pas au revoir à votre neveu, Monsieur Dursley ?
Oncle Vernon se retourna presque outrer qu'on lui demande de faire cela, les deux membres de l'Ordre devinrent aussi choqués que lui quand ils comprirent tout ce que cela représentait.
- Oh, bien…
- Bien sûr que non, ils n'en ont pas envie. Répondis-je à leur place. Par hypocrisie, ils le feront, mais je suis autant pressé de quitter cette maison qu'ils le sont de ne jamais me revoir. Alors, nous allons arrêter tout de suite cette hypocrisie.
- Comment peux-tu dire ça, espèce de bon à rien ? Nous qui t'avons élevé comme votre fils…
- Taisez-vous Dursley ! Cela vaut mieux pour votre vie !
- Severus Snape ?
J'eus un instant d'ébahissement, avant que je me souvienne que Severus avait dit avoir connu ma mère, et donc, il a dû, malheureusement pour lui, connaître ma tante également.
- Oui, Tunie ! C'est bien moi ! Et j'ai vu, tout ce que vous lui avez fait subir ! N'osez jamais dire que vous avez élevé Harry Potter, il l'a fait lui-même, tout comme il a fait toutes vos basses besognes parce que vous étiez bien trop occupé à vous engraisser ou à faire semblant d'être la famille parfaite avec les meilleurs petits plats, la plus belle maison ! Rien qu'en regardant votre fils et votre neveu, nous pouvons tous remarquer qu'ils n'ont pas eu le droit aux mêmes privilèges ici, comme trois simples repas par jour ! Alors, partez, avant que me prenne l'envie de vous faire regretter chaque acte et parole mauvaises que vous avez eue envers lui.
Je ne sus jamais qui des Dursley, des membres de l'Ordre ou de moi était le plus choqué. Severus me défendait, j'en étais très ému. Mon oncle et ma tante partirent vers la voiture sans dire un mot, Severus pouvait être intimidant quand il le voulait, et puisque ma tante connaissait Severus, un simple regard vers son mari lui avait fait abandonner l'idée de répliquer. Il n'y eut que Dudley pour s'approcher de moi en me tendant la main.
- Prends soin de toi, Harry. Mieux que nous ne l'avons fait.
- Merci, Big D. Fais attention à toi !
Il hocha la tête et se dirigea vers la porte, cependant, il s'arrêta quelques secondes juste le temps de me dire trois derniers mots qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire.
- Je suis désolé.
Je n'eus pas le temps de répondre qu'il était déjà parti. Un sentiment d'apaisement comme je n'en avais jamais connu m'enveloppa, comme si maintenant, je pouvais partir d'ici sans rien regretter.
- Ils ne savent pas tout ce que vous représentez ? S'enquit Diggle.
- Non. Et ils ne le sauront jamais.
Les deux membres de l'Ordre nous saluèrent une dernière fois et partirent avec les Dursley.
HPHGSS HPHGSS
POV Severus
Harry regardait dans le placard sous l'escalier depuis cinq minutes au moins, je me décidai à aller voir ce qu'il y avait d'intéressant dans ce placard. Il était simplement agenouillé, ses doigts effleurant ce que l'on avait gravé dans le bois à l'intérieur du placard. Quelques petits jouets d'enfants traînaient encore de-ci de-là.
- Ils n'ont pas pris la peine de vider cet endroit ? Demandai-je en me rendant compte que le placard était encore plein.
- Ils n'auraient jamais rien pris de ce qui avait pu être à moi.
- À toi ?
- C'était ma chambre, jusqu'à ce que ma première lettre d'admission à Poudlard n'arrive et qu'ils y lisent « Harry Potter, Placard sous l'escalier, 4, Privet Drive. »
Mon regard s'attarda une nouvelle fois sur le placard, étroit, petit, minuscule même, un enfant de 10 ans ? Dans ce placard ? Ils l'avaient réellement toujours traité ainsi, ce n'était pas étonnant qu'Harry ne semblait même plus toucher par cela, presque blasé.
- Par Merlin ! Mais ce n'est pas une engueulade que j'aurais dû leur donner, mais les tuer !
Le rire d'Harry calma aussitôt ma colère. Comment pouvait-il être aussi calme ? Comment pouvait-il ne pas vouloir les tuer ? Ou au moins, leur faire payer tout ce qu'ils lui avaient fait.
- Tu ne leurs en veux pas ?
- Non. Répondit-il avec calme. Pourquoi devrais-je leur en vouloir à eux alors que le monde sorcier m'a fait tout autant de mal qu'eux m'en ont fait ?
Ses paroles me frappèrent comme un Stupefix aurait pu le faire. Il avait raison. Les Dursley n'avaient pas forcément été les pires dans la vie d'Harry, il avait vécu d'autres aventures, d'autres trahisons, d'autres peines. Comment avions-nous pu laisser tout cela arriver ?
- Il faut que l'on se prépare Harry, les barrières vont bientôt tomber.
Il se releva, un doux sourire sur les lèvres. Il avait l'air apaisé. Il attrapa sa malle d'une main puis vint se blottir contre moi. Mes bras s'enroulèrent autour de son corps, prêt au transplanage, et profitant en même temps de ce tendre moment. Je sentis jusque dans ma magie à l'instant précis où les barrières s'écroulèrent, Harry avait 17 ans, les barrières de protection du sang étaient terminées. Je nous fis transplaner aussitôt, n'attendant pas l'arrivée des premiers Mangemorts pour me faire prendre, et ne risquant pas ce qui devenait peu à peu l'une des personnes les plus importantes de ma vie, bien qu'il avait toujours fait partie de ma vie d'une certaine façon.
Trois transplanages, c'était tout ce qu'un corps pouvait supporter sans vomir, et le transplanage d'escorte était vraiment terrible. Harry se plia en deux. J'aurais pu préparer une potion contre les nausées, mais mon expérience m'avait prouvé que cela ne servait strictement à rien sur les néophytes du transplanage, ce n'était pas une réaction dût à une cause physique mais plus psychologique. Harry avait eu plusieurs hauts le cœur mais n'avait finalement pas vomi. Après cinq bonnes minutes, Harry retrouva ses esprits avant de transplaner une dernière fois…
HPHGSS HPHGSS
POV Hermione
Il était difficile pour moi d'être à Square Grimmaurd alors que le rire de Sirius n'emplissait plus cette maison lugubre, et sachant tout ce qu'il s'était passé depuis le début des vacances. J'avais modifié la mémoire de mes parents, les faisant m'oublier et partir en Australie. C'était pour leur sécurité, mais ce n'en était pas moins difficile. Puis, il y avait eu une réunion de l'Ordre la veille, la première réunion à laquelle j'assistais, j'avais pu y voir Severus, mais également les Weasley. Il semblait qu'il était autant difficile pour moi de les voir que pour eux de me voir. Le souvenir de Ron semblait être omniprésent, et cela n'aida en rien d'apprendre que les Mangemorts savaient où se trouvaient la maison des Dursley, il n'y avait qu'une personne qui avait pu leur dire…
Je m'étais sentie encore plus mal quand ils étaient venus me voir à la fin de la réunion pour me serrer dans leurs bras en me disant que ce n'était pas de ma faute. Je savais que c'était faux, en grande partie, et la culpabilité resterait là pendant plusieurs années, si ce n'est toujours…
Puis, ils étaient tous partis, j'avais insisté pour être seule. Je n'avais pas envie de faire semblant d'aller bien, pas envie de m'inquiéter pour ce que j'avais le droit de dire ou non. De toute façon, Harry devait arriver le lendemain.
J'avais dormi dans la chambre que j'avais occupée avec Ginny il y avait maintenant deux longues années, et je n'avais pas quitté la pièce jusqu'au soir de l'arrivée d'Harry. J'avais grignoté quelques gâteaux que j'avais emportés avec moi mais je n'avais de toute façon pas très faim. Je n'avais qu'une envie, retrouver Harry, revoir Severus, m'assurer qu'eux, au moins, allaient bien.
Quand la porte s'ouvrit enfin pour les laisser apparaître, je vis Harry sourire en me voyant et cela me réchauffa le cœur. Et comme si tout le stress que j'avais accumulé depuis le début des vacances s'échappait enfin, je courus vers les deux hommes de ma vie et les pris dans mes bras, laissant échapper des larmes dont je n'avais même pas conscience avant qu'Harry me réconforte et que Severus resserre ses bras autour de moi.
