Les Parfaits Serpentards


Chroniques de la Troisième année : Partie I

Poudlard avait toujours été pour lui comme une seconde maison. Pendant de nombreuses années l'amour tout aussi bien que la haine avaient constitué le moyeu de la relation qu'il entretenait avec elle.

Ces temps-ci il lui fallait s'avouer que l'amour avait pris un ascendant certain quant à ce qu'il éprouvait pour l'illustre établissement. Il était heureux d'enseigner, et par voie de conséquence faisait du bien meilleur travail en la matière.

Ses quartiers étaient plus spacieux que son petit cottage, et il disposait pour son propre usage d'un laboratoire de potions de tout premier ordre.

Et c'est animé d'une bien belle humeur, qu'il entreprit de commencer l'année avec un optimisme qu'il ne se souvenait guère avoir jamais éprouvé de toute sa carrière.


« Avez-vous passé de bonnes vacances ? » s'enquit Severus auprès de Minerva tandis qu'ils marchaient côte à côte en direction du bureau du Directeur.

« Certainement. » répondit Minerva, qui affichait l'air mal à l'aise d'une personne jurée au secret d'un fait qui n'aurait pas été porté à la connaissance du redoutable professeur de Potions. « Je me suis rendue au Portugal cette année. »

« Charmante destination. » commenta Severus, en ouvrant la porte et en s'effaçant avec galanterie pour la laisser passer.

Elle lui adressa un de ses rares sourires et entra dans la pièce avec un curieux empressement. Il la suivit quant à lui de son pas mesuré qui lui était accoutumé. Ils semblaient être les derniers à arriver.

« Ahh, Minerva, Severus. » déclara Albus les yeux pétillants. « J'étais tout juste sur le point de présenter notre nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal. »

« Ah, vraiment ? » s'enquit-il d'un ton doucereux. Il pouvait aisément sentir l'atmosphère tendue qui régnait en maître dans la pièce.

« Oui, un certain Remus Lupin. »

La silhouette de Remus se découpa alors du fond de la pièce, d'où elle avait été masquée par les ombres que projetait le feu ambré de la cheminée. Ses vêtements étaient froissés et déchirés par endroits, et il paraissait notoirement exténué.

« Loup-garou. » siffla Rogue d'un ton dangereux.

« Vampire. » lui renvoya Remus sur le même ton d'antipathie, alors qu'il s'approchait vers lui.

Les yeux de Dumbledore se mirent à scintiller plus fort encore tandis que les deux ennemis jurés se regardaient en chiens de faïence, et que les autres membres du Corps enseignant, grandement affectés par la tension accrue de la pièce, prenaient soin de faire quelques pas de recul précautionneux.

« Allons, allons, je suis certain que vous êtes capables de travailler ensemble. » lança le Directeur avec douceur.

Severus lança un regard torve à son endroit, avant de s'approcher de Remus. « Tu as une mine affreuse. » lâcha-t-il sans ambages.

Remus roula des yeux. « Ce fichu personnel du Portauloin International a trouvé le moyen de perdre mes bagages; c'est tout ce que j'avais de propre. »

Severus esquissa une grimace compatissante avant de taper gaiement le dos de Remus. « J'ai quelques trucs qui devraient t'aller. » déclara-t-il. « Fais un saut dans mes quartiers après la réunion et on s'occupera de ton cas en attendant que ces idiots retrouvent enfin tes bagages. »

« Merci, Sev. Tu me sembles bien plus détendu ces temps-ci. »

« J'ai eu quelques jours pour réfléchir. » acquiesça-t-il en prenant un siège à côté de Remus. « J'ai eu une discussion avec Nick, et il semble penser que mes idées concernant la potion Tue-Loup ont quelque mérite. Nous allons y travailler cette année. »

« Eh bien, je serai heureux de me porter volontaire pour les tests. » répondit Remus avec enthousiasme.

Rogue leva la tête pour constater que les autres Professeurs les observaient avec des expressions éberluées, comme s'ils n'arrivaient pas à appréhender cognitivement ce qui venait de se produire sous leurs yeux. Même le Professeur Dumbledore affichait une mine proprement interloquée.

« Et si nous commencions ? » proposa-t-il avec nonchalance.

« Hmm, oui, » dit lentement Minerva, la première à se remettre de sa stupeur. « Le premier élément à l'ordre du jour concerne les titres de Préfet et Préfète en chefs. »

« Qu'on les donne donc à Harry et Mercredi et la question sera résolue. » déclara Severus d'un ton négligent avec une légère pointe d'humour.

« Ce ne sont que des troisième année, Severus. » fit remarquer Minerva en levant les yeux au ciel. « Pénélope Deauclaire est la candidate la plus sérieuse pour le titre de Préfète-en-Chef. »

« Aucune objection de ma part. » appuya Severus. Pomona et Filius acquiescèrent à leur tour, et Albus donna aussi son assentiment.

« Le candidat au poste de Préfet-en-Chef est Percy Weasley. »

Pomona et Filius tournèrent tous les deux la tête en direction de Severus. Le concerné roula mentalement des yeux; le rôle de porte-parole semblait lui avoir été commis d'office par ses collègues.

« Si vous m'aviez posé la question à la fin de l'année dernière, » commença-t-il de sa voix doucereuse, « j'aurai donné mon accord sans la moindre hésitation étant donné que j'exècre au plus haut point le garçon. Le nommer Préfet-en-Chef garantirait sans nul doute de le voir terminer l'année sous forme de cadavre ou dans un état au-delà de tout espoir de rémission. » Il marqua une pause afin que ses propos soient bien assimilés par son auditoire, avant de poursuivre. « Cependant, parce que j'apprécie Molly et Arthur, je me vois dans le devoir d'opposer mon strict refus. Nous avons besoin d'un Préfet-en-Chef qui soit ouvert d'esprit et qui ait la capacité de prendre des décisions rapides. Ce dont nous n'avons pas besoin est d'un règlement intérieur ambulant qui fera tout en son pouvoir pour faire prévaloir son autorité auprès de Harry et Mercredi. »

« Mais ses résultats… » argua faiblement Minerva.

« Monsieur Weasley pourrait saisir cette opportunité afin de mûrir. » intervint Dumbledore. « Cela pourrait lui être bénéfique. »

Severus tourna la tête et toisa vertement du regard Dumbledore. « Cette école ne se tient pas ici pour votre seul amusement, Albus. » déclara-t-il d'un ton glacial. «Ni n'est-ce votre fief personnel d'où sont organisés des jeux dont la seule fin serait de vous divertir. Si vous voulez que Weasley meure, contentez-vous seulement de le dire, et je l'empoisonnerais dès demain pour nous épargner du temps. »

Plusieurs déglutitions peu rassurées retentirent autour de la table suite à sa tirade, ainsi qu'un ricanement étouffé déguisé en petite quinte de toux de la part de Remus. « Pomona, quel est votre meilleur élément masculin à Poufsouffle ? »

« Jack Stroper. » répondit instantanément cette dernière.

« Un garçon dégingandé, pas trop mauvais en duel ? »

Elle opina du chef avec une fierté non dissimulée.

« Il fera l'affaire. »

Une fois encore, une volée de bouches bées accueillit ses propos. « Eh bien quoi ? » railla-t-il comme à son habitude. « Mon Serpentard le plus âgé serait Marcus, et nous n'accepterons certainement pas pour Préfet-en-Chef un élève qui aura dû faire une même année à deux reprises. »

« Ce choix me convient. » ajouta Filius. « Minerva ? »

« Il a de bons résultats en effet. » concéda-t-elle. « Et peut-être serait-ce là l'occasion de faire savoir aux élèves que la personnalité ainsi que des compétences certaines de leadership sont tout aussi prisées chez un Préfet que les bonnes notes et la capacité à respecter le règlement. »

« Bien. » conclut Severus avant que le Directeur ne pût intervenir. « Sujet suivant ? »


Severus était assis à côté de Rémus à la table des Professeurs tandis que les élèves commençaient à affluer dans la Grande Salle.

« Nerveux ? » interrogea-t-il Remus.

« Un peu. » admit ce dernier.

« Tu n'as aucune raison de l'être. Ce ne sont pas de mauvais garnements, et avec ta personnalité tu t'en sortiras très bien. Qu'as-tu l'intention de faire à propos du club que dirigent Harry et Mercredi ? »

« Pas grand-chose, je me concentrerai sur le curriculum traditionnel, et je les laisserai s'occuper de tout ce qui a attrait aux aspects de Défense dans le cas où il y aurait une véritable attaque de Mangemorts. Si je devais apprendre à un élève à utiliser le maléfice de brise os sur les parties génitales d'un individu tout comme l'a fait Mercredi l'année dernière, il ne fait aucun doute que je me retrouverais promptement lynché dans les règles. »

Severus eut un petit rire.

Tout comme l'année précédente, tous les élèves qui effectuaient leur rentrée étaient déjà installés à leurs tables respectives lorsque Harry et Mercredi arrivèrent à leur tour et s'assirent à leur place habituelle.

« A les voir ainsi, on ne se douterait jamais…n'est-ce pas ? » souffla Remus.

« De ce qu'ils ont fait cet été ? » acheva Rogue. « Pas du tout, en effet. Les autres enfants n'en auront jamais idée, cela en est presque effrayant. »

« En effet. » acquiesça Remus. « Percy Weasley ne semble pas très heureux, à ce qu'il me semble. »

Ce petit idiot de Weasley semblait avoir décidé de passer sa soirée entière à lancer des regards peu amène en direction de Harry et Mercredi.

« Certaines choses ne changeront jamais. »

« Ne sois pas trop dur envers eux. » tempéra Remus. « Ron a toujours eu quelques problèmes à gérer sa condition de cadet parmi ses frères, et après une première année à Poudlard loin d'être idéale, il a ensuite dû regarder sa sœur devenir amie avec ses ennemis et rejoindre la maison 'du mal'. Percy quant à lui continue toujours de croire que toutes les réponses à la vie sont indexées dans un règlement. »

« Cela n'excuse pas pour autant l'étroitesse d'esprit dont ils font preuve avec tant de largesse. » répliqua implacablement Severus.

« C'est vrai, » concéda Remus, « mais ce sont encore des enfants, ils mûriront et finiront pas laisser tout cela derrière eux. »

Rogue grommela de mauvaise grâce, mais ne releva pas.

Les première année entrèrent finalement, et le Choixpeau entama une autre de ses chansons. Severus ne leur avait jamais prêté la moindre attention tant elles lui paraissaient du plus haut ridicule. Et qui plus est, il n'avait certainement que faire de conseils prodigués par un vieux morceau de chiffon décrépi.

Il applaudit avec politesse lorsque Remus fut présenté à l'école entière, et se força à réprimer un sourire lorsqu'il constata que ceux qui applaudissaient le plus fort n'étaient autres que Hermione, Ginny et Pugsley.

Remus se leva et s'inclina devant l'assemblée, puis Dumbledore reprit la parole pour débiter son discours annuel. Enfin le banquet put commencer.

Severus se retrouva à faire tournoyer sa fourchette dans son plat, sans grande conviction.

« Le bouillon de Grand-mère te manque, n'est-ce pas ? » s'enquit Remus d'un air amusé en le voyant faire.

« En effet. » admit-il.

« Tu n'es pas le seul. »

Rogue leva les yeux vers ses Serpentards, pour voir Harry en grande conversation avec Hermione et Ginny, avant que Ginny ne se mette à sourire d'un air réjoui. Harry hocha la tête en signe d'assentiment et s'en retourna à son plat qu'il entreprit, tout comme Rogue, de parcourir de sa fourchette sans jamais porter cette dernière à ses lèvres.

Ginny parlait d'un air animé avec Hermione, qui sortit une plume et un morceau de parchemin de sa poche, et toutes deux se mirent à griffonner avec entrain dessus.

« Je parie un gallion que Ginny vient juste de se porter volontaire pour cuisiner. » déclara doucement Severus.

« Au diable le pari, » rétorqua Remus avec une légère pointe de gourmandise, « contente-toi plutôt de mettre ton esprit Serpentard à l'œuvre pour qu'on puisse y goûter nous aussi. »

Pour la seconde fois de la soirée, Severus ne put réprimer un petit rire.

Lorsque le repas toucha à sa fin, Jack et Pénélope se levèrent et se dirigèrent vers la table des Serpentards.

Severus se mit prestement sur ses pieds et s'approcha afin d'avoir la primeur de ce qui allait être dit. Remus n'était que d'une seconde derrière lui.

« Salut Harry, Mercredi. » lança Pénélope avec un léger sourire.

« Pénélope, Jack. » répondit solennellement Harry. « Félicitations. »

« Merci. Nous savons que vous aviez une bonne relation avec Jacob et Miranda l'année dernière, et nous espérions qu'elle puisse se poursuivre cette année avec nous. »

Harry opina du chef.

« Avez-vous l'intention de continuer le club ? » s'enquit Jack.

« Le professeur Lupin est un enseignant compétent. » répondit Harry.

« Il se peut que je le sois, » intervint Remus, en s'approchant d'eux, «cependant, je m'en tiendrai uniquement au programme, il y a énormément de choses à explorer à part ça. »

Mercredi pencha sa tête sur le côté à l'intention de Remus. « En paieras-tu le prix ? » demanda-t-elle.

Remus roula des yeux. « Pourquoi ne pas me le demander tout simplement ? »

Mercredi afficha une expression innocente. « Parce qu'en ce cas il se pourrait que nous finissions par t'être redevable. Nous préférons être les créanciers. »

« Quel est le prix ? »

« Des leçons privées, sur tout sujet qui pourrait attirer notre attention. »

« Marché conclu. »

Harry reporta son regard sur Jack et Pénélope et hocha la tête. « Hermione, Ginny et Pugsley organiseront l'emploi du temps avec vous. Informez tout le monde de contacter leurs parents afin qu'ils leur envoient toute arme familiale dont ils aimeraient avoir l'usage, nous allons leur enseigner un peu de corps à corps cette année. »

« Génial ! » s'exclama Jack avec enthousiasme.

Mercredi jaugea du regard Remus pendant une seconde avant de faire de même aux deux Préfets-en-Chef. Elle leva sa main avec nonchalance et un dôme de silence recouvrit instantanément le petit groupe qu'ils constituaient – les isolant ainsi parfaitement du reste du Corps étudiant.

« Le Professeur Lupin est un Loup-garou. »

Remus devint aussitôt blanc comme un linge.

Pénélope et Jack échangèrent un regard, puis regardèrent Harry et Mercredi, avant de s'arrêter sur le Professeur Lupin. Pénélope fronça les sourcils avant de prendre la parole.

« Les Loups-garous sont des créatures qualifiées comme noires, mais nous avons appris que le terme 'noir' ne signifiait pas maléfique pour autant. Par ailleurs, ceci est la version que le Ministère tient à ce que nous croyions, alors ce n'est probablement pas vrai. Cela importe peu au final, du moment que vous êtes en mesure d'enseigner. »

« Ouais. » ajouta plus laconiquement Jack.

« Je vous remercie. » répondit Remus dans un murmure.

Mercredi hocha la tête. « Tu vois, ce n'était pas si difficile que ça, non ? »

« J'ai expérimenté pendant bien des années une toute autre réponse de la part des gens. » répondit Remus d'un ton grave.

« Des réponses idiotes qui siéent à des gens idiots. » déclara dédaigneusement Mercredi. « Les secrets éclatent toujours aux moments les plus inopportuns; à présent tu es en mesure de contrôler comment celui-ci sera divulgué. »

« Merci. » répéta encore Remus avec une profonde reconnaissance.

Harry et Mercredi opinèrent du chef dans une symbiose parfaite. Harry annula le sort qu'avait lancé Mercredi et ils s'éloignèrent sans autre forme de procès de leur pas mesuré.

Pénélope les regarda partir pendant un moment avant de se tourner vers Pugsley, Hermione et Ginny.

« On peut se réunir demain, » suggéra Pugsley, « une fois que nous aurons tous reçu nos emplois du temps. »

« Merci. » dit Pénélope avant de se mettre à soupirer en avisant Percy s'approcher d'eux d'un pas cérémonial.

« Pénélope. » entama-t-il à brûle-pourpoint de son ton pompeux.

« Percy. » répondit-elle d'un ton bien plus formel.

Jack ne put s'empêcher de rouler des yeux.

« Alors, Jack. » commença subitement Ginny en se levant de sa place et en approchant le Préfet-en-Chef. « Dis-moi, comment c'est d'être Préfet-en-Chef ? » Sa voix avait pris un timbre séducteur en dépit de son jeune âge et elle avait assumé un port altier empreint de confiance.

« C'est une expérience intéressante. » déclara Jack d'un ton prudent, en portant son regard sur Ginny.

Ginny ramena avec une lenteur calculée une mèche de cheveux roux derrière son oreille, et leva sa main pour caresser le badge qui rutilait sur la poitrine du Poufsouffle de septième année.

« C'est vrai que ça brille. » commenta-t-elle d'une voix voilée, en pénétrant dans son espace personnel et en usant de sa manche pour polir le badge.

« Ginevra ! » s'étrangla Percy d'un air scandalisé.

« Va-t-en, Percy. » déclara Ginny d'un ton félin, « et laisse le Préfet-en-Chef et moi avoir une petite discussion en privée. Tu ne devrais jamais interrompre le Préfet-en-Chef tu sais. Il mérite notre plus grand respect, et nous devons faire tout ce qu'il dit, pas vrai ? Peu importe ce que cela peu être, n'est-ce pas ? »

Le visage de Percy devint blanc, avant de virer au rouge brique, puis redevint blanc une fois de plus. Hermione ricana à cela, et il adopta une expression profondément outrée, avant de tourner vivement sur ses talons et de s'éloigner à grands pas rageurs.

Ginny gloussa et retourna s'asseoir. « Désolée, » s'excusa-t-elle auprès de Jack, « mais je ne suis pas véritablement intéressée par toi – tu es bien trop vieux pour moi, et je suis trop jeune pour être intéressée par ce genre de choses autrement que d'un point de vue strictement académique. Mais s'il y a une chose que j'adore, c'est bien de me jouer de mon très cher frère. »

Jack eut besoin d'un moment avant de se mettre à rire. « Si seulement tu avais quelques années de plus. » marmonna-t-il néanmoins sur un ton de regret.

Elle lui sourit d'un air innocent. « Si tu désires vraiment voir un maître en la matière, observe Morticia faire. Elle est incroyable. » Ginny se tourna ensuite vers Pénélope. « Félicitations pour ton poste de Préfète-en-Chef, Penny, tu le mérites vraiment. »

« Merci Gin-gin. » répondit Pénélope avec un sourire. « On reste amies, n'est-ce pas ? »

« Bien sûr. » assura Ginny avec enthousiasme. « Je ne vais pas te blâmer d'avoir repris tes esprits. Et puis entre nous, » ajouta-t-elle avec un autre sourire facétieux, « il y a beaucoup d'autres garçon ouverts d'esprits à l'école. »

« Je vous voie demain alors. » dit Pénélope en les saluant avant de prendre Jack par le bras et de l'emmener avec elle.

« Tu feras une excellente Addams. » déclara Pugsley.

Ginny eut un sourire euphorique. « C'est la chose la plus gentille que tu m'aies jamais dite. » Et elle quitta la Grande Salle d'un pas allègre.

Hermione eut un léger rire. « Elle a aussi passé un certain temps en compagnie de Mélissa, je crois. »

« A la Salle commune, vous deux. » ordonna Rogue avec un léger sourire, et il regarda Hermione et Pugsley s'en aller à leur tour.

« Est-ce toujours aussi amusant que ça ? » demanda Remus.

« A l'occasion. » admit Rogue. Il avisa l'heure d'un coup de baguette expert. « Que dirais-tu d'une petite promenade le temps que je fasse ma ronde ? »

« Pourquoi pas. » accepta Remus.


Comme il semblait être devenu de norme depuis l'arrivée de Harry et Mercredi à Poudlard, le reste de l'année fut loin d'être un long fleuve tranquille. Mais à défaut de tranquillité on ne pouvait certainement pas lui dénier d'être exaltante.

Son attitude vis-à-vis des contrariétés de la vie aussi dangereuses, graves et irritantes fussent-elles avait subi un changement drastique. Il n'est nul doute qu'il avait dû être amené à revoir son échelle d'appréciation de ce qui était mauvais et dangereux lorsque l'existence de Pinhead s'était violemment imposée à sa santé mentale.

Cela lui apprit que rien ne pouvait être pris pour argent comptant, qu'il n'y avait nul savoir qui ne pouvait être remis en question, et peut-être plus important encore, que juste parce que quelque chose n'avait encore été jamais réalisé ne signifiait en aucune façon qu'elle ne pouvait être faite.

Albus avait continué d'être un véritable puzzle durant l'année, et le temps aidant, des indices se révélaient qu'il entreprenait de réunir en une image cohérente. Et plus Rogue collait de morceaux ensemble et moins il aimait l'image qui se formait devant lui.

Albus semblait même presque lui en vouloir de l'amitié qu'il entretenait avec Remus.


« Entrez. » héla-t-il. La porte de son bureau s'ouvrit, et Daphné Greengrass entra.

« Pourrions-nous avoir une discussion ? » demanda-t-elle.

« En tant que Directeur de Maison ou parrain ? »

« Parrain, s'il-te-plaît. »

« Assieds-toi, Daph. » déclara-t-il, en inclinant sa tête en direction des fauteuils qui trônaient à côté de son étagère. « Veux-tu boire quelque chose ? »

« S'il-te-plaît. »

Il frappa ses mains et ordonna un service de thé à l'elfe de maison qui apparut, avant de prendre place sur un fauteuil qui faisait face à celui dans lequel s'était installé Daphné.

Le service de thé apparut quelques secondes plus tard sur une petite table basse à côté de lui et Severus entreprit d'y faire les honneurs.

« Que puis-je faire pour toi ? » s'enquit-il en versant le thé dans deux tasses avant de lui en donner une.

Elle émit un léger soupir et se blottit dans le fauteuil plus grand qu'elle. « L'équilibre des pouvoirs n'a pas cessé d'osciller depuis l'arrivée de Harry et Mercredi. Les élèves les plus âgés qui sont attachés aux idées traditionnalistes quittent peu à peu l'école et les modérés sont à présent aux commandes.

Il acquiesça.

« Mais cela ne concerne pas uniquement l'école. Les choses sont aussi en train de changer au-dehors, mais personne ne s'en aperçoit. Et tu en fais partie. »

« Moi ? » s'enquit-il, sans confirmer ni infirmer l'accusation de sa filleule.

« Tu as passé du temps avec eux, et tu as changé. Tu es plus heureux mais en même temps tu es devenu bien plus réservé encore que par le passé. »

Il autorisa les prémices d'un sourire s'installer sur son visage.

« Et tu ne réponds plus à moins qu'on ne te pose une question directe. » renchérit-elle.

« Aussi intéressant que cela soit, » dit-il doucement, « où veux-tu vraiment en venir ? »

« Et tu es bien plus direct aussi. Que dois-je faire pour en faire partie ? »

« Faire partie de quoi ? »

« Harry et Mercredi ne sont pas des enfants. » statua-t-elle avec assurance. « Ils réalisent des choses avec la magie que j'aurais pourtant pu jurer être impossibles. Et ils entraînent Pugsley, Hermione et Ginny dans leur sillage. Ginny est la meilleure de son année, et Pugsley et Hermione sont juste derrière Harry et Mercredi dans la nôtre.

« Personne à Serpentard n'a le moindre doute quant aux personnes qui détiennent véritablement le pouvoir, et plus ils grandiront, plus il sera difficile d'entrer dans leur cercle. J'ai besoin de rentrer dans le groupe maintenant afin d'avoir un certain degré d'influence lorsqu'ils sortiront de Poudlard et exploseront aux yeux du monde. »

Severus hocha lentement la tête. « Il n'y a rien de plus vrai. » approuva-t-il. « Et néanmoins, je me dois de te le déconseiller. »

« Pourquoi ça ? »

« Parce qu'ils ne tolèrent aucunement les préjudices, ils n'acceptent aucune forme de pensée qui ne soit véritablement tienne, et ils accueillent à bras ouverts les créatures considérées comme maléfiques par le Ministère. J'ai passé une soirée des plus agréables à discuter avec un loup-garou et un vampire de deux cents ans. »

Daphné opina du chef. « Et si cela m'importait aucunement que quelqu'un soit un vampire, un Moldu ou quoi que ce soit d'autre ? »

« Ce serait un bon début. »

« Je pourrais essayer de séduire Harry. »

Severus considéra longuement sa filleule puis poussa un soupir. « N'es-tu pas un peu jeune pour ça ? »

« Je voulais dire dans quelques années. » dit-elle d'une voix affaiblie par l'embarras.

« Penses-tu que ça marchera ? »

Daphné inclina sa tête sur le côté et esquissa un sourire empreint de confiance. « Probablement, je serai vraiment très jolie quand je serai plus grande, tu sais. »

« En tant que ton parrain, je te conseille vivement d'oublier cette idée. »

« Parce que ? » s'enquit-elle un sourcil haussé.

« J'ai rencontré une charmante damoiselle du nom de Mélissa pendant les vacances. J'ai cru de prime abord qu'elle était une Vélane à part entière, quand en vérité elle était pour moitié Vélane et pour moitié Succube. Aussi peux-tu aisément imaginer à quel point elle était attirante. »

Daphné plissa le nez mais acquiesça néanmoins.

« J'ai appris plus tard qu'elle avait tenté quelque chose avec Harry par le passé. Cela s'est soldé par un échec cuisant de sa part, et à présent, elle est irrémédiablement amoureuse de lui, tout en sachant qu'elle ne pourra jamais l'avoir. Elle essaie de l'éviter autant que faire se peut, mais cela lui est impossible le jour de son anniversaire. Et chaque année, ils lui font subir la pire torture imaginable : ils sont gentils avec elle. Voici ce qu'est le clan Addams, les contestations au leadership actuel sont encouragées, mais tu as tout intérêt à te préparer à en payer le prix en cas de défaite.

« Je suppose que tu as vu Ginny se jouer de Stroper après le dîner ? »

Daphné opina.

« Une grande partie de sa performance lui vient de Morticia. Ne fais pas l'erreur de penser juste parce qu'elle n'en fait pas étalage, que Mercredi ne puisse être bien plus dévastatrice si l'envie lui en prenait. »

Daphné accepta son argument d'un lent hochement de tête. « Et je doute de pouvoir battre Mercredi en combat singulier quoi qu'il en soit. » se résigna-t-elle.

« Tu ne pourrais pas. » affirma sans hésitation Severus. « Elle a été entraînée toute sa vie durant. Elle a déjà versé le sang, et il ne fait aucun doute qu'elle tuera encore; du reste elle ne s'en cache pas et n'éprouve aucun scrupule à passer à l'acte. Quand tu n'étais encore qu'à tes premiers pas, on lui enseignait déjà à lancer un couteau. »

Daphné hocha une nouvelle fois de la tête. « C'est bien ce que je pensais. Mais je désire quand même en faire partie. Comment dois-je faire ? »

« As-tu parlé à Pugsley ? »

Daphné secoua sa tête. « Je ne veux pas y accéder de cette façon, je veux accéder directement aux strates supérieures. »

Severus sourit avec une certaine fierté. « Si tu peux accepter le fait que tes cauchemars actuels pâliront en comparaison de ce que tu verras à leurs côtés, alors il y a une façon très simple pour toi d'essayer. »

« Laquelle ? »

« Demande à Mercredi. Elle te donnera une réponse claire. »

Daphné acquiesça lentement. « Merci. »

« Comment va ta mère ? »

« Elle va bien, elle s'est étonnée de ne pas t'avoir vu aussi souvent que d'habitude cette année. »

« Et Astoria ? »

« La petite peste est toujours obsédée par l'idée de se marier à Malefoy. Il semblerait que j'ai omis de lui informer de son petit problème. » répondit-elle, un sourire rusé clairement affiché sur son visage.

Avant que Severus ne puisse lui répondre, sa cheminée s'activa brusquement. « Que tout le monde allume la radio ! » intima Pomona d'une voix agitée. Et aussi soudainement que le contact avait été établi, il fut coupé.

Severus agita négligemment sa baguette, et la Radio Sorcière se mit à résonner dans la pièce.

« …had Chadwick pour la Radio Sorcière. Plus tôt dans la journée, une évasion sans précédent a eu lieu à la prison d'Azkaban, les officiels du Ministère désignent pour responsable Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, bien qu'ils insistent que ce dernier ne soit toujours pas retourné à une forme corporelle.

« Les criminels condamnés Lucius Malefoy, de même que les tristement célèbres Sirius Black et Bellatrix Lestrange se sont tous évadés. Black et sa cousine, Lestrange, étaient tous deux des Mangemorts notoires durant la guerre, et il est certain qu'ils en auront après Harry Potter, le Garçon-Qui-A-Survécu, et le vainqueur de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom il y a de cela plus d'une dizaine d'années.

« Le Ministre Fudge a promis des mesures de leadership fermes et décisives. Des promesses qui devraient selon toute vraisemblance se concrétiser dès demain.

« C'était Chad Chadwick en flash info pour la Radio Sorcière. Nous vous retournons dès à présent à votre programme habituel. »

Severus esquissa un nouveau mouvement de sa baguette et la radio fut réduite au silence. Il leva les yeux vers Daphné, qui avait une expression songeuse sur son visage.

« Si Black entend s'en prendre à Harry, il risque d'avoir un petit problème. »

« Tout particulièrement parce qu'il est complètement innocent. » ajouta Severus.

« Comment ! »

Severus esquissa un léger sourire. « Je suspecte que tout n'est pas ce qu'il semble être. » prévit-il. « Et que les choses vont sans nul doute devenir très intéressantes ici. Une fois de plus. »

Daphné l'observa avec stupéfaction pendant quelque temps avant de reprendre contenance et de se mettre à grommeler. « Et c'est exactement la raison pour laquelle je veux en être – Je hais ne pas savoir ce qui se passe. »

« Tu vas devoir t'y habituer en ce cas. » commenta-t-il d'un ton léger.

Daphné parvint à sourire tout en roulant des yeux à son intention avant de se lever et quitter le bureau. « A plus tard Oncle Sev. »

« N'hésite pas à me rendre visite si l'envie t'en prend. »

« Tu sais, » commença lentement Daphné en s'arrêtant sur le seuil de sa porte. « Tu es beaucoup plus aimable ces derniers temps. »

« Dehors. » lui ordonna-t-il de sa voix dangereuse, en réprimant un sourire de son visage.

Daphné lui tira facétieusement la langue et s'empressa de s'éclipser.


Le matin suivant Severus découvrit le sens exact de l'expression 'mesures de leadership fermes et décisives'.

Des détraqueurs.

A Poudlard.

Et juste quand il se disait que les décisions prises concernant cette école ne pouvaient être pires, le destin se surpassait pour lui prouver le contraire. Quels genres d'idiots autoriseraient à des créatures suceuses d'âmes l'accès d'une école pleine d'enfants sans défense ?

Apparemment les idiots nommés Albus Dumbledore et Cornelius Fudge.

« Expliquez-moi, une fois de plus, » dit-il au cours de la réunion extraordinaire qui avait été mise à l'ordre du jour au regard de la situation, « de quelle utilité pourraient nous être des Détraqueurs qui ont été incapables de garder ces personnes en prison ? »

« Ils seront en mesure de les capturer. » postillona Fudge en frappant la table du poing comme pour donner plus de force à son argument dérisoire.

« Je vois. » acquiesça Severus. « Albus, vous acceptez ceci ? »

« Il n'a pas le choix. » plastronna Fudge en se gonflant d'importance. « C'est moi qui suis en charge de la sécurité de ce pays. »

« Excellent. » déclara Severus de sa voix la plus doucereuse. « Je m'assurerai donc que vous en récoltiez tout le mérite. »

Fudge adopta une mine suspicieuse tandis que Rogue faisait vivement volte-face, en levant son bras au moment propice afin que sa cape tournoie théâtralement avec son corps avant de flotter comme prise dans une brise soudaine tandis qu'il quittait la pièce. C'était une technique qu'il avait apprise de Marcus.

Il entra dans la Salle Commune de Serpentard où la grande majorité de sa maison était réunie, tous écoutant la Radio Sorcière confirmer l'instauration des Détraqueurs à Poudlard.

« Professeur ! » se manifesta Adrain Pucey d'un air effaré. « Cette histoire est tout bonnement ridicule !»

« En effet. » dit-il aigrement. « Malheureusement, le Ministre insiste. »

« Mais Malefoy, Lestrange et Black leur ont échappé pourtant. » argua Adrian.

« Un point que j'ai aussi soulevé. » soupira Severus. « Je ne manquerai pas d'informer la presse de sa réponse. »

« Professeur. » intervint Pugsley, de là où il était assis en compagnie de Hermione et Ginny. « Quel est le problème avec les Détraqueurs ? »

« Pour les personnes normales, ils tendent à avoir des effets particulièrement désastreux. »

« Oh. » fit Pugsley en fronçant les sourcils d'un air songeur. « Pouvez-vous en simuler les effets ? »

« Je le peux. » répondit lentement Severus.

« Si cela vous est possible, alors peut-être que nous pourrions voir si nous pouvons le supporter. » suggéra Ginny. « La peur de l'inconnu est souvent pire que la peur elle-même après tout. »

Severus acquiesça et dégaina sa baguette. Il lança le sort sur sa personne.

Des hurlements retentirent instantanément dans la Salle alors que les élèves, grandement affectés, tentaient désespérément de s'éloigner de lui.

Il annula son sort immédiatement, avant de frapper des mains et d'ordonner du chocolat à l'elfe de maison qui apparut – en grande quantité.

Ginny et Hermione frissonnaient très visiblement tandis qu'elles essayaient de regagner le contrôle de leurs émotions. Pugsley quant à lui paraissait légèrement surpris. « Voilà un souvenir que je ne désire absolument pas me remémorer. » marmonna-t-il. « De quoi vous êtes vous souvenu ? »

« Je ne sais pas. » murmura Hermione. « C'était très mauvais, mais c'est parti à présent. »

« Oui. » ajouta Ginny. « J'étais terrifiée, mais à présent je ne le suis plus. »

« Bon sang. » souffla Pugsley en prenant un peu de chocolat à son tour.

« Un problème ? » interrogea Harry qui venait de sortir de sa chambre, Mercredi à ses côtés.

Pugsley dit rapidement quelque chose dans une langue que Rogue ne comprenait pas.

Harry répondit posément dans le même idiome.

Pugsley reprit la parole pendant une minute encore, le ton de sa voix et son langage corporel implorant.

Harry finit par hocher la tête en signe d'assentiment. « Demande un rassemblement général dans trente minutes, dans la Grande Salle. Conseille tout le monde d'amener quiconque désire apprendre, ce sera une réunion ouverte à tous. »

« Merci. » dit Pugsley avec un soulagement manifeste, tandis que Harry et Mercredi quittaient la Salle Commune.

Tout le monde se tourna vers Pugsley, qui affichait à présent un large sourire. « Ils vont nous apprendre à combattre les Détraqueurs. » se réjouit-il.

Un sentiment de soulagement perceptible parcourut la salle entière.

« Ginny, tu t'occupes des Gryffondors. Hermione, les Serdaigles. Je me charge des Poufsouffles. »

« Et j'en informerai les Professeurs. » ajouta Severus avec amusement. « Je suis sûr que certains d'entre eux ne seront pas contre le fait de se rafraîchir la mémoire. »

Sans exception aucune, tous les élèves se présentèrent – même les Weasley. La plupart des Professeurs se tenaient aux abords de la foule immense et dense que constituaient les élèves. Albus Dumbledore quant à lui brilla par son absence.

« Professeur Lupin. » appela Harry. « Qu'est-ce qu'un Détraqueur ? » Il se tenait debout sur une plateforme surélevée qui trônait en lieu et place de l'ordinaire table des Professeurs.

« Les Détraqueurs sont parmi les plus viles créatures qui errent sur cette terre. Ils infectent les endroits les plus sombres et sales, ils se délectent du désespoir, révèrent la putréfaction et drainent toute forme de quiétude, espoir, et bonheur de leur environnement direct. Même les Moldus peuvent ressentir leur présence, bien qu'ils ne puissent les voir. Si vous vous retrouvez à proximité d'un Détraqueur, tout sentiment agréable et toute pensée heureuse vous seront ravis. S'il en a l'occasion, le Détraqueur se repaîtra de vous assez longtemps pour vous réduire à une condition similaire à la sienne…un être sans âme et maléfique. Il ne vous restera rien d'autre que les pires expériences de votre vie. »

Tous les élèves devinrent extrêmement pâles à cela.

« Et ceci, » commenta Harry dans un murmure à peine audible pour son assistance, « est ce à quoi le Ministre a jugé bon d'attribuer le rôle de gardiens de notre école. Il serait préférable pour toutes les personnes concernées, que Mercredi et moi allions faire un pique-nique et que nous attendions qu'ils viennent à nous. Mais étant donné que notre requête s'est vue refusée, nous nous astreindrons pour l'heure à cette petite réunion.

« Les Détraqueurs sont vivants. Il existe une règle majeur dans la vie que nous connaissons intimement. Tout ce qui vit meurt. Rien n'est immortel. Nous n'avons simplement pas encore découvert comment les tuer, mais nous y travaillons. »

« Tout le monde a le droit d'avoir un hobby, après tout. » commenta Pugsley sur le ton de la conversation, ce qui eut pour effet de briser la tension qui s'était emparée des élèves suite à la description de Remus.

« En attendant, il existe un moyen de combattre les effets, et ce moyen est, Hermione ? »

« Le Charme du Patronus. » répondit instantanément cette dernière.

Harry hocha la tête.

« En effet, le Charme du Patronus. Le charme donne forme à vos émotions les plus positives. Ces émotions positives constituent l'antithèse parfaite de tout ce qui constitue un Détraqueur.

« Nous allons vous apprendre comment lancer ce charme, et vous serez en mesure de le faire dans votre sommeil une fois que nous en aurons fini. »

« N'est-ce pas censé être difficile ? » s'enquit un cinquième année.

« Non. » répondit Mercredi d'un ton catégorique. « A moins que votre nom soit Fudge auquel cas cela vous serait impossible. Pour n'importe quel sorcier ou sorcière compétent, c'est aisément réalisable. »

En périphérie de la foule, Ron Weasley ouvrit sa bouche pour prendre la parole, seulement pour se retrouver frappé par huit maléfices consécutifs de la part d'élèves à proximité. Il perdit connaissance avant même de pouvoir pousser un cri.

« Mercredi. » dit Harry d'une voix douce. « Une démonstration, je te prie. »

« Expecto Patronum. » incanta-t-elle, le ton de sa voix demeurant tout aussi monocorde que d'ordinaire. Du bout de sa baguette, une vive lumière argentée surgit ; elle prit la forme d'un Nundu blanc scintillant, qui se mit à rôder autour de la salle, à la recherche d'un Détraqueur. Il renifla soudainement l'air autour de lui, et ayant trouvé sa proie s'élança vers sa direction et disparut en traversant le mur de la salle.

« N'allez-vous pas annuler le charme ? » interrogea Severus.

Harry baissa les yeux vers lui. « Pourquoi donc ? »

Severus se contenta de rire sous cape.

« L'incantation en elle-même est très simple. » poursuivit Harry. « Mais la véritable difficulté survient au moment de faire appel à un souvenir agréable. La Magie repose principalement sur la croyance, et croire en un souvenir agréable vous aidera à garantir le succès de l'invocation du Patronus. » Il scruta alors les élèves qui se trouvaient devant lui.

« Toi. » déclara-t-il, en désignant une Poufsouffle de deuxième année.

« Moi ? » glapit l'élève avec une note distincte d'appréhension.

« Je ne vais pas te faire de mal. » la rasséréna Harry. « Viens ici. »

La petite fille prit une profonde inspiration et s'avança vers Harry.

« Vingt points pour Poufsouffle. » murmura Severus à voix basse.

Harry posa un genou à terre, et posa sa main sur la joue de la fille. Elle lui sourit avec incertitude.

« Mégane, te souviens-tu de l'incantation ? »

« Oui. » souffla-t-elle.

« Essaye. »

« Expecto Patronum. » La lumière argentée jaillit de sa baguette, et à contrario de ce que Severus aurait pu croire possible, un cheval argenté prit instantanément forme sous les yeux ébahis de tous.

« J'ai réussi ! » s'exclama Mégane avec un émerveillement incrédule. Le cheval s'estompa lorsqu'elle annula le sort.

« Peux-tu essayer encore, sans mon aide ? » demanda Harry.

Elle acquiesça d'un ferme hochement de tête empreint de détermination et invoqua de nouveau le patronus sans coup férir.

Harry lui adressa un léger sourire. « Bonne fille. »

« Merci. » souffla-t-elle en descendant de la plateforme d'un pas sautillant. Elle s'en retourna parmi ses amis avec un large sourire aux lèvres. Ces derniers lui firent fête, la tapotant dans le dos et la congratulant de son remarquable succès.

Harry adressa un regard à Pugsley et proféra quelque chose dans la même langue qu'ils avaient employée plus tôt. Pugsley opina du chef, puis murmura quelque chose à Hermione et Ginny, avant de rejoindre Harry et Mercredi sur la plateforme.

« Formez trois queues. » instruisit Harry. « Une personne à la fois de chaque queue viendra sur la plateforme exécuter le charme. »

Le premier à passer fut un Serdaigle de première année, qui frissonna lorsque Mercredi effleura sa joue, mais comme attendu, un petit renard argenté apparut quelques secondes plus tard dans la salle.

Ginny et Hermione acclamèrent la performance à pleins poumons – une acclamation qui trouva bien vite un écho à sa mesure parmi la foule d'élèves. Les acclamations continuèrent tandis que les élèves défilaient et exécutaient sans coup férir le charme. Du plus fort au plus faible d'entre eux, tout ce qui fut nécessaire était un effleurement au visage, et le charme était exécuté.

L'ambiance dans la Grande Salle était électrique, tout le monde était d'une humeur euphorique, et ceci, peut-être, fut ce qui aida les enfants chez qui la magie était la moins développée.

Même Longdubat parvint à réaliser un Charme du Patronus adéquat.

Ron et Percy Weasley changèrent tous deux de queue afin d'éviter Harry et Mercredi. Finalement, Hermione et Ginny furent les dernières élèves à passer, et elles se rendirent respectivement auprès de Harry et Mercredi. Pugsley était sur ses genoux, haletant douloureusement et paraissant totalement exténué.

Deux incantations fendirent l'air une fois de plus, et deux animaux supplémentaires apparurent, avant de s'estomper en volutes argentées.

« Souvenez-vous. » déclara Harry d'une voix à peine perceptible. « Et vous serez en mesure de le lancer à tout moment. »

« Très bien, tous à vos Salles Communes à présent. » annonça Rogue, avant de décider de s'essayer à une petite plaisanterie. « C'est à présent au tour des Professeurs, et nous n'aimerions pas que vous assistiez à notre débâcle si jamais nous échouions alors que vous avez tous si bien réussi. Préfets, assurez-vous que personne ne manque à l'appel, nous vérifierons tout à l'heure. »

Il y eut plus d'un regard surpris à ces mots, ainsi qu'un nombre conséquent de rires tandis que les élèves quittaient la Grande Salle pour rejoindre leurs salles communes respectives en bavardant et plaisantant entre eux.

Les portes imposantes de la Grande Salle se refermèrent avec fracas derrière le dernier élève, ne laissant plus que cinq élèves et les Professeurs en son sein.

Harry et Mercredi semblaient à présent bien plus inexpressifs que de coutume. Rogue était certain que c'était dû au fait qu'ils étaient complètement épuisés.

« C-C'était quelque chose d'impossible. » statua Remus d'une voix que la stupéfaction la plus totale rendait tremblotante.

Harry poussa un soupir. « Il est clair que non. »

« Harry, la plupart des adultes peinent à exécuter ce charme – il n'est même pas enseigné à Poudlard ! »

« Ils l'ont fait. » fit observer Mercredi. « Il en résulte donc que ce n'est pas impossible. »

« Je n'ai jamais réussi à le faire. » intervint Severus en interrompant l'argumentaire bourgeonnant avant qu'il éclatât. Il se dirigea vers Harry, le choisissant lui plutôt que Mercredi pour bon nombre de raisons auxquelles il ne voulait absolument pas penser.

Irma Prince opta pour Mercredi.

Harry effleura sa joue, et soudainement il se remémora quelque chose de son enfance. Il était assis sur un canapé, étudiant, Lily Evans assise à ses côtés, passant tous deux la nuit entière à discuter.

« Lancez le charme. »

« Expecto Patronum. » souffla-t-il. Il sentit sa magie être sollicitée, de même que supportée par une source extérieure. De sa baguette jaillit une vive lumière argentée qui prit rapidement la forme d'un ours imposant.

Il le laissa s'évanouir et fixa Harry du regard. « Expliquez. »

« J'ai extrait votre souvenir le plus heureux de votre esprit et j'ai magnifié votre magie. » déclara paisiblement Harry. « Ce n'est pas exactement de la Légilimancie, étant donné que je ne peux pas voir ce à quoi vous pensiez, mais cela s'en rapproche suffisamment pour être considéré comme illégal. A présent que votre magie sait comment lancer le Charme du Patronus, vous serez en mesure de le réaliser en toute circonstance. »

« Vous avez lancé plus de trois cents charmes, M. Potter ? » s'exclama Filius d'un air choqué.

« Seulement aidé. » rectifia Harry. « Y a-t-il quelqu'un d'autre ? »

« Je suis en mesure de le lancer. » déclara Filius. Les autres Professeurs restants confirmèrent aussi leur habilité à lancer le charme.

Soudain, quelqu'un frappa à la porte d'entrée principale de la Grande Salle. La porte s'ouvrit lentement et Kingsley Shacklebolt entra d'un pas étonnement timide.

L'Auror se mit ensuite à flâner dans la Grande Salle, semblant prendre grande soin d'inspecter les armures postées ça et là des murs. Son attitude semblait davantage ressembler à celui d'un touriste Moldu visitant un antique château qu'à un Auror dans l'exercice de ses fonctions.

Tout affairé à sa tâche, l'Auror semblait avoir complètement oublié les autres personnes présentes dans la Salle.

« M. Shacklebolt ? » s'enquit Minerva.

« Hmm ? » fit ce dernier d'un air peu concerné.

« Pouvons-nous vous aider? »

Kingsley porta sa main au niveau de son badge et utilisa la manche de sa robe pour polir son badge avec négligence. « Oh…eh bien…C'est le Ministre m'envoie. » déclara-t-il d'un ton désinvolte.

« Et que désirait-il ? »

« Que je délivre un message de sa part. » déclara tranquillement Kingsley, en s'asseyant sur une chaise avant d'entreprendre de retirer ses bottes avec une lenteur toute remarquable.

« Et quel est donc, je vous prie, » dit Minerva d'un ton glacial, « ce message ? »

Kingsley se mit à bailler, puis à s'étirer pendant un bon moment durant lequel le silence consterné des Professeurs fut parfaitement perceptible. Finalement il remit ses bottes avec la même douloureuse vitesse dont il avait usé pour les enlever.

« Il m'a dit de demandé si le propriétaire du Patronus Nundu aurait l'obligeance d'annuler le Charme car il effraie les Détraqueurs. »

Severus ne put s'empêcher de ricaner une fois de plus.

« Et je m'acquitterai de ma tâche dès que faire se pourra bien sûr. Savez-vous à qui appartient le patronus ? »

Subitement, la consternation ambiante fit place à l'amusement général et un petit air de connivence sembla même flotter autour du stricte Professeur de Métamorphose.

« C'est celui de Miss Addams. » répondit Minerva. « Et vous pourrez lui faire part de ce message bien assez tôt. Cependant avant cela, dites-moi donc comment va votre mère ? »

Kingsley esquissa le large sourire de quelqu'un pour qui Noël venait d'arriver avec plusieurs mois d'avance. « Elle va merveilleusement bien, je vous remercie. Parfaitement bien. Elle demande souvent de vous nouvelles, par ailleurs. »

« Je vois, je vais devoir lui rendre visite le plus tôt possible. »

« Elle fait toujours ce gâteau que vous adorez. »

« Il me retombe directement sur les reins, mais cela en vaut bien la peine. » déclara Minerva avec une légère trace d'humour.

Finalement après quelques bonnes minutes de gagnées Kingsley soupira et se leva pour s'acquitter de sa tâche. Severus ne put s'empêcher de noter qu'il fallut néanmoins un temps considérable à l'Auror pour atteindre Mercredi qui n'était qu'à quelques pas de lui. Lorsqu'il arriva finalement à sa hauteur, il récita d'une voix empreinte d'ennui son message

« Le Ministre de la Magie, vous demande instamment de stopper sur le champ le Charme du Patronus que vous avez lancé. »

« Entendu. » acquiesça gracieusement Mercredi.

« Je vous remercie. Je m'en vais de ce pas faire mon rapport à sa Majesté. J'aurais horreur de le voir davantage incommodé par la situation. »

« Pourriez-vous lui demander quelque chose de notre part ? » le questionna Harry.

« Mais certainement. » déclara Kingsley, toute trace d'ennui dans sa voix envolée.

« Si vous pouviez l'interroger devant un journaliste, cela serait d'autant mieux. » ajouta Harry. « Demandez-lui seulement comment les Détraqueurs sont supposés protéger l'école si le simple Patronus d'un étudiant suffit à les faire fuir ? »

Kingsley eut un sourire carnassier. « Je pense que j'ai juste le journaliste qu'il nous faut pour ça. » approuva-t-il. « Eh bien, je suis de service, je vous verrai donc plus tard. » Et il s'en alla d'une démarche tout aussi lente que celle avait laquelle il était entré.

Harry prit la main de Mercredi dans la sienne. « Nous allons manger, puis nous dormirons pendant quelques jours, veuillez nous excusez pour les classes que nous manquerons. »

« Bien sûr. » répondit doucement Severus, tandis que Harry et Mercredi menaient Pugsley, Ginny et Hermione hors de la Grande Salle.

Lorsque les portes se refermèrent derrière eux, Severus s'assit au bord de la plateforme.

Remus conjura un siège et s'installa à côté de lui. Les autres Professeurs les rejoignirent bientôt et pendant quelques minutes le silence régna en maître, chacun étant plongé dans ses propres contemplations.

« Expecto Patronus. » déclara paisiblement Severus au bout d'un moment. Son ours apparut instantanément comme précédemment. « J'ai porté la Marque des Ténèbres. » finit-il par dire. « Et je n'ai jamais trouvé en moi un souvenir assez heureux pour exécuter correctement ce charme. Harry avait raison, ma magie sait à présent comment produire un patronus, et cela m'est aussi facile que de lancer un charme de lévitation. »

« Ce n'est tout bonnement pas possible. » argua Minerva avec incrédulité.

« C'est bien ce que j'ai dit. » surenchérit Remus.

« Cela m'amène à m'interroger sur tout ce qui pourrait être enseigné par cette méthode. » s'émerveilla Filius.

« Cela m'amène quant à moi à me demander comment diable ils ont pu me donner du pouvoir ? » fit Severus. « Laissons de côté l'enseignement du charme. Harry a suppléé ma magie avec une partie de la sienne. Cela aussi n'est pas supposé être faisable. »

« A vrai dire. » intercéda Irma Prince. « Nous possédons quelques livres sur le transfert de pouvoir. Ils ont plus d'un millier d'années et ont été écrits en latin. Ils les ont étudiés l'année passée, si je ne m'abuse. »

Minerva émit un soupir. « J'avais tort, Severus. » confessa-t-elle. « Je suis heureuse qu'ils soient parmi nous. Cent points chacun à Harry, Mercredi et Pugsley pour avoir réussi à enseigner un charme difficile à tous les élèves ainsi que pour être parvenus à récuser mes présomptions. »

« Merci. » répondit Severus qui ne parvint pas à totalement dissimuler sa stupeur.

« Nous continuerons tout de même à vous battre au Quidditch. » lui rappela Minerva avec un de ses rares sourires.

« Seulement parce qu'ils ne veulent pas jouer. » déplora Severus qui manqua esquisser une moue boudeuse. « Ils m'ont dit de ne pas être trop gourmand. »

Le sourire de Minerva s'élargit. « Voilà une nouvelle qui m'enlève un poids des épaules. Je suis ravie de savoir que les élèves ne rencontreront pas de problèmes avec ces Détraqueurs. »

« En effet. » la rejoignit Pomona. « Mes Poufsouffles étaient très abattus avant que Pugsley ne vienne informer tout le monde que Harry et Mercredi allaient enseigner à quiconque le voudrait comment les combattre. La confiance que mes enfants placent en eux est tout simplement inouïe. »

« Lorsqu'il s'agit de tuer quelque chose, » déclara Filius de sa voix fluette, « il est admis de tous qu'ils sauront comment s'y prendre. Personne n'aime se sentir impuissant et cet état de fait achèvera de limiter davantage l'effet de la présence des Détraqueurs sur leur psyché. »

« Toute cette affaire n'est rien de plus qu'une propagande du Ministère visant à apparaître efficace aux yeux de l'opinion publique. » déclara avec mépris Aura Sinistra en accompagnement ses propos d'un reniflement tout aussi irrévérencieux. « Je ne me sens pas vraiment plus en sécurité en sachant que ces créatures se trouvent aux portes de notre école. »

« Aucun de nous ne se sent rassuré, c'est le moins qu'on puisse dire. » agréa Remus.

« Je ne m'inquiéterais pas trop, cependant. » dit Rogue. « Pour ceux qui ne le savent pas encore, Black est innocent. Lucius n'est nullement un sujet d'inquiétude, il est davantage un politicien qu'un combattant, et Bellatrix est aussi saine d'esprit qu'Albus ces derniers temps.

« Black, s'il vient à la recherche de Harry, ne le fera qu'à la seule fin de lui apporter son aide. Lucius essaiera sans doute de tuer Fudge, et cela nous laisse juste Bellatrix – et en toute franchise, je ne souhaite rien tant que de la voir attaquer Poudlard. Ainsi Mercredi pourra la tuer et nous pourrons reporter notre attention sur des sujets bien plus importants. »

La plupart des Professeurs ne purent s'empêcher de hocher la tête à cela.

Severus entreprit de se lever. « Je vais aller voir s'ils sont encore debout, auquel cas je les ferai s'installer dans les chambres des Préfet et Préfète en chef de Serpentard. S'ils doivent dormir pendant plusieurs jours, alors j'aimerais qu'ils se sentent au mieux. »

Remus se leva à son tour et décida de l'accompagner sur un tronçon du chemin. « Je n'avais encore jamais vu autant d'adultes frappés de stupeur à la fois. »

« Et ce n'est pas ton cas ? »

« Pas vraiment. » répondit Remus. « As-tu remarqué qu'une fois encore, nous n'avons pas vu Harry faire la moindre chose ? »

« Excepté amplifier ma magie. »

« Je te le concède, mais je parie que c'est un sort relativement simple. »

Rogue opina. « Probablement. »

« Bon sang, au moins juste une fois j'aimerais voir ce garçon montrer ce dont il est capable ! »

Severus éclata d'un petit rire bref avant de se séparer de Remus et d'emprunter le couloir qui menait vers la Salle Commune des Serpentards. Lorsqu'il entra dans la pièce, Harry, Mercredi, Pugsley, Hermione et Ginny étaient installés autour d'une table, trois d'entre eux étant occupés à se nourrir.

Il s'avança à leur table. « Harry, Mercredi, Pugsley, je vais vous autoriser à utiliser les quartiers des Préfet et Préfète en chefs pour récupérer. Ils sont protégés de telle sorte que seules les personnes que vous autoriserez soient en mesure d'entrer. »

« Merci. » répondit succinctement Harry.

Severus frappa des mains, et ordonna aux elfes de maison qui apparurent de déménager les affaires de Harry, Mercredi et Pugsley.

Harry s'étira un moment et adressa un regard à Hermione. « Prend des notes pour nous. »

« Oui, Harry. » promit cette dernière.

Rogue croisa le regard de Harry pendant une seconde, et il put se rendre compte à quel point le garçon était exténué. Mis à part cela il n'y avait aucun signe extérieur qui eut pu informer quelqu'un de l'état dans lequel il se trouvait à en juger par la façon aussi gracieuse et fluide que d'ordinaire dont il marchait vers le fond de Salle Commune. Les portes s'ouvrirent, et tous les trois entrèrent.

Il résolut de ne pas chercher à savoir comment deux chambres seraient partagées par trois personnes.


Le lendemain matin, la Gazette du Sorcier révéla qu'au moins quelques élèves avaient envoyé un courrier chez eux, étant donné que l'édition du jour titrait sur le fait extraordinaire que tous les élèves de Poudlard sans exception connaissaient désormais le Charme du Patronus.

Des sources anonymes de Poudlard avait fait un récit détaillée de la réunion. Il était apparu qu'un journaliste de la Gazette du Sorcier avait réussi à mettre la main sur le charme précis qui avait été employé. Le journal exigeait à présent de savoir pourquoi un charme aussi utile s'était vu être interdit par les autorités.

Le charme faisait exactement ce que Harry avait décrit – il faisait remonter à la surface le souvenir le plus heureux, et comme c'était la partie la plus difficile du Charme du Patronus, le charme représentait un bénéfice substantiel.

Le journaliste acheva son article sur l'opinion que le Ministère ne désirait pas que les gens ait vent du charme, afin qu'ils puissent contrôler la populace en usant des Détraqueurs comme menace – ce qui était autant d'indices révélateurs d'un régime sans le moindre contrôle si l'emploi de ces viles créatures constituaient le seul pouvoir dissuasif à leur disposition .

Les dénégations de Fudge étaient en seconde page, de même que les questions incriminantes de Kingsley. Il ne faisait assurément pas bon d'être le Ministre ce jour-là.

Les élèves étaient tous de belle humeur, même Ron et Percy semblaient s'être décidé à garder toutes pensées négatives pour eux-mêmes.

Hermione et Ginny répondirent à un nombre conséquent de questions et reçurent en lieu et place de Harry, Mercredi et Pugsley les remerciements empreints de gratitude de leurs pairs. Pugsley revint un jour avant Harry et Mercredi, mais comme il l'expliqua plus tard, c'était davantage pour qu'il puisse faire office de face publique aux yeux de la population de Poudlard afin que Harry et Mercredi n'aient pas à s'occuper de personnes dont ils n'avaient cure.

Harry et Mercredi avaient décidé d'apporter leur aide parce que Hermione et Ginny s'étaient remémoré Pinhead après avoir été soumises aux effets d'un Détraqueur, et parce que Pugsley le leur avait demandé au nom du reste de l'école.

Ce qui avait motivé leur accord concernant le reste de l'école demeurait néanmoins un mystère.

Le reste de l'année manqua plaisamment de la moindre mauvaise surprise. Il commença ses leçons privées avec Harry et Mercredi, et découvrit qu'en fait de leur enseigner quoi que ce soit, ils s'étaient tous trois très vite révélés comme un groupe d'individus maîtrisant tous leur sujet, travaillant conjointement sur un projet de recherche.

Il ne s'était plus autant amusé depuis une éternité.

Son travail avec Nicolas Flamel lui avait ouvert plusieurs voies de recherches à suivre afin de créer une potion Tue-Loup améliorée et il s'appliquait à étudier chacune d'entre elles avec une ferveur et une passion encore inédites de sa personne.

Il passait tous ses jeudis soirs avec les autres élèves, à observer Harry et Mercredi leur enseigner comment se battre conjointement avec des armes en plus de leur baguette. Harry ne fit jamais de démonstration lui-même, excepté pour montrer comment tenir une lame correctement.

Noël s'en vint et s'en alla comme il était venu, et bien qu'il lui fut difficile d'outrepasser sa conscience professionnelle qui lui énonçait impérieusement qu'un professeur ne pouvait offrir de cadeaux à ses élèves, il finit par céder à la tentation et il leur offrit ses journaux de recherche afin qu'ils pussent apprendre tout ce qu'il savait.

Mercredi accepta le cadeau avec gratitude, et en retour, il obtint le tout nouveau chaudron qui mélangeait les préparations par lui-même. Un présent qui, il ne s'en cacha pas, le rendit ô combien extatique la première fois qu'il en fit usage dans son laboratoire.

Ce fut après Pâques que l'ordinaire fut de nouveau brisé, au moment précis où il eut le tort de baisser quelque peu sa garde.


Nda : Oui ca y'est je suis enfin de retour après une grosse absence. Désolé de vous avoir fait patienter aussi longtemps sans la moindre nouvelle. Les mauvaises périodes m'empêchant d'écrire se sont enchaînées depuis mars dernier et sont cause de cette absence. J'ai une la fameuse période 'Pas le temps' que tout le monde connaît bien, puis j'ai expérimenté ma première période 'Pas de motivation' lorsque un peu de temps libre s'est offert à moi. Puis quand la motivation est revenue la santé a fait défaut donc voilà voilà xD. (oui bien sûr on peut considérer tout ça comme des excuses mais pour ce qu'elles valent cela n'en reste pas moins la vérité)

En tout cas je vous remercie pour votre patience. Désolé j'avais voulu vous faire une grosse surprise en publiant le chapitre 18 d'une nouvelle vie, mais comme ce chapitre était presque terminé je me suis occupé de celui-ci d'abord histoire de me refaire la main.

Et puis je dois avouer avoir eu peur des crises cardiaques qui auraient pu survenir en voyant le retour d'une fiction dont tout le monde commençait à désespérer de voir la suite. Je compte finir le tome trois des parfaits Serpentards avant de publier une nouvelle vie par contre donc encore un tout petit peu de patience pliz.

Quoi qu'il en soit je tâcherai de me faire pardonner par les actes avec plein de chapitres au cours des prochains mois et vous me direz si je suis parvenu à mes fins d'ici Septembre !

Concrètement pour ceux qui veulent savoir à quoi s'attendre cette année voici les histoires qui seront publiées sans le moindre doute :

Les Parfaits Serpentards ( le tome 3 sera fini dans les prochaines semaines)

Espoir (un chapitre par mois)

Une nouvelle vie (un chapitre par mois)

Spolié ( Un chapitre ou deux par mois)

En résumé donc vous aurez un chapitre ou deux par semaine

Pour ce qui est du tome 2 de l'ascension du réprouvé, naissance d'un mage et princesse, ces trois histoires sont incertaines pour diverses raisons dans l'immédiat. Je compte bien les finir, mais elles ne sont tout simplement pas dans mes priorités actuelles.

A très bientôt donc !

Ysfrael

P.-S : Que pensez-vous donc de la réplique de Rogue : « Cela n'excuse pas pour autant l'étroitesse d'esprit dont ils font preuve avec tant de largesse. »

Je ne sais pas pourquoi au juste, mais elle me fait un certain effet lorsque je la relis ! Ah ce Severus, il devient peut-être plus gentil, mais son sens de la répartie est toujours aussi acéré !

(oui oui vous l'avez deviné, je suis plutôt fier de cette réplique ^^ )