Disclamer: Je ne possède pas Harry Potter qui appartient entièrement à JK Rowling, cette histoire a uniquement pour but de distraire, je ne touche aucune rétribution quelle qu'elle soit.
Note: Petit chapitre, mais tout de même important!
Beta: Blues-moon
Harry a
vingt-deux mois...
Dans les années mille cinq cents, les mariages entre sang-purs et créatures magiques avaient eu le vent en poupe. C'était un moyen comme un autre de lutter contre les effets de la consanguinité, sans avoir à s'acoquiner avec ces vauriens de sang-mêlés.
Une centaine d'années plus tard, le ministère instaura une loi interdisant ce genre de pratique et le sang de ces êtres se dilua au fil des générations ne laissant presque plus de traces dans l'ADN de leurs descendants.
Les gènes étaient toujours là, mais pour la plupart endormis.
La plupart oui car, à titre d'exemple, la blondeur surnaturelle des Malfoy venait bien de leurs ancêtres Sylphides.
Seulement, parfois, ces gènes endormis se réveillent soudainement après des siècles de sommeil sans trop que l'on sache pourquoi.
C'est pourquoi Sévérus était aujourd'hui assis à la table de sa cuisine, en train de faire des recherches poussées sur la généalogie des Potter. Ces documents n'étant pas classés confidentiels, il n'avait pas eu trop de mal à se procurer des copies. Seulement remonter si loin dans le temps n'était pas une mince affaire et lire la vie des Potter depuis trois jours commençait sérieusement à lui porter sur les nerfs, mais il voulait savoir.
Les médecins commençaient à s'inquiéter du mutisme d'Harry et de certaines de ses manies un peu étranges. Ils commençaient à parler de spectre autistique.
Il y avait aussi le problème de l'alimentation exclusivement liquide, le garçonnet refusant systématiquement tout ce qui ne passait pas dans un biberon, ceci expliquant sûrement le fait qu'il soit constamment en dessous des normes de poids et de taille pour son âge.
Le potionniste était prêt à tout pour son fils, s'il devait courir aux quatre coins pour trouver les meilleurs écoles et médecins spécialisés, il le ferait sans hésiter une seconde, mais avant il voulait juste être sûr qu'il n'y avait pas une autre raison plus "magique" à ce silence radio.
Poussant un soupire de lassitude et de frustration mêlées, le jeune homme se leva de sa chaise pour s'accorder une pause bien méritée.
En rentrant dans le salon, c'est une vision bien ordinaire qui l'accueillit : Harry, bras et jambes écartés, allongé sur tapis, les yeux fermés. Sévérus savait très bien qu'il ne dormait pas, malgré sa respiration lente et régulière.
Sentant le regard de son père sur lui, le petit garçon ouvrit les yeux pour se mettre debout et se précipita dans les jambes de l'adulte.
- Hey bonhomme, tout va comme tu veux ? Demanda ce dernier en prenant l'enfant dans ses bras.
Harry acquiesça avec un sourire avant de lui tendre un biberon vide.
- Tu as soif ?
Nouvel acquiescement.
- Peut-être qu'ils ont raison tous ces médecins, soupira Sévérus en se dirigent vers le frigo, tu ne parles pas parce que je te couve trop !
Le garçonnet rit, comme si ce qu'il venait de dire était la chose la plus absurde du monde, avant de doucement passer sa petite main sur la barbe naissante de son père.
- Oui, je ne me suis pas rasé ce matin. J'ai pas eu le temps.
Le bébé ne perdit pas son sourire avant de l'embrasser doucement sur la joue droite. Sa manière à lui de dire "c'est pas grave" supposa le potionniste.
Il remplit le biberon vide de jus de fraise (celui que Harry préférait) puis ils jouèrent une bonne heure ensemble, à la balle, aux petites voitures et même à la poupée, avant que Harry ne soit mis à la sieste et que Sévérus ne se motive à reprendre ses recherches là où il les avait laissées.
S'approchant de la table avec une tasse de café brûlante, il ne prit pas garde à la licorne multicolore abandonnée là, sur le sol, et trébucha dessus, renversant la moitié de sa boisson sur les documents.
- Merde, merde, merde ! Jura-t-il en tentant d'éponger les dégâts.
Mais alors qu'il était à deux doigts de jeter l'éponge en maudissant Merlin, il trouva exactement ce qu'il cherchait:
Le Vingt-huit août de l'an de grâce 1598.
Le Mage Rodolfus atteste sur l'honneur avoir uni, ce jour, par les liens du mariage :
Ignasus Potter, sorcier de sang pur, à l'Elfe Roséa, élémental de type deux.
La capuche de sa cape enfoncée sur le crane jusqu'au nez, Sévérus parcourait le Chemin de Traverse assez vite pour ne pas traîner en terrain découvert, mais assez doucement pour ne pas attirer l'attention sur lui.
Il n'avait pas vraiment le droit d'être là...
Il n'était pas totalement banni du monde magique, mais la guerre n'était pas encore oubliée de tout le monde alors moins on le voyait, et mieux ce serait pour lui. Mais il avait besoin d'en apprendre plus sur les elfes élémentaux et c'est ici qu'il avait le plus de chance de trouver des informations sur ces êtres.
Ce qui le dérangeait le plus dans cette histoire, c'était d'avoir dû laisser Harry à sa voisine du dessus. C'était une gentille vieille dame, l'une des seules résidentes à ne pas le regarder de travers, mais il n'aimait pas laisser son bébé aux soins de quelqu'un d'autre qu'Héphaïstos. Ou aux Malfoys.
Seulement, le jeune moldu qui avait un rendez-vous avec un éditeur, ayant peut-être enfin une chance de se faire publier, était donc absent pour l'après-midi, et ses amis étaient injoignables alors il avait dû faire autrement.
Accélérant le pas un peu plus, il pria Merlin pour être de retour avant que le petit garçon n'ait fini sa sieste : il avait tendance à paniquer quand il se retrouvait dans un lieu inconnu sans son père ou le gardien d'immeuble à ses côtés.
Arrivé à destination, il poussa la porte de Fleury et Bott et se dirigea immédiatement vers le rayon "créatures magiques" sans même saluer les propriétaires.
Malheureusement ses longues recherches dans les dédales de la boutique s'avérèrent infructueuses.
- Je peux vous aider, monsieur ? Demanda une vendeuse au bout de trois quarts d'heure.
- Je recherche des informations sur les elfes élémentaux. Vous avez quelque chose pour moi ?
Le ton froid et impatient mis très mal à l'aise la jeune femme qui se recroquevilla sur elle-même :
- Euh, non, nous n'avons rien de ce genre, s'excusa-t-elle, la voix chevrotante. Je suis désolée, très peu de gens s'intéressent à eux...
Soupirant de frustration d'avoir fait tout ce chemin pour rien, le potionniste s'apprêta à partir lorsqu'un vieux sorcier l'interpella :
- Excusez-moi, jeune homme. Je suis navré, mais j'ai entendu votre conversation et peut-être pourrais-je vous aider...
Sévérus regarda ce personnage ressemblant à Dumbledore, avec un style vestimentaire beaucoup plus sobre cependant, avec suspicion, mais écouta tout de même.
A ce stade, c'était surement sa meilleure chance d'apprendre quoi que ce soit...
- Oserais-je vous demander pourquoi vous vous intéressez à ses êtres ?
- Simple curiosité... Répondit le brun d'un ton neutre.
Le vieil homme ne sembla pas le croire, mais continua tout de même :
- J'ai vécu quelques années avec une tribu d'elfes de ce genre quand j'étais jeune, mais mes travaux ont été ignorés, jugés inintéressants... Si personne ne s'intéresse particulièrement à eux, c'est surtout parce qu'ils peuvent paraître étranges aux premiers abords.
- C'est à dire? Demanda Sévérus, à l'écoute.
- Et bien, soupira l'homme en s'asseyant sur une chaise à ses côtés, il faut savoir une chose : ils ne voient pas le monde comme nous, ou plutôt, ils ne l'entendent, ne le ressentent pas comme nous. Je sais que tout cela doit vous paraître bien étrange, mais leur être fait partie intégrante de la flore. Il m'est arrivé de penser bien des fois qu'ils tenaient plus du végétal que de l'animal...
- Comment cela ? Ils ont des pouvoirs particuliers ?
- Non, aucun à proprement parler, c'est d'ailleurs pour cela aussi que personne ne se donne la peine de les étudier de plus près. Ils ressemblent à n'importe quels moldus, mais leur extrême sensibilité à la nature en fait des êtres à part, mis de côté par notre société trop codée et industrialisée. Mais je suppose que cela leur va, ou qu'ils s'en fichent, je ne sais pas vraiment. Ils ne parlent pas beaucoup, vous savez...
Sévérus acquiesça en soupirant discrètement de soulagement, avant de reprendre :
- Et physiquement ? A quoi ressemblent-t-ils ?
- Étrangement, les hommes et les femmes sont très semblables, les deux sexes sont très androgynes. Ils ne sont pas très grands, jamais plus d'un mètre soixante-cinq je dirais, très menus pour la plupart.
La discussion se prolongea pendant plusieurs minutes durant lesquelles le potionniste en apprit un peu plus sur les lointains ancêtres de son fils.
Mentalement, il ne cessait de remercier Merlin d'avoir mis cet homme sur son chemin.
Au bout de quelque temps, les deux hommes finirent par se quitter (sous le regard noir du libraire, leur en voulant d'avoir pris sa boutique pour un salon de thé et de n'avoir rien acheté qui plus est !) et Sévérus sortit du monde sorcier au plus vite pour rejoindre son immeuble.
Seulement, à peine eut-il franchi la porte d'entrée de la résidence qu'il se rendit compte que des cris effroyables retentissaient des étages. Il ne mit pas plus d'une demi-seconde pour reconnaître son fils et fila comme une flèche jusqu'à l'appartement de sa voisine chez qui il entra sans même frapper.
- Monsieur Rogue, Dieu soit loué vous voilà ! Soupira la vieille femme en lui tendant le bébé en larmes. Je suis désolée je n'ai pas su le calmer...
Le sorcier marmonna un "c'est pas grave..." tout en berçant son enfant qui s'accrochait à lui comme un noyé à une bouée.
- Il a complètement paniqué en ne vous voyant pas à son réveil...
Dans la seconde qui suivit, Sévérus se fit l'effet d'un monstre car, malgré le fait que son fils ait certainement eu la peur de sa vie et trempait son pull de larmes, il ne pouvait s'empêcher de sourire, fou de joie.
Cela pour la simple et bonne raison qu'une petite voix venait de murmurer, pour la toute première fois, dans le creux de son oreille un petit : "Pars pu, papa...
