Après une longue attente, voici la suite.
L'affaire Faraday.
Chapitre 11.
Reid était furieux lorsqu'il quitta le café après son rendez-vous avec cet idiot de Young. Il aurait tant voulu rentrer directement chez lui mais il ne voulait pas qu'Hotch pense qu'il était incapable de travailler. C'était le seul moyen pour se débarrasser de ce stupide thérapeute.
Reid retourna au BAU. Il se rendit directement aux toilettes pour gagner un peu de temps. Il ouvrit le robinet du lavabo et se lava les mains, soudain, il crut sentir l'effleurement d'un doigt à la base de sa nuque. Il posa rapidement sa main sur son cou et leva les yeux vers le miroir. Il y avait personne près de lui. Il respira profondément en regardant autour de lui. Son cœur battait la chamade.
Il regarda dans chacune des cabines de toilette. Elles étaient vides. Son rythme cardiaque redescendit à la normale. Il s'appuya au-dessus du lavabo en prenant de profondes inspirations. Un type entra dans les toilettes et lui lança un drôle de regard. Reid recula du lavabo en essayant de dissimuler son comportement bizarre. Il essuya ses mains à la hâte et quitta les toilettes.
Il traversa les différents bureaux jusqu'au sien. Morgan leva les yeux vers lui.
« Tu vas bien ? » Demanda-t-il à Reid avec désinvolture mais ses yeux trahissaient son inquiétude.
Reid répondit en grognant : « Ouais. » Puis il s'assit.
Morgan n'avait pas l'air convaincu mais il n'insista pas. Reid commença à lire sa pile de dossier. Il ne pouvait pas se concentrer aussi bien qu'il aurait voulu mais il les lisait toujours aussi rapidement. De toute façon, il n'avait rien d'autre à faire pour la prochaine demi-heure. Il prit l'un des dossiers que JJ avait laissé sur son bureau.
Il contenait un certificat de naissance, un rapport des services sociaux, des dossiers médicaux de Tom Faraday.
Il l'avait déjà consulté auparavant mais Morgan était parti interroger un autre suspect. A l'époque, ils n'avaient pas pu reconstituer les morceaux du puzzle. C'était seulement après coup, Morgan et lui avaient décidé d'examiner le passé des deux frères car Tom Faraday avait un casier judiciaire pour vol à l'étage, un parent militaire, les deux garçons avaient aussi travaillé comme commis de cuisine à l'académie de police où l'une des victimes était élève. Il manquait dans leurs dossiers les comportements habituellement qui caractérise les prédateurs sexuels comme les conduites inconvenante en publique, d'ailleurs ils n'habitaient dans la zone géographique où avait eu lieu les meurtres. Tous ces éléments manquants avaient faussé le profil des tueurs.
C'était l'une des raisons pour lesquels il a été si difficile de les retrouver. Morgan et lui n'avaient pas dit au reste de l'équipe qu'ils partaient interroger les frères Faraday. Deux jours plus tard, JJ avait trouvé le dernier dossier consulté par Reid, et il avait entouré une adresse au feutre. Malheureusement pour eux, les deux frères ne les retenaient pas à leur domicile habituellement. En effets, les Faraday les avaient amenés inconscient dans la maison où ils avaient grandi. Reid s'était réveillé dans un étrange sous-sol, alors que Morgan avait repris conscience dans le coffre de la voiture. Les frères Faraday le sortaient du coffre pour lui permettre de se dégourdir les muscles ou pour le torturer.
Reid regarda la photo de Tom. Il avait l'air plus jeune, environ 17 ans. Il prit une autre photo où Tom était avec son frère Eric. Les cheveux blonds de Tom étaient sales et lui couvraient les oreilles et tombant de chaque côté de son menton. Il avait l'air si triste. On pouvait voir une ecchymose à moitié dissimulée sous le col roulé de son pull. Il y avait un bras dans une écharpe. Son visage avait l'air plus mince, on pouvait y lire de la colère mais il semblait plus humain à ce moment-là. Ses yeux noirs reflétaient de la froideur. Reid se demandait si à l'époque ses yeux là avait déjà vu son bien aimé frère violer et battre à mort des adolescents junkies dans cet affreux sous-sol ou si cela avait commencé bien plus tard ?
« Hey gamin, comment vas-tu rentrer ? » Demanda Morgan qui le fit sursauter.
« Euh…probablement en bus. Pourquoi ? » Dit Reid en mettant le dossier dans son sac pour le lire une fois rentrer chez lui.
Morgan le regarda d'un drôle d'air. « Désolé si je t'ai surpris. Je voulais seulement te proposer de te ramener chez toi. »
« Tu n'as pas à t'excuser. J'étais seulement perdu dans mes pensées. » Dit Reid en se frottant le front d'une main lasse. « Merci pour l'offre, mais je vis presque dans la direction opposée de chez toi. »
« Ok, permets-moi de préciser que je n'accepterais aucun refus. S'il le faut je mettrais un chiffon imbibé de chloroforme sous ton nez pour te transporter jusqu'à la voiture. » Ricana Morgan mais ses yeux affirmaient qu'il ne plaisantait pas.
Reid lui fit un sourire crispé. « Bon euh bien…j'ai presque fini. Donnes-moi deux minutes. »
Morgan hocha la tête et s'assit sur la chaise en face du bureau.
« Alors comment cela s'est passé avec Young ? » Demanda Morgan d'une voix faible. Il n'y avait plus personne au bureau mais Reid avait toujours peur que quelqu'un puisse les entendre.
« Très bien. » Répondit Reid.
« Bien ? » Morgan haussa un sourcil. « Ayant moi-même rencontré ce drôle de personnage, j'ai du mal à te croire. »
« Ça c'est bien passé jusqu'à ce qu'il se transforme en imbécile. »
Morgan grimaça. « Qu'est-ce qu'il a fait ? »
« Il sait que je ne suis pas à l'aise pour discuter de ce qui nous était arrivé mais il a parlé de ça à voix haute au beau milieu du café ! » Expliqua Reid avec colère.
« Waouh ! » S'étonna Morgan. « C'était…inapproprié. »
« Oui, merci. Je le crois aussi. » Dit Reid sur un ton sarcastique.
« D'accord, je sais que ce type peut-être gonflant, et il n'a aucun respect pour le déjeuner des autres, mais…je ne sais pas…Hotch doit l'avoir choisi pour une raison. Il aurait pu nous envoyer chez un de ces thérapeutes avec une barbe, des lunettes et toute la panoplie qui va avec mais il a choisi Young. Je ne sais pas pourquoi mais quelque chose me dit que nous pouvons faire confiance à ce gars. »
« Je suis content pour toi que tu le ressens de cette façon. » Dit Reid d'une voix presque inaudible. Il n'était pas sarcastique ou amer. Il avait l'air sincèrement heureux que Morgan ait trouvé en Young quelqu'un en qui avoir confiance mais en ce qui le concerne, il n'y avait aucune chance qu'il change d'avis à propos de ce type.
« Nous devrions y aller. » Dit Reid en se levant.
Il régnait un silence dans la voiture tout au long du chemin du retour. Reid était irritable et Derek était désespéré. Ils se sentaient tous les deux bizarre. Aucun des deux n'osait rompre le silence jusqu'à ce Morgan mette dans le lecteur de la voiture le cd Cold Play. La chanson Fix You commença à jouer. Reid fut le premier à briser le silence.
« C'est joli. » Dit-il distraitement.
« Ah Oui ? Je pensais que tu étais plutôt adepte de la musique classique ? » Sourit Morgan.
« Il y a quelques exceptions. »
« Ah ouais ! Comme quoi ? »
« Euh… ? »
Morgan rit. « J'écoute cette chanson pour m'aider à dormir. » Avoua-t-il à Reid.
« Je pourrais te l'emprunter alors. » Soupira Reid accoudé au rebord de la fenêtre.
« Tu n'arrives toujours pas à trouver le sommeil ? » Dit Morgan en haussant les sourcils avec bienveillance.
« Non. » Grinça-t-il des dents.
« Je comprends pourquoi tu étais de si bonne humeur aujourd'hui. » Dit Morgan avec un petit sourire espiègle.
Reid resta silencieux.
« Reid ? » Appela Morgan.
Morgan regarda son ami. Reid avait la tête baissé, et un filait de larme sur sa joue brillait comme de l'or à chaque fois que la voiture passait devant la lumière jaune d'un lampadaire. Il appuya le dos sa main contre sa bouche pour étouffer les sanglots qui se battaient pour sortir, mais quand il réalisa que Morgan l'observait, il dû lâcher prise dans un soupire douloureux et tourna la tête. Il cacha son visage avec ses poings, trop gêné de s'être montrer si faible devant un collègue.
« Oh Reid ! Ce n'est rien. » Dit Morgan d'une voix compatissante. Il lâcha le voler avec sa main droite et la posa doucement sur la nuque de Reid puis il s'arrêta sur le bas coté de la route.
Il détacha sa ceinture et mit un genou sur le siège afin qu'il puisse étreinte son ami. Il passa ses bras autours du corps frêle du jeune homme impuissant. Morgan savait que Reid préférait cacher ses larmes, alors il le serra de façon à ce que sa tête soit positionnée sous son menton. A plusieurs reprises, Reid présenta des excuses à travers ses sanglots. Morgan lui demanda pourquoi il s'excusait mais Reid ne semblait pas l'entendre alors il se contenta de dire que tout irait bien. Il le répéta encore et encore. C'était comme si rien ne pouvait l'atteindre. Il n'avait jamais vu Reid s'effondrer de cette manière avant, même dans les circonstances les plus terribles.
Et pour la millionième fois, assit dans sa voiture sous la pluie et dans l'obscurité au bord de la route, il serrait très fort contre lui son meilleur ami comme un enfant terrifié, Morgan pensa à quel point il aurait aimé tuer Eric Faraday. Lui arracher les yeux hors de leurs orbites, déchirer ses ongles dégoûtants un par un. « Ça va aller, Pretty boy, ça va aller. »
Morgan aurait voulu être capable d'utiliser tous les M.O des tueurs en série qu'il connaissait pour causer des souffrances inimaginable à Eric Faraday. Il en connaissait beaucoup. Il se rendit compte qu'il avait à l'intérieur de lui le même monstre effroyable qui avait depuis bien longtemps consumé Eric Faraday et qui avait semé tant de douleur, alors il choisit de penser à quel point il voulait embrasser Reid. Il voulait tant le ramener chez lui et passer la nuit dans ses bras à lui dire à quel point il était merveilleux.
Il était heureux d'être là pour Reid. Il devait faire face à tous d'un tas de sentiments confus qui n'étaient pas rationnelle. Bien que Morgan détestait que l'on compare Reid à un robot mais là il pouvait voir Reid comme un ordinateur affecté par un virus.
Morgan caressa les cheveux bruns de Reid lorsqu'il s'écarta de lui après s'être calmé. Finalement, Reid se redressa et arrêta de s'accrocher désespérément au bras de Morgan comme si c'était la seule chose qui l'empêchait de sombrer dans une dangereuse chute d'eau. Reid tira les manches de son gilet bleu pour couvrir ses mains. Il sécha ses larmes avec ses manches. Il reprit une respiration normale mais il dû attendre plusieurs minutes avant de pouvoir parler.
Reid fixait le tableau de bord en fronçant les sourcils pendant qu'il tentait de d'organiser ses pensées embrouillées.
« Je suis vraiment désolé… » Dit-il d'une voix tremblotante. « … pour la façon dont j'agis depuis…tu sais…je ne sais pas pourquoi je fais ça. » Il ne pouvait pas regarder Morgan. « Je suis si en colère contre tout monde, et tout le temps, et pourtant ils ont rien fait, et je m'en veux pour cela mais je n'arrive pas à me contrôler. »
« Je sais gamin. Je sais. » Morgan posa une main sur son épaule frêle. « Il est normale d'être en colère. Ces derniers temps tu as traversé une période très difficile et tout le monde le sait et le comprenne. »
Reid secoua la tête en fronçant les sourcils. « Toi, tu n'es pas en colère. Tu n'agresses pas ceux qui essayent de t'aider. »
« Oh oui, je suis en colère. » Avoua-t-il en s'appuyant sur l'appuie-tête. « Je ne laisse personne la voir mais cela ne veut pas dire qu'elle n'existe pas. »
« Comment fais-tu ? »
« Pour me contenir ? Je ne sais pas. Je suppose que je suis habitué qu'elle soit là. »
Il enleva sa main de l'épaule de Reid et sortit son portable de sa poche. Il feuilleta quelques photos avant de montrer une photo à Reid. C'était à l'époque où il rénovait une de ses maisons. Sur la photo, on le voyait abattre un mur à coup de masse.
« De temps en temps, j'explose de façon contrôlée pour laisser sortir ma colère. »
« Qui a pris cette photo ? » Demanda Reid avec curiosité.
« Euh…la fille avec qui j'étais à l'époque. » Murmura maladroitement Morgan. Il mit rapidement son portable dans sa poche.
Reid haussa les sourcils. « Une fille hein ? » Il réfléchit un moment puis sourit. « Je vois ce que tu veux dire par explosion contrôlée. »
« Vilain garçon ! Que dirait JJ si elle t'entendait ? » Dit Morgan en lui ébouriffant les cheveux. « Ne te fais pas des idées. Le sexe occasionnel sans amour n'est pas la réponse aux problèmes. Tu devras attendre jusqu'au mariage. Compris jeune homme ? »
« Hypocrite ! » Rit Reid.
« Pourquoi tu ne viendrais pas chez moi ? » Proposa Morgan. « Seulement pour ce soir. Je te laisserai même regarder Star Trek toute la nuit en te gavant de sucrerie. »
Pendant une seconde, Reid fut tiraillé. Il aurait vraiment voulu accepter l'invitation de Morgan. Les nuits étaient longues et solitaires, il dormait très peu, avec Morgan près de lui cela aura été plus facile à supporter mais le sevrage avait des effets secondaires gênants. Il pouvait s'endormir, puis se réveiller en hurlant et en se débattant violemment. Probablement que Morgan ne saurait pas quoi faire. Sans doute, il appellerait quelqu'un et finalement il gâcherait la nuit de tout le monde. Ce serait de sa faute si personne ne pouvait dormir. Reid s'imaginait que Morgan ne voulait pas vraiment d'un cinglé de son genre qui puisse l'entraver. Il voulait juste s'assurer qu'il allait bien à cause de toutes les larmes qu'il a versées car c'était un type bien.
« Merci mais j'ai des choses à faire à la maison. » Sourit-il en évitant de regarder Morgan dans les yeux.
« Une autre fois alors. » Dit Morgan avant de reprendre la route.
Morgan s'arrêta devant chez Reid puis il arrêta le moteur.
« Tu n'as pas à monter jusqu'à mon appart avec moi. » S'empressa de dire Reid à Morgan. Il se sentait soudainement intimidé à l'idée de se retrouver de nouveau seul chez lui avec Morgan. Surtout que la dernière fois les deux hommes avaient fini par se faire un câlin avant que Reid jette Morgan sans ménagement.
« Ok, alors bonne nuit. Appels-moi si tu changes d'avis ou si tu n'arrives pas simplement à dormir…ou si tu as besoin de parler à quelqu'un. » Lui dit Morgan. Il savait que Reid ne le ferait pas mais cela ne coûtait rien de le lui dire.
Reid hocha la tête et descendit de voiture. Il était sur le point de refermer la portière quand Morgan lui dit : « Attends, » Il appuya sur le bouton éjection de l'autoradio. « Je te le passe. » Dit-il en lui donnant le cd de Cold Play.
« Merci. » Sourit Reid. Il l'attrapa entre le pouce et l'index puis Morgan attendit qu'il pénètre dans l'immeuble avant de s'en aller.
Reid laissa tomber ses clefs dans le bol sur la table de l'entrée, il accrocha son manteau puis il commença son rituel qui consistait à faire le tour de l'appartement pour allumer toute les lumières.
C'était un appartement beaucoup trop grand pour une personne. Il avait acheté cet endroit sans vraiment réfléchir à quoi cela ressemblerait de vivre ici car il aurait été heureux de vivre même dans un hangar si cela lui permettait de devenir profiler. De toute façon, il était plus agréable que l'appartement qu'il occupait à l'université. Il avait acheté l'appartement dès la première visite.
Sa pièce préférée était sa chambre car deux des quatre murs étaient des bibliothèques. Le mur opposé avait une grande fenêtre au-dessus de son lit. À côté de son lit, il y avait une commode en bois et de l'autre côté, une table de chevet et une armoire assortie. Le mur de l'autre côté était recouvert d'affiche de film. Tout au fond, il avait un petit canapé en cuir marron pour ses moments de lecture. C'était comme s'il avait sa propre bibliothèque personnelle. C'était son antre de la connaissance, il cherchait toujours une façon esthétique de ranger ses livres comme un vieux monsieur fier de ranger ses plus belles photos de famille sur la cheminée. Il avait une étagère réservée aux vieux livres d'histoire, une étagère pour les livres médiévaux, les livres de chimie, de physique, de mathématique, d'économie, géographique, politique, et divers dictionnaires de langue étrangère, de quelques biographies, des livres sur la criminologie et une abondance de bande dessiné qui pouvait paraître bizarre pour un homme qui avait presque trente ans.
A côté de son lit, il y avait certain de ses romans préférés. Ils étaient comme des vieux amis. (Il pensait que sa manie de comparer ses livres à des relations de la vie réelle était légèrement malsaine).
Il s'était récemment débarrassé de son lit de super héros en faveur d'un lit double avec des draps blancs et une couette marron foncé assortie avec son magnifique tapis marocain qu'il avait installé sur le sol de sa chambre. Il l'avait pris avec lui lors de son déménagement. Ses parents l'avaient acheté lors de leurs lune de miel (Son père disait toujours que c'était la deuxième meilleurs chose qu'ils avaient ramenés avec eux en lui ébouriffant les cheveux). Il ne savait pas pourquoi il avait décidé de changer les meubles de sa chambre mais il était ravi de l'avoir fait depuis la visite surprise de Morgan dans son appartement. Il n'était pas encore prêt à ce que Morgan découvre à quel point il était un geek. Il avait encore sa lampe Batman, mais il semblerait que Morgan ne l'avait pas remarqué.
Il y avait encore plus d'étagère dans le séjour où étaient rangées les revues scientifiques, les livres de cuisine ou de bricolage. (Ses spaghettis étaient à peu près convenables mais il devait admettre qu'il ne sera jamais un bon bricoleur. La dernières fois, il avait acheté une commode en kit à monter soi-même. Il eut des montés de stress à tel point qu'il a fini par enfoncer un clou accidentellement dans sa main. Il dû appeler JJ qui le conduisit à l'hôpital à condition qu'elle ne raconte à personne sa mésaventures. Elle lui a désormais interdit de tenter de construire, assembler, fixer quoi que ce soit sans sa supervision, Reid avait accepté sans réserve). Les étagères débordaient de livre. Il y avait même des piles posées sur le sol qui formaient des labyrinthes de différente taille.
Le reste du séjour était pratiquement vide. La pièce était si grande que Reid se sentait légèrement agoraphobe. Il mit les meubles dans un coin de la pièce et utilisa les étagères de livres pour créer des séparations dans la pièce ainsi il pouvait feindre que le séjour était moitié moins vaste. Il avait un canapé confortable, un fauteuil, une table basse, une bonne télévision qu'il regardait pratiquement jamais. Il possédait un télescope qu'il avait installé près de la fenêtre du séjour, un grand bureau sur lequel il y avait son ordinateur portable enterré sous des monticules de papier, document sur lesquels il travaillait. Il y avait une tonne de désordre qui s'accumulait.
Il fut rassuré de voir qu'il n'y avait aucune présence dans son appartement. Il se rendit à la cuisine et se fit un chocolat chaud puis il alla s'asseoir sur le canapé pour le boire. Ensuite il se sentit un peu fatigué, il décida d'aller se coucher. Il se leva du canapé, et se rendit à la salle de bain. Il se brossa les dents, enleva ses habilles et mit un pyjama en flanelle gris foncé puis il se mit au lit.
Pendant quelques minutes, Reid se sentit bien et détendu. Il pensa à des choses agréables comme lorsque Morgan lui avait prêté le cd mais ensuite il ne put s'empêcher de repenser aux choses horribles. Il pensa qu'il était seul dans ce grand appartement, se demandait s'il avait bien verrouillé la porte derrière lui ou avait-il oublié de le faire après avoir allumé toute les lampes. C'était peu probable car avant d'allumer toute les lumières de l'appartement, Reid pensait toujours à verrouillé la porte mais peut-être que cette fois-ci c'était différent ? S'il était là à perdre bêtement du temps à réfléchir pendant qu'un assassin se dirigeait lentement vers sa chambre, content de trouver un jeune homme vulnérable qui avait bêtement oublié de fermer sa porte d'entrée et même s'il avait fermé sa porte, est-ce que cela suffirait ? Peut-être qu'il aurait dû mettre la chaîne ?
Il avait éteint les lumières. Il était incapable de sortir du lit plus de dix secondes sans imaginer se faire attaquer par un monstre. Non, pas qu'il croyait aux monstres mais tout de même, il se sentait très mal dans la pénombre.
Il était allongé là en s'agitant avec anxiété. C'était ridicule. Il avait vingt-huit ans. Il se leva et sprinta jusqu'à l'interrupteur. Il alluma la lumière et regarda autour de lui avec méfiance avant de passer à la pièce suivante en répétant le processus jusqu'à ce qu'il arrive à la porte. Il vérifia qu'elle était bien fermée, puis il mit la chaîne avant d'aller de nouveau se coucher, satisfaits temporairement et légèrement amusé par sa propre stupidité.
Il se sentait bien et en même temps embarrasser par son comportement. Ensuite, il se mit à entendre des voix. Cela n'allait plus du tout.
Le phénomène commença vers deux heures du matin. Reid avait renoncé à trouver le sommeil. Il se leva pour aller à la salle de bain lorsqu'il entendit des petits bruits provenant de la pièce à côté. il crut entendre des murmures comme si quelqu'un était en train d parler. Reid se figea incapable de respirer, son cœur était à deux doigts de devenir fou dans sa poitrine. Il a cherché son téléphone portable, et il se rappela qu'il l'avait laissé dans son sac. Son arme était dans le tiroir de sa table de chevet. Il avait trop peur de bouger et de faire du bruit en essayant de la prendre. Un sentiment d'impuissance l'envahit. C'était exactement le même sentiment lorsqu'il avait été ligoté et affaibli par la drogue. Le pire c'était lorsqu'Eric avait ordonné à Tom d'enlever ses vêtements devant Morgan. C'était comme s'il était coincé dans un cauchemar dont il ne pouvait pas bouger ses membres.
Il éloigna ses horribles souvenir et s'efforça à sa s'asseoir sur le lit. Il prit le pistolet dans la table de chevet. Il quitta le lit, il était malade, et avait froid. Il tremblait de peur. Il s'arrêta à l'embrasure de la porte de la chambre. Il appuya l'interrupteur. Il ouvrit la porte en pointant son arme dans la pièce.
Il était désorienté mais également soulagé qu'il n'y ait personne dans l'autre pièce même s'il avait entendu des voix. Il vérifia la stéréo pour voir si elle était allumée mais elle était bien éteinte. C'était peut-être les voisins mais il était sûr que les voix venaient de cette pièce. Reid vit ici depuis des années, il n'avait jamais entendu les voisins parlé si fort qu'il avait l'impression qu'ils étaient dans son appartement.
La peur fit de nouveau écho dans son cerveau en lui suggérant une autre possibilité, mais il le repoussa immédiatement. Il pensait que c'était lui (Eric qui se cache dans son appartement). Il le pensait à chaque fois qu'il entendait du bruit alors qu'il n'y avait personne d'autre dans l'appartement. Il faisait à chaque fois cette conclusion, mais ce n'était que sa propre stupidité qu'il devait blâmer.
Il posa son pistolet dans sa chambre avant d'aller à la cuisine pour se servir un verre de vin. Il ne buvait pas très souvent mais il lui arrivait d'avoir une bouteille qui traînait au fond d'un placard. Il l'avait reçue de la jeune femme Lindsay qui vivait en dessous de son appartement. Elle lui avait offert cette bouteille pour le remercier de l'avoir aider à réviser pour ses examens au printemps derniers. Pour une raison quelconque, Reid avait voulu conserver cette bouteille de vin (En réalité, il trouvait la jeune femme mignonne.)
« De toute façon personne ne pourrait venir lui reprocher de boire dans un moment pareil, » Pensa-t-il. Reid alluma la télévision, puis s'assit. Il avait le sentiment que tout redevenait normal. Il attrapa le dossier de Tom Faraday. Il n'y avait pas grand-chose dans ce dossier.
Tom et Eric étaient nés dans une zone rurale en virginie. Leurs parents étaient M. Thomas Charles Faraday et Mme Alice Catherine Faraday. Les frères ont grandi dans un milieu militaire. Leur père était général dans l'armée. Cela expliquait les nœuds particuliers qui avaient été utilisés pour attacher les victimes. C'était un type de nœud utilisé par les soldats. Ils vivaient dans une petite ville rurale avec des jolies maisons entourées de clôture blanche.
A la surface, leurs vies semblaient parfaites. Rien ne pouvait expliquer comment avait vu le jour cette relation incestueuse entre les deux frères. Reid examina le dossier médical de Tom. Il constata que le médecin lui avait diagnostiqué une blennorragie à l'âge de neuf ans. Il n'avait aucun autre rapport qui parlait de cette infection qu'avait Tom, le médecin était resté vague. Il avait dû recevoir des pressions du père de Tom qui était un homme plutôt influent.
Peut-être que cela avait commencé avec Eric et cela expliquerait leurs difficultés à comprendre les relations platonique. Les frères avaient construit une relation fusionnelle intense à la suite d'abus. Peut-être que cela expliquait leurs haines envers les hommes d'autorité, et leurs besoins de créer ce psychodrame avec Reid jouant le rôle du mâle soumis et Morgan jouant le mâle alpha abusif. Leur père abusait d'eux à l'époque de leur développement sexuel. Peut-être c'était la raison pour laquelle ils avaient administré des drogues comme le dilaudid à Reid. Ils souhaitaient soulager un peu sa douleur. Était-ce leurs façons un peu tordu de sympathiser avec Reid ou c'était seulement dans le but que Morgan se sente coupable d'abuser de son ami dans cet état.
Il se frotta les tempes avec lassitude. Il commençait à avoir un terrible mal de tête, c'était certainement dû au stress et à la privation de sommeil. Il fit une pause et se leva pour aller chercher de l'aspirine dans la salle de bain puis il retourna dans le séjour et reprit sa lecture.
Reid constata que Tom fut envoyé en pensionnat à l'âge de 14 ans alors qu'au même moment son frère Eric âgé de 16 ans se faisait expulsé de l'école catholique qu'il fréquentait à l'époque. Ils avaient tous les deux été sanctionné pour comportement obscène. Reid réalisa que cela c'était déroulé pendant leurs pubertés. Les parents ont dû réaliser qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas entre leurs fils. Le père a dû voir les effets des abus qu'il a exercés sur ses fils. Comment s'était sentit cet homme ? De demanda Reid avec dégoût. Comment avait-il réagit lorsqu'il avait vu pour la première fois les deux frères s'embrasser avec provocation ? Était-il en colère ou se sentait-il coupable ? Connaissant la personnalité provocateur d'Eric, il a dû adorer torturer son père en étalant sur la place publique cette relation incestueuse qu'il avait avec son frère. C'était la vengeance parfaite. Cela devait drôlement embarrasser leur père.
Au dix-huitième anniversaire d'Eric, ses parents moururent tragiquement dans un accident de la route. Après qu'Eric ait hérité de la maison, il fut nommé tuteur de son jeune frère. Avec l'argent de l'assurance-vie de ses parents, il acheta une nouvelle maison. Le reste de l'héritage fut dilapidé dans l'alcool et la drogue pour effacer toute trace d'émotions humaines. Tom a été arrêté pour vol à l'étage. Il avait vu brièvement un thérapeute dans le cadre d'un programme de réhabilitation de service communautaire obligatoire. Le thérapeute avait conclu que Tom souffrait d'une psychopathie affective associée à un trouble de la personnalité dépendante et d'un trouble de l'apprentissage sévère. Son développement émotionnel fut chaotique ce qui entraîna un comportement social inapproprié surtout envers les femmes.
Cependant le thérapeute était revenu sur son diagnostic. Reid se demanda si Eric avait menacé le thérapeute.
Il n'y avait plus rien dans le dossier. Ils avaient eu une vie triste dans lequel ils ont dû faire face à des abus répétés, cela les avaient conduit à commettre plusieurs viols et meurtres de jeune homme innocents. Reid posa le dossier et se frotta la nuque. Il essaya de contrôler ses émotions. Il ne savait plus comment il devait se sentir après avoir découvert toute ces choses à propos des frères Faraday.
Il était épuisé, et il souhaitait seulement pouvoir dormir mais son esprit ne le laissait pas une minute de paix. Il se frotta les yeux fatigués en se laissant tomber sur le canapé. Lorsqu'il les ouvrit, Reid regarda la fenêtre et il vit son reflet sur la vitre. Il crut voir une silhouette se tenant derrière lui. Il cria en état de choc et se jeta sur le premier objet qui lui tombait sous la main et se retourna rapidement. Il n'y avait personne.
Il pensait qu'il avait de la chance car l'arme qu'il tenait dans sa main n'était rien d'autre que la télécommande de la télé. Le sang battait rapidement dans ses tempes, il eut une poussée d'adrénaline pour la deuxième fois de la soirée. Il laissa échapper un grognement de frustration. Il jeta la télécommande sur la table basse. Était-il tellement en manque de sommeil qu'il avait désormais des hallucinations ?
Il prit son portable. Il trouva le numéro de Morgan dans ses contacts. Son pouce était au-dessus du bouton appel pendant une seconde mais il fit annuler. Il déposa le portable sur la table. Il prit la bouteille de vin et se servit un autre verre.
« Ça va être une longue nuit. » Pensa-t-il.
