Chapitre 11 Réunion en enfer
Trois semaines.
Vingt-un jours.
Cinq-cent dix heures.
Il était descendu du train, et avait fait le reste de la route en charrette avec les autres. Même les voitures ne pouvaient rejoindre les lignes de front. Toutes les routes avaient été détruites par les explosions incessantes des deux parties.
Les Ishbals avaient coupé toutes les voies de communications pour ralentir a maximum la progression de l'ennemi, mais c'était inutile. Ils avançaient plus doucement mais ils avançaient tout de même.
Roy ne s'attendait pas à une telle désolation. Il n'était pas naïf, il savait que la guerre n'était pas une partie de plaisir, mais il ne pensait pas se trouver confronter à un tel massacre.
Après avoir rejoint son camp, on lui avait expliqué son rôle et confié une équipe. Tous les alchimistes d'état avaient été appelés. On leur avait dressés une tente à chacun, avec nettement plus de confort que les autres. Ils étaient même mieux traités que certains hauts-gradés. Mais ça n'atténuait en rien la difficulté.
Il n'était là que pour une seule raison : exterminer les Ishbals. Tous sans exception. Les rebelles, bien sûr, mais aussi leur famille, les femmes, les enfants, les vieillards, et toute la population sans distinction.
Depuis cinq-cent dix heures qu'il était arrivé sur le front, il avait tué plus de deux mille Ishbals. Plus de la moitié était des civils innocents. Près d'un tiers n'était que des enfants. Et il devait les abattre sans réfléchir, sans broncher.
Le premier jour, il avait été paralyser par la peur. Il était incapable de faire quoi que ce soit. Puis, un gamin était sorti de nulle part, un fusil à la main. L'arme était plus grande que lui, et pourtant, son regard montrait clairement qu'il était prêt à tirer sur ses compagnons. Sans même s'en rendre compte, Roy claqua des doigts, projetant une boule de feu sur le fusil, mais aussi sur celui qui le tenait. Il n'avait pas l'intention de blesser cet enfant, mais il ne maitrisait pas toujours l'intensité de ses flammes, surtout en cas de stress, et celles qui avaient jailli étaient suffisamment fortes pour le bruler sévèrement. Pendant plusieurs nuits, les hurlements de ce gamin virent le hanter. Jusqu'à ce qu'il se perde au milieu des autres.
Les premiers temps, il essaya de se convaincre qu'il ne faisait que se défendre ou protéger ses camarades, mais c'était peine perdue. Il lui arrivait de tuer des familles entières, simplement pour sécuriser un passage. Et tout le monde le félicitait, comme si chaque meurtre était un acte de bravoure.
Cinq cent dix heures qu'il était à Ishbal et il voulait déjà mourir.
-oOo-
Le train était bondé et elle était serrée au milieu des autres soldats, terrassée par la chaleur étouffante du désert mais aussi celle des corps autour d'elle. Le trajet dura près de trois jours et très franchement les conditions d'hygiène élémentaire étaient loin d'être respectées.
Elle s'appliquait à se laver tous les jours avec le peu d'eau qu'on leur accordait, mais il était clair que la plupart de ses compagnons ne se donnait pas cette peine.
Une fois arrivée à la dernière gare, elle crut enfin être sauvée, mais c'était sans compter le trajet en carriole jusqu'aux lignes de front.
Sur place, elle fut présentée au reste du bataillon de snipers et elle se vit confier, en plus de l'équipement standard des nouveaux arrivants, un fusil à lunette et un lot de cartouches perforantes. Pas question de perdre du temps avec des balles standards qui ne seraient pas forcément mortelles si les rebelles se protégeaient, il fallait les tuer à coup sûr.
Evidemment, son age ne passa pas inaperçu et les commentaires allèrent bon train, mais elle mit un terme à tout bavardage quand dès son premier tour de garde, elle abattit d'un seul coup deux rebelles qui tentaient une embuscade. Au passage, elle avait sauvé un escadron entier puisque ses deux victimes ne purent jamais mettre leur plan à exécution.
Les jours passaient et sa réputation ne fit que grandir, mais dans un sens positif. Elle était très jeune certes, mais elle était surtout très douée et faisait la fierté de ses camarades.
Pourtant, Liza n'éprouvait plus aucune fierté à faire son travail. Elle devait toujours atteindre son but et toucher la cible, mais cette fois, il s'agissait d'êtres humains vivants. Tant qu'elle devait protéger les autres ou s'en prendre aux rebelles, elle était capable de se faire une raison, mais on lui avait clairement indiqué au bout de la première semaine qu'elle devait tuer tout Ishbal passant à sa portée sans distinction. Elle passait donc ses tours de garde à promener son viseur dans toutes les directions possibles, à la recherche d'une nouvelle victime qui mourrait avant même d'avoir le temps de comprendre ce qui se passait.
A scruter l'horizon à travers sa lunette, il ne lui fallut pas longtemps avant de tomber sur un visage connu.
Bien sûr, elle savait que les alchimistes d'état avaient été envoyés au front, mais elle ne pouvait pas croire qu'il avait lui aussi pris part à ce massacre. Il avait voulu apprendre l'alchimie pour aider les gens pas pour les exterminer. Mais elle n'arrivait pas à lui en vouloir. Elle était la seule à blâmer. Si elle ne lui avait rien révélé, il ne serait pas ici, à abattre des innocents pour une cause qui n'avait aucun sens.
A entendre les commentaires de certains de ses compagnons, il avait une sacrée réputation lui aussi. Il était capable d'un simple geste de la main de tuer des dizaines de familles. Il inspirait à la fois la crainte et le respect. Et elle le détestait pour ça. Mais pas autant qu'elle se détestait elle-même.
-oOo-
Il avait beau se dégouter, il continuait tout de même. Il ne comprenait pas l'intérêt de ce conflit, mais il était trop lâche pour se plaindre ou déserter. Plusieurs fois il avait envisagé de se tirer une balle dans la tête, mais il s'était toujours retenu au dernier moment. Il ne pouvait pas mourir sans l'avoir revue. Il devait lui parler, lui raconter ce qui se passait réellement ici et lui faire abandonner l'armée. Après, plus rien n'avait d'importance.
Avec ce qu'il faisait dans cette guerre, il la trahissait encore plus que tout ce qu'elle pourrait jamais imaginer. Il ne chercherait même plus son pardon. Tout ce qu'il voulait c'était lui épargner un tel calvaire et la sortir de cette vie. Elle méritait tellement mieux ! Alors il continuait, sans se poser de question. Il avait fait un choix et devait l'assumer coute que coute.
Au bout de quelques mois, il trouva un peu de réconfort en la personne de Maes Hughes. Son vieil ami de l'académie lui était tombé dessus par hasard à la fin d'une mission alors qu'il allait se débarbouiller. Son régiment venait de finir de 'sécuriser' la partie ouest du village et ils avaient été transférés plus au sud. La route avait été longue, et il avait encore dû user des flammes pour pouvoir avancer, mais il était soulagé d'arriver au camps. Malgré sa fatigue, il avait poussé jusqu'au point d'eau et c'était là que Maes était venu le saluer.
Roy avait été surpris d'apprendre qu'il était mieux gradé que lui, mais il était plutôt content. Son ami n'avait pas vraiment changé, il avait tissé un précieux réseau de relations au sein des différents bataillons, connaissait presque tout le monde et savait parfaitement diriger les hommes. Quoi de plus normal qu'on lui confia le poste de Capitaine à la mort du sien ? Il en faisait déjà tout le travail.
Avec la présence de Hughes à ses cotés, Roy supportait mieux son enfer. Il pouvait se confier librement et exprimer sans crainte ses suspicions sur les causes réelles du conflit. De plus, depuis les mois qu'il était au front, il avait lui aussi lié des contacts, et ses hommes le respectaient infiniment, ce qui atténuait légèrement les aigreurs de sa conscience. Même s'il tuait des innocents, il sauvait aussi des vies, celles de soldats, et ses hommes lui en savaient gré.
Un soir, après une journée particulièrement pénible, il s'isola un peu avec Maes et tous les deux se dirigèrent tranquillement vers les ruines du village à l'extérieur du camp.
Hughes était extatique devant la lettre qu'il venait de recevoir de sa fiancée et il commençait à harceler Roy de questions sur ses propres aventures quand un rebelle sortit de derrière un talus. Il était passablement blessé mais ça ne l'empêchait pas d'être rapide et il profita de l'effet de surprise pour se jeter sur les deux soldats. Roy avait laissé ses gants dans sa tente et Maes n'eut pas le temps d'attraper ses couteaux.
A l'instant où Roy pensait sentir la lame de l'Ishbal dans sa chair, il entendit le coup de feu. Le rebelle s'effondra, une balle dans la tête. L'impact était net, le tireur savait ce qu'il faisait, ce n'était pas un simple coup de chance. L'alchimiste se retourna mais ne vit personne. Hughes lui tapa l'épaule et désigna la tour derrière eux en mentionnant l'œil du faucon qui les protégeait.
Roy sentit son cœur s'arrêter. Il ne pouvait pas y croire. Devant son teint livide Maes le prit par le bras et le ramena vers le campement. En chemin il expliqua tout ce qu'il savait sur leur sauveur. C'était une jeune recrue, tout juste en troisième année à l'académie qui avait été envoyée sur le terrain pour son stage pratique. C'était un des meilleurs snipers de sa promotion et l'armée ne pouvait pas passer à coté d'un tel soutien. Hughes désapprouvait ces méthodes, mais il préféra ne pas insister en voyant la mine défaite de son ami. Chaque phrase qu'il prononçait semblait atterrer un peu plus Roy.
Tout ce qu'il lui disait confirmait ses pires craintes. Le nom déjà, mais aussi les talents de snipers. Et le fait qu'il ne soit pas encore un vrai soldat... Il devait en avoir le cœur net et demanda à Hughes de lui présenter ce tireur. Le capitaine eut un sourire amusé. Tout le monde savait que c'était une jeune et jolie blonde, et connaissant la réputation de l'alchimiste, il pensa simplement que celui-ci cherchait un peu de distraction.
En temps de guerre, quoi de plus normal ? Si lui-même n'avait pas sa merveilleuse Gracia qui l'attendait à Centrale, il se serait peut-être laissé tenter, comme les autres. Déjà, il y avait des filles à l'auberge, et les amourettes entre soldats allaient bon train, alors Roy ne ferait sûrement pas exception. Tout le monde fermait les yeux du moment qu'on savait rester discrets. Et vu la mine de son ami, Maes ne pouvait qu'encourager au maximum tout ce qui pourrait lui changer les idées. Le seul problème était le tempérament réputé très froid de la jeune fille. Encore que l'alchimiste en avait fait fondre plus d'une...
Ce fut donc l'esprit léger que Maes partit à la recherche du cadet qui leur avait sauvé la vie. Il n'eut aucune difficulté à la reconnaître. Elle avait beau porter son manteau capuchon rabattu, sa silhouette féminine tranchait au milieu des autres tireurs. Elle était plus petite et plus frêle que les autres. Mais ce qu'il remarqua surtout quand elle ôta sa capuche fut à quel point elle était jeune. Elle le regarda durement, et se concentra tout de suite sur Roy qui restait pourtant dix bons mètres derrière lui.
Hughes promena son regard de l'un à l'autre, et comprit tout de suite que quelque chose lui échappait. Son ami était livide, incapable de bouger, tandis que le sniper se tenait là, impassible et encore plus glaciale que tout ce qu'on lui avait raconté. Il essaya de capter leur attention en vérifiant le nom du cadet, mais celle-ci l'ignora et salua simplement Roy.
« Monsieur Mustang, ou plutôt Major Mustang. »
Sa voix était à l'image de sa personne, froide, posée et déterminée.
Roy ne savait plus où se mettre. Il était pétrifié. Il savait que c'était elle, mais en même temps, il refusait d'y croire. Où était passé la délicieuse jeune fille souriante qu'il avait connue ? Ses yeux auparavant mélancoliques et apeurés, qu'il arrivait à illuminer par ses frasques idiotes n'étaient plus que deux billes marrons, rendues insensibles par les combats. Elle avait à peine plus de dix-huit ans, elle n'avait rien à faire sur un champ de bataille.
-oOo-
Liza se tenait à son poste, comme tous les autres jours. Son tour de garde semblait beaucoup plus long aujourd'hui. La situation était plutôt calme et elle n'avait pas grand chose à faire. Même si elle n'aimait pas particulièrement tuer des innocents, cachée dans l'ombre, elle aimait encore moins les périodes à attendre sa prochaine victime. L'isolement et le silence du désert la poussait à réfléchir et à prendre conscience de ce qu'elle était devenue : une meurtrière.
Soudain quelque chose brilla sur sa droite et elle le vit. Roy et un capitaine se tenaient à l'écart des autres soldats, sans protection. Son sang se glaça quand elle sentit le rebelle. Elle avait un sixième sens pour ces choses-là. Il se précipita sur l'alchimiste, et sans même prendre le temps de réfléchir, elle pressa la détente.
L'Ishbal s'effondra avant même d'avoir pu atteindre sa cible.
Roy regarda dans sa direction et son cœur s'accéléra. Il avait changé. Il avait les yeux vides et semblait aussi désespéré qu'elle. Une partie d'elle voulait aller le trouver, lui parler, le réconforter. Mais elle se retint. A la place, elle s'enfonça un peu plus dans l'obscurité de sa cachette et pria pour ne pas être vue. Elle n'aurait pas le courage de lui faire face. Pas maintenant. Pas avec de tels sentiments qui rejaillissaient de nulle part.
Quand son tour de garde s'acheva, Liza avait retrouvé son calme et ses résolutions. Elle était déterminée à éviter l'alchimiste autant que possible comme elle le faisait depuis plusieurs semaines déjà, et si jamais elle le croisait, elle l'ignorerait. Elle ne devait pas lui laisser la moindre chance de renouveler ses petits jeux. Malheureusement, rien ne se passa comme prévu.
Elle dévala l'escalier de sa tour de guet et à peine avait-elle sauté le parapet que le capitaine qu'elle avait protégé se tenait devant elle. Elle voulut l'éviter, mais c'était difficile de l'ignorer alors qu'il lui parlait. A contre cœur, elle souleva son capuchon et découvrit derrière son interlocuteur celui qu'elle s'appliquait si bien à ne pas voir depuis des semaines.
Maintenant qu'il était en face d'elle, elle ne pouvait en décrocher les yeux. Il avait les traits tirés, les cernes montraient clairement qu'il ne dormait pas et son regard était hanté par les morts qu'il avait sur la conscience. Quelque part, elle était rassurée. Elle n'afficha aucun signe de courtoisie, ayant bien appris à cacher ses émotions, mais au fond, son cœur battait la chamade. Il n'était pas devenu un tueur froid et calculateur. Pas plus qu'elle. Il faisait son devoir, malgré tout le dégout qu'il lui inspirait. Ou du moins elle l'espérait.
Voyant son teint livide, elle comprit immédiatement sa gêne de la voir là. Alors elle prit sur elle de lui parler, savoir s'il se souvenait d'elle, même si son étonnement se lisait sur son visage. Sans vraiment l'accusé, elle ne pouvait s'empêcher de lui en vouloir de se retrouver ici, et elle avec, et son ton s'en ressentit plus qu'elle ne l'aurait souhaité.
Liza fut décontenancée par sa réaction. Elle pensait avoir droit à une remarque sarcastique, ou un haussement d'épaule, elle n'avait pas prévu qu'il baisserait encore plus la tête en murmurant des excuses avant de tourner les talons. Décidément, il ne cesserait jamais de la surprendre. Hughes aussi semblait surpris, mais il suivit son ami, non sans avoir pris la peine de la remercier encore une fois.
Une fois seule, Liza essaya de retrouver son calme et de comprendre ce qui venait de se passer. Pourquoi avait-il réagit de cette façon ? Pourquoi avait-il pris la fuite ? Malgré tout ses efforts pour rester maitresse d'elle-même, elle était frustrée qu'il n'ait pas fait l'effort de lui parler. Elle soupira et repartit vers son campement. Son tour de garde était fini, elle avait donc six heures de libre pour se reposer et essayer de dormir avant sa prochaine relève.
-oOo-
Roy avançait à grands pas, s'efforçant à mettre le maximum de distance entre lui et cette fille. Il ne savait pas pourquoi il n'avait pas pu lui parler. Elle ne lui avait fait aucun reproche, mais elle n'en avait pas besoin. Il savait qu'il était responsable. Elle s'était engagée pour lui, et maintenant, elle se retrouvait dans cet enfer par sa faute. Si encore il avait eu le courage de l'approcher pendant ses années à l'académie. S'ils avaient un tant soit peu profité de leur jeunesse et de leurs sentiments !
Mais il avait été lâche, une fois de plus. Il l'avait laissé croire qu'elle n'avait pas vraiment d'importance, sous prétexte de la protéger, mais en réalité, il s'était surtout protégé lui. Il n'était pas si sûr de ses sentiments. Il l'aimait, mais aurait-il été capable de l'aimer toute sa vie ? Il était jeune, et il y avait toutes les autres. Aucune ne le comblait comme elle le faisait, mais d'un autre coté, elle ne lui faisait pas vraiment confiance puisqu'elle avait tout de suite cru qu'il pourrait aller voir ailleurs. Au fond de lui, il savait que ses arguments ne tenaient pas la route, mais il n'était pas prêt à l'admettre réellement. De toute façon, maintenant, le problème en se posait plus. Il était clair qu'elle ne voudrait plus de lui, sachant ce qu'il avait fait. Et il ne s'en sentirait pas digne, il n'était qu'un meurtrier.
Il fut tiré de ses méditations négatives par Hughes qui l'arrêta d'une main sur l'épaule. Il n'avait pas l'air ravi.
« Hé ! Tu m'expliques ? »
Roy le jeta un regard en coin et repartit sans répondre. Mais ça ne suffisait pas décourager le capitaine.
« C'était quoi ça ? Tu me demandes de la rencontrer et tu te tires en courant au premier coup d'œil ? Je crois que j'ai droit à une explication... »
Roy soupira. Il n'allait pas réussir à se débarrasser de lui aussi facilement.
« Je voulais vérifier un truc... »
« Ah ouais ? Et quoi ? Que tu la connaissais ? »
« Ouais... »
« Et que t'as déjà couché avec elle ? » Maes avait un sourire narquois qui en disait long sur ce qu'il avait en tête.
« Non ! » Roy le dévisagea, visiblement choqué puis sous l'insistance du regard de son ami, baissa les yeux et rougit légèrement.
Hughes resta silencieux un instant avant de récapituler la situation.
« Donc tu connais cette fille, qui est clairement jeune et très jolie, tu la connais depuis un certain temps et tu n'as pas couché avec elle. Pourquoi j'ai du mal à te croire ? »
Roy continuait d'éviter son regard et Maes poursuivit.
« A moins qu'elle n'ait pas voulu de toi... C'est ça ? C'est la seule à t'avoir jamais tenu tête ? » Il partit dans un grand éclat de rire et commença à se dandiner autour de son ami.
« C'est pour ça que tu te sentais aussi con ! Elle t'as jeté ! » Il riait de plus belle, et Roy soupira.
D'un coté il avait envie de lui rabattre son caquet, mais d'un autre, cette explication arrangeait ses affaires. Par conséquent, il évita de démentir et se contenta de repartir vers sa tente sans répondre. Maes l'observa et nota le léger sourire sur ses lèvres quand il lui tourna le dos. Il remarqua aussi son air soulagé après son laïus. Il y avait autre chose. Sa vision était trop simpliste, il s'agissait de Roy Mustang après tout.
Préférant laisser couler pour cette fois, Hughes n'insista pas. Il connaissait suffisamment son ami pour savoir qu'il n'obtiendrait aucune information pour le moment. Mais il finirait bien par découvrir qui était cette mystérieuse jeune fille, et surtout ce qu'elle représentait pour lui. A la façon dont elle le regardait, il était clair qu'elle n'était pas indifférente à son charme, donc s'il ne l'avait pas mise dans son lit, c'était entièrement délibéré de sa part. Ce qui ne faisait qu'attiser la curiosité du capitaine.
Quoi qu'il y ait eu entre ses deux-là, il ne s'agissait pas d'une histoire simple et elle méritait très certainement qu'il s'y intéresse. Et le meilleur moyen d'en savoir plus était sûrement de les coincer ensemble pour pouvoir les observer. Ce fut donc avec un sourire confiance que le capitaine Maes Hughes partit faire jouer ses relations auprès des snipers pour un changement d'affectation.
Et voila, à peine rentrée de vacances, je vous mets la suite ! J'espère que ça ira. J'ai changé d'éditeur, et j'ai plus de correcteur d'orthographe, alors je crains le pire. J'ai bien essayé de me relire, mais c'est pas toujours très efficace. Alors si c'est plein de fautes, je suis désolée, mais il est tard et sans correction automatique moi être perdue !
Bon et sinon merci infiniment pour tous vos coms, ça me fait toujours super plaisir. Et pour la peine, je me suis dépêchée de mettre la suite, au détriment de mes autres histoires... Normalement, ils se réconcilient au prochain chapitre, et comme je suis un cliché vivant, ça va enfin finir sous la couette, il était temps !
