Yo ! Voici donc l'épilogue. Yep, il est court, et il ne s'y passe pas grand-chose x) Mais voilà, c'et la fin du bouquin ! Un bouquin de 222 pages exactement, que j'ai écrit en 16 jours au début de décembre 2016. Yep, c'était rapide. J'étais complètement obsédée xD D'ailleurs je le suis toujours ! Le tome 3 est en cours d'écriture et il dépassera sans doute les 200 pages également !

Enfin bref. Voici les réponses aux reviews !

Yep Mayoune, Elisa bouleverse le canon ! Sans elle, la présence de la pierre n'aurait pas été connue. Lester Hokrik n'aurait pas remis Dumbledore en cause. Et Dumbledore n'aurait pas donné la Coupe aux Poufsouffle. C'est le premier gros changement visible qu'Elisa fait apparaitre dans l'intrigue x)

Coucou Mlle Aline ! Merci, merci. J'ai réussi mes examens, du coup, je suis plutôt fière de moi. Et surtout, je suis contente que ce soit fini x) Alors, pour répondre à ta question... Le tome 6 de Renouveau est toujours en panne, désolée. Je ne sais pas quand est-ce que l'inspi va me revenir. Les Rôdeurs ne m'inspirent plus du tout, c'est la misère. Je suis à fond sur EB, maintenant. J'ai même des idées pour le tome 4, c'est dire si je suis plongée là-dedans !

Yo, Leguramine ! Ah ah, je suis contente de t'avoir surpris, alors x) C'est pas toujours facile de faire des trucs inattendus quand on doit suivre les éléments du canon xD

Salut Filk ! Yep, POUFSOUFFLE POWER ! Elisa n'est pas assez endurcie pour aller au combat en laissant des amis derrière elle. Ce qui n'est pas si mal, d'ailleurs. Ca serait très alarmant si elle avait ce genre de froideur. Enfin bref... Je suis ravie que Lester te plaise ! xD Il va réapparaitre dans les tomes suivants. Au début, c'était pas prévu, mais il était tellement COOL (une sorte de mélange entre Percy, avec son respect des règles, et Cédric Diggory, avec son honnêteté et sa gentillesse) que je l'ai gardé. Lui, et Neal, et Gwendolyn x)

Hello LouiseDa ! "Le Sinistros apprivoisé" xDDD J'aime ! Mais comme Elisa ne rencontre pas Sirius (ou même sa forme canine) de tout le bouquin ou presque, ça ne correspond pas. Dommage !

Mwahahahaha, DreamerInTheSky, je te reconnais bien là xD Ouais, MAGISTER AU POUVOIR ! Ou plutôt, en conseillère du mec au pouvoir. Qui serait quelqu'un du type Lester, à cheval sur les règles. Imagine le tandem, ils seraient impossibles à arrêter x)

Salut, Paracsel ! Drôle de pseudo. Il a une origine ? Ca me fait penser à un Pokémon x) Enfin bref, merci beaucoup ! Et à propos de Choixpeau, il va falloir que je trouve un moyen de le re-faire parler avec Elisa, j'ai de bonnes idées de dialogues entre eux...

Hello Aomine ! Je note les sorts. Par contre, je ne sais pas si j'aurais l'occasion de les réutiliser. Peut-être dans le tome 3 ou 4 (où il y aura un max d'action !). Pas dans le tome 2, je pense. Ca ne colle pas avec la façon dont Elisa va se développer dans ce tome x)

Ah ah, merci Lumerotte ! Bon courage pour ta prépa, il paraît que c'est vraiment beaucoup de boulot =D Moi, je suis une feignasse. Même quand je révise, j'ai toujours un coin de mon cerveau qui est distrait. Soit je fredonne les chansons d'Hamilton, soit j'imagine des scènes de duel, soit je construit des dialogues bien mordants. La fonction "fanfiction" de mon cerveau n'est jamais désactivée xD

Salut Titietrominet ! Oui, Elisa voudrait désespérément faire plus, mais elle est paralysée par sa propre conscience... Ou ses peurs, ou son ego, occasionnellement x) Yep, dans le canon, Neville permettait aux Gryffondor de gagner. Mais puisque Dudu comptait donner la Coupe aux Poufsouffle, il n'avait pas besoin de le récompenser x) Du coup, c'est Trisha et Cédric qui ont eut des points pour "s'être opposés à leurs amis" x) Et ouais, un truc qui change vraiment du canon : quelqu'un confronte Dumbledore à son irresponsabilité. Il va agir beaucoup plus prudemment maintenant...

Yo, 17Harry ! Effectivement, Dumbledore s'est fait passer un savon par McGonagall. Spoiler : le savon était moins à propos de son utilisation de l'école comme appât, qu'à propos du fait qu'il ne le lui avait pas dit. Si Dumbledore avait dit directement McGonagall : je compte utiliser les souterrains pour attirer et piéger Voldemort", elle l'aurait suivi sans hésiter. Mais bien sûr, Dudu a gardé le secret. Et maintenant, McGonagall est furieuse parce qu'il ne lui a pas fait confiance. Tadam ! XD Enfin bref. Oui, l'année suivante sera mouvementée. Et le tome 2 sera aussi plus long que le tome 1...

Ne te décourage pas si vite, Imthebest ! On va revoir Lester. Quand je l'ai écrit, je me suis dit "oh, il est cool, je vais le faire réapparaitre dans l'épilogue". Et puis, en écrivant le tome 2, j'ai craqué et BANG ! Je lui a fait toute une back-story, et il re-fera une apparition x) Mais bref, c'était cool d'écrire sur d'autres élèves qui ont le cran de s'opposer à Dudu. Si ses plans avaient été mis en lumière dans le canon, je suis sûre que beaucoup de monde se serait indigné.

Ouais Charliflex, un peu de gloire pour les Poufsouffle ! C'était bien mérité. Et surtout, c'était un mouvement de dernière minute de la part de Dudu pour essayer de ne pas s'aliéner la moitié de l'école. Et puis... Ben, Elisa a joué un rôle, donc il avait un prétexte pour la récompenser x)

Salut Simpson31 ! Mwahaha, Lester a un succès fou, c'est dingue x) Tu sera ravi d'apprendre qu'il reviendra dans les tomes suivants, alors x) Et oui, Elisa n'a rien de commun avec Alyssa (ou Cassie xD), mais elle a indubitablement l'arrogance et l'inventivité de mes OC dans chaque fic. Donc oui, elle pourrait être comparée à Scorpius, j'imagine. Même si, honnêtement, je me suis surtout inspiré de Lucy x)

Hello Amazaria ! Yep, Elisa est complètement surbookée, parce qu'elle essaie de tout faire... Et de tout faire toute seule. Elle va se calmer là-dessus, tu vas voir, mais ça prendra du temps x) Mais eh, elle a pensé à apprendre des sorts de soin, c'est déjà bien ! D'ailleurs, excellente idée, les sorts de soin devraient être au cursus de Poudlard. Enfin bref ! Oui, moi aussi j'ai eu une pensée pour ce qu'avait du vivre Hermione dans le canon, essayant en vain de réveiller Ron tout en croyant qu'Harry affrontait Rogue. Dans le livre, quand elle raconte ça, elle dit juste "j'ai réveillé Ron et ça a pris... un certain temps". Il y a tellement de choses dans ce silence. C'était une gamine de onze ans qui essayait désespérément de secouer son ami qui ne se réveillait pas, pendant au moins vingt minutes. Tu m'étonnes qu'après, elle ait été accro à la sécurité. Ah, la question des points ! J'ai bien planché là-dessus et ma logique, c'est que Dudu récompense l'héroïsme et le dévouement. Même si c'était irresponsable de la part des enfants, même si le message qu'il envoie est extrêmement dangereux, Dumbledore donne des points au Trio pour les récompensé d'avoir été dévoué à sa cause et d'avoir été héroïques dans leurs actions. Il faut savoir que pour lui, ils ne sont pas juste des enfants. Dumbledore réfléchit à une plus grande échelle, et le Trio va devenir des guerriers. Alors il commence à les façonner dès maintenant pour ça, pour qu'ils survivent à la guerre qui approche. C'est pour ça qu'ils ont des points : pour avoir eu la bonne attitude en cas de guerre, à savoir : risquer leur vie pour protéger sa cause. Quant aux points donnés à Poufsouffle... Là, ce n'était pas une question de récompense. Non, c'était une question de marchandage. Dumbledore leur donne la Coupe, c'est une façon pour lui de s'incliner, de s'excuser : et il espère que du coup, les Poufsouffle vont lui pardonner. Parce que déjà qu'il s'est mis Serpentard à dos, si les Poufsouffle les rejoignent... La moitié de l'école s'opposerait à lui ! Un cauchemar, pour Dudu. Voilà. Du coup, l'attribution des ponts était du PUR CALCUL, de la planification pour un jeu qui se déroule sur une échelle de PLUSIEURS ANNÉES. Yep. Ah, et aussi : les Serpentard ne sont pas avantagés par Rogue parce qu'il ne leur donne pas de points. Zéro. La première place, ils l'avaient gagné de manière complètement légitime. Ce qui rends l'attribution de points de Dumbledore encore plus moche.

Merci Luffynette ! J'espère que le tome 2 te plaira autant x) Il est même plus long. En fait, plus j'écris et plus les tomes se rallongent... Le tome 1 fait 220 pages, et le tome 3 en fera presque 300 !

Yo, Streema ! Non, je n'ai pas oublié Neville x) Mais dans le canon, Dumbledore lui donne des points pour permetre à Gryffondor de remporter la Coupe (une façon de récompenser le Trio, surtout). Là, Dudu avait soudain BESOIN de donner la Coupe aux Poufsouffle, alors... Ca changeait la donne x) Voilà ! Et oui, Dudu va devoir s'habituer à ce que ses décisions soient questionnées... XD

Salut Piitchoun ! Pour le moment, il y a trois tomes déjà écrits (enfin, le troisième est en cours d'écriture... Déjà 200 pages de faites, quand même !), mais j'espère écrire cinq tome, six au maximum x) Ah ah, Elisa est basée sur moi de manière assez vague : elle a beaucoup plus d'assurance et surtout, elle a la magie ! Mais sa maladresse, sa peur de parler en public, son obsession à rendre le monde meilleur, et ses grands moments de stupidité, c'est moi x) Et si tu trouves qu'elle est cool, je suis extrêmement flattée ! xD

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WOAH TOUTES CES REVIEWS ! JE VOUS AIME MES KIWIS !

C'est fou que cette histoire ait autant de succès, je suis bluffée. Et dire que je n'osais pas la publier en janvier en me disant "naaaaan, personne ne va lire un truc pareil, y a que toi qui aime les Self-Insert...". Eh ben BAM ! Autant pour mes prédictions pessimistes.

Allez, je vous laisse découvrir l'épilogue !

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EDIT : apparemment, le terme "Asperger" est une façon assez réductrice de dire "autiste mais presque normal" et c'est un terme à employer avec des pincettes, parce que diviser les autistes entre "normaux" et "gros neuneus", c'est ignorant et barbare. Donc, pour faire simple, j'ai juste mis autisme. Voilà x)

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Epilogue

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Avec toutes ces émotions, Elisa en avait presque oublié les résultats des examens. Cependant, elle ne s'en était pas si mal tirée. Un Optimal en Sortilèges, en Défense, et en Divination : un Effort exceptionnel en Runes Anciennes, en Botanique, et en Astronomie : et même un Acceptable en Histoire et en Potions ! Bon, elle avait eu un Piètre en Métamorphose, mais ça n'était pas passé loin, elle avait bien failli avoir la moyenne. Et ses autres notes compensaient celle-ci…

Elle devrait s'entraîner pendant les vacances, décida-t-elle. Son problème avec la Métamorphose, c'était le côté « transformation » des objets. Elle avait moins de mal avec la conjuration ou la disparition. Pour preuve : elle avait réussi à utiliser l'Incarcerem contre Touffu.

Bref. C'était la fin de l'année. Leurs placards se vidèrent, leurs valises furent faites, et Elisa recruta les jumeaux Weasley pour pourchasser sans merci ceux qui ne lui avaient pas encore rendu les livres qu'ils lui avaient empruntés. Elle donna son adresse à Tracey Davies, la petite Serpentard qu'elle avait prise sous sa protection, ainsi qu'aux autres membres du CEM qui le demandait. Elle écrivit à sa mère pour vérifier qu'elle avait bien reçu la lettre des gardiens d'Harry l'autorisant à venir pour les vacances (c'était le cas), et pour finaliser les détails de son séjour au Cottage. Elle emballa ses MagicoGlisseurs, tant ceux achevés que les nouveaux prototypes sur lesquels elle travaillait. Et finalement, la veille du départ, elle réussit à coincer le Trio d'Or dans un couloir pour leur parler hors de portée d'oreille du reste de leur Maison.

– Vous êtes les trois seules personnes à part moi à savoir où Harry va passer ses vacances, fit-elle gravement. Et honnêtement, maintenant qu'on a la preuve que Vous-Savez-Qui est… pas tout à fait mort… je préfèrerai que ça ne change pas. Je ne veux pas prendre de risques, alors vous ne devez dire à personne, à personne, où Harry va passer son été, d'accord ?

Les trois Gryffondor hochèrent vivement la tête, puis Ron demanda timidement :

– Ça veut dire qu'on ne va pas se voir cet été ?

– Je dois pouvoir arranger ça, le rassura Elisa. Il suffit d'empêcher tes parents d'aller chercher Harry chez lui ou de l'y déposer. On n'aura qu'à se fixer rendez-vous sur le Chemin de Traverse, par exemple.

– On peut faire confiance à mes parents ! s'indigna Ron.

– J'en suis sûre, fit la Poufsouffle d'une voix apaisante. Mais imagine que ton père discute de la visite d'Harry à son travail… Eh bien, il pourrait être entendu par quelqu'un, non ? Et il n'y a pas que des gens biens au Ministère. Je veux dire, Lucius Malefoy est un conseiller du Ministre, pour l'amour de Circée !

Du coup Ron esquissa une grimace dégoûtée. La haine entre Malefoy et Weasley n'allait certainement pas s'éteindre durant sa génération…

– Et Hermione, reprit Elisa avec le plus grand sérieux en se tournant vers la petite Gryffondor. Après ce qui est arrivé cette année, je me sentirais nettement mieux si tu apprenais les premiers secours cet été, et si tu prenais des cours d'auto-défense cet été. Du taekwondo, de l'aïkido, ce genre de sport. Vous avez tous les trois une sorte de gigantesque cible peinte dans le dos. Je vais apprendre à Harry à se défendre aussi, et Ron a ses frères pour ça, mais tu devrais aussi t'améliorer pendant l'été.

L'idée d'apprendre à se défendre illumina le visage d'Harry. Hermione, quant à elle, se mordit la lèvre d'un air incertain :

– Est-ce qu'un sport Moldu va vraiment m'aider ? Je veux dire… Si quelqu'un me jette un sort…

– Hermione, soupira Elisa. Il y aura toujours quelqu'un de plus doué que toi en duel ou qui connait plus de maléfices. Le meilleur moyen de gagner contre un adversaire qui cherche la bagarre, c'est de le surprendre. Et je peux te garantir qu'aucun sorcier ne s'attend à ce qu'un adversaire lui donne un coup de poing dans le nez. Et en plus, si tu pratique un art martial, ça t'aidera à mieux esquiver les sorts qu'on peut de lancer. Quand je pratique le duel, le pire adversaire pour moi c'est celui qui réussit à esquiver tous mes sorts.

Elle n'avait jamais réussi à vaincre Angelina Johnson ou Alicia Spinnet lors du Challenge. Les Poursuiveuses de Gryffondor étaient bien trop vives pour elle.

Cela sembla convaincre Hermione, et la Gryffondor finit par promettre qu'elle essaierait de pratiquer un sport cet été. Ron, quant à lui, promis de harceler ses frères pour qu'ils lui apprennent divers maléfices. Et Harry… Elisa lui promis qu'elle allait lui apprendre un sort pour rendre les cheveux bleus et qui marchait particulièrement bien sur les blonds, et le Survivant sourit jusqu'aux oreilles.

Pauvre Drago Malefoy, il ne savait pas ce qui l'attendait.

Ils finirent par s'installer dans le Poudlard Express en direction de Londres, chacun avec leurs amis respectifs. Harry voulait passer autant de temps que possible avec Ron et Hermione avant l'été, et Elisa aussi voulait consacrer du temps à ses propres amis. Elle partageait un compartiment avec Cédric et Trisha, mais le voyage durait plusieurs heures, et ça laissait plein de temps à ses autres amis pour passer les voir pour discuter et plaisanter une dernière fois.

Et puis, c'était aussi l'occasion pour elle de souhaiter de bonnes vacances aux septièmes années (et futurs diplômés) avec qui elle avait si tardivement fait connaissance.

– C'était génial ce que tu as fait au festin, dit-elle à Lester Hopkrik.

Celui-ci haussa les épaules. Lui, Neal et Gwendolyn (Gwendolyn était la petite sœur de Neal apparemment : ils avaient le même nom de famille et les mêmes yeux bleu très foncé) s'étaient arrêtés devant le compartiment d'Elisa en passant, et Gwendolyn échangeait à présent ses cartes de Chocogrenouilles avec Cédric.

– Ma mère m'a appris que si on laisse passer la première infraction sans rien faire, même si elle est inoffensive, la deuxième infraction a toutes les chances de faire de vrais dégâts. Quand il y a un problème, il faut réagir tout de suite. Même si on ne peut pas le résoudre, il faut le faire remarquer.

Trisha hocha pensivement la tête :

– Parce qu'il ne faut pas que ça devienne normal, c'est ça ?

– Précisément, sourit Lester. D'autant plus qu'ici, l'enjeu était vraiment grand. Il y a des milliers de familles qui croient en Dumbledore et qui lui font confiance. S'il se met à faire n'importe quoi à Poudlard, il trahit cette confiance. Et vu à quel point les gens ont foi en lui… Si on ne fait pas remarquer que quelque chose cloche dès le début, les gens ne se rendront compte de ce qui se passe que bien trop tard.

Elisa le regarda fixement, puis :

– Où étais-tu toute ma vie ? souffla-t-elle avec émerveillement.

Lester se figea comme un lapin dans les phares d'une voiture, mais Trisha se contenta de rire et donna un coup de coude à sa meilleure amie.

– N'écoute pas Elisa. Elle est probablement née en rogne contre le professeur Dumbledore. Elle pense qu'il est cinglé et irresponsable et qu'on ne devrait pas lui confier une école pleine d'enfants.

Elisa regarda son amie avec effarement, parce qu'elle était pratiquement sûre de n'avoir jamais formulé ça à voix haute. Ok, c'était ce qu'elle pensait. Mais elle n'avait jamais mis ça en parole ! Et surtout pas à l'école, où elle risquerait d'être entendue par des Gryffondor qui monteraient aussitôt sur leurs grands chevaux !

– Oh ne fais pas cette tête, renifla Trisha avec dédain. N'importe qui avec deux Noises de jugeote peut voir que tu n'aimes pas la façon dont le professeur Dumbledore fait du favoritisme. Et cette année, depuis l'histoire du troll, tes yeux lancent des éclairs dès que tu prononces son nom. Tu ne l'appelle même plus professeur, juste Dumbledore.

La jeune Poufsouffle écarquilla les yeux. Effectivement, Trisha avait raison. Et elle ne l'avait même pas remarqué.

– Tout le monde sait que tu n'aimes pas Dumbledore, s'amusa Neal en se joignant à la conversation. En première année, quand tu as commencé à te faire des amis hors des Poufsouffle, tout le monde a su que tu te contrefichais des traditions qu'il faisait respecter… Comme la rivalité inter-Maison.

– Eh bien, oui, avoua Elisa en fronçant les sourcils avec perplexité. C'est une tradition vraiment stupide.

– Et t'en as pas fait mystère, sourit Neal. Les élèves plus âgées n'aimaient pas trop ça.

Elisa le regarda fixement, parce qu'elle était en train d'avoir une révélation. C'était pour ça que les élèves plus âgés n'avaient jamais été super-amicaux ! Elle n'avait fait aucun effort pour copiner avec eux, alors ça ne l'avait pas surprise : mais certains de ses camarades avaient été approchés par des élèves plus âgés, que ce soit pour de l'aide dans leurs devoirs ou juste pour discuter de leurs journée. Ça n'était jamais arrivé à Elisa (à l'exception de son binôme de Botanique avec Cécile Engelhorn pour échapper aux leçons de vol, mais Cécile avait toujours été vaguement excentrique). Et maintenant, elle comprenait pourquoi.

Elle avait complètement rejeté leur vieille tradition de rivalité inter-Maison, un truc avec lequel ces élèves avaient grandis depuis des années. Elle avait, faute d'une meilleure expression, shooté dans la fourmilière. Alors évidemment que les fourmis lui en voulaient.

– Je m'en fiche, finit-elle par dire avec beaucoup de dignité. De toute façon, ils vont tous finir par être diplômée avant moi, et la génération suivante aura appris à être plus tolérante avec son prochain.

Neal rigola, mais Lester haussa les sourcils avec intérêt :

– Tu veux modeler la nouvelle génération à ton image ? Très Serpentard de ta part…

– C'était l'un des choix du Choixpeau pour moi, rétorqua Elisa. Et non, je ne veux pas les modeler à mon image ! Je veux juste qu'ils soient plus enclins à s'accepter les uns les autres, et qu'il y ait moins de préjudices dans cette école.

– Très Poufsouffle de ta part, rectifia Lester d'un air impressionné. Est-ce que tu comptes devenir directrice aussi ? Histoire de compléter la métamorphose de Poudlard ?

C'était difficile de deviner s'il se foutait d'elle ou non. Dans le doute, Elisa haussa les épaules, et répondit d'un air imperturbable :

– Je n'ai pas encore de plan de carrière. Peut-être un Doctorat de Sortilèges, et une carrière d'inventrice. Peut-être que je passerais ma vie à faire du bénévolat dans des associations pour aider les plus démunis. Peut-être que je réussirais à créer une école pour Cracmols, ou une colonie de vacances pour sorciers qui ne veulent pas rentrer chez leurs tuteurs pendant l'été. Ou peut-être que je serai prof… Je n'ai pas décidé. Et toi ?

– Rien d'aussi original ! rit Lester tandis que Neal et Gwendolyn échangèrent un regard. Je vais travailler au Ministère dès le mois d'août, ma candidature a été retenue. Département des Jeux et Sports Magiques, au Bureau des Brevets Saugrenus si tout se passe bien. Tu devras passer par moi la prochaine fois que tu veux inventer une planche volante.

– Le brevet des MagicoGlisseurs est déjà déposé, tu arrives trop tard ! le nargua Elisa.

Neal, qui les écoutait plus ou moins discrètement, se racla soudain la gorge puis demanda d'un air dégagé :

– Une école pour Cracmols ?

Ce n'était pas très subtil de sa part. Etait-il intéressé ? Elisa lui jeta un regard soupçonneux, mais répondit quand même, mesurant ses mots :

– Oui. Ils sont abandonnés par le monde magique et pas à leur place dans le monde Moldu. L'école pourrait leur apprendre à avoir leur place dans les deux mondes. Ils pourraient apprendre l'Astronomie, les Runes, la Divination, la théorie de la Défense : mais aussi comment gérer des finances Moldues, comment circuler avec leurs transports en commun, comment se procurer des papiers officiels dans leur monde… Ils pourraient être des intermédiaires, au lieu d'être des rebuts. Franchement, je trouve ça injuste que personne ne leur donne une chance.

Neal cligna des yeux, une expression indéchiffrable sur le visage. Sa sœur dévisageait Elisa avec une intensité nouvelle.

– Tu tiens peut-être quelque chose, Bishop.

Elisa cligna des yeux, un peu prise au dépourvu. Heureusement, Trisha changea de sujet avant que ça devienne embarrassant, demandant aux deux enfants Bowman quels étaient leurs plans de carrière. Neal voulait être Médicomage (le niveau au-dessus de Guérisseur : il s'agissait d'obtenir un Doctorat dans une branche spécialisée de la magie de soin) spécialisée dans la magie involontaire. Gwendolyn, quant à elle, n'était pas encore décidée.

Le train finit par arriver en gare. Elisa récupéra son coffre, sa valise, le panier de Dracarys, puis fit ses adieux à Trisha et Cédric sur le quai. Sa mère n'était pas souvent en avance… Isabelle n'aimait pas la foule, et attendait donc généralement que le gros des élèves et de leurs parents aient quitté le quai pour arriver.

En l'attendant, Elisa se mit à la recherche d'Harry. Elle l'aperçu en train de discuter avec les Weasley et s'approcha, ne serait-ce que pour faire ses adieux aux jumeaux.

– Lizzy !

– Tessy !

– Forge et Gred, s'amusa Elisa. Bonjour, Mrs. Weasley, Percy, Ron… Harry.

– Ellie ! fit joyeusement Molly Weasley. Merlin, comme tu as grandis ! J'ai entendu dire que ta Maison a gagné la Coupe, c'est merveilleux.

Le sourire d'Elisa se fit contraint, et elle émit un rire un peu faux. Elle doutait que Molly réagirait comme ça si elle savait toute l'histoire. D'ailleurs, la matriarche des Weasley avait-elle sut tout l'histoire dans le canon ?

Il n'y avait qu'un moyen de s'en assurer…

– Oui, je ne sais pas d'où sont sortis tous ces points de dernière minute, fit-elle d'un ton dégagé. Les blessures de Ron n'étaient pas si graves, je suis sûre qu'il s'en serait sorti sans moi.

Le sourire de Molly se figea :

– Les blessures de Ron ?

– Oh, il avait juste été assommé, la rassura Elisa. Les protections qu'avaient mises les professeurs autour de la pierre philosophale n'étaient pas mortelles ! Je crois que leur but était de capturer Vous-Savez-Qui plus qu'autre chose.

Vous-Savez-Qui ? répéta Mrs Weasley d'une voix aigüe.

Elisa marqua une pause, regarda les frères Weasley qui fixaient tous leurs pieds, puis regarda Percy et haussa un sourcil. Le Préfet rougit, puis déclara dignement en remontant ses lunettes sur son nez :

– J'ai été très préoccupé par mes BUSES, je n'ai écrit à ma mère qu'un bref résumé de ce qui s'était passé.

Molly plissa les yeux d'un air dangereux. Avec amusement, Elisa remarqua qu'Harry avait discrètement reculé pour se fondre dans la foule. Il avait bien un instinct de survie, après tout.

– Un bref résumé, répéta Mrs Weasley d'un ton dangereux. Oui, j'imagine qu'il s'agissait d'un bref résumé, si tu as omis que ton frère avait été blessé ! Nous allons en discuter en détails à la maison. Et nous allons y aller immédiatement ! Ouste !

Elisa grimaça tandis que Mrs Weasley poussait tous ses enfants vers la sortie. Elle réussit à accrocher l'œil de l'un des jumeaux, et articula silencieusement « désolée ! » avec une grimace penaude. Elle ne voulait pas qu'ils aient d'ennuis, mais… Mrs Weasley méritait définitivement d'être mise au courant de ce qui se passait. L'un de ses enfants avait pris en chasse un mage noir, quand même !

Cependant, Fred (ou George ?) lui fit un clin d'œil avant de suivre sa mère. Apparemment, il n'était pas inquiet. C'était Ron ou Percy qui allait se faire engueuler, pour une fois !

Elisa secoua la tête avec amusement, regardant la tribu de rouquins disparaitre à travers l'arche de pierre qui menait à la gare Moldue. Puis elle se retourna, et chercha Harry du regard. Il s'était dissimulé derrière un groupe de cinquième année de Gryffondor qui riaient fort et discutaient en déchargeant leurs bagages, mais Elisa parvint à apercevoir la cage de sa chouette, et le rejoignit avec amusement :

– Elle n'allait pas te crier dessus, tu sais.

Harry leva un regard plein de reproche sur elle :

– Oui, mais elle va crier sur Ron.

Le « à cause de toi » était sous-entendu. Elisa écarquilla les yeux, honnêtement abasourdie qu'il ait une idée aussi stupide en tête… Puis elle se rappela soudain qu'Harry avait grandi dans une famille abusive. Evidement qu'il pensait que quand un adulte haussait la voix, cela signifiait colère et menace de violence.

– Bien sûr que non ! fit-elle d'une voix choquée. Ron n'a rien fait de mal, il a été une victime ! D'accord, il a brisé des règles et a pris des risques… Mais sa mère ne va pas lui crier dessus pour ça. Elle est inquiète pour lui parce que son fils a été en danger ! Si elle devait crier sur quelqu'un, ça serait sur les adultes qui ont mit son fils en danger. Comme Quirrell. Ou Dumbledore. Ou tous les profs de Poudlard, en fait. Elle ne va pas punir Ron pour avoir été blessé, bon sang. Elle l'aime, c'est son fils !

Harry cligna des yeux, digérant sa tirade. Apparemment, ça ne lui était pas venu à l'esprit. Puis il essaya de détourner le sujet :

– Dumbledore ? Pourquoi Mrs Weasley crierait sur Dumbledore ?

Elisa se massa les tempes d'un geste las. Elle avait l'impression d'expliquer ça pour la dixième fois. Entre son récit à McGonagall et Chourave, son coup d'éclat avec les Poufsouffle, les questions des élèves après qu'elle soit revenue du souterrain…

Mais elle devait faire preuve de patience pour Harry. Il fallait garder à l'esprit que le Survivant n'avait pas eu une enfance très normale. Il ne savait pas vraiment ce qui était normal ou non, ce qui était attendu de lui ou pas. Dans la saga, pour lui, le fait d'être récompensé tout court état absolument nouveau. Et vu que Dumbledore le récompensait quand il mettait sa vie en danger, même inutilement… Ça avait beaucoup façonné sa perception des choses.

– Elle crierait sur Dumbledore parce qu'il a failli à son devoir, expliqua-t-elle gentiment. Il est le directeur de l'école, sa priorité doit être la sécurité des élèves. Utiliser l'école comme piège et la rendre dangereuse, c'est inexcusable de la part de quelqu'un qui est supposée nous protéger.

– Mais on a sauvé la pierre ! protesta Harry.

– Harry, fit doucement Elisa. La pierre n'est pas le plus important. Elle aurait pu être détruite, et une nouvelle aurait pu être fabriquée par Flamel. Et puis, est-ce que la protection finale mise en place par Dumbledore aurait pu être déjouée par Quirrell tout seul ?

Harry hésita. La Poufsouffle poussa un profond soupir. Elle n'en revenait pas de devoir pointer au gamin à quel point cette histoire était insensée. Est-ce qu'il avait été si aveugle dans la saga canon ?

… Ça expliquerait beaucoup de choses, en fait.

– La pierre n'a jamais été en danger, conclut-elle. Les seules personnes qui ont été en danger, c'est toi, Ron, et Hermione… Et tous les élèves qui Quirrell aurait pu blesser dans sa quête de la pierre.

– Mais on a risqué nos vies pour sauver la pierre ! protesta Harry d'un air perdu. Et Dumbledore nous a donné des points pour ça ! Il a dit qu'on était brave !

Oh, misère. Elisa roula des yeux :

– Je sais, j'étais là je te rappelle. Mais ce qu'à fait Dumbledore, mettre en danger tout le monde pour piéger Quirrell, c'était mal. Je n'aime pas le fait qu'il ait utilisé l'école pour ça, qu'il ait mis les élèves en danger. Et je n'aime pas le fait que tu ais été mêlé à ça. Tu n'es qu'un garçon de onze ans. Ce que toi et tes amis avez faits, c'était dangereux et vous n'auriez pas dû être récompensé.

Harry ouvrit la bouche d'un air furieux pour s'indigner, mais Elisa continua sans lui laisser le temps de placer un mot :

– Mais ça ne m'étonne pas que vous ayez obtenu des points, au fond. Ce n'est absolument pas normal de récompenser les enfants qui frôlent la mort, mais tu n'es pas très normal, non ?

Harry referma la bouche, l'air soudain méfiant.

– Qu'est-ce que ça veut dire ? finit-il par grommeler.

Elisa haussa les épaules :

– Je te l'ai déjà dit, non ? Tu as cessé d'être un garçon ordinaire le jour où tu as reçu cette cicatrice. Si n'importe quel autre élève avait pourchassé Quirrell, il aurait été collé jusqu'à la fin de sa scolarité pour s'être mis dans un tel danger sans aucune considération pour sa vie. Mais toi, tu es le Survivant. Tu as vaincu Tu-Sais-Qui. Et s'il n'est pas mort, tu lui feras face à nouveau. Alors évidemment que tu ne vas pas avoir droit à un traitement normal. Evidemment que Dumbledore va récompenser ton héroïsme. Il veut que tu sois héroïque, non ? Si tu étais un enfant normal qui s'attend à être secouru par les adultes, tu aurais nettement moins de chances de ressortir vivant d'un affrontement contre un mage noir que si tu es habitué à risquer ta vie.

Harry ouvrit la bouche d'un air indigné, puis eut l'air d'avoir un choc, et la referma d'un air soudain pensif. Elisa ne le quitta pas des yeux.

– C'est vrai, murmura Harry. J'avais vraiment l'impression qu'il m'avait donné ma chance d'affronter Voldemort face à face… Il devait savoir ce qu'on faisait, mais c'était comme s'il nous aidait. C'est pour ça qu'il m'a expliqué comment marchait le miroir…

– Exactement ! approuva Elisa, satisfaite de voir qu'il suivait. Et même si je trouve que c'est inacceptable qu'un enfant soit entraîné pour faire face à un tueur professionnel… Je sais que je ne peux pas l'empêcher.

C'était une évidence. Harry finirait par faire face à un péril mortel, un jour où l'autre. Il était le Survivant : des tas de fidèles de Voldemort aimeraient le voir mort, sans parler de Voldemort lui-même.

– Alors je vais faire la seule chose que je peux faire, continua Elisa avec détermina. Je veux être sûre que tu es préparé la prochaine fois que ça arrive.

Harry leva un regard interloqué sur elle, et Elisa retint un sourire en lui tapotant l'épaule avec affection. Yep, prépare-toi, Harry Potter. Elle était là pour changer le canon. Et si elle pouvait y faire quoi que ce soit, la vie du Survivant ne serait pas aussi misérable que dans la saga originale.

– Oh, c'est ma mère ! s'exclama-t-elle en reconnaissant un visage familier.

Elle agita le bras, et Isabelle se fraya un passage parmi la foule (qui était cependant nettement moins dense qu'au moment de l'arrivée du train) jusqu'à eux. Du coin de l'œil, la Poufsouffle vit Harry jauger sa mère d'un regard prudent : mais elle l'ignora, et se jeta au coup d'Isabelle avec un cri de joie.

Une fois les retrouvailles faites, Elisa se recula et présenta Harry avec un grand mouvement de bras :

– Maman, voici Harry Potter. Harry, voici ma mère, Isabelle Bishop.

A son crédit, Isabelle ne regarda même pas en direction de la fameuse cicatrice. Elle offrit à Harry un sourire chaleureux et lui serra la main, comme elle l'avait fait quand elle avait rencontré Cédric, Trisha, Jojo ou les Weasley.

– Enchantée, Harry. C'est toujours un plaisir de rencontrer les amis d'Ellie.

– Enchantée Mrs Bishop.

– Oh, appelle-moi juste Isabelle, fit la mère d'Elisa avec amusement. Est-ce que tu veux libérer ta chouette maintenant ? Elle peut rejoindre le Cottage en volant, et le voyage sera sans doute moins inconfortable pour elle.

Harry n'y avait sans doute pas pensé, et se hâta d'ouvrir la cage d'Hedwige. Une fois que la belle chouette des neiges eut pris son envol, Isabelle tendit le bras à Harry d'un air encourageant :

– Tu as déjà Transplané ? Non ? Alors accroche-toi bien, c'est un peu inconfortable. Je vais t'emmener et on va réapparaitre devant le Cottage. Je devrais te laisser quelques secondes pour revenir chercher Ellie, cependant. Je ne peux pas transporter deux personnes à la fois.

Harry hocha la tête, muet, et Isabelle disparu avec lui dans un grand CRAC. Elisa attendit patiemment. Quelques instants plus tard, sa mère réapparu, puis Transplana avec elle

Les deux Bishop réapparurent devant le petit portique du jardin du Cottage, où Harry les attendait nerveusement. Isabelle était un peu essoufflée (transplaner à intervalles rapprochée, ça fatiguait les poumons), mais elle sourit quand même chaleureusement aux deux enfants en ouvrant la marche jusqu'à la porte du Cottage.

– Miss est revenue ! s'exclama Chappy en apparaissant dès que la porte fut ouverte (Harry sursauta de trente centimètres et recula derrière Elisa). Est-ce que Miss veut que Chappy prenne sa valise ?

– Merci Chappy, sourit Elisa avant de se décaler d'un pas pour que l'elfe puisse voir le Survivant. Et tu pourras prendre celle d'Harry aussi ? Il est mon invité.

– Est-ce que tu as nettoyé la chambre d'amis ? fit Isabelle d'un ton soucieux en entrant dans le hall.

Chappy hocha la tête avec enthousiasme, ses grandes oreilles battant comme des ailes de chauve-souris :

– Oui Madame ! Par ici, miss, monsieur !

Elisa et Harry suivirent donc l'elfe à l'étage, et Elisa fit visiter les lieux à Harry sans manquer de remarquer le regard émerveillé qu'il posait sur tous les bibelots, livres et artefact qui meublaient la maison. Durant sa petite visite guidée, elle lui montra comment faire marcher certains objets qui risquaient de le prendre au dépourvu : les lampes du salon qui s'allumaient quand on tapait dans les mains (une invention française), le miroir de la salle de bain qui parlait, la carte du ciel au plafond de la bibliothèque qui brillait dans le noir (un souvenir de Grèce), la douche dont le robinet (ramené des Etats-Unis) était enchanté pour répondre aux ordres tels que « plus chaud ! » ou « moins de pression ! ». Harry était complètement émerveillé.

Elisa indiqua aussi fermement au Survivant qu'il ne fallait pas entrer dans la pièce fermée à clef parce que c'était là qu'était entreposés certains objets dangereux. Ça serait stupide que le Survivant succombe à une boite à musique d'Ouzbékistan alors qu'il avait survécu à un mage noir psychopathe.

Du coup, elle lui indiqua que la chambre de ses parents était aussi hors-limites, tout comme l'Observatoire de sa mère. Il n'y avait rien de dangereux, c'était juste qu'Elisa savait que sa mère tenait beaucoup à avoir son espace à elle. C'était vital pour Isabelle de pouvoir se retirer dans son espace personnel quand elle avait besoin de calme.

… Certains jours, Elisa se demandait si les sorciers étaient susceptibles d'être sur le spectre autistique. C'était possible, non ?

Isabelle avait certainement des comportement qui cadraient avec l'autisme. Réticence à communiquer avec les gens, difficulté à supporter la foule ou d'autres environnements trop stimulants, concentration intense sur des centres d'intérêts précis, perfectionnisme, grande mémoire, comportements répétitifs et grand attachement à ses habitudes sécurisantes…

Mais passons. Autisme ou non, ça n'empêchait certainement pas Isabelle d'être une mère géniale, alors Elisa ne voyait franchement pas l'intérêt de creuser la question.

Finalement, elle montra à Harry la chambre où il dormirait (et elle n'avait jamais vu la chambre d'amis de sa maison aussi propre et bien rangée), et sa chambre à elle, avec ses murs aux couleurs de Poufsouffle couverts de souvenirs et de schémas. Elle fit mine de ne pas voir le regard envieux que le jeune sorcier posait sur l'endroit.

D'ailleurs, Elisa n'avait pas fini de décorer. Elle avait ramené de Poudlard une bannière aux couleurs des quatre Maisons, avec le blason de l'école en son centre, pour la suspendre au-dessus de son bureau. Cette fois il était difficile de ne pas remarquer la nostalgie avec laquelle Harry regardait l'objet, et Elisa esquissa un large sourire tandis qu'elle plongeait la main dans son sac :

– J'ai pris quelque chose pour toi, aussi. Tadaaam !

Et elle sortit de son sac une grande bannière de Gryffondor. Les bannières pouvaient être obtenues en les demandant aux directeurs (ou directrices) de Maison, mais aucune règle n'interdisait à une Poufsouffle d'aller voir McGonagall pour lui demander une bannière à l'effigie du lion. Et c'était ce qu'Elisa avait fait dès qu'Harry avait accepté de passer l'été chez elle.

– Tiens ! fit-elle joyeusement en lui fourrant le drapeau dans les bras. Je voulais que tu te sentes chez toi. Tu peux l'accrocher dans ta chambre pour y avoir les couleurs de ton dortoir, si tu veux.

Harry, bouche bée, leva sur elle un visage ébloui. Il avait l'air presque bouleversé.

– C'est parfait, finit-il par murmurer malgré sa gorge serrée. Merci, Elisa.

La jeune fille lui tapota maladroitement l'épaule, un peu embarrassée :

– Ce n'est qu'une bannière. Tu veux que je t'apprenne le sort pour la coller au-dessus de ton lit ? Tu peux pratiquer la magie ici.

Le jeune sorcier acquiesça, et les deux enfants allèrent redécorer la chambre d'amis du Cottage. Depuis le temps que cette pièce n'avait pas accueilli quiconque, quelques menus changements de décoration ne lui feraient pas de mal.

Elisa finit par laisser Harry déballer ses affaires dans sa chambre. Elle s'éclipsa discrètement au rez-de-chaussée. Elle prévint discrètement Chappy de ses projets, parce qu'autrement ça aurait été assez impoli de sa part, puis fila dans le jardin et s'éloigna d'une vingtaine de mètres en direction de la forêt, presque à la limite des arbres.

Puis elle prit une grande inspiration, et ordonna :

– Olly ! Tilly ! Tuanelle ! Maddy ! Pillo ! Moppy !

Les six elfes apparurent en succession rapide dans un grand craquement, comme si une demi-douzaine de pétards avait explosé à courts intervalles. Elisa sourit jusqu'aux oreilles. Les elfes portaient l'uniforme qu'elle avait demandé, et les robes couleur brique foncé conféraient aux petites créatures une certaine dignité.

Quoique. Il leur faudrait peut-être des chapeaux pour aller avec ça. Des chapeaux avec des trous pour faire passer leurs oreilles. Et peut-être un voile si Maddy voulait cacher sa cicatrice sur le côté du visage…

– Bienvenue chez moi ! lança Elisa en ouvrant les bras au grand. Et chez vous aussi, désormais. Qu'est-ce que vous en dites ?

Les elfes se mirent tous à parler en même temps, balbutiant compliments et remerciements, et Elisa attendit deux bonnes minutes que le calme revienne. Puis Tuanelle posa la question fatidique de sa voix chevrotante :

– Madame a du travail pour nous ?

Le silence se fit, et Elisa hocha gravement la tête.

– J'en ai. Je veux construire mon atelier à MagicoGlisseurs dans une clairière qu'il y a dans la forêt, à environ cinq ou dix minutes de marche d'ici, alors je veux que vous exploriez tous la forêt pour vous familiariser avec l'endroit. Je veux que vous fassiez tous connaissance avec Chappy, l'elfe de ma mère. Et que vous vous présentiez à ma mère, poliment, dans le salon : personne ne rentre dans sa chambre ou la pièce au sommet de la tourelle. Pour l'instant, essayez de ne pas être vus par Harry, pour lui laisser le temps de s'habituer : il aura largement le temps de vous rencontrer plus tard. Familiarisez-vous avec la maison, le terrain. Et ensuite…

Les oreilles des elfes se dressèrent presque, impatients, et Elisa sourit de plus belle avant de pointer un doigt sur l'un de ses serviteurs :

– Tilly ! Tu demanderas à Chappy de t'aider et tu trouveras le set de couteaux de lancer amérindiens qui est quelque part dans la pièce verrouillée.

Si elle était sérieuse à propos d'apprendre à se défendre sans magie, il fallait bien commencer quelque part. Les couteaux dont Elisa se souvenaient étaient petits et légers, faits pour le lancer. Ils étaient très jolis (c'était la raison pour laquelle Isabelle les avait achetés, d'ailleurs) mais ils étaient aussi tranchants.

Elle aurait peut-être besoin d'acheter des lames plus adaptées, peut-être des trucs issus d'une armurerie Moldue : mais pour un début, ça ferait l'affaire. Et surtout, elle avait ça chez elle, donc pas besoin d'aller faire de shopping…

– Moppy, Pillo ! continua-t-elle. Commencez à amasser des pierres pour monter l'atelier. Il y a une carrière à plusieurs kilomètres à l'Est, allez voir par là. Sans vous faire voir !

Pour les poutres, il faudrait abattre des arbres, alors on aviserait plus tard. Elisa était un peu protectrice de ses précieux érables. Elle avait grandit avec cette forêt, elle y faisait attention.

– Tuanelle ! reprit-elle. Parcoure la bibliothèque et regarde s'il y a des livres sur le duel qui sont à la portée d'un enfant de onze ans.

Tuanelle avait peut-être les mains qui tremblaient, mais elle avait une bonne vue et était habituée à servir un maître lettré. Elle avait assez d'éducation pour juger du niveau de complexité d'un livre. De toute façon, Elisa vérifierait son choix. Elle voulait entraîner Harry, oui, mais il fallait garder à l'esprit que c'était un gamin. Pas question de l'introduire au Stupéfix ou à la magie noire ! Le Maléfice de Chatouillis était un meilleur point de départ.

C'était dingue à quel point l'adversaire devenait inutile quand il se mettait à rigoler trop fort pour pointer sa baguette correctement.

– Maddy ! poursuivit-elle en se tournant vers l'elfe au visage brûlé. Il y a tout un tas de planches de bois différents empilées sous une bâche bleue dans l'abri à bûches, derrière la maison. Ce sont ces planches que j'utilise pour faire des MagicoGlisseurs. Tu regarderas comment elles sont découpées, leur forme, leur épaisseur, le grain du bois. Imagine que je te demande de faire des planches semblables, et commence à réfléchir à comment travailler le bois.

Et finalement, elle se tourna vers le dernier elfe de la bande. Elle essayait de ne pas avoir de favori, mais Olly lui avait quand même sauvé la mise face à Touffu, alors elle devait admettre qu'il était son préféré.

– Olly ! Ma mère doit avoir mis de côté les annonces parlant de la vente de terrains ou de vieilles fermes, bref, des endroits où je pourrais monter une colonie de vacances. Tout ça doit se trouver dans le salon. Tu vas récupérer ces papiers, et jeter un coup d'œil à chacun des lieux désignés pour pouvoir m'y emmener plus tard. D'accord ?

Tous les elfes hochèrent la tête avec enthousiasme. Elisa sourit jusqu'aux oreilles, et claqua dans ses mains :

– Parfait ! Alors au boulot ! Cet été, on a du pain sur la planche !

Que le destin se prépare. Voldemort s'était peut-être échappé cette année, mais Elisa Bishop n'avait pas dit son dernier mot.

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To be continued...

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Et sinon, je vais poster un BONUS à la suite de cette fic pour répondre à toutes vos questions =D Et je pensais aussi à écrire un petit OS sur un moment des deux années d'Elisa à Poudlard qui se passent "off-screen" : sa première et sa deuxième année. Qu'est-ce que vous aimeriez voir ? Son amitié avec Cédric ? Ses magouilles avec les jumeaux ? Sa rencontre avec Helen ? Son premier cours de Potions ? Je suis ouverte à toute suggestion x) S'il y en a une qui m'inspire, ça me fera un eause dans l'écriture du tome 3...

Enfin bref. N'oubliez pas de poser vos questions pour y avoir une réponse dans le bonus. ET j'espère que vous avez aimé ce premier volet des aventures d'Elisabeth Bishop, Magister de Poudlard, et Poufsouffle extraordinaire !