Désolée pour la longue absence, mais j'ai très peu de temps pour traduire en ce moment. Je vous souhaite néanmoins une bonne lecture, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez.
Drago jeta un coup d'oeil à l'horloge de son bureau, se demandant s'il était encore trop tôt pour arrêter de travailler et rentrer chez lui.
Cela faisait seulement deux jours qu'Hermione était de retour à la maison et il voulait être là pour elle autant que possible, d'autant plus que les parents de la jeune femme venaient dîner le soir-même.
Il savait qu'elle était à la fois excitée et nerveuse de les revoir ; elle avait en effet passé la soirée de la veille à en parler, lorsqu'ils étaient chez les Potter.
Excitée car, dans sa tête, cela faisait plus de deux ans qu'elle ne les avait pas vus alors qu'en réalité, ils s'étaient vus le samedi précédent.
Nerveuse également car pour elle, ce serait la première fois qu'elle leur reparlerait depuis qu'elle leur avait jeté le sort d'Oubliettes juste après leur sixième année.
Malgré le fait qu'il l'avait rassurée sur le fait qu'ils s'en étaient remis depuis, Hermione était toujours inquiète qu'ils la détestent pour ce qu'elle avait fait.
Plus il pensait à la jeune femme, plus il avait envie de déguerpir et de rentrer chez lui.
Il décida finalement qu'il était temps de partir et prit quelques dossiers qu'il glissa dans sa mallette pour pouvoir travailler un peu à la maison.
Prévenant sa secrétaire et son sous-directeur, il prit une pincée de poudre de Cheminette et prononça l'adresse de chez lui.
Laissant sa veste et sa mallette dans la pièce où se trouvait la cheminée, Drago partit à la recherche d'Hermione, tout en se demandant si elle avait déjà déjeuné ; peut-être pourraient-ils manger ensemble si ce n'était pas le cas.
Il la trouva dans la bibliothèque, en pleine séance de recherches pour son livre.
Durant le petit-déjeuner, elle lui avait raconté qu'elle avait travaillé dessus la veille et qu'elle prévoyait de faire de même tous les jours.
Sans manifester sa présence, Drago s'adossa au chambranle de la porte et observa la jeune femme.
Lorsqu'elle était absorbée par son travail comme à l'instant même, il oubliait tous les problèmes qu'ils rencontraient actuellement et appréciait tout simplement de la voir si calme, et non constamment confuse ou perplexe comme il avait l'habitude de la voir dernièrement.
Ces réactions étaient une des choses les plus difficiles à supporter pour le jeune homme.
Il savait à quel point cela était frustrant pour elle de ne pas comprendre rapidement de quoi les gens étaient en train de parler, et cela le blessait de voir son désarroi alors qu'elle tentait ardemment se souvenir de telle ou telle chose.
Il continua à l'observer encore quelques minutes avant de l'informer de sa présence.
« Tu es rentré tôt, commenta-t-elle après avoir jeté un oeil à l'horloge accrochée au mur. Il est à peine midi. »
« Je suis le directeur, j'ai le droit de travailler autant que je le souhaite sans me faire virer », répondit-il en haussant les épaules.
« Je pense que même les patrons ont le devoir de travailler plus de trois heures par jour », s'esclaffa la jeune femme.
Elle se sentait plutôt à l'aise avec Malefoy, et bien qu'ils n'aient pas encore parlé de leur relation, elle était ravie de discuter avec lui. Elle pensait qu'elle devait ceci à Harry et Ginny.
Il était maintenant difficile de continuer à le considérer comme le Serpentard arrogant de l'école lorsqu'elle repensait à la façon dont ses amis et lui semblaient bien s'entendre ; le fait que tout ce qu'il disait ou faisait prouvait qu'il avait changé aidait également beaucoup.
Hermione était parfaitement consciente que malgré cette douloureuse expérience, il ne l'avait jamais forcée à accepter qu'ils étaient ensemble ; depuis qu'elle était revenue chez eux, il était poli et courtois, et lui laissait tout l'espace dont elle avait besoin.
Elle savait que Malefoy souffrait également de la situation, mais malgré ceci, il lui avait clairement fait comprendre qu'elle était sa priorité numéro un et qu'il ferait tout pour la rendre heureuse.
« J'ai travaillé dur pendant 7 ans, je mérite un peu de repos. Veux-tu manger quelque chose ? »
« En fait, j'avais prévu de travailler pendant encore une demi-heure avant d'aller manger, répondit Hermione. Je comptais également attendre que tu rentres pour te parler de ce soir. J'ai vérifié tout à l'heure : il n'y a pas de quoi faire à dîner pour mes parents. Il faut vraiment que j'aille faire les courses mais je n'ai aucune idée d'où se trouvent les magasins les plus proches, ou même si j'ai de l'argent quelque part dans la maison. »
« Ta carte bleue moldue est dans ton sac à main, qui se trouve dans l'entrée. Et pour les courses, je pourrai t'emmener cet après-midi, lui proposa Drago, sautant sur l'occasion de passer du temps avec elle.
Tu peux travailler encore pendant une demi-heure et puis nous pourrions déjeuner dehors, si ça te dit. »
Hermione ne répondit pas tout de suite. Elle s'assit un instant et réfléchit à sa proposition.
Drago ne prit pas ombrage de son absence de réponse car il savait que sortir ensemble à l'extérieur était un véritable problème pour la jeune femme.
Elle semblait jusque là avoir accepté que sa vie était avec lui, mais il avait conscience qu'elle avait évité de parler de leur relation et de la façon dont les choses s'étaient faites entre eux.
« Ca me dit bien, merci. »
Hermione avait finalement décidé d'accepter son offre car elle savait qu'elle aurait à passer plus de temps avec lui pour apprendre à mieux le connaître.
Le large sourire qui éclaira le visage du blond lui confirma qu'elle avait pris la bonne décision.
« Parfait, sourit Drago. Je vais te laisser, préviens-moi quand tu es prête à y aller. »
La laissant travailler, il repartit vers la pièce où se trouvait leur cheminée et attrapa sa veste et sa mallette.
Il se dirigea alors vers les escaliers et après s'être changé pour être plus à l'aise, il s'installa à son bureau et commença à jeter un oeil au travail qu'il avait ramené avec lui.
Oo°oO
Une fois Malefoy parti, Hermione tenta de reprendre là où elle en était avant d'avoir été interrompue, mais elle ne parvenait plus à se concentrer.
Bien qu'ils avaient simplement prévu d'aller manger un morceau et d'aller faire des courses ensuite, cet après-midi ressemblait à s'y méprendre à un rendez-vous.
La jeune femme se surprenait elle-même à ne ressentir aucune appréhension : elle se sentait au contraire pressée d'y être.
Ce serait sa première opportunité de connaître réellement Malefoy et de voir s'ils s'entendaient bien ou non.
Après avoir passé dix minutes à rêvasser sur son travail, Hermione finit par ranger ses affaires et quitter la bibliothèque.
Elle vit son sac à main dans l'entrée et fouilla à l'intérieur à la recherche de son porte-feuille.
Elle fut soulagée d'y trouver un peu de monnaie ; elle venait en effet tout juste de réaliser qu'elle pourrait difficilement utiliser sa carte de crédit, à cause de son amnésie.
A moins que Malefoy ne connaisse son code confidentiel, elle n'avait aucun autre moyen de tirer de l'argent dans un distributeur, et elle se connaissait assez pour savoir qu'elle n'était pas le genre de personne à noter son code quelque part.
Une fois rassurée d'avoir assez d'argent pour l'après-midi à venir, Hermione monta à l'étage se préparer.
Dans le couloir menant à la chambre, elle passa la tête dans le bureau de Malefoy, où ils convinrent de se retrouver dans l'entrée dix minutes plus tard.
Après avoir changé de pull et mis une paire de bottes, la jeune femme descendit les escaliers et trouva Malefoy prêt à partir, sa veste déjà enfilée.
Attrapant son manteau et son sac à main, elle le suivit dehors et se stoppa net.
Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir qu'ils vivaient dans une rue moldue, plus précisément dans une impasse.
De nombreuses voitures étaient stationnées le long de la rue. Au milieu de l'impasse se trouvait un large carré de verdure accueillant des balançoires et des toboggans. Quelques bancs disséminés çà et là complétaient le tableau.
Malgré le fait qu'on était en octobre et qu'il faisait froid, Hermione vit quelques enfants en train de s'amuser sur l'aire de jeu.
« Est-ce que tout va bien ? » demanda Drago en se retournant.
Il avait déjà descendu les quelques marches du perron et se trouvait sur le trottoir devant leur maison lorsqu'il avait réalisé qu'Hermione ne le suivait plus.
« Oui. Je ne m'attendais pas à ce qu'on vive dans un quartier moldu », répondit-elle.
Elle finit par rejoindre le jeune homme.
« Ca nous convient à tous les deux, répondit-il en haussant les épaules.
De plus, c'est plus simple comme ça pour tes parents, et il a été assez facile d'adapter la maison à la magie. »
Hermione en était encore à digérer le fait qu'ils vivaient tous les deux dans le monde moldu lorsque Malefoy la surprit à nouveau en sortant un trousseau de clés de sa poche pour ouvrir une voiture garée devant chez eux.
Bien qu'ayant remarqué les autres véhicules garés dans leur rue, elle n'avait pas associé l'élégante voiture de sport bleu foncé en face de leur portail au Serpentard blond.
« Tu sais conduire ? » lui demanda-t-elle, quelque peu hésitante à être en voiture avec lui.
« Ouais. J'ai eu mon permis il y a presque trois ans maintenant, répondit-il en s'installant au volant. Tu viens ? » demanda-t-il en se penchant pour ouvrir la portière passager.
Toujours incertaine quant à la marche à suivre, elle s'installa à son tour et boucla rapidement sa ceinture.
« Tu as réellement réussi à obtenir ton permis de conduire ? Tu n'as pas lancé un sortilège de confusion à l'examinateur, n'est-ce pas ? »
« Bien sûr que non, s'esclaffa-t-il en démarrant. Tu ne m'aurais jamais laissé faire.
A chaque leçon de conduite, ainsi que le jour de l'examen, tu m'avais confisqué ma baguette. »
Hermione ne put s'empêcher de sourire : confisquer la baguette de quelqu'un pour qu'il ne fasse pas de magie devant des moldus lui ressemblait parfaitement.
Bien qu'elle était quelque peu inquiète d'avoir ressenti le besoin de la lui prendre lorsqu'il apprenait à conduire, elle pensait cependant qu'il était parfaitement capable de l'utiliser pour parvenir à ses fins.
Il semblait toutefois avoir très bien appris à conduire sans avoir eu besoin d'utiliser la magie. Le reste du voyage se passa dans un silence confortable.
Dix minutes plus tard, Drago se gara devant un supermarché Asda.
« Est-ce que tu préfères manger maintenant ou aller faire les courses ? » demanda le blond en sortant de la voiture.
« Aller manger un morceau me tente plus, répondit Hermione. Mais il n'y a nulle part où manger ici, non ? »
« Un bar se trouve au coin de la rue, on y mange très bien », fit Drago en fermant la voiture.
La jeune femme hocha la tête et le suivit.
Ils s'installèrent dans le bar et commandèrent à manger.
Hermione était toujours surprise de se sentir à l'aise avec Malefoy ; durant tout le déjeuner, elle réalisa qu'il était très facile de parler avec lui.
Bien qu'ils ne discutèrent pas de leur relation et de ce qui lui était récemment arrivé, elle découvrit qu'ils avaient une passion commune pour la littérature : ils passèrent la majorité du repas à discuter et à débattre des livres qu'ils avaient tous deux aimés.
Au moment de partir, Malefoy insista pour l'inviter, malgré les protestations de la jeune femme.
« Je pensais faire un roast beef pour le dîner, ce soir, fit Hermione tandis qu'ils se dirigeaient vers le supermarché. Est-ce que ça te va ? »
« C'est parfait », sourit-il.
Il savait qu'elle ne s'en souvenait pas, mais le roast beef était un de ses plats préférés depuis tout petit.
« Ouf, je ne voulais pas faire quelque chose que tu n'aimes pas », souffla-t-elle tout en arrivant devant l'entrée du supermarché.
« Je ne pense pas que ça risque d'arriver, s'esclaffa-t-il en prenant un chariot et en suivant Hermione dans le magasin. Tout ce que tu cuisines est fabuleux. »
La jeune femme rougit sous le compliment et se dépêcha de changer de sujet en faisant la liste des ingrédients dont elle avait besoin.
Ils parcoururent un moment les allées en silence, Drago poussant le caddie et Hermione y mettant ce qu'elle trouvait.
La situation était assez surréaliste aux yeux de la jeune femme ; elle avait du mal à s'habituer au fait que Malefoy semblait plutôt ravi de faire des courses dans un magasin moldu.
Elle lui jeta plusieurs fois des coups d'oeil en coin, s'attendant à moitié à le voir arborer une mine dégoûtée. Ce ne fut à chaque fois jamais le cas.
« Vas-tu finir par me dire ce qu'il te prend à m'épier du coin de l'œil comme ça, ou dois-je deviner ? » lui demanda-t-il soudainement alors qu'elle continuait à l'observer discrètement.
« Désolée, rougit-elle. C'est juste que cela me fait bizarre de te voir aussi à l'aise dans le monde moldu. »
« Cela n'a pas toujours été le cas, répondit-il en haussant les épaules. J'ai mis du temps à m'habituer à vivre à moitié dans le monde moldu et à moitié dans le monde sorcier, mais cela me plaît. »
« Comment cela ? Qu'est-ce qui t'a poussé à t'adapter au monde moldu ? »
« C'est toi », répondit-il en la regardant droit dans les yeux.
« Moi ? » répondit-elle, essayant de ne pas paraître trop déstabilisée par le regard perçant du jeune homme.
« En quoi ai-je à voir avec tout cela ? »
« Tout, sourit Drago. Lors de nos premiers rendez-vous, tu m'as clairement fait comprendre que bien que tu sois une brillante sorcière, tes racines sont moldues, et que tu n'avais aucune intention de les renier. Si les choses devenaient sérieuses entre nous, ce serait à moi de m'adapter à ton monde. »
« N'as-tu jamais voulu laisser tomber ? T'es-tu déjà dit que cela n'en valait pas la peine ? »
« Ca n'a pas été si pénible que ça, insista-t-il. Et même si ça l'avait été, tu en vaux la peine. »
La jeune femme rougit à nouveau sous le compliment et baissa la tête, ce qui le fit rire doucement.
Il était tellement habitué à son Hermione si sûre d'elle en toutes circonstances qu'il avait oublié à quel point c'était tout le contraire lorsqu'ils avaient commencé à se fréquenter.
Durant les premiers mois, elle avait été nerveuse et rougissante à chaque compliment que lui faisait Drago ; ce ne fut que lorsqu'elle se fut habituée à l'entendre lui dire à quel point elle était formidable qu'elle s'était enfin sentie à l'aise avec lui.
« Finissons-en avec les courses pour qu'on rentre ensuite à la maison, fit Drago dans une tentative pour la détendre. Il nous reste encore beaucoup de choses à faire avant que tes parents n'arrivent. »
