Bonjour ! Me voilà pour ce nouveau chapitre, qui arrive plus tard que prévu (de quelques heures seulement) parce que j'ai eu un petit imprévu.

Au programme d'aujourd'hui, un moment dramione, vous verrez, on y arriver, doucement mais sûrement ! j'espère que ça vous plaira. Vous avez été tellement nombreux à lire et aussi à commenter la semaine dernière que je ne saurais vous remercier. Sachez cependant que je suis dans une semaine difficile, mes résultats de CAPES devraient tomber incessamment sous peu, et je suis shootée au stresse et aux thés ahah.

vous avez été nombreuses à commenter et je vous en remercie:

PouleauPotter: Merci ! J'espère que la suite sera "du lourd" comme tu dis ahah Et merci de me rassurer, c'est adorable.

Filet-du-diable: Ahah, Voldy en papa noël, faudrait faire un OS là dessus ! Je suis ravie d'illuminer ta journée haha, ça me touche énormément et ça me met la pression aussi :P

ChristyCallum: Ravie que ce chapitre te plaise ! Non, j'avais déjà parlé du serment inviolable ! dans le chapitre 3 :) voici la suite !

Elorah: Johnson est un connard hein ? :O Bref, voici la suite et le début du rapprochement :P

Leolili: Et oui, un travail en collaboration y a que ça de vrai :P Ouais il est sexy mdr je suis ravie que ça te plaise toujours autant !

LiliOrya: Mais ne t'inquiète pas, tu as bien le droit de dire ce que tu penses, c'est comme ça que je m'améliore ! En effet, ils seront un beau binôme, je te laisse le découvrir !

Lolo: Je suis ravie de lire que ça te plait toujours autant ! Je pense que ça tournera autour de 25 chapitres, mais bon on ne sait jamais vraiment !

LilyPWooz: Merci pour ton commentaire, ça me fait plaisir de lire ça ! Voici la suite !

Guest: La romance arrive, promis :P

Nadra: Et merci à toi de prendre le temps de lire et surtout de commenter !

Keloush: Merci ma belle

Acidenette: Oh, ça me fait toujours plaisir que vous me dites que vous aimez le mercredi ahah. Les gens sont fous c'est clair, mais c'est aussi le début du rapprochement !

Tulusito: Je suis contente que ma fic te plaise ! Merci pour ton commentaire en tout cas, et voici la suite !

ElehannDerber: Ca commence à bouger dans le Dramione :P Voici la suite !

Fanny54: Oh merci ton commentaire me touche ! Je suis enchantée que ça te plaise et te remercie de prendre le temps de lire !

J'espère que pour vous tout va bien, je vous souhaite à tous une bonne lecture !


Avoir dit à Granger de ne plus boire le café semblait être la meilleure idée que Drago n'ait jamais eu. Premièrement, parce qu'il n'était que trop heureux de s'être trouvé une collaboratrice dans ses recherches. Blaise n'avait jamais été doué en potions, et le cerveau brillant de Granger n'était certainement pas de trop dans ces recherches. Bien sûr, ça lui aurait sans doute arraché la bouche de le dire haut et fort, mais Drago se sentait rassuré. Avec tout ce qu'il avait à faire, il craignait de ne pas trouver le temps ou même de ne pas trouver le bon livre. Granger était née avec un bouquin entre les mains.

Et deuxièmement, jamais Drago n'avait vu Granger aussi bien. Ou du moins, aussi bien qu'elle pouvait l'être dans la prison que constituait Poudlard. Depuis qu'elle avait cessé de boire du café, ses yeux brillaient à nouveau de cette lueur d'intelligence, son teint avait repris des couleurs, et le bizutage des autres semblait lui passer au dessus de la tête. Il savait qu'à chaque fois qu'elle avait un peu de temps libre, Granger réfléchissait, se remémorait tous les livres qu'elle avait eu entre les mains, toutes les potions qu'elle avait étudiées, tout ce qui pouvait se rapprocher de près ou de loin à un impérium sous forme liquide.

Car c'était finalement ce qui se passait. Le café faisait faire aux élèves ce que l'on attendait d'eux, sous forme diluée bien sûr, mais Voldemort s'assurait alors de garder ses troupes dans les rangs, de ne pas s'inquiéter d'une quelconque rébellion.

Et étrangement, voir Granger comme ça, avait aussi remonter le moral de Drago. Il ne se l'expliquait pas, et c'était tant mieux ainsi, mais parfois il lui arrivait de la voir sourire, et alors, des frissons venaient secouer son échine. Il ne comprenait pas et ne cherchait pas à comprendre. Parce qu'il avait peur de la réponse et qu'il n'avait pas le temps de se questionner d'avantage. Il ne se souvenait pas l'avoir déjà fait sourire. Bien sûr, leur relation passée n'avait jamais été de celles dont on se souvient avec mélancolie. C'était plutôt de celles qu'on oublie dans un coin de sa tête. Pourtant, il se souvenait très nettement ne jamais l'avoir fait sourire. Pleurer, certes. Dégouter, aussi. Mais rire ou sourire ? Certainement pas, il y avait toujours mis un point d'honneur.

Et pourtant… Pourtant quand leurs regards se croisaient dans la Grande Salle ou pendant un entraînement, il n'y avait plus l'horreur ou le dégoût dans les yeux mordorés de Granger, seulement la sérénité et la conviction. Celle qu'ils parviendraient à trouver enfin ce qu'il y avait dans ce café. Et Drago était conscient, au fond de lui, que c'était un pas vers la trahison. Il savait qu'il pouvait ne pas en sortir indemne. Mais pour la première fois depuis longtemps, il se sentait vivre. Et alors, qu'est-ce que la vie s'il n'y a pas de mort ?

Et ce fut ainsi que Drago se convainquit que c'était la meilleure chose à faire. Il voulait savoir ce qu'il y avait dans ce café, peut être même que cela empêchait ses recrues d'avoir de meilleures performances ? Il voulait en avoir le cœur net, et avec un peu de chance, il parviendrait à en faire boire à Crabbe et Goyle et serait alors l'unique chef de cette foutue armée. Après le Maître bien sûr…

Lors du dernier entraînement du vendredi après-midi, Drago s'était arrangé pour glisser un mot dans la poche de Granger avant que la sonnerie ne retentisse. « Rendez-vous dans la réserve à minuit pile. D. » Rien dans l'attitude de Granger n'avait laissé présager qu'elle avait senti le morceau de parchemin dans sa poche, mais quand minuit sonna ce soir là, Drago – qui était là depuis plus d'une heure déjà – ne fut pas surpris de la voir arriver. Au loin, un clocher n'avait pas fini de sonner son douzième coup que Granger était déjà assise à la seule table qui restait dans la réserve et feuilletait un livre qui portait le nom inquiétant de Mille et une façons de contrôler les foules.

—Peut être que ce n'est pas une potion, mais un sort lancé au café, soupira-t-elle après avoir refermé le volume d'un coup sec.

Drago haussa les épaules. Il n'en avait pas la moindre idée. Mais une potion était plus facilement dissimulable puisqu'elle ne faisait appel à aucune magie, seulement à des ingrédients. Granger ne semblait pas attendre de réponse, aussi se contenta-t-il de baisser la tête et de se replonger dans sa lecture.

C'était une situation drôlement bizarre que de se retrouver ici, à feuilleter d'énormes livres tous plus pénibles les uns que les autres, avec Granger. Si on lui avait dit qu'un jour, il s'allierait à elle, il aurait sans doute ri au nez de l'infortuné et lui aurait lancé un sort pour lui apprendre à ne pas sortir d'âneries plus grosses que lui. Mais maintenant, la situation était bien différente, et Drago se sentait paisible, comme si la scène qui se déroulait à cet instant précis était naturel. Granger ne semblait pas mal à l'aise non plus, d'ailleurs, pensa-t-il en levant brièvement le nez de son livre pour toiser Granger du regard.

Celle-ci était plongée dans sa lecture et ne sembla pas remarquer qu'elle était observée.

Le temps passa si vite que Drago sursauta quand il entendit trois heures sonner. Déjà plus de quatre heures qu'il était dans cette fichue réserve, et à part une grosse araignée et un perce-oreille écrasé, il n'avait rien trouvé de très intéressant. En face de lui, Granger prenait frénétiquement des notes sur un morceau de parchemin à chaque fois que quelque chose lui semblait intéressant. Elle en était à son troisième rouleau de parchemin quand Drago se demanda s'il n'y avait pas eu une conspiration contre sa personne, qui consistait à lui faire lire tous les livres qui ne contenaient pas la réponse.

Visiblement, Granger savait mieux choisir ses livres que lui.

Quand quatre heures du matin sonnèrent, Drago se redressa légèrement et étendit ses bras au dessus de sa tête. Un craquement vint dérouiller ses articulations, tandis qu'il laissait s'échapper un bâillement silencieux, certes, mais assez long pour permettre à Granger de voir ses amygdales. Sa nuque raide lui faisait terriblement mal et Drago décida qu'il était grand temps de changer de position. Il s'allongea de tout son long sur le banc, à plat dos, passa un bras derrière sa tête et empoigna son livre de sa main libre.

Ce fut sans doute la pire idée qu'il eut ce soir là. Peu à peu, les mots perdirent de leur sens, et les phrases s'entremêlèrent. Un bâillement plus tard, Drago dormait profondément, les yeux clos et la bouche légèrement entrouverte sur le banc de la réserve. Ce n'est qu'après avoir dormi jusqu'à six heures trente du matin que Drago réalisa combien sa position n'était pas agréable, et il regretta aussitôt d'avoir eu cette idée de génie : son corps n'était dès lors qu'une gigantesque courbature, sans parler de son dos qui lui faisait atrocement mal. Quand il se redressa enfin, Drago avisa Granger qui s'était visiblement endormie sur Les potions de l'esprit vol. 2, la joue collée contre le papier glacé.

—Merde Granger, réveille-toi, marmonna Drago en secouant son épaule du bout des doigts. On va être en retard pour les entraînements.

—C'est toi le patron, grogna Granger. Tu n'as qu'à annuler pour ce matin.

—Certainement pas. Allez debout, va prendre ton petit déjeuner, tu vas en avoir besoin, ce matin tu cours les quinze kilomètres.

Granger sursauta et se releva subitement. Elle avait les yeux encore tout endormis et ses cheveux étaient pires que d'habitude, mais Drago ne put s'empêcher de la trouver mignonne. Elle respirait l'innocence. Son air renfrogné cependant laissait à penser qu'elle ne voulait pas courir pendant deux heures dans le froid, mais comme Drago ne lui laissait pas le choix, elle referma son livre d'un coup sec et quitta la réserve, non sans lui avoir lancé un regard meurtrier au préalable.

Drago soupira et se passa une main sur son visage fatigué. Au moins il était parvenu à dormir quelques heures. Quelque chose lui disait que la journée risquait d'être terriblement longue, et qu'il ne ferait pas long feu ce soir, une fois qu'il se serait glissé dans son lit. Drago quitta à son tour la réserve et se dirigea vers sa chambre, pour s'y changer.

Quand il arriva, il réalisa qu'il avait complètement oublié de porter ses pulls à la lingerie – il avait expressément demandé aux elfes de maison de ne pas entrer dans les appartements des formateurs – et qu'il ne lui en restait plus un seul. Résigné à faire la manche auprès des autres formateurs, Drago se dirigea d'un pas rapide jusqu'à la chambre de Blaise, en espérant qu'il s'y trouve encore.

Il frappa trois coups secs qui restèrent sans réponse. Conscient que Blaise dormait peut être encore – être en retard faisait partie de ses principes fondamentaux – Drago frappa plus fort encore, avec raison. Il entendit quelqu'un s'activer à l'intérieur de la chambre, et bientôt ce fut un Blaise tout endormi, et surtout complètement nu, qui ouvrit la porte.

—C'pour quoi ? bâilla-t-il en se grattant la tête.

—Il est presque sept heures et tu es sensé prendre le petit déjeuner dans… Maintenant en fait.

Blaise jeta un bref coup d'œil à sa montre et haussa les épaules.

—J'ai encore un peu le temps. C'est tout ce que tu voulais ?

—Un pull, j'ai oublié de faire laver les miens.

Blaise eut un petit sourire en coin et se retourna à la recherche d'un pull propre. Drago leva les yeux au ciel. Il ne pouvait pas enfiler un pantalon avant de faire ça ? Blaise se promenait complètement nu dans sa chambre comme s'il était dans un foutu camp de nudiste.

D'ailleurs, Blaise n'avait pas pris la peine de fermer la porte derrière lui, si bien que lorsque les recrues passèrent derrière pour se rendre à la Grande Salle, nombreuses furent les filles qui se mirent à glousser. Drago soupira d'un air las et entra dans la chambre en prenant soin de refermer derrière lui. Et quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il réalisa qu'une fille – qu'il reconnut comme étant Thaïs – dormait complètement nue dans les draps émeraudes de Blaise.

—Bon sang Blaise, mais qu'est-ce qu'elle fout là ?

Le cri de Drago eut le mérite de sortir la recrue de son sommeil. Drago sentait la colère monter en lui. Blaise avait-il l'impression que Poudlard était un fichu hôtel où il pouvait baiser ses recrues à tort et à travers ?

—Debout la belle au bois dormant, vociféra Drago. Toutes les recrues sont sensées être en train de petit-déjeuner. Et tu es une recrue, jusqu'à preuve du contraire.

Thaïs regarda Drago d'un œil mauvais et était sur le point de répliquer quand Blaise réapparut de sa salle de bain, un pull à la main.

—C'est bon Drago, calme-toi.

—Que je me calme ? Mais enfin Blaise, une recrue n'a rien à faire dans tes appartements.

—Crabbe et Goyle couchent bien avec leurs recrues, eux.

—Mais Crabbe et Goyle les baisent dans des toilettes ou un couloir, mais le Maître a explicitement demandé à ce qu'aucune recrue ne pénètre nos appartements. Elle aurait très bien pu tomber sur des informations confidentielles et…

Il fut interrompu par un petit toussotement qui provenait de Thaïs. Celle-ci avait revêtu ses vêtements de recrue et avait placé ses poings sur ses hanches d'un air mécontent.

—Elle est là et elle t'entend, Malefoy.

—Tant mieux, au moins elle n'est pas sourde en plus d'être totalement stupide.

Drago était en colère. Et il ne savait même pas pourquoi. Après tout, qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire que Blaise couche avec une de ses recrues dans ses appartements ? Quand bien même Thaïs était tombée sur des informations confidentielles, un sort d'amnésie aurait réglé l'affaire. Alors pourquoi ? Mais avant de s'évertuer à trouver une quelconque réponse, Drago s'empara du pull que lui tendait toujours Blaise et tourna les talons.

Il était remonté, et soudainement, il n'avait pas autant envie de petit-déjeuner que ça. Son estomac pourtant vide était contracté et à présent, seule la rage qui baignait dans ses veines semblait compter. Il voulait se défouler, il avait besoin de décompresser avant de débuter cette journée qui avait déjà très mal commencé.

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Quand Drago arriva aux cachots, il ne savait pas vraiment ce qu'il espérait y trouver. Deux recrues de Crabbe s'y trouvaient déjà et étaient profondément endormies à même le sol. Dans la cellule du fond, la plus petite, se trouvait ce très cher Johnson. Sa punition touchait sa fin, d'ici trois heures, les trois jours se seraient écoulés, et il pourrait dès lors boire et manger à nouveau. Quand il le vit arriver, le captif, adossé contre la paroi humide de sa cage, eut un petit sourire.

—Je me demandais quand tu viendrais me voir, Malefoy, ricana-t-il.

—Je suis venu voir si tu n'étais pas mort, mais malheureusement ce n'est pas le cas.

Johnson eut un rire rauque et se releva tant bien que mal. Le manque d'hydratation et de nourriture l'avait affaibli, mais il conservait son petit sourire suffisant qui donnait à Drago l'envie irrépressible de le frapper. Quand Johnson fut assez proche des barreaux de sa cellule pour s'y appuyer dessus, il plongea son regard vitreux dans celui de Drago, sans se départir de son sourire.

—Si tu viens me demander si je regrette, la réponse est non, grogna-t-il.

La colère qui tanguait déjà dangereusement dans les veines de Drago explosa. Sans prévenir, il passa ses deux mains au travers des barreaux de la cellule et empoigna le col de Johnson d'un coup sec. Celui-ci perdit de sa superbe.

—Malefoy, qu'est-ce que …

—Tu aurais pu la tuer. Vous êtes une équipe, tous autant que vous êtes et votre but n'est pas de vous entretuer !

—Est-ce que ça aurait été la même chose si ça n'avait pas été Granger ? souffla Johnson qui suffoquait déjà.

Drago secoua encore un peu plus sa pauvre victime, faisant cogner sa tête contre les barres de fer. Peut être qu'en cognant assez fort il se tairait à jamais. Peut être qu'il ne lancerait plus de sort aussi dangereux que le Sectumsempra, peut être qu'il arrêterait de dire ce que Drago ne voulait pas entendre. A cette pensée, Drago lâcha prise.

Ce que Johnson racontait n'était que des foutaises. Drago ne faisait pas de favoritisme, il aurait réagi exactement de la même manière s'il s'en était pris à n'importe quelle autre recrue de son groupe. Mais peut être que Drago s'était senti plus investi pour Granger…

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Trois jours passèrent pendant lesquels Drago ne dormit que très peu. Les recherches s'enchaînaient avec Granger, mais aucune solution ne semblait pointer son nez à l'horizon. Les entraînements passaient et se ressemblaient tous, et la vue même de Johnson mettait Drago en colère. Son petit air suffisant n'en pouvait plus de l'agacer.

Drago était fatigué. Mais plus il tentait de dormir et moins il dormait. C'en devenait pénible, pourtant il n'aspirait qu'à dormir quelques heures par nuit.

—On va à la réserve, ce soir ? murmura Granger alors que le dernier entraînement prenait fin.

Drago hocha la tête.

—Pas ce soir, je suis de ronde. Demain.

Granger haussa les épaules et tourna les talons pour rejoindre les filles dans les salles de bain sans rien ajouter.

Drago détestait faire des rondes. Déjà à l'époque où il était préfet, il préférait reléguer les tâches ingrates aux autres préfets de maison. Mais en tant que formateur en chef, il ne pouvait se permettre de ne pas remplir ses obligations. Et puis, il devait admettre qu'il préférait ça plutôt que de savoir Crabbe dans les couloirs, à l'affût de la moindre petite recrue à punir, ou pire.

Drago se baladait dans les couloirs d'un pas lent, jouant d'un air distrait avec sa baguette qu'il faisait glisser entre ses doigts. Parfois, il sifflait un air, parfois il marchait en silence, mais comme toujours, il ne vit personne. Poudlard était bien morose en ces temps de guerre. Il n'y avait plus les quatre grands sabliers dans le hall d'entrée, plus de bruits métalliques dans les cachots ni même les sifflements de Peeves. Les fantômes avaient tous disparu. Drago se demandait où ils étaient tous passés, avant de se rappeler que cette guerre ne regardait que les vivants. Alors à quoi bon s'embêter quand on avait l'éternité devant soi ?

Il était minuit passé quand Drago passa devant les dortoirs des recrues. Il passa la tête dans l'entrebâillement de la porte pour s'assurer que tous dormaient. Pas un bruit autre que leur respiration lente et sereine. Drago referma la porte doucement et reprit sa ronde de son pas léger. C'était agréable de redevenir l'élève qu'il avait été, loin de toutes responsabilités, de toutes inquiétudes.

Il grimpa les marches du grand escalier qui menait aux étages supérieurs et fila le long des couloirs. Quand il tourna à l'angle du couloir du second étage, celui qui menait à la réserve, il percuta de plein fouet un petit corps frêle mais solide.

—Granger, grogna Drago.

Celle-ci semblait légèrement sonnée, mais quand elle le vit, une expression de soulagement se dessina sur son visage.

—Ce n'est que toi, souffla-t-elle en replaçant une mèche de cheveux qui lui était tombée devant les yeux.

—Comment ça ce n'est que moi ? répliqua Drago.

Il était le formateur en chef, le poulain de Lord Voldemort, le fils unique de la grande famille Malefoy mais aussi un Mangemort qui n'avait plus besoin de faire ses preuves, et elle était soulagée de le voir ? Il était sensé inspirer la crainte ou au pire, le dégoût, mais elle… Elle était presque heureuse de le voir. C'était le monde à l'envers.

—Qu'est-ce que tu foutais à la réserve ? Je t'avais dis pas ce soir.

—Ce n'est pas parce que tu as des obligations que je dois abandonner pour autant.

—Granger tu…

Mais quelque chose attira son attention avant qu'il ne termine sa phrase. Des bruits de pas venaient dans leur direction. Drago ne laissa pas à Granger le temps d'ajouter quoi que ce soit et il s'empara de son bras fermement. Il l'entraîna jusqu'au bout du couloir et appuya négligemment sur une pierre. Le mur s'ouvrit juste assez pour les laisser passer et ils se retrouvèrent dans une alcôve qui ne devait pas faire plus d'un mètre carré.

Drago connaissait cette alcôve secrète depuis des années. Il adorait s'y cacher pour échapper aux griffes d'Astoria Greengrass. Il y restait parfois quelques minutes, parfois plusieurs heures à feuilleter un livre ou essayer de nouveaux sorts de magie noire.

Il tendit l'oreille.

—T'aime ça, petite cochonne ? grogna une voix que Drago aurait reconnu entre mille.

—Crabbe, souffla Granger.

Drago acquiesça. Il ne savait pas vraiment pourquoi il avait voulu se cacher, mais son instinct avait été le bon. S'il avait été surpris dans les couloirs avec Granger, par Crabbe qui plus est, son compte était bon. Le cœur de Drago battait à tout rompre dans sa poitrine et il était presque sûr que celui de Granger battait aussi vite que le sien. Derrière les pierres magiques, la voix de Crabbe s'éleva encore.

—Plus vite, plus vite.

De toute évidence, il n'était pas en train de faire une partie de golf. L'idée de ce qui pouvait bien se passer à quelques centimètres de lui donna la nausée à Drago. Il semblait évident que le formateur s'en donnait à cœur joie avec une de ses recrues. C'en était répugnant. A côté de Drago, Granger s'était reculée autant que possible et regardait résolument le sol.

—Tu n'as qu'à te boucher les oreilles si ça t'importune tant que ça, grogna Drago.

Granger ne bougea pas, mais il semblait clair qu'elle pesait le pour et le contre. Et sans doute se serait-elle bouchée les oreilles si elle avait eu un peu moins de dignité.

Les minutes passèrent, et juste derrière le mur, Crabbe et sa recrue semblaient atteindre le septième ciel. Pourquoi diable fallait-il qu'ils fassent ça dans ce couloir ? Pourquoi pas dans une salle de classe vide, des toilettes ou une salle de bain ?

Au moins, celle-ci a l'air consentante, songea Drago en levant les yeux au ciel.

Il se retourna vers Granger qu'il parvenait tout juste à distinguer dans l'obscurité. Il ne voyait que quelques traits de sa silhouette et ses yeux qui brillaient.

—On ne va pas y passer Noël, soupira Granger de mauvaise humeur.

Drago roula des yeux. Aucune patience, cette fille. S'adossant contre la paroi de pierre, il se concentra sur ses pieds, tentant désespérément de ne pas entendre les bruits bestiaux que produisait un Crabbe en rut.

—D'ailleurs, où tu seras à Noël ? demanda Granger.

Sa voix le sortit de ses pensées, et il releva brusquement la tête pour plonger ses yeux clairs dans ceux de la recrue. Ils ne se voyaient qu'à peine, à cause de l'obscurité régnante, pourtant, Drago pouvait voir briller la curiosité dans ses iris mordorées.

Face au silence éloquent de Drago, Granger ne sembla pas comprendre qu'il ne voulait pas en parler.

—Tu passes Noël en famille, au milieu de luxueux cadeaux et de succulents plats cuisinés par vos elfes de maison ?

—Tu ne sais rien, alors tais-toi.

—Pas la peine de monter sur tes grands hippogriffes, Malefoy.

—Je ne … Je vais retrouver le maître, finit-il par avouer.

Sa révélation eut le mérite de faire taire Granger. Quelques secondes s'écoulèrent avant qu'elle ne vienne rompre le silence.

—Ca n'a pas l'air de te faire plaisir.

La mâchoire de Drago se crispa. En effet, ça ne lui faisait pas plaisir. Comment aurait-il pu en être autrement ? Sans savoir ce qui l'attendait vraiment, il pouvait être sûr que ce serait pénible, long et surtout douloureux.

—Tu n'es pas obligé.

—Bien sûr que si, cracha Drago.

—Non, je disais que tu n'étais pas obligé de faire semblant. Tu n'es pas obligé de faire croire à tout le monde que c'est un honneur de passer Noël avec Lord Voldemort.

Drago soupira d'un air las et tourna la tête. Il ne voulait pas la voir. Il ne voulait qu'elle lui dise ce qu'il pensait au plus profond de lui, parce que c'aurait été trop réel, trop dur à supporter. Et puis, dès lors qu'une idée avait fait son chemin dans votre esprit, il est bien difficile de s'en départir. Mieux valait ne pas y penser.

Soudain, quelque chose de doux et de chaud vint s'appuyer doucement contre sa joue. Un bref instant, il crut qu'il avait rêvé, tant le contact fut furtif. Mais quand il vit Granger s'éloigner de lui, Drago comprit qu'elle venait de déposer un baiser sur sa joue. Il tourna légèrement la tête et plongea son regard surpris dans celui, sûr de lui de Granger. Elle arborait un petit sourire en coin mais n'ajouta rien. Drago non plus d'ailleurs. Tous deux se contentèrent de se regarder droit dans les yeux, sans ciller. Se plongeant dans l'immensité de ces deux océans de chocolat qu'étaient les yeux de Granger, Drago se sentit défaillir. L'espace d'un instant, il se demanda ce qui aurait pu se passer, s'il n'était pas né Malefoy, mais Weasley ou Potter ou encore Londubat.

Il aurait sûrement été quelqu'un de bien. Sûrement.


Voilà c'est fini pour aujourd'hui. J'espère que le chapitre vous a plu ! Johnson est un connard à souhait, vous trouvez pas ? il pourrait être bien pote avec Crabbe et Goyle si vous voulez mon avis ahah. J'espère que le début des recherches en binômes vous plait, ainsi que le passage dans l'alcôve secrète. Drago comment à comprendre mais aussi à se dévoiler, n'est-ce pas mignon ? Sur ce, je vous dis bonne semaine et à mercredi prochain !